(texte
en pdf)
Que
Faire – Numéro 7 – janvier/mars 2008
La
Charte d’Amiens : mythe et réalités….
Leila Soula
La
récente mobilisation des cheminots de la SNCF et de la RATP
contre la réforme des régimes spéciaux, a reposé
le débat sur la place des syndicats dans les mobilisations et
de leurs relations avec les révolutionnaires. Les syndicats
sont les organisations de base des travailleurs. Pourtant depuis les
années quatre-vingt, les syndicats ont connu un net recul des
adhésions. Ils ont connu des divisions de plus en plus grandes
entres les confédérations sur les modalités
d’action ou de négociation. Ils ont surtout connu un
changement de nature au cours du siècle passé. En
effet, sept syndicats (la CGT, FO, l’UNSA, l’Union syndicale
Solidaire, la CNT, la FGAAC
et la FSU) se revendiquent de la Charte d’Amiens, texte fondateur
d’un syndicalisme « à la française ».
Peut-on dire que cette motion devenue charte quelques années
après est toujours d’actualité ? Devons-nous en
tant que révolutionnaires la défendre et s’en
revendiquer dans nos syndicats ? Devons-nous, avant tout,
comprendre la Charte d’Amiens dans son contexte politique et social
d’élaboration et non pas comme un mythe atemporel,
sacralisé, du syndicalisme français ?
La
naissance de la CGT
En
France, les syndicats n’ont pu légalement exister qu’à
la suite d’une loi du 21 mars 1884, remettant en cause la loi Le
Chapelier (1791) qui interdisait tout regroupement ou association de
travailleurs. La loi de 1884, ne faisait alors qu’établir un
état de fait et a permis la naissance de plusieurs
organisations ouvrières qui fonderont plus tard la CGT. Les
Bourses du travail naissent en 1892 dans plusieurs grandes villes,
pour se rassembler en une Fédération nationale des
Bourses du travail. Fernand
Pelloutier en
est l’un des instigateurs et ses idées anarchistes
influenceront le syndicalisme révolutionnaire de la future
CGT. La Confédération Générale du Travail
naît le 23 septembre 1895 lors de son congrès
constitutif à Limoges. Les principaux piliers en sont les
syndicats du livre, dont Auguste Keufer
est le
secrétaire, des cheminots et la fédération
nationale des syndicats (née en 1889), qui rejoint la CGT
après une scission avec les guesdistes à propos de la
grève générale. Dès sa fondation, la CGT
est très influencée par les anarcho-syndicalistes. Le
programme qu’elle adopte rapidement met en avant la grève
générale, le boycott et le sabotage quand ils
deviennent nécessaires selon le principe « à
mauvaise paye, mauvais travail ». En 1900 elle crée
son organe : La Voix du peuple dont Emile
pouget est
chargé de la rédaction. Enfin, c’est en 1902 qu’elle
parachève son unité au Congrès de Montpellier,
où les fédérations des Bourses du travail
disparaissent. Elle compte alors 100 000 syndiqués et
adopte son programme définitif. Dès sa fondation, la CGT s’affirme apolitique
et veut réunir les travailleurs au-delà des clivages
politiques. Pourtant, dès le congrès de 1904 à
Bourges, les rapports de forces commencent à se dessiner entre
les réformistes et les révolutionnaires. Les
réformistes étaient déjà impliqués
dans la fédération du textile, avec à sa tête
Victor Renard, et dans
la
fédération
du livre, avec A. Keufer, tous deux membres du Parti socialiste et
favorables aux rapprochements avec les partis. Les révolutionnaires
sont influencés par les idées anarchistes d’E.
Pouget et de Georges Yvetot.
Ces deux
tendances s’affrontent à propos des modalités
d’action et les questions tactiques. Les réformistes sont
partisans d’une action légale, voire parlementariste, en se
rapprochant du PS alors que les révolutionnaires sont attachés
à la grève générale et à la participation active des ouvriers dans les luttes.
Dés
avant 1906, la CGT, se disant apolitique, est
traversée par deux courants politiques et doit sans cesse
balancer entre les deux, en fonction des rapports de forces internes.
