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	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>Italie 1919-1921&#160;: les conseils d'usine</title>
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		<dc:date>2009-10-23T20:52:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leila Soula, L&#230;titia</dc:creator>


		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Spontan&#233;it&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Double pouvoir</dc:subject>

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&lt;p&gt;Avant-propos&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le dernier num&#233;ro de Que Faire&#160;?, une place importante &#233;tait accord&#233;e &#224; l'id&#233;e qu'aujourd'hui, un des enjeux principaux pour le NPA &#233;tait de &#171;&#160;populariser l'id&#233;e du contr&#244;le ouvrier&#160;&#187;. Ce d&#233;but de r&#233;flexion a &#233;t&#233; abord&#233; non comme un appel incantatoire &#224; la constitution de conseils ouvriers mais bien comme une nouvelle posture &#224; adopter pour comprendre et penser notre intervention, en tant que r&#233;volutionnaires, dans le d&#233;veloppement de la crise et des mobilisations. Alors que les mobilisations (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-no01-aout-octobre-2009" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - n&#176;01 - Ao&#251;t/Octobre 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Syndicalisme" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Controle-ouvrier" rel="tag"&gt;Contr&#244;le ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Spontaneite" rel="tag"&gt;Spontan&#233;it&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Double-pouvoir" rel="tag"&gt;Double pouvoir&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L150xH90/arton151-71abc.jpg&#034; width='150' height='90' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant-propos&#160;:&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le dernier num&#233;ro de Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?, une place importante &#233;tait accord&#233;e &#224; l'id&#233;e qu'aujourd'hui, un des enjeux principaux pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; &#233;tait de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;populariser l'id&#233;e du contr&#244;le ouvrier&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce d&#233;but de r&#233;flexion a &#233;t&#233; abord&#233; non comme un appel incantatoire &#224; la constitution de conseils ouvriers mais bien comme une nouvelle posture &#224; adopter pour comprendre et penser notre intervention, en tant que r&#233;volutionnaires, dans le d&#233;veloppement de la crise et des mobilisations. Alors que les mobilisations continuent de se d&#233;velopper et se radicalisent &#224; travers de nouveaux tests, les grands de ce monde &#233;laborent (non sans difficult&#233;s et frottements internes) une solution globale &#224; la crise. Dans une telle situation, les r&#233;volutionnaires se doivent, &#224; partir de la r&#233;alit&#233; des luttes et de leur structuration propre, d'adopter la m&#234;me posture afin de peser dans ce contexte et de permettre aux domin&#233;s de passer de la d&#233;fensive &#224; l'offensive. La question fondamentale qui est pos&#233;e par la situation est de savoir quel camp social parviendra &#224; r&#233;soudre la crise. La r&#233;ponse reste ouverte et d&#233;pendra en partie de notre intervention. Pour se donner les moyens de formuler une politique permettant de renverser la logique dominante dans une p&#233;riode o&#249;, quoi qu'elle dise, la classe dirigeante et son projet politique sont plus faibles que jamais, nous devons multiplier les tests et les initiatives mais &#233;galement confronter les exp&#233;riences et analyses actuelles et pass&#233;es. En effet, cette crise de l&#233;gitimit&#233; de la logique capitaliste ne pouvant se r&#233;soudre spontan&#233;ment, elle va s'approfondir&#160;: l'enjeu est de poser d&#232;s aujourd'hui, les jalons th&#233;oriques et pratiques pour faire en sorte que les exploit&#233;s et les domin&#233;s soient dans la meilleure position pour formuler collectivement leurs propres r&#233;ponses, au niveau tant th&#233;orique que pratique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si les exp&#233;riences de contr&#244;le par les travailleurs de leurs outils de production sont nombreuses, une partie d'entre elles reste encore peu connues et peu travaill&#233;es y compris dans les courants de tradition marxiste en France, notamment celles issues de la p&#233;riode post&#233;rieure &#224; la R&#233;volution Russe. Pourtant, ces moments historiques, en faisant passer les travailleurs du statut de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;salari&#233;s&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (passifs) &#224; celui de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;producteurs&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (donc actifs dans le processus de production), modifiant ainsi leurs points de vue sur eux-m&#234;me et sur le monde, sont ceux o&#249; la possibilit&#233; du renversement r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233; ne se pose plus comme un horizon lointain mais se trouve incarn&#233;e dans la r&#233;alit&#233; m&#234;me. Nous devons &#233;tudier ces moments-l&#224; pour en comprendre les sp&#233;cificit&#233;s, &#234;tre en capacit&#233; d'en isoler les &#233;l&#233;ments g&#233;n&#233;ralisables tout en en identifiant les limites objectives et subjectives. L'histoire du mouvement ouvrier doit &#234;tre exploit&#233;e au service du pr&#233;sent et nous permettre de penser l'avenir.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exp&#233;rience turinoise des conseils d'usine entre 1919 et 1921 est essentielle en ce sens. En effet, en quelques mois, l'Italie a vu des millions de travailleurs occuper leurs usines et se battre pour le contr&#244;le de la production&#160;: les gr&#232;ves dans les grands centres industriels du nord se sont structur&#233;es autour de conseils d'usine, rompant les barri&#232;res traditionnelles entre les cols blancs et les cols bleus ainsi que l'artificielle s&#233;paration entre les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sph&#232;res&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;conomique et politique. Ces conseils ont permis la g&#233;n&#233;ralisation de la contestation dans la jeune, mais puissante, industrie italienne tout en cr&#233;ant des ponts avec les paysans du sud, les entra&#238;nant dans la lutte et posant, de mani&#232;re embryonnaire, la question du pouvoir. &#201;branlant l'ordre &#233;tabli, les structures bureaucratiques du mouvement ouvrier et le projet politique de la classe dirigeante italienne, ce mouvement dans ses dynamiques, sa structuration mais &#233;galement dans les limites (objectives et subjectives) qu'il a rencontr&#233; est riche d'enseignements pour nous, aujourd'hui. Tr&#232;s peu &#233;tudi&#233;s en France, les &#233;l&#233;ments historiques ou analytiques sur cette p&#233;riode sont extr&#234;mement r&#233;duits et tr&#232;s &#233;parpill&#233;s. Par cons&#233;quent, cet article ne pourra en aborder que les aspects les plus fondamentaux et s'envisage davantage comme une introduction, une sorte de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;d&#233;broussaillage&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour approfondir l'&#233;tude de ce moment politique dans les prochains mois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre&#160;: une rupture profonde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_28 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:324px;'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L324xH318/naples-269f3.jpg' width='324' height='318' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Jeune &#201;tat (l'unification des royaumes de la p&#233;ninsule date de 1861) jusqu'alors fortement structur&#233; autour de la production agricole (59&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de la production &#233;conomique en 1911) et des grands propri&#233;taires terriens, l'Italie sort structurellement modifi&#233;e de la premi&#232;re guerre mondiale. Pourtant, l'Italie est entr&#233;e tardivement dans la guerre en 1915, et de mani&#232;re tumultueuse&#160;: la bourgeoisie industrielle a manifest&#233; devant le parlement en mai 1915 pour exiger la participation, face &#224; quoi, &#224; Turin, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la guerre s'est lev&#233;e mais est rest&#233;e isol&#233;e. Sans soutien politique de la part du Parti Socialiste Italien (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Le Parti Socialiste Italien &#233;tait polaris&#233; entre une aile r&#233;formiste conduite (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ni des syndicats dans le reste de la p&#233;ninsule, elle fut r&#233;prim&#233;e violemment. La guerre a permis le d&#233;veloppement de l'industrie et a achev&#233; brusquement le processus de lutte politique entre les propri&#233;taires terriens du sud et les industriels du nord pour le contr&#244;le et l'organisation de l'&#201;tat. Dans cette dynamique, la paysannerie a subi un appauvrissement important, tout en &#233;tant la premi&#232;re source d'hommes dans laquelle on a puis&#233; pour aller mourir au front. La fracture Nord/Sud s'est accentu&#233;e fortement en m&#234;me temps que l'&#201;tat Italien prenait forme. La production de guerre (industrie lourde, chimie, m&#233;tallurgie, etc.) a donn&#233; une base r&#233;elle et solide, dans le m&#234;me temps, &#224; l'&#233;mergence tant d'une v&#233;ritable bourgeoisie capitaliste que d'une classe ouvri&#232;re num&#233;riquement importante et fortement concentr&#233;e dans quelques villes du nord (dans le triangle industriel G&#234;nes-Milan-Turin). Pour se rendre compte de la brusque mutation industrielle qu'a amen&#233;e la guerre, il suffit de regarder quelques chiffres&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La production d'acier passe de 5,2 &#224; 10,8&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de la production totale entre 1914 et 1917.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le capital de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FIAT&lt;/span&gt; passe de 17 millions de lires en 1914 &#224; 200 millions en 1919.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La masse ouvri&#232;re a &#233;t&#233; multipli&#233;e par 5 &#224; Milan entre 1915 et fin 1916.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Entre 1914 et 1918, les effectifs de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FIAT&lt;/span&gt; passent de 4300 &#224; 40 000.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; la fin de la guerre, il y a plus de 900 000 ouvriers concentr&#233;s dans la production de guerre, exclusivement dans les grands centres industriels du nord.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, la guerre a drain&#233; son lot de privations et de blessures&#160;: morts, forte inflation, disette, maladie, exode rural, etc. Cependant, elle a &#233;galement permis des rencontres, et des prises de conscience. En effet, au front, les ouvriers et les paysans sont c&#244;te &#224; c&#244;te dans les tranch&#233;es et leur communaut&#233; d'int&#233;r&#234;t y devient palpable. En ville, c'est une nouvelle g&#233;n&#233;ration de travailleurs sur laquelle s'appuie la production&#160;: les femmes et les paysans. Malgr&#233; les lois interdisant les gr&#232;ves dans les usines, l'augmentation des cadences et l'encadrement militaire de la production, ces &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;jeunes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; prol&#233;taires ne sont pas soumis et ne se laissent pas dompter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Th&#233;&#226;tre de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale anti-guerre en 1915, Turin est particuli&#232;rement anim&#233;e par les mobilisations ouvri&#232;res pendant la guerre. La R&#233;volution russe de f&#233;vrier 1917 y rencontre, d'ailleurs, un &#233;cho particuli&#232;rement important&#160;: lorsqu'une d&#233;l&#233;gation de Russie vient &#224; Turin le 15&#160;Ao&#251;t 1917, des milliers de Turinois les accueillent aux cris de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Vive L&#233;nine&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (alors que la d&#233;l&#233;gation Russe repr&#233;sentait le gouvernement provisoire qui pers&#233;cutait alors les militants bolcheviques et venait demander aux ouvriers italiens d'intensifier la production d'arme pour mener la guerre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!). Cet &#233;v&#233;nement servit, ironiquement, de d&#233;clencheur &#224; une r&#233;volte ouvri&#232;re de masse dans Turin. Le 21&#160;Ao&#251;t, les femmes et les enfants refusent d'aller travailler et manifestent &#224; cause de la fermeture de huit boulangeries de la ville. Les ouvriers refusent de passer les portes des usines sous le slogan&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Nous n'avons pas mang&#233;, nous ne pouvons pas travailler&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Mais les causes de cette r&#233;volte sont plus profondes. En effet, lorsque les g&#233;rants annoncent que du pain arrive, les ouvriers quittent l'entr&#233;e de l'usine en scandant&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Au diable le pain&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce que nous voulons c'est la paix&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; bas les profiteurs&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; bas la guerre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Chris Bambery, A Rebel's guide to Gramsci, Bookmarks, London, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, les rues sont prises d'assaut par la police, l'arm&#233;e et les manifestants qui construisent des