<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
		<url>http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH43/siteon0-e9727.png</url>
		<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
		<height>43</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le Zapatisme</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/Le-Zapatisme</link>
		<guid isPermaLink="true">http://quefaire.lautre.net/Le-Zapatisme</guid>
		<dc:date>2010-06-23T00:26:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mike Gonzalez</dc:creator>


		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Classes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a eu ceux qui disaient que la chute du mur de Berlin marquerait le d&#233;but d'une &#232;re nouvelle, dans laquelle un capitalisme arriv&#233; &#224; maturit&#233;, ayant la possibilit&#233; d'agir librement sur toute la plan&#232;te, apporterait finalement la prosp&#233;rit&#233; aux quatre coins de la terre. Le mythe vola en &#233;clats sur la Route de Bassorah, lorsque la preuve des m&#233;thodes de l'expansion capitaliste fut administr&#233;e en direct par CNN pour les t&#233;l&#233;spectateurs du monde entier.&lt;br class='autobr' /&gt;
La crois&#233;e des chemins&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a eu ceux qui disaient (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/archives" rel="directory"&gt;Archives&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Imperialisme" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Classes" rel="tag"&gt;Classes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH150/arton228-3597f.jpg&#034; width='144' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a eu ceux qui disaient que la chute du mur de Berlin marquerait le d&#233;but d'une &#232;re nouvelle, dans laquelle un capitalisme arriv&#233; &#224; maturit&#233;, ayant la possibilit&#233; d'agir librement sur toute la plan&#232;te, apporterait finalement la prosp&#233;rit&#233; aux quatre coins de la terre. Le mythe vola en &#233;clats sur la Route de Bassorah, lorsque la preuve des m&#233;thodes de l'expansion capitaliste fut administr&#233;e en direct par &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CNN&lt;/span&gt; pour les t&#233;l&#233;spectateurs du monde entier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La crois&#233;e des chemins&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu ceux qui disaient que la chute du mur de Berlin marquerait le d&#233;but d'une &#232;re nouvelle, dans laquelle un capitalisme arriv&#233; &#224; maturit&#233;, ayant la possibilit&#233; d'agir librement sur toute la plan&#232;te, apporterait finalement la prosp&#233;rit&#233; aux quatre coins de la terre. Le mythe vola en &#233;clats sur la Route de Bassorah, lorsque la preuve des m&#233;thodes de l'expansion capitaliste fut administr&#233;e en direct par &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CNN&lt;/span&gt; pour les t&#233;l&#233;spectateurs du monde entier. Dans la p&#233;riode qui suivit, l'abandon de l'Afrique, l'imposition brutale de strat&#233;gies &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales et la d&#233;sint&#233;gration de la Russie inaugur&#232;rent une p&#233;riode d'agression qui s'est poursuivie dans la Guerre des Balkans (et aujourd'hui dans la soi-disant &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;croisade antiterroriste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NDLR&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui n'&#233;tait pas clair dans ce d&#233;but des ann&#233;es 90, c'&#233;tait &#224; quel endroit et sous quelles formes la r&#233;sistance commencerait &#224; s'exprimer. En fait, la lutte contre les d&#233;g&#226;ts du capitalisme ne s'&#233;tait &#233;videmment pas interrompue &#8211; l'&lt;i&gt;Intifada&lt;/i&gt; palestinienne ne s'&#233;tait pas ralentie du fait de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;fin de l'histoire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, les sans terre et les sans logis du Br&#233;sil commen&#231;aient leurs occupations d'espaces vacants dans tout le pays, et l'Afrique du Sud c&#233;l&#233;brait le renversement de l'apartheid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pourtant beaucoup, &#224; gauche, semblaient convaincus que la r&#233;volution n'&#233;tait plus possible &#8211; comme si la possibilit&#233; du renversement du capitalisme par les masses &#233;tait inextricablement li&#233;e &#224; ces bureaucraties brutales d'Europe de l'Est, qui se proclamaient les h&#233;riti&#232;res de la r&#233;volution prol&#233;tarienne tout en r&#233;primant sauvagement toute tentative de leurs propres travailleurs de s'organiser sur des bases de classe. Les luttes contre le capitalisme continuaient sans d&#233;semparer, mais elles &#233;taient d&#233;sormais d&#233;crites comme de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nouveaux mouvement sociaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, une d&#233;signation qui semblait les distancer de tout contenu de classe et de toute compr&#233;hension d'ordre g&#233;n&#233;ral &#8211; ces &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;grandes narrations&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; tant moqu&#233;es, qui recherchaient les lois dynamiques reliant et connectant des ph&#233;nom&#232;nes apparemment disparates. Et il est vrai que superficiellement beaucoup de ces formes d'organisation paraissaient &#233;merger de probl&#232;mes locaux, ou se faisaient vertu de ne pas avoir de programme de transformation sociale g&#233;n&#233;rale. Ils &#233;taient &#233;cologistes, ethniques ou revendicatifs de droits, sans prescription pour la r&#233;organisation de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Nouvel An 1994&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Soudain, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;janvier 1994, juste apr&#232;s minuit, le local et le global co&#239;ncid&#232;rent d'une fa&#231;on dont il &#233;tait impossible d'ignorer l'&#233;norme puissance symbolique. Alors que les pr&#233;sidents du Mexique et des &#201;tats-Unis, avec le Premier Ministre du Canada, s'appr&#234;taient &#224; lancer l'Accord de Libre Echange Nord Am&#233;ricain (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ALENA&lt;/span&gt;), un soul&#232;vement de communaut&#233;s indig&#232;nes dans une r&#233;gion &#233;loign&#233;e du Sud du Mexique &#8211; l'&#201;tat du Chiapas &#8211; fit les premi&#232;res pages. L'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EZLN&lt;/span&gt; &#8211; l'Arm&#233;e Zapatiste de Lib&#233;ration Nationale &#8211; sortait son premier communiqu&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La c&#233;l&#233;bration fut quasi imm&#233;diate. John Berger et Roger Burbach &#233;taient parmi ceux qui qualifi&#232;rent l'&#233;v&#233;nement de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;premi&#232;re r&#233;volution postmoderne&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Qu'est-ce donc qui attirait tant, dans les zapatistes,&#160;les sections d&#233;moralis&#233;es de la vieille gauche&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et pourquoi le Chiapas insurg&#233; devait-il plus tard devenir un &#233;l&#233;ment central du nouveau mouvement regroup&#233; autour de la condamnation du capital global et de ses incursions destructives dans toutes les parties du monde&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'une part, l'histoire particuli&#232;re du Chiapas illustrait &#224; quel point le processus de mondialisation &#233;tait envahissant et impitoyable&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d'autre part, cette m&#234;me histoire exposait sous une lumi&#232;re crue les cons&#233;quences r&#233;elles de ces programmes globaux d'int&#233;gration &#233;conomique et de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;rationalisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dissimul&#233;s derri&#232;re des appellations anodines telles que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ajustement structurel&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Duncan Green cite &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;, un journal auquel on peut g&#233;n&#233;ralement faire confiance pour dire la v&#233;rit&#233; &#224; ses supporters dans la classe dirigeante&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La stabilisation et l'ajustement structurel ont procur&#233; aux riches de magnifiques retours&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ces retours, &#233;videmment, repr&#233;sentaient une redistribution de la richesse &#224; travers le monde. Dans le cas sp&#233;cifique de l'Am&#233;rique latine, par exemple, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;60 millions de nouveaux noms &#233;taient ajout&#233;s &#224; la liste de ceux qui vivaient dans la pauvret&#233; en Am&#233;rique latine&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, selon les statistiques fournies par la Commission Economique pour l'Am&#233;rique Latine (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CEPAL&lt;/span&gt;) entre 1990 et 1993. D&#232;s 1997, ce chiffre s'&#233;tait &#233;lev&#233; au point que 36% des foyers vivaient en dessous des niveaux de pauvret&#233; d&#233;finis par l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UNESCO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, ces statistiques rigides se traduisaient par un sch&#233;ma g&#233;n&#233;ral de plus en plus r&#233;p&#233;titif. Les soci&#233;t&#233;s multinationales p&#233;n&#233;traient de plus en plus dans des r&#233;gions autrefois consacr&#233;es &#224; l'agriculture de subsistance ou &#224; la production de nourriture, les utilisant pour la culture tourn&#233;e vers l'exportation et dot&#233;e de technologies avanc&#233;es. En m&#234;me temps, les importations de produits alimentaires bien moins chers en provenances des &#201;tats-Unis &#8211; en particulier le ma&#239;s &#8211; mettaient en p&#233;ril cette forme d'agriculture elle-m&#234;me. Un exemple particuli&#232;rement poignant est celui du tournant de l'&#233;conomie salvadorienne vers la production de fleurs aux d&#233;pens des terres productrices de nourriture. Le peu de terres restant consacr&#233;es aux produits alimentaires &#233;taient de plus en plus pollu&#233;es par les engrais hautement toxiques employ&#233;s pour acc&#233;l&#233;rer la croissance des fleurs. Le m&#234;me processus &#233;tait r&#233;p&#233;t&#233; &#224; une &#233;chelle bien plus large sur l'ensemble du continent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceux qui, parmi ces travailleurs agricoles ou fermiers, &#233;taient expuls&#233;s de la terre, se dirig&#232;rent vers les bidonvilles urbains en expansion &#224; la recherche d'un travail occasionnel, ce qui, le plus souvent, consistait &#224; rejoindre les arm&#233;es fantomatiques des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;ambulantes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; - marchands de rue vendant des produits de contrebande, du chewing gum ou des produits de consommation durables, cracheurs de feu, ou titubant devant des files de voitures aux feux rouges. Ou bien ils rejoignaient les gangs de jeunes pickpockets ou de trafiquants de drogue qui se mirent &#224; hanter les rues de presque toutes les villes d'Am&#233;rique Centrale apr&#232;s 1990. A la campagne, le ch&#244;mage s'accrut encore plus rapidement que dans les villes, et l'extr&#234;me pauvret&#233; y fit sa r&#233;apparition. Un boom touristique apportant un nouveau march&#233; pour le soleil et le sable, ainsi que les multiples aspects des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;services&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; amenant les Latino-Am&#233;ricains &#224; vendre un ou plusieurs de leurs attributs physiques en &#233;change de l'indispensable dollar &#8211; indispensable parce que l'autre aspect de l'ajustement structurel &#233;tait le d&#233;mant&#232;lement syst&#233;matique des services publics, sant&#233; et &#233;ducation. En m&#234;me temps que ceux-ci &#233;taient privatis&#233;s, ils devenaient accessibles &#224; une client&#232;le limit&#233;e nantie de dollars. Nul n'y &#233;chappait &#8211; m&#234;me pas Cuba, en d&#233;pit de ses pr&#233;tentions &#224; avoir &#233;chapp&#233; aux lois impitoyables de la survie dans le march&#233; global.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ALENA&lt;/span&gt; repr&#233;sentait &#224; certains &#233;gards une deuxi&#232;me &#233;tape de ce processus d'int&#233;gration et d'ajustement. C'&#233;tait le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;premier accord de commerce r&#233;gional &#224; avoir jamais &#233;t&#233; conclu entre &#233;conomies du premier et du tiers monde&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; m&#234;me si le Mexique &#233;tait l'une des plus importantes des &#233;conomie non m&#233;tropolitaines &#8211; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;dans lequel la technologie de pointe, l'agriculture de subsistance, le capital financier global, un ch&#244;mage massif et des syst&#232;mes l&#233;gaux et politiques diff&#233;rents &#233;taient m&#233;lang&#233;s pour la premi&#232;re fois&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce que l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ALENA&lt;/span&gt; garantissait &#233;tait la suppression de toutes les barri&#232;res douani&#232;res et restrictions &#224; l'investissement &#233;tranger, m&#234;me pour les financements &#233;tatiques. Dans l'agriculture, tous les droits de douane devaient &#234;tre supprim&#233;s sur 15 ans, ce qui signifiait la disparition pure et simple de toutes les entreprises petites et moyennes dans les secteurs du sucre, du ma&#239;s et des l&#233;gumes. M&#234;me le secteur symboliquement sacr&#233; du Mexique &#8211; la production de p&#233;trole &#8211; fut partiellement ouvert, et l'industrie financi&#232;re avait d&#233;j&#224; ouvert des zones importantes &#224; l'investissement &#233;tranger &#8211; les assurances et le march&#233; des actions, par exemple &#8211; avec la perspective de l'&#233;limination de toutes les barri&#232;res financi&#232;res &#224; l'horizon 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pr&#233;sident d'alors, Carlos Salinas de Gortari, &#233;tait un converti, tardif mais enthousiaste, &#224; l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ALENA&lt;/span&gt;. La fortune personnelle &#233;norme qu'il accumula, et son implication t&#233;n&#233;breuse dans toutes sortes de coups fourr&#233;s, y compris l'&#233;limination de ses concurrents et opposants politiques, peuvent expliquer cette conversion. De plus, il &#233;tait le pr&#233;sident du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRI&lt;/span&gt;, le Parti R&#233;volutionnaire Institutionnel qui avait gouvern&#233; le Mexique sous une forme ou sous une autre depuis les ann&#233;es 20, et qui &#233;tait en fait la machine politique de l'&#201;tat. Il constituait, dans tous les sens du terme, une dictature bureaucratique dans laquelle l'&#233;lection tous les six ans d'un nouveau pr&#233;sident n'indiquait qu'un transfert de pouvoir entre les diverses composantes de l'&#233;lite gouvernementale. Ainsi, lorsque Salinas annon&#231;a que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;ce qui est le plus satisfaisant en fin de compte c'est que nous avons r&#233;alis&#233; un &#233;quilibre qui est bon pour les trois pays&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, il avait toutes les raisons de penser qu'avec un tel degr&#233; de contr&#244;le &#233;conomique, les victimes du nouvel accord ne pourraient mettre en p&#233;ril le lancement officiel, tant vant&#233;, de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ALENA&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il &#233;tait profond&#233;ment dans l'erreur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_122 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L400xH263/mujeres_zapatistas-f0492.jpg' width='400' height='263' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mont&#233;e