Ces deux tendances vont devoir affronter la mainmise de la SFIO
née en 1905 et trouver un compromis avec la Charte d’Amiens.
La
Charte d’Amiens : quand, comment, pourquoi ?
C’est
lors du congrès d’Amiens, tenu en octobre 1906, que la
motion rédigée par Victor
Griffuelhes, E. Pouget et la Fédération du Textile
est votée à une écrasante majorité de 843
voix, 8 contre et 1 abstention. Cette motion, qui ne sera appelée
« Charte d’Amiens » qu’en octobre 1908 dans
un article de l’Humanité, pose les bases du syndicalisme
révolutionnaire. Dans un premier temps elle réaffirme
les principes de « l’apolitisme » du syndicat
et demande à ses syndiqués de ne pas faire de
« prosélytisme » en son sein. «
La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les
travailleurs conscients de la lutte à mener pour la
disparition du salariat et du patronat […] Le Congrès
affirme l’entière liberté pour le syndiqué de
participer en dehors du groupement corporatif, à telles formes
de lutte correspondant à sa conception philosophique ou
politique, se bornant à lui demander en réciprocité
de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe
en dehors ». Ce passage permet d’affirmer
l’indépendance totale vis-à-vis des partis politiques
comme la SFIO qui voit dans la CGT, alors à son apogée,
une courroie de transmission. Des délégués
réformistes et anarchistes opèrent alors un
rapprochement tactique contre les guesdistes du Nord pour faire voter
cette motion, mais aussi pour rejeter celle de Victor Renard qui
préconise de « s’entendre avec le parti
socialiste toutes les fois que les circonstances l’exigeront pour
faire triompher les principales réformes ouvrières ».
D’un autre côté, la Charte est soutenue par les
réformistes pour empêcher les anarchistes de développer
leurs théories au sein du syndicat. Ils ont d’ailleurs
accepté de retirer la motion de A. Keufer, autorisant les
syndicalistes à avoir des liens officieux ou officiels avec
les partis politiques et précisant que : « l’action
parlementaire doit se faire parallèlement à l’action
syndicale ». Ce compromis entre réformistes et
anarchistes se retrouve aussi dans les objectifs du syndicat. En
effet, la Charte d’Amiens fait du syndicalisme au quotidien un
outil pour « l’accroissement du mieux-être des
travailleurs par la réalisation d’améliorations
immédiates (diminution du temps de travail, augmentation des
salaires etc.) » mais aussi un
outil pour «
l’émancipation intégrale […] par l’expropriation
capitaliste » et surtout
« il
préconise comme moyen d’action la grève générale
et considère que le syndicat sera le groupement de production
et de répartition, base de l’organisation sociale ».
Ainsi le syndicat est contre les partis
politiques
mais se
veut aussi l’outil au service des travailleurs pour leur
émancipation, un système d’élaboration
politique complet qui prépare l’émancipation des
travailleurs par eux-mêmes mais qui serait aussi la base de
l’organisation de la future société sans classe.
Il se suffit à tout et à lui-même, il se veut
l’outil de la transformation sociale mais un outil apolitique, sans
doctrine. Les syndicalistes d’Amiens pensent que la conscience de
classe naît seulement par les luttes et qu’elle se conserve,
que la grève générale en est le moyen unique !
Du fait même du rejet des motions des réformistes et des
pro et anti-socialistes, la CGT devient un syndicat avec des idées
politiques qui le traversent. Produit d’un rapport de forces
conjoncturel, la Charte d’Amiens installe donc la CGT sur un
paradoxe : différentes conceptions politiques sont bel et
bien présentes mais leurs confrontations inévitables
n’y seront pas publiquement reconnues et n’auront pas d’espace
pour s’exprimer. Fatalement, ces contradictions devaient
s’exacerber au moment de la Première guerre mondiale.
La
Charte d’Amiens ne survit pas à l’union sacrée
Depuis
sa fondation, la CGT a toujours défendu des positions
anti-guerre en développant une propagande antimilitariste dans
les organes de presse, les brochures, lors des meetings. Les
différents congrès de 1900 à 1912 votent
régulièrement des résolutions antimilitaristes
et antipatriotiques rappelant que « les travailleurs
n’ont pas de Patrie ». Dès 1912, la CGT vote
à son congrès ordinaire une résolution pour
mettre en place une mobilisation dans les grandes villes d’Europe.