barricades dans les quartiers ouvriers. Les casernes sont attaqu&#233;es par les manifestants qui incendient &#233;galement, dans la tr&#232;s catholique Italie, deux &#233;glises... La r&#233;volte est alors r&#233;prim&#233;e par l'arm&#233;e &#224; l'aide notamment de tanks et de fusils mitrailleurs&#160;: cinquante ouvriers p&#233;rissent, les autres sont jug&#233;s par des tribunaux militaires et nombre d'entre eux seront envoy&#233;s dans les tranch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pouss&#233;e r&#233;volutionnaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 1919-1920, l'Italie conna&#238;t un mouvement de grande ampleur, les gr&#232;ves, les manifestations et les occupations d'usines se multiplient. Pour diff&#233;rentes raisons le mouvement italien a une dynamique particuli&#232;re par rapport &#224; l'embrasement g&#233;n&#233;ralis&#233; de l'Europe au sortir de la guerre. Le d&#233;veloppement massif du capitalisme en Italie est une donn&#233;e r&#233;cente compar&#233;e &#224; la France ou plus encore &#224; l'Allemagne &#224; cette &#233;poque, en cons&#233;quence les masses ont rejoint relativement r&#233;cemment les organisations de la classe ouvri&#232;re, qu'il s'agisse des partis ou des syndicats. Cette situation fait que le r&#233;formisme id&#233;ologique est beaucoup moins fort &#224; une &#233;chelle de masse&#160;: les travailleurs italiens n'ont pas, contrairement aux anglais ou aux allemands, la m&#233;moire de cinquante ann&#233;es de conqu&#234;tes partielles. En cons&#233;quence, la radicalisation du mouvement et le caract&#232;re spontan&#233; de l'extension de la gr&#232;ve sont beaucoup plus forts en Italie qu'ailleurs, ce qui explique les formes prises par le mouvement et plus particuli&#232;rement celle des occupations d'usine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'embrasement d&#233;bute toutefois de mani&#232;re relativement similaire aux autres pays europ&#233;ens avec une multiplication des gr&#232;ves dans les villes au sortir de la guerre. On d&#233;nombre ainsi 1663 gr&#232;ves en 1919, chiffre qui monte rapidement &#224; 1881 en 1920, celles-ci impliquant plus d'un million de travailleurs dans la lutte&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; contre 810 gr&#232;ves et 300 000 travailleurs en 1913. Les campagnes, &#224; une &#233;chelle moindre, ne sont pas &#233;pargn&#233;es par ce mouvement puisqu'on y compte 189 gr&#232;ves avec plus d'un million d'actifs agricoles impliqu&#233;s d&#232;s 1920 contre 97 gr&#232;ves en 1913. Turin sera le centre dans lequel ce ph&#233;nom&#232;ne sera le plus abouti et prendra les aspects les plus int&#233;ressants. C'est en effet &#224; Turin que l'on verra des millions de travailleurs occuper leurs usines et reprendre le contr&#244;le de la production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; une telle pouss&#233;e r&#233;volutionnaire les patrons et les petits bourgeois prennent peur et commencent alors &#224; se structurer autour d'un projet politique de droite dure, c'est l'&#233;mergence du mouvement fasciste. De leur c&#244;t&#233;, les organisations du mouvement ouvrier connaissent une mont&#233;e tr&#232;s rapide de leurs effectifs, devenant de v&#233;ritables organisations de masse en l'espace de quelques mois. Les effectifs du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt; comme de la Confederazione Generale del Lavoro (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGL&lt;/span&gt;) sont ainsi quasiment multipli&#233;s par dix entre 1918 et 1920 avec un passage de 23 000 &#224; plus de 200 000 membres pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt; tandis que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGL&lt;/span&gt; passe de 250 000 &#224; plus de deux millions de travailleurs syndiqu&#233;s. Le m&#234;me chiffre permet au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt; de remporter les &#233;lections g&#233;n&#233;rales face aux nationalistes et aux fascistes en novembre 1919&#160;: ces deux millions de voix lui garantissent un quart des si&#232;ges au parlement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce contexte de radicalisation et de polarisation de la classe ouvri&#232;re, un groupe de r&#233;volutionnaires dirig&#233; par Antonio Gramsci, membre de l'aile gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt;, fonde le journal L'Ordine Nuovo. Celui-ci est largement consacr&#233; &#224; la propagande des conseils d'usine. C'est-&#224;-dire &#224; cr&#233;er l'agitation autour des questions relatives &#224; l'organisation r&#233;volutionnaire des travailleurs et &#224; les pousser &#224; devenir les principaux acteurs dans la bataille pour le contr&#244;le de la production et l'autogestion des usines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_29 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH290/ordine_nuovo-45ce9.jpg' width='500' height='290' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des commissions internes aux conseils d'usine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les usines turinoises existent alors de mani&#232;re informelle des anc&#234;tres de nos comit&#233;s d'entreprise appel&#233;s commissions internes qui vont conna&#238;tre de profondes mutations. N&#233;es des luttes, celles-ci sont toutefois reconnues par la classe dirigeante depuis le mouvement de gr&#232;ve de 1906 afin de calmer les ardeurs des ouvriers. Un accord est en effet sign&#233; &#224; cette occasion entre la direction de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FIOM&lt;/span&gt; (syndicat des m&#233;tallurgistes) et le patronat de Turin qui autorise et reconna&#238;t les commissions internes en &#233;change de la promesse de ne pas lancer de gr&#232;ves durant les trois ann&#233;es &#224; venir. Les efforts conjoints du patronat et des bureaucrates syndicaux permettent petit &#224; petit d'institutionnaliser ces commissions en faisant en sorte, par exemple, que les membres de ces comit&#233;s d'entreprise soient uniquement propos&#233;s par les bureaucraties syndicales, qui les choisissent selon des crit&#232;res bien d&#233;finis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Leur r&#244;le se limite alors de plus en plus &#224; un cadre de n&#233;gociation avec le patronat. Tout en d&#233;veloppant des revendications ils freinent toute tentative des masses d'entrer dans l'action. Mais leur nature est appel&#233;e &#224; changer rapidement en fonction de l'&#233;volution de la lutte des classes. D&#232;s 1919, dans un contexte d'augmentation des luttes et de multiplication des gr&#232;ves, les r&#233;volutionnaires de L'Ordine Nuovo et notamment Gramsci, Terracini, Tasca ou encore Togliatti s'interrogent et &#233;tudient le processus de radicalisation des travailleurs. Inspir&#233;s par la R&#233;volution russe, ces militants se posent la question suivante&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Existe-t-il un embryon, une vell&#233;it&#233;, une allusion, de gouvernement des soviets en Italie, &#224; Turin&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Leur r&#233;ponse est positive. Pour eux le comit&#233; d'entreprise est &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;un embryon de gouvernement ouvrier, un embryon de soviets&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Cette analyse tranche avec la position majoritaire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt; qui, tout en se r&#233;f&#233;rant de mani&#232;re abstraite aux soviets de la R&#233;volution russe, fait tout pour limiter le r&#244;le de ces conseils en se cantonnant dans une strat&#233;gie classique de division stricte et arbitraire des t&#226;ches entre terrain &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;conomique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, r&#233;serv&#233; au syndicat, et terrain &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;politique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour le parti.