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	<title>Revue Que Faire ?</title>
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	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>Qu'est-ce que le r&#233;formisme&#160;?</title>
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		<dc:date>2009-09-05T16:28:50Z</dc:date>
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		<dc:creator>Diane Adam, Nicolas Verdon</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier europ&#233;en s'est structur&#233; politiquement &#224; la fin du XIXe si&#232;cle. Sous l'impulsion de la deuxi&#232;me Internationale, des partis sociaux-d&#233;mocrates se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; une &#233;chelle de masse. Ainsi en Allemagne, au d&#233;but du XXe si&#232;cle, le SPD comptait plus d'un million de membres. Il contr&#244;lait des dizaines de quotidiens, des syndicats, de nombreuses associations&#160;; le parti constituait un v&#233;ritable Etat dans l'Etat. En France, la SFIO cr&#233;&#233;e en 1905 &#233;tait bien plus modeste mais elle allait (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier europ&#233;en s'est structur&#233; politiquement &#224; la fin du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Sous l'impulsion de la deuxi&#232;me Internationale, des partis sociaux-d&#233;mocrates se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; une &#233;chelle de masse. Ainsi en Allemagne, au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SPD&lt;/span&gt; comptait plus d'un million de membres. Il contr&#244;lait des dizaines de quotidiens, des syndicats, de nombreuses associations&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le parti constituait un v&#233;ritable Etat dans l'Etat. En France, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; cr&#233;&#233;e en 1905 &#233;tait bien plus modeste mais elle allait tripler ses effectifs en moins de dix ans pour atteindre pr&#232;s de 100 000 membres &#224; la veille de la premi&#232;re guerre mondiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;veloppement des analyses r&#233;formistes au sein de la social-d&#233;mocratie au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Domin&#233;e par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SPD&lt;/span&gt; allemand, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale se revendiquait du marxisme. En th&#233;orie elle pr&#233;tendait n'avoir aucune illusion dans le parlementarisme et n'opposait pas r&#233;forme et r&#233;volution. Comme l'&#233;crivait Rosa Luxemburg dans &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/luxembur/r_ou_r/r_ou_r0.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;la pol&#233;mique qu'elle mena alors contre le r&#233;formisme&lt;/a&gt;&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; Entre la r&#233;forme sociale et la r&#233;volution, la social-d&#233;mocratie voit un lien indissoluble&#160;: la lutte pour la r&#233;forme &#233;tant le moyen, et la r&#233;volution sociale le but&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant entre la th&#233;orie et la pratique quotidienne des organisations social-d&#233;mocrates, le foss&#233; ne cessait de s'&#233;largir. En France, le socialiste Millerand d&#233;fendait publiquement l'id&#233;e que la transformation sociale passait par le parlement et par l'action gouvernementale. Ceci l'amena, au tournant du si&#232;cle, &#224; entrer dans un gouvernement bourgeois. Ce n'&#233;tait pas un comportement marginal&#160;: de telles positions refl&#233;taient tout un courant r&#233;formiste qui se d&#233;veloppait au sein de la social-d&#233;mocratie. Il a trouv&#233; son expression th&#233;orique la plus aboutie chez le socialiste allemand Eduard Bernstein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Celui-ci expliquait en substance que les transformations r&#233;centes qu'avait connues le syst&#232;me capitaliste rendaient la r&#233;volution inutile. Le d&#233;veloppement des cartels patronaux, du syst&#232;me de cr&#233;dit, de moyens de communication modernes, le d&#233;veloppement des syndicats ouvriers, l'am&#233;lioration des conditions de vie ouvri&#232;res, la persistance des classes moyennes&#8230; &#233;taient la preuve de l'adaptation du syst&#232;me, de l'att&#233;nuation des contradictions internes du capitalisme. Ces transformations qui t&#233;moignaient d'une tendance grandissante &#224; la socialisation de la production ouvraient la voie &#224; un passage pacifique au socialisme au moyen de r&#233;formes progressives, par l'action syndicale et la voie parlementaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bernstein pr&#233;tendait r&#233;viser le marxisme de fa&#231;on pragmatique. Il en rejetait en fait son essence m&#234;me. Pour Marx le socialisme &#233;tait une n&#233;cessit&#233; historique. La dynamique du capitalisme tendait vers un approfondissement des contradictions internes du syst&#232;me qui lui seraient &#224; terme fatales. Seule l'action consciente de la classe ouvri&#232;re pour renverser le capitalisme et instaurer une soci&#233;t&#233; socialiste pouvait emp&#234;cher l'humanit&#233; de sombrer dans la barbarie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette n&#233;cessit&#233; historique disparaissait chez Bernstein, comme chez tous ceux qui allaient par la suite d&#233;fendre les th&#232;ses r&#233;formistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle a d&#233;menti du tout au tout les analyses &#233;conomiques de Bernstein. Loin de s'att&#233;nuer, les contradictions du syst&#232;me se sont exprim&#233;es comme jamais auparavant dans les guerres imp&#233;rialistes, les crises &#233;conomiques et les r&#233;volutions. Confront&#233;e aux crises, la social-d&#233;mocratie a toujours choisi de pr&#233;server le syst&#232;me en faisant payer la crise aux travailleurs. Apr&#232;s le d&#233;clenchement de la Premi&#232;re guerre mondiale, les principaux partis sociaux-d&#233;mocrates ont ainsi appel&#233; les travailleurs &#224; s'unir avec leur bourgeoisie et &#224; s'entretuer par millions pour d&#233;fendre la Nation. Des politiques r&#233;formistes ont par la suite &#233;t&#233; men&#233;es dans de nombreux pays. Qu'elles aient propos&#233; d'instaurer le socialisme par la voie parlementaire ou plus g&#233;n&#233;ralement une gestion plus &#034;efficace&#034; du syst&#232;me qui satisfasse &#224; la fois les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et ceux du capital, ces politiques ont toutes men&#233; &#224; l'impasse. Un an apr&#232;s la victoire du Front populaire, L&#233;on Blum a d&#233;cr&#233;t&#233; la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pause&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, revenant sur les acquis de la gr&#232;ve de juin 36. Arriv&#233; au pouvoir, alors que la crise des ann&#233;es 1970 d&#233;veloppait un ch&#244;mage massif, Mitterrand a choisi d&#232;s 1982 le tournant de la rigueur. Aujourd'hui, dans toute l'Europe, la social-d&#233;mocratie d&#233;fend les contre r&#233;formes lib&#233;rales sur les retraites, la s&#233;curit&#233; sociale, les allocations ch&#244;mage...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'emprise du r&#233;formisme&#160;: un produit des contradictions du syst&#232;me capitaliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de Bernstein ont &#233;t&#233; durement critiqu&#233;es &#224; l'&#233;poque par de nombreux dirigeants marxistes parmi lesquels Kautsky, Rosa Luxemburg, ou L&#233;nine. Pourtant la vision r&#233;formiste allait devenir pr&#233;pond&#233;rante au sein de la social-d&#233;mocratie dans la plupart des pays europ&#233;ens. L'importance croissante du r&#233;formisme au sein de la social-d&#233;mocratie ne peut pas s'expliquer par la seule influence de quelques dirigeants r&#233;visionnistes comme Bernstein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour partie, ses id&#233;es ne faisaient que refl&#233;ter des &#233;volutions profondes au sein de la classe ouvri&#232;re et du mouvement ouvrier. Dop&#233; par les conqu&#234;tes coloniales, le capitalisme connaissait &#224; la fin du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle une forte croissance &#233;conomique. Pour la classe ouvri&#232;re cela se traduisait par une plus grande stabilit&#233; &#233;conomique et des hausses de salaire mod&#233;r&#233;es. Les gains r&#233;alis&#233;s par la classe dominante permettaient de satisfaire plus facilement les revendications des syndicats. Des l&#233;gislations sociales comme la limitation de la journ&#233;e de travail et le repos hebdomadaire allaient &#234;tre promulgu&#233;es en France au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Cela accroissait la l&#233;gitimit&#233; des syndicats et de la social-d&#233;mocratie mais en m&#234;me temps renfor&#231;ait l'id&#233;e que l'on pouvait obtenir toujours plus de concessions du syst&#232;me par le biais de r&#233;formes. Pour les militants eux-m&#234;mes, qui &#233;taient toujours plus nombreux &#224; s'impliquer dans les organisations li&#233;es &#224; la social-d&#233;mocratie, l'activit&#233; politique &#233;tait &#224; mille lieues de la lutte r&#233;volutionnaire