des foulards rouges&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement arm&#233; qui s'empara de la ville de San Crist&#243;bal de las Casas, capitale de l'&#201;tat mexicain m&#233;ridional du Chiapas, n'aurait pu constituer un contraste plus saisissant avec la clique de politiciens et d'hommes d'affaires internationaux aux costards impeccables (parmi lesquels Clinton et Salinas) qui s'&#233;tait assembl&#233;e pour signer les documents de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ALENA&lt;/span&gt;. C'&#233;tait des indig&#232;nes, membres des quelque 21 groupes ethniques qui occupaient l'int&#233;rieur et les alentours de la for&#234;t du Lacand&#243;n pr&#232;s de la fronti&#232;re guat&#233;malt&#232;que. Ils parlaient toute une vari&#233;t&#233; de langues. Leurs armes se limitaient &#224; des fusils &#8211; et certains insurg&#233;s ne portaient que des imitations en bois. Leur costume &#233;tait souvent fait &#224; la main &#8211; des couvertures de fabrication locale, des sandales rustiques, des passe-montagne de laine pour dissimuler leurs visages. Qu'est-ce qui pouvait &#234;tre plus &#233;loign&#233; du monde de biens de consommation et de flux financiers multinationaux qui &#233;tait celui des signataires de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ALENA&lt;/span&gt; &#8211; d'autant plus qu'ils parlaient &lt;i&gt;tojolobal&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;tzotzil&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;k'iche&lt;/i&gt; plut&#244;t que l'anglais du march&#233; global&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourtant dans leur r&#233;gion apparemment &#233;loign&#233;e les pourparlers conduits dans des bureaux confortables &#224; l'air conditionn&#233; modelaient et frappaient leur vie quotidienne. La distance n'&#233;tait qu'apparente. La serre d'acier du march&#233; global tenait aussi leurs vies en son pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les ethnies auxquelles ils appartenaient constituaient quelques-uns des 10 et quelque millions d'indig&#232;nes du Mexique &#8211; des gens dont les conditions d'existence et le niveau de vie &#233;taient parmi les plus bas sur le continent. Des 3 millions environ de r&#233;sidents du Chiapas &#224; cette &#233;poque, un tiers &#233;taient illettr&#233;s &#8211; tr&#232;s majoritairement des indig&#232;nes. La moiti&#233; de la population vivait dans des maisons sans eau courante, encore une fois la plupart d'entre eux membres de minorit&#233;s ethniques. Les maladies &#233;taient omnipr&#233;sentes, l'esp&#233;rance de vie plus basse que dans n'importe quelle section de la population mexicaine (90 millions d'habitants), et 39% de la population gagnait moins que le salaire minimum, avec une mortalit&#233; infantile (pr&#232;s de 55 pour 1000) parmi les plus &#233;lev&#233;es du pays, sinon de la r&#233;gion. Comme le dit la Premi&#232;re D&#233;claration de la For&#234;t de Lacand&#243;n&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;On nous a refus&#233; l'&#233;ducation la plus &#233;l&#233;mentaire, pour nous utiliser comme de la chair &#224; canon et pour piller la richesse de notre pays sans aucune consid&#233;ration pour le fait que nous mourons de faim et de maladies curables&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sans aucun souci pour le fait que nous n'avons rien, absolument rien&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pas de toit digne de ce nom, ni terre ni travail, pas de sant&#233;, de nourriture ou d'&#233;ducation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sans droit d'&#233;lire nos autorit&#233;s librement et d&#233;mocratiquement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sans ind&#233;pendance des &#233;trangers, sans paix ni justice pour nous ou pour nos enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui nous disons basta&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ca suffit&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le Chiapas produisait la moiti&#233; de l'&#233;nergie hydro-&#233;lectrique du Mexique, &#233;tait le plus important &#201;tat producteur de caf&#233; et produisait la deuxi&#232;me quantit&#233; de p&#233;trole apr&#232;s Veracruz. Il &#233;tait aussi de plus en plus important dans la production de b&#233;tail. Le contraste parle de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les chiffres, cependant, dissimulent une exp&#233;rience historique sp&#233;cifique, qui se situe aux racines m&#234;me du mouvement zapatiste et explique jusqu'&#224; un certain point ses formes d'organisations caract&#233;ristiques et son langage symbolique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 30, sous la pr&#233;sidence populiste de Lazaro C&#225;rdenas, l'une des revendications essentielles des r&#233;volutionnaires paysans dirig&#233;s par Emiliano Zapata commen&#231;a &#224; &#234;tre satisfaite &#8211; l'expropriation des terres agricoles et leur redistribution sous la forme de parcelles communales appel&#233;es &lt;i&gt;ejidos&lt;/i&gt;. Au cours des ann&#233;es 30, la redistribution continua, bien que les terres remises aux &lt;i&gt;ejidos&lt;/i&gt; fussent plut&#244;t des terres marginales, distantes des routes et des services d'infrastructure et souvent non cultiv&#233;es auparavant, dans la For&#234;t du Lacand&#243;n et les bassins fluviaux. Les b&#233;n&#233;ficiaires en &#233;taient essentiellement des communaut&#233;s indig&#232;nes. En m&#234;me temps que l'&#233;conomie agricole du Chiapas connaissait une croissance dans les ann&#233;es 60 et 70, l'&#233;levage du b&#233;tail devint le secteur d'activit&#233; le plus important &#8211; et alors que les &lt;i&gt;ejidos&lt;/i&gt; &#233;levaient du b&#233;tail celui-ci &#233;tait essentiellement vendu &#224; l'&#233;tat de veaux aux grandes exploitations productrices de b&#233;tail pour le march&#233; national et international. En fait, la terre des &lt;i&gt;ejidos&lt;/i&gt; &#233;tait elle-m&#234;me de plus en plus sous-lou&#233;e &#224; de plus gros fermiers individuels ou aux grandes exploitations &#8211; m&#234;me si c'&#233;tait express&#233;ment interdit par la l&#233;gislation originale. Dans les ann&#233;es 70, de nombreux membres des &lt;i&gt;ejidos&lt;/i&gt; se retrouv&#232;rent dans la situation d'ouvriers agricoles sur la terre dont ils &#233;taient en principe les propri&#233;taires collectifs. Dans la m&#234;me d&#233;cennie la production de b&#233;tail doubla (de 2 millions &#224; pr&#232;s de 4 millions de t&#234;tes), occupant de plus en plus de terres, et un boom p&#233;trolier attira de plus en plus de main d'&#339;uvre des campagnes vers les villes du nord-est du Chiapas. En m&#234;me temps, une demande croissante d'&#233;lectricit&#233; de la part d'une &#233;conomie urbaine en expansion provoqua directement l'inondation de 100.000 hectares de bonnes terres arables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Evidemment, il y avait une r&#233;sistance. L'&#233;v&#234;que Samuel Ruiz, nomm&#233; &#224; son poste malgr&#233; la protestation v&#233;h&#233;mente de l'&#233;glise conservatrice, avait d&#233;j&#224; organis&#233; une conf&#233;rence de paysans en octobre 1974, dans laquelle 527 d&#233;l&#233;gu&#233;s repr&#233;sentaient 327 communaut&#233;s indig&#232;nes. Les probl&#232;mes essentiels abord&#233;s par ce congr&#232;s concernaient les accaparements agressifs des grandes exploitations bovines sur les terres communales, la corruption des officiels gouvernementaux et leur complicit&#233; avec les grands propri&#233;taires terriens, et l'absence de droit du travail pour les salari&#233;s des plantations. Les communaut&#233;s indiennes et les fermiers d&#233;crivaient comment les fonctionnaires locaux contr&#244;laient l'acc&#232;s aux march&#233;s, d'une part, et le cr&#233;dit, de l'autre, une exploitation renforc&#233;e par l'absence de droits culturels (fondamentalement le droit d'utiliser leur propre langue) et une &#233;tonnante absence des structures sanitaires les plus &#233;l&#233;mentaires. La r&#233;ponse du gouvernement au congr&#232;s prit dans la pratique la forme du meurtre par l'arm&#233;e de six paysans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les tensions furent exacerb&#233;es par la crise du d&#233;but des ann&#233;es 80, qui commen&#231;a avec la d&#233;valuation de 1982. Le gouvernement de De la Madrid (1982-1988) franchit les premiers pas vers les politiques d&#233;lib&#233;r&#233;es d'ajustement structurel introduites par le r&#233;gime de Salinas. Ainsi, le sauvetage de l'&#233;conomie mexicaine organis&#233; par les institutions financi&#232;res internationales et le capital priv&#233; am&#233;ricain comportait non seulement l'augmentation massive de la dette, mais aussi des conditions et des obligations que De la Madrid appliqua avec enthousiasme. Le r&#233;sultat fut un effondrement des salaires r&#233;els de pr&#232;s de 40%, des r&#233;ductions de d&#233;penses sociales de plus de 40%, une augmentation du ch&#244;mage de 15% (de 9 &#224; 24% dans la population &#233;conomiquement active) et un programme rampant de privatisations. Le r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral faisait appara&#238;tre une redistribution dramatique de la richesse en direction des riches &#8211; la part du travail dans le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PIB&lt;/span&gt; passant de 41 &#224; 29%). Au Chiapas m&#234;me, la situation g&#233;n&#233;rale connut des formes extr&#234;mes&#160;: une augmentation de 400% de l'exportation de b&#233;tail entre 1982 et 1987, le nombre de troupeaux baissant de fa&#231;on significative, et l'industrie de plus en plus concentr&#233;e dans un nombre de mains de plus en plus restreint. La suppression de l'agence &#233;tatique &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;INMECAFE&lt;/span&gt; mit les petits producteurs de caf&#233; &#224; la merci des interm&#233;diaires agissant pour le compte du march&#233; international &#8211; avec pour r&#233;sultat l'effondrement virtuel de la petite production caf&#233;i&#232;re. Tout au long de cette p&#233;riode, les communaut&#233;s r&#233;sist&#232;rent, s'organis&#232;rent et r&#233;pliqu&#232;rent. Le gouvernement, quant &#224; lui, mit en place des r&#233;formes occasionnelles et des redistributions de terres. Mais aucune d'entre elles ne visait &#224; modifier en profondeur les formes de propri&#233;t&#233; rurale ou de distribution des revenus. Comme &#224; l'accoutum&#233;e, l'&#201;tat et le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRI&lt;/span&gt;, son expression politique, utilis&#232;rent l'octroi de terres et de subventions aux &lt;i&gt;ejidos&lt;/i&gt; comme instrument de supervision et m&#233;thode de contr&#244;le politique &#8211; avec la mise en place d'une direction locale cliente pour laquelle les subsides et les titres de propri&#233;t&#233; &#233;taient des r&#233;compenses pour leur all&#233;geance au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRI&lt;/span&gt;. Bien que tout ceci r&#233;uss&#238;t souvent &#224; troubler et diviser la r&#233;sistance &#233;mergeant &#224; la base, cela ne pouvait mettre un coup d'arr&#234;t au d&#233;veloppement d'organisations ind&#233;pendantes telles que les zapatistes. En 1989-90 le gouverneur &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRI&lt;/span&gt; du Chiapas, Paztrocinio Gonzalez Garrido, lui-m&#234;me riche baron du b&#233;tail, mit en place une campagne r&#233;pressive contre les organisations indig&#232;nes de r&#233;sistance, tout en s'appropriant simultan&#233;ment les terres communales et les petites exploitations pour les absorber dans les grands domaines agricoles. Les protestations paysannes furent bris&#233;es par des bandes arm&#233;es, les droits communaux ignor&#233;s, les dirigeants du mouvement enlev&#233;s et emprisonn&#233;s. En 1991, un groupe de femmes d'Ecatepec organisa un sit-in de protestation au centre de Mexico, et l'ann&#233;e suivante la r&#233;pression violente d'une r&#233;union des organisations indig&#232;nes provoqua une marche pendant 6 semaines de 400 personnes de Palenque &#224; Mexico, qui rompit finalement la conspiration du silence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_121 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH336/101005-Subcomandante_Marcos-bbf2d.jpg' width='500' height='336' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mont&#233;e irr&#233;sistible du zapatisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui pensaient que le mouvement zapatiste &#233;tait une explosion virtuellement spontan&#233;e contre le n&#233;olib&#233;ralisme et ses strat&#233;gies &#233;taient tout simplement dans l'erreur. L'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EZLN&lt;/span&gt; &#233;tait un mouvement dont la date de fondation suscite encore des controverses, mais qui s'&#233;tait constitu&#233; &#224; tout le moins cinq ans avant le soul&#232;vement de 1994. Et ce qui est plus important, il int&#233;grait 20 ann&#233;es de lutte pratiquement continue et d&#233;termin&#233;e de la part de tout un ensemble de communaut&#233;s et d'organisations contre les dommages occasionn&#233;s non pas tant par des d&#233;cisions tactiques sp&#233;cifiques que par le d&#233;veloppement du capitalisme mexicain lui-m&#234;me. Le fait que la plupart de ceux qui &#233;taient impliqu&#233;s dans la r&#233;sistance &#233;taient attach&#233;s &#224; des traditions culturelles indig&#232;nes et parlaient espagnol de fa&#231;on imparfaite ne les mettait pas &#224; l'abri des processus d'accumulation d&#233;cid&#233;s et organis&#233;s, dans des cadres profond&#233;ment diff&#233;rents, par des gens qui n'avaient rien de commun avec eux. Pas plus la technologie souvent sommaire qu'ils utilisaient dans un syst&#232;me de production habituellement bas&#233; sur le travail intensif, ou l'absence de la protection sociale la plus &#233;l&#233;mentaire, ne signifiaient qu'ils se situaient en dehors des cercles de la reproduction d'un syst&#232;me capitaliste international. Mais cela servait &#224; montrer &#224; quel point ils &#233;taient &#233;loign&#233;s de tout syst&#232;me de repr&#233;sentation &#8211; d'une voix politique, dont leurs langues ethniques multiples et peu comprises symbolisaient l'absence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant 1992-94 marqua un changement qualitatif dans le caract&#232;re de l'organisation et de la lutte des paysans du Chiapas. Il est important de r&#233;p&#233;ter que, en m&#234;me temps qu'il peut satisfaire une mythologie essentiellement occidentale sur la fa&#231;on dont les opprim&#233;s commencent &#224; r&#233;sister, il n'est tout simplement pas vrai que la transformation de la lutte indig&#232;ne de la r&#233;gion a &#233;t&#233; spontan&#233;e ou instinctive. Elle ne confirme pas un mod&#232;le du soul&#232;vement des innocents, une ultime d&#233;fense de tranch&#233;e de formes de vie anciennes et perdurantes. Il y a l&#224; une population qui avait lutt&#233; pour fonctionner au sein d'une &#233;conomie moderne et face aux assauts des repr&#233;sentants d'un capitalisme global agressif qui avait depuis longtemps p&#233;n&#233;tr&#233; les recoins les plus &#233;loign&#233;s de la r&#233;gion du Chiapas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce que 1992 a marqu&#233;, en tout &#233;tat de cause, c'est un changement important dans les formes de lutte et dans l'id&#233;ologie de l'insurrection paysanne. Un &#233;l&#233;ment cl&#233; fut la d&#233;cision prise par Salinas de r&#233;voquer l'article 27 de la Constitution mexicaine&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'&#233;tait une d&#233;cision &#224; la r&#233;sonance profonde et &#224; la signification tr&#232;s large. L'article 27 faisait r&#233;f&#233;rence &#224; la promesse d'une r&#233;forme agraire et au droit de propri&#233;t&#233; communale &#8211; sous l'empire de l'article r&#233;form&#233; la terre pouvait d&#233;sormais &#234;tre vendue et achet&#233;e, et l'engagement de l'&#201;tat dans le sens d'une r&#233;forme agraire officiellement abrog&#233;. Il est vrai que l'article 27 avait &#233;t&#233; plus souvent viol&#233; que respect&#233; &#8211; il n'en restait pas moins une expression de la d&#233;finition de la nature id&#233;ale de l'&#201;tat. Il &#233;tait le drapeau de l'aile radicale de la r&#233;volution mexicaine de 1910-1917, dont le slogan &lt;i&gt;Tierra y Libertad&lt;/i&gt; &#233;tait personnifi&#233; par le dirigeant des insurg&#233;s ruraux, Emiliano Zapata.