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	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>Le monde a chang&#233;</title>
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		<dc:date>2011-03-06T18:33:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ambre Bragard, C&#233;dric Piktoroff</dc:creator>


		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volution n'est plus seulement un concept que l'on &#233;tudie dans les livres d'histoire. Elle est un horizon atteignable, aujourd'hui exp&#233;riment&#233;e en pratique dans les pays arabes par des millions de gens qui n'imaginaient pas, il y a &#224; peine quelques mois, pouvoir &#234;tre impliqu&#233;s dans des bouleversements d'une telle ampleur. Le monde entier observe aujourd'hui comment, par leur force collective, des masses de gens ordinaires peuvent changer le cours de leur destin.&lt;br class='autobr' /&gt;
La chute du premier dictateur en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-no06-fevrier-avril-2011" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - n&#176;06 - F&#233;vrier/Avril 2011&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Imperialisme" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Moyen-Orient" rel="tag"&gt;Moyen-Orient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L150xH100/arton258-82f09.jpg&#034; width='150' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;volution n'est plus seulement un concept que l'on &#233;tudie dans les livres d'histoire. Elle est un horizon atteignable, aujourd'hui exp&#233;riment&#233;e en pratique dans les pays arabes par des millions de gens qui n'imaginaient pas, il y a &#224; peine quelques mois, pouvoir &#234;tre impliqu&#233;s dans des bouleversements d'une telle ampleur. Le monde entier observe aujourd'hui comment, par leur force collective, des masses de gens ordinaires peuvent changer le cours de leur destin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La chute du premier dictateur en Tunisie a produit une inspiration qui embrase aujourd'hui le Maghreb et le Moyen-Orient. Aux &#201;tats-Unis, des dizaines de milliers de travailleurs et d'habitants du Wisconsin sont entr&#233;s en lutte contre la loi anti-sociale et anti-syndicale d'un gouverneur qu'ils comparent &#224; Moubarak, entra&#238;nant des manifestations dans les cinquante autres &#201;tats du pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un vent de contestation commence &#224; souffler dans plusieurs pays d'Asie, d'Afrique et d'Europe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;volution arabe propage un souffle r&#233;volutionnaire &#224; travers le monde dont on commence &#224; peine &#224; mesurer les cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Crise imp&#233;riale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout le syst&#232;me de domination imp&#233;rial sur lequel repose le fonctionnement du capitalisme est entr&#233; dans une phase de d&#233;stabilisation profonde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les puissances imp&#233;rialistes, il est impossible de pr&#233;voir comment va &#233;voluer dans les prochains mois la situation en &#201;gypte, jusqu'ici alli&#233; crucial de l'administration &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; lui assurant un contr&#244;le strat&#233;gique sur le Canal de Suez et garant de la s&#233;curit&#233; d'Isra&#235;l. Il est difficile de mesurer &#224; quel point les conditions d'acc&#232;s au p&#233;trole libyen et plus g&#233;n&#233;ralement les cours du p&#233;trole sur le march&#233; mondial peuvent &#234;tre affect&#233;s par la chute de Kadhafi. Quelles seraient les cons&#233;quences d'un renversement de la monarchie sur le petit royaume de Barhein, o&#249; stationne la cinqui&#232;me flotte de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; Navy depuis cinquante ans, v&#233;ritable poste avanc&#233; pour assurer la s&#233;curit&#233; des pipe-lines qui traversent le Golfe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Sans parler de l'impact que cela peut avoir sur l'Arabie Saoudite voisine, qui concentre 20% des r&#233;serves mondiales de p&#233;trole, o&#249; la contestation et les gr&#232;ves gagnent d&#233;j&#224; du terrain. Quant &#224; la vague de gr&#232;ves et de manifestations brutalement r&#233;prim&#233;es qui secouent l'Irak, l'imp&#233;rialisme &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; y est directement expos&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, le flux de la r&#233;volution arabe va affecter rapidement la question palestinienne, remettant &#224; l'ordre du jour une solution possible enterr&#233;e depuis des d&#233;cennies, celle de la lutte pour une Palestine la&#239;que qui mettrait fin non &#224; la pr&#233;sence des juifs mais &#224; celle d'un &#201;tat d'Isra&#235;l pilier de l'ordre imp&#233;rialiste dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Evoquant la mani&#232;re dont l'administration &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; a d&#251; se r&#233;signer &#224; l&#226;cher Moubarak pour ne pas risquer de tout perdre, un journaliste isra&#233;lien faisait cette analyse lucide et d&#233;sol&#233;e&#160;:&#160;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Le message est clair et net&#160;: la parole de l'Occident ne vaut rien&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une alliance avec l'Occident n'est pas une alliance. L'Occident a perdu cela. L'Occident a cess&#233; d'&#234;tre une force dirigeante et de stabilisation dans le monde&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Ari Shavit, &#171;&#160;The Arab revolution and Western decline&#160;&#187;, Haaretz, 3&#160;f&#233;vrier (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers des confrontations de masse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qui dit crise profonde du syst&#232;me de domination imp&#233;riale dit crise des puissances imp&#233;rialistes, de leurs gouvernements et de leurs classes dirigeantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire s'acc&#233;l&#232;re, cela doit &#234;tre le point de d&#233;part de tous nos raisonnements. L'impact des r&#233;volutions arabes &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire ne rel&#232;ve pas simplement d'une question d'inspiration. Il s'agit certes d'un &#233;l&#233;ment subjectif important pour tou-te-s celles et ceux qui luttent actuellement dans le monde mais les raisons objectives de renverser l'ordre &#233;tabli existent partout ailleurs. Les contraintes impos&#233;es aux peuples par les politiques n&#233;olib&#233;rales et la crise &#233;conomique mondiale cr&#233;ent un potentiel de fracture in&#233;dit dans le monde entier. C'est ce caract&#232;re explosif de la situation politique et sociale que d&#233;montrent les r&#233;volutions arabes, comme l'avaient exprim&#233; avant elles les derni&#232;res gr&#232;ves de masses en Gr&#232;ce, en France et au Portugal ou les &#233;meutes &#233;tudiantes &#224; Rome et &#224; Londres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On doit donc s'attendre &#224; ce que les confrontations de masses se multiplient et s'amplifient, y compris en Europe et en France. Des grandes explosions peuvent se produire de mani&#232;re relativement spontan&#233;e et affecter positivement les rapports de forces avec les classes dirigeantes. Mais la spontan&#233;it&#233; ne sera pas pour autant suffisante. Elle doit se cristalliser dans des &#233;l&#233;ments de direction et d'organisation alternatives pour pouvoir mener le mouvement le plus loin possible. La n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire l'&#233;cart entre le caract&#232;re explosif de la situation et le besoin de directions alternatives pose alors une s&#233;rie de questionnements strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;l&#233;ments de strat&#233;gie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions arabes apportent, en pratique et &#224; une &#233;chelle de masse, des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponses &#224; ces questions&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Le premier &#233;l&#233;ment a trait &#224; la mani&#232;re dont un mouvement de masse transforme en profondeur la conscience de celles et ceux qui luttent. C'est dans les conditions impos&#233;es par la lutte contre le pouvoir que les gens prennent conscience de leur force collective, de leur capacit&#233; &#224; diriger la soci&#233;t&#233; et qu'il devient possible de se d&#233;barrasser des pr&#233;jug&#233;s que des ann&#233;es de domination avaient profond&#233;ment ancr&#233;s dans les mentalit&#233;s. La menace des milices de Moubarak et la n&#233;cessit&#233; de l'unit&#233; face au pouvoir ont amen&#233; les musulmans et les coptes &#224; se prot&#233;ger mutuellement lors des pri&#232;res organis&#233;es sur la place Tahrir au Caire. De m&#234;me que le r&#244;le fondamental des femmes dans le mouvement a port&#233; un s&#233;rieux coup aux id&#233;es sexistes qui pouvaient dominer la soci&#233;t&#233; &#233;gyptienne.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; La classe ouvri&#232;re est centrale dans la possibilit&#233; de pousser un processus r&#233;volutionnaire le plus loin possible. En &#201;gypte, alors que les travailleurs participaient au mouvement d&#232;s le d&#233;but &#224; travers les manifestations, c'est bien le d&#233;veloppement des gr&#232;ves qui a jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans la chute de Moubarak. Depuis, ce sont les vagues de gr&#232;ves dans tous les secteurs et la multitude de revendications &#233;conomiques qui constituent le principal obstacle &#224; la reprise en main de la situation par les g&#233;n&#233;raux. Cela signifie que pour satisfaire les revendications du mouvement, y compris dans ses seuls aspects d&#233;mocratiques, le centre de gravit&#233; de la lutte contre le pouvoir s'est d&#233;plac&#233; dans les lieux de travail, lieux d'organisation collective par excellence. Par la place qu'elle occupe dans le syst&#232;me de production capitaliste, la classe ouvri&#232;re a le potentiel d'entra&#238;ner toutes les fractions de la soci&#233;t&#233; dans le combat contre la classe dirigeante. Si ce n'est pas in&#233;luctable, c'est en tout cas n&#233;cessaire.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Des deux premiers points d&#233;coulent la possibilit&#233; et la n&#233;cessit&#233; du d&#233;veloppement dans la lutte de formes d'organisation alternatives &#224; la soci&#233;t&#233; capitaliste. En &#201;gypte comme en Tunisie, la fameuse &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;transition vers la d&#233;mocratie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; a en fait d&#233;j&#224; commenc&#233;, mais par en bas de la soci&#233;t&#233;, pas par en haut. La question du d&#233;veloppement des syndicats comme organes de pouvoir et de direction de la classe ouvri&#232;re se pose avec force. En Tunisie, la principale centrale syndicale, l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UGTT&lt;/span&gt;, a jou&#233; un r&#244;le fondamental dans le processus r&#233;volutionnaire en m&#234;me temps qu'elle a &#233;t&#233; transform&#233;e par lui et que de fortes diff&#233;renciations se sont d&#233;velopp&#233;es en son sein. En &#201;gypte ce sont de nouveaux syndicats qui se cr&#233;ent, se forgeant dans la pratique de la gr&#232;ve de masse. Plus g&#233;n&#233;ralement, la lutte contre les r&#233;gimes a fait &#233;merger des embryons d'organes de d&#233;mocratie populaire de masse.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Diff&#233;rentes langues&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais ces rep&#232;res strat&#233;giques fondamentaux ne signifient pas qu'il y ait un mod&#232;le exportable tel quel, il y a plut&#244;t traduction dans diff&#233;rentes langues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les processus sont similaires et les principales t&#226;ches communes (la question de la direction politique et les formes alternatives d'organisation de la soci&#233;t&#233;), elles ne se posent pas de mani&#232;re identique entre les pays domin&#233;s par l'imp&#233;rialisme et les centres imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le cas des r&#233;volutions arabes le point de d&#233;part a &#233;t&#233; social. Mais les revendications sociales ont &#233;t&#233; imm&#233;diatement confront&#233;es &#224; la n&#233;cessit&#233; politique de renverser le r&#233;gime comme premier obstacle au d&#233;veloppement de toute revendication. D'o&#249; par ailleurs la nature interclassiste du mouvement dans la lutte pour des revendications d&#233;mocratiques. En &#201;gypte, comme en Tunisie, la poursuite des revendications sociales comme des avanc&#233;es d&#233;mocratiques d&#233;veloppe d&#233;sormais des diff&#233;renciations au sein du mouvement et ne font que commencer &#224; poser la question de la nature du syst&#232;me capitaliste au-del&#224; du type de r&#233;gime.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les centres imp&#233;rialistes le processus de lutte se d&#233;veloppe au travers de luttes sociales et de luttes politiques portant sur des questions sp&#233;cifiques. Si elles ont commenc&#233; &#224; questionner la logique globale du capitalisme, elles ne se donnent pas comme objectif imm&#233;diat le renversement du pouvoir en place, parce que des victoires partielles peuvent &#234;tre obtenues. La construction, au sein du mouvement, de formes d'organisation r&#233;ellement d&#233;mocratiques, doit commencer dans le processus m&#234;me de luttes partielles, sociales comme politiques (d&#233;veloppement des syndicats, assembl&#233;es populaires sur les lieux de travail, sur les quartiers...).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Alors on fait quoi&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#233;riode qui s'ouvre, plus que jamais, c'est dans la rue que &#231;a va se passer, dans nos quartiers, nos facs, nos lieux de travail. Si on ne peut d&#233;terminer ni la question pr&#233;cise qui sert de d&#233;clencheur, ni le moment, les r&#233;volutions arabes (mais aussi les &#233;meutes &#233;tudiantes de d&#233;cembre &#224; Rome et Londres) nous montrent que les choses peuvent aller vite et avoir, au moins dans un premier temps, un caract&#232;re explosif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re conclusion est qu'il faut se pr&#233;parer... &#224; &#234;tre pr&#234;ts. Notre parti, plus que jamais, doit &#234;tre un parti de l'action, implant&#233; dans les mouvements, forg&#233; pour intervenir dans les luttes, dans les manifestations. Ce serait par ailleurs la meilleure mani&#232;re de se sortir d'un congr&#232;s catastrophique. Nous devons, dans notre presse, dans nos r&#233;unions, faire passer les exp&#233;riences en cours, pour comprendre la nouveaut&#233; de la situation mais aussi pour en utiliser les exemples.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre parti doit &#234;tre r&#233;actif, ce qui suppose, plus que jamais, une capacit&#233; &#224; agir ensemble plut&#244;t qu'&#224; jouer les frictions internes. Cela n'exclue pas les d&#233;bats ni m&#234;me les divergences &#224; condition que ces d&#233;bats portent sur ce qui est important dans cette situation&#160;: analyse de la p&#233;riode, strat&#233;gie pour construire le mouvement... Notre intervention commune dans les processus en cours et les exp&#233;riences qui y seront faites seront la meilleure &#233;cole pour notre parti et le meilleur test pour nos d&#233;bats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, dans son intervention dans le mouvement, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; devrait &#234;tre connu comme le parti qui d&#233;fend partout la n&#233;cessit&#233;, d&#232;s aujourd'hui, de d&#233;velopper les embryons d'une organisation alternative de la soci&#233;t&#233;, embryons que les peuples arabes tentent de construire dans le feu m&#234;me de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ari Shavit, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;The Arab revolution and Western decline&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Haaretz&lt;/i&gt;, 3&#160;f&#233;vrier 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Racisme et lutte de classes</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/Racisme-et-lutte-de-classes</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ambre Bragard</dc:creator>


		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Classes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'id&#233;e est largement r&#233;pandue que le racisme serait le fait de couches r&#233;trogrades d'individus incapables de s'adapter aux nouvelles coordonn&#233;es d'un monde d&#233;sormais mobile et cosmopolite. Leur peur irraisonn&#233;e de l'inconnu doubl&#233;e de leur ignorance et de leur fermeture aux autres produiraient le racisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les politiques de tous bords affichent souvent de la complaisance &#224; leur l'&#233;gard en agitant sans cesse les th&#232;mes de l'ins&#233;curit&#233; et de l'immigration, ce ne serait que par calcul &#233;lectoral &#233;go&#239;ste. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-no05-novembre-decembre" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - n&#176;05 - Novembre/D&#233;cembre 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Racisme" rel="tag"&gt;Racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Classes" rel="tag"&gt;Classes&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L150xH104/arton252-8cf83.jpg&#034; width='150' height='104' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'id&#233;e est largement r&#233;pandue que le racisme serait le fait de couches r&#233;trogrades d'individus incapables de s'adapter aux nouvelles coordonn&#233;es d'un monde d&#233;sormais mobile et cosmopolite. Leur peur irraisonn&#233;e de l'inconnu doubl&#233;e de leur ignorance et de leur fermeture aux autres produiraient le racisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si les politiques de tous bords affichent souvent de la complaisance &#224; leur l'&#233;gard en agitant sans cesse les th&#232;mes de l'ins&#233;curit&#233; et de l'immigration, ce ne serait que par calcul &#233;lectoral &#233;go&#239;ste. Flattant ainsi les bas instincts de tout un chacun, ils s'attireraient la sympathie d'une grande partie de la population pr&#233;tendument raciste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On renvoie ainsi le racisme &#224; une pulsion naturelle de l'homme s&#233;vissant &#224; toutes les &#233;poques et aux quatre coins du globe. Face &#224; ce fl&#233;au, la t&#226;che des antiracistes rel&#232;verait d'un travail d'&#233;ducation sans rel&#226;che, particuli&#232;rement en direction des populations les plus d&#233;munies culturellement, plus sensibles en cela aux id&#233;es racistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le racisme est bien plus qu'un probl&#232;me d'attitude individuelle, de rejet des uns vis &#224; vis d'autres d'origines ou de cultures diff&#233;rentes. C'est un des traits caract&#233;ristiques des soci&#233;t&#233;s capitalistes avanc&#233;es. Il existe de mani&#232;re institutionnalis&#233;e &#224; travers des discriminations au logement, &#224; l'embauche, par le harc&#232;lement de la police et de l'administration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour les anticapitalistes, s'il en est ainsi, c'est parce que le racisme est avant tout un probl&#232;me d'oppression li&#233; &#224; une structure sociale d'exploitation &#8211; le capitalisme. Il n'existe que par la domination de la classe capitaliste et ne peut &#234;tre aboli que par la classe ouvri&#232;re unie. Car le racisme est un produit direct de l'&#233;mergence et du d&#233;veloppement du syst&#232;me &#233;conomique capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D'o&#249; vient le racisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le racisme s'est d&#233;velopp&#233; dans une phase clef de l'expansion du capitalisme &#224; l'&#233;chelle mondiale&#160;: la colonisation et l'instauration de plantations coloniales dans le Nouveau Monde au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVIII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle reposant sur le travail contraint d'esclaves import&#233;s d'Afrique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non qu'il n'existait pas de pratiques discriminatoires, notamment religieuses, dans les syst&#232;mes pr&#233;capitalistes mais elles ne correspondaient pas &#224; une vision racialis&#233;e du monde et la plupart du temps la conversion des opprim&#233;s permettait d'y &#233;chapper. C'est bien le capitalisme qui universalisa pour la premi&#232;re fois les pr&#233;jug&#233;s raciaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a coutume de dire que l'esclavage fut le produit d'un racisme d&#233;j&#224; enracin&#233; dans la soci&#233;t&#233; occidentale. Or c'est l'inverse qui est vrai, les th&#233;ories racistes firent leur apparition avec la n&#233;cessit&#233; de justifier l'esclavage. Auparavant ce besoin n'avait pas lieu d'&#234;tre, pas m&#234;me dans les soci&#233;t&#233;s esclavagistes grecques ou romaines. En effet, dans les soci&#233;t&#233;s hi&#233;rarchiques pr&#233;c&#233;dentes, la population &#233;tait divis&#233;e en groupes l&#233;galement in&#233;gaux &#8211; l'esclavage n'&#233;tant que l'une des formes de ces statuts juridiques in&#233;gaux &#8211; mais ces in&#233;galit&#233;s n'avaient besoin d'aucune justification particuli&#232;re autre que leur utilit&#233; sociale. Les esclaves en Gr&#232;ce pouvaient &#234;tre tout aussi grecs que leurs ma&#238;tres. Il &#233;tait donc directement question d'in&#233;galit&#233;s de classes et non de races. Il en va autrement avec le capitalisme puisque son mode de production repose sur l'exploitation d'une main d'&#339;uvre salari&#233;e libre. Le capitaliste et le travailleur sont d&#233;sormais l&#233;galement &#233;gaux sur le march&#233; du travail. Le travailleur est libre de ne pas vendre sa force de travail, mais comme il est aussi libre de toute propri&#233;t&#233;, il est pouss&#233; &#224; se monnayer pour survivre. Dans un tel syst&#232;me o&#249; l'&#233;galit&#233; formelle masque l'in&#233;galit&#233; r&#233;elle, le recours au travail forc&#233; est une anomalie qu'il faut pouvoir justifier.L'&#233;norme besoin en main-d'&#339;uvre que cr&#233;ait l'&#233;tablissement des plantations coloniales pour satisfaire en mati&#232;res premi&#232;res et en produits de consommation le march&#233; mondial florissant impliquait d'importer massivement des travailleurs sur le continent am&#233;ricain. Cette r&#233;organisation monumentale du travail &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire impliquait &#224; son tour le recours au travail servile.Au d&#233;but, ce besoin fut satisfait par des serviteurs blancs sous contrat venus d'Europe en &#233;change du prix de leur voyage, de leur libert&#233;, etc. Leur servitude &#233;tait quasi totale mais ne pouvait &#234;tre perp&#233;tuelle en raison des cons&#233;quences que cela risquerait de produire sur les travailleurs europ&#233;ens si la situation de leurs fr&#232;res leur &#233;tait r&#233;v&#233;l&#233;e. En plus de tarir la source d'immigration n&#233;cessaire, cela risquerait sans nul doute de cr&#233;er des d&#233;sordres sociaux en r&#233;v&#233;lant au grand jour l'exploitation cach&#233;e derri&#232;re &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'&#233;galit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; promise par le capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le besoin intarissable en nouvelle force de travail et le probl&#232;me d'instabilit&#233; qu'impliquait la fin de la servitude de la main-d'&#339;uvre europ&#233;enne conduisirent les capitalistes de l'&#233;poque &#224; recourir &#224; l'esclavage des africains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le besoin de justifier la contradiction manifeste que repr&#233;sentait la d&#233;pendance du capitalisme vis-&#224;-vis du travail servile restait entier. En cr&#233;ant une cat&#233;gorie d'humains qui ne m&#233;ritait pas l'&#233;galit&#233;, le racisme put r&#233;soudre cette contradiction. Il fut le seul artifice permettant de refuser aux uns ce que le capitalisme promettait aux autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le racisme a &#233;galement &#233;t&#233; n&#233;cessit&#233; par l'imp&#233;rialisme. La concurrence entre les nations europ&#233;ennes dans le contr&#244;le des richesses et des mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires &#224; leur sup&#233;riorit&#233; &#233;conomique mit les classes dirigeantes en conflits directs avec les populations &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;indig&#232;nes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Une autre justification devint n&#233;cessaire. La spoliation des richesses fut masqu&#233;e par l'id&#233;e du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;fardeau de l'homme blanc&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, dont la mission consistait &#224; amener la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;civilisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; des peuples primitifs et barbares.