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	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>Some of us are Brave...</title>
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		<dc:date>2011-07-25T13:34:47Z</dc:date>
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		<dc:creator>Hugo Harari-Kermadec, Lisbeth Sal, Na&#239;ma Anka Idrissi</dc:creator>


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		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
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&lt;p&gt;Bien qu'elle ne soit pas nouvelle, la question de l'articulation des oppressions entre elles et avec l'exploitation se pose avec acuit&#233; dans les luttes d'aujourd'hui. Qu'il s'agisse de l'organisation des femmes voil&#233;es et plus largement des mobilisations des quartiers populaires, c'est d'embl&#233;e ce type de questions qui sont pos&#233;es. Dans cet article, nous souhaitons montrer que pour r&#233;sister il est n&#233;cessaire d'appr&#233;hender l'articulation des oppressions pour &#233;viter de passer &#224; c&#244;t&#233; des besoins r&#233;els des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/encemoment" rel="tag"&gt;encemoment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Feminisme" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Racisme" rel="tag"&gt;Racisme&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L94xH150/arton278-77c8c.png&#034; width='94' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bien qu'elle ne soit pas nouvelle, la question de l'articulation des oppressions entre elles et avec l'exploitation se pose avec acuit&#233; dans les luttes d'aujourd'hui. Qu'il s'agisse de l'organisation des femmes voil&#233;es et plus largement des mobilisations des quartiers populaires, c'est d'embl&#233;e ce type de questions qui sont pos&#233;es. Dans cet article, nous souhaitons montrer que pour r&#233;sister il est n&#233;cessaire d'appr&#233;hender l'articulation des oppressions pour &#233;viter de passer &#224; c&#244;t&#233; des besoins r&#233;els des opprim&#233;-e-s, voire de participer &#224; les diviser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'universalisme, l'histoire et les principes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant tout, il nous semblait important de revenir sur la notion d'universalisme qui y est pour beaucoup dans la construction de la domination, en particulier en France. Issu de la philosophie des Lumi&#232;res, l'universalisme cherche &#224; construire l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral par opposition aux int&#233;r&#234;ts individuels. Au moment o&#249; la notion a &#233;t&#233; introduite dans la philo&#173;sophie, c'&#233;tait r&#233;volutionnaire dans la mesure o&#249; &#231;a s'opposait aux int&#233;r&#234;ts des nobles et du clerg&#233;. Elle a d'ailleurs &#233;t&#233; utilis&#233;e par Olympe de Gouges ou Toussaint Louverture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Entretien avec Daniel Bensaid, Quand l'histoire nous d&#233;senchante, r&#233;alis&#233; par (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En m&#234;me temps, forg&#233; par des bourgeois blancs m&#226;les h&#233;t&#233;ros et valides, l'universalisme a fini par camoufler l'existence de discrimina&#173;tions. L'universalisme conduit aussi &#224; la construction de principes qui seraient intangibles, universels et sur lesquels il s'agirait de s'appuyer dans les luttes pour l'&#233;mancipation. D&#232;s que l'on met en doute l'existence de tels principes, on peut &#234;tre tax&#233;s de relativistes (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Tu n'es pas contre les religions&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Tu soutiens l'excision&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;). Pourtant, nous savons tous et toutes que les principes atemporels n'existent pas. Nous pouvons avoir des principes mais ils sont ancr&#233;s dans une soci&#233;t&#233;. &#192; quoi bon d&#233;fendre l'ind&#233;pendance de classe sous le socialisme, par exemple&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme les principes, les normes varient dans l'histoire et peuvent &#234;tre r&#233;investies, c'est-&#224;-dire acqu&#233;rir un sens nouveau par la fa&#231;on dont les gens les vivent. Elles n'ont pas un sens valable en tout temps et en tout lieu. Il n'y a donc pas une seule fa&#231;on de se battre pour l'&#233;mancipation. Ainsi, au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, plusieurs strat&#233;gies, &#224; premi&#232;re vue contradictoires, sont employ&#233;es par les f&#233;ministes&#160;: tandis que Marguerite Durand (directrice de &lt;i&gt;La Fronde&lt;/i&gt;, un quotidien f&#233;ministe), revendique sa f&#233;minit&#233; pour &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;enlever aux hommes superficiels cet argument que le f&#233;minisme est l'ennemi du go&#251;t et de l'esth&#233;tique f&#233;minine&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Metz( A.), &#171;&#160;Marguerite Durand