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La survie de l'&#201;tat mexicain post-r&#233;volutionnaire, compromis entre la nouvelle classe politique n&#233;e de la p&#233;riode de lutte militaire et des secteurs de l'ancienne oligarchie fonci&#232;re, d&#233;pendait essentiellement de sa capacit&#233; &#224; maintenir une h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique et un contr&#244;le politique sur les travailleurs agricoles et la paysannerie, d'une part, et la classe ouvri&#232;re en formation, de l'autre. Le pr&#233;lude &#224; la formation du nouvel &#201;tat fut le meurtre de Zapata lui-m&#234;me, en 1919, parce qu'il n'aurait pas tol&#233;r&#233; un consensus faisant de lui un membre de la nouvelle &#233;lite dirigeante abandonnant &#224; jamais l'engagement envers la socialisation des terres. On a pr&#233;tendu que Zapata &#233;tait un r&#233;volutionnaire paysan dont les buts se bornaient &#224; une r&#233;forme agraire radicale, et qu'il &#233;tait incapable de briser avec un tel cadre limit&#233; pour prendre en compte les connexions entre les secteurs s&#233;par&#233;s de la lutte des classes &#8211; et qu'en cons&#233;quence son mouvement n'&#233;tait gu&#232;re plus qu'une jacquerie, un soul&#232;vement paysan. Adolfo Gilly, entre autres, fournit la preuve qu'au cours de la lutte arm&#233;e la vision de Zapata avait &#233;volu&#233;, s'&#233;tait d&#233;velopp&#233;e et profond&#233;ment transform&#233;e. Mais les circonstances et le rythme de ce changement, et les asym&#233;tries entre les d&#233;veloppements politiques en dehors et &#224; l'int&#233;rieur du propre mouvement de Zapata fournissent la structure narrative de l'histoire de cette &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;volution inachev&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et sugg&#232;rent des parall&#232;les entre le v&#233;cu de Zapata lui-m&#234;me et le mouvement qui devait prendre son nom quelque 80 ans plus tard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La base de Zapata &#233;tait l'&#201;tat de Morelos, au sud du Mexique, et la province voisine de Puebla. Le Morelos &#233;tait un centre de l'industrie sucri&#232;re en expansion dans le Mexique du d&#233;but du 20&#232;mesi&#232;cle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la croissance des plantations s'&#233;tait r&#233;alis&#233;e aux d&#233;pens des communaut&#233;s rurales qui poss&#233;daient et travaillaient la terre, souvent de mani&#232;re communale, pour produire essentiellement des cultures alimentaires. En m&#234;me temps que les plantations connaissaient une expansion, leurs terres &#233;taient envahies et vol&#233;es avec le soutien actif de la c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;guardia rural&lt;/i&gt;, les gardes ruraux arm&#233;s, command&#233;s et contr&#244;l&#233;s par celui qui &#233;tait depuis 30 ans le dictateur du Mexique, Porfirio Diaz. Le manifeste r&#233;volutionnaire que Zapata proclama en f&#233;vrier 1911, le &lt;i&gt;Plan de Ayala&lt;/i&gt;, exprimait les revendications de sa classe de petits fermiers et de leurs communaut&#233;s &#8211; pour des droits fonciers communaux et la libert&#233; politique. En forgeant une alliance avec la vieille classe des propri&#233;taires fonciers, les dirigeants du nouvel &#201;tat mexicain se tourn&#232;rent contre le mouvement rural.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fin novembre 1914, Zapata et Pancho Villa entr&#232;rent &#224; Mexico, mettant fin &#224; la tentative de Victoriano Huerta de restaurer l'ancien r&#233;gime. Pendant un mois ou deux ils eurent le contr&#244;le effectif du gouvernement. Mais aucun n'avait envisag&#233; la conqu&#234;te du pouvoir d'&#201;tat &#8211; et ils se retir&#232;rent sur leurs bases r&#233;gionales. Il n'y avait aucun doute que leur pr&#233;sence dans la capitale avait effray&#233; la nouvelle bourgeoisie &#8211; ils avaient expuls&#233; la menace contre-r&#233;volutionnaire de Huerta, mais, cela fait, devinrent eux-m&#234;mes un obstacle &#224; la constitution d'un nouvel &#201;tat national. En l'espace d'un mois, Carranza, un riche propri&#233;taire terrien qui avait &#233;t&#233; gouverneur d'&#201;tat sous la dictature de Diaz, devint le dirigeant du nouveau Mexique. Son projet national fut clairement d&#233;fini par un premier d&#233;cret reconnaissant le droit &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre. Il &#233;tait &#233;vident, d&#232;s lors, qu'il consid&#233;rait comme sa t&#226;che primordiale de mobiliser des forces contre Zapata et Villa, y incluant les tristement c&#233;l&#232;bres Bataillons Rouges engag&#233;s contre Zapata. Au fur et &#224; mesure que l'offensive contre Zapata progressait, il fut de plus en plus repouss&#233; dans sa place forte du Morelos o&#249; il &#233;tait pratiquement assi&#233;g&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En m&#234;me temps, cependant, Zapata et ses conseillers mettaient en place une s&#233;rie de d&#233;crets et cr&#233;aient un ensemble d'organisations &#224; l'int&#233;rieur de la province assi&#233;g&#233;e, qui sugg&#232;rent que la pens&#233;e sociale et politique de Zapata s'orientait rapidement dans un sens de plus en plus radical. Assi&#233;g&#233; par une arm&#233;e nationale, Zapata commen&#231;a &#224; reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; d'une alliance entre les paysans et les ouvriers, de la socialisation de la terre et de la propri&#233;t&#233;, et de formes d&#233;mocratiques radicales. Il n'&#233;tait d'aucune mani&#232;re un paysan illettr&#233; &#8211; il avait &#233;t&#233; en contact avec les id&#233;es anarchistes d&#232;s son plus jeune &#226;ge. La m&#233;fiance envers la bourgeoisie qu'elles professaient et l'accent mis sur l'action de masse l'avaient convaincu, mais son refus de consid&#233;rer les probl&#232;mes du pouvoir politique et du contr&#244;le de l'&#201;tat expliquent en grande partie la d&#233;cision de Zapata de se retirer de Mexico (et de la bataille pour la conqu&#234;te du pouvoir) au d&#233;but de 1915. Sa reconsid&#233;ration critique de cette exp&#233;rience se produisait (tragiquement) dans les circonstances du si&#232;ge, avec peu de possibilit&#233;s de rentrer en contact avec le mouvement urbain de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette exp&#233;rience, cette histoire, est porteuse d'une incontestable le&#231;on pour ceux qui, &#224; la fin du si&#232;cle, ont endoss&#233; l'h&#233;ritage de Zapata.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_123 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH495/Emiliano_Zapata_1-53082.jpg' width='500' height='495' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un chemin moins fr&#233;quent&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'action arm&#233;e de ce jour de janvier &#224; San Crist&#243;bal fut limit&#233;e et tr&#232;s rapidement contenue &#8211; bien qu'il y e&#251;t d'autres actions simultan&#233;es contre des postes de police locaux et des casernes ailleurs dans la r&#233;gion connue comme Las Ca&#241;adas, en gros la for&#234;t de Lacand&#243;n. En fait, ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re action arm&#233;e de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EZLN&lt;/span&gt;. La d&#233;cision de passer &#224; la lutte arm&#233;e avait &#233;t&#233; prise lors d'une r&#233;union des dirigeants des communaut&#233;s indig&#232;nes en 1992. Le moment de cet accord correspondait &#224; l'abandon crucial de l'article 27 de la constitution&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'&#201;tat ne pouvait plus &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un d&#233;fenseur potentiel des droits fonciers des indig&#232;nes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on ne pouvait pas davantage, comme l'avait montr&#233; en particulier l'exp&#233;rience des quatre ann&#233;es de gouvernorat de Gonz&#225;lez Garrido, faire confiance &#224; ses repr&#233;sentants pour d&#233;fendre les autres droits consacr&#233;s par la constitution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant la guerre &#233;tait rest&#233;e presque compl&#232;tement secr&#232;te jusqu'au 1erjanvier 1994 &#8211; malgr&#233; l'impact de la marche de protestation de 1992, qui avait port&#233; pour la premi&#232;re fois la lutte rurale au c&#339;ur de la capitale. Ensuite, les actions arm&#233;es limit&#233;es provoqu&#232;rent un &#233;cho extraordinaire et rapide en dehors du Chiapas, ce qui retint presque certainement Salinas de r&#233;pliquer par la r&#233;pression militaire que lui-m&#234;me et les pr&#233;sidents pr&#233;c&#233;dents avaient utilis&#233;e comme instrument essentiel de r&#232;glement des probl&#232;mes des populations du Chiapas. Ce coup-ci, le gouvernement annon&#231;a, le 12&#160;janvier 1994, un cessez-le-feu unilat&#233;ral. En six semaines, le 20&#160;f&#233;vrier, des pourparlers de paix commenc&#232;rent &#224; San Crist&#243;bal sous la pr&#233;sidence de l'&#233;v&#234;que Samuel Ruiz. C'est &#224; ce moment-l&#224; que la d&#233;l&#233;gation de zapatistes, aux visages masqu&#233;s de passe-montagne, portant des v&#234;tements indig&#232;nes, devint un ph&#233;nom&#232;ne internationalement reconnu, et particuli&#232;rement leur porte-parole central, le sous-commandant Marcos, qui parlait un bon espagnol. Bien qu'il appar&#251;t comme le dirigeant du mouvement, il proclamait avec insistance qu'il parlait au nom d'un Comit&#233; R&#233;volutionnaire Clandestin, dont les membres &#233;lus refl&#233;taient le spectre des communaut&#233;s et des ethnies qui constituaient l'Arm&#233;e Zapatiste de Lib&#233;ration Nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alma Guillermoprieto attribue enti&#232;rement la r&#233;ticence du gouvernement mexicain &#224; agir contre les zapatistes &#224; l'impact de Marcos&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'afflux &#233;norme et providentiel de soutiens en faveur d'un groupe qui &#233;tait pratiquement inconnu deux semaines auparavant, et qui &#233;tait partisan du renversement violent de l'&#201;tat, &#233;tait presque aussi &#233;tonnant que la r&#233;bellion elle-m&#234;me. Il aurait &#233;t&#233; inconcevable sans les communiqu&#233;s et les d&#233;clarations de l'homme qui &#224; l'&#233;poque se pr&#233;sentait seulement comme le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;porte-parole&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'insurrection, le sous-commandant Marcos.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de Marcos est sans aucun doute central, m&#234;me si le d&#233;bat autour de sa politique et de son r&#244;le dans la lutte a g&#233;n&#233;r&#233; plus de chaleur que de lumi&#232;re. Mais Guillermoprieto elle-m&#234;me exprime le genre de consid&#233;ration qui sera r&#233;p&#233;t&#233; dans les mois suivant l'insurrection dans le monde entier, par exemple que le mouvement &#233;tait &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;inconnu&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, par quoi elle voulait dire qu'il n'&#233;tait pas connu en dehors du Chiapas &#8211; et la tentation est grande, d&#232;s lors, de supposer qu'il n'existait pas du tout avant que des supporters ext&#233;rieurs multiples et vari&#233;s ne se saisissent de la cause zapatiste. Comme j'ai essay&#233; de le montrer plus haut, le zapatisme et les communaut&#233;s qui le composent ont une longue histoire. Deuxi&#232;mement, elle pr&#233;tend que l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EZLN&lt;/span&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#233;tait partisan du renversement violent de l'&#201;tat&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pourtant d'autres supporters enthousiastes proclament que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#224; l'inverse de presque toutes les r&#233;volutions pr&#233;c&#233;dentes, la r&#233;volution zapatiste n'a pas pour but la conqu&#234;te du pouvoir&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. La contradiction est fondamentale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marcos s'est form&#233; politiquement pendant le mouvement &#233;tudiant de 1968, qui s'est achev&#233; dans une sauvage r&#233;pression &#224; la veille de l'ouverture des Jeux Olympiques de cette ann&#233;e, et qui a vu plus de 500 &#233;tudiants abattus de sang froid au cours d'une r&#233;union publique sur la Place des Trois Cultures, Taletelolco, &#224; Mexico le 2&#160;octobre. Ceux des dirigeants qui n'avaient &#233;t&#233; ni tu&#233;s ni emprisonn&#233;s et tortur&#233;s entr&#232;rent souvent dans la clandestinit&#233; pour &#233;chapper &#224; leurs pers&#233;cuteurs gouvernementaux. Le mouvement &#233;tudiant de 1968 &#233;tait paralys&#233; par la discussion politique. La nouvelle g&#233;n&#233;ration de dirigeants &#233;tudiants, &#224; l'&#233;vidence influenc&#233;e par certaines notions antistaliniennes en provenance d'Europe et des &#201;tats-Unis, &#233;tait profond&#233;ment m&#233;fiante face aux r&#233;gimes autoritaires corrompus personnifi&#233;s par le pr&#233;sident mexicain d'alors, Diaz Ordaz. Le Parti Communiste, pour sa part, &#233;tait compromis depuis longtemps par sa complicit&#233; avec des &#233;l&#233;ments du groupe dirigeant et sa collusion avec la direction syndicale mexicaine extraordinairement corrompue. La tradition socialiste r&#233;volutionnaire avait peu de partisans au Mexique. S'il y avait un flambeau d'espoir r&#233;volutionnaire c'&#233;tait Cuba, espoir nourri au Mexique par une mythologie r&#233;volutionnaire nationale centr&#233;e par dessus tout sur Zapata &#8211; le symbole d'un id&#233;al r&#233;volutionnaire sans tache.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il &#233;tait d&#232;s lors logique que le mao&#239;sme prenne racine dans cette g&#233;n&#233;ration d'&#233;tudiants r&#233;volutionnaires &#224; la recherche d'une id&#233;ologie internationale, inscrite dans une tradition nationaliste et adapt&#233;e au repli sur la campagne qui avait suivi la r&#233;pression de 1968. Un document produit au milieu de 68, au cours du mouvement &#233;tudiant dans la capitale, faisait pr&#233;sager de la future orientation. Appel&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Hacia una Pol&#237;tica Popular&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;vers une politique populaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;), il avait &#233;t&#233; &#233;crit par Adolfo Orive, un assistant d'universit&#233; &#224; l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UNAM&lt;/span&gt; de Mexico qui &#233;tait le dirigeant reconnu du groupe. Le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;peuple&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; auquel il faisait r&#233;f&#233;rence refl&#233;tait une politique d'alliances bas&#233;e sur un bloc de plusieurs classes d&#233;finies par leur commune exclusion de l'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ligne de masse&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'organisation &#233;tait s&#233;v&#232;rement critique des organisations existant &#224; gauche, qu'elle voyait comme n'ayant que de faibles racines dans le mouvement de masse et bloqu&#233;e dans une relation, antagoniste mais permanente, avec le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRI&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;crasement du mouvement &#233;tudiant, certains militants tent&#232;rent &#8211; sans succ&#232;s &#8211; de cr&#233;er des groupes de gu&#233;rilla dans le Chihuahua, au nord, et le Guerrero (o&#249; il existait d&#233;j&#224; un mouvement local de r&#233;sistance arm&#233;e dirig&#233; par Genaro V&#225;squez) au sud. Ceux qui &#233;taient influenc&#233;s par la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PP&lt;/span&gt; (&lt;i&gt;Pol&#237;tica Popular&lt;/i&gt;), cependant, se tourn&#232;rent vers d'autres domaines, travaillant en particulier avec des groupes paysans, ou des groupes d'&#233;tudiants ou de squatters. Leur strat&#233;gie politique g&#233;n&#233;rale &#8211; la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ligne de masse&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; mentionn&#233;e plus haut &#8211; critiquait la lutte arm&#233;e et manifestait un profond scepticisme quant &#224; la conception l&#233;niniste du parti. Leur &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pol&#237;tica de dos caras&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (politique sur deux fronts) &#233;tait orient&#233;e vers une esp&#232;ce d'organisation politique marginale, &#224; l'abri de la r&#233;pression &#233;tatique et immerg&#233;e dans les mouvements de masse. La m&#233;thode d'organisation &#8211; d&#233;riv&#233;e en partie de l'exp&#233;rience de 1968 &#8211; &#233;tait appel&#233;e &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;una pol&#237;tica asamble&#237;sta&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; - la d&#233;mocratie directe au moyen de meetings de masse. Ren&#233; G&#243;mez et Marta Orantes, par exemple, &#233;taient deux jeunes agronomes mao&#239;stes qui all&#232;rent au Chiapas aux alentours de 1974 pour aider &#224; pr&#233;parer le Congr&#232;s des Indig&#232;nes organis&#233; par l'&#233;v&#234;que Ruiz. Quelque huit ann&#233;es plus tard, un autre militant issu de la m&#234;me tradition politique devait arriver dans la r&#233;gion et commencer la construction de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EZLN&lt;/span&gt; &#8211; Marcos.