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_217 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH375/100000000000032000000258CEFC4ADD-554f5.jpg' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le racisme dans le capitalisme contemporain&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec la fin de l'esclavage et l'effondrement des empires coloniaux, on pourrait croire que le racisme n'a plus de raison d'&#234;tre. Les bases mat&#233;rielles qui justifiaient son d&#233;veloppement ayant disparu, le racisme contemporain ne serait qu'un vestige du pass&#233;. Ce serait le produit de plusieurs si&#232;cles de formatage des esprits qui continuerait &#224; hanter les corps et qu'il faudrait maintenant s'atteler &#224; d&#233;construire. En bref le racisme serait une passion populaire mal dig&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le racisme d'aujourd'hui n'est pas seulement un fant&#244;me du pass&#233;, ses bases mat&#233;rielles sont sans cesse r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;es par le capitalisme contemporain. Sans cela on aurait beaucoup de peine &#224; expliquer les politiques racistes men&#233;es par l'ensemble des gouvernements europ&#233;ens depuis le d&#233;but des ann&#233;es 80. Le seul opportunisme n'y suffirait pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.Les raisons &#233;conomiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le racisme moderne se manifeste encore une fois au plus pr&#232;s de l'organisation de la production. La tendance &#224; la circulation du capital vers les secteurs &#224; forts taux de profits entra&#238;ne un besoin croissant en force de travail qui pousse les classes dirigeantes &#224; s'approvisionner en main-d'&#339;uvre au del&#224; des fronti&#232;res de l'&#201;tat &#224; partir des ann&#233;es 50. Mais ce besoin de circulation de la force de travail se heurte au rapport de forces entre les classes. La n&#233;cessit&#233; pour les capitalistes de faire circuler la force de travail &#8211; immigration pour alimenter le march&#233; en travailleurs mais surtout migration des travailleurs eux-m&#234;mes entre diff&#233;rents secteurs &#233;conomiques selon les besoin fluctuants du capital &#8211; s'oppose frontalement aux revendications de droits du travail et de s&#233;curit&#233; sociale des travailleurs. Le recours au travail immigr&#233; permet de r&#233;soudre partiellement cet antagonisme. La main-d'&#339;uvre immigr&#233;e &#233;tant dans l'incapacit&#233; de refuser des mauvaises condition de travail (bas salaires, pr&#233;carit&#233;, t&#226;ches p&#233;nibles et d&#233;gradantes, etc.), elle contribue &#224; la flexibilit&#233; de l'offre de travail dont le capital a besoin tout en pr&#233;servant en apparence les travailleurs nationaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le recours au travail immigr&#233; s'est donc impos&#233; comme un des traits structurel du capitalisme &#224; la fois en termes de besoin quantitatif mais aussi comme variable d'ajustement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pour que cela soit possible, il faut n&#233;cessairement que le traitement discriminant et la place sp&#233;cifique occup&#233;e par les immigr&#233;s dans l'organisation de la production paraissent naturels aux yeux de la majorit&#233; des travailleurs. C'est l'une des fonctions du racisme que de faire accepter &#224; la classe ouvri&#232;re ce traitement in&#233;gal envers l'une de ses composantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_218 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH329/10000000000003DE0000028A97E1A709-7e763.jpg' width='500' height='329' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Les raisons politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En plus de contribuer &#224; la flexibilit&#233; de la force de travail, le recours &#224; la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e rend donc possible la division de la classe ouvri&#232;re selon des d&#233;marcations raciales&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et ce d'autant plus facilement qu'elles correspondent de surcro&#238;t &#224; la division sociale du travail (ouvriers sp&#233;cialis&#233;s immigr&#233;s/ouvriers professionnels nationaux). De l&#224;, une autre fonction essentielle endoss&#233;e par le racisme. Il ne s'agit plus seulement de justifier id&#233;ologiquement un besoin &#233;conomique purement mat&#233;riel, mais il s'agit plus directement d'un enjeu politique et id&#233;ologique de premier plan dans la construction du rapport de force entre les classes&#160;: viser, selon les termes du sociologue Sa&#239;d Bouamama, &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;diviser ceux qui devraient &#234;tre unis&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; travailleurs nationaux et immigr&#233;s &#8211; et &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;unir ceux qui devraient &#234;tre divis&#233;s&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; travailleurs nationaux et patrons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En substituant le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nous les travailleurs, eux les patrons&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; par un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nous les nationaux, eux les immigr&#233;s&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, le racisme permet de diviser la classe ouvri&#232;re, et donc d'affaiblir consid&#233;rablement ses r&#233;sistances, mais il permet aussi de souder une partie des travailleurs derri&#232;re les classes dirigeantes. L'antagonisme qu'il g&#233;n&#232;re est ainsi le secret de l'impuissance de la classe ouvri&#232;re en m&#234;me temps qu'il est aussi celui de la puissance persistante des capitalistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne n'est pas nouveau, Marx lui-m&#234;me pointait d&#233;j&#224; cette fonction du racisme dans sa remarquable analyse sur la situation du prol&#233;tariat en Angleterre en 1870 (Cf. encadr&#233;), mais elle est devenue peu &#224; peu sa principale raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le racisme dans notre camp&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans cet extrait Marx esquisse &#233;galement deux conditions fondamentales &#224; l'existence du racisme dans notre camp. D'abord, le fait que les travailleurs soient en concurrence les uns avec les autres sur le march&#233; du travail favorise le d&#233;veloppement du racisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le travailleur immigr&#233;, plus pris&#233; car moins cher et moins qualifi&#233;, est souvent v&#233;cu par les travailleurs &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nationaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; comme un concurrent qui abaisse leur niveau de vie. Ensuite, le racisme ne pourrait pas se d&#233;velopper dans la classe ouvri&#232;re si les travailleurs blancs n'y trouvaient pas un int&#233;r&#234;t, ne serait-ce qu'imaginaire. Celui-ci rel&#232;ve de l'attrait id&#233;ologique. Bien que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;travailleurs immigr&#233;s&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;travailleurs nationaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; constituent deux groupes aux int&#233;r&#234;ts identiques, ils se retrouvent divis&#233;s de sorte que les salaires des deux peuvent &#234;tre maintenus vers le bas. Le travailleur blanc qui y consent re&#231;oit en &#233;change une compensation psychologique de l'ordre du r&#233;confort de se croire membre du groupe dominant face au groupe domin&#233;. Uni de cette fa&#231;on aux capitalistes, il devient l'instrument de leur oppression sur une partie de sa propre classe, renfor&#231;ant ainsi leur domination sur lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En temps de crise et en l'absence de r&#233;ponse de classe &#224; une situation &#233;conomique et sociale d&#233;grad&#233;e, le racisme peut alors s'insinuer dans nos rangs &#224; une vitesse foudroyante. Bien que les int&#233;r&#234;ts des travailleurs immigr&#233;s soient les m&#234;mes que ceux de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, bien qu'en consentant &#224; leur oppression les travailleurs blancs condamnent eux-m&#234;mes l'ensemble de leur classe au renforcement de l'exploitation capitaliste, l'id&#233;ologie raciste voile cet &#233;tat de fait en masquant et en renversant cette communaut&#233; d'int&#233;r&#234;t. Pourtant c'est bien dans cette r&#233;alit&#233; que r&#233;side le secret de la puissance de la classe ouvri&#232;re car cet int&#233;r&#234;t commun une fois parvenu &#224; la conscience de la classe est le ciment de son unit&#233;, &#233;l&#233;ment indispensable pour qu'elle puisse commencer &#224; riposter s&#233;rieusement contre les pr&#233;jug&#233;s racistes et contre le capitalisme qui les g&#233;n&#232;re. C'est pourquoi le niveau de la lutte de classe est essentiel dans l'intensit&#233; du racisme.Un exemple, issu de l'histoire sociale r&#233;cente de France, de la rapidit&#233; avec laquelle le racisme peut diviser la classe, peut &#234;tre celui de la conclusion dramatique de la gr&#232;ve de l'usine automobile de Talbot Poissy en r&#233;gion parisienne en 1984. Les ouvriers sp&#233;cialis&#233;s immigr&#233;s en gr&#232;ve contre les licenciements se sont vus &#233;vacu&#233;s de l'usine qu'ils occupaient par la police sous les applaudissement complices des ouvriers nationaux, chantant &lt;i&gt;La Marseillaise &lt;/i&gt;et scandant &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les arabes au four&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; la Seine&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, deux ans plus t&#244;t, lors du printemps de la dignit&#233; qui enflamma l'ensemble du secteur automobile, la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;volte des esclaves&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; port&#233;e par les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OS&lt;/span&gt; immigr&#233;s dans l'indiff&#233;rence des ouvriers professionnels majoritairement blancs gagnait des avanc&#233;es consid&#233;rables pour l'ensemble des ouvriers de la branche&#160;: augmentations de salaire, libert&#233; syndicale, etc.Les travailleurs immigr&#233;s faisaient alors la d&#233;monstration pratique de la communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts qui les unit &#224; l'ensemble de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_219 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH332/100000000000018F00000109BD21A2D9-23d10.jpg' width='500' height='332' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le racisme aujourd'hui&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'offensive du gouvernement sur le front du racisme, de la r&#233;pression et du nationalisme n'est pas une simple strat&#233;gie de diversion ou une strat&#233;gie &#233;lectorale comme on l'entend souvent. M&#234;me si l'agenda de cet &#233;t&#233; n'est pas une pure co&#239;ncidence &#8211; le fait que l'escalade raciste du gouvernement ait lieu au moment m&#234;me o&#249; &#233;clate l'affaire Woerth-Bettencourt &#8211; ou si la droite elle-m&#234;me pr&#233;tend vampiriser les voix du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FN&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dire que le racisme d'&#201;tat rel&#232;verait de pr&#233;tentions &#233;lectoralistes, c'est reconduire l'id&#233;e que le racisme vient d'en bas, qu'il rel&#232;verait d'une passion populaire envers laquelle l'&#201;tat se rendrait coupable de complaisance. Or c'est l'inverse qui se produit, le racisme vient d'en haut, c'est l'&#201;tat qui entretient le racisme populaire (et le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FN&lt;/span&gt;) pour l&#233;gitimer ses politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du racisme, de la r&#233;pression et du nationalisme est en fait bien plus central dans la politique des classes dirigeantes aujourd'hui. Leur indissociabilit&#233; constitue la face visible de l'&#233;volution la plus r&#233;cente de la fonction politique du racisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le sociologue Lo&#239;c Wacquant expliquait d&#233;j&#224; au d&#233;but des ann&#233;es 2000 que le lib&#233;ralisme ne va pas de pair avec la disparition de l'&#201;tat, mais qu'au contraire on assiste &#224; son renforcement.&#160;A mesure que l'&#201;tat retire son bras social (&#224; grands coups de privatisations, de casse du droit du travail et des protections sociales), il est oblig&#233; d'avancer son bras r&#233;pressif pour contenir les d&#233;sordres li&#233;s &#224; l'ins&#233;curit&#233; sociale qu'il g&#233;n&#232;re. De l&#224;, la n&#233;cessit&#233; d'une part de mettre en place une multitude de lois s&#233;curitaires et d'autres part le d&#233;veloppement du racisme institutionnel depuis la fin des ann&#233;es 80 &#8211; l'amalgame &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;tranger = ins&#233;curit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et les politiques restrictives de l'immigration port&#233;s &#224; diff&#233;rents niveaux par tous les partis institutionnels. Le racisme a le triple avantage pour la classe dirigeante 1) de fournir un bouc &#233;missaire au sentiment d'ins&#233;curit&#233; sociale due au renforcement de l'exploitation et &#224; la croissance de la pauvret&#233; et du ch&#244;mage &#8211; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;si je n'ai pas de travail, c'est la faute de mon voisin immigr&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;si on doit r&#233;former le syst&#232;me, c'est la faute de ces profiteurs&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; etc.&#160;, 2) de diviser les travailleurs entre eux et donc de limiter leurs r&#233;sistances face &#224; cette situation, et 3) de justifier les politiques s&#233;curitaires mises en place pour mater ces m&#234;mes r&#233;sistances.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces ph&#233;nom&#232;nes vont s'acc&#233;l&#233;rer avec la crise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. Denis Godard, &#171;&#160;Et s'il ne s'agissait pas de religion&#160;?&#160;&#187;, &#233;ditorial de la (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La concurrence entre les capitalistes &#233;tant de plus en plus grande sur le march&#233; mondial, les capitaux doivent se lier plus &#233;troitement &#224; leur &#201;tat national pour d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts dans cette guerre sans merci qu'ils se livrent entre eux, comme le d&#233;montre l'&#233;pisode du sauvetage des banques orchestr&#233; par les &#201;tats au moment aigu de la crise. Ce ph&#233;nom&#232;ne pousse &#224; un renforcement plus radical encore de l'&#201;tat&#160;: non plus essentiellement sur le plan r&#233;pressif mais aussi sur les plans id&#233;ologique et &#233;conomique, l'illusion de sa disparition dans ce domaine &#233;clatant au grand jour lorsqu'il vole au secours des banques pour renflouer leurs caisses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce contexte deux tendances profondes sont &#224; l'&#339;uvre et vont &#234;tre amen&#233;es &#224; se d&#233;velopper&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;une militarisation croissante de la soci&#233;t&#233; &#8211; aussi bien pour mater les r&#233;sistances &#224; l'int&#233;rieur que pour se faire une place &#224; l'ext&#233;rieur,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;et id&#233;ologiquement une tentative accrue de souder autour de la classe dirigeante une fraction des couches populaires et des cat&#233;gories interm&#233;diaires &#8211; afin de construire l'unit&#233; nationale face aux concurrents internationaux et de faire avaler la pilule du prix de la crise pay&#233; par les peuples.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du racisme, et plus particuli&#232;rement de l'islamophobie, est central dans la mise en place de ce projet puisqu'il articule la d&#233;signation de l'&#233;tranger/danger et la revendication d'une identit&#233; nationale en m&#234;me temps qu'il permet de construire un ennemi int&#233;rieur (Rroms, musulmans, jeunes des banlieues, etc.) &#224; l'image d'ennemis ext&#233;rieurs justifiant les guerres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_220 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH281/1000000000000CCB00000733FBA1AEC5-ccc44.jpg' width='500' height='281' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment lutter contre le racisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le racisme aujourd'hui n'est pas avant tout un racisme d'en bas mais d'abord un racisme d'en haut, promu par les classes dirigeantes, mais la crise d&#233;veloppe des effets contradictoires dans notre camp. L'ins&#233;curit&#233; sociale suscite de la col&#232;re comme de la peur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. Vanina Guidicelli, &#171;&#160;La guerre de classe qui vient&#160;&#187;, &#233;ditorial de la revue (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La peur conduit &#224; la haine et au renoncement sur lesquels les courants les plus r&#233;actionnaires peuvent se d&#233;velopper comme en t&#233;moigne la remont&#233;e des courants d'extr&#234;me droite partout en Europe. &#192; partir de la col&#232;re ce sont les mobilisations qui peuvent se construire. Or le niveau de la lutte des classes est d&#233;terminant pour faire reculer le racisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De ce c&#244;t&#233; l&#224;, la France n'est pas en reste comme l'a d&#233;montr&#233; la s&#233;quence sociale ouverte &#224; la rentr&#233;e avec les manifestations antiracistes du 4&#160;septembre dans tout le pays et avec la mobilisation pour les retraites de cet automne qui fit descendre 3 millions de personnes dans la rue chaque semaine. Mais d&#233;j&#224;, avant cela, le formidable mouvement des travailleurs sans-papiers qui a occup&#233; l'actualit&#233; sociale pendant plus d'un an, a permis de faire reculer le racisme &#224; son &#233;chelle en r&#233;v&#233;lant la dimension de classe de leur combat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour lutter contre le racisme, il s'agit donc d'abord de s'impliquer dans les diverses batailles autour des diff&#233;rents aspects du racisme&#160;: luttes antifascistes, soutien aux sans-papiers, luttes contre les violences polici&#232;res, contre les contr&#244;les de l'immigration ou contre les attaques du droit d'asile. Mais ce n'est pas suffisant, pour mener une lutte efficace contre le racisme il est n&#233;cessaire d'en comprendre la nature et les causes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Du point de vue de la nature du racisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au fil du temps, le racisme a connu un changement de nature qui n'a rien d'anodin&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le racisme biologique s'est mu&#233; en un racisme culturel. L'in&#233;galit&#233; des races &#8211; qui n'est plus respectable scientifiquement et moralement depuis la seconde guerre mondiale &#8211; s'est peu &#224; peu chang&#233;e en in&#233;galit&#233; des cultures. Mais l&#224; encore l'ethnicit&#233; ou la culture sont con&#231;ues comme des destins auxquels ceux qui en sont issus ne peuvent &#233;chapper qu'au prix d'une int&#233;gration/d&#233;sint&#233;gration qui les ampute d&#233;finitivement d'une part d'eux-m&#234;mes (et encore sans aucune garantie que cela mette r&#233;ellement fin &#224; la stigmatisation qu'ils subissent). Ne pas avoir cette analyse conduit &#224; apporter de mauvaises r&#233;ponses. Car ce racisme r&#233;g&#233;n&#233;r&#233; s'exprimant aujourd'hui au nom de la lutte contre le communautarisme, de l'universalit&#233; de la loi et de l'&#233;galit&#233; des sexes est soutenu ardemment par une bonne partie de l'intelligentsia, y compris de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gauche&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Derri&#232;re cet apparat plus respectable il s'agit toujours de stigmatiser des individus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Du point de vue des causes du racisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du racisme dans notre camp est une solution imaginaire &#224; un probl&#232;me bien r&#233;el, celui de l'exploitation, de la pauvret&#233;, du ch&#244;mage, etc. La lutte contre le racisme doit par cons&#233;quent &#234;tre li&#233;e &#224; une agitation permanente autour des questions sociales.En outre, le racisme est une oppression engendr&#233;e par un syst&#232;me d'exploitation &#8211; le capitalisme. Mais s'il faut n&#233;cessairement renverser le syst&#232;me pour &#233;radiquer le racisme, la classe ouvri&#232;re ne peut y parvenir qu'unifi&#233;e. Cela ne signifie donc pas remettre &#224; plus tard le combat antiraciste, bien au contraire, car celui-ci est primordial. La lutte contre le racisme est le chemin par lequel la classe ouvri&#232;re s'unifie et prend conscience d'elle-m&#234;me dans son combat contre la classe dirigeante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les anticapitalistes doivent par cons&#233;quent construire un parti compos&#233; de travailleurs de toutes origines convaincus par cette id&#233;e et travaillant sans rel&#226;che &#224; l'unification des diff&#233;rentes composantes de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_221 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L480xH337/10000000000001F400000160F1656D23-65504.jpg' width='480' height='337' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#233;riode qui s'annonce, le racisme va devenir de plus en plus central car il s'int&#232;gre dans le projet global de la classe dirigeante. Le mouvement global de r&#233;sistance va &#234;tre confront&#233; au probl&#232;me, il devra &#234;tre en mesure d'apporter une r&#233;ponse de classe coh&#233;rente face au racisme s'il veut pouvoir se renforcer, s'unir et se coordonner face aux attaques de la classe dirigeante (notamment sur le plan &#233;conomique).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De l&#224; une t&#226;che urgente se pose &#224; lui&#160;: construire un mouvement antiraciste de masse, implant&#233; dans les quartiers populaires et sur les lieux de travail, qui ne fasse aucune concession aux attaques de la classe dirigeante. Pour cela il devra tenir compte des derniers d&#233;veloppements du racisme et, en cons&#233;quence, de la n&#233;cessit&#233; d'articuler lutte contre le racisme, lutte anti-s&#233;curitaire et solidarit&#233; avec les peuples opprim&#233;s pour &#234;tre capable d'entra&#238;ner plus largement contre les offensives du pouvoir sur ces fronts.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En encadr&#233;&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Angleterre a maintenant une classe ouvri&#232;re scind&#233;e en deux camps ennemis&#160;: prol&#233;taires &lt;/i&gt;&lt;i&gt;anglais et prol&#233;taires irlandais. L'ouvrier anglais ordinaire d&#233;teste l'ouvrier irlandais comme un concurrent qui abaisse son niveau de vie. Il se sent &#224; son &#233;gard membre d'une nation dominatrice, devient, de ce fait, un instrument de ses aristocrates et capitalistes contre l'Irlande et consolide ainsi leur pouvoir sur lui-m&#234;me. Des pr&#233;jug&#233;s religieux, sociaux et nationaux le dresse contre l'ouvrier irlandais. Il se conduit envers lui &#224; peu pr&#232;s comme les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;blancs pauvres&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; envers les noirs dans les anciens &#201;tats esclavagistes de l'Union Am&#233;ricaine. L'Irlandais lui rend largement la pareille. Il voit en lui &#224; la fois le complice et l'instrument aveugle de la domination anglaise en Irlande. Cet antagonisme est entretenu artificiellement et attis&#233; par la presse, les sermons, les revues humoristiques, brefs par tous les moyens dont disposent les classes au pouvoir. Cet antagonisme constitue le secret de l'impuissance de la classe ouvri&#232;re anglaise, en d&#233;pit de sa bonne organisation. C'est aussi le secret de la puissance persistante de la classe capitaliste, qui s'en rend parfaitement consciente&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Karl Marx, &#171;&#160;Lettre &#224; Siegfried Meyer et August Vogt, 9&#160;avril 1870&#160;&#187;, in (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Alex Callinicos, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;http://quefaire.lautre.net/Racisme-et-lutte-des-classes&#034; class='spip_in'&gt;Racisme et lutte de classes&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Sa&#239;d Bouamama, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Re-Mondialisation, recomposition du capital et Immigration&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Les Figures de la Domination, &lt;a href=&#034;http://www.lesfiguresdeladomination.org/index.php?id=347&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.lesfiguresdeladomination.org/index.php?id=347&lt;/a&gt; et &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;De la Visibilisation &#224; la Suspicion&#160;: la fabrique r&#233;publicaine d'une politisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Les Figures de la Domination, &lt;a href=&#034;http://www.lesfiguresdeladomination.org/index.php?id=313&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.lesfiguresdeladomination.org/index.php?id=313&lt;/a&gt;. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Jacques Ranci&#232;re, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Racisme, une passion d'en haut&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/node/92825&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.mediapart.fr/node/92825&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Denis Godard, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Et s'il ne s'agissait pas de religion&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#233;ditorial de la revue &lt;i&gt;Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt; &#8211; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; n&#176;3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Vanina Guidicelli, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La guerre de classe qui vient&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#233;ditorial de la revue &lt;i&gt;Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt; &#8211; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; n&#176;4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karl Marx, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Lettre &#224; Siegfried Meyer et August Vogt, 9&#160;avril 1870&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in Marx-Engels, &lt;i&gt;Correspondances&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'id&#233;ologie ou la pens&#233;e embarqu&#233;e d'Isabelle Garo</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/L-ideologie-ou-la-pensee-embarquee</link>