et la belle &#233;poque du f&#233;minisme&#160;&#187;, in Metz( A.), (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Madeleine Pelletier (premi&#232;re femme ali&#233;niste, on dirait aujourd'hui psychiatre), revendique son refus de toute relation sexuelle et adopte une apparence d&#233;lib&#233;r&#233;ment masculine&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;mon costume dit &#224; l'homme&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;je suis ton &#233;gale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Jami (I.), &#171;&#160;Forces et faiblesses du f&#233;minisme f&#233;minisme fran&#231;ais&#160;&#187;, in (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Finalement, &#224; leur mani&#232;re, toutes deux revendiquent l'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'existe pas de ligne toute trac&#233;e, de sch&#233;ma &#233;mancipateur universel. Les formes que prennent les luttes pour l'&#233;mancipation, de m&#234;me que les outils auxquels ont recours les opprim&#233;-e-s, varient au cours de l'histoire. Ce qui est fondamental, c'est que les opprim&#233;-e-s eux ou elles-m&#234;mes soient moteurs dans leur lutte et puissent s'emparer des outils qui font sens au moment o&#249; ils ou elles luttent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_282 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L425xH500/poing_brode-61803.jpg' width='425' height='500' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nommer les oppressions&#160;: l'exemple de la race&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leurs caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques, les oppressions poss&#232;dent des caract&#233;ristiques communes. Elles pr&#233;sentent une privation de droits pour les populations domin&#233;es, une violence symbolique et physique poussant &#224; la r&#233;signation, une stigmatisa&#173;tion par le d&#233;nigrement syst&#233;matique du groupe opprim&#233;, une hi&#233;rarchisation et/ou une naturalisation de la diff&#233;rence. Les dominations de sexe, de classe et de race recoupent toutes ces caract&#233;&#173;ristiques. Cependant, les cat&#233;gories de sexe et de race ont une histoire diff&#233;rente de celle de la classe, ce qui rend ces deux notions difficiles &#224; appr&#233;hender par celles et ceux qui sont venu-e-s au militantisme par le marxisme, tant au niveau th&#233;orique que politique. Pourtant, en tant que dispositifs de naturalisation du pouvoir et par les rapports de domination qui s'y jouent, ces deux cat&#233;gories prennent tout leur sens comme cat&#233;gorie d'analyse critique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Dorlin (E), Sexe, race, classe pour une &#233;pist&#233;mologie de la domination, 2009, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La naturalisation tient en la croyance &#224; des caract&#233;ristiques naturelles qui justifient&#160;l'oppression. Si aujourd'hui le concept d'&#233;galit&#233; des sexes semble admis, au moins dans les discours, des livres comme &lt;i&gt;Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de V&#233;nus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Gray (J), Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de V&#233;nus, 1999, (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou le programme &lt;i&gt;Sc&#232;nes de m&#233;nage&lt;/i&gt; par exemple continuent &#224; inscrire l'id&#233;e, par le biais de l'humour, de diff&#233;rences &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturelles&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; entre les hommes et les femmes. Ainsi, les proc&#233;d&#233;s utilis&#233;s visent toujours &#224; tourner les femmes en ridicule en leur reprochant d'&#234;tre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trop&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; par rapport &#224; la norme masculine. La diffusion de ces clich&#233;s perdure et &#224; vocation &#224; d&#233;valoriser les femmes&#160;: ainsi quand elles occupent des postes dans les m&#233;tiers relatifs aux soins &#224; la personne, leur travail est moins reconnu car il s'agirait de capacit&#233;s li&#233;es &#224; leur sexe et non d'un savoir faire appris&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles sont souvent consid&#233;r&#233;es comme des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;comm&#232;res&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou des s&#233;ductrices&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on consid&#232;re que les milieux de travail f&#233;minins sont plus difficiles car elles &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;se cr&#234;pent le chignon&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ces petits sketches diffusent des id&#233;es sexistes et l&#233;gitiment les positions subalternes des femmes car ils n'interrogent jamais les logiques et constructions sociales de genre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On trouve des proc&#233;d&#233;s similaires avec la question de la