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'alliance entre des militants mao&#239;stes et des repr&#233;sentants de la th&#233;ologie de la lib&#233;ration comme Samuel Ruiz peut &#224; premi&#232;re vue sembler &#233;trange. Je suis cependant convaincu que ces deux courants politiques disparates ont model&#233; la rh&#233;torique politique qui devait devenir un tel objet de fascination pour les supporters du zapatisme &#224; travers le monde. Ce que les deux perspectives avaient en commun &#233;tait une insistance sur la d&#233;mocratie directe et l'activit&#233; individuelle, et une claire r&#233;action contre les variantes staliniennes du communisme, dont la triste histoire de compromis avec les dictatures et la bureaucratie &#233;tatique &#233;tait, bien qu'elle f&#251;t un ph&#233;nom&#232;ne qui se r&#233;p&#233;tait sur tout le continent, particuli&#232;rement frappante au Mexique. Cet antistalinisme s'exprimait sous la forme d'une hostilit&#233; profonde envers le concept de parti r&#233;volutionnaire, ou les caricatures du mod&#232;le l&#233;niniste qui avaient prolif&#233;r&#233; au cours de l'histoire la plus r&#233;cente de l'Am&#233;rique latine. Pour les courants mao&#239;stes, &#233;galement, l'int&#233;gration de Cuba dans le bloc sovi&#233;tique signifiait que ni Cuba elle-m&#234;me, ni l'esp&#232;ce de politique de gu&#233;rilla qu'elle avait soutenu jusqu'en 1968 ne pouvaient offrir d'alternative. Cette m&#233;fiance envers l'autoritarisme, et l'accent mis sur l'activit&#233; individuelle, en m&#234;me temps qu'un sentiment tr&#232;s fort de but moral, caract&#233;risaient &#233;galement les id&#233;es de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;th&#233;ologie de la lib&#233;ration&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; - un courant de pens&#233;e qui avait &#233;merg&#233; d'une s&#233;v&#232;re critique du r&#244;le de l'&#233;glise catholique dans la d&#233;fense des dictatures et la l&#233;gitimation de l'oppression. Exprim&#233;e &#224; l'occasion de deux conf&#233;rences &#233;piscopales tenues &#224; Medellin, en Colombie, en 1967, et &#224; Puebla, au Mexique, en 1969, la nouvelle th&#233;ologie &#233;tait personnifi&#233;e par Camilo Torres, le jeune pr&#234;tre colombien qui avait opt&#233; pour &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la lutte avec les pauvres&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, rejoint la gu&#233;rilla, et avait &#233;t&#233; tu&#233; en 1965. Des pr&#234;tres apparaissaient d&#233;sormais dans la direction d'organisations de lutte de masse dans toute l'Am&#233;rique latine &#8211; et soutenaient leur utilisation des armes l&#224; o&#249; la r&#233;pression &#233;tait la plus s&#233;v&#232;re, comme au Guatemala, au Salvador et en Colombie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, les luttes des ann&#233;es 80 produisirent tout une s&#233;rie de conflits internes entre les organisations et leurs directions. Au Chiapas, des factions mao&#239;stes s&#233;par&#233;es s'accusaient mutuellement de factionnisme et d'autoritarisme. Marcos et l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EZLN&lt;/span&gt; avaient entrepris un entra&#238;nement militaire en vue de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'auto-d&#233;fense&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, dont de nombreux secteurs de l'&#233;glise se m&#233;fiaient profond&#233;ment. D'autre part, de fa&#231;on paradoxale, c'&#233;taient les pr&#234;tres de la lib&#233;ration qui se m&#233;fiaient le plus des contacts avec les agences officielles (pour le cr&#233;dit, les n&#233;gociations fonci&#232;res, les services, etc.) dont beaucoup de cadres mao&#239;stes &#233;taient partisans &#8211; comme &#233;l&#233;ment de leur strat&#233;gie de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;politique sur deux fronts&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. En m&#234;me temps que les pressions et les tensions se d&#233;veloppaient au cours des ann&#233;es 80, un nouveau facteur se trouva inclus dans l'&#233;quation. Un &#233;vang&#233;lisme protestant agressif se montrait particuli&#232;rement actif au Guatemala, o&#249; le dictateur militaire Rios Montt &#233;tait un chr&#233;tien int&#233;griste (&lt;i&gt;born again&lt;/i&gt;), et au Nicaragua, o&#249; plus d'une centaine de sectes organisaient l'opposition aux sandinistes. Ils commenc&#232;rent &#224; s'organiser au Chiapas pendant la m&#234;me p&#233;riode, exploitant la m&#233;fiance vis-&#224;-vis de l'&#233;glise radicale parmi les paysans les plus ais&#233;s, posant les questions de discrimination sexuelle et particuli&#232;rement de contraception parmi des femmes qui avaient acquis de plus en plus de confiance en elles pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de leur r&#244;le dans les luttes de cette p&#233;riode.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, malgr&#233; l'influence croissante du fondamentalisme protestant et la m&#233;fiance profonde de la th&#233;ologie de la lib&#233;ration vis-&#224;-vis de l'&#201;tat mexicain, d'une part, et la r&#233;sistance &#224; la lutte arm&#233;e, d'autre part, en 1993 la majorit&#233; de la population indig&#232;ne du Chiapas &#233;tait pr&#234;te &#224; la guerre &#8211; et l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EZLN&lt;/span&gt; devait la mener en tant que manifestation de la d&#233;termination d&#233;mocratique des communaut&#233;s elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_124 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH445/EZLN-1-306f2.jpg' width='500' height='445' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais quel genre de guerre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce qui avait commenc&#233; comme une insurrection violente dans un r&#233;gion isol&#233;e se transforma en une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre &#233;lectronique sociale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; non-violente mais non moins efficace qui retenait l'attention des militants de partout et comportait des r&#233;percussions nationales et internationales pour le Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre &#233;lectronique sociale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;i&gt;(&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;social netwar&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;)&lt;/i&gt; ne m'&#233;tait certainement pas familier. Mais il d&#233;signe cet &#233;l&#233;ment du zapatisme qui a tant fascin&#233; hors du Mexique. Tout en portant des tenues indiennes et en se pr&#233;sentant au monde dans les langages multiples du Mexique indig&#232;ne, les zapatistes &#8211; et Marcos en particulier &#8211; ont utilis&#233; l'internet comme une libre avenue de communication. Le paradoxe est &#233;mouvant et curieusement beau. Les militaires am&#233;ricains qui ont cr&#233;&#233; cette autoroute d'information aux ramifications multiples pour faciliter les communications internes ne l'avaient certainement pas destin&#233;e &#224; &#234;tre utilis&#233;e pour g&#233;n&#233;rer la solidarit&#233; envers une lutte arm&#233;e dans une forteresse isol&#233;e du Mexique m&#233;ridional. Il y a quelque chose dans la nature des messages envoy&#233;s par Marcos qui saisit l'imagination. Le langage du zapatisme est un curieux m&#233;lange de registres&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est &#224; l'&#233;vidence familier avec les cat&#233;gories du d&#233;bat politique et de l'&#233;conomie moderne, pourtant les communiqu&#233;s sont aussi pleins d'un langage visionnaire habituellement plus associ&#233; avec la rh&#233;torique religieuse, aussi bien que les mythes et les paraboles qui ont leur source dans les cultures orales de la r&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par dessus tout, il &#233;tait porteur d'une charge morale puissante. Nous avions l&#224; les plus pauvres en train de s'adresser directement aux plus riches et aux plus puissants. Les messages de Marcos pouvaient sauter par dessus les troupes assi&#233;geantes (environ 12.000 soldats) que Salinas avait imm&#233;diatement envoy&#233;es au Chiapas. Si Salinas a accept&#233; un cessez-le-feu juste 12 jours apr&#232;s le soul&#232;vement, nous pouvons supposer qu'il a agi ainsi dans la conviction que les zapatistes, qui &#233;taient retourn&#233;s dans leurs communaut&#233;s, pouvaient &#234;tre assi&#233;g&#233;s, &#233;trangl&#233;s et finalement d&#233;faits. Le fait qu'ils ne l'aient pas &#233;t&#233; avait incontestablement &#224; voir avec leur capacit&#233; &#224; parler &#224; un monde qui les &#233;coutait et avec le mouvement de solidarit&#233; presque instantan&#233; qu'ils avaient g&#233;n&#233;r&#233;, en particuliers parmi les &#233;tudiants et les salari&#233;s de Mexico.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Salinas, avec la perspective des &#233;lections et le regard du monde braqu&#233; sur le Mexique, le Chiapas &#233;tait une nuisance. Son candidat d&#233;sign&#233;, Colosio, fut assassin&#233; en juin pour des raisons qui demeurent obscures. Le dirigeant du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRI&lt;/span&gt;, Ruiz Massieu, &#233;tait mis &#224; mort trois mois plus tard. Au Chiapas, les n&#233;gociations de San Crist&#243;bal, commenc&#233;es le 21&#160;f&#233;vrier, retenaient massivement l'attention des m&#233;dias et d'un flux croissant de touristes, curieux de voir ces &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;rebelles des collines&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. L'industrie des effigies de Marcos et des souvenirs se mit en place tr&#232;s rapidement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La confrontation arm&#233;e entre les zapatistes et l'&#201;tat mexicain avait d&#233;j&#224; cess&#233;. Au cours des quelque sept ann&#233;es &#233;coul&#233;es depuis le soul&#232;vement, le nombre de Mexicains en armes dans la r&#233;gion a quadrupl&#233;, l'encerclement des zapatistes est presque termin&#233;, la zone qu'ils contr&#244;lent a &#233;t&#233; r&#233;duite, des incursions continuelles dans leurs communaut&#233;s ont fait beaucoup de victimes, et les survivants sont priv&#233;s d'eau, d'&#233;lectricit&#233; et d'acc&#232;s mat&#233;riel au monde ext&#233;rieur. Pourtant il n'y a pas eu de retour de la guerre (autre que la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre &#233;lectronique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque Marcos et les n&#233;gociateurs sont revenus devant les communaut&#233;s avec un trait&#233; de paix &#224; la fin de mars 1994, les partisans de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EZLN&lt;/span&gt; ont rejet&#233; les accords. Le moment &#233;tait tr&#232;s significatif, trois mois avant les &#233;lections pr&#233;sidentielles. Ernesto Zedillo, le candidat de Salinas pour remplacer Colosio assassin&#233;, &#233;tait le candidat du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRI&lt;/span&gt; &#8211; une garantie virtuelle, au moins jusque l&#224;, d'une victoire totale. Les autres candidats &#233;taient Vicente Fox, homme d'affaires de droite et candidat du parti catholique &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PAN&lt;/span&gt;, et Cuauht&#233;moc C&#225;rdenas, le fils du pr&#233;sident qui avait distribu&#233; les terres pour la premi&#232;re fois, et candidat du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRD&lt;/span&gt; (Parti R&#233;volutionnaire D&#233;mocratique), une organisation de coalition comportant des sociaux d&#233;mocrates, des nationalistes de gauche, et un certain nombre d'anciens membres du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRI&lt;/span&gt; qui avaient suivi C&#225;rdenas en 1987. Dans l'&#233;lection de 1988, C&#225;rdenas &#233;tait consid&#233;r&#233; comme le grand espoir de la gauche &#8211; un champion de la r&#233;forme, de la d&#233;mocratisation et du changement. Bien que le candidat f&#251;t tout sauf charismatique dans ses apparitions publiques, il r&#233;ussit &#224; gagner le soutien de larges sections de la soci&#233;t&#233; mexicaine aspirant au changement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si le syst&#232;me informatique de comptabilisation du scrutin n'avait pas inexplicablement fait naufrage au moment o&#249; les derniers votes &#233;taient saisis, il aurait presque certainement gagn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les six ann&#233;es &#233;coul&#233;es il avait perdu beaucoup de son importance symbolique. C'&#233;tait un r&#233;formateur, peut-&#234;tre, mais plut&#244;t &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me. De fa&#231;on r&#233;p&#233;t&#233;e le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRD&lt;/span&gt; avait n&#233;goci&#233; avec Salinas plut&#244;t que de s'opposer &#224; lui, et le large &#233;ventail des luttes contre la politique &#233;conomique de Salinas n'avait pas toujours pu compter sur son soutien. Pour C&#225;rdenas, les zapatistes repr&#233;sentaient une opportunit&#233; en or de se refaire une virginit&#233; d'oppositionnel. Les &#233;lections approchant, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRD&lt;/span&gt; s'identifiait de fa&#231;on opportuniste avec le large soutien populaire pour les zapatistes &#224; travers le pays. Du point de vue de l'enclave zapatiste assi&#233;g&#233;e dans le Chiapas, s'adressant au moyen des ondes &#224; un public immense, mais d&#233;connect&#233;e de lui sur le plan organisationnel, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRD&lt;/span&gt; fournissait un r&#233;seau de contacts au-del&#224; du Chiapas. En m&#234;me temps, Marcos n'&#233;tait pas aveugle au point de ne pas se rendre compte que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRD&lt;/span&gt; utilisait le mouvement &#224; des fins &#233;lectorales, et il tenta de pousser C&#225;rdenas &#224; satisfaire dans les faits les 32 revendications que l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EZLN&lt;/span&gt; avait pr&#233;sent&#233;es au gouvernement lors des n&#233;gociations de f&#233;vrier. Finalement, C&#225;rdenas perdit &#224; nouveau les &#233;lections et se consacra &#224; conqu&#233;rir le poste puissant de maire de Mexico, qu'il gagna trois ans plus tard. D&#232;s l'an 2000, son soutien avait d&#233;clin&#233; et Fox, candidat du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PAN&lt;/span&gt;, remporta