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		<dc:date>2009-11-11T14:13:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ambre Bragard</dc:creator>


		<dc:subject>Id&#233;ologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Longtemps boud&#233;e, la notion d'id&#233;ologie alimente de nouveau la sc&#232;ne de la critique. Elle puise son actualit&#233; dans la conflictualit&#233; sociale croissante depuis le milieu des ann&#233;es quatre-vingt-dix et dans les contradictions dont celle-ci t&#233;moigne et qu'elle renforce en retour. Cela semble rompre avec la morosit&#233; intellectuelle de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente en pointant justement ce qui tendait &#224; &#234;tre cach&#233; auparavant avec le postulat de la fin des id&#233;ologies, conjointement &#224; celui de l'effacement de la classe (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-no01-aout-octobre-2009" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - n&#176;01 - Ao&#251;t/Octobre 2009&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Ideologie" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L95xH150/arton179-a8860.jpg&#034; width='95' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Longtemps boud&#233;e, la notion d'id&#233;ologie alimente de nouveau la sc&#232;ne de la critique. Elle puise son actualit&#233; dans la conflictualit&#233; sociale croissante depuis le milieu des ann&#233;es quatre-vingt-dix et dans les contradictions dont celle-ci t&#233;moigne et qu'elle renforce en retour. Cela semble rompre avec la morosit&#233; intellectuelle de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente en pointant justement ce qui tendait &#224; &#234;tre cach&#233; auparavant avec le postulat de la fin des id&#233;ologies, conjointement &#224; celui de l'effacement de la classe ouvri&#232;re et au rejet de la notion de classes elle-m&#234;me, trop index&#233;e sur un marxisme qualifi&#233; de caduc. Mais si pour cette raison la r&#233;actualisation de la question id&#233;ologique est un &#233;l&#233;ment ind&#233;niablement positif, c'est aussi une source de d&#233;bats dont les enjeux ne sont pas uniquement d'ordre th&#233;orique. Car bien que la r&#233;&#233;mergence de cette question id&#233;ologique soit le produit de la lutte des classes, la mani&#232;re dont on y r&#233;pond n'est pas d&#233;pourvue de cons&#233;quences pratiques quant au d&#233;veloppement de la conflictualit&#233; sociale elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;L'id&#233;ologie ou la pens&#233;e embarqu&#233;e&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='footnote' title='&#201;ditions La fabrique, Paris, janvier 2009. 184 pages. 12 &#8364;.' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Isabelle Garo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Isabelle Garo collabore &#224; la revue Contretemps et &#224; la Grande &#233;dition des (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; apporte une pr&#233;cieuse contribution &#224; ce d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre les interpr&#233;tations id&#233;alistes et m&#233;canistes de l'id&#233;ologie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;on dont certains se r&#233;approprient la notion d'id&#233;ologie aujourd'hui, &#233;voquant bien souvent des conceptions du pass&#233;, est de ce point de vue probl&#233;matique. Nombreuses th&#232;ses sur la superpuissance des m&#233;dias et leur endoctrinement de masse ont en commun avec l'id&#233;alisme des jeunes h&#233;g&#233;liens, auxquels s'opposait Marx, une forme de croyance en la supr&#233;matie des id&#233;es que visait justement &#224; leur refuser le concept marxiste. Comme leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, elles partagent souvent la th&#232;se d'une domination des id&#233;es qui, &#224; travers l'id&#233;ologie entendue comme la domination d'id&#233;es &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;fausses&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, enfermerait des spectateurs hypnotis&#233;s dans l'illusion et les conduirait &#224; la passivit&#233;. Mais de telles analyses conduisent dans une impasse car d&#232;s lors qu'on suppose que ce sont les id&#233;es qui d&#233;terminent le monde et que les id&#233;es dominantes sont aux mains de trusts m&#233;diatiques irriguant tous les foyers, comment sortir de l'illusion&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? On risque de r&#233;duire l'essentiel de la lutte de classe &#224; l'affrontement entre une avant-garde &#233;clair&#233;e, pr&#233;munie de l'id&#233;ologie par sa formation th&#233;orique, et un pouvoir surplombant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Leur point de d&#233;part est &#233;galement analogue, bien que totalement invers&#233;, &#224; celui d'une autre conception, h&#233;rit&#233;e du stalinisme, moins en vogue mais tout aussi biais&#233;e. Cette derni&#232;re consid&#232;re &#233;galement l'id&#233;ologie comme une simple surface mensong&#232;re mais qui, &#224; l'oppos&#233;, ferait directement &#233;cho &#224; la base &#233;conomique. De ce point de vue, ce serait la r&#233;alit&#233; &#233;conomique et sociale qui d&#233;terminerait m&#233;caniquement les repr&#233;sentations sans que celles-ci acqui&#232;rent la moindre autonomie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les th&#232;ses &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;m&#233;canistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ne sont pas plus satisfaisantes que les th&#232;ses &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;id&#233;alistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, c'est parce qu'elles ne sont pas plus en prise avec la r&#233;alit&#233;. Elles ne permettent pas non plus de penser les contradictions de la totalit&#233; sociale et l'efficacit&#233; ind&#233;niable du r&#244;le social et politique des repr&#233;sentations. Avec une telle approche, le risque encouru est au contraire de n&#233;gliger la dimension id&#233;ologique de la lutte des classes en r&#233;duisant celle-ci &#224; un combat d'ordre strictement &#233;conomique. Or, s'il est certain que la force des id&#233;es dominantes n'est pas une condition suffisante pour assurer l'h&#233;g&#233;monie de la bourgeoisie, les repr&#233;sentations en sont en revanche un &#233;l&#233;ment indispensable car elles participent &#224; la structuration du r&#233;el en accompagnant la production, la reproduction et la transformation d'un ordre &#233;conomique et social d&#233;termin&#233;. C'est aussi oublier que les travailleurs adh&#232;rent souvent de mani&#232;re contradictoire &#224; une grande partie de ces repr&#233;sentations. Par cons&#233;quent, s'il est vrai que le lieu de la r&#233;appropriation collective de la production se situe avant tout dans la lutte men&#233;e au sein des rapports de production eux-m&#234;mes, une telle mobilisation est impossible sans une r&#233;appropriation critique consciente et collective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En prenant le contre-pied de ces interpr&#233;tations, Isabelle Garo tente de r&#233;pondre aux enjeux soulev&#233;s par la question id&#233;ologique en proposant une autre alliance entre id&#233;ologie et politique que celles embrass&#233;es par ces conceptions et en en livrant un &#233;clairage contemporain. Pour ce faire elle analyse la refonte permanente du concept d'id&#233;ologie chez Marx &#8211; de L'id&#233;ologie allemande au Capital &#8211; qui le m&#232;ne &#224; identifier une fonction id&#233;ologique complexe port&#233;e par des repr&#233;sentations ne relevant pas seulement d'un jeu strictement superstructurel mais qui prennent en partie corps &#224; m&#234;me le processus productif et marchand. De nature politique, cette fonction id&#233;ologique est constitutive de toute formation &#233;conomique et sociale bas&#233;e sur des rapports de domination et d'exploitation, dont le maintien n&#233;cessite sans cesse de justifier ces m&#234;mes rapports. C'est avec ces r&#233;&#233;laborations successives, entreprises par Marx au cours de l'analyse de plus en plus pr&#233;cise de la totalit&#233; sociale et des contradictions qui l'animent, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;que la critique de l'id&#233;ologie finira [&#8230;] par faire corps avec la critique de l'&#233;conomie politique elle-m&#234;me, qui s'emploie &#224; &#233;lucider cette totalit&#233; concr&#232;te et &#224; y intervenir au moyen de cette &#233;lucidation, associ&#233;e &#224; l'activit&#233; politique&#160;[&#8230;]&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p.121.' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'id&#233;ologie aujourd'hui&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; la crise &#233;conomique laisse voir de fa&#231;on in&#233;dite les contradictions toujours plus violentes du syst&#232;me capitaliste, la th&#232;se de la fin des id&#233;ologies appara&#238;t de plus en plus comme le signe de la permanence de cette fonction id&#233;ologique elle-m&#234;me. Ceci &#233;tant dit, le fait que les id&#233;es dominantes apparaissent de plus en plus largement pour ce qu'elles sont, c'est-&#224;-dire pour les id&#233;es de la domination capitaliste elle-m&#234;me, ne signifie absolument pas que la crise &#233;conomique est automatiquement porteuse d'alternatives positives comme certains semblent le croire. Elle peut se r&#233;soudre de la pire mani&#232;re que ce soit sur le plan de l'exploitation, de l'in&#233;galit&#233; sociale, du militarisme ou de l'autoritarisme, explique Isabelle Garo. Car s'il est vrai que la situation actuelle repose avec la plus grande acuit&#233; la question de la r&#233;partition des richesses et de l'organisation de la production, elle est en m&#234;me temps source de d&#233;sillusion ou de fuite en avant pour bon nombre de travailleurs. C'est une des le&#231;ons de la s&#233;quence &#233;lectorale qui vient de s'achever. Pour une partie d'entre eux, l'absence de perspectives &#224; la suite des journ&#233;es de gr&#232;ves et de manifestations nationales les a conduit &#224; se d&#233;sint&#233;resser compl&#232;tement de cette &#233;ch&#233;ance politique. Plus inqui&#233;tant encore, l'augmentation des in&#233;galit&#233;s, la baisse du pouvoir d'achat, la peur de perdre son emploi ou de ne pas en trouver poussent certains d'entre eux, de plus en plus nombreux, &#224; embrasser les id&#233;es nationalistes et x&#233;nophobes, comme l'illustrent la perc&#233;e &#233;lectorale des extr&#234;mes droites en Europe ou l'apparition de gr&#232;ves en faveur de la pr&#233;f&#233;rence nationale &#224; l'embauche en Angleterre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;sillusion et la fuite en avant peuvent aussi se traduire par une absence de combativit&#233; face aux attaques de plus en plus violentes, par un consensus pr&#233;caire, voire par un soutien partiel aux politiques lib&#233;rales. Il en est ainsi car ce n'est pas uniquement sur le mode de la propagande que l'id&#233;ologie dominante parvient &#224; asseoir sa domination sur les domin&#233;s, c'est aussi par le moyen m&#234;me des conditions de travail et de vie que la classe dirigeante est en mesure d'imposer aux individus qu'elle peut enraciner ses repr&#233;sentations dans les pratiques et les consciences. C'est &#224; travers les relations r&#233;ciproques et contradictoires qu'elles entretiennent avec la vie r&#233;elle que les repr&#233;sentations assument leur fonction de m&#233;diation sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les directions n&#233;olib&#233;rales sont ainsi parvenues &#224; faire exister partiellement l'individualisme qu'elles promeuvent en oeuvrant &#224; la destruction syst&#233;matique des solidarit&#233;s collectives et des acquis sociaux. La casse du droit du travail, l'augmentation du ch&#244;mage et la concurrence accrue entre les travailleurs qui en r&#233;sulte, doubl&#233;es d'une franche adh&#233;sion de la sociale d&#233;mocratie &#224; l'&#233;conomie de march&#233; et de l'embourbement des directions syndicales, oblig&#233;es de courir apr&#232;s l'Etat et le patronat pour pr&#233;server leur statut d'interlocuteurs sociaux, conduisent beaucoup de travailleurs, de plus en plus isol&#233;s, &#224; adopter cet individualisme comme consentement oblig&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_48 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH313/garo02-49ab9.jpg' width='500' height='313' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La voie du renversement &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce tour d'horizon sombre et incomplet, l'histoire reste &#224; &#233;crire. Elle peut prendre la voie d'une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#160;destruction aggrav&#233;e&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou d'une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;sortie par le haut&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; conditionn&#233;e par la mobilisation politique. Car les id&#233;es dominantes sont certes tr&#232;s fortes mais aussi tr&#232;s fragiles. Elles sont elles-m&#234;mes travers&#233;es par les contradictions de la totalit&#233; sociale et doivent sans cesse &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;courir derri&#232;re le r&#233;el&#160;en essayant, sans y parvenir, de justifier l'injustifiable&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Isabelle Garo dans Regards, &#8220;Les id&#233;es de la col&#232;re. Isabelle Garo&#160;: Rendre (...)' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pourquoi, malgr&#233; le consensus social soi-disant advenu, les luttes n'ont jamais cess&#233; d'exister. Plus encore, elles se sont multipli&#233;es face aux cons&#233;quences de la mise en &#339;uvre des politiques lib&#233;rales qui, de mani&#232;re contradictoire, renforcent &#224; la fois les th&#232;ses qui les accompagnent en raison de leur coh&#233;rence mais les confrontent aussi en permanence &#224; leurs promesses non tenues, aux injustices profondes qu'elles g&#233;n&#232;rent et aux r&#233;voltes que cela suscite. En cr&#233;ant un besoin de s&#233;curit&#233;, l'ins&#233;curit&#233; sociale croissante l&#233;gitime, par exemple, l'argument s&#233;curitaire et dans le m&#234;me temps, nourrit le sentiment d'injustice. Il s'agit donc d'un champ de bataille au sein duquel l'id&#233;ologie, plus qu'une simple surface, est une force sociale int&#233;gr&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; qui &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;fa&#231;onne le r&#233;el autant qu'elle le reproduit,&#160;donnant forme aux contradictions qui le traverse et aux luttes qu'elle tente de contenir&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-5' class='spip_note' rel='footnote' title='L'id&#233;ologie ou la pens&#233;e embarqu&#233;e, op. cit., p.10.' id='nh3-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;L'id&#233;ologie, en son instabilit&#233; m&#234;me, nourrit sa contestation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 158.' id='nh3-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais cette instabilit&#233; ne rel&#232;ve pas uniquement de l'inad&#233;quation entre ce que vendent les id&#233;es dominantes et ce que l'on vit, elle est aussi le produit des constantes scissions qui animent la totalit&#233; sociale et par lesquelles elle op&#232;re sa reproduction et ses transformations. C'est d'abord sous forme de repr&#233;sentations que ces contradictions se manifestent &#224; la conscience, appelant ainsi le projet de leur r&#233;solution qui ouvre la voie &#224; plusieurs types de vis&#233;es politiques. Or les id&#233;es dominantes participent &#224; rendre visibles ces contradictions et stimulent leur compr&#233;hension car elles sont en mesure de combiner illusion et connaissance, port&#233;e critique et vis&#233;e conservatrice. Elles fournissent donc &#224; la fois la l&#233;gitimation de la domination n&#233;cessaire &#224; sa reproduction mais aussi les terreaux aux critiques &#233;mancipatrices qui s'emploient &#224; d&#233;voiler la structure d'ensemble qui engendre&#160;cette domination elle-m&#234;me. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;C'est bien&#160;au c&#339;ur m&#234;me du mode de production capitaliste, et non hors de lui, que naissent sa critique radicale et les pr&#233;misses de son renversement&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Idem.' id='nh3-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La dimension id&#233;ologique est donc &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;constitutive&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des enjeux de la lutte de classe. C'est pourquoi il faut sortir d'une d&#233;finition fig&#233;e qui r&#233;duit l'id&#233;ologie &#224; des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#233;nonc&#233;s mensongers pour l'ouvrir &#224; l'analyse bien plus complexe d'une fonction et d'une pratique sociales, aveugles &#224; leurs conditions et parfois m&#234;me &#224; leurs objectifs, mais travers&#233;es elles aussi par les contradictions de la totalit&#233; &#233;conomique et sociale&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p.87.' id='nh3-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lutte de classe et critique de la domination&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si les id&#233;es dominantes sont bien parties prenantes de la r&#233;alit&#233; qu'elles contribuent &#224; transformer, le sentiment de r&#233;volte et les luttes qui se d&#233;veloppent le sont &#233;galement. Mais tant que les travailleurs ne sont pas constitu&#233;s en classe consciente, ils restent sous la domination des id&#233;es de la classe dominante, incapables de concevoir r&#233;ellement la domination et l'exploitation qu'elles justifient et par cons&#233;quent, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;sans pouvoir leur objecter, ni th&#233;oriquement ni pratiquement, une autre organisation de la production&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 55.' id='nh3-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les travailleurs doivent donc eux aussi se doter de leurs repr&#233;sentations pour disputer pied &#224; pied &#224; l'id&#233;ologie dominante sa capacit&#233; d'interpr&#233;tation. Mais une telle critique est ins&#233;parable de la lutte politique, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;exigeant le renouveau de l'intervention th&#233;orique, politique et syndicale&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid.' id='nh3-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Car &#224; l'inverse, c'est en se structurant en classe consciente d'elle-m&#234;me que les travailleurs acqui&#232;rent une capacit&#233; &#224; &#233;laborer leurs propres repr&#233;sentations. C'est parce qu'ils entrent en lutte contre les effets de politiques d&#233;termin&#233;es, qu'ils sont en mesure d'en comprendre les causes r&#233;elles et d'&#233;laborer des contre-propositions convaincantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question de l'&#233;mergence d'une critique de la domination n'est donc pas un pr&#233;alable, mais elle &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;nourrit et se nourrit d'une conscience politique [structur&#233;e] au sein des rapports sociaux r&#233;els&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p.25.' id='nh3-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est la mobilisation collective qui inscrit &#224; leur tour les id&#233;es de l'&#233;mancipation &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;comme forces sociales conscientes, entrant en contradiction frontale avec une fonction id&#233;ologique qui vise &#224; pr&#233;server et &#224; durcir une h&#233;g&#233;monie install&#233;e&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-12' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p.58.' id='nh3-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par cons&#233;quent, c'est avant tout en tant que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;contre-offensive politique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et non comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;r&#233;futation th&#233;orique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;que l'anticapitalisme est dot&#233; de force critique. La critique de l'id&#233;ologie, ne doit donc pas &#234;tre con&#231;ue comme une autre id&#233;ologie, un autre syst&#232;me de pens&#233;e relevant &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;des m&#234;mes coordonn&#233;es sociales&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, mais comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#160;l'anticipation en acte d'un autre rapport de la th&#233;orie &#224; la pratique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-13' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 103.' id='nh3-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;une tentative concr&#232;te de construction d'une autre formation &#233;conomique et sociale qui inclut sa dimension savante et th&#233;orique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-14' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid.' id='nh3-14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En cela r&#233;side la fonction critique et politique de la notion d'id&#233;ologie d'apr&#232;s Isabelle Garo. C'est pourquoi la r&#233;apparition de la question de l'id&#233;ologie, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;non s&#233;par&#233;e de la lutte qui l'habite&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, peut favoriser selon elle &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la remont&#233;e de la conflictualit&#233;, sa visibilit&#233; accrue et une remobilisation politique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-15' class='spip_note' rel='footnote' title='Isabelle Garo' id='nh3-15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette remise en perspective de la notion d'id&#233;ologie ouvre donc sur la question d'un nouveau type de savoir &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#224; la fois inform&#233; des acquis de l'analyse ant&#233;rieure mais transform&#233; par son activation sociale, soumettant ses refontes au feu des pratiques et des d&#233;bats collectifs combin&#233;s&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-16' class='spip_note' rel='footnote' title='L'id&#233;ologie ou la pens&#233;e embarqu&#233;e, op. cit., p. 146.' id='nh3-16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Devant les mutations toujours plus violentes du syst&#232;me capitaliste et les sombres voies qu'il pourrait prendre, on ne peut &#234;tre que convaincu par la n&#233;cessit&#233; de la construction d'un tel savoir qui oppose &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#224; un r&#233;gime des id&#233;es l'invention d'un autre monde&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-17' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid.' id='nh3-17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais ne s'agit-il pas d&#232;s maintenant d'en permettre les conditions de possibilit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et si l'on convient que la t&#226;che est aussi urgente et consid&#233;rable &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;que sont effectives les pr&#233;misses de sa r&#233;solution&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-18' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p.148.' id='nh3-18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on ne peut se r&#233;soudre &#224; l'abandonner aux humeurs changeantes du rapport de forces que subissent ces derniers. Car s'il est ind&#233;niable que ce travail d'&#233;laboration th&#233;orique et militant qu'il faut opposer aux id&#233;es dominantes conna&#238;t un essor depuis les ann&#233;es quatre-vingt-dix et s'est incarn&#233; dans de multiples exp&#233;riences telles que les gr&#232;ves de 2003 ou durant la bataille contre le trait&#233; europ&#233;en en 2005, on sait trop bien qu'il ne r&#233;siste pas au reflux du mouvement et que le recul dans les pratiques et les consciences peut-&#234;tre aussi grand que le furent l'enthousiasme et l'espoir plac&#233;s dans la lutte. D&#232;s lors, ces exp&#233;riences, les avanc&#233;es et les reculs du mouvement ouvrier, la m&#233;moire des luttes, des repr&#233;sentations et des traditions in&#233;dites qui en &#233;manent doivent prendre corps dans des organisations qui les construisent afin de cr&#233;er les conditions de leur d&#233;veloppement ult&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car si le lieu d'une telle &#233;laboration reste l'&#233;conomie politique et sa critique en actes dans les mobilisations, elle ne pourra pas se d&#233;velopper dans le cadre d'une d&#233;gradation du rapport de forces dans une soci&#233;t&#233; organis&#233;e autour des int&#233;r&#234;ts de la classe dominante sans l'unit&#233; du mouvement et de sa direction consciente. De m&#234;me qu'un parti r&#233;volutionnaire ne pourra ni se renforcer, ni &#234;tre le vecteur de ses exp&#233;riences sans d&#233;velopper le mouvement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ditions La fabrique, Paris, janvier 2009. 184 pages. 12 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Isabelle Garo collabore &#224; la revue &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt; et &#224; la &lt;i&gt;Grande &#233;dition des &#339;uvres de Marx et Engels en fran&#231;ais&lt;/i&gt; (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GEME&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.121.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-4' class='spip_note' title='Notes 3-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Isabelle Garo dans &lt;i&gt;Regards&lt;/i&gt;, &#8220;&lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/article/print/?id=4045&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Les id&#233;es de la col&#232;re. Isabelle Garo&#160;: Rendre son mordant &#224; la notion d'id&#233;ologie&lt;/a&gt;&#8221;, Interview parue dans &lt;i&gt;Regards&lt;/i&gt; N&#176;62, mai-juin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-5' class='spip_note' title='Notes 3-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'id&#233;ologie ou la pens&#233;e embarqu&#233;e,&lt;/i&gt; op. cit., p.10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-6' class='spip_note' title='Notes 3-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 158.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-7' class='spip_note' title='Notes 3-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-8' class='spip_note' title='Notes 3-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-9' class='spip_note' title='Notes 3-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 55.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-10' class='spip_note' title='Notes 3-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-11' class='spip_note' title='Notes 3-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-12' class='spip_note' title='Notes 3-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.58.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-13' class='spip_note' title='Notes 3-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 103.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-14' class='spip_note' title='Notes 3-14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-15' class='spip_note' title='Notes 3-15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Isabelle Garo&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-16' class='spip_note' title='Notes 3-16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'id&#233;ologie ou la pens&#233;e embarqu&#233;e&lt;/i&gt;, op. cit., p. 146.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-17'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-17' class='spip_note' title='Notes 3-17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-18'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-18' class='spip_note' title='Notes 3-18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.148.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que l'exploitation&#160;?</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/Qu-est-ce-que-l-exploitation</link>