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'id&#233;e du contr&#244;le ouvrier s'impose alors comme une question centrale. L'enjeu est que les travailleurs forgent leurs propres outils et repr&#233;sentations. Il s'agit de mettre en place un cadre qui organise tous les travailleurs, qui brise la barri&#232;re entre &#233;conomie et politique. L'Ordine Nuovo d&#233;veloppe donc l'id&#233;e que les commissions internes doivent se transformer en v&#233;ritables organes r&#233;volutionnaires sur l'exemple des soviets russes et contr&#244;ler la production. Ces comit&#233;s d'entreprise sont, selon Gramsci, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;des organes de d&#233;mocratie ouvri&#232;re qu'il faut absolument lib&#233;rer des limitations impos&#233;es par les chefs d'entreprise, et auxquels il faut infuser une &#233;nergie et une vie nouvelle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les travailleurs devraient donc se saisir de ces cadres d'organisation, les d&#233;velopper et se les r&#233;approprier. Les membres de L'Ordine Nuovo argumentent alors pour que ces comit&#233;s d'entreprise soient d&#233;sormais compos&#233;s de membres &#233;lus par les ouvriers et que leur t&#226;che principale soit le contr&#244;le de la production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette propagande pour des conseils d'usine rencontre rapidement un grand succ&#232;s aupr&#232;s des travailleurs. Des milliers d'entre eux se lancent alors dans la construction de conseils et les militants de L'Ordine Nuovo sont invit&#233;s par les ouvriers &#224; intervenir dans les assembl&#233;es pour discuter avec les gr&#233;vistes. La popularisation de ce mot d'ordre d&#233;montre de la part de ces militants r&#233;volutionnaires une analyse juste de la situation politique et des attentes des travailleurs en gr&#232;ve. Les m&#233;tallurgistes turinois r&#233;pondent ainsi largement &#224; l'appel en s'emparant des commissions internes et en constituant des conseils dans toutes les usines de la ville&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'organisation des conseils d'usine se fonde sur les principes suivants&#160;: dans chaque usine, petite ou grande, un organisme est constitu&#233; sur la base de la repr&#233;sentation (et non sur l'ancienne base du syst&#232;me bureaucratique)&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cet organisme incarne la force du prol&#233;tariat, il lutte contre l'ordre capitaliste, pour le contr&#244;le de la production, en &#233;duquant toute la masse ouvri&#232;re pour la lutte r&#233;volutionnaire et pour la cr&#233;ation de l'Etat ouvrier [&#8230;] il doit repr&#233;senter pour la classe ouvri&#232;re le mod&#232;le de la soci&#233;t&#233; communiste &#224; laquelle on arrivera en passant par la dictature du prol&#233;tariat&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Traduction de Gramsci, Scritti politici di Gramsci, tome 1. Traduction (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les conseils d'usine, un outil des travailleurs pour exercer le pouvoir&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_30 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:313px;'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L313xH482/autogestion-770d5.jpg' width='313' height='482' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Ces conseils d'usine constituent en r&#233;alit&#233; un cercle d'organisation du travail, un organe activement ins&#233;r&#233; dans le processus de la production d&#233;passant les limites d'une activit&#233; exclusivement politique ou revendicative. Leurs t&#226;ches sont multiples. Tout d'abord, sur le plan politique, leur r&#244;le est de transmettre et d'&#233;tendre l'exp&#233;rience des conseils &#224; d'autres usines occup&#233;es mais aussi d'impliquer les autres cat&#233;gories de travailleurs dans la lutte. Ensuite, sur le plan &#233;conomique, les conseils organisent la production sur des bases nouvelles impliquant l'ensemble des ouvriers (coordination de la production, commande des mati&#232;res premi&#232;res, etc.). Certaines usines ont m&#234;me r&#233;ussi &#224; maintenir la production. Par exemple, avant l'occupation, les ouvriers de Fiat dans le centre de la ville produisent environ 67 voitures par jour, ils parviennent &#224; en produire quarante par jour au cours de la gr&#232;ve. Au-del&#224; du contr&#244;le de la production, les conseils organisent &#233;galement la r&#233;sistance arm&#233;e, c'est ainsi qu'ils furent &#224; l'origine de la formation de milices afin de faire face &#224; la r&#233;pression exerc&#233;e par la classe dirigeante durant le mouvement. L'efficacit&#233; de ces conseils pour l'organisation du mouvement est clairement mise en lumi&#232;re par un exemple que donne Gramsci&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;L'organisation technique [...] des conseils s'est tellement perfectionn&#233;e qu'il a &#233;t&#233; possible d'arr&#234;ter en cinq minutes le travail de 16 000 ouvriers dispers&#233;s dans les 42 entreprises de l'usine centrale Fiat&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les conseils sont &#233;galement des lieux d'&#233;ducation pour l'ensemble des travailleurs, en permettant &#224; ceux-ci de se consid&#233;rer comme des producteurs et non plus des salari&#233;s car ils enseignent les connaissances n&#233;cessaires pour diriger eux-m&#234;mes leurs usines. Cet aspect d&#233;terminant permet aux conseils de d&#233;passer la contradiction fondamentale des syndicats quant &#224; la fa&#231;on dont ceux-ci organisent les travailleurs. Gramsci explique ceci en montrant que les syndicats sont des organisations &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l&#233;gales&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, int&#233;gr&#233;es dans le syst&#232;me capitaliste&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;[le syndicalisme] s'est r&#233;v&#233;l&#233; comme une simple forme de la soci&#233;t&#233; capitaliste