une &#233;lection largement d&#233;mocratique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a beaucoup comment&#233; la nature fr&#233;quemment paradoxale des interminables bulletins adress&#233;s par Marcos au monde. Souvent po&#233;tiques, personnels, analytiques et m&#233;thodiques en m&#234;me temps, leur curieux langage lyrique a souvent &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233; comme le nouveau langage politique d'une r&#233;volution postmoderne. Les origines du mouvement marient un sens des r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques et politiques de la mondialisation avec une qualit&#233; visionnaire de haut niveau moral qui fait &#233;cho aux m&#233;taphores du langage religieux. Les incursions occasionnelles de Marcos dans la fable ou le conte pour enfants sont charmantes, et souvent puissantes dans leur simplicit&#233;. Mais les paradoxes et les contradictions internes sugg&#232;rent aussi une vision pluraliste, une vision de l'espace politique et imaginatif dans laquelle diff&#233;rentes vues, perspectives et strat&#233;gies du changement coexistent sans r&#233;solution. Esth&#233;tiquement, c'est s&#233;duisant et complexe. Politiquement, c'est paralysant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les conceptions d&#233;riv&#233;es des luttes des pr&#233;c&#233;dentes d&#233;cennies persistent &#8211; de fa&#231;on centrale, dans l'&#233;vitement de la question du pouvoir. C'est un curieuse &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;qualit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour une organisation r&#233;volutionnaire que de ne pas chercher &#224; conqu&#233;rir le pouvoir. Quelle est donc la nature de la r&#233;volution dont ils se font les avocats&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? A un certain niveau, les revendications sont absolument claires et correspondent aux besoins et aux int&#233;r&#234;ts des nombreux individus et communaut&#233;s de la r&#233;gion &#8211; particuli&#232;rement en ce qui concerne la terre et la reconnaissance des droits politiques et culturels des indig&#232;nes. En m&#234;me temps, l'exp&#233;rience de la derni&#232;re p&#233;riode les porte &#224; une m&#233;fiance profonde envers les intentions et l'int&#233;grit&#233; de l'&#201;tat mexicain &#8211; un soup&#231;on tout &#224; fait fond&#233;. Cela peut expliquer le rejet des accords de mars 1994 et de ceux qui leur ont succ&#233;d&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais s'il est une chose qui est incontestablement devenue claire, en tant que r&#233;sultat, en partie, du soul&#232;vement zapatiste lui m&#234;me, c'est qu'il n'y a pas d'espace en dehors du syst&#232;me &#8211; &lt;i&gt;la mondialisation ne tol&#232;re pas les territoires libres&lt;/i&gt;. Comme dans toute lutte d'importance, les origines du zapatisme sont enracin&#233;es dans des conditions locales sp&#233;cifiques, mais le mouvement se revendique comme partie int&#233;grante d'un processus global et d'une r&#233;sistance globale. Si, d&#232;s le d&#233;part, dans l'espoir que C&#225;rdenas soit &#233;lu pr&#233;sident, l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EZLN&lt;/span&gt; avait adress&#233; ses revendications &#224; l'&#201;tat mexicain, il y avait peu d'espoir qu'une pr&#233;sidence Zedillo poursuive des objectifs diff&#233;rents de ceux de ses pr&#233;d&#233;cesseurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut croire que c'est avec ceci &#224; l'esprit que les zapatistes ont convoqu&#233; la Convention d'ao&#251;t 1994 dans la for&#234;t de Lacand&#243;n. La r&#233;union attira un grand nombre de supporters dans l'amphith&#233;&#226;tre de verdure construit sp&#233;cialement pour l'occasion dans le territoire zapatiste. Pour beaucoup d'entre eux, la longue marche &#224; travers la jungle en transportant leur assiette, fourchette et cuill&#232;re a d&#251; &#234;tre une exp&#233;rience nouvelle. Elle &#233;leva en m&#234;me temps le profil national des zapatistes. Mais le mouvement &#233;tait d&#233;j&#224;, &#224; de nombreux &#233;gards, dans l'impasse. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRD&lt;/span&gt; avait montr&#233; qu'il &#233;tait une organisation &#233;lectorale dont le seul souci &#233;tait de gagner le scrutin. Son engagement aux c&#244;t&#233;s des zapatistes &#233;tait sans principe. Il &#233;tait &#233;galement clair que la confrontation entre les zapatistes et l'&#201;tat mexicain commen&#231;ait d&#233;j&#224; &#224; virer &#224; l'aigre. Le niveau de soutien populaire et de sympathie dont jouissait l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EZLN&lt;/span&gt; pouvait difficilement &#234;tre plus &#233;lev&#233;, pourtant elle &#233;tait physiquement pi&#233;g&#233;e &#224; l'int&#233;rieur du Chiapas. Et, chose plus importante, elle &#233;tait aussi id&#233;ologiquement born&#233;e. Ses racines locales &#233;taient fermes, sans repr&#233;sentativit&#233; incontest&#233;e et ses revendications justes &#224; tout point de vue. Moralement, elle tenait le haut du pav&#233; &#8211; en particulier face &#224; un gouvernement, d&#233;sormais dirig&#233; par Zedillo, qui &#233;tait aussi corrompu que ses pr&#233;d&#233;cesseurs, et tout aussi engag&#233; qu'eux dans un programme n&#233;olib&#233;ral de hausse du ch&#244;mage, de chute du niveau de vie, de privatisations totales et rapides, de coupes dans les d&#233;penses publiques et de domination du march&#233; dans tous les domaines, y compris la terre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'est pas douteux que l'&#233;quilibre des &#233;l&#233;ments politiques au sein du message zapatiste commen&#231;a &#224; basculer &#224; la fin de 1994 &#8211; l'accent mis sur les droits des indig&#232;nes se trouvait combin&#233; avec la revendication de plus en plus centrale de l'autonomie. Comme dit George Collier, les zapatistes commen&#231;aient &#224; n&#233;gocier avec le gouvernement en tant que mouvement national parall&#232;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un certain sens, en m&#234;me temps que l'encerclement du Chiapas se resserrait, les zapatistes se dirigeaient vers une conclusion contraire &#224; celle que Zapata lui-m&#234;me avait commenc&#233; &#224; tirer pendant le si&#232;ge du Morelos. Toute confrontation entre l'&#201;tat mexicain, dont pr&#232;s de 50.000 soldats &#233;taient stationn&#233;s au Chiapas, et l'enclave zapatiste serait absurdement in&#233;gale. Le souci de l'&#201;tat n'&#233;tait pas n&#233;cessairement les zapatistes eux-m&#234;mes, mais l'&#233;cho qu'ils pouvaient avoir au-del&#224; du Chiapas. En m&#234;me temps que la politique &#233;conomique de Zedillo commen&#231;ait &#224; s&#233;vir, il y avait une mont&#233;e de la col&#232;re, et des poches de r&#233;sistance farouche commen&#231;aient &#224; &#233;merger. Pourtant il y avait aussi un effondrement du nombre de travailleurs syndiqu&#233;s &#8211; r&#233;sultat d'une longue histoire de manipulation des syndicats par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRI&lt;/span&gt; et la pr&#233;sidence. Les &lt;i&gt;consultas&lt;/i&gt;r&#233;guli&#232;res &#8211; pl&#233;biscites populaires &#8211; organis&#233;es par les supporters des zapatistes confirmaient r&#233;guli&#232;rement le niveau de soutien &#233;norme pour le Chiapas. Mais si, comme le sugg&#232;re John Ross, l'appel original des zapatistes au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRD&lt;/span&gt; &#233;tait destin&#233; &#224; s'adresser directement &#224; ses partisans dans la classe ouvri&#232;re, cela n'avait manifestement pas r&#233;ussi &#224; d&#233;velopper quelque forme que ce soit d'organisation nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;fini comme mouvement de classe, le zapatisme pouvait d&#233;velopper des actions de classe conjointes et coordonner les luttes. D&#233;fini comme mouvement national, de mani&#232;re plus ou moins directe, il &#233;tait contraint &#224; faire appel &#224; un soutien pour son action au moment m&#234;me o&#249; un si&#232;ge officiel violent lui rendait pratiquement tout mouvement impossible. Et des massacres comme celui d'Acteal, o&#249; 45 personnes furent massacr&#233;es par l'arm&#233;e et/ou des militants paysans pro-gouvernementaux, &#233;taient des signaux que l'arm&#233;e pouvait investir les lieux quand elle voulait &#8211; m&#234;me s'il &#233;tait clair que le gouvernement &#233;tait favorable &#224; une campagne lente mais silencieuse d'usure, d&#233;tournant ou polluant les ressources d'eau, rendant les mouvements dans les zones zapatistes virtuellement impossibles, coupant l'&#233;lectricit&#233;, interrompant les services m&#233;dicaux, etc. Le pouvoir symbolique des zapatistes n'&#233;tait pas entam&#233;, leur capacit&#233; r&#233;elle d'agir de plus en plus contenue.Dans le reste du pays les ajustements structurels et l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ALENA&lt;/span&gt; produisent exactement les r&#233;sultats que leurs instigateurs anticipaient. En m&#234;me temps que l'&#233;conomie mexicaine cro&#238;t et accueille des investisseurs &#233;trangers en nombre croissant, 50% de la population vit dans la pauvret&#233; et 15% en dessous du niveau d'extr&#234;me pauvret&#233;. 40 millions de Mexicains sont sous-aliment&#233;s &#8211; 10 millions n'ont aucun acc&#232;s &#224; la sant&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela pointe directement sur le dilemme central de l'exp&#233;rience zapatiste. Si, au d&#233;part, l'alliance avec le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRD&lt;/span&gt; sugg&#233;rait un espoir de r&#233;forme de l'&#201;tat, cet espoir est d&#233;sormais en ruines. Comme le d&#233;couvre le reste de l'Am&#233;rique latine, les sociaux-d&#233;mocrates ou les r&#233;volutionnaires nationalistes qui se retrouvent en train d'administrer des programmes d'aust&#233;rit&#233; et des ajustements structurels deviennent des n&#233;olib&#233;raux &#224; une vitesse supersonique. Zedillo, bien s&#251;r, n'avait pas de telles traditions &#8211; mais C&#225;rdenas a pr&#233;sent&#233; sa candidature &#224; l'&#233;lection de 2000 sur la base de sa capacit&#233; &#224; mettre en place de tels programmes &#8211; d'o&#249; son d&#233;sir initial de pr&#233;senter une plateforme conjointe avec le candidat du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PAN&lt;/span&gt;, Vicente Fox, ancien cadre ex&#233;cutif de Coca Cola et candidat des secteurs industriels et manufacturiers. Fox a gagn&#233; l'&#233;lection et C&#225;rdenas reste le leader d'une opposition loyale &#8211; proposant &#224; l'occasion des projets communs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le langage des droits, qui domine de plus en plus la rh&#233;torique zapatiste, suppose aussi l'existence d'un &#201;tat interm&#233;diaire ou d'agences neutres. Ce r&#244;le a &#233;t&#233; rempli, au niveau du d&#233;bat politique, par des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONG&lt;/span&gt; qui ont aussi tent&#233; de boucher les trous laiss&#233;s par l'abandon des services publics au moyen de nouvelles alliances entre l'&#201;tat et le capital priv&#233;. Mais elles sont, par d&#233;finition, incapables de proposer un projet alternatif pour l'&#201;tat. Ainsi, tout le lobbying aboutit en fin de compte au point de savoir si ceux qui marchent main dans la main avec le capital global sont d&#233;sireux, de temps &#224; autre, d'offrir une miette ou deux de justice. Mais c'est une contradiction dans les termes que d'attendre une politique de redistribution ou de justice sociale de la part de gouvernements dont la survie m&#234;me d&#233;pend de leur capacit&#233; &#224; administrer des programmes destin&#233;s &#224; accumuler une proportion croissante de la richesse entre les mains de puissants acteurs &#233;conomiques internationaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_125 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH666/Mexico-Chis-EZLN-01-9be27.jpg' width='500' height='666' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Souhaits et espoirs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement zapatiste a g&#233;n&#233;r&#233; un &#233;lan de solidarit&#233; dans le monde entier. &#192; un certain niveau, il s'est regroup&#233; autour de la d&#233;fense des opprim&#233;s &#8211; les victimes exemplaires du n&#233;olib&#233;ralisme et de la cupidit&#233; des multinationales. C'est leur pouvoir symbolique. Un de mes amis anarchiste me disait, apr&#232;s Seattle&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Tout &#231;a c'est &#224; cause des zapatistes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Voulait-il parler de leur exemple&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est en partie ce qu'il voulait dire &#8211; mais au del&#224;, il les voyait comme repr&#233;sentants d'une politique nouvelle. Le zapatisme ne recherche pas le pouvoir, seulement la justice&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le zapatisme ne reconna&#238;t pas les dirigeants, mais il est d&#233;mocratique &#224; l'extr&#234;me&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le zapatisme n'est pas un parti, mais un mouvement vivant et changeant&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le zapatisme a utilis&#233; internet pour cr&#233;er une connexion internationale entre tous ceux qui rejettent un capitalisme sanguinaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'autorit&#233; morale de Marcos est, &#224; l'&#233;vidence, consid&#233;rable. Mais elle a aussi des implications politiques. O&#249; la solidarit&#233; avec le zapatisme m&#232;ne-t-elle ses supporters politiquement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Au Mexique, il existe aujourd'hui quelque 29 sites de lutte arm&#233;e, avec l'&#201;tat de Guerrero &#8211; aussi pauvre et brutalis&#233; que son voisin du sud &#8211; en premi&#232;re place. La magnifique gr&#232;ve des &#233;tudiants de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UNAM&lt;/span&gt; &#224; Mexico (1999-2000) a fait durer pr&#232;s d'un an la lutte contre la destruction de l'&#233;ducation libre. Elle a lanc&#233; des slogans zapatistes dans ses fr&#233;quentes assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Pourtant, &#224; aucun moment il n'a &#233;t&#233; question, cette ann&#233;e-l&#224;, d'action coordonn&#233;e. La solidarit&#233; &#8211; la sympathie &#8211; a remplac&#233; l'organisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nouveaux mouvements sociaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ont &#233;t&#233; d&#233;finis comme des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mouvements populaires&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui consid&#232;rent les gens comme acteurs centraux, et ont des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;revendications institutionnelles&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; adresser aux pouvoirs en place. Cela peut tr&#232;s bien caract&#233;riser le zapatisme, mais il n'est pas moins clair que leurs revendications ont &#233;t&#233; ignor&#233;es. Alors que Vicente Fox se pr&#233;pare &#224; prendre le pouvoir comme premier pr&#233;sident non-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRI&lt;/span&gt; en 60 ans, il est absolument clair qu'il ne changera d'aucune mani&#232;re les plans politiques du Mexique &#8211; pas plus qu'il n'&#233;coutera le Chiapas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EZLN&lt;/span&gt; et ses supporters, d&#233;cembre sera le moment de v&#233;rit&#233;. C'est &#224; ce moment-l&#224; que Fox rentrera en fonctions, et sa r&#233;ponse &#233;vasive quand &#224; ses intentions relatives au Chiapas ne marchera plus. Il a dit qu'il &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;r&#233;soudrait la question du Chiapas en quinze minutes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; mais il reste &#224; voir quel genre de solution il a en t&#234;te. Cela dit, ont peut sans craindre de se tromper deviner que son programme n'inclura pas la r&#233;forme agraire, une redistribution de la richesse en