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Que
Faire – numéro 8 – mai/juillet 2008
La démocratie dans le
parti : une
arme pour la révolution
Sylvestre
Jaffard
L'objet
de ce texte n'est pas de préconiser des structures spécifiques
pour la LCR ou pour le nouveau parti, mais d'approfondir la question
du rôle de la démocratie dans une organisation comme la
nôtre. La démocratie dans une organisation qui cherche à
changer la société n'est pas un but en soi, mais un
moyen qui doit être adapté au but politique, et qui lui
est toujours subordonné.
On
peut dire que le but du socialisme est la réalisation des
promesses démocratiques qui, dans la société
actuelle, ne peuvent précisément rester que promesses.
Sans le contrôle collectif et la gestion démocratique
des grandes entreprises, des moyens de transport, des ressources
naturelles, etc. la démocratie existante – c'est à
dire le droit de choisir tel ou tel gestionnaire du système
n'est que « mensonge et tromperie », pour
reprendre l'expression de Rosa Luxemburg1.
C'est
pourquoi notre stratégie, révolutionnaire, s'appuie sur
la capacité de la classes des travailleurs salariés à
construire d'autres organes démocratiques (conseils ouvriers,
comités d'usine...) à même de se confronter et de
remplacer les structures de l'état bourgeois, et une fois la
victoire remportée de construire le socialisme.
On
voit déjà dans cette opposition classique pour les
marxistes entre démocratie prolétarienne et démocratie
bourgeoise que la démocratie n'est pas, comme tend à le
prétendre l'idéologie dominante, un objet invariant.
Elle peut prendre des formes extrêmement diverses :
élection d'un chef doté de pouvoirs étendus,
d'une assemblée délibérante, révocable ou
non, et soumise à un contrôle plus ou moins complet de
leurs électeurs, la forme et la qualité du débat
peuvent varier immensément suivant l'étendue réelle
(légale et économique) de la liberté de la
presse, du militantisme, du niveau culturel/intellectuel, de
l'isolation plus ou moins grande de parties de l'électorat,
etc.
C'est
que la démocratie est toujours un moyen pour une fin
déterminée. Les formes démocratiques doivent par
conséquent être adaptées à ces fins. Dans
les sociétés de classes, le type de démocratie
défendu dépend toujours du point de vue de classe de
ceux qui le défendent. Mais aussi : à partir d'un
même point de vue de classe, différents mécanismes
sont plus ou moins adéquats suivant l'étape spécifique
de la lutte de classes, et la nature de l'organe outil de cette
lutte. Ainsi la nature de la démocratie à laquelle nous
aspirons avec la victoire du socialisme est différente de la
nature de la démocratie dont nous avons besoin au sein du
parti révolutionnaire qui doit permettre cette victoire.
La démocratie
sous le socialisme
On
pourrait illustrer cette différence de la manière
suivante : imaginons que la révolution socialiste
mondiale a vaincue dans le monde entier, que la bourgeoisie n'existe
plus que dans les livres d'histoire , et que l'ensemble des décision
collectives tant « économiques » que
« politiques » (la différence
aura-t-elle encore un sens ?) est aux mains d'assemblées
élues, révocables à tout moment et strictement
contrôlées par l'ensemble de la population. Question à
l'ordre du jour dans une localité quelconque : certains
veulent organiser la construction d'une piscine, d'autres d'une salle
de concert. Les ressources matérielles et humaines ne sont pas
suffisantes pour mener les deux constructions de front. Chacun expose
donc ses préférences, puis on procède à
un vote.
Le
débat démocratique au sein du parti révolutionnaire
ressemble-t-il à ce cas de figure ? Non, car une
organisation révolutionnaire est une organisation de combat
formée dans un but précis. Il ne s'agit pas pour elle
de mettre en œuvre la
satisfaction des
besoins ou des désirs de ses membres, mais de déterminer
une analyse et une stratégie adaptée à son
environnement.