et non comme un d&#233;passement potentiel de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Il organise les ouvriers, non en tant que producteurs, mais en tant que salari&#233;s [&#8230;] en tant que vendeurs de la marchandise travail&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Contrairement aux organisations syndicales, les conseils ouvriers ont l'avantage, pour l'objectif d'une transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233;, de poser la question fondamentale du pouvoir. Cette caract&#233;ristique n'implique pas pour autant l'abandon des syndicats, car ceux-ci doivent jouer un r&#244;le notamment dans la construction de ces conseils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='On peut d'ailleurs noter que cette relation est, comme toujours, dialectique (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais permet d'en saisir les limites intrins&#232;ques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exp&#233;rience des conseils d'usine a permis aux travailleurs turinois de s'envisager pour la premi&#232;re fois comme classe dirigeante &#224; travers le contr&#244;le de la production. Les ouvriers sont d&#233;sormais des producteurs ayant la volont&#233; d'en finir avec le syst&#232;me d'exploitation et de commencer &#224; contr&#244;ler leur vie&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;le conseil est la n&#233;gation de la l&#233;galit&#233; industrielle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Traduction de Gramsci, op. cit.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Gramsci insiste sur l'id&#233;e que ces conseils sont des embryons de pouvoir ouvrier en capacit&#233; de renverser le pouvoir bourgeois. Ils forment un embryon d'&#201;tat bas&#233; sur l'auto-&#233;ducation et l'auto-organisation des travailleurs. Ils organisent tous les travailleurs et sont une organisation de base &#224; la diff&#233;rence des commissions internes qui repr&#233;sentent essentiellement les travailleurs adh&#233;rents au syndicat. Gramsci consid&#233;re que les conseils ont un caract&#232;re r&#233;volutionnaire en soi pouvant permettre aux travailleurs turinois de s'&#233;manciper en menant &#224; la construction d'un nouvel &#201;tat ouvrier. Ces conseils permettent en effet aux travailleurs de se structurer et de faire l'exp&#233;rience de la gestion de leurs affaires. Ils sont le moteur de la r&#233;volution ouvri&#232;re en Italie en permettant de donner un sens politique &#224; la lutte des travailleurs turinois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_31 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH300/Sans_titre-14167.jpg' width='500' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Limites du r&#244;le des conseils et orientations dans le mouvement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement a cependant permis de mettre en avant les limites de la structuration des conseils et la n&#233;cessit&#233; d'un parti r&#233;volutionnaire implant&#233; dans la classe &#224; une &#233;chelle nationale. En effet, le mouvement ouvrier est alors encadr&#233; par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt; et la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGL&lt;/span&gt;. Cette situation est tr&#232;s particuli&#232;re car contrairement &#224; la majorit&#233; des pays europ&#233;ens, l'Italie n'a pas encore connu de rupture au sein du parti social-d&#233;mocrate dominant entre r&#233;formistes et r&#233;volutionnaires. Or, tout en &#233;tant section de la nouvelle Internationale Communiste, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt; est majoritairement domin&#233; par des r&#233;formistes. C'est ainsi que la position du courant majoritaire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt;, suivi par la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGL&lt;/span&gt;, est que les conseils d'usine se construisent au sein des syndicats afin de mieux les contr&#244;ler. Pendant les dures occupations, ce courant r&#233;formiste d&#233;clare que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt; refusera de se lancer dans une action r&#233;volutionnaire tant qu'il n'y a pas un plan d'action coordonn&#233;. Evidemment, il n'a rien fait pour impulser et &#233;laborer ce plan d'action.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une autre position, tout aussi d&#233;sastreuse pour le mouvement, est incarn&#233;e, dans l'aile gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt;, par la fraction communiste r&#233;volutionnaire dirig&#233;e par Amadeo Bordiga. Ce dernier critique le manque d'implication du parti dans le mouvement mais consid&#232;re que l'activit&#233; politique est dans un premier temps plus importante que la lutte &#233;conomique. Le v&#233;ritable instrument de la lutte pour l'&#233;mancipation des travailleurs devant &#234;tre un parti de classe, il consid&#232;re que d&#233;fendre l'id&#233;e que les conseils d'usine, dans un syst&#232;me capitaliste, puissent &#234;tre des organes d'&#233;mancipation des travailleurs sans parler du parti, est une grave erreur politique. D'apr&#232;s Bordiga, il est insens&#233; de parler de contr&#244;le ouvrier alors que le pouvoir politique est encore aux mains de la bourgeoisie&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'erreur des camarades de L'Ordine Nuovo est de soutenir que le prol&#233;tariat peut s'&#233;manciper en gagnant du terrain dans la sph&#232;re &#233;conomique, alors que le capitalisme d&#233;tient avec l'&#201;tat le pouvoir politique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Bordiga, Per la costituzione dei Consigli operai in Italia.' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'analyse de Bordiga laisse penser qu'il n'a pas pris la mesure du potentiel qui existe au sein des conseils ouvriers dans l'Italie des ann&#233;es 20. Son analyse le conduira &#224; construire un parti en dehors du mouvement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt; et la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGL&lt;/span&gt; refusent alors d'assumer la direction du mouvement et mettent tout en &#339;uvre pour emp&#234;cher les travailleurs d'imiter l'exemple de Turin, ce qui pr&#233;cipitera l'&#233;chec du mouvement des conseils. Les strat&#233;gies de la direction r&#233;formiste du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt; comme celle de Bordiga porteront un rude coup au mouvement des conseils d'usine. Malgr&#233; leur volont&#233;, les travailleurs de Turin vont se heurter &#224; plusieurs difficult&#233;s techniques. L'isolement paralyse alors les travailleurs qui ne parviennent pas &#224; vendre la production et &#224; se fournir en mati&#232;res premi&#232;res. La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGL&lt;/span&gt; reprend alors tr&#232;s vite le mouvement en main et signe des accords avec le patronat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt;, la fraction communiste r&#233;volutionnaire de Gramsci est par cons&#233;quent