direction des pauvres, un accroissement des d&#233;penses publiques, une solution aux probl&#232;mes des pauvres du Mexique, le plein emploi ou un &#201;tat de droit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est inconcevable qu'on demande aux communaut&#233;s du Chiapas de continuer &#224; r&#233;sister &#224; la silencieuse guerre d'usure &#224; laquelle ils sont soumis depuis des ann&#233;es. Ils demeurent un exemple de r&#233;sistance h&#233;ro&#239;que &#224; l'oppression, qui a justement inspir&#233; tous ceux qui s'unissent contre le capitalisme global. Ce dont il faut se rendre compte, malgr&#233; tout, c'est qu'ils ne sont pas en position de fournir une direction politique au mouvement qui a c&#233;l&#233;br&#233; leur exemple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le zapatisme a soulev&#233; d'importantes questions qui doivent concerner la gauche. Le probl&#232;me de la d&#233;mocratie authentique et de la responsabilit&#233; des dirigeants devant ceux au nom desquels ils parlent est un principe qui a &#233;t&#233; au c&#339;ur du mouvement socialiste depuis la Commune de Paris et l'organisation des soviets en 1917. Que la d&#233;mocratie prol&#233;tarienne ait &#233;t&#233; proclam&#233;e par des r&#233;gimes qui ont mis en place sa caricature grotesque constitue une distorsion historique qu'il nous faut confronter et reconna&#238;tre, en expliquant patiemment pourquoi la dictature bureaucratique &#233;tait le contraire absolu de tout ce pour quoi se battent les r&#233;volutionnaires. La m&#233;fiance vis-&#224;-vis de l'organisation en parti provient de la m&#234;me source &#8211; pourtant, sans une organisation coordonn&#233;e et disciplin&#233;e pour faire face &#224; une classe capitaliste consciente d'elle-m&#234;me et combattant simultan&#233;ment sur tous les fronts, les producteurs ne pourront utiliser l'&#233;norme pouvoir qu'ils poss&#232;dent collectivement. Par ce qu'en fin de compte, le probl&#232;me c'est le pouvoir &#8211; le contr&#244;le de la soci&#233;t&#233; par les producteurs. La renonciation &#224; toute tentative de mener la soci&#233;t&#233; dans des directions nouvelles et diff&#233;rentes est enti&#232;rement une posture morale (sinon moraliste), qui ne rencontrera jamais une r&#233;ponse sym&#233;trique de la part des classes dirigeantes du monde. Ce n'est pas un choix entre le pouvoir et son absence. La seule vraie question, c'est&#160;: &lt;i&gt;quelle classe d&#233;tient le pouvoir&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;cennie qui a produit le zapatisme a d&#233;masqu&#233; le fonctionnement r&#233;el du syst&#232;me capitaliste. Elle a expos&#233; les limites du nationalisme l&#224; o&#249; le capitalisme est r&#233;solu &#224; agir globalement, et a rendu manifeste que le capitalisme, par sa nature m&#234;me, n'est m&#251; que par sa compulsion &#224; accumuler. Sous la surface du langage politique des zapatistes se trouve une rh&#233;torique des droits, mais elle est fond&#233;e sur la supposition qu'un &#201;tat capitaliste est gouvern&#233; par des principes et des lois plut&#244;t que par des int&#233;r&#234;ts de classe. Depuis 1990, l'Am&#233;rique latine a vu se succ&#233;der au pouvoir r&#233;gime apr&#232;s r&#233;gime, dirig&#233;s par des ex-r&#233;volutionnaires ou des sociaux-d&#233;mocrates, brandissant un drapeau de promesses d&#233;mocratiques, de justice sociale et de v&#233;rit&#233;. La d&#233;cennie se termine et ces slogans n'ont toujours pas &#233;t&#233; suivis d'effets, les d&#233;mocraties qui ont remplac&#233; les r&#233;gimes militaires sont compromises jusqu'au cou dans les imp&#233;ratifs du capitalisme. Il est temps de revisiter la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente, qui affirme le caract&#232;re international de la lutte des classes, tout en reconnaissant qu'elle commence dans chaque cas dans des contextes locaux ou nationaux, et qui proclame que seul un prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire peut remplir les t&#226;ches d&#233;mocratiques et cr&#233;er l'avenir &#233;galitaire que Marcos d&#233;crit de fa&#231;on si &#233;mouvante dans ses discours et dans ses histoires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://pubs.socialistreviewindex.org.uk/isj89/gonzalez.htm" class="spip_out"&gt;Traduit de l'anglais par &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JM&lt;/span&gt; Guerlin, originellement paru dans International Socialism Journal n&#176;89, Hiver 2000&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La scission dans le Scottish Socialist Party</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/La-scission-dans-le-Scottish</link>
		<guid isPermaLink="true">http://quefaire.lautre.net/La-scission-dans-le-Scottish</guid>
		<dc:date>2009-09-24T21:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mike Gonzalez</dc:creator>


		<dc:subject>Regroupement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis Seattle en 1999, et la croissance explosive du mouvement anticapitaliste, nous tous dans le mouvement socialiste international avons navigu&#233; des mers inconnues. La seule chose sur laquelle nous sommes presque tous d'accord c'est que la gauche doit d&#233;velopper de nouvelles formes d'organisation qui &#224; la fois refl&#232;tent et dialoguent avec ce tournant radical nouveau et qui s'amplifie. Apr&#232;s le 11&#160;septembre 2001 l'explosion de manifestations contre la guerre a ouvert de nouvelles directions, de (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no05-novembre-2006" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;05 - Novembre 2006&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Regroupement" rel="tag"&gt;Regroupement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis Seattle en 1999, et la croissance explosive du mouvement anticapitaliste, nous tous dans le mouvement socialiste international avons navigu&#233; des mers inconnues. La seule chose sur laquelle nous sommes presque tous d'accord c'est que la gauche doit d&#233;velopper de nouvelles formes d'organisation qui &#224; la fois refl&#232;tent et dialoguent avec ce tournant radical nouveau et qui s'amplifie. Apr&#232;s le 11&#160;septembre 2001 l'explosion de manifestations contre la guerre a ouvert de nouvelles directions, de nouvelles possibilit&#233;s. Pour la gauche r&#233;volutionnaire, le potentiel &#233;tait &#233;norme pourvu que nous soyons dirig&#233;s avant tout par la volont&#233; de devenir des socialistes &#224; l'int&#233;rieur du mouvement, de travailler avec un spectre de forces plus large que ce &#224; quoi nous nous &#233;tions peut-&#234;tre habitu&#233;s pendant les deux d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes. Tel &#233;tait le d&#233;fi que nous devions relever.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En &#201;cosse le Scottish Socialist Party a fourni une possibilit&#233; de r&#233;ponse &#224; ce d&#233;fi. Fond&#233; en 1998, avec des camarades de la tendance Militant jouant un r&#244;le central, il s'&#233;tait engag&#233; sur un projet d'unit&#233; de gauche qui s'exprimait dans un parti qui pourrait agir de mani&#232;re concert&#233;e et unie tout en acceptant que le d&#233;bat politique &#233;tait la s&#232;ve de toute organisation socialiste. Dans cet esprit, le Socialist Workers Party en &#201;cosse a &#233;t&#233; invit&#233; &#224; rejoindre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; en tant que plate-forme &#8211; une occasion que nous avons saisie avec l'accord tr&#232;s majoritaire de nos membres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les choses semblaient tr&#232;s prometteuses, et le succ&#232;s &#233;lectoral du parti en 2003 a confirm&#233; qu'il y avait une base de soutien tr&#232;s large pour un parti socialiste anti-guerre avec des principes. Par cons&#233;quent, il est profond&#233;ment regrettable qu'&#224; peine trois ans apr&#232;s cette avanc&#233;e &#233;lectorale majeure le Scottish Socialist Party ait atteint un point de crise insoluble. Le projet, cependant, reste aussi urgent et prometteur qu'il l'&#233;tait quand nous avons rejoint le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; il y a cinq ans. La crise du New Labour qui s'aggrave, la r&#233;vulsion devant la guerre en Irak et en Afghanistan et l'attaque sur le Liban, la privatisation agressive des services publics confirment la n&#233;cessit&#233; objective d'un parti socialiste, ouvert, d&#233;mocratique, de masse. A pr&#233;sent, ce ne sera pas le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais notre espoir est que la nouvelle formation que nous avons aid&#233; &#224; fonder, sous le nom provisoire de Solidarity, et qui inclut Tommy Sheridan, qui est peut-&#234;tre l'individu cl&#233; &#224; la gauche du paysage politique &#233;cossais, la majorit&#233; des anciens membres du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;, et d'autres &#233;l&#233;ments dans le mouvement social plus large, attirera vers lui le plus large spectre d'anticapitalistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui suit est un r&#233;cit de la crise et de l'&#233;croulement du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;. Son objectif n'est pas de gagner une quelconque comp&#233;tition morale abstraite, mais de montrer que les &#233;v&#233;nements qui ont men&#233; &#224; la crise, quoi qu'&#233;tant apparemment de nature personnelle, &#233;taient en fait profond&#233;ment politiques. Ils d&#233;montrent que ce qui est apparu au cours des derniers mois &#233;tait une ligne de fracture dans un mod&#232;le sp&#233;cifique d'organisation socialiste. L'objectif de ce r&#233;cit est par cons&#233;quent d'identifier cette faiblesse pour qu'elle serve d'avertissement et de le&#231;on pour le prochain chapitre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) Le Catalyseur &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La cause imm&#233;diate de l'&#233;croulement du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; a &#233;t&#233; la cons&#233;quence d'une d&#233;cision par celui qui est peut-&#234;tre son dirigeant le plus connu, Tommy Sheridan, de poursuivre en justice le journal News of the World, propri&#233;t&#233; du groupe News International de Rupert Murdoch, pour un article qui concernait sa vie priv&#233;e. Pour les socialistes, les questions de morale priv&#233;e ne nous int&#233;ressent pas&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les relations sexuelles consensuelles ne concernent que ceux qui s'y adonnent. Nous jugeons nos camarades &#224; leur conduite politique, pas &#224; leur vie personnelle. Les News of the World est un journal qui publie des r&#233;cits scandaleux sur des comportements sexuels &#8211; mais aussi, chose plus importante, c'est un ennemi constant du mouvement ouvrier, qui utilise ses pages et celles des journaux qui lui sont affili&#233;s pour attaquer les militants syndicaux, les socialistes, et tous ceux qui combattent l'oppression, la leur ou celle des autres, de mani&#232;re syst&#233;matique. Ceci est notoire, m&#234;me parmi ceux qui ach&#232;tent le journal pour son contenu voyeuriste. Et c'est pourquoi la victoire de Sheridan, quand un jury a condamn&#233; le journal &#224; la majorit&#233;, a &#233;t&#233; largement c&#233;l&#233;br&#233;e par les travailleurs en &#201;cosse et au-del&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui a caus&#233; la crise interne dans le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;, cependant, a &#233;t&#233; le fait &#233;tonnant qu'un certain nombre de membres du Comit&#233; Ex&#233;cutif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='La grande majorit&#233; du CE ont &#233;t&#233; membres de la tendance Militant. Trois (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; sont venus t&#233;moigner en faveur des News of the World. Leur pr&#233;sence au tribunal n'&#233;tait pas le simple r&#233;sultat d'une obligation l&#233;gale, comme ils le pr&#233;tendent&#160;: c'&#233;tait la cons&#233;quence d'une s&#233;rie d'actions et de d&#233;cisions prises au cours des mois pr&#233;c&#233;dents qui n'&#233;taient pas seulement mauvaises en elles-m&#234;mes, mais qui r&#233;v&#233;laient un malaise bien plus profond dans le parti. Quand les premiers articles ont paru, Sheridan a demand&#233; &#224; l'ex&#233;cutif lors d'une r&#233;union longue et difficile de reconna&#238;tre son droit de poursuivre &#224; titre individuel le journal pour diffamation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au lieu de quoi il fut press&#233; de d&#233;missionner. Des minutes extr&#234;mement pr&#233;cises de cette r&#233;union ont &#233;t&#233; conserv&#233;es, sans que d'autres membres du comit&#233; (parmi lesquels je me trouvais) soient inform&#233;s de leur contenu &#8211; et ces minutes devinrent par la suite l'&#233;l&#233;ment substantiel de la d&#233;fense des News of the World. Dans les jours qui suivirent plusieurs membres du comit&#233; ex&#233;cutif distanci&#232;rent le parti d'envers Sheridan de fa&#231;on tr&#232;s publique, et des rumeurs et des suggestions le concernant furent l'objet de fuites vers la presse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La position de la plate-forme Socialist Worker &#224; ce moment &#233;tait connue et r&#233;p&#233;t&#233;e bien des fois &#8211; nous soutenions le droit de Sheridan de poursuivre le journal et avons condamn&#233; la campagne qui montait contre lui. En effet, il nous semblait tr&#232;s clair depuis le d&#233;but qu'il y avait une campagne coordonn&#233;e et consistante pour &#233;loigner Sheridan de sa position de dirigeant dans le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;. L'extraordinaire duret&#233; des attaques continues envers lui et tous ceux qui le soutenaient de l'int&#233;rieur du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; apr&#232;s la conclusion du proc&#232;s a choqu&#233; m&#234;me les militants poss&#233;dant une longue exp&#233;rience &#8211; et a assur&#233; l'&#233;croulement du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; dans sa forme ancienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui compte, bien s&#251;r, ce ne sont pas des r&#233;cits empiriques &#8211; m&#234;me si la r&#233;action du Comit&#233; Ex&#233;cutif du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; imm&#233;diatement apr&#232;s le proc&#232;s a &#233;t&#233; de produire un document de 12 pages consistant enti&#232;rement en des vitup&#233;rations personnelles et des accusations envers Sheridan. Son effet fut de convaincre la majorit&#233; des militants du parti qu'ils ne pouvaient plus travailler dans un parti dirig&#233; par des gens capables de produire un tel document.