Ou
encore : il n'y a pas de décision « juste »
et une autre « fausse » quant au fait de
construire une piscine ou une salle de concert dans notre
exemple :
c'est selon le désir plus ou moins vif de la population de
s'adonner à la natation où au plaisir musical. En
revanche le parti révolutionnaire doit déterminer si
oui ou non telle action de sa part est susceptible de renforcer le
camp de la révolution – il n'arrive pas toujours à le
faire correctement, mais il y a indéniablement des actions
correctes et des actions mauvaises de ce point de vue, et il ne
s'agit jamais dans le choix d'une tactique de simplement suivre les
désirs arbitraires des militants.
Une base scientifique
Sans
s'y résumer, le débat au sein du parti révolutionnaire
doit reposer sur une base scientifique, c'est à dire tout
simplement sur une vision réaliste des choses. De ce point de
vue la confrontation entre plusieurs analyses doit se faire dans le
but de déterminer laquelle est la plus juste, et d'éliminer
les erreurs. Il faut
pour
construire une stratégie et des tactiques adéquates
clarifier certains points. Quelle est la nature de l'exploitation
capitaliste ? Quel est le moteur de la politique militaire de
tel ou tel pays ? Quel rapport entre exploitation et
oppressions ? Etc. Sans clarifier ces questions, il est
impossible de s'orienter dans toutes les questions concrètes
de lutte pour les salaires, contre le racisme et le sexisme, etc. La
période présente dans l'extrême-gauche et en
particulier dans la LCR est très marquée par l'effort
de contrecarrer tout les dégâts du stalinisme, et en
particulier le dogmatisme. Mais le danger symétrique de
l'éclectisme est tout aussi grave, car une vision du monde où
cohabitent des théories contradictoires est une vision floue,
qui empêche le combat.
Certes
toute prise de décision demande un présupposé
purement empirique sur l'évaluation
de la situation et des moyens à disposition : c'est aussi
un préalable au débat dans notre exemple dans la
société socialiste (il faut savoir si l'on a les
matériaux nécessaires, faire appel à des
personnes connaissant bien la question de la construction de piscines
ou de salles des concert pour assurer que tout est faisable en terme
de facilité à l'usage, de durabilité, de
sécurité etc.). Mais là aussi il existe une
différence avec le parti révolutionnaire : la base
théorique sur lequel doit s'appuyer son action est elle-même
un enjeu de la lutte de classes dans laquelle le parti est engagé.
Toutes les questions sociales, économiques, politiques, etc.
donnent naissance à des théories répandues dans
la société mais fausses, qui correspondent à
l'idéologie dominante. La pression de ces idées
s'exerce nécessairement y compris au sein de la réflexion
des révolutionnaires (parfois sous la forme symétrique
du « contrepied systématique »).
Les
moyens spécifiques de favoriser l'élaboration
d'analyses justes dépendent des moyens techniques, humains,
culturels à disposition, mais on peut tout de même dire
qu'il est évident que toute une partie d'entre eux ne ressort
pas du débat démocratique au sens où on l'entend
généralement, mais de la rigueur scientifique dans la
discussion (rassembler des faits avérés avant de passer
à l'analyse, les présenter de manière accessible
et claire, etc.) et doit donc se dérouler par écrit,
dans la presse du parti et en dialogue avec les travaux scientifiques
qui se font en-dehors de lui. D'autre part aucune science ne peut
progresser si elle ne bâtit pas sur des découvertes
établies : pour prendre un exemple extrême, la
réflexion du parti révolutionnaire ne peut pas avancer
si il faut sans cesse rouvrir le débat de savoir si il existe
une lutte des classes ou pas, ou pour un exemple un peu moins extrême
de savoir si la théorie marxiste de la valeur est correcte ou
non2.
Elle ne peut pas avancer non plus si elle ne reconnaît pas
l'émergence de phénomènes nouveaux qui demande
des analyses nouvelles, et donc des débats nouveaux – il
s'agit donc aussi de savoir faire la distinction entre les acquis
théoriques et les questions nouvelles.