contrainte d'agir seule pour faire la propagande des conseils d'usine. Isol&#233;e, elle est incapable d'entra&#238;ner dans la bataille des franges cons&#233;quentes du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt;. C'est pourtant ce qui lui aurait permis de palier au manque d'implantation dont elle souffrait dans le reste de l'Italie, condition n&#233;cessaire pour que les r&#233;volutionnaires puissent &#233;tendre la dynamique des conseils au-del&#224; de Turin. La col&#232;re et la d&#233;termination des travailleurs turinois n'ont en effet pas suffi pour qu'ils en ressortent victorieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce contexte de crise politique et institutionnelle, de nombreuses conditions ont &#233;t&#233; pourtant r&#233;unies pour que les travailleurs s'&#233;mancipent. La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGL&lt;/span&gt; et le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt; ont &#233;t&#233; les seules organisations &#224; &#234;tre en capacit&#233; d'&#233;tendre le mouvement turinois &#224; toute l'Italie mais ils ont au contraire &#233;t&#233; la principale cause de l'&#233;chec de ce mouvement en ne lui donnant pas la possibilit&#233; de s'&#233;tendre et de surmonter les contradictions qui se sont pos&#233;es &#224; lui en envisageant notamment la prise du pouvoir. L'exemple des conseils d&#233;montre &#233;galement que la construction de cadres d'auto-organisation ne suffit pas &#224; faire gagner un mouvement. Une organisation r&#233;volutionnaire implant&#233;e, en capacit&#233; de cristalliser le mouvement sur des bases de classe et d'y d&#233;velopper une orientation est une n&#233;cessit&#233; dont le manque s'est alors r&#233;v&#233;l&#233; de mani&#232;re tragique. Ainsi, deux ans apr&#232;s le mouvement des conseils d'usine, Mussolini marche sur Rome. Lorsqu'un parti n'est pas en mesure d'entra&#238;ner l'ensemble de la classe des travailleurs et de mettre ainsi &#224; sa remorque la petite bourgeoisie, cette derni&#232;re se tourne in&#233;vitablement vers le fascisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En septembre 1920, les derni&#232;res occupations d'usines sont lev&#233;es par la force, l'ensemble de la classe ouvri&#232;re est d&#233;moralis&#233; et le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSI&lt;/span&gt; est &#224; la fin du mouvement largement discr&#233;dit&#233; aupr&#232;s de cette derni&#232;re. La fraction organis&#233;e par Gramsci rejoint alors Bordiga pour construire un parti communiste italien, distinct des r&#233;formistes. Mais cette d&#233;cision est prise bien tard, sur la base d'un &#233;chec, en dehors de tout mouvement et surtout de mani&#232;re tr&#232;s minoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les conseils d'usine en d&#233;bat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Remarques comparatives au cours de la discussion sur les conseils ouvriers en Italie dans les ann&#233;es 1920&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Johan Paris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de mai-juin 1968 en France fut marqu&#233;e par l'irruption de millions de travailleurs sur la sc&#232;ne politique en l'espace de quelques semaines. Ce qui caract&#233;rise pour beaucoup le mouvement fut donc son explosivit&#233;. Trois ph&#233;nom&#232;nes se t&#233;lescop&#232;rent et firent prendre un caract&#232;re original aux &#233;v&#232;nements fran&#231;ais&#160;: tout d'abord le mouvement des &#233;tudiants qui commen&#231;a d&#233;but mai autour du site de Nanterre, auquel s'ajouta le mouvement de revendications des travailleurs, sur fond d'une crise profonde du r&#233;gime &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;bonapartiste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, quasi dictatorial, du g&#233;n&#233;ral De Gaulle. Toutefois, la gr&#232;ve la plus grande que la France n'ait jamais connue ne d&#233;boucha pas sur une perspective anticapitaliste. Jamais les travailleurs ne furent en capacit&#233; de poser la question du pouvoir, qui aurait du s'accompagner de la reprise du contr&#244;le de la production &#233;conomique par eux-m&#234;mes. Dans certains lieux, ils pos&#232;rent la question de la r&#233;partition des richesses, mais ils ne franchirent jamais le cap d&#233;cisif de se poser la question&#160;: qui d&#233;cide, qui contr&#244;le, qui poss&#232;de&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les travailleurs&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Une poign&#233;e de privil&#233;gi&#233;s&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand les directions syndicales et politiques, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PC&lt;/span&gt; en France, sentirent qu'il y avait des risques pour leur propre survie &#224; laisser trop de place &#224; un pouvoir ouvrier, elles d&#233;cid&#232;rent de freiner et m&#234;me d'arr&#234;ter le mouvement. Ainsi, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en France ne d&#233;boucha sur aucune modification structurelle du r&#233;gime &#233;conomique capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En parall&#232;le, l'Italie connut elle aussi un processus de gr&#232;ve de masse chez les travailleurs. Le mouvement poss&#233;dait des caract&#233;ristiques &#224; la fois diff&#233;rentes et similaires &#224; celui de la France. Diff&#233;rent car il s'&#233;tala sur un temps long, de 1969 &#224; 1976. Durant sept ans, les travailleurs italiens organis&#232;rent une lutte contre le capital en d&#233;veloppant dans la pratique le contr&#244;le ouvrier. Ce fut au printemps 1968, apr&#232;s des gr&#232;ves sur la question des retraites et des disparit&#233;s r&#233;gionales des salaires, qu'apparurent les premiers Comit&#233;s de Base Unitaires (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CBU&lt;/span&gt;). En 1973, on comptait 4 291 conseils d'usine dans tout le pays. Ils se r&#233;pandirent et se d&#233;velopp&#232;rent, notamment dans le nord, et &#233;taient compos&#233;s &#224; la fois d'ouvriers syndiqu&#233;s, de politis&#233;s mais aussi de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;non encart&#233;s&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce furent ces conseils qui organis&#232;rent les gr&#232;ves, qui &#233;labor&#232;rent les revendications port&#233;es par la mobilisation et qui tent&#232;rent de peser sur les choix de production et parfois m&#234;me, de mani&#232;re sporadique, de prendre le contr&#244;le de cette production. La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGIL&lt;/span&gt;, principal syndicat, opta tr&#232;s rapidement pour une politique d'int&#233;gration de ces comit&#233;s aux principes primaires du syndicalisme&#160;: n&#233;gocier les termes de l'exploitation. Face &#224; cette assimilation, les marxistes &#233;taient divis&#233;s et rest&#232;rent largement hostiles au processus. Ce dernier n'eut donc pas une direction politique anticapitaliste qui aurait