(texte
en pdf)
Que
Faire – Numéro 4 – juillet/septembre 2006
étudier la nouvelle classe
ouvrière…
Pour construire un nouveau
mouvement ouvrier
Denis Godard
La question
des classes sociales
revient dans le débat public. Depuis quelques années
des travaux sont à nouveau publiés sur la question qui
sortent des cercles restreints. Bien entendu c’est la réalité
qui pousse cela avec le développement des inégalités
sociales, le retour de luttes de masse des travailleurs et la
recherche de stratégies pour le mouvement de résistance…
Pendant des années
les marxistes
se sont trouvés, sur cette question comme sur bien d’autres,
à argumenter à contre-courant et sur un plan
essentiellement théorique, alors que la disparition de la
classe ouvrière était considérée comme un
fait et avec elle, bien sûr, celle de la lutte des classes et
de toute possibilité de transformation radicale.
Mais aujourd’hui
l’enjeu n’est
plus tant pour les révolutionnaires de tenter de maintenir un
lien, une tradition que de contribuer à redévelopper
des outils théoriques, de connaissance et d’analyses qui
permettent de tracer des perspectives aux mouvements de lutte et de
définir une stratégie pour tous ceux et toutes celles
qui veulent « un autre monde ».
Il s’agit ici
simplement d’ouvrir
un travail collectif dans notre revue pour donner accès aux
travaux en cours sur la question de classe, et plus spécifiquement
sur la classe ouvrière. Ce premier article vise à en
poser les jalons. Cela ne signifie pas l’absence de
« thèse »
de départ et d’intention politique (et donc polémique).
L’hypothèse de
départ,
qu’il s’agira de confronter à la réalité et
à un certain nombre d’autres analyses, est d’abord que la
classe ouvrière, telle que définie par Marx, existe
encore, qu’on ne peut la limiter à la classe ouvrière
industrielle et qu’elle est même potentiellement en meilleure
position pour jouer son rôle historique.
Mais si cette classe
n’a pas disparu,
elle est en voie de recomposition. Les transformations du capitalisme
et la crise du ‘vieux’ mouvement ouvrier ont donné
naissance à une nouvelle classe ouvrière. Un des enjeux
stratégiques pour les révolutionnaires est de
construire un nouveau mouvement ouvrier. C’est à ce niveau
qu’il faut fonder la stratégie du regroupement qui n’est
souvent vue que comme recomposition politique (ce qui tend à
n’envisager que des recompositions superficielles voire à
limiter le regroupement à celui entre courant politiques tels
qu’ils existent).
Remarque :
La plupart des travaux
existants, même quand ils remettent en cause la thèse de
la disparition des classes sociales, se limitent aux pays les plus
riches, acceptant en partie la thèse implicite que l’évolution
de ceux-ci préfigure celle des pays moins développés.
Cela fait peu de cas de la division du travail à l’échelle
internationale. Ainsi si la catégorie des ouvriers industriels
a régressé dans les pays riches, ce n’est pas le cas
si on raisonne à l’échelle mondiale. Par ailleurs la
thèse selon laquelle le capitalisme serait facteur de
développement dans sa phase actuelle est au moins discutable
(il suffit pour cela de regarder du côté de
l’Afghanistan). L’étude de cette division du travail à
l’échelle internationale est un des axes qu’il nous faudra
développer.
Le retour des classes
Un des arguments les
plus répandus
sur la fin des classes sociales, dans les sociétés les
plus riches, reposait sur l’idée d’une « moyennisation
sociale ». Les inégalités régressaient
et le groupe le plus nombreux de la société était
une classe moyenne aux contours peu définis. Par ailleurs des
groupes différents pouvaient se constituer, les inégalités
ne se recoupant pas selon que l’on se réfère aux
revenus, à la culture ou aux occupations professionnelles.
Pour la France,
s’appuyant sur une
étude très fouillée des données produites
par l’Insee, Alain Bihr et Roland Pfefferkorn
démontrent au contraire que les inégalités
sociales de différentes natures (des inégalités
de revenus jusqu’aux pratiques de consommation en passant par
l’espérance de vie ou les pratiques culturelles) « font
système », c’est-à-dire qu’elle se
combinent pour segmenter la société. En se renforçant
mutuellement elles mènent à une forte polarisation
sociale entre un « en haut » et un « en
bas ». L’évolution de ces inégalités
et cette hiérarchisation est selon eux le produit des rapports
de forces qui s’établissent entre groupes sociaux, « ce
qu’en d’autres temps on nommait tout simplement la lutte des
classes ».
Pour eux
« les processus de
segmentation, de hiérarchisation et d’opposition
conflictuelle donnent naissance à des classes sociales au sens
plein du terme ». Ces groupements partagent des conditions
d’existence au moins similaires, une culture commune et sont un
acteur collectif susceptible de s’organiser pour défendre
ses intérêts voire pour transformer la société.