Une démarche stratégique
La
structure démocratique du parti révolutionnaire doit
également poursuivre un autre but en plus de développer
une analyse correcte de la réalité existantes (démarche
scientifique) : orienter les actions futures. Il est évident
que la discussion doit alors prendre un tour différent, que
l'accord sur les fondamentaux qui a découlé du débat
« scientifique » révèle alors son
utilité comme la base la plus solide possible pour déterminer
une stratégie et une tactique susceptible de succès. En
effet, cette élaboration nécessite à la fois une
vision claire des conditions et des forces en présence (celles
de notre camp et celles de l'ennemi), mais également une
capacité créatrice : il faut faire preuve
d'imagination pour aller vers une situation nouvelle, et faire à
nouveau preuve d'imagination pour anticiper quels seront les
nouvelles questions qui se poseront dans cette nouvelle situation.
Comme un joueur d'échecs, un bon stratège doit imaginer
toutes les conséquences de ses actions pour l'adversaire et
pour lui-même, et jouer plusieurs coups à l'avance en
imaginant plusieurs scénarios à la fois. Comme le dit
joliment Tony Cliff : « Il est
vrai que le
marxisme en tant que guide pour l’action est nécessairement
une science, mais il est aussi un art, un art créatif. La loi
newtonienne de la gravité est scientifique. L’utilisation de
cette science pour lancer une pierre sur une cible, ou mieux, pour
régler un bombardement d’artillerie, est un art qui ne peut
être accompli que par l’application de l’expérience
à la science. »3
Il
arrive que l'on résume la question stratégique à
celle de la prise du pouvoir : c'est absurde. On a autant
besoin
de sens stratégique pour gagner une lutte dans une entreprise
ou sur un projet de loi, ou même pour simplement réussir
une réunion publique ou une diffusion de tracts, que pour
abattre l'Etat – et il est douteux qu'on puisse arriver près
de le faire si le parti d'avant-garde n'est pas capable d'être
assez inventif pour avancer dans les « petites
questions ». De même – et c'est lié – la
stratégie ne concerne pas que la direction du parti, mais
chaque membre, qui doit pouvoir apporter le maximum à la
construction et à la direction des luttes là où
il/elle se trouve, et nourrir la réflexion collective du parti
de ses expériences et du bilan qui en est tiré.
Un
des tests qui ont montré que le parti bolchevik était
véritablement un parti qui rassemblait l'avant-garde ouvrière,
c'est le rôle que ses membres ont pu jouer lors de la
révolution de février 1917, alors que cette révolution
s'était déclenchée soudainement à partir
d'une manifestation spontanée de travailleuses du textile et
que tous les dirigeants importants se trouvaient soient en exil soit
en détention. Trotsky raconte par exemple :
« Un
des authentiques meneurs en ces journées, l'ouvrier bolchevik
Kaïourov, raconte que les manifestants s'étaient tous
enfuis, en certain point, sous les coups de nagaïka
de la police à cheval, en présence d'un peloton de
Cosaques ; alors lui, Kaïourov, et quelques autres ouvriers
qui n'avaient pas suivi les fuyards se décoiffèrent,
s'approchèrent des Cosaques, le bonnet à la main :
" Frères Cosaques, venez au secours des ouvriers
dans leur lutte pour de pacifiques revendications ! Vous voyez
comment nous traitent, nous, ouvriers affamés, ces pharaons.
Aidez-nous ! " Ce ton consciemment
obséquieux,
ces bonnets que l'on tient à la main, quel juste calcul
psychologique, quel geste inimitable ! Toute l'histoire des
combats de rues et des victoires révolutionnaires fourmille de
pareilles improvisations. Mais elles se perdent d'ordinaire dans le
gouffre des grands événements, et les historiens ne
ramassent qu'un tégument de lieux communs. " Les
Cosaques échangèrent entre eux des coups d'œil
singuliers, dit encore Kaïourov, et nous n'avions pas eu le
temps de nous éloigner qu'ils se jetaient en plein dans la
mêlée. Quelques minutes plus tard, devant le
perron de la gare, la foule portait en triomphe un Cosaque qui venait
de sabrer un commissaire de police. »4
Mais
d'un autre côté, la suite immédiate de Février
a aussi montré que l'audace et la capacité stratégique
d'un Kaïourov étaient contrebalancés dans la
direction bolchevique par l'esprit routinier, par l'incapacité
à saisir la situation nouvelle et ses potentialités.