		<guid isPermaLink="true">http://quefaire.lautre.net/Qu-est-ce-que-l-exploitation</guid>
		<dc:date>2009-10-18T16:46:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ambre Bragard</dc:creator>


		<dc:subject>Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Exploitation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'id&#233;e que l'exploitation serait &#233;trang&#232;re &#224; la relation unissant le salari&#233; et son employeur est largement r&#233;pandue aujourd'hui. L'exploitation serait d'une autre &#232;re, celle de l'esclavage et du f&#233;odalisme. Si elle se perp&#233;tue de nos jours ce ne serait que de mani&#232;re exceptionnelle et d&#233;viante dans certains pays &#233;mergents ou chez une poign&#233;e de patrons voyous employant dans des conditions lamentables pour des salaires de mis&#232;re les populations les plus paup&#233;ris&#233;es (enfants, sans-papiers&#8230;). En Occident, fort (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no09-aout-octobre" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;09 - Ao&#251;t / Octobre 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Marx" rel="tag"&gt;Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Exploitation" rel="tag"&gt;Exploitation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'id&#233;e que l'exploitation serait &#233;trang&#232;re &#224; la relation unissant le salari&#233; et son employeur est largement r&#233;pandue aujourd'hui. L'exploitation serait d'une autre &#232;re, celle de l'esclavage et du f&#233;odalisme. Si elle se perp&#233;tue de nos jours ce ne serait que de mani&#232;re exceptionnelle et d&#233;viante dans certains pays &#233;mergents ou chez une poign&#233;e de patrons voyous employant dans des conditions lamentables pour des salaires de mis&#232;re les populations les plus paup&#233;ris&#233;es (enfants, sans-papiers&#8230;). En Occident, fort heureusement, la grande majorit&#233; des salari&#233;s n'y serait pas sujets. Il s'agirait d'un contrat &#233;quitable&#160;: le salari&#233; vend librement un certain nombre d'heures de travail &#224; un employeur contre une somme de salaire &#233;quivalente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour Marx, au contraire, l'exploitation n'est pas une exception mais la r&#232;gle&#160;: elle est la condition sine qua non de tout profit. Une minorit&#233;, les capitalistes, r&#233;alise d'&#233;normes profits en volant une partie de la valeur que cr&#233;e le travail de l'immense majorit&#233; que sont les travailleurs. Selon lui, l'essence de l'exploitation dans le syst&#232;me capitaliste ne se joue donc pas au niveau du salaire ou des conditions de travail, bien que cela puisse contribuer &#224; la renforcer, mais dans le salariat lui-m&#234;me. Pour comprendre ce que Marx entendait par exploitation il est donc n&#233;cessaire de revenir sur ses analyses de la marchandise et de l'origine du profit.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Marchandise et valeur d'&#233;change&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sous le capitalisme, les objets ne sont pas produits dans la perspective d'une consommation imm&#233;diate, comme ce fut le cas durant des mill&#233;naires, mais pour &#234;tre vendus en tant que marchandises sur le march&#233;. Les capitalistes tirent profit de ces transactions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re question que nous devons nous poser est donc la suivante&#160;: comment &#233;changer des marchandises qui n'ont &#224; priori rien de commun&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Autrement dit qu'est-ce qui d&#233;termine la valeur d'une marchandise&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour pouvoir &#233;changer des marchandises au moyen de l'argent il faut n&#233;cessairement qu'elles aient une commune mesure. Celle-ci ne peut pas reposer sur leurs propri&#233;t&#233;s naturelles puisqu'elles diff&#232;rent du tout au tout en fonction des marchandises (les propri&#233;t&#233;s naturelles de la baguette de pain et du t&#233;l&#233;phone portable ne sont en rien comparables). Le seul d&#233;nominateur commun, c'est que toute marchandise est le fruit du travail humain. Marx en conclue que c'est cette valeur commune qui permet de mesurer leur valeur d'&#233;change. Chaque marchandise cristallise une certaine quantit&#233; de temps de travail, le temps de travail moyen qui a &#233;t&#233; n&#233;cessaire &#224; sa production. Les marchandises ne peuvent se distinguer entres elle que par le fait qu'elle repr&#233;sentent une plus ou moins grande quantit&#233; de travail&#160;: on emploie par exemple plus de quantit&#233; de travail pour produire un t&#233;l&#233;phone portable que pour produire une baguette. Les valeurs relatives des marchandises sont donc d&#233;termin&#233;es par les quantit&#233;s de travail que la soci&#233;t&#233; doit d&#233;penser pour les produire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Marx le profit constant des industries ne provient pas d'une majoration du prix des marchandises, c'est-&#224;-dire du fait qu'elles seraient vendues &#224; un prix consid&#233;rablement au dessus de leur valeur r&#233;elle. Le prix r&#233;el d'une marchandise est certes toujours au-dessus ou au-dessous de sa valeur r&#233;elle mais en moyenne, sur une p&#233;riode donn&#233;e et si l'on tient compte de l'ensemble de l'industrie, les hausses et les baisses du prix des marchandises se compensent de sorte que les marchandises sont &#233;chang&#233;es entre elles conform&#233;ment &#224; leurs frais de production. Or les frais de production d'une marchandise ne sont rien d'autre que le temps de travail fix&#233; en elle. En effet, ils se composent d'une part de produits industriels (mati&#232;res premi&#232;res et instruments) repr&#233;sentant eux-m&#234;mes une certaine somme de temps de travail qui a &#233;t&#233; n&#233;cessaire &#224; leur production et d'autre part, de travail imm&#233;diat, c'est-&#224;-dire du temps de travail n&#233;cessaire &#224; la production de la marchandise elle-m&#234;me &#224; partir de ces produits industriels. Par cons&#233;quent, on ne peut expliquer la nature g&#233;n&#233;rale du profit qu'en partant du principe qu'en moyenne les marchandises sont vendues &#224; leur valeur r&#233;elle et que les profits proviennent du fait qu'on vend les marchandises &#224; leur valeur, c'est-&#224;-dire proportionnellement &#224; la quantit&#233; de travail qu'elles cristallisent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais si les marchandises sont vendues en fonction du temps de travail n&#233;cessaire &#224; leur production, d'o&#249; viennent alors les profits&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Marx les profits proviennent de l'exploitation des travailleurs qui cr&#233;ent une quantit&#233; de valeur plus grande en travaillant que celle qu'ils re&#231;oivent en &#233;change sous forme de salaire. Car la quantit&#233; de travail fix&#233;e dans une marchandise et la r&#233;mun&#233;ration de ce travail sont deux choses bien distinctes, le prix des marchandises n'est donc en rien r&#233;gl&#233; par les salaires et inversement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Force de travail et Production de la plus value&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous am&#232;ne &#224; nous poser une autre question&#160;: Qu'est-ce que le salaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Comment est-il d&#233;termin&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il semble acquis pour la plupart des salari&#233;s que le salaire c'est la somme d'argent qu'un patron paie pour un temps de travail d&#233;termin&#233; ou pour effectuer un travail d&#233;termin&#233;. Mais il n'en est ainsi qu'en apparence&#160;: ce que le salari&#233; vend en r&#233;alit&#233; &#224; l'employeur ce n'est pas son travail mais sa force de travail. Les capitalistes ach&#232;tent la force de travail des travailleurs pour une dur&#233;e d&#233;termin&#233;e. Ils acqui&#232;rent ainsi le droit d'en user comme n'importe quelle autre marchandise en faisant travailler le salari&#233; le temps stipul&#233;. Ils usent du travailleur en le faisant travailler comme ils usent de la machine en la faisant fonctionner. La force de travail est donc une marchandise au m&#234;me titre que la machine ou n'importe quoi d'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Leur marchandise, leur force de travail, les travailleurs l'&#233;changent contre celle de leur patron, l'argent &#8211; le salaire &#8211; correspondant &#224; toutes les marchandises qu'ils sont susceptibles d'acqu&#233;rir avec lui. Contre une journ&#233;e de travail c'est tant de viande, tant de v&#234;tements, tant de lumi&#232;re, etc. que leur donne leur patron &#224; travers le salaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et comme toutes les marchandises, la force de travail a un prix, celui du temps de travail n&#233;cessaire &#224; sa production et &#224; sa reproduction &#8211; ses frais de production. Ce sont les frais n&#233;cessaire pour conserver le travailleur en tant que travailleur et pour en faire un travailleur. Autrement dit, avec le salaire on obtient de quoi se loger, se nourrir, se v&#234;tir, &#233;lever ses enfants et quelques autres choses encore pour &#234;tre en mesure de se pr&#233;senter de nouveau le lendemain &#224; son poste de travail et participer &#224; la reproduction de la classe des travailleurs. Bien que le minimum du salaire soit en moyenne d&#233;termin&#233; par le co&#251;t des moyens de subsistances indispensables, ce co&#251;t diff&#232;re selon les pays et concerne la classe dans son ensemble et non l'ouvrier pris isol&#233;ment qui peut tr&#232;s bien ne pas recevoir assez pour exister. Il ne s'agit donc pas d'un &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SMIC&lt;/span&gt; biologique mais de besoins historiquement et socialement d&#233;termin&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusqu'ici il semblerait que le travailleur soit encore trait&#233; sur un pied d'&#233;galit&#233; puisque, globalement, il est pay&#233; suffisamment pour vivre. Cependant, c'est l&#224; o&#249; la distinction entre travail et force de travail devient centrale. En effet, le co&#251;t du travail et le co&#251;t de la force de travail sont deux choses bien distinctes. La valeur de la force de travail, comme nous venons de le voir, est d&#233;termin&#233;e par la quantit&#233; de travail n&#233;cessaire &#224; sa reproduction mais cette derni&#232;re ne limite en aucun cas la quantit&#233; de travail que peut ex&#233;cuter le travailleur, l'usage de cette force de travail n'&#233;tant limit&#233; que par la force physique de celui-ci.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prenons l'exemple d'un travailleur quelconque qui per&#231;oit 50 euros de salaire pour une journ&#233;e de travail. Mettons qu'il produise pour 50 euros de produits, soit l'&#233;quivalent de son salaire, en seulement 4 heures, cela ne le rend pas incapable de travailler 8 &#224; 10 heures ou davantage. En payant la valeur journali&#232;re de la force de travail du travailleur, c'est-&#224;-dire de quoi subsister durant cette journ&#233;e, le capitaliste a acquis le droit d'user de celle-ci durant la journ&#233;e enti&#232;re. En plus des 4 heures qui lui sont n&#233;cessaires pour produire l'&#233;quivalent de son salaire, le travailleur devra donc travailler 4 autres heures. Ces 4 heures de surtravail seront pour le capitaliste du travail non pay&#233;. Ce travail non pay&#233; est la source de tout profit car il se r&#233;alisera en une plus-value et un surproduit. En effet, dans notre exemple, en d&#233;boursant la valeur dans laquelle sont cristallis&#233;es 4 heures de travail, le capitaliste recevra, en &#233;change, une valeur dans laquelle sont cristallis&#233;es 8 heures de travail. 50 euros de produits en plus seront produit par le travailleur lors des 4 heures de surtravail. C'est la plus-value.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sous le capitalisme, la valeur ou le prix de la force de travail semble &#234;tre la valeur du travail lui-m&#234;me. Bien qu'une partie seulement du travail journalier effectu&#233; par le travailleur soit r&#233;mun&#233;r&#233;e, tandis qu'une autre partie de son travail reste impay&#233;e et bien que la plus-value ou le profit provienne justement de ce travail non pay&#233;, l'ensemble du travail semble &#234;tre du travail pay&#233;. Dans le cas de l'esclavage, c'est l'inverse qui se produit. L'ensemble du travail de l'esclave semble &#234;tre du travail non pay&#233;, quand bien m&#234;me une partie de son travail servait &#224; compenser la valeur de son propre entretien. Puisque aucun march&#233; n'a &#233;t&#233; conclu entre l'esclave et son ma&#238;tre, tout son travail semble avoir &#233;t&#233; c&#233;d&#233; pour rien et l'exploitation saute aux yeux. Il en va de m&#234;me pour le serf qui travaillait par exemple la moiti&#233; de son temps pour son propre compte sur le champ qui lui &#233;tait allou&#233; et l'autre gratuitement sur le domaine du seigneur. Le travail non pay&#233; et le travail pay&#233; &#233;tant visiblement s&#233;par&#233;s, l'exploitation ne peut &#234;tre ni&#233;e. Pourtant, que le serf travaille la moiti&#233; de son temps pour lui-m&#234;me et l'autre pour son seigneur ou que le travailleur travaille la moiti&#233; de sa journ&#233;e pour renouveler ses moyens de subsistance et l'autre pour son patron, cela revient au m&#234;me. Avec le salariat, le travail pay&#233; et le travail non pay&#233; sont &#224; tel point m&#234;l&#233;s, que le travail non pay&#233; semble &#234;tre effectu&#233; volontairement et non sous la contrainte comme sous le f&#233;odalisme et l'esclavage. L'exploitation est ici masqu&#233;e par l'intervention du contrat et de la paye.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tant qu'ils contr&#244;lent les moyens de production, les capitalistes n'ont nul besoin de contr&#244;les l&#233;gaux sur les travailleurs comme ce fut le cas avec le f&#233;odalisme et l'esclavage. Il n'est pas n&#233;cessaire qu'ils poss&#232;dent de quelque mani&#232;re que ce soit les travailleurs puisque ceux-ci n'ont pas d'autre choix que de travailler &#224; leur service. Car aussi libre qu'il soit d'accepter ou non de travailler pour tel capitaliste, le travailleur, dont la seule ressource est la vente de sa force de travail, ne peut jamais se d&#233;rober &#224; la classe toute enti&#232;re des capitalistes sans renoncer &#224; l'existence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La th&#233;orie marxiste de la plus-value montre &#224; quel point l'exploitation est au c&#339;ur du syst&#232;me capitaliste. Aucun travailleur ne peut s'y soustraire car il doit toujours travailler pour vivre. La seule alternative c'est les sommes mis&#233;rables vers&#233;es par les Assedic. Mais plus que cela, la th&#233;orie de la plus-value r&#233;v&#232;le aussi le conflit d'int&#233;r&#234;ts inconciliables qui divise la soci&#233;t&#233; en classes en guerre l'une contre l'autre. En effet, puisque les profits proviennent du travail non pay&#233;, le taux de la plus-value, autrement dit le taux de profits, d&#233;pendra donc de la proportion dans laquelle la journ&#233;e de travail est prolong&#233;e au-del&#224; du temps pendant lequel le travailleur ne fait que reproduire l'&#233;quivalent de son salaire en travaillant. Par cons&#233;quent, les capitalistes, pouss&#233;s par la concurrence, chercheront toujours &#224; &#233;tendre ce temps de travail non pay&#233;, tandis que les travailleurs, pouss&#233;s par les besoins humains, chercheront &#224; le r&#233;duire. De l&#224;, d'une part, les attaques contre le droit du travail, contre les 35 heures ou les baisses de salaires et de l'autre, les revendications salariales, les gr&#232;ves et la lutte syndicale. L'exploitation capitaliste provoque donc une contradiction qui ne peut se r&#233;soudre que par son abolition, par l'appropriation collective des moyens de production et l'instauration d'une soci&#233;t&#233; sans classes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour aller plus loin, lire notamment&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Karl Marx, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Travail salari&#233; et capital&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, 1847, et &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Salaire prix et profit&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, 1865.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'id&#233;ologie allemande</title>
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		<dc:date>2009-10-16T20:26:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ambre Bragard</dc:creator>


		<dc:subject>Id&#233;ologie</dc:subject>
		<dc:subject>Marx</dc:subject>

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&lt;p&gt;La conception marxiste fut d&#233;velopp&#233;e par Marx et Engels dans la pol&#233;mique contre le mat&#233;rialisme de l'&#233;poque incarn&#233; en premier lieu par Ludwig Feuerbach, puis Bruno Bauer et Max Stirner. Ceux-ci, bien que s'opposant les uns aux autres, pensent tous selon Marx que les hommes se sont toujours faits des illusions sur eux-m&#234;mes et qu'ils ont organis&#233; leurs rapports en fonction de ces repr&#233;sentations. De l&#224;, pour changer le monde r&#233;el il suffirait d'&#233;changer, de critiquer ou d'abolir th&#233;oriquement ces &#171; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no08-mai-juillet" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;08 - Mai / Juillet 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Ideologie" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Marx" rel="tag"&gt;Marx&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La conception marxiste fut d&#233;velopp&#233;e par Marx et Engels dans la pol&#233;mique contre le mat&#233;rialisme de l'&#233;poque incarn&#233; en premier lieu par Ludwig Feuerbach, puis Bruno Bauer et Max Stirner&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Pol&#233;mique men&#233;e essentiellement dans les Th&#232;ses sur Feuerbach de Karl Marx (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceux-ci, bien que s'opposant les uns aux autres, pensent tous selon Marx que les hommes se sont toujours faits des illusions sur eux-m&#234;mes et qu'ils ont organis&#233; leurs rapports en fonction de ces repr&#233;sentations. De l&#224;, pour changer le monde r&#233;el il suffirait d'&#233;changer, de critiquer ou d'abolir th&#233;oriquement ces &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;id&#233;es fausses&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Nous reprenons ici les caricatures que fait Marx dans la pr&#233;face de (...)' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Marx s'oppose frontalement &#224; cette conception qui consid&#232;re que le monde est domin&#233; et d&#233;termin&#233; par des id&#233;es que seuls les philosophes sont &#224; m&#234;me de d&#233;chiffrer et qui m&#232;ne tout droit &#224; penser que la r&#233;volution se joue dans le domaine de la pens&#233;e pure. Il reproche aux critiques allemands de ne jamais quitter le terrain de la philosophie, de se complaire dans la seule critique contemplative des repr&#233;sentations et de ne jamais se confronter &#224; la r&#233;alit&#233; humaine, la seule que l'on puisse conna&#238;tre et changer pratiquement. Marx conclut logiquement ses Th&#232;ses sur Feuerbach par&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les philosophes n'ont fait qu'interpr&#233;ter diversement le monde, ce qui importe c'est de le transformer.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Th&#232;ses sur Feuerbach, L'id&#233;ologie allemande, Marx, op. cit., p. (...)' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;limitation et le d&#233;passement de Marx par rapport au mat&#233;rialisme de Feuerbach et &#224; l'id&#233;alisme de Hegel, duquel il se dit le successeur, correspond &#224; la naissance du marxisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-4' class='spip_note' rel='footnote' title='On retrouve l'essentiel de ce d&#233;passement dans la Contribution &#224; la Critique (...)' id='nh4-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Marx reconna&#238;t le r&#244;le de Feuerbach dans le parach&#232;vement de la critique de la philosophie h&#233;g&#233;lienne, le seul pour lui &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#224; avoir au moins constitu&#233; un progr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-5' class='spip_note' rel='footnote' title='L'id&#233;ologie allemande, Marx-Engels, op. cit., en note, p. 14. C'est en vertu (...)' id='nh4-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais il pointe &#233;galement les limites de sa conception. Il lui reproche de trop insister sur la nature et de ne pas prendre en compte les facteurs sociaux. En effet, Feuerbach, qui fut le premier &#224; renverser le rapport h&#233;g&#233;lien Conscience/&#202;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Hegel &#233;tait parvenu th&#233;oriquement &#224; situer la Conscience et l'&#202;tre dans une (...)' id='nh4-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en situant l'essence de l'id&#233;e dans l'homme et non l'inverse, saisit l'homme comme un &#234;tre g&#233;n&#233;rique soumis aux seules lois de la nature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s lui Marx concr&#233;tise le concept d'homme en le prenant cette fois-ci dans la r&#233;alit&#233; et non plus dans la philosophie&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La conscience ne peut jamais &#234;tre autre chose que l'&#202;tre conscient et l'&#202;tre des hommes c'est leur processus de vie r&#233;el.