1 Lénine écrit cet article le mois qui suit le congrès de réunification entre bolcheviks, mencheviks et autres groupes au sein du Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie (POSDR). Les bolcheviks y étaient alors en minorité.
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Que Faire – numéro 8 – mai/juillet 2008Liberté de critique et unité d'action1Lénine (1906)
Le tract suivant signé par le Comité central du P.O.S.D.R. est parvenu à la rédaction : « Compte tenu du fait que la question des limites de la liberté de que des décisions prises par les Congrès du Parti a été soulevée in certain nombre d'organisations du Parti, le Comité central, considérant que les intérêts du prolétariat russe ont toujours exigé la plus grande unité dans la tactique du P.O.S.D.R., et qu'actuellement, cette unité des actions politiques des diverses fractions de notre Parti s'avère plus nécessaire que jamais, propose que :
Si nous examinons cette résolution quant à son fond, nous y trouvons toute une série d'étrangetés. Elle signifie que « dans les réunions du Parti » on jouit d'une « pleine liberté » d'opinion et des critiques personnelles (§ 1), et que dans les « réunions élargies » (§ 2) « aucun membre du Parti ne doit appeler à des actions en contradiction avec les décisions du congrès ». Réfléchissez un instant à ce qu'il en résulte :dans les réunions du Parti, les membres du Parti ont le droit d'appeler à des actions en contradiction avec les décisions du congrès, et dans les réunions élargies, une pleine liberté d'« exprimer son opinion personnelle » n'est pas « accordée » ! ! Les auteurs de la résolution se font une idée tout à fait erronée du rapport qui existe entre la liberté de critique à l'intérieur du Parti et l'unité d'action du Parti. La critique, dans la limite des principes fondamentaux du programme du Parti, doit être entièrement libre (rappelons, à cet égard, ne serait-ce que le discours de Plékhanov au deuxième Congrès du P.O.S.D.R.) non seulement dans les réunions du Parti, mais aussi dans les réunions élargies. Interdire une telle critique ou une telle « propagande » (car la critique ne peut être séparée de la propagande) est impossible. L'action politique du Parti doit être unie. Aucun « appel » détruisant l'unité d'actions déterminées n'est admissible ni dans les réunions élargies, ni dans les réunions du Parti, ni dans la presse de notre Parti. De toute évidence, le Comité central a donné de la liberté de critique une définition inexacte et trop étroite, et de l'unité d'action une définition inexacte et trop large. Prenons un exemple. Le congrès a décidé de participer aux élections à la Douma. Les élections sont une action tout à fait déterminée. Pendant la durée des élections (par exemple à Bakou actuellement), tout appel à ne pas participer aux élections est absolument inadmissible où que ce soit, de la part des membres du Parti. Durant cette même période, la critique de la décision sur les élections est également inadmissible, parce que dans la pratique, cela ferait obstacle au succès de la propagande électorale. Au contraire, la critique de la décision de participer aux élections tant que celles-ci n'ont pas encore été fixées, est partout admissible de la part des membres du Parti. Bien entendu, la mise en pratique de ce principe provoque aussi parfois des discussions et des malentendus, mais c'est seulement sur la base de ce principe précisément, que tous les désaccords et toutes les incompréhensions peuvent être réglés tout à l'honneur du Parti Or la résolution du Comité central crée une situation impossible. La résolution du Comité central est à la fois fausse quant au fond et contraire aux statuts du Parti. Le principe du centralisme démocratique et de l'autonomie des organisation locales signifie précisément la liberté de critique, entièrement et partout, tant qu'elle ne met pas obstacle à l'unité d'une action déterminée, et l'inadmissibilité de toute critique détruisant ou gênant l'unité d'une action décidée par le Parti. Nous considérons que le Comité central a commis une grave erreur en publiant une résolution sur cette importante question sans avoir engagé une discussion préalable dans la presse et les organisations du Parti ; cette discussion lui aurait permis d'éviter les fautes que nous venons de signaler. Nous appelons toutes les organisations du Parti à discuter maintenant cette résolution et à exprimer nettement leur opinion.
Conforme au texte du journal
Œuvres
t.10, pp. 465-467, Paris-Moscou 1 Lénine écrit cet article le mois qui suit le congrès de réunification entre bolcheviks, mencheviks et autres groupes au sein du Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie (POSDR). Les bolcheviks y étaient alors en minorité. . |
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