race. L'id&#233;o&#173;logie universaliste emp&#234;che le recours &#224; ce terme car &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les races n'existent pas&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Comme l'explique Eric Fassin, le dialogue est biais&#233; dans la mesure o&#249; les termes du d&#233;bat sont r&#233;duits &#224; des oppositions telles que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#234;tes-vous universalistes ou diff&#233;rencialistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#202;tes-vous r&#233;publicain ou communautariste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Dans &lt;i&gt;Sexe, Race et Pratique du pouvoir&lt;/i&gt;, Colette Guillaumin &#233;crit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;si la r&#233;alit&#233; de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;race&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'est en effet pas bio-naturelle, n'est en effet pas psychologique (quelque tendance inn&#233;e de l'esprit humain &#224; d&#233;signer en l'autre un &#234;tre de nature&#8230;), elle est cependant. Car il n'est pas soutenable de pr&#233;tendre qu'une cat&#233;gorie qui organise des &#233;tats (le troisi&#232;me Reich, la R&#233;publique sud-africaine, etc.), qui entre dans la Loi, n'existe pas. Il n'est pas soutenable de pr&#233;tendre que la cat&#233;gorie qui est la cause directe, le moyen premier du meurtre de millions d'&#234;tre humains n'existe pas.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Guillaumin (C.), Sexe, Race et Pratique du pouvoir, C&#244;t&#233;-femmes, 1992, p. (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S'il est &#233;vident &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;qu'il n'y a qu'une race, la race humaine&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, la race comme rapport social de domination existe et l'occulter ou le fuir c'est participer &#224; entretenir les discriminations. Parler de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;race&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; c'est s'inscrire dans les processus sociaux, c'est participer &#224; la connaissance des r&#233;alit&#233;s des rapports de domination qu'elle sous tend. S'il faut &#234;tre conscient des risques d'ent&#233;riner les cat&#233;gories raciales de sens commun qu'il s'agit de combattre, il s'agit aussi de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;penser le contenu des cat&#233;gories raciales et des pratiques racistes, qui ne se pr&#233;sentent pas toujours comme telles aujourd'hui et qu'il faut exhumer de fait et de discours qui les recouvrent et les occultent&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Fassin (D), &#171;&#160;Nommer, interpr&#233;ter. Le sens commun de la question raciale&#160;&#187;, in (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est dans cette optique que nous parlons de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;race&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;racialisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;personnes racis&#233;es&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. De plus, comme le souligne Colette Guillaumin &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;le discours est un perp&#233;tuel champ de la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Guillaumin (C), L'id&#233;ologie raciste. Gen&#232;se et langage actuel, Gallimard, (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il s'agit alors d'&#233;couter les personnes concern&#233;es quand elles parlent, d'entendre la mani&#232;re dont elles se d&#233;finissent. Ainsi, comme beaucoup d'autre, G&#233;rard, &#233;l&#232;ve de lyc&#233;e professionnel interview&#233;, dit &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Je suis un black d'o&#249;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je suis un black de ma cit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ces cat&#233;gories montrent &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la complexit&#233; et l'ambigu&#239;t&#233; du rapport &#224; soi et du rapport aux autres&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid, p.&#160;34.' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et participent de techniques d'&lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt;&#160;: d&#233;cortiquer les m&#233;canismes d'une identit&#233;, &#224; la fois subie et fondatrice de soi, permet de s'armer contre les oppressions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_279 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH691/rosie-8071c.jpg' width='500' height='691' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des revendications li&#233;es au contexte politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chaque oppression est un rapport social. Elle est donc &#224; prendre en compte dans une logique de rapport de force par rapport aux autres, en ce sens, elles varient en fonction des contextes, des mouvements sociaux dans lesquels elles sont