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 20.' id='nh4-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette diff&#233;renciation peut sembler d&#233;risoire, pourtant elle est au c&#339;ur, sinon le c&#339;ur de la th&#233;orie marxiste puisque cet enracinement dans la r&#233;alit&#233; sociale permet la liaison entre la th&#233;orie socialiste et la pratique r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Conscience et &#202;tre&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tirer l'homme de la r&#233;alit&#233; c'est cesser de consid&#233;rer les hommes en tant qu'individus isol&#233;s et fig&#233;s dans le temps, c'est les saisir &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;dans leur processus de d&#233;veloppement r&#233;el dans des conditions d&#233;termin&#233;es&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 21.' id='nh4-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Marx, consid&#233;rer l'&#202;tre comme &#234;tre-humain et la Conscience comme conscience humaine est un premier pas n&#233;cessaire mais pas suffisant. Il n'y a pas d'&#234;tre-humain et de conscience humaine en dehors de l'histoire. Quelle nature humaine invariable relierait l'homme pr&#233;historique et l'homme du 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quelle conscience universelle ferait de l'homosexualit&#233; la forme la plus &#233;lev&#233;e de l'amour dans l'Antiquit&#233; et un crime passable de peine de mort au Moyen-&#226;ge&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Certains diraient que c'est le fruit de l'&#233;volution in&#233;luctable de la conscience en tant que force motrice de l'histoire, Marx r&#233;pondrait que cela r&#233;sulte des conditions mat&#233;rielles (du d&#233;veloppement ou du d&#233;clin des forces productives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-9' class='spip_note' rel='footnote' title='On pourrait r&#233;sumer ainsi ce que sont les forces productives&#160;: il s'agit (...)' id='nh4-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) &#8211; sinon comment expliquer le passage d'une civilisation antique particuli&#232;rement riche culturellement &#224; un ordre f&#233;odal beaucoup plus pauvre de ce point de vue&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pour remonter aux origines de la conscience, il faut donc partir des bases r&#233;elles de l'histoire c'est-&#224;-dire des conditions d'existence mat&#233;rielles des individus, celles qu'ils ont trouv&#233;es toutes pr&#234;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Les richesses naturelles en moyens de subsistance (fertilit&#233; des sols, eaux (...)' id='nh4-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et celles qui sont le produit de leur travail. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Toute histoire doit partir de ces bases naturelles et de leur modification par l'action des hommes au cours de l'histoire.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 15.' id='nh4-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les bases mat&#233;rielles de la conscience&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les hommes ont une histoire, parce qu'ils doivent produire leur vie et qu'ils le doivent en fait de mani&#232;re d&#233;termin&#233;e&#160;: c'est impliqu&#233; par leur organisation physique&#160;: de m&#234;me que leur conscience.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-12' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., en note, p. 28.' id='nh4-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'histoire humaine pr&#233;suppose d&#233;j&#224; qu'il y ait des &#234;tres-humains vivants. Par cons&#233;quent, ceux-ci doivent &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#234;tre &#224; m&#234;me de vivre pour pouvoir &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;faire l'histoire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-13' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 26.' id='nh4-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La premi&#232;re chose dont on doit tenir compte est donc le fait que les hommes doivent chaque jour, aujourd'hui comme il y a des millions d'ann&#233;es, produire les moyens de satisfaire leurs besoins vitaux&#160;: boire, manger, se loger, se v&#234;tir&#8230; et qu'en faisant cela &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les hommes produisent indirectement leur vie mat&#233;rielle elle-m&#234;me&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-14' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 15.' id='nh4-14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aux d&#233;buts de l'histoire humaine, Neandertal doit lui aussi fabriquer les outils n&#233;cessaires &#224; sa survie &#8211; confectionner des armes pour la chasse, des peaux pour l'hiver&#8230; Aussi, la premi&#232;re distinction entre l'homme et l'animal r&#233;side, selon Marx, non pas dans le fait de penser mais dans celui de produire ses moyens d'existence, cons&#233;quence directe de sa condition physique. C'est parce que les hommes sont capables de se tenir debout et d'user librement de leurs mains, qu'ils peuvent produire les moyens d'exploiter les richesses qui les entourent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La deuxi&#232;me chose c'est qu'une fois ces premiers besoins satisfaits, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'action de&lt;/i&gt; [les] &lt;i&gt;satisfaire et l'instrument d&#233;j&#224; acquis de cette satisfaction poussent &#224; de nouveaux besoins, &#8211; et cette production de nouveaux besoins est le premier fait historique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-15' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 27.' id='nh4-15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me aspect du d&#233;veloppement historique c'est que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les hommes, qui renouvellent chaque jour leur propre vie, se mettent &#224; cr&#233;er d'autres hommes, &#224; se reproduire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; [&#8230;] c'est la famille&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-16' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 27.' id='nh4-16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou le clan &#8211; formes primitives des rapports sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces trois moments, qui coexistent depuis les d&#233;buts de l'histoire et se manifestent encore aujourd'hui, rel&#232;vent &#224; la fois d'un rapport naturel et d'un rapport social. Lorsqu'il s'agit de produire la vie par le travail ou en procr&#233;ant on voit bien que le primat de la nature est certes essentiel mais qu'il n'est pas le seul &#233;l&#233;ment d&#233;terminant. Il est d'abord question des richesses qu'offre la nature et de l'homme comme force de la nature (physiquement capable de produire la vie, la sienne et celle d'autrui)&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais il est aussi, d'embl&#233;e et de plus en plus, question de l'homme comme force de transformation de la nature. Les richesses de la nature ne peuvent &#234;tre exploit&#233;es et l'homme lui-m&#234;me ne peut les exploiter que dans la mesure o&#249; les hommes entrent en interaction entre eux dans le cadre de la production. La question du mode de coop&#233;ration des hommes n'est donc pas secondaire. C'est parce qu'ils entretiennent des rapports sociaux d&#233;termin&#233;s &#8211; d'abord exclusivement dans le cadre de la famille ou du clan puis &#224; une &#233;chelle de plus en plus grande &#8211; que les richesses naturelles et l'homme lui-m&#234;me deviennent des forces productives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Voici donc les faits&#160;: des individus d&#233;termin&#233;s qui ont une activit&#233; productive selon un mode d&#233;termin&#233; entrent dans des rapports sociaux et politiques d&#233;termin&#233;s&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-17' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 19.' id='nh4-17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec l'essor de la population et des relations entre les individus appara&#238;t et se d&#233;veloppe la production, qui conditionne en retour la forme des relations. Le mode de production des hommes d&#233;pend des moyens d'existence d&#233;j&#224; pr&#234;ts qu'il leur faut reproduire. On entend par l&#224; aussi bien les moyens d'existence naturels accessibles aux hommes que les moyens de les exploiter l&#233;gu&#233;s par la g&#233;n&#233;ration d'hommes qui les a pr&#233;c&#233;d&#233;s. En effet, &#224; chaque stade de l'histoire correspond &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;un r&#233;sultat mat&#233;riel, une somme de forces productives, un rapport avec la nature et entre les individus, cr&#233;es historiquement et transmis &#224; chaque g&#233;n&#233;ration par celle qui la pr&#233;c&#232;de&#8230;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Cet h&#233;ritage est modifi&#233; par la nouvelle g&#233;n&#233;ration en m&#234;me temps qu'il &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;lui [dicte] ses propres conditions d'existence et lui [imprime] un d&#233;veloppement d&#233;termin&#233;&#8230;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-18' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 39.' id='nh4-18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De ce mode de production d&#233;coule un mode d&#233;termin&#233; de l'activit&#233; des individus dont d&#233;coule ensuite un mode de vie d&#233;termin&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;ce que sont les individus d&#233;pend donc des conditions mat&#233;rielles de leur production.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-19' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 15.' id='nh4-19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, lorsque la production est tr&#232;s peu d&#233;velopp&#233;e, comme aux d&#233;buts de l'humanit&#233;, la division du travail est &#233;galement tr&#232;s r&#233;duite. Il s'agit encore d'une division dite &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;naturelle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du travail qui s'op&#232;re en fonction du sexe, de la vigueur corporelle ou des entraves li&#233;es &#224; la maternit&#233;. Les rapports humains sont eux-m&#234;mes tr&#232;s restreints et ne d&#233;passent gu&#232;re le cercle de la tribu. Avec l'essor de la production, l'accumulation des forces productives et leur d&#233;veloppement, &#233;voluent la division du travail et la structure sociale correspondante. Lorsque celle-ci est effective, c'est-&#224;-dire lorsqu'il appara&#238;t une division entre le travail manuel et le travail intellectuel, appara&#238;t &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pour la premi&#232;re fois la division de la population en deux grandes classes, division qui repose directement sur la division du travail et les instruments de production&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-20' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 49.' id='nh4-20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; esclaves qui travaillent/ citoyens qui vivent sur leurs dos dans l'antiquit&#233; mais aussi, selon le m&#234;me sch&#233;ma, travailleurs/patrons sous le capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont l&#224; les bases mat&#233;rielles &#224; partir desquelles se forment les id&#233;es des individus.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Production de la conscience&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La conscience, bien que li&#233;e &#224; la nature de l'homme, se d&#233;veloppe aussi en fonction de l'essor de la productivit&#233;, de l'augmentation des besoins et de l'accroissement de la population et des &#233;changes. Elle est donc &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;d'embl&#233;e un produit social&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-21' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 29.' id='nh4-21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est en cela que Marx &#233;crivait&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Ce n'est pas la conscience qui d&#233;termine la vie, mais la vie qui d&#233;termine la conscience&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-22' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 21.' id='nh4-22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les repr&#233;sentations des hommes sont directement li&#233;es &#224; leur comportement mat&#233;riel, elles sont &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'expression consciente &#8211; r&#233;elle ou imaginaire &#8211; de leurs rapports et de leur activit&#233; r&#233;els&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-23' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., en note, p. 19.' id='nh4-23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pourquoi on peut croire en l'illusion que ce sont les id&#233;es qui dominent le monde. Le rapport Conscience et &#202;tre peut appara&#238;tre renvers&#233; parce qu'il forme une unit&#233; indissociable. Et si les rapports des hommes peuvent appara&#238;tre d&#233;form&#233;s, c'est que les id&#233;es dominantes sont aussi toujours les id&#233;es de la classe dominante puisqu'elle dispose &#224; la fois des moyens de production mat&#233;rielle et intellectuelle. Or, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les pens&#233;es dominantes ne sont pas autre chose que l'expression id&#233;ale des rapports mat&#233;riels dominants, elles sont ces rapports mat&#233;riels dominants saisis sous forme d'id&#233;es&#160;[&#8230;]&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; autrement dit, ce sont les id&#233;es de sa domination&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-24' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 44.' id='nh4-24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par exemple, l'id&#233;e dominante qui consiste &#224; dire que l'employeur et le salari&#233; sont dans un rapport d'&#233;galit&#233; est l'expression id&#233;ale, derri&#232;re une &#233;galit&#233; formelle (force de travail contre argent), d'une in&#233;galit&#233; r&#233;elle (un rapport d'exploitation).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les hommes r&#233;els (c'est-&#224;-dire conditionn&#233;s par des forces productives et des rapports sociaux d&#233;termin&#233;s) sont les producteurs de leurs id&#233;es et non l'inverse. La conscience n'est rien d'autre que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'&#202;tre conscient et l'&#202;tre des hommes est leur processus de vie r&#233;elle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-25' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 20.' id='nh4-25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne est clairement visible lorsque la division du travail est encore peu d&#233;velopp&#233;e ou lors des grands bouleversements historiques. Par exemple il ne fait aucun doute que le mode de production primitif extr&#234;mement soumis aux lois de la nature m&#232;ne tout droit &#224; une religion de la nature. De m&#234;me, l'illusion qu'un ordre social d&#233;termin&#233; est uniquement d&#251; &#224; la domination de certaines id&#233;es, s'effondre lorsque la domination de la classe qui les supportait cesse d'&#234;tre le r&#233;gime social et que par cons&#233;quent ses id&#233;es cessent &#224; leur tour de dominer et de rev&#234;tir la forme de l'universel. Par exemple, apr&#232;s la r&#233;volution fran&#231;aise de 1789 il n'allait plus de soi de penser que la domination de la noblesse &#233;manait d'une volont&#233; divine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s lors que la division du travail parvient &#224; la division entre travail manuel et travail intellectuel, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; la conscience peut vraiment s'imaginer qu'elle est autre chose que la conscience de la pratique existante, qu'elle repr&#233;sente r&#233;ellement quelque chose sans repr&#233;senter quelque chose de r&#233;el. &#192; partir de ce moment, la conscience est en &#233;tat de s'&#233;manciper du monde et de passer &#224; la formation de la th&#233;orie &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pure&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, th&#233;ologie, philosophie, morale, etc.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &#192; partir de ce moment &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la force productive, l'&#233;tat social et la conscience peuvent et doivent entrer en conflit entre eux car, par la division du travail, [&#8230;] l'activit&#233; intellectuelle et mat&#233;rielle, &#8211; la jouissance et le travail, la production et la consommation &#233;choient en partage &#224; des individus diff&#233;rents&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et alors la possibilit&#233; que c'est &#233;l&#233;ments n'entrent pas en conflit r&#233;side uniquement dans le fait qu'on abolit &#224; nouveau la division du travail&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-26' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 30.' id='nh4-26'&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Th&#233;orie et pratique&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous disions en introduction que le fait de ne plus envisager le concept d'homme d'un point de vue abstrait, de le tirer de la vie r&#233;elle, permet de relier le socialisme &#224; la lutte du prol&#233;tariat. La conscience, en tant que partie de l'&#234;tre humain, n'&#233;tant plus en dehors du processus historique, cesse de jouer un r&#244;le seulement contemplatif et devient un facteur de transformation historique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les hommes font l'histoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans sa premi&#232;re th&#232;se sur Feuerbach Marx &#233;crit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Le principal d&#233;faut de tout mat&#233;rialisme jusqu'ici (y compris celui de Feuerbach) est que l'objet ext&#233;rieur, la r&#233;alit&#233;, le sensible ne sont saisis que sous formes d'objet ou d'intuition, mais non en tant qu'activit&#233; humaine sensible, en tant que pratique, de fa&#231;on subjective&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-27' class='spip_note' rel='footnote' title='Th&#232;ses sur Feuerbach, L'id&#233;ologie allemande, Marx, op. cit, p. (...)' id='nh4-27'&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En n&#233;gligeant le fait que les lois de la soci&#233;t&#233; prennent de plus en plus le pas sur celles de la nature, Feuerbach est oblig&#233; de faire abstraction du mouvement de l'histoire ou de l'aborder du point de vue id&#233;aliste. Son attitude contemplative provient du fait qu'il ne voit pas que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;le monde sensible qui l'entoure n'est pas un objet donn&#233; directement de toute &#233;ternit&#233; et sans cesse semblable &#224; lui-m&#234;me, mais le produit de l'industrie et de l'&#233;tat de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-28' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 24.' id='nh4-28'&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il ne voit pas que la nature dans laquelle il vit n'est plus du tout la m&#234;me que celle des temps pr&#233;historiques. R&#233;p&#233;tons-le, les bases naturelles constituent certes le fondement de toute vie humaine mais elles ne sont pas le seul &#233;l&#233;ment d&#233;terminant. La nature d&#233;termine l'homme mais l'homme d&#233;termine aussi de plus en plus la nature, et donc sa propre nature. L'homme se trouve &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; toujours en face d'une nature qui est historique et d'une histoire qui est naturelle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-29' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 25.' id='nh4-29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le processus historique conduit &#224; la fois &#224; une augmentation et &#224; une diminution de l'importance des facteurs naturels dans la vie sociale. En effet, avec le d&#233;veloppement de l'industrie, l'imbrication de l'homme et de la nature est croissante, puisque les richesses naturelles sont de plus en plus exploit&#233;es, et dans le m&#234;me temps, l'influence imm&#233;diate des facteurs naturels (fertilit&#233; des sols, climat, catastrophes&#8230;) diminue&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils n'agissent plus que de mani&#232;re m&#233;diatis&#233;e. Par exemple, une mer qui s&#233;pare les peuples &#224; l'&#232;re primitive, les relie avec le d&#233;veloppement. En ne percevant pas ce ph&#233;nom&#232;ne de socialisation de la nature et en ne saisissant pas le monde qui l'entoure comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la somme de l'activit&#233; vivante et physique des individus qui le composent&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-30' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 26.' id='nh4-30'&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Feuerbach ne peut saisir comment on passe de la pr&#233;histoire &#224; l'histoire moderne et lorsqu'il veut fournir une explication il retombe aussit&#244;t dans l'id&#233;alisme. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Dans la mesure o&#249; il est mat&#233;rialiste, Feuerbach ne fait jamais intervenir l'histoire, et, dans la mesure o&#249; il fait entrer l'histoire en ligne de compte, il n'est pas mat&#233;rialiste.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-31' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 26.' id='nh4-31'&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ainsi que pour Marx, le c&#244;t&#233; actif, r&#233;volutionnaire, fut d&#233;velopp&#233; de mani&#232;re abstraite par l'id&#233;alisme de Hegel. Ce dernier ne con&#231;oit pas l'histoire comme quelque chose de fig&#233; mais comme un processus ininterrompu dont le sujet serait, non pas l'homme dans son activit&#233; r&#233;elle, mais l'Id&#233;e absolue. Les hommes comme masses sont pour lui le mat&#233;riau &#224; travers lequel s'exprime dans l'inconscience le mouvement de l'Id&#233;e absolue. Seuls les philosophes qui reconnaissent apr&#232;s coup ce mouvement permettent &#224; l'Id&#233;e absolue de parvenir &#224; la conscience. En bref, chez Hegel les hommes ne font pas l'histoire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pas m&#234;me le philosophe puisque, conscient &#224; posteriori du processus historique, il reste par cons&#233;quent en dehors de celui-ci. Chez Marx, au contraire, le sujet-objet de l'histoire et de la connaissance, c'est l'homme dans sa pratique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution comme force motrice de l'histoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Marx se diff&#233;rencie donc &#224; la fois de l'id&#233;alisme de Hegel et du mat&#233;rialisme de Feuerbach, il veut relier concr&#232;tement la pratique et la th&#233;orie. &#192; Feuerbach qui se pr&#233;tend communiste parce qu'il veut &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;susciter la conscience juste d'un fait existant&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-32' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 43.' id='nh4-32'&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Marx r&#233;pond que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pour le mat&#233;rialiste pratique, c'est-&#224;-dire pour le communiste, il s'agit de r&#233;volutionner le monde existant, d'attaquer et de transformer pratiquement l'&#233;tat de choses qu'il a trouv&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-33' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 24.' id='nh4-33'&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour autant il ne renie pas l'importance de la conscience ou celle de la nature, bien au contraire. Seulement, il fait de la conscience une conscience sociale d&#233;termin&#233;e par le processus de vie r&#233;el et de la nature une nature sociale. Le fait d'envisager la conscience comme socialement d&#233;termin&#233;e, c'est aussi voir la conscience comme un facteur de transformation de la r&#233;alit&#233; sociale. Ainsi, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;[l]'histoire cesse d'&#234;tre une collection de faits sans vie [&#8230;] ou l'action imaginaire de sujets imaginaires ...&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-34' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 21.' id='nh4-34'&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Marx, la forme des relations humaines mais aussi toutes les productions th&#233;oriques, id&#233;es, repr&#233;sentations ou formes de conscience, nous l'avons d&#233;j&#224; dit, trouvent leurs origines dans la production mat&#233;rielle. La pratique ne peut donc pas s'expliquer d'apr&#232;s les id&#233;es, mais la formation des id&#233;es s'explique d'apr&#232;s la pratique mat&#233;rielle. Par cons&#233;quent &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; toutes les formes et produits de la conscience peuvent &#234;tre r&#233;solus non pas gr&#226;ce &#224; la critique intellectuelle, [&#8230;] mais uniquement par le renversement pratique des rapports sociaux concrets&#8230;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Ce n'est pas la critique, mais la r&#233;volution qui est la force motrice de l'histoire&#8230; &lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-35' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 39.' id='nh4-35'&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, les &#233;l&#233;ments mat&#233;riels d'une r&#233;volution sont l'&#233;tat du d&#233;veloppement des forces productives existantes et, fait li&#233; &#224; ce qui pr&#233;c&#232;de, la formation d'une masse r&#233;volutionnaire qui fasse la r&#233;volution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-36' class='spip_note' rel='footnote' title='Avec le d&#233;veloppement des forces productives na&#238;t une classe, le prol&#233;tariat, (...)' id='nh4-36'&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La question de la conscience est donc d&#233;terminante, elle est une des conditions n&#233;cessaires &#224; la transformation de la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Une transformation massive des hommes s'av&#232;re n&#233;cessaire pour la cr&#233;ation en masse de cette conscience communiste, comme aussi pour mener la chose &#224; bien elle-m&#234;me&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, une telle transformation ne peut s'op&#233;rer que par un mouvement pratique, par une r&#233;volution&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cette r&#233;volution n'est donc pas seulement rendue n&#233;cessaire parce qu'elle est le seul moyen de renverser la classe dominante, elle l'est &#233;galement parce que seule une r&#233;volution permettra &#224; la classe qui renverse l'autre de balayer toute la pourriture du vieux syst&#232;me qui lui colle apr&#232;s et de devenir apte &#224; fonder la soci&#233;t&#233; sur des bases nouvelles.