Trotsky cite un militant bolchevique : « Notre
parti, qui avait activement participé à l'insurrection,
laissa visiblement échapper son influence sur la masse, et
cette influence fut interceptée par les mencheviks et les
socialistes-révolutionnaires. Quels étaient les mots
d'ordre des bolcheviks, personne n'en savait rien... Le tableau était
fort désagréable. » 5
Pour
contrecarrer cette indécision, ce conservatisme, il fallut le
retour de Lénine et sa capacité à convaincre le
sommet du parti – avec l'aide essentielle de la base du parti qui
voyait concrètement à quelle impasse menait
l'orientation de la direction bolchevique jusqu'alors – de réviser
ses conceptions et de se donner comme but la conquête du
pouvoir.
Sans
l'organisation à la fois démocratique et centralisée
du parti bolchevique, les « stratèges d'en bas »
n'en auraient pas été moins valeureux, mais ils
n'auraient pas pu se donner une stratégie d'ensemble,
nécessaire pour remporter la victoire.
Quelles
conclusions tirer de tout cela du point de vue des structures du
parti ?
-
La
stratégie est l'affaire de tous et de tous les instants. Le parti doit
par conséquent faciliter la capacité autonome de chaque section locale,
de chaque militant de proposer des tactiques, de prendre des
initiatives, dans le cadre d'une stratégie globale.
-
La
détermination d'une stratégie globale correcte est indispensable pour
avancer.
-
C'est
de la capacité à saisir rapidement les caractéristiques d'une nouvelle
situation, et à imaginer les nouveaux moyens d'avancer à partir de
cette nouvelle situation que dépend la succès ou l'incapacité d'un
parti d'avant-garde, particulièrement dans une situation de crise
sociale/politique.
-
Cette
capacité ne peut pas se développer spontanément lorsque la situation
révolutionnaire éclate, qu'elle est nécessairement le fruit de longues
années de préparation théorique et pratique, tant pour la direction que
pour l'ensemble du parti.
-
La
question des capacités stratégiques des individus à la direction du
parti n'est pas indifférente. On ne peut pas se contenter d'élire une
direction sur une orientation valable à un moment t,
il faut aussi qu'elle soit capable de réviser sa stratégie à la lumière
des résultats obtenus et de la nouvelle situation.
Implantation et unité d'action
Outre
l'élaboration d'une analyse scientifique et d'une stratégie,
il est encore un troisième objectif que doit se donner le
parti révolutionnaire, c'est d'assurer son implantation dans
des couches larges de la classe salariée et l'unité
d'action dans le mouvement des masses des travailleurs pour leur
émancipation. Mais en fait, cet objectif est en même
temps la condition pour atteindre les deux premiers, et inversement
seule la réalisation des deux premiers permet d'assurer cette
unité d'action. C'est pourquoi on aurait grandement tort
d'opposer démocratie et discipline dans le parti.