imbriqu&#233;es, et ne peuvent de ce fait &#234;tres analys&#233;-e-s sur une &#233;chelle unidimensionnelle. Aujourd'hui, en France, m&#234;me si l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes est loin d'&#234;tre atteinte (sans parler des remises en cause), la situation n'est plus la m&#234;me qu'au xix&#232;me si&#232;cle et n'est pas la m&#234;me qu'en Am&#233;rique latine ou en Inde. De la m&#234;me fa&#231;on, le racisme en France n'est plus le m&#234;me que celui du temps de l'exposition coloniale de 1931 et n'a que peu &#224; voir avec celui d'Am&#233;rique latine o&#249; les descendant-e-s d'immigr&#233;s, blanc-he-s ou arabes, sont dans des positions de domination vis-&#224;-vis des am&#233;ricains &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;de souche&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agit chaque fois de mesurer finement les situations politiques pour &#233;tablir &lt;br class='autobr' /&gt;
des revendications &#233;mancipatrices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'intersection de la race et du sexe a principalement &#233;t&#233; trait&#233;e dans le contexte de l'esclavage et du post esclavagisme. On peut distinguer trois vagues dans l'histoire du f&#233;minisme afro-am&#233;ricain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re concerne la lutte pour l'aboli&#173;tion de l'esclavage, la deuxi&#232;me est celle de la lutte des femmes pour obtenir des droits civiques et enfin la troisi&#232;me &#224; pour objet de faire reconnaitre le lien existant entre le racisme et le sexisme. Durant la deuxi&#232;me vague les femmes noires se retrouv&#232;rent devant une difficult&#233;. D'un c&#244;t&#233; elles devaient lutter contre le f&#233;minisme des am&#233;ricaines blanches qui ne prenaient pas en compte la condition des femmes noires et d'un autre elles devaient faire face aux reproches des hommes noirs qui ne voyaient pas dans la lutte contre le sexisme une possibilit&#233; viable de parvenir &#224; la lutte contre le racisme et opposaient donc les deux combats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t du black feminism tient dans l'analyse de l'intrication entre sexisme &lt;br class='autobr' /&gt;
et racisme. Dans les soci&#233;t&#233;s esclavagistes, les femmes &#233;taient log&#233;es &#224; la m&#234;me enseigne que les hommes, elles effectuaient le m&#234;me travail et avaient les m&#234;mes contraintes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En stigmatisant les noirs comme de pares&#173;seux eff&#233;min&#233;s, le racisme esclavagistes est m&#234;me all&#233; jusqu'&#224; produire une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;inver&#173;sion relative des positions de sexe&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Bereni.L, Chauvin.S, Jaunait.A, Revillard.A, Introduction aux Gender (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui permettaient aux noires &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d'att&#233;nuer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; la domination de sexe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, le racisme s'&#233;rige par l'affirmation de diff&#233;rences culturelles d&#233;&#173;finies comme hi&#233;rarchiquement inf&#233;rieures et inh&#233;rentes aux groupes minoritaires. C'est par le biais des questions de sexe et de sexualit&#233;s qu'est instrumentalis&#233; le discours raciste. Il s'op&#232;re une naturalisa&#173;tion des races par la naturalisation des diff&#233;rentes cultures. La culture et/ou la religion des populations issues d'Afrique du Nord et/ou d'Afrique Subsaharienne sont souvent imagin&#233;es comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;plus&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sexistes et &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;plus&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; homophobes que les cultures occidentales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est donc sous couvert d'une cause noble, l'antisexisme et/ou la lutte contre l'homophobie, que se met en place une stigmatisation forte des populations raci&#173;s&#233;es. En exacerbant certains signes cultu&#173;rels (le port de la burqua par exemple) et des faits divers isol&#233;s (les viols collectifs ou &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;tournantes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;), le discours politique pr&#233;sente le groupe minoritaire comme homog&#232;ne. Les hommes racis&#233;s sont appr&#233;hend&#233;s comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturellement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sexistes et homophobes, et les femmes racis&#233;es sont per&#231;ues comme soumises &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;par essence&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. D'une part, on constate un pr&#233;jug&#233; raciste sur la culture de l'Autre et d'autre part il y a une essentialisa&#173;tion de cette culture pr&#233;sent&#233;e comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturellement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sexiste. En d&#233;non&#231;ant des pratiques du groupe minoritaire comme sexistes &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;par essence&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, le risque est que le groupe minoritaire et tous ses membres soient assimil&#233;s au sexisme, et que, par opposition, les violences sexistes du groupe majoritaire soient occult&#233;es. De cette mani&#232;re, on observe aussi une assimilation entre couleur de peau et culture ou religion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, le groupe minoritaire, la minorit&#233; visible, est appr&#233;hend&#233; comme un groupe homog&#232;ne, contrairement au groupe majoritaire, la majorit&#233; invisible, qui a le privil&#232;ge d'&#234;tre appr&#233;hend&#233;e de mani&#232;re individuelle. Dans un de ces article, Leti Volpp&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='Volpp,&#160;(L) (2006). &#171;&#160;Quand on rend la culture responsable de la mauvaise (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; montre comment deux comportements identiques, des mariages entre des jeunes filles mineu&#173;res et des gar&#231;ons plus &#226;g&#233;s prennent des dimensions tout autres s'il s'agit de personnes blanches ou de personnes non blanches. Elle expose que le couple blanc a le privil&#232;ge de l'individualit&#233;, c'est &#224; dire qu'on qualifiera son comportement de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;raisonn&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; alors que le couple de non-blanc est homog&#233;n&#233;is&#233; c'est-&#224;-dire qu'on attribuera son comportement &#224; sa culture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_280 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH375/pure_white-dd859.jpg' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Construire les r&#233;sistances&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Saba Mahmood, dans Politique de la pi&#233;t&#233; dissocie autonomie (ce que je suis capable de faire sans aide ou autorisation) et puissance d'agir (ce que je peux objectivement et m'autorise subjective&#173;ment &#224; faire). L'auteure propose de sortir d'une vision binaire oppression-r&#233;sistance pour &#233;tudier les paroles et les actions des femmes dans des soci&#233;t&#233;s patriarcales, sans forc&#233;ment les interpr&#233;ter comme des actes de r&#233;sistance, m&#234;me inconsciente. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La&#160;capacit&#233; d'agir se trouve non seulement dans les actes de r&#233;sistance aux normes mais aussi dans les multiples fa&#231;ons dont on habite les normes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Saba Mahmood d&#233;fend ainsi que les femmes du mouvement des mosqu&#233;es en Egypte parviennent &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;saper&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; large&#173;ment les normes de la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale-s&#233;culi&#232;re &#233;gyptienne (femme-objet et injonction de consommation par exemple) tout en gagnant une certaine marge au sein m&#234;me des normes religieuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En investissant le champ religieux, ces femmes se saisissent de l'autorit&#233; des textes islamiques, sans pour autant contester la validit&#233; du patriarcat. Elles parviennent alors &#224; se sortir des contra&#173;dictions que la soci&#233;t&#233; leur impose (&#234;tre valorisante socialement pour le mari car s&#233;duisante et en m&#234;me temps une bonne &#233;pouse pieuse) et &#224; imposer, partiellement, un changement de point de vue dans l'interpr&#233;tation des textes, pour aller vers un point de vue moins patriarcal et d'avantage centr&#233; sur&#160;la&#160;vie r&#233;elle des femmes &#233;gyptiennes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autrement dit, les oppressions crois&#233;es n'impliquent pas forc&#233;ment une addition de ces oppressions et des difficult&#233;s qui se cumulent. Ainsi une ouvri&#232;re, &#224; l'intersection des normes de classe et de genre, peut utiliser la norme de genre pour camoufler la norme de classe. Autrement dit, elle peut se maquiller, avoir recours &#224; la chirurgie esth&#233;tique, s'acheter des v&#234;tements tr&#232;s chers pour qu'on ne la per&#231;oive pas comme une femme de la classe ouvri&#232;re. Inversement, elle peut refuser tout attribut de genre pour mettre d'abord en avant la fiert&#233; ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui plus que jamais, la prise en compte des intersections est n&#233;cessaire &lt;br class='autobr' /&gt;