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-37' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 37.' id='nh4-37'&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, les conditions ext&#233;rieures qui semblent dominer l'homme sont vues comme des rapports sociaux sur lesquels il est possible d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Unit&#233; de la th&#233;orie et de la pratique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence fondamentale du fait de concevoir la conscience comme une partie de l'&#202;tre, c'est que la th&#233;orie marxiste se voit elle-m&#234;me comme un &#233;l&#233;ment de la pratique. La th&#233;orie devient pratique &#224; travers le mouvement ouvrier marxiste et, dans le m&#234;me temps, la pratique devient consciente. La th&#233;orie marxiste devient un levier du bouleversement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;critique th&#233;oriquement les institutions et les repr&#233;sentations de la bourgeoisie que le prol&#233;tariat attaque et &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;critique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pratiquement dans la lutte des classes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-38' class='spip_note' rel='footnote' title='Les superstructures id&#233;ologiques dans la conception mat&#233;rialiste de (...)' id='nh4-38'&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. et devient elle-m&#234;me une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;puissance mat&#233;rielle d&#232;s qu'elle s'empare des masses&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-39' class='spip_note' rel='footnote' title='Marx, Introduction de la Contribution &#224; la critique de la philosophie du (...)' id='nh4-39'&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pourquoi le socialisme marxiste est tourn&#233; vers les masses prol&#233;tariennes et cherche en premier lieu &#224; s'y implanter afin de pr&#233;parer la r&#233;volution pratique qui est l'aboutissement de sa critique th&#233;orique et de l'activit&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; pratiquement-critique &lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (c'est-&#224;-dire r&#233;volutionnaire) du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit pas de remplacer la th&#233;orie contemplative par de la pratique pure, ni de donner une somme de recettes que la pratique devrait appliquer &#224; la lettre et encore moins d'apporter clefs en main une th&#233;orie de la future soci&#233;t&#233; sans classes. Le marxisme, en tant qu'expression du mouvement de la classe ouvri&#232;re, critique les rapports existants du point de vue de cette classe, en liaison avec la lutte de celle-ci et il ne peut en &#234;tre autrement si l'on veut pr&#233;server l'unit&#233; r&#233;elle de la th&#233;orie et de la pratique &#8211; c'est-&#224;-dire du socialisme et du mouvement ouvrier marxiste. C'est pourquoi le communisme, dit Marx, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;n'est pour nous ni un &#233;tat qui doit &#234;tre cr&#233;&#233;, ni un id&#233;al sur lequel la r&#233;alit&#233; devra se r&#233;gl&#233;e. Nous appelons communisme le mouvement r&#233;el qui abolit l'&#233;tat actuel&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-40' class='spip_note' rel='footnote' title='L'id&#233;ologie allemande, Marx-Engels, op. cit., en note, p. 33.' id='nh4-40'&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pol&#233;mique men&#233;e essentiellement dans les &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450001.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Th&#232;ses sur Feuerbach&lt;/a&gt; de Karl Marx (1845) et dans &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/a&gt; de Karl Marx et Friedrich Engels (1845-1846). (seule la premi&#232;re partie de L'Id&#233;ologie allemande &#8211; consacr&#233;e &#224; Feuerbach &#8211; se trouve sur Internet en fran&#231;ais. On peut lire toute l'&#339;uvre en allemand sur &lt;a href=&#034;http://www.mlwerke.de/me/me03/me03_009.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.mlwerke.de/me/me03/me03_009.htm&lt;/a&gt; )&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous reprenons ici les caricatures que fait Marx dans &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000c.htm#sdfootnote14anc&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;la pr&#233;face de L'id&#233;ologie allemande&lt;/a&gt; des positions respectives de Ludwig Feuerbach, Bruno Bauer et Max Stirner. &lt;i&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt;, Marx-Engels, &#201;ditions sociales, Paris, 1976, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450001.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Th&#232;ses sur Feuerbach&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt;, Marx, op. cit., p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-4' class='spip_note' title='Notes 4-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On retrouve l'essentiel de ce d&#233;passement dans la &lt;a href=&#034;http://www.mlwerke.de/me/me01/me01_203.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Contribution &#224; la Critique de la philosophie du droit de Hegel&lt;/a&gt; (1844-1845), les &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450001.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Th&#232;ses sur Feuerbach&lt;/a&gt; (1845) et &lt;i&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt; (1845-1846).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-5' class='spip_note' title='Notes 4-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000b.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/a&gt;, Marx-Engels, op. cit., en note, p. 14. C'est en vertu de cette contribution de Feuerbach que Marx et Engels vont lui opposer les remarques g&#233;n&#233;rales qui pr&#233;c&#232;dent &#224; la critique des divers repr&#233;sentants de l'id&#233;ologie allemande (op. cit.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-6' class='spip_note' title='Notes 4-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hegel &#233;tait parvenu th&#233;oriquement &#224; situer la Conscience et l'&#202;tre dans une unit&#233; alors qu'ils &#233;taient jusque l&#224; oppos&#233;s, mais il faisait de la Pens&#233;e le sujet et de l'&#202;tre son attribut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-7' class='spip_note' title='Notes 4-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-8' class='spip_note' title='Notes 4-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-9' class='spip_note' title='Notes 4-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On pourrait r&#233;sumer ainsi ce que sont les forces productives&#160;: il s'agit d'une part des conditions ou forces naturelles &#8211; c'est-&#224;-dire des ressources naturelles et de la force de travail humaine, et d'autre part des conditions sociales &#8211; c'est-&#224;-dire de l'organisation du travail et des rapports sociaux qui en d&#233;coulent. &#192; noter&#160;: les forces naturelles ne deviennent des forces productives que dans leur utilisation par le travail humain pour des buts humains.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-10' class='spip_note' title='Notes 4-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les richesses naturelles en moyens de subsistance (fertilit&#233; des sols, eaux poissonneuses, etc.) et en moyens de travail (chutes d'eau, bois, m&#233;taux, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-11' class='spip_note' title='Notes 4-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-12' class='spip_note' title='Notes 4-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., en note, p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-13' class='spip_note' title='Notes 4-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-14' class='spip_note' title='Notes 4-14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-15' class='spip_note' title='Notes 4-15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-16' class='spip_note' title='Notes 4-16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-17'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-17' class='spip_note' title='Notes 4-17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-18'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-18' class='spip_note' title='Notes 4-18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-19'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-19' class='spip_note' title='Notes 4-19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-20'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-20' class='spip_note' title='Notes 4-20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-21'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-21' class='spip_note' title='Notes 4-21' rev='footnote'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-22'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-22' class='spip_note' title='Notes 4-22' rev='footnote'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-23'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-23' class='spip_note' title='Notes 4-23' rev='footnote'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., en note, p. 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-24'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-24' class='spip_note' title='Notes 4-24' rev='footnote'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-25'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-25' class='spip_note' title='Notes 4-25' rev='footnote'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-26'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-26' class='spip_note' title='Notes 4-26' rev='footnote'&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-27'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-27' class='spip_note' title='Notes 4-27' rev='footnote'&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Th&#232;ses sur Feuerbach, &lt;i&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt;, Marx, op. cit, p. 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-28'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-28' class='spip_note' title='Notes 4-28' rev='footnote'&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-29'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-29' class='spip_note' title='Notes 4-29' rev='footnote'&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-30'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-30' class='spip_note' title='Notes 4-30' rev='footnote'&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-31'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-31' class='spip_note' title='Notes 4-31' rev='footnote'&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-32'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-32' class='spip_note' title='Notes 4-32' rev='footnote'&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-33'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-33' class='spip_note' title='Notes 4-33' rev='footnote'&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-34'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-34' class='spip_note' title='Notes 4-34' rev='footnote'&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-35'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-35' class='spip_note' title='Notes 4-35' rev='footnote'&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-36'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-36' class='spip_note' title='Notes 4-36' rev='footnote'&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avec le d&#233;veloppement des forces productives na&#238;t une classe, le prol&#233;tariat, qui supporte tout le poids de la soci&#233;t&#233; bourgeoise alors m&#234;me qu'elle en est la n&#233;gation, puisque l'apparence d'humanit&#233; de ses membres se dissout dans le processus de travail au point que les travailleurs doivent se vendre eux-m&#234;mes comme des marchandises. Mais c'est justement de cette position inhumaine que le prol&#233;tariat est capable de conna&#238;tre r&#233;ellement la soci&#233;t&#233; bourgeoise et d'o&#249; peut surgir la conscience de la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-37'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-37' class='spip_note' title='Notes 4-37' rev='footnote'&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-38'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-38' class='spip_note' title='Notes 4-38' rev='footnote'&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les superstructures id&#233;ologiques dans la conception mat&#233;rialiste de l'histoire&lt;/i&gt;, Franz Jakubowski, &#201;tudes et documentation internationales, Paris, 1976, p. 120.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-39'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-39' class='spip_note' title='Notes 4-39' rev='footnote'&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marx, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Introduction de la &lt;i&gt;Contribution &#224; la critique de la philosophie du droit de Hegel&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Cit&#233; par Jakuboski, ibid., p. 120.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-40'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-40' class='spip_note' title='Notes 4-40' rev='footnote'&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000c.htm#sdfootnote21anc&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/a&gt;, Marx-Engels, op. cit., en note, p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mythologies de Roland Barthes</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/Mythologies-de-Roland-Barthes</link>
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		<dc:date>2009-09-05T22:36:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ambre Bragard</dc:creator>


		<dc:subject>Id&#233;ologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mythologies de Roland Barthes est un outil incontournable pour tous ceux qui souhaitent d&#233;chiffrer id&#233;ologiquement les multiples informations qu'ils per&#231;oivent. Il s'offre a nous en deux parties&#160;: l'une visant &#224; d&#233;mythifier les mythes d'hier, d&#233;crypt&#233;s au fil de l'actualit&#233; entre 1954 et 1956, obsol&#232;tes aujourd'hui, mais dont les messages livr&#233;s par certains ont pu r&#233;appara&#238;tre sous une autre forme depuis. L'autre visant &#224; analyser les m&#233;canismes de formation du mythe et sa fonction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre soci&#233;t&#233; est le (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no01-juin-septembre" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;01 - Juin/septembre 2005&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Ideologie" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L91xH150/arton40-083a5.png&#034; width='91' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mythologies&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Roland Barthes, Mythologies, Editions du Seuil Paris, 1957' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de Roland Barthes est un outil incontournable pour tous ceux qui souhaitent d&#233;chiffrer id&#233;ologiquement les multiples informations qu'ils per&#231;oivent. Il s'offre a nous en deux parties&#160;: l'une visant &#224; d&#233;mythifier les mythes d'hier, d&#233;crypt&#233;s au fil de l'actualit&#233; entre 1954 et 1956, obsol&#232;tes aujourd'hui, mais dont les messages livr&#233;s par certains ont pu r&#233;appara&#238;tre sous une autre forme depuis. L'autre visant &#224; analyser les m&#233;canismes de formation du mythe et sa fonction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre soci&#233;t&#233; est le lieu privil&#233;gi&#233; de l'&#233;mergence et de la propagation des significations mythiques. Etant donn&#233; l'ampleur et la place qu'occupent aujourd'hui les mass m&#233;dia, nous sommes confront&#233;s quotidiennement &#224; une profusion d'informations - publicit&#233;s, presses, radios, t&#233;l&#233;visions - dont la partialit&#233; des messages v&#233;hicul&#233;s peut nous surprendre &#224; l'occasion. Toutefois, ce qui nous appara&#238;t comme un mal isol&#233; et occasionnel, voire accidentel, n'est que le sympt&#244;me d'un syst&#232;me de signes global producteur de mythes intrins&#232;quement li&#233; &#224; la classe dominante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous vivons dans une soci&#233;t&#233; bourgeoise reposant sur un certain r&#233;gime de propri&#233;t&#233;, un certain ordre social, et une certaine id&#233;ologie. Or, il est important de relever un ph&#233;nom&#232;ne a priori curieux concernant la d&#233;nomination de ce r&#233;gime, c'est que le r&#233;gime bourgeois peine &#224; se nommer. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Comme fait &#233;conomique [&#233;crit Barthes], la bourgeoisie est nomm&#233;e sans difficult&#233;, le capitalisme se professe. Comme fait politique elle se reconna&#238;t mal, il n'y a pas de parti explicitement &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;bourgeois&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; la chambre. Comme fait id&#233;ologique elle dispara&#238;t totalement (...)&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Idem, p. 211.' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;bourgeois&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;petits-bourgeois&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;prol&#233;taires&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont bannis du vocabulaire des repr&#233;sentations bourgeoises. Le mot &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;capitalisme&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en revanche, n'est pas tabou &#233;conomiquement mais id&#233;ologiquement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;tournement du langage r&#233;volutionnaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour exemples, Le Monde titrait derni&#232;rement&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;L'absence de propri&#233;t&#233;, c'est le vol&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Le Monde Economie du 8&#160;mars 2005 par Alain Faujas.' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou encore &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Le capitalisme mourra-t-il de la baisse tendancielle du taux de motivation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Le Monde du 16&#160;janvier 2005 par Eric Le Boucher.' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du point de vue &#233;conomique ces formules revendiquent haut et fort le syst&#232;me capitaliste mais du point de vue id&#233;ologique elles t&#233;moignent du besoin vital de d&#233;guiser le propos via le d&#233;tournement du langage r&#233;volutionnaire. Ce faisant, convoquer Marx ou Proudhon, sinon dans le contenu du moins dans la forme, revient &#224; se pr&#233;valoir de leur autorit&#233; scientifique tout en rejetant le fond th&#233;orique de leurs analyses. Dire une chose et son contraire simultan&#233;ment, c'est en quelque sorte nier l'opposition entre les id&#233;ologies bourgeoise et r&#233;volutionnaire, entre les int&#233;r&#234;ts des hommes qu'elles repr&#233;sentent, associ&#233;s du coup dans une m&#234;me nature humaine et, par cons&#233;quent, annihiler la lutte de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autre exemple flagrant&#160;: la r&#233;cente campagne publicitaire Leclerc qui reprend &#224; son compte les slogans et l'imagerie de 68 afin de promouvoir inconsciemment l'ultra lib&#233;ralisme aupr&#232;s des couches laborieuses de la soci&#233;t&#233;. Se r&#233;fugier ainsi derri&#232;re les repr&#233;sentations prol&#233;tariennes, c'est postuler que le combat pour le droit &#224; la libre concurrence men&#233; par la cha&#238;ne de grandes surfaces est solidaire de celui des travailleurs descendus dans la rue pour d&#233;fendre leur pouvoir d'achat. Pire encore, il s'agit ici de confondre des luttes antagonistes&#160;: patrons et travailleurs unis contre le gouvernement. Encore une fois, il est question de dissoudre la lutte de classe dans une seule-et m&#234;me nature humaine aux int&#233;r&#234;ts partag&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont l&#224; des arch&#233;types de ce qu'est une parole mythique. On entend par parole toute unit&#233;, qu'elle soit verbale, visuelle ou concr&#232;te, dans la mesure o&#249; elle signifie quelque chose. Mais qu'est-ce qu'un mythe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Nous y venons. Tout syst&#232;me s&#233;miologique (tout ce qui postule une signification) requiert le rapport de deux termes, le signifiant (la forme) et le signifi&#233; (le concept), dont la corr&#233;lation induit un troisi&#232;me terme qu'est le signe (l'id&#233;e-en-forme). A titre d'exemple, Barthes utilise le bouquet de roses offert &#224; l'&#234;tre aim&#233;. Nous avons bien trois termes&#160;: le signifiant (les roses en tant qu'objet), le signifi&#233; (le concept de passion) et le rapport entre les deux premiers termes, le signe (les roses &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;passionnalis&#233;es&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;). Le mythe, quant &#224; lui, est un syst&#232;me s&#233;miologique second dont le terme initial, le signifiant, n'est autre que le terme final, autrement dit le signe, d'un pr&#233;c&#233;dent syst&#232;me s&#233;miologique. On en appelle &#224; un signifiant d&#233;j&#224; charg&#233; d'histoire (dans nos exemples, les pr&#233;ceptes de Proudhon et de Marx, les slogans et l'imagerie de 68) dont on ne retient que la forme appauvrie, vid&#233;e de sens. L'espace ainsi vacant demande une nouvelle signification qui l'emplisse, c'est le concept mythique (ici, la n&#233;cessit&#233; des rapports de propri&#233;t&#233; et la crise du capitalisme due au manque de responsabilit&#233; des travailleurs pour Le Monde, le droit &#224; la libre concurrence pour Leclerc). La particularit&#233; de ce syst&#232;me r&#233;side dans le fait que la forme, autrement dit le signifiant, est motiv&#233;e par le concept. Elle n'est pas arbitraire, vide de sens comme dans le langage - o&#249; rien n'oblige le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mot&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; arbre &#224; signifier le concept arbre. Ici, la forme a n&#233;cessairement une face vide, dans laquelle le concept vient se loger, et une face pleine de sens, ce pour quoi elle a &#233;t&#233; choisie, qui a valeur d'alibi. En cela, le concept ali&#232;ne le sens, l'&#233;loigne, mais ne le supprime pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mythe est une parole d&#233;finie par son intention (propagande du droit &#224; la libre concurrence) bien plus que par sa forme (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il est interdit d'interdire de vendre moins cher&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La hausse des prix oppresse votre pouvoir d'achat&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;). Pour autant, l'intention est en quelque sorte naturalis&#233;e par cette derni&#232;re (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mais c'est &#233;vident, si mon pouvoir d'achat baisse, c'est qu'il est actuellement interdit de vendre moins cher&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il s'en faut de peu pour que la logique lib&#233;rale paraisse aller de soi). Il semblerait que de la forme d&#233;coule naturellement le concept. La causalit&#233; artificielle mise en &#339;uvre dans le mythe, ce qui r&#233;sulte d'un choix intentionnel et historique, feint d'&#234;tre une causalit&#233; essentielle, de l'ordre de la nature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puisqu'on retire aux choses toute trace du produit humain, le mythe est une parole d&#233;politis&#233;e et d&#233;politisante -si l'on comprend la politique comme l'&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;ensemble des rapports humains dans leur structure r&#233;elle, sociale et dans leur pouvoir de fabrication du monde&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Barthes, Ibid, p.217.' id='nh5-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En &#233;vacuant le r&#233;el, le mythe restitue un monde immuable d&#233;barrass&#233; de la complexit&#233; des actes humains qui l'ont engendr&#233;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Car la fin m&#234;mes des mythes, c'est d'immobiliser le monde&#160;: il faut que les mythes sugg&#232;rent et miment une &#233;conomie universelle qui a fix&#233; une fois pour toute la hi&#233;rarchie des possessions.