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question qui va se poser, c'est &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Pourquoi cela est-il arriv&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mon opinion est que la crise du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; trouve son origine dans la question centrale de la relation entre les socialistes et le mouvement. Notre &#233;valuation optimiste originelle du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;, et notre d&#233;cision de le rejoindre, refl&#233;tait son intention d&#233;clar&#233;e de construire un parti socialiste large, ouvert, de masse. L'autorit&#233; et la reconnaissance qui avaient &#233;t&#233; gagn&#233;es par Tommy Sheridan durant la campagne contre la Poll Tax puis son action comme seul d&#233;put&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; au parlement &#233;cossais contribu&#232;rent de fa&#231;on d&#233;cisive &#224; cette &#233;valuation. Et la confirmation la plus &#233;clatante du potentiel du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; vint avec les &#233;lections parlementaires &#233;cossaises de mai 2003, o&#249; le parti obtint 6&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% du vote national, un total de 130 000 voix, et put envoyer six d&#233;put&#233;s aux parlement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce fut un moment historique &#8211; et c'&#233;tait une victoire, d'apr&#232;s nous, qui venait directement de la perception dans l'opinion publique du r&#244;le dirigeant du parti dans le mouvement anti-guerre&#160;: le 15&#160;f&#233;vrier de cette ann&#233;e-l&#224;, une manifestation &#224; Glasgow avait rassembl&#233; 100 000 personnes. Le fait que ce nombre soit si proche du nombre de voix obtenu lors des &#233;lections n'est pas une co&#239;ncidence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les conflits &#224; l'int&#233;rieur du parti, m&#234;me s'ils n'&#233;taient pas alors d&#233;clar&#233;s, commenc&#232;rent au moment m&#234;me de ce succ&#232;s. Le grand nombres de voix pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; sugg&#233;rait qu'il y avait une possibilit&#233; r&#233;elle de leur &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;ouvrir les portes du parti&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de poser les fondations d'une v&#233;ritable organisation de masse. Et pourtant il &#233;tait clair m&#234;me &#224; ce moment qu'il existait une r&#233;sistance &#224; cette rencontre avec le mouvement large, et une insistance persistante sur les campagnes dirig&#233;es et contr&#244;l&#233;es par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;. Des d&#233;bats substantiels avaient d&#233;j&#224; eu lieu entre la plate-forme Socialist Worker et la majorit&#233; du comit&#233; ex&#233;cutif &#224; propos du mouvement anti-guerre. Nous d&#233;fendions l'id&#233;e que nous devrions tenter de r&#233;pliquer les meilleures exp&#233;riences de la campagne Stop the War et construire un mouvement anti-guerre large en alliance avec des organisations musulmanes, la majorit&#233; de la direction a rejet&#233; cette orientation et a insist&#233; au contraire sur une alliance avec des &#233;l&#233;ments staliniens tr&#232;s r&#233;trogrades dans une bureaucratie nouvellement cr&#233;&#233;e qui a bloqu&#233; de fa&#231;on consistante toute activit&#233; &#224; la base &#224; partir de ce moment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette crainte des forces plus larges qui sont entr&#233;es sur la sc&#232;ne de l'histoire apr&#232;s Seattle refl&#232;te une attitude sectaire qui allait caract&#233;riser la relation entre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; et tous les mouvements sociaux. Curieusement, les r&#233;sultats &#233;lectoraux n'ont pas men&#233;, comme nous le d&#233;fendions, &#224; une relation plus ouverte et plus dynamique avec le mouvement large, mais &#224; son contraire &#8211; un accent excessif mis sur l'activit&#233; parlementaire aux d&#233;pens du militantisme &#224; la base. Les parlements peuvent &#234;tre des plate-forme utiles pour la propagande dans la construction d'une organisation socialiste &#8211; comme l'a montr&#233; Tommy Sheridan si clairement quand il &#233;tait le seul d&#233;put&#233; entre 1999 et 2003. Avec six d&#233;put&#233;s le parti a eu droit &#224; un certain nombre d'assistants &#224; plein temps, et l'engagement &#224; ce que les d&#233;put&#233;s remettent la moiti&#233; de leurs indemnit&#233;s parlementaires au parti a augment&#233; les ressources du parti. Mais il a aussi renforc&#233; le caract&#232;re bureaucratique du parti, et concentr&#233; son attention sur un r&#244;le parlementaire qui ne pouvait &#234;tre que limit&#233; et brid&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les discours, bien s&#251;r, le d&#233;vouement du parti envers la classe ouvri&#232;re et la puret&#233; de son caract&#232;re socialiste &#233;taient r&#233;affirm&#233;s sans fin. Mais c'&#233;tait l&#224; une repr&#233;sentation fausse de la r&#233;alit&#233; si l'intention &#233;tait d'indiquer une concentration sur des questions ayant trait au mouvement syndical, par exemple, ou un engagement &#224; construire la r&#233;sistance dans les quartiers populaires sur des questions comme la sant&#233; ou le logement. Le travail syndical se limitait en r&#233;alit&#233; &#224; la recherche de bons rapports avec des dirigeants syndicaux en vue de l'affiliation de leurs syndicats&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='La plupart des syndicats britanniques sont affili&#233;s au parti travailliste, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La plate-forme Socialist Worker a toujours d&#233;fendu l'id&#233;e que nous devrions former des liens avec et parmi la base&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cette id&#233;e a &#233;t&#233; re&#231;u avec scepticisme de fa&#231;on r&#233;p&#233;t&#233;e parce qu'elle mena&#231;ait une relation de sympathie avec des dirigeants syndicaux souvent affirm&#233;e mais rarement visible. Quand le parti a agi sur les questions syndicales, c'&#233;tait toujours au dernier moment, de fa&#231;on g&#233;n&#233;ralement symbolique, et souvent sectaire dans le ton de ses interventions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une cons&#233;quence de ce que nous consid&#233;rons comme une occasion perdue a &#233;t&#233; que le nombre de membres du parti a d&#233;clin&#233;, tout comme les ventes du journal du parti. Le journal lui-m&#234;me &#233;tait faible et tourn&#233; vers l'int&#233;rieur et tr&#232;s consciemment contr&#244;l&#233; par la faction de la majorit&#233; du comit&#233; ex&#233;cutif. De temps en temps des articles &#233;taient publi&#233;s qui provenaient d'autre positions dans le parti, mais ils &#233;taient peu nombreux et ne refl&#233;taient pas une v&#233;ritable ouverture du journal au d&#233;bat &#8211; encore moins une quelconque tentative de lui faire r&#233;fl&#233;chir le mouvement large qui avaient amen&#233; six camarades au parlement. L'atmosph&#232;re interne devint de plus en plus fractionnelle et les critiques de Sheridan d'un point de vue soi-disant f&#233;ministe devinrent de plus en plus dures durant les r&#233;unions ex&#233;cutives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'est la rencontre du G8 &#224; Gleneagles en Ecosse en juillet 2005 qui allait mettre &#224; l'&#233;preuve les deux perspectives qui &#233;taient en conflit aigu mais non d&#233;clar&#233; au sein du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;. En janvier 2005, &#224; la r&#233;union ex&#233;cutive ordinaire, les membres de la plate-forme Socialist Worker ont demand&#233; un d&#233;bat sur nos pr&#233;parations pour le G8. A cette r&#233;union et &#224; toutes celles qui suivirent la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; refusa de traiter de la question. Les personnes qui allaient participer &#224; la manifestation Make Poverty History, disait-on, &#233;tait des repr&#233;sentants de la gauche bien-pensante des classes moyennes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les travailleurs ne s'int&#233;ressaient pas &#224; ce genre de questions, pas plus qu'ils ne s'int&#233;ressaient &#224; la guerre en Irak. Les travailleurs ne s'int&#233;ressaient qu'&#224; des questions &#233;conomiques touchant &#224; leur quotidien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant ce temps les membres de la plate-forme Socialist Worker dans le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; en collaboration avec un large &#233;ventail de groupes et d'organisations ont pris l'initiative de cr&#233;er un comit&#233; de pr&#233;paration de la manifestation de Gleneagles le premier jour du G8, et l'organisation d'une contre-conf&#233;rence &#224; Edimbourg le dimanche pr&#233;c&#233;dent. Les r&#233;unions &#233;taient r&#233;guli&#232;res, avec une participation importante, enthousiaste et d'un caract&#232;re large. Une d&#233;put&#233;e, Frances Curran, fut assign&#233;e pour faire la liaison avec ce groupe organisateur, avec un membre de la plate-forme qui avait &#233;tait profond&#233;ment impliqu&#233; depuis le d&#233;but. Le r&#244;le de la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; dans cette activit&#233; fut d&#233;sastreux&#160;: r&#233;guli&#232;rement ses interventions &#233;taient simplement con&#231;ues pour bloquer ou g&#226;cher ce qui &#233;tait une initiative large et d&#233;mocratique, tout en ne proposant aucun soutien pratique ou politique r&#233;el aux organisateurs. En refusant de contribuer au Sommet des Alternatives, au-del&#224; d'accepter l'occasion de parler &#224; ses tribunes, ces camarades sont rest&#233;s sur la vieille formule us&#233;e que cela n'int&#233;ressait pas les travailleurs et l'abstention continua. Le vendredi avant la manifestation quatre des six d&#233;put&#233;s s'adonn&#232;rent &#224; un spectacle absurde et inutile au parlement pour dissimuler leur inefficacit&#233; et leur distance d'avec le mouvement. Le co&#251;t en f&#251;t 30 000 &#163;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Environ 45 000 &#8364;. (NdT)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en amendes et autres d&#233;penses, ainsi que la d&#233;sapprobation g&#233;n&#233;rale du public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme nous l'esp&#233;rions, la manifestation Make Poverty History a &#233;t&#233; &#233;norme (environ 300 000 personnes) et aussi vari&#233;e, diverse et dynamique que le sont toujours les manifestations de ce type. La pr&#233;occupation principale du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;, cependant, n'&#233;tait pas de savoir quelle &#233;tait la meilleur mani&#232;re pour les membres du parti de se connecter &#224; ce nouveau mouvement mais plut&#244;t de savoir comment nous pouvions nous diff&#233;rencier des autres manifestants. Ainsi les membres du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; portaient des t-shirts rouges (et non blancs comme tous les autres manifestants) et formaient un cort&#232;ge serr&#233;, ferm&#233;, plut&#244;t que de participer dans toute la manifestation dans les d&#233;l&#233;gations de syndicalistes, d'&#233;tudiants, de manifestants anticapitalistes etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Sommet des Alternatives de dimanche rencontra un succ&#232;s extraordinaire, avec plus de 5 000 participants pour un &#233;v&#233;nement vivant, ouvert, et stimulant, plein d'id&#233;es politiques et de d&#233;bat. Il &#233;tait triste, par cons&#233;quent, de voir la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; rester au-dehors de la salle principale tout le long de la journ&#233;e &#224; recueillir des signatures pour une p&#233;tition de d&#233;fense des d&#233;put&#233;s qui avaient &#233;t&#233; expuls&#233;s du parlement. De mani&#232;re particuli&#232;rement significative, Frances Curran dans son intervention au cours du meeting de fin fit des efforts consid&#233;rables pour mettre l'accent sur les diff&#233;rences entre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; et le mouvement, et la distance qui s&#233;pare le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; des figures internationales majeures avec qui elle partageait la tribune, parmi lesquels Trevor Ngwane d'Afrique du Sud, Susan George, Caroline Lucas et George Galloway.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plusieurs membres du comit&#233; ex&#233;cutif se sont plaint am&#232;rement &#224; la r&#233;union suivante de la conduite du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; &#224; ce grand &#233;v&#233;nement, l'un des soutiens du groupe dirigeant a publi&#233; une &#233;valuation franche et d&#233;vastatrice de l'intervention du parti dans le num&#233;ro suivant de Frontline, le magazine de la plate-forme &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ISM&lt;/span&gt;, celle de la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Il s'agit vraisemblablement de l'article de Donnie Nicolson, The SSP and the (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En tant que parti, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; a refus&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment et explicitement d'engager le dialogue avec le mouvement, m&#234;me si la plate-forme Socialist Worker avec d'autres membres de la base du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;, ainsi que beaucoup d'autres en-dehors du parti, ont travaill&#233; sans rel&#226;che pendant des mois pour construire l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La conclusion aurait pu bien s&#251;r &#234;tre tir&#233;e que cela avait &#233;t&#233; une erreur politique et que des le&#231;ons pouvaient en &#234;tre tir&#233;es. Au lieu de cela il a &#233;t&#233; avanc&#233; d&#232;s le lendemain que c'&#233;tait un &#233;v&#233;nement &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mis en sc&#232;ne&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'une mani&#232;re ou d'une autre par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SWP&lt;/span&gt;. La question qui n'a pas &#233;t&#233; trait&#233;e est le paradoxe que, &#224; un moment d'intense d&#233;bat politique parmi un nombre croissant de travailleurs, non seulement le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; s'est abstenu en tant qu'organisation, mais le nombre de ses militants continuait &#224; d&#233;cliner, tout comme les ventes de son journal, dans une atmosph&#232;re extraordinairement favorable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux mois apr&#232;s ces &#233;v&#233;nements grandioses, le coordonnateur politique du parti, Alan McCombes, a pr&#233;sent&#233; un texte au comit&#233; ex&#233;cutif qui d&#233;fendait l'id&#233;e que l'audience principale du parti ne se trouvait pas parmi ceux qui avaient &#233;t&#233; ali&#233;n&#233;s par le New Labour ou ceux qui &#233;taient engag&#233;s dans les mouvements anti-guerre ou anticapitaliste mais plut&#244;t parmi les pauvres et les exclus dans les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HLM&lt;/span&gt;&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le plus grand r&#233;servoir potentiel de soutien pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; ne se trouve pas parmi les &#233;lecteurs travaillistes, du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SNP&lt;/span&gt;, des lib&#233;raux-d&#233;mocrates ou m&#234;me des Verts, mais dans les 50 pour cent de la population qui ne votent pas. Plus d'un million de personnes ne s'est pas d&#233;plac&#233; pour les &#233;lections &#233;cossaises de 2003 ou pour les &#233;lections l&#233;gislatives de 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Naturellement les pauvres et les exclus doivent faire partie de l'audience potentielle du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; et il est correct qu'un parti socialiste essaie d'encourager leur entr&#233;e dans la vie politique, tout en reconnaissant les difficult&#233;s que cela comporte. L'erreur de McCombes, cependant, est d'imaginer que les exclus peuvent &#234;tre la composante principale ou dirigeante de notre base sociale (c'est l&#224;, en m&#234;me temps que sa suggestion que l'organisation du parti soit bas&#233;e dans l'avenir sur une s&#233;rie de groupes d'int&#233;r&#234;t ou de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;seaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; plut&#244;t que des sections &#224; base g&#233;ographique, une des raison pour lesquelles son texte n'a pas &#233;t&#233; soutenu par le comit&#233; ex&#233;cutif).