Mais les syndicalistes allemands et autrichiens posent comme
condition son organisation avec les Partis socialistes d’Europe, ce
que la CGT refuse au nom de la Charte d’Amiens.
En
1913, les rapports de forces changeant au sein de la CGT, elle
accepte d’organiser avec la SFIO, une mobilisation contre la loi du
retour au trois ans de service militaire. La réussite de la
mobilisation entraîne une féroce répression de
l’Etat. En juillet 1913, la confédération organise à
Paris une conférence pour réaffirmer ses positions
antimilitaristes mais refuse de déclarer la grève
générale proposée par les anarchistes.
Cependant, les dirigeants de la CGT d’alors ne s’opposent pas au
principe d’une grève générale, mais des
fédérations annoncent que les forces manquent. A la
veille de la Grande guerre la CGT est divisée entre les
réformistes, qui se réjouissent de son alliance avec la
SFIO, et les anarchistes, de plus en plus offensifs, accusant la CGT
de « lâcher et renoncer à la grève
générale ». Le déclin des
forces militantes est aussi le résultat des rapports de forces
qui dégradent de plus en plus le climat interne et éloignent
le syndicat de sa période d’apogée. Pour les
dirigeants de 1913, on doit autant se méfier de la SFIO que
des anarchistes. La CGT d’avant guerre est donc affaiblie. Les
différenciations vont s’accentuer au moment de la course
vers la guerre. La Charte d’Amiens est toujours brandie comme une
loi d’airain garantissant l’indépendance du syndicat
vis-à-vis des courants politiques. La CGT refuse la plupart du
temps des accords tactiques avec la SFIO et délaisse
progressivement l’objectif de la grève générale
tout en réaffirmant abstraitement ses principes à
chaque occasion: « la CGT est résolue à
ne rien sacrifier à la guerre, au contraire elle est décidée
à profiter de toute crise sociale pour recourir à une
action révolutionnaire ».
A
force d’affirmer qu’elle n’est pas un parti politique, mais en
voulant organiser les travailleurs et être l’outil de la
transformation sociale, de l’organisation de la production, la CGT
fonctionne comme un parti sans doctrine, laissant les doctrines des
autres s’y exprimer en coulisse. Les réformistes, même
sans parti, ont une doctrine : ils prônent une
transformation sociale sans violence, par l’accumulation de
réformes gagnées légalement par voix
parlementaire ou même par la grève quand cela est
nécessaire. Les anarchistes, eux, prônent la destruction
immédiate de l’Etat. Ils se sont affrontés sur des
questions tactiques et finalement stratégiques : si la
CGT est l’outil de la transformation sociale, quelle est la forme
de cet outil ? La Charte d’Amiens n’a pas répondu
à cette question car elle voulait évincer les
questions politiques. Paradoxalement, ce
sont ces questions
politiques non débattues au grand jour qui ont favorisé
l’affaiblissement du syndicat.
Le
1er Août 1914, l’Etat français déclare
la guerre par l’ « Appel à la Nation ».
Le gouvernement s’attend à des réticences de la
part des socialistes qui se rallient pourtant à l’Union
sacrée. La CGT, divisée, se rallie aussi par le
discours de Jouhaux, alors
secrétaire
général de la CGT, sur la tombe de Jean Jaurès
(mort assassiné le 31 juillet 1914), dans lequel il prétend
exprimer le sentiment de « la classe
ouvrière
au cœur meurtri », les ouvriers devenant « des
soldats de la liberté […] Au nom de ceux
qui
vont partir et dont je suis, je crie devant son cercueil que ce n’est
pas la haine du peuple allemand qui nous poussera sur les champs de
bataille, c’est la haine de l’impérialisme allemand ».
Les divisions internes, le manque de doctrine politique, ou au
contraire la présence de divers courants politiques en
concurrence officieuse, ont empêché la CGT, syndicat
forcément politisé, de comprendre la nature de la
Première guerre mondiale. Seule une petite poignée de
syndicalistes, autour de Pierre
Monatte
notamment, condamna et refusa le ralliement.