Louis Chauvel parle
lui de « renouveau
de la structuration objective des classes ». Il base son
étude sur ce qu’il nomme le « temps de
rattrapage » du niveau de salaire des cadres par les
ouvriers (en partant de l’augmentation du pouvoir d’achat des
ouvriers, c’est le nombre d’années qu’il leur faudrait
pour rattraper le salaire des cadres). Il démontre ainsi qu’à
partir du début des années 1980 ce temps de rattrapage
explose (il est multiplié par 6 entre 1980 et 1985 !). Si le
nombre des ouvriers décline légèrement, les
employés, « ces ouvriers des services »
connaissent une expansion telle que « la classe populaire
a connu depuis les années soixante une parfaite stabilité,
autour de 60 % de la population active ». Inégalité
dans l’accès aux biens, amplification des inégalités
de patrimoine (bien plus que de revenus), blocage de l’ascenseur
social et reproduction sociale sont les facteurs de cette
stratification.
Constater ou changer ?
C’est donc sur le
terrain même
de la théorie de la fin des classes sociales, celui des
inégalités, que celle-ci est dénoncée.
Les données utilisées sont éloquentes.
Cela pose pourtant
problème si
notre objectif n’est pas simplement de contester les théories
dominantes. Constater une stratification sociale n’explique pas
pourquoi celle-ci existe. Cela n’explique pas surtout comment elle
évolue ou est susceptible d’évoluer.
La spécificité de
l’apport de Marx n’a pas été la découverte
d’une stratification sociale en classes. Son point de départ
a été la tentative de comprendre les processus à
travers lesquels les êtres humains transforment les sociétés
dans lesquelles ils vivent.
La possibilité de
transformation
sociale dépend du développement des forces productives
c’est-à-dire des moyens de production et du travail humain
qui les met en œuvre pour subvenir aux besoins sociaux.
Une société de classe
émerge quand une partie de la société a
suffisamment de contrôle sur les moyens de production pour
obliger les producteurs à travailler non seulement pour leurs
besoins mais aussi pour la minorité qui les exploite.
Il en découle que la
position de
classe d’un individu dépend de la position qu’il ou elle
occupe dans les relations de production.
Cela a des
conséquences
importantes sur la manière d’envisager les classes sociales.
Il s’ensuit ainsi que les classes sont l’expression d’une
relation sociale et non individuelle : relation, en tant que
groupe social à un autre groupe social. Cette relation est
antagoniste parce qu’elle est le produit de l’extraction d’une
part du travail (le surplus) des producteurs par la minorité
qui contrôle les moyens de production. La notion de classe est
donc inséparable de celle de lutte de classes entre exploités
et exploiteurs.
Cette relation se
forme dans le
processus de production. C’est donc une relation objective qui ne
dépend pas de la conscience que peuvent avoir les travailleurs
d’appartenir à la classe ouvrière, de leur mode de
vie, de leurs revenus ou du type de travail qu’ils ou elles
exercent.
Enfin cette
conception des classes
sociales fait partie d’une théorie dynamique dont l’objectif
n’est pas de classer les individus mais de comprendre comment la
société peut changer. « A un certain degré
de leur développement, les forces productives matérielles
de la société entrent en collision avec les rapports de
production existants, ou avec les rapports de propriété
au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors, et qui
n’en sont que l‘expression juridique. Hier encore formes de
développement des forces productives, ces conditions se
changent en de lourdes entraves. Alors commence une ère de
révolution sociale. ».
Le moteur d’une possible transformation est la lutte des classes.
Le développement d’un nouveau mode de production et de
nouveaux rapports de production dépend en définitive de
la capacité de la classe exploitée à renverser
les exploiteurs pour prendre le contrôle des moyens de
production et permettre ainsi un nouveau développement des
forces productives.
Classe ouvrière ou… ?
Sous le capitalisme
la classe ouvrière,
classe des producteurs dépossédée du contrôle
des moyens de production, est la classe révolutionnaire. Comme
l’explique Jean-Paul Molinari « chaque salarié
producteur contribue, comme tel, à la production d’un revenu
en argent, pour lui et à la production d’une plus-value,
pour le capital. […] la productivité ainsi conçue
implique ipso facto la coopération de tous les ouvriers à
l’échelle d’une société (aujourd’hui,
tendanciellement, le monde en voie de mondialisation productrice) ce
sont des groupes de coopérateurs, et au total leur ensemble,
qui produisent revenus et capital. ».
C’est la nature
paradoxale du
capitalisme d’avoir à la fois posé les bases d’une
société sans classes et d’être l’obstacle à
son avènement. Elle en a posé les bases premièrement
parce qu’elle a développé les moyens de production à
une échelle telle que l’on peut envisager aujourd’hui une
société réellement égalitaire. Et
deuxièmement elle a créé une classe de
producteurs « socialisée » : la
prise de contrôle des moyens de production par les travailleurs
ne peut être que collective, basée non sur la propriété
privée mais sur une production socialisée au bénéfice
de toute la société.