dans la lutte pour l'&#233;mancipation tant au niveau individuel qu'au niveau col&#173;lectif. Pour prendre un exemple, dans les quartiers populaires, la stigmatisation li&#233;e &#224; la race touche les filles au m&#234;me titre que les gar&#231;ons. Il se cr&#233;e alors des r&#233;sistances collectives face &#224; cette oppression. Dans un entretien r&#233;alis&#233; avec une &#233;l&#232;ve d'origine tunisienne, la jeune fille expliquait que selon les contextes elle privil&#233;giait le respect de la norme de genre ou la transgressait pour r&#233;sister &#224; une domination de race et/ou de classe. Dans sa cit&#233;, au milieu de ses pairs, elle explique qu'elle porte une attention particuli&#232;re &#224; son vocabulaire car &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;je suis une fille, faut parler bien&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, cependant dans le cadre scolaire qui est souvent v&#233;cu comme un lieu d'exclusion et que E. Debarbieux d&#233;finit comme un lieu o&#249; s'exerce &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;un affrontement entre une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;violence civilisatrice&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;sistance &#224; cette force&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='E. Debarbieux. Et al., &#171;&#160;Le construit&#160;&#171;&#160;ethnique&#160;&#187; de la violence&#160;&#187; in Charlot (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; elle affirme que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;je r&#233;pond, j'm'en fous de dire des gros mots, faut pas qu'elle (l'enseignante) se croit sup&#233;rieure &#224; moi&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il y a donc des choix de r&#233;sistance qui s'op&#232;rent suivant les situations et selon qu'elles mobilisent tel ou tel rapport de domination.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour construire ces r&#233;sistances, les soutiens &#224; la lutte, qu'il s'agisse des hommes dans les mobilisations f&#233;ministes, des blanc-che-s dans les luttes contre les discriminations etc. doivent prendre en compte les privil&#232;ges qu'ils/elles ont, en termes de b&#233;n&#233;fice, que procure ces normes et dont sont exclu-e-s les d&#233;viant-e-s.En effet, une m&#234;me situation prend un sens tout &#224; fait diff&#233;rent suivant qu'on est dans la norme ou qu'on en est exclu. Si les implications ne sont pas les m&#234;mes, les r&#233;actions seront alors aussi diff&#233;rentes et c'est seulement ainsi que les opprim&#233;-e-s, acteur-trice-s de leurs luttes tendront vers l'&#233;mancipation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_281 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH500/feminine-0f98e.jpg' width='500' height='500' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Articulation des oppressions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour chaque rapport social de sexe, de race ou de classe, le groupe dominant opprime le groupe domin&#233; en imposant des situations, des pratiques ou des normes qui ne lui correspondent pas. Cependant, tou-te-s les opprim&#233;-e-s ne font pas la m&#234;me exp&#233;rience de la domination&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Une certaine Johnnie Tillmon &#233;crivit en 1972&#160;: &lt;/i&gt;&#034;Je suis femme. Je suis noire. Je suis pauvre et je suis grosse. Je suis d'&#226;ge moyen. Et je touche des allocations sociales [...] J'ai &#233;lev&#233; 6 enfants [...] J'ai grandi en Arkansas, o&#249; j'ai travaill&#233; 15 ans dans une blanchisserie avant de venir en Californie en 1963, je suis tomb&#233;e trop malade pour pouvoir continuer &#224; travailler. Des amis m'ont aid&#233;e &#224; obtenir des aides sociales. Les allocations, c'est comme les accidents de la route, &#231;a peut arriver &#224; n'importe qui mais &#231;a arrive surtout aux femmes. Et c'est pour &#231;a que les allocations sociales sont un probl&#232;me f&#233;minin. Pour pas mal de femmes des classes moyennes de ce pays, la lib&#233;ration de la femme est une question de prise de conscience. Pour celles qui vivent avec les allocations, c'est une question de&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='Zinn Howard, Une histoire populaire des &#201;tats-Unis, p.&#160;579.' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Johnnie Tillmon exprime ici que les femmes des classes moyennes ne vivent pas le patri&#173;arcat de la m&#234;me fa&#231;on que les femmes de milieu populaire, et l'oppression raciale vient sans doute renforcer cette diff&#233;rence. Pour aller plus loin, on peut ici pointer une des limites de la strat&#233;gie d'int&#233;gration (qui consiste &#224; esquiver l'oppression par la volont&#233; de r&#233;ussir comme si l'on faisait partie du groupe dominant)&#160;: il est plus facile de s'int&#233;grer lorsqu'on est victime d'une seule oppression. Si, aujourd'hui, des femmes sont de plus en plus dipl&#244;m&#233;es et acc&#232;dent &#224; des emplois n&#233;cessitant une certaine qualification, des femmes victimes du racisme restent tr&#232;s majoritairement cantonn&#233;es &#224; des emplois pr&#233;caires. Des contre-exemples existent, mais pour une Rama Yade, femme et noire mais &#233;galement fille d'un diplomate