accompagn&#233; une &#233;mancipation de la classe et une r&#233;appropriation des moyens de production. Sous le poids des directions syndicales, les conseils s'int&#233;gr&#232;rent rapidement &#224; la gestion de l'entreprise capitaliste pour finalement dispara&#238;tre au moment o&#249; le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCI&lt;/span&gt; proposa son &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;compromis historique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les mouvements de gr&#232;ves de masse au cours des ann&#233;es 1968 en France et en Italie, furent donc diff&#233;rents par leur chronologie, leur intensit&#233; (explosivit&#233; du temps court en France, mouvement rampant en Italie durant sept ans avec des p&#233;riodes plus ou moins intenses) et leur forme structurelle. En Italie, les travailleurs s'organis&#232;rent par centaines de milliers dans des comit&#233;s d'usine alors qu'en France la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; ne laissa que tr&#232;s rarement la place aux ouvriers dans l'animation de la lutte. Toutefois, &#224; aucun moment dans les deux pays, la classe ouvri&#232;re fut en capacit&#233; de dessiner une alternative politique socialiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces deux exp&#233;riences sont pleines d'enseignements pour les anticapitalistes d'aujourd'hui. En effet, cela montre la n&#233;cessit&#233; d'une strat&#233;gie politique qui permette de poser la question du pouvoir et qui ne s'aurait faire l'&#233;conomie d'une r&#233;sistance globale au syst&#232;me capitaliste, se traduisant &#224; la fois dans les gr&#232;ves de masse et dans la mise en place du contr&#244;le ouvrier. Mais cette articulation ne peut pas pour autant se d&#233;cr&#233;ter. Elle doit &#234;tre r&#233;alis&#233;e par les travailleurs eux-m&#234;mes, accompagn&#233;s d'une direction politique capable d'&#234;tre une boussole strat&#233;gique coh&#233;rente et globale, sans quoi elle ne pourrait aboutir spontan&#233;ment &#224; une transformation radicale de la soci&#233;t&#233;. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;, aujourd'hui maillon essentiel d'une future direction politique, doit alors tirer les le&#231;ons de l'histoire afin de poser les bases de la reconstruction d'une nouvelle h&#233;g&#233;monie ouvri&#232;re, pierre angulaire de tout contr&#244;le &#233;conomique, politique ou social de la classe, qui permettrait l'installation &#224; terme du socialisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Parti Socialiste Italien &#233;tait polaris&#233; entre une aile r&#233;formiste conduite par Turati, pr&#234;te &#224; rejoindre n'importe quel gouvernement, et une aile &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;maximaliste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, la majorit&#233; de gauche dirig&#233;e par Serrati. Les r&#233;formistes ne d&#233;fendaient que le programme minimum du parti pour les r&#233;formes imm&#233;diates tandis que les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;maximalistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; mettaient verbalement en avant le programme maximum pour la r&#233;volution. Aucun ne tentait de relier les combats imm&#233;diats dans la perspective de la r&#233;volution. Les diff&#233;rentes sensibilit&#233;s de la gauche r&#233;volutionnaire, &#224; l'image de Bordiga ou de Gramsci, critiquaient les concessions que l'&#233;quipe de Serrati conc&#233;dait aux r&#233;formistes. Au d&#233;clenchement de la guerre, le parti d&#233;fendit la neutralit&#233;, derri&#232;re la formule &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;ni adh&#233;rer, ni saboter&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chris Bambery, &lt;i&gt;A Rebel's guide to Gramsci&lt;/i&gt;, Bookmarks, London, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traduction de Gramsci, &lt;i&gt;Scritti politici di Gramsci&lt;/i&gt;, tome 1. Traduction l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente sur &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/gramsci/works/1920/07/gramsci_19200700.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.marxists.org/francais/gramsci/works/1920/07/gramsci_19200700.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut d'ailleurs noter que cette relation est, comme toujours, dialectique&#160;: l'activit&#233; des syndiqu&#233;s de base enthousiastes dans la construction des conseils a permis en retour le d&#233;veloppement des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traduction de Gramsci, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;. &lt;a href=&#034;http://www.antoniogramsci.com/sindcons.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.antoniogramsci.com/sindcons.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bordiga, &lt;a href=&#034;http://books.google.com/books?id=-NkKI4EsoywC&amp;lpg=PA38&amp;ots=Ub--bo-YeI&amp;dq=%22%20che%20il%20proletariato%20possa%20emanciparsi%20guadagnando%22&amp;pg=PA37#v=onepage&amp;q=%22%20che%20il%20proletariato%20possa%20emanciparsi%20guadagnando%22&amp;f=false&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Per la costituzione dei Consigli operai in Italia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Charte d'Amiens&#160;: mythe et r&#233;alit&#233;s&#8230;</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/La-Charte-d-Amiens-mythe-et</link>
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		<dc:date>2009-10-06T17:12:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leila Soula</dc:creator>


		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Anarchisme/Autonomisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;cente mobilisation des cheminots de la SNCF et de la RATP contre la r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux, a repos&#233; le d&#233;bat sur la place des syndicats dans les mobilisations et de leurs relations avec les r&#233;volutionnaires. Les syndicats sont les organisations de base des travailleurs. Pourtant depuis les ann&#233;es quatre-vingt, les syndicats ont connu un net recul des adh&#233;sions. Ils ont connu des divisions de plus en plus grandes entres les conf&#233;d&#233;rations sur les modalit&#233;s d'action ou de n&#233;gociation. Ils (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Syndicalisme" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Anarchisme" rel="tag"&gt;Anarchisme/Autonomisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;cente mobilisation des cheminots de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SNCF&lt;/span&gt; et de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RATP&lt;/span&gt; contre la r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux, a repos&#233; le d&#233;bat sur la place des syndicats dans les mobilisations et de leurs relations avec les r&#233;volutionnaires. Les syndicats sont les organisations de base des travailleurs. Pourtant depuis les ann&#233;es quatre-vingt, les syndicats ont connu un net recul