De
nos jours la Charte d’Amiens reste encore une référence
pour certains syndicats et pour les révolutionnaires. Si ce
texte permet de façon théorique d’affirmer
l’indépendance des syndicats vis-à-vis des partis
politiques, de doter le syndicat d’un programme révolutionnaire
de transformation sociale, il n’a hélas pas permis d’éviter
les divisions internes entre les courants politiques. Ces divisions,
qui se concentraient notamment sur la tactique de la grève
générale, se sont exacerbées à la veille
de la Grande guerre. La course à la guerre de l’Etat
français a été un test crucial pour les partis
de gauche comme pour la CGT, qui refusait d’être un parti
mais avait pour ambition d’organiser la classe ouvrière. La
Charte d’Amiens fut le résultat d’un compromis de
circonstance entre des réformistes peu critiques vis-à-vis
des institutions et des anarchistes. Si cette Charte refuse toute
subordination aux partis politiques, cela ne signifie pas pour autant
que les révolutionnaires devraient s’abstenir aujourd’hui
de faire de la politique dans les syndicats. Il est important de
caractériser la nature des syndicats de notre époque
pour élaborer collectivement une intervention des
révolutionnaires. Alors que sept syndicats se réclament
de la Charte d’Amiens, peut-on dire qu’ils ont encore une
politique syndicale révolutionnaire ? Bien sur que
non !
Devons-nous en tant que révolutionnaires défendre le
syndicat comme seul outil pour la transformation sociale et comme
base de l’organisation de la production ? Répondre à
cette question implique de relancer le nécessaire débat
sur les relations entre le parti et le syndicat, le parti et la
classe.
Leila
Soula
Bibliographie :
ROSMER
Alfred, Le mouvement ouvrier pendant la Première guerre
mondiale, Tome 1 – De l’Union sacrée à
Zimmerwald, réédition en fac-similé,
éditions d’Avron, 1993.
PIGENET
Michel, ROBIN Pierre, sous la direction de, Victor,
Emile,
Georges, Fernand et les autres… Regards sur le syndicalisme
révolutionnaire, actes du colloque de Nérac pour
les cent ans de la Charte d’Amiens, édition d’Albret,
2007.
DUVAL
François, « Syndicalisme
révolutionnaire », Rouge n°2154, 13
avril 2006.
COMBES
Gérard, « Un
mythe centenaire : la Charte d’Amiens »,
Bulletin Avanti n° 37, Octobre 2006, www.avanti-lcr.org
Fernand
Pelloutier (1867-1901) : Militant anarchiste qui a
quitté
le POF après un grand désaccord avec Guesde à
propos de la grève générale. Il a du mal à
faire accepter aux anarchistes le fait d’entrer dans les syndicats
car ils n’y voient qu’une organisation pour assurer la défense
des travailleurs. Il persiste dans son engagement et devient
syndicaliste révolutionnaire. Il meurt en 1901 bien avant la
rédaction et l’adoption de la Charte d’Amiens mais il en a
inspiré beaucoup de ses rédacteurs.
Auguste
Keufer (1851-1924) : Cofondateur de la CGT dont il
devient
le trésorier en 1895, réformiste mais membre du parti
socialiste, disciple des positivistes. Pour lui, le syndicat doit
être l’outil de l’obtention des améliorations
immédiates des conditions de travail, par le biais de la grève
s’il le faut, non pour spéculer sur la future société
meilleure mais pour obtenir des améliorations immédiates,
soit par le progrès des législations, soit par les
conventions collectives de travailleurs négociées avec
le patronat. Il souhaite le développement des caisses de
solidarité en temps de grève, de chômage, de
maladie, de décès, et la lutte pour la journée
des 9h etc…
Jules
Guesde (1847 – 1922) : Il
collabora sous l'Empire à
plusieurs journaux républicains et fit de la prison. Après
la Commune, il se réfugie en Suisse, puis en Italie, séjours
durant lesquels il écrit plusieurs ouvrages. Rentré en
France en 1876, il fonde L'Egalité
(le premier journal socialiste à réapparaître
après la Commune) et retourne en prison à deux
reprises, en 1876 et 1882. Il rédige dans sa cellule le
programme du Parti Ouvrier et, rendu à la liberté,
collabore au Citoyen
et au Cri
du Peuple.