Lénine
a exposé avec force cette relation dialectique entre
discipline au sein du parti, implantation dans la classe, et justesse
de l'orientation :
« [L]a
question se pose: qu'est-ce qui cimente la discipline du parti
révolutionnaire du prolétariat ? qu'est-ce qui la
contrôle ? Qu'est-ce qui l'étaye ? C'est,
d'abord, la conscience de l'avant-garde prolétarienne et son
dévouement à la révolution, sa fermeté,
son esprit de sacrifice, son héroïsme. C'est, ensuite,
son aptitude à se lier, à se rapprocher et, si vous
voulez, à se fondre jusqu'à un certain point avec la
masse la plus large des travailleurs, au premier chef avec la masse
prolétarienne, mais aussi la masse des travailleurs non
prolétarienne. Troisièmement, c'est la justesse de la
direction politique réalisée par cette avant-garde, la
justesse de sa stratégie et de sa tactique politiques, à
condition que les plus grandes masses se convainquent de cette
justesse par leur propre expérience. A défaut de ces
conditions, dans un parti révolutionnaire réellement
capable d'être le parti de la classe d'avant-garde appelée
à renverser la bourgeoisie et à transformer la société,
la discipline est irréalisable. Ces conditions faisant défaut,
toute tentative de créer cette discipline se réduit
inéluctablement à des phrases creuses, à des
mots, à des simagrées. Mais, d'autre part, ces
conditions ne peuvent pas surgir d'emblée. Elles ne
s'élaborent qu'au prix d'un long travail, d'une dure
expérience ; leur élaboration est facilitée
par une théorie révolutionnaire juste qui n'est pas un
dogme, et qui ne se forme définitivement qu'en liaison étroite
avec la pratique d'un mouvement réellement massif et
réellement révolutionnaire. »6
On
le voit, le plein développement du parti révolutionnaire
n'est possible... que dans un contexte révolutionnaire. Mais,
dialectiquement « ces conditions ne peuvent pas
surgir
d'emblée ». Il s'agit donc de les préparer
en construisant les cadres qui permettront ce développement,
en veillant à encourager en renforcer les éléments
naissants qui vont dans le sens d'une meilleure implantation dans la
classe, du perfectionnement de la direction dans l'art de la
stratégie, et d'une compréhension théorique
solide. A tout ce qui est nécessaire pour que le parti élabore
une analyse scientifique de la réalité et une stratégie
la plus juste possible, s'ajoute donc encore la nécessité
que le parti soit au maximum ouvert à l'ensemble des
travailleurs et à leur contact, et qu'il le soit réellement,
c'est à dire qu'un maximum de travailleurs susceptibles de le
faire soit capable de rejoindre le parti, une fois dedans de
s'approprier les débats (ce qui passe par l'accueil des
nouveaux militants, l'effort de formation, de synthèse, de
publications...) et que les couches sympathisantes soient elles
aussi capables de dialoguer facilement avec le parti (importance du
courrier des lecteurs, des invités extérieurs lors des
débats publics etc.).
Il
est inutile de vouloir imposer à toute force une stratégie
qui n'a convaincu que la direction du parti : les militants –
et les travailleurs qu'ils doivent pouvoir entraîner avec eux
dans l'application de la stratégie – doivent être eux
aussi intimement convaincus de la justesse de la stratégie si on veut
avoir quelque espoir qu'elle soit effectivement appliquée
– et ils le seront d'autant plus facilement que la stratégie
en question correspond effectivement au besoin du mouvement.
D'ailleurs l'analyse et l'élaboration de la stratégie
révolutionnaire ne peuvent pas se passer de l'apport direct de
militants implantés dans toutes les couches de la classe
ouvrière : quelles sont les motifs de
mécontentement ?
Quelle est la réaction par rapport à telle nouvelle
loi ? Les propositions du parti sont-elles
entendues ?
Comprises ? Quel est le degré de combativité ?
Quelle tactique se révèle fructueuse ? Quelle
tactique mène à l'échec ? Etc. Une
direction qui ne prêterait pas une attention constante aux
informations et aux initiatives des militants se banderait les yeux
avant de prendre le volant.
Afin
que les conditions nécessaires pour que le parti soit un vrai
parti révolutionnaire utile au combat soient réunies il
faut donc un mouvement constant de la base au sommet et vice versa de
conviction, de vérification, d'ajustement, de révision,
avec comme but constant l'application la plus massive et unie
possible de la stratégie la plus juste possible.
L'examen
de l'histoire montre que les modalités qui sont adaptées
à une situation particulière ne le sont pas toujours
pour une autre, mais toutes les questions de structure (droit de
tendance permanentes ou pendant un temps déterminé,
droit de fraction, mode de scrutin, modalité des débats,
presse, etc.) ne peuvent s'envisager que dans cette optique.
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