s&#233;n&#233;galais ais&#233;, combien de femmes migrantes contraintes &#224; la pr&#233;carit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le capitalisme, les oppressions s'articulent &#224; l'exploitation. Vue dans la perspective de l'exploitation, les op&#173;pressions servent de points d'appui pour les d&#233;tenteurs du capital afin de perp&#233;tuer leur domination et ainsi poursuivre leur course au profit. Elles permettent bien sur de diviser les travailleurs et les travailleuses, et en ce sens on peut parler de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;diversion&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; lorsque les attaques du gouvernement fran&#231;ais contre les Rroms pendant l'&#233;t&#233; 2010 passent au premier plan m&#233;diatique devant la crise &#233;conomique. Mais les oppressions n'ont pas qu'un r&#244;le id&#233;ologique&#160;: elles ont aussi des bases mat&#233;rielles, elles permettent directement d'arracher plus de valeur aux opprim&#233;-e-s qu'aux ouvriers blancs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le travail domestique permet ainsi de faire baisser la valeur de la force de travail, dans la mesure o&#249; une partie du co&#251;t de la vie des travailleur-se-s n'est pas pay&#233;. L'esclavage, lorsqu'il &#233;tait organis&#233; &#224; une &#233;chelle de masse, a sans doute &#233;t&#233; &#224; la base de l'accumulation primitive du capitalisme naissant. Aujourd'hui, la surexploitation des sans papiers en occident et plus encore des migrants en Chine est l'une des seules bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne d'un capitalisme asphyxi&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'exploitation, qu'elle soit directe ou articul&#233;e avec une oppression,ne peut se maintenir &#224; long terme unique&#173;ment par la contrainte (justice, police, arm&#233;e). Le discours dominant entretient alors un couvert id&#233;ologique qui permet de maintenir l'ordre &#233;tabli &#224; moindre frais. C'est l&#224; qu'en France intervient l'universalisme, maintenant les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;autres&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, les non-blancs, h&#233;t&#233;ro, male, bourgeois et valides, dans des situations de domin&#233;s, et en fait des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;subalternes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='Gayatri Spivak, Les subalternes peuvent-elles parler&#160;?, traduit en fran&#231;ais (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les id&#233;ologies qui accompagnent les oppressions participent donc de la structure du pouvoir et acqui&#232;&#173;rent ainsi une autonomie vis-&#224;-vis de l'exploi&#173;tation &#233;conomique, &#224; laquelle elles ne se r&#233;duisent pas, m&#234;me &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;en derni&#232;re analyse&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Avec cette autonomie, chaque oppression se charge d'un potentiel &#233;mancipateur global&#160;: remettre en cause une oppression, ce n'est plus seulement priver les capitalistes de surprofits, c'est aussi se battre sur le terrain politique, opposer l&#233;gitimit&#233; et l&#233;galit&#233;, et finalement poser la question du pouvoir. Si aujourd'hui, il est th&#233;oriquement acquis qu'il n'existe pas un front principal, celui de la lutte des classes, et des fronts secondaires, les luttes antiracistes ou f&#233;ministes, notre pratique militante est encore h&#233;riti&#232;re de cette hi&#233;rarchisation&#160;: nous avons peine &#224; construire de v&#233;ritables fronts sur ces questions qui sont souvent rel&#233;gu&#233;es au second plan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, ne serait-ce que la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite remet ce type de fronts &#224; l'ordre du jour en particulier contre l'islamophobie, une des formes que prend le racisme, aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_283 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH752/baudelique-29650.png' width='500' height='752' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, consid&#233;rer qu'une oppression prime sur une autre ne permet pas de donner des perspectives politiques &#233;mancipatrices aux opprim-&#233;-s en lutte et pire, conduit &#224; leur division. Les victimes de l'oppression &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mineure&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;sont alors somm&#233;es de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;s'int&#233;grer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de justifier leur attitude vis-&#224;-vis de l'oppression &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;principale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; avant de pouvoir lutter contre la seconde. Sarkozy l'a bien compris. Surfant sur une aspiration &#224; l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes, il propose &#224; Fadela Amara de participer &#224; son