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Que Faire ? est la revue des militant(e)s de la LCR regroupé(e)s au sein du courant Socialisme par en bas. Plate-forme du courant de la LCR « Socialisme par en bas » Le retour de la résistance de masse L'actualité de la révolution, c'est-à-dire de l'alternative "socialisme ou barbarie", devient la tonalité dominante de la période. Le chaos ouvert par la stratégie de "guerre sans limite" de l'administration américaine est l'élément le plus spectaculaire d'une crise globale du capitalisme qui se traduit par le durcissement des attaques sociales, la montée du danger fasciste le développement de l'impérialisme. Mais elle est aussi caractérisée par le retour des mouvements de résistance internationalement et à une échelle de masse. Ces dernières années ont été dominées par le mouvement anticapitaliste depuis Seattle et plus récemment par l'ampleur historique du mouvement contre la guerre. En France, le mouvement de Mai-juin 2003 a remis sur le devant de la scène le mot d'ordre de grève générale comme perspective concrète. Cette rupture avec le sentiment profond d'impuissance qui marqué la période précédente a mis à l'ordre du jour une volonté de lutter contre un monde dominé par la logique du profit pour lui substituer celle des besoins, contre un monde dominé par une infime minorité pour lui substituer le contrôle de l'immense majorité. C'est cette dynamique qui redonne une audience aux idées communistes révolutionnaires, à la tradition du socialisme par en bas qui avaient semblé être enterrées par l'hégémonie du stalinisme sur le mouvement ouvrier et les désillusions développées par la pratique de la gauche réformiste au pouvoir.
Démocratie et pouvoir des travailleurs Cette conception du socialisme par en bas repose sur l'activité propre et unifiée des travailleurs et de tous les opprimés pour mettre fin à l'exploitation et à l'oppression : " l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes ". De ce fait le socialisme exige des travailleurs qu'ils brisent les chaînes de l'exploitation pour organiser la production sur des bases collectives et dans le seul but de répondre aux besoins de tous. L'histoire a montré qu'il faut dans ce processus détruire l'Etat et, sur la base de conseils démocratiques, mettre en place un pouvoir réellement contrôlé par la majorité. Un parti révolutionnaire Le capitalisme atomise les travailleurs, les divise en permanence selon leur sexe, leur âge, leur nationalité, la couleur de leur peau, leurs croyances. Si l'expérience de la résistance est une expérience qui unit et bat en brèche les préjugés, elle est souvent fragmentée et fragmentaire. C'est pour généraliser cette expérience que les révolutionnaires doivent construire un parti. Rassembler dans un même parti tous ceux qui ont développé une conscience de la nature globale du capitalisme est indispensable pour permettre non seulement de construire la lutte sur différents fronts mais aussi pour essayer de relier ceux-ci et ainsi élever la conscience de classe de la majorité. Le mouvement large Construire un parti révolutionnaire et construire le mouvement de lutte le plus large possible sont complémentaires. Unis au sein d'un même parti, les révolutionnaires sont plus efficaces pour encourager leur entourage à résister, favoriser leur autoactivité, lutter contre les préjugés qui les divisent, mettre en avant en permanence ce qui unit pour agir en commun. En France, les militants de la LCR et de LO ont été centraux dans la construction des grèves de Mai-Juin 2003, pour encourager le développement de coordinations interprofessionnelles. En Grande-Bretagne, la plus forte organisation révolutionnaire, le Socialist Workers Party, a été