Le capitalisme est
l’obstacle, non
seulement par son mode de production mais aussi parce que toutes ses
structures de domination s’opposent au passage de ce que Marx a
qualifié de la « classe en soi » à
la « classe pour soi ». Car si les travailleurs
n’ont pas besoin d’avoir conscience de faire partie de la classe
ouvrière pour que celle-ci existe objectivement, le
développement de cette conscience est par contre nécessaire
pour que la classe puisse jouer son rôle émancipateur.
L’enjeu derrière les
analyses
sur les classes sociales et la classe ouvrière en particulier
n’est donc pas secondaire, il ne s’agit pas d’une question de
dénomination ou de méthode de classement.
Or, constater la
stratification en
classes sociales (voire leur antagonisme d’intérêts)
ne conduit pas automatiquement à défendre l’existence
de la classe ouvrière.
Significativement
Louis Chauvel accepte
l’idée du recul de la classe ouvrière, développant
l’idée d’une nouvelle stratification sociale fluide avec,
« en bas », une « sous-classe »
durablement située hors de l’emploi stable et valorisée
et « en haut » une classe
« titulée »
« [contrôlant] à peu près directement
tous les échanges de biens, d’information, de savoir,
etc. ». Entre les deux plusieurs classes sont définies
en fonction de plusieurs critères (stabilité et nature
de l’emploi, revenus...).
Paul Bouffartigue
appelle certes à
« une analyse qui sache renouer avec ce que les
conceptions de Marx conservent d’actualité : la logique
de l’accumulation du capital et de l’extension de la sphère
marchande à toutes les activités humaines se nourrit
d’un antagonisme de classe qui ne peut prendre fin qu’avec le
dépassement du capitalisme. » Mais expédiant
les « classes d’antan qui résultaient d’un
stade historiquement donné de la dynamique du capitalisme »
il demande d’ « apprendre à ne plus concevoir
cette lutte des classes comme opposant des groupes sociaux séparés
et identifiables, mais traversant ces groupes et se transposant de
plus en plus sur le terrain des valeurs universelles ».
Bref il s’agit précisément d’abandonner ce qui
constitue le cour de la théorie de Marx, à savoir la
base objective d’un rapport d’antagonisme qui est le moteur de la
transformation sociale. Quittant le terrain de l’analyse
matérialiste on en revient directement aux « valeurs
universelles » donc indépendantes de la lutte des
classes.
De la classe ouvrière…
La conception
marxiste permet de
contester cette conception qui continue de dominer la sociologie
« de
gauche » parce qu’elle continue d’identifier la classe
ouvrière avec ses représentations passées qui
sont, en partie, des constructions idéologiques.
Schématiquement la
classe
ouvrière ce serait les ouvriers industriels de la métallurgie
ou les ouvriers semi-qualifiés de l’industrie fortement
syndiqués avec toute une culture spécifique.
Il y a là un argument
« historique » qu’il faudra développer.
D’abord, encore une fois, pour contester les thèses sur la
disparition de la classe ouvrière mais surtout parce que ces
représentations, largement favorisées par le
stalinisme, reposaient sur une vision extrêmement monolithique
de la classe ouvrière. Elles favorisaient sa transformation en
une classe-objet « dirigée » par le
parti-sujet. Serge Mallet
raconte d’ailleurs comment dans les années 1960 les
théoriciens du PCF ont d’abord cherché à nier
l’émergence de nouvelles fractions de la classe ouvrière
dans les secteurs des services.
Or, une des
spécificités
du capitalisme est sa capacité à révolutionner
en permanence ses moyens de production. Des ouvriers du textile de la
fin du XIXe siècle aux OS de l’automobile en
passant par les mineurs de Zola ou les métallos du Front
populaire, la classe ouvrière s’est transformée avec
le capitalisme. Non figée historiquement elle n’a jamais non
plus été homogène. Une étude plus précise
permettrait par ailleurs de détailler quels étaient les
liens à chaque période entre les fractions les plus
avancées de la classe (les métallos de 1936, les OS des
années 1960-70…) et les autres fractions, les conséquences
que cela avait en terme de formes de lutte, de formes d’organisation.
Ce travail, fait notamment par Serge Mallet dans les années
1960 doit être repris de manière critique.
Tout le monde
s’accorde (sous les
termes de mondialisation ou de capitalisme néo-libéral)
à dire que le capitalisme a subi de profondes transformations
dans ces dernières décennies. Quoi d’étonnant,
en principe, à imaginer que cela ait transformé la
classe ouvrière donnant naissance, comme après la
première et la seconde révolution industrielle à
une nouvelle classe ouvrière ?