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2) La s&#233;paration&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si une grande partie de la direction ne semblait pas &#234;tre affect&#233;e par les &#233;v&#233;nements de Gleneagles, on ne peut pas en dire autant des membres du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;. La conf&#233;rence nationale du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; en mars de cette ann&#233;e (2006) a &#233;t&#233; notable pour son atmosph&#232;re chang&#233;e. Autour des questions de la guerre, du racisme et du changement climatique, les d&#233;l&#233;gu&#233;s ont rejet&#233;s avec consistance les motions sectaires qui d&#233;fendaient l'id&#233;e d'une approche solitaire, en faveur d'un travail en collaboration avec d'autres militants. Quand la d&#233;put&#233;e Rosie Kane est intervenue par exemple dans un d&#233;bat sur les questions &#233;cologiques (il faut rappeler qu'elle est l'une des porte-paroles principales du parti sur l'environnement) en repr&#233;sentant le comit&#233; ex&#233;cutif, elle a rejet&#233; sp&#233;cifiquement la motion proposant que le parti s'implique dans le front large de la Campaigne Against Climate Change, en d&#233;fendant au contraire que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;nous n'avons besoin de personne d'autre &#8211; nous pouvons le faire tout seuls&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Sa position a &#233;t&#233; rejet&#233;e clairement par les d&#233;l&#233;gu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les d&#233;l&#233;gations &#224; la conf&#233;rence incluaient un certain nombre de nouveaux militants qui &#233;taient venus au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; via le travail autour du G8 et des activit&#233;s anti-guerre &#8211; ces m&#234;mes activit&#233;s qui avaient &#233;t&#233; rejet&#233;es de fa&#231;on r&#233;p&#233;t&#233;es comme non pertinentes et marginales par la direction de l'organisation. C'&#233;tait largement par le contact avec des membres de la plate-forme Socialist Worker qu'ils avaient rejoint le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils &#233;taient plut&#244;t jeunes et non-sectaires. Mais ils voyaient leur &#233;tat d'esprit peu refl&#233;t&#233; dans le journal du parti ou aux r&#233;unions de sections. En fait ils avaient rejoint un parti en d&#233;clin, contr&#244;l&#233; par une couche bureaucratique qui voyait la croissance par le mouvement comme une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;dilution&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'esprit de la conf&#233;rence n'a eu aucun impact sur le comit&#233; ex&#233;cutif. La r&#233;alit&#233; &#233;tait que le soutien pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; dans le pays d&#233;clinait &#8211; une s&#233;rie d'&#233;lections partielles locales et parlementaires en 2006 avaient montr&#233; la minceur de ce soutien &#224; pr&#233;sent, avec des descentes dans certains cas au-dessous des 2% des voix. Le processus de pr&#233;paration pour les &#233;lections &#233;cossaises de mai 2007 aurait d&#233;j&#224; d&#251; commencer, la s&#233;lection des candidats aurait d&#251; &#234;tre entam&#233;e, des campagnes locales auraient d&#251; &#234;tre d&#233;marr&#233;es. Au lieu de cela, la direction du parti est rest&#233;e compl&#232;tement absorb&#233;e par la question de l'action en diffamation de Tommy Sheridan, et a intensifi&#233; son activit&#233; fractionelle, en continuant &#224; d&#233;fendre les arguments qui avaient &#233;merg&#233; pour la premi&#232;re fois deux ans auparavant. Sheridan avait &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident du parti par la conf&#233;rence. Mais la direction du parti n'&#233;tait pas pr&#234;te &#224; accepter la volont&#233; expresse du parti. Au lieu de cela, elle contre-attaqua, en lan&#231;ant une nouvelle campagne de rumeurs dans l'intention d'obliger Sheridan &#224; abandonner son action en justice, et en lui retirant de fait le soutien politique du parti &#224; un moment critique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a un motif r&#233;current clair dans le comportement de la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es, dont les racines se trouvent plus loin dans l'histoire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;. Devant l'&#233;preuve des faits, &#224; chaque occasion les personnes qui contr&#244;laient le parti ont d&#233;montr&#233; que l'intention d&#233;clar&#233;e d'avancer vers un nouveau genre de formation politique ouverte, de masse, ne valait gu&#232;re plus que le papier sur lequel elle &#233;tait &#233;crite. Les militants, dont le nombre d&#233;clinait au fil des jours, ne contr&#244;laient pas et ne comprenaient pas ce qui se passait au sommet. La m&#233;thode dominante restait sectaire envers la classe et bureaucratique envers les militants. Loin de s'engager dans le mouvement en &#201;cosse et d'en gagner la direction, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; est rest&#233; en retrait du mouvement, a refus&#233; d'oeuvrer pour en gagner la direction, et l'a le plus souvent condamn&#233; pour ses limites politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sheridan lui-m&#234;me &#233;tait membre de la plate-forme &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ISM&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ceux qui se sont retourn&#233;s contre lui &#233;taient presque tous de proches alli&#233;s politique jusqu'&#224; tr&#232;s r&#233;cemment. Ils se sont &#224; pr&#233;sent retourn&#233;s contre lui pour des raisons qui sont beaucoup plus profond&#233;ment politiques que personnelles. Sheridan partage les racines politiques de la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;, mais il a eu une influence majeure pour attirer le soutien de la classe pour le parti gr&#226;ce &#224; son pass&#233; de militantisme constant sur les questions de la guerre, des demandeurs d'asile et de l'anticapitalisme. En 2003 son nom figurait sur le bulletin de vote &#224; c&#244;t&#233; du logo du parti. Le projet pour lequel les gens ont vot&#233; &#233;tait in&#233;vitablement associ&#233; dans l'opinion publique avec Tommy Sheridan. C'est pourquoi la majorit&#233; des militants du parti repr&#233;sent&#233;s &#224; un conseil national du parti en juin ont donn&#233; leur soutien entier &#224; Sheridan et rejet&#233; les arguments tir&#233;s par les cheveux pr&#233;sent&#233;s par la majorit&#233; du comit&#233; ex&#233;cutif pour justifier ce qui &#233;tait vu comme une trahison publique d'un dirigeant socialiste et du projet qu'il repr&#233;sentait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un argument pr&#233;sent&#233; par la direction &#233;tait que la question principale &#233;tait la question de genre et non la question de classe. Sheridan lui-m&#234;me a sugg&#233;r&#233; que le conflit prenait place entre ce qu'il caract&#233;rise comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la politique de genre&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la politique de classe&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce n'est pas n&#233;cessairement une caract&#233;risation que nous accepterions, en particulier parce que nous concevons la lutte contre l'exploitation de classe et pour la lib&#233;ration des femmes comme intimement li&#233;es. N&#233;anmoins, la domination d'id&#233;es f&#233;ministes dans une section du parti l'a amen&#233;e &#224; voir la question centrale comme &#233;tant le comportement personnel de Sheridan plut&#244;t que les attaques de News International contre un dirigeant socialiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SWP&lt;/span&gt; a pu clarifier sa compr&#233;hension de la v&#233;ritable tradition marxiste sur la lib&#233;ration des femmes via un combat fractionnel long et parfois &#226;pre au d&#233;but des ann&#233;es 1980 autour de la question de l'organisation &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;autonome&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des femmes. Par contraste, ce type de d&#233;bat n'a pas eu lieu au sein de Militant, qui &#233;tait en fait bien connu dans la gauche des ann&#233;es 1970 et 1980 pour ses d&#233;nonciations du mouvement pour la lib&#233;ration des femmes comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;petit-bourgeois&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C'est peut-&#234;tre une cons&#233;quence de cette exp&#233;rience qui a amen&#233; des dirigeants du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; qui sont d'anciens militants ou sympathisants de Militant de faire un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;virage &#224; 180&#176;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour accepter de mani&#232;re acritique beaucoup d'id&#233;es f&#233;ministes. Ce type de positions peut mener par exemple &#224; l'article de la d&#233;put&#233;e Carolyn Leckie (qui ne vient pas de Militant) dans le Sunday Herald ou elle &#233;crit que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; a pris le conflit des travailleurs de la petite enfance moins au s&#233;rieux que d'autres conflits parce qu'il impliquait des femmes. C'&#233;tait une calomnie scandaleuse envers les nombreux camarades du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;, hommes et femmes, qui sont all&#233;s soutenir les piquets de gr&#232;ve de fa&#231;on quotidienne et particuli&#232;rement inexact en ce qu'une importante base de soutien pour Sheridan vient des travailleuses et travailleurs de la petite enfance qui ont rejoint le parti gr&#226;ce &#224; son soutien pour leur gr&#232;ve&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour la majorit&#233; des militants il &#233;tait clair que le proc&#232;s n'aurait jamais eu lieu si certains membres du comit&#233; ex&#233;cutif n'avaient pas essay&#233; d'utiliser l'affaire pour &#233;loigner Sheridan de son r&#244;le dirigeant. Les raisons &#233;taient toujours politiques &#8211; &#224; la racine, un conflit entre deux visions diff&#233;rentes du parti. Tommy Sheridan n'a pas d&#233;fendu un engagement plus large dans le mouvement devant ses coll&#232;gues, et jusqu'&#224; relativement r&#233;cemment il n'a pas critiqu&#233; ouvertement le sectarisme qui s'intensifie au sein du parti. Pourtant pour un nombre substantiel de militants du parti, et beaucoup d'autres en-dehors du parti, du fait de son activit&#233; constante et de son association publique avec la campagne contre la guerre, &#224; plusieurs niveaux il s'est mis &#224; repr&#233;senter le genre de parti large, militant, que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; aurait d&#251; devenir. La d&#233;cision de membres du parti &#224; une r&#233;union de d&#233;l&#233;gu&#233;s subs&#233;quente fut qu'une conf&#233;rence nationale du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; devrait &#234;tre tenue d&#232;s que possible apr&#232;s la fin du proc&#232;s. Des motions propos&#233;es &#224; cette r&#233;union disaient tr&#232;s clairement que l'objectif de cette conf&#233;rence serait de remplacer la direction sortante par une nouvelle. Dans la plate-forme Socialist Worker nous avons commenc&#233; &#224; nous pr&#233;parer activement &#224; ce qui aurait pu &#234;tre une occasion importante de changer la direction du parti.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les semaines qui suivirent, cependant, il devint &#233;vident pour nous tous que ceux qui contr&#244;laient le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; n'allaient jamais permettre que ce changement ait lieu. La campagne de d&#233;nigrement a &#233;t&#233; conduite dans la presse et les m&#233;dias&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle &#233;tait si vile qu'un certain nombre de commentateurs ordinairement sans sympathie pour lui commenc&#232;rent &#224; le soutenir. Des militants du parti oppos&#233;s &#224; la direction actuelle ont re&#231;u des notes anonymes dans leur courrier de parti, tandis que d'autres &#233;taient attaqu&#233;s physiquement durant des r&#233;unions de section. C'&#233;tait l&#224; une indication claire que la faction sectaire qui contr&#244;lait toujours le parti pr&#233;f&#233;rait le d&#233;truire que de rel&#226;cher leur contr&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y avait encore une majorit&#233; claire de membres du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; engag&#233;s sur le projet qui nous avait rassembl&#233;s il y a cinq ans&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; notre loyaut&#233; &#233;tait envers ce projet, et pas envers un parti qui ne proposait &#224; pr&#233;sent qu'un mod&#232;le sectaire isol&#233; des mouvements et claquemur&#233; dans l'abstraction, un parti qui continuait ses calomnies envers Tommy Sheridan durant toute la p&#233;riode o&#249; le Liban &#233;tait en trait d'&#234;tre d&#233;truit par les armes isra&#233;liennes. Ce n'&#233;tait pas l&#224; un d&#233;bat mineur, mais une diff&#233;rence d'orientation fondamentale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous esp&#233;rons que les forces qui sont d&#233;cid&#233;es &#224; construire une alternative socialiste de masse au New Labour, une formation anticapitaliste ouverte &#224; tous ceux et &#224; toutes celles qui s'opposent au capital mondial et &#224; la guerre, peuvent &#224; pr&#233;sent travailler ensemble pour constuire la nouvelle organisation Solidarity. C'&#233;tait la base de la d&#233;cision des membres de la plate-forme Socialist Worker de jeter nos forces et notre d&#233;vouement dans cette nouvelle organisation&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La plate-forme Socialist Worker reconna&#238;t avec tristesse que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; n'est plus le parti de masse large et ouvert de la gauche que nous nous &#233;tions engag&#233;s &#224; construire quand nous l'avons rejoint il y a cinq ans. Tandis que la guerre imp&#233;rialiste s'intensifie et s'&#233;tend au Liban, et que le niveau de col&#232;re populaire et d'opposition grandit, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; s'est montr&#233; incapable de r&#233;pondre &#224; cette col&#232;re ou de lui donner une quelconque direction.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le potentiel pour la construction d'une organisation large et inclusive de la gauche Ecossaise est aussi vaste que jamais. C'est le devoir des socialistes de r&#233;pondre &#224; ce potentiel et de le d&#233;velopper. Nous approuvons l'initiative appelant &#224; une r&#233;union publique ouverte de la gauche &#233;cossaise le 3&#160;septembre &#224; Glasgow pour lancer Solidarity et nous contriburons activement &#224; sa construction, dans la conviction qu'elle peut repr&#233;senter la premi&#232;re &#233;tape dans la construction d'une nouvelle formation politique qui pourra r&#233;pondre aux besoins des nombreux socialistes et militants d'Ecosse, une plate-forme de lancement pour une nouvelle gauche &#233;cossaise qui sera ouverte, d&#233;mocratique, internationaliste et engag&#233;e dans la construction d'un monde nouveau et meilleur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La grande majorit&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; ont &#233;t&#233; membres de la tendance Militant. Trois membres &#233;taient membres de la plate-forme Socialist Worker, parmi lesquels moi-m&#234;me. La seule membre de notre plate-forme pr&#233;sente &#224; la r&#233;union de novembre 2004 a vot&#233; pour la d&#233;cision appelant Sheridan &#224; d&#233;missioner, mais elle a imm&#233;diatement reconnu publiquement qu'elle avait eu tort.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La plupart des syndicats britanniques sont affili&#233;s au parti travailliste, qui est historiquement leur &#233;manation. Depuis quelques ann&#233;es, quelques syndicats se sont d&#233;saffili&#233;s du parti travailliste et se sont affili&#233;s &#224; des partis &#224; sa gauche comme le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;. (NdT)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Environ 45 000 &#8364;. (NdT)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit vraisemblablement de l'article de Donnie Nicolson, The &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; and the anti-capitalist movement dans Frontline premi&#232;re s&#233;rie, num&#233;ro 18, consultable sur Internet&#160;: &lt;a href=&#034;http://www.redflag.org.uk/frontline/18/18donnie.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.redflag.org.uk/frontline/18/18donnie.html&lt;/a&gt; (NdT)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ceci est une traduction de l'article paru dans la revue th&#233;orique trimestrielle du Socialist Workers Party britannique, &lt;i&gt;International Socialism&lt;/i&gt;, num&#233;ro 112, Automne 2006. Le texte original est consultable sur Internet&#160;: &lt;a href=&#034;http://www.isj.org.uk/index.php4?id=247&amp;issue=112&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.isj.org.uk/index.php4?id=247&amp;issue=112&lt;/a&gt; (NdT)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