gouvernement comme secr&#233;taire d'&#233;tat &#224; la ville, sous couvert de lutte contre le sexisme dans les quartiers populaires. Par ce biais, une version &#233;dulcor&#233;e de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;f&#233;minisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, se revendiquant d'une la&#239;cit&#233; parfois explicitement islamophobe, occulte les dominations sociales, raciales et culturelles en jeu. Cette pr&#233;tendue d&#233;monstration d'int&#233;gration r&#233;cuse toutes formes de critiques contre la R&#233;publique, pr&#233;sent&#233;e comme unique voie vers l'&#233;galit&#233;. En attendant, ce sont les musulman-e-s qui sont particuli&#232;rement stigmatis&#233;-e-s et l'&#233;pouvantail int&#233;griste agit&#233; par l'extr&#234;me droite, la droite et une partie de la gauche alimente cette forme parti&#173;culi&#232;re de racisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien avec Daniel Bensaid, &lt;i&gt;Quand l'histoire nous d&#233;senchante&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233; par Gilbert Wasserman, Ir&#232;ne Jami et Patrick Simon&#160;: &lt;a href=&#034;http://www.mouvements.info/Quand-l-histoire-nous-desenchante.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.mouvements.info/Quand-l-histoire-nous-desenchante.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Metz( A.), &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Marguerite Durand et la belle &#233;poque du f&#233;minisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in Metz( A.), Rochefort (F.) (dir.), &lt;i&gt;Photo Femmes F&#233;minisme&lt;/i&gt;, 1860-2010, Collection de la biblioth&#232;que Marguerite Durand, 2010, Paris biblioth&#232;ques, p.&#160;24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jami (I.), &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Forces et faiblesses du f&#233;minisme f&#233;minisme fran&#231;ais&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in Dermenjian, (G.), Jami (I.), Rouquier (A.), Th&#233;baud (F.), &lt;i&gt;La place des femmes dans l'histoire, Une histoire mixte&lt;/i&gt;, p.&#160;308.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dorlin (E), &lt;i&gt;Sexe, race, classe pour une &#233;pist&#233;mologie de la domination&lt;/i&gt;, 2009, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PUF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, p.&#160;7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gray (J), &lt;i&gt;Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de V&#233;nus&lt;/i&gt;, 1999, J'ai Lu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guillaumin (C.), &lt;i&gt;Sexe, Race et Pratique du pouvoir&lt;/i&gt;, C&#244;t&#233;-femmes, 1992, p.&#160;216.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fassin (D), &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nommer, interpr&#233;ter. Le sens commun de la question raciale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in D. Fassin et E. Fassin, &lt;i&gt;De la question sociale &#224; la question raciale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2006, 2009, p.&#160;33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guillaumin (C), &lt;i&gt;L'id&#233;ologie raciste&lt;/i&gt;. Gen&#232;se &lt;br class='autobr' /&gt;
et langage actuel, Gallimard, Paris, 2002, cit&#233; par D. Fassin, p.&#160;34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid, p.&#160;34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bereni.L, Chauvin.S, Jaunait.A, Revillard.A, &lt;i&gt;Introduction aux Gender Studies&lt;/i&gt;, De Boeck, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Volpp,&#160;(L) (2006). &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Quand on rend la culture responsable de la mauvaise conduite&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;i&gt;Nouvelles Questions F&#233;ministes&lt;/i&gt;, 25 (3), 14-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Debarbieux. Et al., &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le construit&#160;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ethnique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la violence&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; in Charlot B., Emin J.C., &lt;i&gt;Violences &#224; l'&#233;cole. &#233;tat des savoirs&lt;/i&gt;, Paris, Armand Colin, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zinn Howard, &lt;i&gt;Une histoire populaire des &#201;tats-Unis&lt;/i&gt;, p.&#160;579.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gayatri Spivak, &lt;i&gt;Les subalternes peuvent-elles parler&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;, traduit en fran&#231;ais en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le titre de cet article vient de celui du livre de Gloria Hull, Patricia Bell Scott et Barbara Smith &lt;i&gt;All the women are white, all the blacks are men, but some of us are brave&lt;/i&gt;, sur le black feminism, 1982.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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