pour la prise du pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La classe dirigeante quant &#224; elle voyait un grand int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;velopper l'id&#233;e que la n&#233;gociation &#233;tait pr&#233;f&#233;rable &#224; la lutte spontan&#233;e des travailleurs, de m&#234;me que la joute parlementaire &#233;tait pr&#233;f&#233;rable &#224; l'&#233;meute politique. Elle trouvait un point d'appui dans la bureaucratie syndicale &#233;mergente et les &#233;lus locaux et nationaux des partis sociaux-d&#233;mocrates. Cette bureaucratie, en partie d&#233;tach&#233;e de la pr&#233;carit&#233; du salariat, jouait le r&#244;le de tampon entre la classe dominante et la classe ouvri&#232;re et avait fondamentalement int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;fendre l'id&#233;e d'un compromis entre les classes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne peut cependant pas expliquer l'influence du r&#233;formisme au sein de la classe ouvri&#232;re uniquement par l'existence de la bureaucratie. La raison premi&#232;re de cette emprise est la capacit&#233; &#224; am&#233;liorer les conditions de vie de la classe ouvri&#232;re. Cette possibilit&#233; n'existe vraiment que dans des p&#233;riodes de prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique du capitalisme. Pourtant, le r&#233;formisme a gard&#233; une forte influence y compris dans des p&#233;riodes de crise o&#249; la possibilit&#233; de r&#233;formes &#233;tait assez limit&#233;e. Nous avons donc besoin de comprendre le m&#233;canisme d'adh&#233;sion des masses au r&#233;formisme. L&#233;nine explique dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp0.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'Imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; que le r&#233;formisme s'est d&#233;velopp&#233; sur la base du surprofit issu de l'imp&#233;rialisme. Ce surprofit aurait permis &#224; la bourgeoisie d'acheter une section de la classe ouvri&#232;re qu'il d&#233;finit comme une aristocratie ouvri&#232;re. Or, l'histoire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle nous montre que c'est faux. Deux questions se posent&#160;: tout d'abord quelle est cette fraction de la classe qui peut &#234;tre d&#233;finie comme aristocratie ouvri&#232;re et qui serait l'alli&#233; objectif de la bourgeoisie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ensuite quels sont les m&#233;canismes qui permettraient &#224; la bourgeoisie de faire b&#233;n&#233;ficier une petite partie de la classe ouvri&#232;re de ce surprofit&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si une aristocratie ouvri&#232;re existait, elle serait constitu&#233;e d'une fraction de la classe qui a des conditions de travail plut&#244;t meilleures que la plupart des salari&#233;s. Prenons quelques exemples. Au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les syndicats &#233;taient constitu&#233;s essentiellement d'ouvriers qualifi&#233;s. C'&#233;tait aussi la fraction de la classe ouvri&#232;re la plus combative. C'est pourtant la seule qui pourrait &#234;tre assimil&#233;e &#224; une aristocratie ouvri&#232;re. De nos jours, les cheminots puis les enseignants ont &#233;t&#233; successivement les fers de lance du mouvement de lutte contre les attaques du gouvernement. On peut difficilement les consid&#233;rer comme des alli&#233;s de la bourgeoisie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce qui concerne la distribution du surprofit, s'il est s&#251;r que l'imp&#233;rialisme am&#232;ne, au moins dans un premier temps, une prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique, g&#233;n&#233;rant une am&#233;lioration globale des conditions de vie par l'&#233;largissement du march&#233; pour les produits issus des pays imp&#233;rialistes, ces am&#233;liorations concernent l'ensemble de la classe et non une minorit&#233;. En effet, l'augmentation de la production a pour cons&#233;quence le plein emploi et donc l'augmentation des salaires et l'am&#233;lioration des conditions de travail. Mais il n'existe pas de m&#233;canisme qui permette &#224; la bourgeoisie d'attribuer une partie de ce surprofit &#224; une fraction de la classe ouvri&#232;re seulement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'analyse &#233;conomique est insuffisante pour expliquer l'adh&#233;sion des masses au r&#233;formisme. Il y a &#233;galement une base id&#233;ologique &#224; cet attachement. Marx disait que l'&#233;mancipation des travailleurs serait l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes mais aussi que