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Idem, p. 229.' id='nh5-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Id&#233;ologie bourgeoise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Revenons-en au probl&#232;me de l'anonymat de la bourgeoisie. La dissolution du nom bourgeois se fait en premier lieu &#224; travers l'id&#233;e de nation, qui, en dessinant une communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts par del&#224; les barri&#232;res de classe, lui permet de rallier les couches interm&#233;diaires de la soci&#233;t&#233;. Cela postule d&#233;j&#224; un d&#233;but d'universel, d'&#233;ternel, puisqu'on efface les in&#233;galit&#233;s entre les nommes dans les rapports de production. La dissolution du nom bourgeois n'est donc pas un fait accessoire mais le mouvement de l'id&#233;ologie bourgeoise elle-m&#234;me. Dans le mythe comme dans l'id&#233;ologie bourgeoise il se produit un retournement du r&#233;el, un renversement id&#233;ologique, qui est le passage d'une contre-nature, c'est-&#224;-dire d'un produit, d'une intention historique, &#224; une pseudo-nature qui en est totalement d&#233;pourvue. D'une part, l'homme agit le monde, d'autre part, le monde conduit les hommes. Pr&#233;cisons que bien que l'id&#233;ologie bourgeoise proc&#232;de de la m&#234;me logique que le mythe, elle ne s'y r&#233;sume pas&#160;: il est un outil &#224; son service. C'est parce qu'il est l'instrument le plus utile au renversement id&#233;ologique que notre soci&#233;t&#233; est le lieu privil&#233;gi&#233; de son expansion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'id&#233;ologie bourgeoise, en p&#233;n&#233;trant ainsi jusque dans les sph&#232;res les plus insignifiantes de la vie quotidienne (rites, pratiques sociales, presse, culture...), peut dissimuler ses contours de classe et s'assurer que les id&#233;es dominantes sont celles de la classe dominante. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Pratiqu&#233;es nationalement, les normes bourgeoises sont v&#233;cues comme les lois &#233;videntes d'un ordre naturel&#160;: plus la classe bourgeoise propage ses repr&#233;sentations, plus elle se naturalisent. Le fait bourgeois s'absorbe dans un univers indistinct dont l'habitant unique est l'Homme Eternel, ni prol&#233;taire, ni bourgeois&lt;/i&gt;.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Idem, p. 214.' id='nh5-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour conclure, puisque le mythe est une parole d&#233;politis&#233;e, ce qui l'exclut est la parole qui demeure politique, c'est-&#224;-dire le langage r&#233;volutionnaire. L'une r&#233;duit au n&#233;ant ce que l'autre met en exergue&#160;: les rapports de l'Homme &#224; la nature dans leur contexte historique, &#233;conomique et social et dans la mesure ou ceux-ci peuvent &#234;tre chang&#233;s. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Nous devons nous occuper de cette histoire, puisque l'id&#233;ologie se r&#233;duit, soit &#224; une conception erron&#233;e de cette histoire, soit &#224; une abstraction compl&#232;te de cette histoire.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Cit&#233; par Barthes, extrait de L'id&#233;ologie allemande, I, p. 153, Ibid., p. (...)' id='nh5-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;crit Marx &#224; ce propos.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, en soci&#233;t&#233; bourgeoise il n'y a pas de culture, de morale ou d'art prol&#233;tarien, tout ce qui n'est pas &#224; proprement parler bourgeois doit puiser dans l'id&#233;ologie bourgeoise. Le parti r&#233;volutionnaire n'apporte en cela qu'une richesse politique. La culture dite populaire (la musique, la t&#233;l&#233;vision, le cin&#233;ma...), que certains portent aux nues du fait de sa d&#233;nomination trompeuse, n'est qu'une forme appauvrie et donc consommable de l'id&#233;ologie bourgeoise&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une culture de masse, pour les masses, qu'on ignore en tant que telle et qu'on laisse se propager paisiblement vu son apparente insignifiance. Quoi de plus explicite que le sport&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? - &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Tous unis derri&#232;re Paris&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; peut-on lire ces temps-ci dans le m&#233;tro. Le football &#233;galement n'est-il pas le loisir le plus populaire mais aussi le plus populiste qui soit&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, certains remettent parfois en cause l'id&#233;ologie bourgeoise, mais cette contestation est rarement globale. Ce que l'avant-garde esth&#233;tique refuse c'est le langage bourgeois non son statut. A ce sujet, Barthes note qu'&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;il est remarquable que les adversaires &#233;thiques (ou esth&#233;tiques) de la bourgeoisie restent pour la plupart indiff&#233;rents, sinon m&#234;me attach&#233;s &#224; ses d&#233;terminations politiques. Inversement, les adversaires politiques de la bourgeoisie n&#233;gligent de condamner profond&#233;ment ses repr&#233;sentations&#160;: ils vont m&#234;me souvent jusqu '&#224; les partager. Cette rupture des attaques profite &#224; la bourgeoisie, elle lui permet de brouiller son nom. Or la bourgeoisie ne devrait se comprendre que comme synth&#232;se de ses d&#233;terminations et de ses repr&#233;sentations.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;Barthes, &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 213. C'est en cela qu'il devient urgent de conjuguer une analyse s&#233;miologique &#224; une critique marxiste des repr&#233;sentations bourgeoises quelles qu'elles soient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roland Barthes, &lt;i&gt;Mythologies&lt;/i&gt;, Editions du Seuil Paris, 1957&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;, p. 211.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;Le Monde Economie&lt;/i&gt; du 8&#160;mars 2005 par Alain Faujas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir&lt;i&gt; Le Monde du 16&#160;janvier 2005&lt;/i&gt; par Eric Le Boucher.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-5' class='spip_note' title='Notes 5-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Barthes, &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, p.217.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-6' class='spip_note' title='Notes 5-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;, p. 229.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-7' class='spip_note' title='Notes 5-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;, p. 214.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-8' class='spip_note' title='Notes 5-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Barthes, extrait de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000c.htm#sdfootnote5sym&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, I, p. 153, &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 225.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Construire une force anticapitaliste</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/Construire-une-force</link>
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		<dc:date>2009-09-05T17:10:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ambre Bragard, C&#233;dric Piktoroff</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; la chute de l'URSS, les d&#233;fenseurs du capitalisme s'empress&#232;rent de combler le vide id&#233;ologique en pr&#233;sentant le syst&#232;me comme horizon ind&#233;passable. En France, la mont&#233;e des luttes depuis le millieu des ann&#233;es 1990 a prouv&#233; le contraire en permettant le d&#233;veloppement d'une conscience anti-lib&#233;rale au sein de larges couches de travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un espace politique s'est ainsi ouvert &#224; gauche des principaux appareils r&#233;formistes traditionnels devant leur incapacit&#233; &#224; pr&#233;senter une alternative au (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/NPA" rel="tag"&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la chute de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;URSS&lt;/span&gt;, les d&#233;fenseurs du capitalisme s'empress&#232;rent de combler le vide id&#233;ologique en pr&#233;sentant le syst&#232;me comme horizon ind&#233;passable. En France, la mont&#233;e des luttes depuis le millieu des ann&#233;es 1990 a prouv&#233; le contraire en permettant le d&#233;veloppement d'une conscience anti-lib&#233;rale au sein de larges couches de travailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un espace politique s'est ainsi ouvert &#224; gauche des principaux appareils r&#233;formistes traditionnels devant leur incapacit&#233; &#224; pr&#233;senter une alternative au n&#233;o-lib&#233;ralisme. Partant de ce constat, il y aurait un grand danger &#224; croire que la rupture avec certaines directions r&#233;formistes signifierait la mort du r&#233;formisme. Le r&#233;formisme est un ph&#233;nom&#232;ne qui traduit la mani&#232;re dont une soci&#233;t&#233;, exploitant les membres d'une classe qui ont grandi en son sein, leur fournit &#233;galement un cadre d'expression dominant &#224; leurs d&#233;sirs de changement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a pu observer r&#233;cemment que malgr&#233; le discr&#233;dit des gouvernements r&#233;formistes devant leur incapacit&#233; &#224; conc&#233;der des r&#233;formes aux travailleurs (pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, cela se traduit par les 17&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% aux &#233;lections de 2002), ils ont pu &#224; nouveau b&#233;n&#233;ficier du soutien &#233;lectoral de ces derniers, comme en t&#233;moignent la hausse du score du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; aux deux derni&#232;res &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales ou la victoire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSOE&lt;/span&gt; contre Aznar en Espagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, avec le programme &#8216;d'urgence sociale' pr&#233;sent&#233; aux pr&#233;sidentielles de 2002, les deux candidats r&#233;volutionnaires avaient obtenu plus de 10&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des suffrages, soit 3 millions de personnes. Selon une enqu&#234;te d'un sociologue interview&#233; dans Critique communiste paru en &#233;t&#233; 2004, la plupart des votants pour les listes &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LO&lt;/span&gt;-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; manifest&#232;rent un d&#233;sir de r&#233;formes radicales, mais seule une minorit&#233; (14&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de l'&#233;lectorat total, soit 400 000 personnes) affirmerait s'identifier aux id&#233;es r&#233;volutionnaires. Ainsi, s'il y a bel et bien un espace politique qui s'est ouvert &#224; gauche des vieilles directions r&#233;formistes, d&#251; au ph&#233;nom&#232;ne de polarisation politique produit par les luttes, il y aurait dans un premier temps deux approches sur la mani&#232;re de combler cet espace.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re consisterait &#224; croire que la masse des gens qui se radicalisent passerait directement de l'influence d'une direction r&#233;formiste &#224; celle d'une direction r&#233;volutionnaire, d&#232;s lors que les repr&#233;sentants des appareils r&#233;formistes auraient prouv&#233; leur inaptitude &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs. Dans cette optique, il suffirait aux r&#233;volutionnaires de proposer la perspective de la r&#233;volution pour que les travailleurs viennent m&#233;caniquement grossir leurs rangs. Dans la pratique, cela peut conduire d'une part au substitutisme, en pensant que le d&#233;veloppement des luttes reposerait seulement sur la capacit&#233; des r&#233;volutionnaires &#224; les impulser, et d'autre part &#224; se retrouver &#224; la tra&#238;ne des mouvements en tenant un discours abstrait sur la r&#233;volution sans voir quels sont les arguments dont chaque mouvement a besoin pour avancer. Mais cette attitude consiste &#224; nier le processus de d&#233;veloppement du niveau de conscience de la majorit&#233; des travailleurs, notamment le fait que la conscience r&#233;formiste peut prendre de multiples formes &#224; gauche des partis traditionnels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seconde approche sur la mani&#232;re de cristalliser la conscience anti-lib&#233;rale consisterait &#224; construire une nouvelle force politique de gauche radicale d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et en rupture avec le n&#233;o-lib&#233;ralisme. Mais l&#224; encore, il y a plusieurs conceptions politiques sur la mani&#232;re d'envisager la construction de cette nouvelle force.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'une de ces conceptions pr&#233;coniserait de combler l'espace politique vacant au moyen de l'organisation r&#233;volutionnaire, soit d'op&#233;rer une transformation programmatique de l'organisation pour lui permettre de rassembler plus largement. Qu'elle traduise une conception du rassemblement principalement par en haut, par la seule convergence de diff&#233;rentes forces politiques sur des bases tr&#232;s larges, ou une conception plus radicale mais plus restreinte, comme l'appellation d'organisation &#8216;anticapitaliste r&#233;volutionnaire', elle n'en contient pas moins une lacune th&#233;orique fondamentale&#160;: la n&#233;gation de la n&#233;cessit&#233; d'une organisation marxiste r&#233;volutionnaire d&#233;fendant clairement la perspective du socialisme. Car en effet, si elle veut pouvoir rassembler largement, une telle force impliquerait n&#233;cessairement de laisser ouverte la question de &#8216;r&#233;forme ou r&#233;volution'. Or, une force politique aussi large sur ses objectifs rallierait in&#233;vitablement un ensemble de gens ayant des objectifs divers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, une organisation regroupant seulement les militants conscients de la centralit&#233; de la classe ouvri&#232;re dans le processus de transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233; et combattant pour son unit&#233; est n&#233;cessaire. Tout en prenant part aux luttes, ses membres doivent pouvoir s'organiser s&#233;par&#233;ment afin de partager leurs exp&#233;riences et parvenir &#224; l'&#233;laboration d'une analyse commune sur la mani&#232;re de relier les diff&#233;rentes luttes entre elles et &#224; la lutte globale contre le syst&#232;me. Parall&#232;lement, ils doivent chercher &#224; &#233;tendre cette analyse &#224; d'autres au moyen de r&#233;unions et de meetings, d'une diffusion syst&#233;matique du journal, etc. C'est de cette mani&#232;re qu'ils peuvent pousser les individus les plus combatifs, ceux qui cherchent &#224; d&#233;velopper une lutte le plus possible et qui voient les liens avec les autres fronts de luttes, &#224; s'y investir en prenant part &#224; la lutte globale contre le syst&#232;me, autrement dit &#224; construire une organisation r&#233;volutionnaire. C'est dans une p&#233;riode de mont&#233;e des luttes et de forte polarisation politique qu'une organisation de ce type peut r&#233;ellement se massifier sans perdre son identit&#233;, car ce n'est que dans une intensification importante de la lutte de classe que le marxisme est en mesure de correspondre aux attentes d'un nombre croissant de travailleurs. Ainsi, la volont&#233; de &#8216;massifier' imm&#233;diatement l'organisation r&#233;volutionnaire en abaissant son programme au niveau de conscience d'une grande partie des masses conduirait &#224; enlever &#224; la classe ouvri&#232;re un outil dont elle a besoin pour se diriger vers la voie de son &#233;mancipation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'inverse, une autre mani&#232;re de concevoir la construction de cette nouvelle gauche serait que les r&#233;volutionnaires et une multitude d'autres prennent l'initiative de rassembler un grand nombre d'individus au sein d'une nouvelle force politique, comme il en existe d&#233;j&#224; dans plusieurs pays d'Europe (Respect en Angleterre, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; en Ecosse, Rifondazione Communista en Italie ou le nouveau parti en Allemagne, chacun ayant ses particularit&#233;s propres). Ce serait pour nous l'occasion de b&#226;tir des ponts entre les id&#233;es r&#233;formistes et les id&#233;es r&#233;volutionnaires. Car il ne suffit pas de formuler de beaux discours pour que les travailleurs rompent avec une conception r&#233;formiste de la transformation sociale. Cette rupture ne peut se faire qu'en combinant une exp&#233;rience de confrontation avec le syst&#232;me, la contradiction avec les id&#233;es dominantes qui en r&#233;sulte et l'acc&#232;s simultan&#233; aux id&#233;es r&#233;volutionnaires permettant de d&#233;couvrir une fa&#231;on radicalement diff&#233;rente de concevoir le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ce processus de rupture qu'incarne &#8216;l'anticapitalisme' et dans lequel s'est engag&#233; le mouvement n&#233; &#224; Seattle en 1999. Le terme &#8216;anticapitaliste' ne qualifie pas les bases politiques de telle ou telle composante participant au mouvement, mais prend en compte la dimension dialectique de l'ensemble impliqu&#233; dans une dynamique de confrontation au syst&#232;me qui le fait tendre vers la remise en cause globale de ce dernier. Ainsi, une force anticapitaliste aurait pour effet de cristalliser ce processus dans lequel sont impliqu&#233;es diff&#233;rentes conceptions politiques. Le contenu de cette force ne devra pas &#234;tre &#233;labor&#233; par une seule de ses composantes mais bien par tous ceux qui prendront part &#224; sa construction en partant de la volont&#233; de s'unir sur une base commune. C'est seulement de cette mani&#232;re que pourront s'y c&#244;toyer r&#233;volutionnaires, militants r&#233;formistes rompant avec les partis traditionnels, syndicalistes de base et bureaucrates, intellectuels de gauche, militants des luttes sp&#233;cifiques et associatives (f&#233;ministes, faucheurs d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OGM&lt;/span&gt;, anti-guerre, antiracistes, organisations musulmanes, etc.) et un tr&#232;s large nombre de gens encore inorganis&#233;s faute de structure adapt&#233;e&#160;: jeunes, issus de l'immigration, homosexuels&#8230; Il est important de souligner que la construction d'une telle force ne pourra se faire sans une participation active de la jeunesse dans laquelle elle trouvera un &#233;cho consid&#233;rable en lui permettant de manifester son d&#233;sir d'alternative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela nous am&#232;ne &#224; la compr&#233;hension du d&#233;bat sur &#8216;r&#233;forme ou r&#233;volution' en terme de construction. Un ensemble d'individus va devoir travailler en commun pour tenter de donner une direction au mouvement, lequel se trouvera in&#233;vitablement confront&#233; &#224; de nouvelles questions auxquelles il devra r&#233;pondre pour continuer sa progression. Car une nouvelle force politique constituerait objectivement une structure &#224; mi-chemin entre les liens possibles avec les institutions et le mouvement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A diff&#233;rentes &#233;tapes, certains pousseront &#224; l'utilisation de moyens institutionnels tandis que d'autres voudront d&#233;velopper le mouvement par en bas, m&#234;me si un grand nombre de gens aura encore une conception r&#233;formiste plus ou moins radicale du changement social. En d&#233;veloppant avec les plus combatifs d'entre eux des strat&#233;gies pour que le mouvement se d&#233;veloppe, s'&#233;largisse et donne lieu &#224; des confrontations, les r&#233;volutionnaires trouveront ainsi une audience pour leurs id&#233;es en prouvant en pratique l'aptitude du marxisme &#224; r&#233;pondre aux besoins des luttes d'aujourd'hui. Car pour rompre avec le r&#233;formisme, il est n&#233;cessaire que les individus qui vivent une exp&#233;rience de confrontation avec le syst&#232;me et de remise en cause des id&#233;es dominantes puissent avoir acc&#232;s au m&#234;me moment aux id&#233;es r&#233;volutionnaires, c'est &#224; dire que des militants r&#233;volutionnaires luttent &#224; leurs c&#244;t&#233;s lors de ces confrontations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est donc crucial que les r&#233;volutionnaires se lient &#224; des milliers d'autres personnes dans une exp&#233;rience de construction commune afin d'&#234;tre en mesure de d&#233;gager et tenter de gagner les arguments dont a besoin le mouvement pour continuer d'avancer. De cette mani&#232;re, la perspective du socialisme clairement revendiqu&#233;e par ces militants pourra trouver un &#233;cho au sein de couches toujours plus larges de travailleurs aupr&#232;s desquels la th&#233;orie marxiste pourra appara&#238;tre comme la mieux adapt&#233;e au besoin d'alternative.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus que pour toute autre raison, l'&#233;chec du mouvement de mai-juin 2003 est imputable &#224; l'absence d'une direction politique influente capable de porter ses revendications et de formuler des strat&#233;gies pour organiser l'offensive des travailleurs contre un patronat qui forge son unit&#233; dans l'&#233;clatement des forces organis&#233;es de la classe ouvri&#232;re. Attendre qu'un nouveau mouvement de cette ampleur se d&#233;veloppe en pensant que la perspective d'une nouvelle force ne peut qu'&#233;merger 'spontan&#233;ment' de la lutte serait une erreur qui aurait des cons&#233;quences d&#233;sastreuses sur son issue. Les bases mat&#233;rielles permettant la construction d'une telle force ne sont pas &#224; chercher exclusivement dans les luttes imm&#233;diates mais dans l'int&#233;gralit&#233; du d&#233;veloppement des luttes depuis 1995. Car c'est bien cette dynamique de luttes qui a permis d'op&#233;rer un processus de diff&#233;renciation politique en entra&#238;nant le d&#233;veloppement d'une conscience anti-lib&#233;rale au sein de larges couches de travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En d&#233;finitive, si l'on veut que le prochain mai-juin 2003 soit une victoire, il nous faut prendre d&#232;s &#224; pr&#233;sent l'initiative de rassembler le r&#233;seau des forces 'autonomes' du 'mouvement social' afin de doter le mouvement des outils dont il a besoin pour gagner. Pour cela, il est n&#233;cessaire que l'ensemble de l'organisation se saisisse du d&#233;bat afin d'&#233;laborer en commun les moyens concrets &#224; mettre en &#339;uvre vers la construction d'une force anticapitaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Base et superstructure</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ambre Bragard</dc:creator>


		<dc:subject>Id&#233;ologie</dc:subject>
		<dc:subject>Marx</dc:subject>