cruciale pour développer, contre la guerre, le plus fort mouvement dans l'histoire britannique. Le réformisme La crise du capitalisme a réduit largement la capacité des partis réformistes à mettre en place des réformes, c'est-àdire des améliorations des conditions de vie des travailleurs. Mais cela n'a pas mis fin à l'hétérogénéité de la conscience de classe : le réformisme reste malgré cela majoritaire dans l'esprit des travailleurs comme stratégie pour changer le monde. Comme l'ont montré les élections régionales de mars 2004, des millions de jeunes et de travailleurs peuvent continuer à voir les partis réformistes comme alternative même si ceux-ci découragent à chaque fois leurs attentes. Penser que le réformisme est mort peut mener à une double erreur. Cela peut mener à penser que toute lutte pour des réformes est, en soi, révolutionnaire. Cela peut aussi mener à exclure de la construction de la lutte ceux qui ont des illusions réformistes ou des préjugés. Dans les deux cas, on fait disparaître la nécessité d'un parti révolutionnaire. Dans le premier cas parce qu'on propage l'idée que le mouvement évolue uniformément vers la révolution. Dans le second parce qu'on réduit le mouvement à son noyau le plus radical. Les révolutionnaires doivent toujours encourager l'expérience faite par les travailleurs et les jeunes sans exiger comme préalable de rompre avec leurs illusions pour mener les combats en commun, que ce soit contre leur patron, contre le gouvernement, contre la guerre ou contre le Front National. Mais dans ces différentes luttes, notamment à travers la diffusion de Rouge, leurs réunions et débats, les révolutionnaires défendent leurs idées et leurs propositions. Gauche anticapitaliste Avec le développement des mouvements de résistance : antiguerre, écologiste, contre l'oppression, contre les attaques sociales…, des dizaines de milliers de personnes ont pris conscience que le capitalisme est au centre des problèmes de la société. Il est de la responsabilité des révolutionnaires de contribuer, avec tous ceux-là, au regroupement d'une gauche anticapitaliste qui représente une alternative pour tous ceux qui ne se résignent pas à l'abandon par les partis de la gauche réformiste d'une autre perspective que celle de la gestion du capitalisme. Cela n'est pas contradictoire avec la perspective de construction d'un parti révolutionnaire. Au contraire, plus ils seront organisés pour intervenir de manière coordonnée et plus les révolutionnaires seront efficaces pour mener cette expérience aux côtés de dizaines de milliers de jeunes et de travailleurs. En retour, cette expérience commune sera un facteur d'accélération dans la construction d'un parti révolutionnaire. Regroupement des révolutionnaires À l'origine de ce courant se trouvent des militants de la LCR qui proviennent d'un autre courant que la IVe Internationale, la tendance IST (International Socialist Tendency). Cette tendance s'est construite notamment sur une critique du socialisme tel qu'il existait en URSS ou en Chine l'assimilant à un capitalisme d'Etat. Elle s'oppose à toute tentative de substituer à la classe des travailleurs un autre agent susceptible de construire le socialisme, que ce soit une minorité révolutionnaire armée ou l'Etat et un parti arrivant au pouvoir par les élections. Nous sommes à la LCR parce que nous pensons que le retour d'un mouvement de résistance globale au capitalisme à une échelle de masse fait converger les révolutionnaires issus de courants différents ainsi que d'autres courants et individus impliqués dans ces mouvements vers les mêmes conceptions de la lutte pour le socialisme. Nous voulons, en France, comme internationalement, contribuer à renforcer cette convergence.