l'id&#233;ologie dominante est celle de la classe dominante. Il y a une contradiction entre ces deux propositions. C'est dans le capitalisme lui-m&#234;me qu'il faut trouver la base de cette contradiction. Le capitalisme met les travailleurs en concurrence mais les oblige &#224; collaborer pour pouvoir assurer la production. Cette contradiction se retrouve aussi dans la conscience de chaque travailleur. Chaque travailleur accepte le syst&#232;me tel qu'il est et est en m&#234;me temps amen&#233; &#224; le combattre ne serait-ce que pour d&#233;fendre ses conditions de travail. La plupart des travailleurs ont l'espoir d'une am&#233;lioration de leurs conditions de vie et n'ont pas assez confiance en leurs propres capacit&#233;s &#224; changer les choses. Ils comptent donc sur des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;experts&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, sur les &#233;lections, &#8230; pour prendre les mesures n&#233;cessaires. Selon la situation, p&#233;riode de mont&#233;e des luttes ou de reflux, c'est un aspect ou l'autre qui domine. Mais &#224; tout moment, il y a cette double conscience. C'est la base de l'attachement des travailleurs &#224; ces organisations r&#233;formistes qui expriment les espoirs d'am&#233;lioration du syst&#232;me, qu'elles soient en capacit&#233; ou non de d&#233;livrer des r&#233;formes. Pendant les luttes, les travailleurs peuvent faire l'apprentissage de l'auto-organisation. Ils peuvent alors tester leur capacit&#233; &#224; organiser la soci&#233;t&#233; par eux-m&#234;mes. Pourtant, en dehors des p&#233;riodes r&#233;volutionnaires, seule une minorit&#233; arrive &#224; se d&#233;tacher du r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'influence du r&#233;formisme selon les p&#233;riodes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ancrage du r&#233;formisme au sein de la classe ouvri&#232;re a vari&#233; en fonction des diff&#233;rentes p&#233;riodes du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Apr&#232;s la r&#233;volution de 1917, la plupart des militants de la classe ouvri&#232;re organis&#233;e a quitt&#233; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; pour fonder le Parti communiste. Mais l'&#233;puisement de la p&#233;riode r&#233;volutionnaire a permis au r&#233;formisme de se renouveler. Deux ph&#233;nom&#232;nes y ont contribu&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En premier lieu, le boom des trente glorieuses a raviv&#233; les bases &#233;conomiques du r&#233;formisme. M&#234;me si les cadences de travail &#233;taient importantes, les conditions de travail s'am&#233;lioraient&#160;: le ch&#244;mage &#233;tait quasiment inexistant, la consommation de masse se d&#233;veloppait et surtout un syst&#232;me de protection sociale se mettait en place. Les conditions de vie de ceux qui sont arriv&#233;s &#224; l'&#226;ge adulte dans les ann&#233;es 1960 &#233;taient nettement meilleures que celles de leurs parents. Avec la massification de l'&#233;ducation ils &#233;taient en outre persuad&#233;s que les conditions de vie de leurs enfants seraient encore meilleures. Tout cela contribuait &#224; convaincre la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re qu'un progr&#232;s permanent &#233;tait possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce boom a &#233;galement permis au r&#233;formisme de renouveler son id&#233;ologie et ses cadres. La comp&#233;tition entre les deux blocs, en particulier par l'interm&#233;diaire des d&#233;penses d'armement qui &#233;taient &#224; l'origine du boom, a n&#233;cessit&#233; l'extension du contr&#244;le de l'Etat sur certains secteurs strat&#233;giques de l'&#233;conomie. Une telle politique interventionniste, un keyn&#233;sianisme de gauche, pr&#233;tendument en faveur des int&#233;r&#234;ts des travailleurs, formait la nouvelle id&#233;ologie r&#233;formiste. Elle permettait &#224; la fois de se d&#233;barrasser des derni&#232;res r&#233;f&#233;rences marxistes et de se distinguer du stalinisme. Dans le m&#234;me temps, les organismes de gestion paritaire, qui se mettaient en place pour g&#233;rer la protection sociale, d&#233;veloppaient au sein des organisations ouvri&#232;res les couches bureaucratiques incarnant l'id&#233;e r&#233;formiste d'une collaboration de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En second lieu, le r&#233;formisme est continuellement ressourc&#233; par la lutte de classe elle-m&#234;me. S'il s'appuie sur la passivit&#233; de la classe ouvri&#232;re, cela ne signifie pas que, lorsque les travailleurs se remettent massivement &#224; lutter, ils abandonnent spontan&#233;ment leurs illusions r&#233;formistes, au profit d'une conscience r&#233;volutionnaire. Si c'est effectivement le cas pour une minorit&#233;, la majorit&#233; des travailleurs qui se radicalisent se tourne plut&#244;t, au moins pour une p&#233;riode transitoire, vers les organisations r&#233;formistes qui sont capables de d&#233;velopper des discours voire des courants plus radicaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De nombreuses p&#233;riodes dans le si&#232;cle pass&#233; mettent en &#233;vidence ce processus en France. Les luttes qui se d&#233;veloppent &#224; partir de 1934 se traduisent par un afflux de militants au Parti communiste, mais aussi &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, alimentant en son sein un courant radical &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la gauche r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; autour de Marceau Pivert. La p&#233;riode de radicalisation qui suit mai 68 permet &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, discr&#233;dit&#233;e par ses multiples participations gouvernementales de l'apr&#232;s guerre, de se r&#233;g&#233;n&#233;rer sous la forme du Parti socialiste&#160;: les ann&#233;es 1970 ont vu cro&#238;tre les organisations r&#233;volutionnaires, mais c'est vers le parti socialiste que la grande majorit&#233; de ceux qui ont lutt&#233; en 68 s'est tourn&#233;e alors que la crise se d&#233;veloppait et que les luttes refluaient. Sans porter le m&#234;me type d'illusion, il ne fait aucun doute que ce sont les grandes luttes de d&#233;cembre 1995 qui ont aliment&#233; la victoire de Jospin en 1997.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise actuelle du r&#233;formisme et la lutte pour la construction d'une alternative anticapitaliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La crise dans laquelle est entr&#233; le capitalisme depuis plus de trente ans a provoqu&#233; en retour une crise sur le long terme du projet r&#233;formiste. Le syst&#232;me n'offrant plus de marge de man&#339;uvre, le r&#233;formisme n'a plus de r&#233;formes &#224; proposer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; la mondialisation et au pouvoir des multinationales, l'Etat-Nation comme moyen de r&#233;gulation &#233;conomique appara&#238;t de moins en moins cr&#233;dible, de l'aveu m&#234;me des dirigeants r&#233;formistes comme Jospin. L'Europe puissance que la plupart des r&#233;formistes proposent comme alternative para&#238;t aux yeux du plus grand nombre comme compl&#232;tement antid&#233;mocratique. Le keyn&#233;sianisme de gauche inop&#233;rant a ainsi laiss&#233; la place &#224; un social-lib&#233;ralisme qui se distingue peu des politiques de droite.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;&#231;ues et d&#233;moralis&#233;es par les exp&#233;riences de la gauche au pouvoir et par l'absence de projet enthousiasmant, de nombreuses couches de la population ont montr&#233; une d&#233;fiance grandissante lors des scrutins &#233;lectoraux. Cela n'enterre pas pour autant l'influence des id&#233;es et des partis r&#233;formistes &#224; une &#233;chelle de masse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement anticapitaliste qui s'est d&#233;velopp&#233; depuis Seattle et qui s'est renforc&#233; d'un mouvement sans pr&#233;c&#233;dent contre la guerre suscite de nombreux espoirs. Sa radicalit&#233;, sa capacit&#233; &#224; entra&#238;ner de nombreuses couches de la population permet d'envisager la construction d'une alternative anticapitaliste, passerelle vers le d&#233;veloppement d'un mouvement r&#233;volutionnaire cons&#233;quent. Mais ce mouvement suscite &#233;galement l'int&#233;r&#234;t des organisations r&#233;formistes qui y voient un potentiel pour se r&#233;g&#233;n&#233;rer. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; a particip&#233; aux diff&#233;rents forums internationaux altermondialistes, certains de ses courants tentent de tisser des liens &#233;troits avec des organisations du mouvement comme Attac. Certains au sein de cette organisation tentent m&#234;me de refonder un r&#233;formisme antilib&#233;ral qui puisse nourrir la gauche r&#233;formiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La construction d'une alternative anticapitaliste ne se fera pas sur un terrain vierge, d&#233;sert&#233; par les courants r&#233;formistes mais au contraire en concurrence avec eux tant aux points de vue id&#233;ologique qu'organisationnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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