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&lt;p&gt;Face &#224; l'id&#233;alisme et au mat&#233;rialisme abstrait qui r&#233;gnaient &#224; leur &#233;poque, Marx et Engels ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; d&#233;finir les concepts de base et de superstructure pour &#233;laborer leur conception mat&#233;rialiste de l'histoire. Il s'agissait pour eux d'&#233;claircir le fait que les conditions d'existence r&#233;elles des hommes d&#233;terminent leur conscience et non l'inverse. Pour cela, ils ont diff&#233;renci&#233; d'une part la base &#233;conomique, c'est-&#224;-dire les rapports de production d&#233;termin&#233;s par les forces productives, comme fondement (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L150xH116/arton17-04a85.jpg&#034; width='150' height='116' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; l'id&#233;alisme et au mat&#233;rialisme abstrait qui r&#233;gnaient &#224; leur &#233;poque, Marx et Engels ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; d&#233;finir les concepts de base et de superstructure pour &#233;laborer leur conception mat&#233;rialiste de l'histoire. Il s'agissait pour eux d'&#233;claircir le fait que les conditions d'existence r&#233;elles des hommes d&#233;terminent leur conscience et non l'inverse. Pour cela, ils ont diff&#233;renci&#233; d'une part la base &#233;conomique, c'est-&#224;-dire les rapports de production d&#233;termin&#233;s par les forces productives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='footnote' title='On appelle rapports de production les relations que nouent les hommes entre (...)' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme fondement objectif de la vie humaine et d'autre part, la superstructure, englobant toute la vie sociale en dehors de ces rapports, qui s'&#233;l&#232;ve &#224; partir d'eux. Depuis qu'ils ont &#233;t&#233; formul&#233;s, ces deux concepts n'ont pas cess&#233; de faire d&#233;bat, notamment et surtout chez des r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, le probl&#232;me des rapports entre base et superstructure est un enjeu de taille pour les r&#233;volutionnaires car les conclusions pratiques que nous pouvons en tirer varient du tout au tout en fonction de la r&#233;ponse qu'on apporte &#224; cette question. Si l'on se complait dans l'illusion que ce sont les id&#233;es qui dirigent le monde, on va privil&#233;gier la critique id&#233;ologique des rapports existants au d&#233;triment de leur renversement pratique. Or c'est une voie sans issue car les id&#233;es ne tombent pas du ciel mais refl&#232;tent pour une grande part ces rapports existants eux-m&#234;mes. Ce sont les hommes r&#233;els, c'est-&#224;-dire conditionn&#233;s par des forces productives et des rapports sociaux d&#233;termin&#233;s, qui sont les cr&#233;ateurs de leurs repr&#233;sentations et non pas le contraire. Ce qui signifie que seule une r&#233;volution pratique des rapports existants est &#224; m&#234;me d'op&#233;rer cette transformation massive de la conscience qu'ont les hommes de leurs rapports. A l'oppos&#233;, si l'on se conforte dans l'id&#233;e que seule l'&#233;conomie est une motivation historique efficiente, on commet l'erreur inverse. On risque de privil&#233;gier la lutte &#233;conomique au d&#233;triment de la lutte politique (bien que celles-ci, nous y reviendrons, ne sont jamais tout &#224; fait distinctes). Or s'il est un &#233;l&#233;ment indispensable &#224; toute r&#233;volution, outre l'&#233;tat du d&#233;veloppement des forces productives, c'est bien la formation d'une masse r&#233;volutionnaire qui fasse effectivement la r&#233;volution. La question de la conscience et par cons&#233;quent de la superstructure est donc d&#233;terminante, sans quoi aucune r&#233;volution n'est possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La contradiction est-elle insoluble&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Bien s&#251;r que non. La superstructure est-elle d&#233;termin&#233;e par la base&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Evidemment. La superstructure influe-t-elle en retour sur la base&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Assur&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La conception marxiste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On reproche souvent au marxisme de r&#233;duire la complexit&#233; de la vie sociale &#224; l'expression d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et nombreux sont en effet les marxistes vulgaires qui ont d&#233;velopp&#233; une telle conception &#233;conomiste de l'histoire. Mais la conception de Marx et d'Engels est autrement plus complexe. En r&#233;alit&#233;, ils ne nient nullement l'importance des facteurs politiques ou id&#233;ologiques mais ils ne leur donnent aucune signification ind&#233;pendante de la base &#233;conomique. Ainsi Marx &#233;crivait dans la pr&#233;face &#224; la Critique de l'Economie politique&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Dans la production sociale de leur existence, les hommes nouent des rapports d&#233;termin&#233;s, n&#233;cessaires, ind&#233;pendants de leur volont&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ces rapports de production correspondent &#224; un degr&#233; de d&#233;veloppement de leurs forces productives mat&#233;rielles. L'ensemble de ces rapports forme la structure &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;, la fondation r&#233;elle sur laquelle s'&#233;l&#232;ve un &#233;difice juridique et politique, et &#224; quoi r&#233;pondent des formes d&#233;termin&#233;es de la conscience sociale. Le mode de production de la vie mat&#233;rielle domine en g&#233;n&#233;ral le d&#233;veloppement de la vie sociale, politique et intellectuelle. Ce n'est pas la Conscience des hommes qui d&#233;termine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui d&#233;termine leur Conscience.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-2' class='spip_note' rel='footnote' title='K. Marx, Pr&#233;face &#224; la Critique de l'Economie politique, in K. Marx, &#338;uvres, (...)' id='nh6-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marx ne consid&#232;re pas ici la superstructure comme un simple reflet de ce qui se joue dans la sph&#232;re &#233;conomique. Au contraire, bien que d&#233;coulant de celle-ci, la superstructure peut atteindre selon lui un certain degr&#233; d'autonomie et agir en retour sur la base &#233;conomique. Dire que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le mode de production de la vie mat&#233;rielle domine en g&#233;n&#233;ral le d&#233;veloppement de la vie sociale, politique et intellectuelle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ne signifie absolument pas que les actions des hommes soient dict&#233;es par les seules conditions &#233;conomiques. Il ne faut pas comprendre les rapports de production comme une motivation subjective mais plut&#244;t comme la condition objective de la vie humaine qui pose de ce fait des limites au mouvement propre de la superstructure. Etant donn&#233; sa relative autonomie, celle-ci dans son ensemble ne correspond pas m&#233;caniquement &#224; la base &#233;conomique &#224; chaque &#233;tape historique. Il peut arriver, et il arrive effectivement, qu'il existe une tension entre ces deux p&#244;les. La science peut par exemple &#233;voluer plus vite que l'&#233;conomie, le droit peut parfois &#234;tre en retard par rapport aux transformations de la base, etc. Mais la tension ne peut &#234;tre ni trop forte, ni persister dans la dur&#233;e. Elle s'&#233;galise, sans quoi l'&#233;galisation se fait de mani&#232;re r&#233;volutionnaire. C'est ce type de conflit entre une base correspondant au nouveau r&#244;le &#233;conomique de la bourgeoisie et une superstructure encore li&#233;e &#224; l'ancienne domination de la noblesse qui a donn&#233; lieu &#224; la R&#233;volution Fran&#231;aise par exemple. Mais la plupart du temps la r&#233;solution de ces contradictions mat&#233;rielles, c'est-&#224;-dire la r&#233;volution, ne s'exprime pas de cette mani&#232;re dans la conscience sociale de l'&#233;poque. Cependant les repr&#233;sentations que s'en font les hommes jouent non seulement le r&#244;le de moteur subjectif pour leur action, dont les bases objectives sont les conditions &#233;conomiques, mais elles d&#233;terminent &#233;galement la forme que va prendre cette activit&#233; elle-m&#234;me. Elles sont donc un &#233;l&#233;ment essentiel du bouleversement. C'est pourquoi les contradictions mat&#233;rielles d'alors, assez proches en Angleterre et en France, se r&#233;solurent de mani&#232;res tr&#232;s diff&#233;rentes dans ces deux pays. Leur r&#233;solution se traduisit dans diff&#233;rentes formes d'Etat, en m&#234;me temps qu'elles exprimaient toute deux la domination de la bourgeoisie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette id&#233;e est encore plus claire dans la correspondance d'Engels suivante&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La situation &#233;conomique est la base, mais les divers &#233;l&#233;ments de la superstructure &#8211; les formes politiques de la lutte des classes et ses r&#233;sultats &#8211; (&#8230;) les formes juridiques, et m&#234;me les reflets de toutes ces luttes r&#233;elles dans le cerveau des participants, th&#233;ories politiques, juridiques, philosophiques, conceptions religieuses (&#8230;) exercent &#233;galement leur action sur le cours des luttes historiques et, dans beaucoup de cas, en d&#233;terminent de fa&#231;on pr&#233;pond&#233;rante la forme.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Engels, Lettre &#224; Joseph Bloch du 21&#160;septembre 1890 in Etudes philosophiques, (...)' id='nh6-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH324/toureiffel-7287d.jpg' width='500' height='324' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles relations entre base et superstructure(s)&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les d&#233;clarations de Marx et d'Engels convoqu&#233;es ci-dessus, ceux-ci distinguent deux formes de superstructures&#160;: les formes politiques et juridiques d'une part et les formes de la conscience sociale (th&#233;ories politiques, philosophiques, religieuses, etc.) d'autre part. On appelle les premi&#232;res les superstructures politico-juridiques et les secondes les superstructures id&#233;ologiques. Le tableau qu'ils dressent de la soci&#233;t&#233; peut donc &#234;tre synth&#233;tis&#233; par le sch&#233;ma suivant&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; On retrouve en premier lieu la base &#233;conomique, autrement dit les rapports de production, elle-m&#234;me d&#233;termin&#233;e par les forces productives. C'est le fondement r&#233;el de la vie humaine&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#192; partir de l&#224; s'&#233;l&#232;ve un ordre politique et juridique qui lui correspond&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Enfin, r&#233;pondent &#224; celui-ci des superstructures id&#233;ologiques qui couronnent l'&#233;difice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il ne faut pas comprendre la m&#233;taphore de l'&#233;difice au premier degr&#233;&#160;: la base et les diverses couches des superstructures ne peuvent &#234;tre distingu&#233;es que m&#233;thodologiquement. Maintenir co&#251;te que co&#251;te les s&#233;parations entre la base et les superstructures entre elles, est par cons&#233;quent une erreur. De telles s&#233;parations n'ont de valeur que dans la mesure o&#249; elle permet de mettre en avant certaines relations d&#233;termin&#233;es et fondamentales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le fait qu'avant toutes choses les hommes doivent produire leurs moyens de subsistance, et qu'en faisant cela ils entrent dans des rapports sociaux de production d&#233;termin&#233;s, est la base r&#233;elle de toute vie humaine. Mais l'unit&#233; et la complexit&#233; de la vie sociale interdit par ailleurs de s&#233;parer r&#233;ellement ces rapports &#233;conomiques des autres rapports sociaux qui en d&#233;coulent ou ces derniers entre eux. Premi&#232;rement, cela fige les concepts, qui n'ont eux-m&#234;mes qu'une signification fonctionnelle, puisque les diff&#233;rentes couches ne peuvent pas &#234;tre saisies ind&#233;pendamment les unes des autres mais seulement dans leur interconnexion. Deuxi&#232;mement, l'appartenance d'un &#233;l&#233;ment de la r&#233;alit&#233; sociale &#224; la base ou &#224; la superstructure d&#233;pend de sa fonction concr&#232;te. Ainsi, Marx lui-m&#234;me consid&#233;rait par exemple les sciences de la nature parmi les forces productives et les classait donc parfois dans la base, alors que consid&#233;r&#233;es de mani&#232;re statique on pourrait &#233;galement les classer dans la superstructure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La conception qu'avaient Marx et Engels des rapports entre base et superstructure n'est donc pas fig&#233;e. Ils sont conscients que l'une et l'autre &#233;voluent constamment, interagissent et se d&#233;terminent r&#233;ciproquement. De la m&#234;me mani&#232;re qu'ils ne con&#231;oivent pas la Conscience ind&#233;pendamment de l'Etre, ils ne con&#231;oivent pas non plus la superstructure ind&#233;pendamment de la base. L'une et l'autre peuvent certes &#234;tre distingu&#233;es mais en m&#234;me temps elles forment ensemble une unit&#233; indissociable&#160;: le processus de vie social. Seule l'interd&#233;pendance de ces deux forces peut expliquer le processus historique. Lorsqu'on veut expliquer un &#233;v&#233;nement particulier on est en effet oblig&#233; de prendre en compte toute une s&#233;rie de facteurs. Dans cette perspective, le mat&#233;rialisme historique ne nie pas l'influence que peuvent jouer les facteurs superstructuraux, mais il les analyse et les ram&#232;ne en derni&#232;re instance &#224; la base &#233;conomique. Car ces facteurs eux-m&#234;mes ne concordent pas par hasard mais bien parce qu'ils sont li&#233;s entre eux via leur correspondance avec la base &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'exemple de l'Etat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple de l'Etat. D'apr&#232;s la conception marxiste, ce dernier rel&#232;ve des superstructures politico-juridiques et est en cela l'expression plus ou moins ad&#233;quate des rapports sociaux d&#233;termin&#233;s &#233;conomiquement. Pour autant, cela ne saute pas aux yeux car le rapport de l'Etat &#224; la base n'est pas imm&#233;diat. Il s'agit plut&#244;t d'un ensemble de rapports qui se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; partir de la base &#233;conomique de fa&#231;on relativement autonome et qui lui correspondent. C'est pourquoi il existe diff&#233;rentes formes d'Etat en fonction des pays bien qu'elles contribuent toutes &#224; assurer la domination d'une classe sur une autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, la naissance de l'Etat pr&#233;suppose d'une part une division du travail avanc&#233;e permettant &#224; un certain nombre d'individus non directement productifs de s'occuper des int&#233;r&#234;ts communs de la soci&#233;t&#233;. D'autre part, l'apparition de l'Etat est rendue n&#233;cessaire par la division de la soci&#233;t&#233; en classes. A partir du moment o&#249; une partie de la soci&#233;t&#233; n'est plus oblig&#233;e de travailler pour vivre en raison de la division du travail avanc&#233;e, le travail et le capital, la production et l'appropriation incombent en partage &#224; des individus diff&#233;rents. La division de la soci&#233;t&#233; en classes antagonistes, diff&#233;renci&#233;es selon leur place dans le processus de production, et le fait qu'elles entrent alors en conflit sont donc in&#233;luctables. D&#232;s lors, &#233;crivait Engels, pour que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les classes aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques oppos&#233;s ne se consument pas, elles et la soci&#233;t&#233;, en une lutte st&#233;rile, le besoin s'impose d'un pouvoir qui, plac&#233; en apparence au dessus de la soci&#233;t&#233;, doit estomper le conflit, le maintenir dans les limites de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'ordre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Engels, L'Origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de l'Etat, Editions (...)' id='nh6-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le lien entre base et superstructure est ici flagrant&#160;: chaque p&#233;riode &#233;conomique produit une forme d'Etat d&#233;termin&#233; dont le r&#244;le est d'arbitrer les conflits entre les classes dans l'int&#233;r&#234;t de la classe qui domine du point de vue &#233;conomique. Celle-ci, qui dans la r&#232;gle d&#233;tient le pouvoir d'Etat, b&#233;n&#233;ficie ainsi d'une s&#233;rie de moyens de coercition&#160;: Police, Justice, Arm&#233;e, etc. pour mater et exploiter les classes opprim&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, l'Etat a d'embl&#233;e tendance &#224; se rendre autonome de la soci&#233;t&#233; dont il r&#233;sulte. Avec l'augmentation de la division du travail s'accro&#238;t &#233;galement l'appareil d'Etat et avec lui son autonomie. Il ne se contente plus seulement de repr&#233;senter et de d&#233;fendre la classe dominante, ses fonctions s'&#233;tendent de plus en plus et concernent la satisfaction des int&#233;r&#234;ts communs de la soci&#233;t&#233; dans la mesure o&#249; ceux-ci n'entrent pas en contradiction avec ceux de la bourgeoisie. Aux moyens des imp&#244;ts, il intervient directement dans la vie &#233;conomique pour satisfaire ses propres besoins ou pour faire &#233;voluer la situation dans un certain sens. Il produit donc &#233;galement des effets r&#233;troactifs sur la base &#233;conomique et peut m&#234;me nuire passag&#232;rement aux int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie qu'il sert habituellement. Cela donne l'impression que la politique et l'&#233;conomie sont totalement s&#233;par&#233;es. Cependant la r&#233;alit&#233; est toute autre. Il arrive effectivement que la bourgeoisie ne contr&#244;le pas directement l'appareil d'Etat mais elle n'a pas besoin de gouverner pour diriger la soci&#233;t&#233;. Sous le capitalisme, l'exploitation des travailleurs ne d&#233;pend pas d'une coercition quotidienne, qui n'est qu'une exception, ni m&#234;me exclusivement de la peur de son usage. Le travailleur est contraint par les pressions &#233;conomiques de se soumettre &#224; l'exploitation. Il n'a pas d'autre choix, c'est cela ou mourir de faim. Par ailleurs, m&#234;me s'il arrivait effectivement qu'un gouvernement hostile &#224; la bourgeoisie soit &#233;lu, celle-ci dispose d'un certain nombre de pare-feux, comme elle a pu le d&#233;montrer en liquidant Allende au Chili. Puisqu'elle d&#233;tient les capitaux, elle pourrait par exemple sortir son argent du pays pour l'&#233;touffer &#233;conomiquement. Elle pourrait &#233;galement se faire secourir par ses amis fonctionnaires, issus de la bureaucratie civile et militaire permanente, capables de s'opposer aux perspectives d'un tel gouvernement du fait qu'ils contr&#244;lent les moyens de coercition. Ce sont l&#224; des exemples des limites impos&#233;es par la base &#233;conomique au d&#233;veloppement autonome de la superstructure.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les superstructures id&#233;ologiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;l&#233;ment doit ici &#234;tre pris en compte. C'est la mani&#232;re dont les hommes se repr&#233;sentent et s'expliquent les rapports sociaux existants au moyen d'une s&#233;rie de conceptions&#160;: th&#233;ories politiques, religieuses, philosophiques, etc. &#8211; ce qu'on nomme les superstructures id&#233;ologiques. Or, bien que la conscience des hommes ne soit pas homog&#232;ne, les pens&#233;es dominantes sont &#224; toutes les &#233;poques les pens&#233;es de la classe dominante, puisqu'en d&#233;tenant les moyens de production mat&#233;rielle, elle contr&#244;le aussi les moyens de production intellectuelle. Ces repr&#233;sentations sont un &#233;l&#233;ment essentiel des rapports sociaux eux-m&#234;mes. Ils sont indissociables. Dans notre exemple, l'Etat ne saurait se perp&#233;tuer si l'id&#233;e de sa n&#233;cessit&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturelle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'&#233;tait pas partag&#233;e par la majorit&#233; de la soci&#233;t&#233; et donc par les classes opprim&#233;es elles-m&#234;mes. Il ne pourrait pas fonctionner autrement. La peur des moyens de coercition dont b&#233;n&#233;ficie la puissance d'Etat ne suffirait pas &#224; elle seule &#224; le maintenir si la classe ouvri&#232;re &#233;tait convaincue qu'elle avait affaire &#224; un outil historique de la domination de la bourgeoisie qui peut et doit elle-m&#234;me &#234;tre d&#233;pass&#233;e. Chaque forme d'Etat s&#233;cr&#232;te donc des id&#233;ologies qui constituent un &#233;l&#233;ment essentiel de son maintien et de celui de la domination de la classe qu'il repr&#233;sente. Il en va de m&#234;me pour les rapports imm&#233;diats de production. Ceux-ci n'apparaissent pas aux yeux de la majorit&#233; des travailleurs comme des rapports d'exploitation mais comme des rapports justes et naturels. Sans cela, ils ne perdureraient pas une ann&#233;e. Si la classe ouvri&#232;re avait une conscience communiste claire, elle les renverserait rapidement. C'est pourquoi Marx disait que les id&#233;es deviennent puissances mat&#233;rielles quand elles s'emparent des masses. Les id&#233;es des hommes, bien que d&#233;termin&#233;es par leurs conditions d'existence, peuvent &#233;galement agir en retour sur ces derni&#232;res. D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t, d'une part, pour la classe qui domine &#233;conomiquement de dominer aussi du point de vue politique et id&#233;ologique et, d'autre part, l'enjeu pour les r&#233;volutionnaires de contester cette h&#233;g&#233;monie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La base &#233;conomique ne cr&#233;e rien directement d'elle-m&#234;me. Les id&#233;ologies sont certes cr&#233;&#233;es par les hommes &#224; partir de leurs conditions d'existence et pour justifier consciemment ou inconsciemment celles-ci, mais avec la division du travail elles connaissent aussi leur propre d&#233;veloppement. Chacun des domaines pris isol&#233;ment ne correspond donc pas m&#233;caniquement &#224; un rapport &#233;conomique. C'est l'ensemble des repr&#233;sentations, comme structure spirituelle de la soci&#233;t&#233;, qui correspond &#224; sa structure mat&#233;rielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La conception marxiste de la base et de la superstructure est donc riche et complexe. Les superstructures sont bien d&#233;termin&#233;es en derni&#232;re instance par la base &#233;conomique comme fondement objectif de la vie humaine mais elles connaissent &#233;galement leurs propres d&#233;veloppements et peuvent agir en retour sur la base. M&#234;me si cette derni&#232;re pose des limites objectives &#224; leur autonomie, les effets r&#233;troactifs des superstructures ne sont pas moins importants que l'influence de la base. Seule l'interd&#233;pendance et l'action r&#233;ciproque de ces deux moments, qui forment ensemble l'unit&#233; de la vie sociale, peut expliquer le processus historique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les cons&#233;quences d'une telle analyse sont centrales pour l'activit&#233; des r&#233;volutionnaires. Seule la conception marxiste de la base et des superstructures permet de mesurer dans toute leur importance l'influence r&#233;ciproque des luttes &#233;conomiques, politiques et id&#233;ologiques. Or, le processus historique s'explique par l'interaction de ces diff&#233;rents moments. D&#232;s lors, il ne s'agit pas de faire un choix d'exclusivit&#233;, mais de pouvoir penser leur articulation. Economie et politique sont en effet intimement li&#233;s. Cela se v&#233;rifie au quotidien. Personne ne peut nier que les luttes &#233;conomiques men&#233;es par les organisations syndicales ou patronales ont non seulement souvent des cons&#233;quences politiques, mais qu'elles sont aussi elles-m&#234;mes des luttes politiques. L'inverse est aussi vrai. Les luttes politiques peuvent entra&#238;ner dans leur sillage des luttes &#233;conomiques. Les choses ne sont donc pas univoques. Bien qu'&#224; l'origine, les luttes des sans-papiers relevaient essentiellement du politique, elles ont acquit un caract&#232;re &#233;conomique de premier plan qui concerne aujourd'hui l'ensemble de la classe laborieuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La conception marxiste qui voit dans les rapports politiques l'expression de la lutte de classes &#233;conomique trouve sa confirmation dans ces deux exemples. La liaison entre l'&#233;conomie et la politique est permanente et c'est sur elle que nous devons jouer.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Cet article s'appuie essentiellement sur les analyses de la conception mat&#233;rialiste de Marx d&#233;velopp&#233;es par Franz Jakubowski et Alex Callinicos. Cf. respectivement&#160;: Les superstructures id&#233;ologique dans la conception mat&#233;rialiste de l'histoire, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Chapitre &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;&#160;: La probl&#233;matique marxienne&#160;: base et superstructure&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EDI&lt;/span&gt;, Paris, 1976, pp. 81-123&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Les id&#233;es r&#233;volutionnaire de Marx, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Chapitre 5&#160;: L'histoire et la lutte de classe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et en particulier les pages concernant la probl&#233;matique &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;base et superstructure&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Syllepse, Paris, 2008, pp. 117-126.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb6-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On appelle rapports de production les relations que nouent les hommes entre eux dans le cadre de la production de leurs moyens de subsistance. Ces rapports sont d&#233;termin&#233;s par les moyens d'existence naturels accessibles aux hommes et par les moyens de les exploiter l&#233;gu&#233;s par la g&#233;n&#233;ration d'hommes qui les a pr&#233;c&#233;d&#233;s. C'est ce qu'on nomme les forces productives. Il s'agit donc d'une part des richesses naturelles en moyens de subsistance (fertilit&#233; des sols, eaux poissonneuses, etc.) et en moyens de travail (chutes d'eau, bois, m&#233;taux, etc.) que les hommes ont trouv&#233;es toutes pr&#234;tes et d'autres part des moyens de production qui sont n&#233;s de leur action (outils, machines et organisation du travail correspondante). Pour Marx, cet h&#233;ritage est modifi&#233; par les g&#233;n&#233;rations d'hommes successives au cours de l'histoire en m&#234;me temps qu'il conditionne leurs conditions d'existence et leur impriment un d&#233;veloppement d&#233;termin&#233;. Autrement dit, l'homme fait autant la machine que la machine fait l'homme. Par exemple, si on consid&#232;re la m&#233;canisation du filage &#224; la fin du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVIII&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'av&#232;nement de la Mule-jenny et des m&#233;tiers m&#233;caniques entra&#238;na le transfert de l'industrie du textile de la maison vers la fabrique. Les effets d'un tel chambardement ne furent pas sans cons&#233;quences sur les rapports humains. La famille, qui formait jusque l&#224; une unit&#233; de production, devint une collection de travailleurs salari&#233;s dans laquelle homme, femme, enfants se trouv&#232;rent en concurrence les uns avec les autres pour gagner leur pain quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-2' class='spip_note' title='Notes 6-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;K. Marx, &lt;i&gt;Pr&#233;face &#224; la Critique de l'Economie politique&lt;/i&gt;, in K. Marx, &lt;i&gt;&#338;uvres, Economie I&lt;/i&gt;, Gallimard, La Pl&#233;iade, Paris, 1963, pp. 272-273. (&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1859/01/km18590100b.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Autre traduction&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-3' class='spip_note' title='Notes 6-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Engels, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/engels/works/1890/09/18900921.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Lettre &#224; Joseph Bloch du 21&#160;septembre 1890&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; in &lt;i&gt;Etudes philosophiques&lt;/i&gt;, Editions sociales, Paris, 1977, p. 238.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-4' class='spip_note' title='Notes 6-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Engels, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000o.htm#sdfootnote164anc&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'Origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de l'Etat&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Editions sociales, Paris, 1954, pp. 159-160.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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