J’écris « en
principe » pour deux raisons.
D’abord parce que
cela n’est pas
« en principe » la seule option. Deux autres
options seraient envisageables. La première est la fin de tout
système de production matérielle. On reconnaît là
les théories sur la fin du travail. Celles-ci semblent, du
moins dans leurs versions les plus caricaturales, avoir fait long feu
(cf notamment les différentes contributions de Michel Husson
à ce sujet). La seconde serait de démontrer que se
développent au sein du capitalisme les éléments
d’une autre mode de production (qui ne serait pas le socialisme)
porté par une nouvelle classe sociale (à ma
connaissance, les seules analyses qui vont dans ce sens sont celles
de Duménil et Lévy sur ce qu’ils nomment le
« cadrisme »).
…à une nouvelle classe ouvrière
La croissance massive
du secteur
tertiaire et donc du nombre d’employés est l’aspect sans
doute le plus spectaculaire des évolutions au sein de la
classe ouvrière. Nous aborderons dans un prochain article
comment cela peut être mis en relation avec les transformations
du capitalisme ces dernières décennies. Pour Daniel
Bensaïd, « à condition de le concevoir dans
toutes les dimensions de la reproduction sociale (distribution des
revenus, division du travail, système éducatif,
question du logement, etc.) le rapport d’exploitation reste central
dans la dynamique sociale actuelle. Il s’agit en effet de savoir
comment est produit, réparti et consommé le surproduit
social. »
Ce processus
continue, entraînant
de nouvelles couches salariées dans la classe ouvrière.
Traitant des professions intermédiaires Paul Bouffartigue
écrit ainsi : « la massification de ces
catégories est indissociable du rôle croissant des
savoirs dans la production des richesses et de l’extension continue
de la sphère de la reproduction sociale – formation,
communication, santé, loisirs, etc. – dans les sociétés
capitalistes développées. […] Les figures
professionnelles parmi celles qui représentent le mieux
aujourd’hui le salariat intermédiaire ne sont ni ‘le’
contremaître ni ‘le’ cadre mais l’enseignante ou
l’infirmière ».
Il ajoute que ces
catégories
étaient présentées classiquement comme des
« collecteurs de plus-value » (fonction de
relais de la domination sociale). Or « les transformations
intervenues ces vingt dernières années incitent à
revaloriser leur dimension de producteurs ».
Cette analyse qui
intègre les
employés et des fractions importantes de ce qui est
communément perçu comme les classes moyennes (qui est
pourtant un concept sans grande consistance) est bien sûr à
l’opposé de celles qui pronostiquent une disparition ou même
un reflux de la classe ouvrière.
Mais son importance
réelle est
ailleurs et justifie la nécessité de développer
l’étude de cette nouvelle classe ouvrière.
Pistes pour l’avenir
Tout d’abord cela
signifie que, à
rebours des théories dominantes, potentiellement la classe
ouvrière est toujours plus puissante. Elle est d’abord plus
nombreuse que jamais dans l’histoire du capitalisme. L’entrée
massive des femmes et l’importance des facteurs migratoires ont
donné naissance à une classe ouvrière mixte
aussi bien au niveau du sexe que des origines géographiques
donnant ainsi une base objective aux luttes contre les
discriminations. Par ailleurs l’internationalisation de la
production et le développement des communications sont en soi
des bases pour le développement de la solidarité
internationale.
Mais pour que ces
facteurs qui
renforcent objectivement la « classe en soi »
se traduisent par un développement d’une « classe
pour soi » puissante un combat doit être mené.
Et ce combat nécessite l’élaboration de stratégies
et tactiques qui partent de la réalité de cette
nouvelle classe ouvrière.
La classe ouvrière
est
aujourd’hui prise entre les processus de décomposition de
ses anciennes formes tandis que les phénomènes de
recomposition n’en sont encore qu’à leurs premiers stades.
De nouveaux
obstacles, objectifs,
devront aussi être surmontés. Ainsi, selon Philippe
Alonzo, « le développement des activités des
services s’accompagne d’une pluralité de conditions de
travail et d’emploi, formant des îlots nettement séparés
à l’intérieur du monde des employés ».
Par ailleurs, sans
combat politique
déterminé contre le racisme et le sexisme, ces préjugés
peuvent agir directement pour brider le développement des
luttes au sein même des entreprises.
Enfin, si on ne peut
réduire le
reflux des organisations du mouvement ouvrier (syndicats,
associations, partis) telles qu’elles s’étaient
construites aux transformations subies dans la composition de la
classe, celles-ci jouent un rôle déterminant dans ce
processus. Comprendre ces transformations sera de plus en plus
crucial pour lutter efficacement dans le sens de la construction d’un
nouveau mouvement ouvrier, capable, un jour de faire table rase du
passé.
|