Il fonde ensuite Le
Socialiste
et est élu député en 1893. On dit que ce sont
les "guesdistes" du POF (Parti ouvrier français
fondé en 1893) qui « vulgarisent » le
marxisme en France. Se dotant d'une organisation centralisée,
ils essayent de subordonner l'action des syndicats à celle du
parti. J. Guesde se retrouve ensuite à la tête du Parti
Socialiste de France, et continue de défendre ses théories
à la Chambre. En 1914, il entre dans le cabinet
d' « union
sacrée ». A la scission du congrès de Tours,
il se rallie à la fraction minoritaire de la SFIO qui refuse
de rejoindre l’Internationale communiste (la IIIème
Internationale) provoquant la scission entre Parti Communiste
Français naissant et la SFIO.
Emile
Pouget (1860-1931) Employé,
anarchiste,
fondateur du Père Peinard, se rapproche des
organisations syndicales vers 1895, devient délégué
au congrès de la CGT à Toulouse en 1897, chargé
de la rédaction de l’organe de la CGT : La Voix du
peuple à sa fondation en 1900. Il arrête toute
activité confédérale suite à une
répression sanglante à Villeneuve d’Ascq, fonde le
quotidien La Révolution en 1909. Il cesse ses
activités
syndicales à la veille de la Grande guerre, ne prend pas part
aux mobilisations antimilitaristes et meurt en 1931, reclus et isolé.
Victor
Renard : (1864 – 1914) Ouvrier
dans une filature de
Reims, membre du POF puis de la SFIO, proche de Jules Guesde,
secrétaire de la Fédération du Textile en 1903,
délégué au Congrès d’Amiens. Il se fait
remarquer par ses interventions pendant le congrès d’Amiens
visant la majorité, sur le fait que de parler
d’antimilitarisme, d’antipatriotisme et d’abstention électorale
revient à faire de la politique libertaire et donc ne respecte
pas les principes de la Charte d’Amiens.
Georges
Yvetot : (1868- 1942)
Antipatriotique et
antimilitariste, devient anarchiste sous l’influence de Pelloutier.
Il s’est battu toute sa vie contre la guerre et l’union sacrée.
Victor
Griffuelhes (1874-1923) Ouvrier
cordonnier, membre du
syndicat général de la cordonnerie de la Seine, puis
secrétaire de la fédération des cuirs et peaux
(FNCP), élu en 1901 secrétaire général de
la CGT en constitution. Proche du Parti blanquiste vers 1896 (petite
minorité bien organisée qui espère donner
l’impulsion à la révolution) il s’en éloigne
par sa propre expérience des luttes ouvrières. Déçu
par le blanquisme et le parlementarisme, il défend le
syndicalisme révolutionnaire pour émanciper la classe
ouvrière. Il démissionne de son mandat en 1909 suite à
des querelles internes.
Léon
Jouhaux : (1879-1954) Milite à
la CGT où
il devient représentant fédéral des
allumettiers. Il est élu secrétaire général
de la CGT de 1909 à 1947. Puis il devient président de
la CGT-FO (scission de la CGT en 1947, se réclamant de la
Charte d’Amiens contre la
mainmise du PCF) en
1948 et jusqu’à sa mort. Il devient également
vice-président de la Confédération
internationale des syndicats libres fondée en 1949.
Pierre
Monatte (1881-1960)
Ouvrier du livre et
syndicaliste
français,
responsable de la CGT au début du siècle, dont il fonde
la revue La Vie ouvrière en 1909. Opposé à
l'union sacrée, il démissionne en 1915 des instances
confédérales. Se référant à
Fernand Pelloutier, il ne cache pas ses sympathies anarchistes, mais
s'éloigna de ce courant après le Congrès
d'Amsterdam (1907).Leader de l'opposition interne, il crée en
1919 les Comités syndicalistes révolutionnaires au sein
de la CGT. Il rejoint le PCF en 1923, où il est proche
d’Alfred Rosmer. Il en est exclu en 1924. Il fonde en 1925 la revue
« La Révolution prolétarienne ».
|