Annexes à la plate-forme 1 – Fonctionnement du courant Comme tout militant de la LCR, l'activité politique régulière des membres du courant est celle qui est déterminée par les différentes instances de la LCR et ne peut entrer en contradiction avec celle-ci. Dans cette activité, les membres du courant s'efforcent de favoriser toutes les positions et types d'intervention qui vont dans le sens des positions énoncées dans la plate-forme. Notamment : la construction des luttes sur les bases les plus larges possible mais sans concessions à l'Etat et à la classe dirigeante, intervention construite de la LCR au sein du mouvement, recrutement à la LCR, utilisation de Rouge. Les membres du courant cherchent à développer les débats et les arguments de la LCR dans le sens des positions exprimées dans cette plateforme. Outre leur participation, dans la mesure du possible, aux publications de la LCR, ils élaborent une revue théorique trimestrielle dirigée vers tous les membres de la LCR et les sympathisants au sein du mouvement. Le contenu de cette revue sera élaboré au cours de réunions du courant, locales et nationales. Elle sera ouverte à des contributions de membres de la LCR qui ne participent pas au courant. Le courant n'exige aucune discipline de courant sur les questions tactiques au sein de la LCR. 2 - Organisation dans la jeunesse Dans notre conception, le parti révolutionnaire rassemble sur la base de perspectives communes ses membres quelles que soient leur profession, leur nationalité d'origine, leur sexe ou leur âge. Si certaines circonstances peuvent exiger le développement de structures liées au parti rassemblant certains de ses membres en fonction de ces critères, nous pensons par contre que ces structures doivent être sous la responsabilité politique du parti. Étant membres de la LCR nous respectons ses règles de fonctionnement tout en nous réservant, dans les cadres prévus, la possibilité de les critiquer. Nous défendons l'importance cruciale de la jeunesse pour la construction d'un parti révolutionnaire, ce qui passe notamment par le développement d'une activité importante au sein de la jeunesse scolarisée. Dans la LCR, cette activité est organisée dans le cadre des JCR. Le développement de cette activité doit être cohérent avec le projet de développement d'un parti révolutionnaire. La construction des JCR doit donc être conçue comme un appui à la construction de la LCR.
Que faire ? " [La troisième période] s'annonce, comme on l'a vu, en 1897 et se substitue définitivement à la deuxième période en 1898. C'est la période de dispersion, de désagrégation, de flottement. Il arrive que chez les adolescents la voix mue. Eh bien, la voix de la social-démocratie russe de cette période commençait à muer, à sonner faux. [...]. Mais seuls les dirigeants erraient chacun de son côté et rétrogradaient : le mouvement, lui, continuait de s'étendre, d'avancer à pas de géant. La lutte prolétarienne gagnait de nouvelles couches d'ouvriers et se propageait à travers le Russie, contribuant du même coup, indirectement, à ranimer l'esprit démocratique parmi les étudiants et les autres catégories de la population. Mais la conscience des dirigeants avait fléchi devant la largeur et la puissance de l'essor spontané ; parmi les social-démocrates dominait déjà une autre phase, celle des militants nourris à peu près uniquement de littérature marxiste 'légale' ; celle-ci était d'autant plus insuffisante que la spontanéité des masses exigeait d'eux un plus haut degré de conscience. [...] Ce n'est pas le majestueux dédain pour la pratique, de la part de quelque admirateur de l''absolu', qui est caractéristique de cette période, mais justement la conjonction du menu praticisme et de la plus complète insouciance à l'égard de la théorie. Ce n'est point tant de la négation directe des 'grands mots' que s'occupaient les héros de cette période que de leur banalisation : le socialisme scientifique a cessé d'être un corps de doctrine révolutionnaire ; il est devenu un mélange confus où l'on ajoutait à volonté' l'eau claire de n'importe quel manuel allemand ; le mot d'ordre de lutte de classes' n'incitait pas à une action toujours plus étendue, toujours plus énergique, - il servait d'émollient, " la lutte économique étant indissolublement liée à la lutte politique " ; l'idée de parti n'appelait pas à créer une organisation révolutionnaire de combat, elle justifiait une sorte de 'bureaucratisme révolutionnaire' et une tendance puérile à jouer aux formes 'démocratiques'. Nous ignorons quand finira la troisième et commencera la quatrième période (qu'annoncent déjà, en tout cas, de nombreux présages). Du domaine de l'histoire nous passons ici dans le domaine du temps présent, et, en partie, dans celui de l'avenir. Mais nous avons la ferme conviction que la quatrième période conduira à consolider le marxisme militant ; que la socialdémocratie russe sortira de la crise plus forte et plus virile ; que l'arrièregarde des opportunistes sera 'relevée' par l'avant-garde véritable de la classe la plus révolutionnaire. En appelant à faire cette 'relève' et résumant tout ce qui a été exposé plus haut nous pouvons, à la question : que faire ? donner une brève réponse : Liquider la troisième période. " Conclusion de Que faire ?, Lénine, 1902
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