des adh&#233;sions. Ils ont connu des divisions de plus en plus grandes entres les conf&#233;d&#233;rations sur les modalit&#233;s d'action ou de n&#233;gociation. Ils ont surtout connu un changement de nature au cours du si&#232;cle pass&#233;. En effet, sept syndicats (la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FO&lt;/span&gt;, l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UNSA&lt;/span&gt;, l'Union syndicale Solidaire, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CNT&lt;/span&gt;, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FGAAC&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='La FGAAC a recueilli pr&#233;s de 2.9% des voix aux derni&#232;res &#201;lections (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FSU&lt;/span&gt;) se revendiquent de la Charte d'Amiens, texte fondateur d'un syndicalisme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#224; la fran&#231;aise&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Peut-on dire que cette motion devenue charte quelques ann&#233;es apr&#232;s est toujours d'actualit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Devons-nous en tant que r&#233;volutionnaires la d&#233;fendre et s'en revendiquer dans nos syndicats&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Devons-nous, avant tout, comprendre la Charte d'Amiens dans son contexte politique et social d'&#233;laboration et non pas comme un mythe atemporel, sacralis&#233;, du syndicalisme fran&#231;ais&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La naissance de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En France, les syndicats n'ont pu l&#233;galement exister qu'&#224; la suite d'une loi du 21&#160;mars 1884, remettant en cause la loi Le Chapelier (1791) qui interdisait tout regroupement ou association de travailleurs. La loi de 1884, ne faisait alors qu'&#233;tablir un &#233;tat de fait et a permis la naissance de plusieurs organisations ouvri&#232;res qui fonderont plus tard la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;. Les Bourses du travail naissent en 1892 dans plusieurs grandes villes, pour se rassembler en une F&#233;d&#233;ration nationale des Bourses du travail. Fernand Pelloutier en est l'un des instigateurs et ses id&#233;es anarchistes influenceront le syndicalisme r&#233;volutionnaire de la future &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;. La Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail na&#238;t le 23&#160;septembre 1895 lors de son congr&#232;s constitutif &#224; Limoges. Les principaux piliers en sont les syndicats du livre, dont Auguste Keufer est le secr&#233;taire, des cheminots et la f&#233;d&#233;ration nationale des syndicats (n&#233;e en 1889), qui rejoint la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; apr&#232;s une scission avec les guesdistes &#224; propos de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. D&#232;s sa fondation, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; est tr&#232;s influenc&#233;e par les anarcho-syndicalistes. Le programme qu'elle adopte rapidement met en avant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le boycott et le sabotage quand ils deviennent n&#233;cessaires selon le principe &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#224; mauvaise paye, mauvais travail&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. En 1900 elle cr&#233;e son organe&#160;: &lt;i&gt;La Voix du peuple&lt;/i&gt; dont Emile pouget est charg&#233; de la r&#233;daction. Enfin, c'est en 1902 qu'elle parach&#232;ve son unit&#233; au Congr&#232;s de Montpellier, o&#249; les f&#233;d&#233;rations des Bourses du travail disparaissent. Elle compte alors 100 000 syndiqu&#233;s et adopte son programme d&#233;finitif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171;&#160;1- le groupement des salari&#233;s pour la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts moraux et (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s sa fondation, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; s'affirme apolitique et veut r&#233;unir les travailleurs au-del&#224; des clivages politiques. Pourtant, d&#232;s le congr&#232;s de 1904 &#224; Bourges, les rapports de forces commencent &#224; se dessiner entre les r&#233;formistes et les r&#233;volutionnaires. Les r&#233;formistes &#233;taient d&#233;j&#224; impliqu&#233;s dans la f&#233;d&#233;ration du textile, avec &#224; sa t&#234;te Victor Renard, et dans la f&#233;d&#233;ration du livre, avec A. Keufer, tous deux membres du Parti socialiste et favorables aux rapprochements avec les partis. Les r&#233;volutionnaires sont influenc&#233;s par les id&#233;es anarchistes d'E. Pouget et de Georges Yvetot. Ces deux tendances s'affrontent &#224; propos des modalit&#233;s d'action et les questions tactiques. Les r&#233;formistes sont partisans d'une action l&#233;gale, voire parlementariste, en se rapprochant du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; alors que les r&#233;volutionnaires sont attach&#233;s &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et &#224; la participation active des ouvriers dans les luttes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;s avant 1906, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, se disant apolitique, est travers&#233;e par deux courants politiques et doit sans cesse balancer entre les deux, en fonction des rapports de forces internes. Ces deux tendances vont devoir affronter la mainmise de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='La SFIO (section fran&#231;aise de l'internationale ouvri&#232;re) na&#238;t en 1905 de la (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; n&#233;e en 1905 et trouver un compromis avec la Charte d'Amiens.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Charte d'Amiens&#160;: quand, comment, pourquoi&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est lors du congr&#232;s d'Amiens, tenu en octobre 1906, que la motion r&#233;dig&#233;e par Victor Griffuelhes, E. Pouget et la F&#233;d&#233;ration du Textile est vot&#233;e &#224; une &#233;crasante majorit&#233; de 843 voix, 8 contre et 1 abstention. Cette motion, qui ne sera appel&#233;e &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Charte d'Amiens&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qu'en octobre 1908 dans un article de &lt;i&gt;l'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, pose les bases du syndicalisme r&#233;volutionnaire. Dans un premier temps elle r&#233;affirme les principes de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'apolitisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du syndicat et demande &#224; ses syndiqu&#233;s de ne pas faire de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pros&#233;lytisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en son sein. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; groupe, en dehors de toute &#233;cole politique, tous les travailleurs conscients de la lutte &#224; mener pour la disparition du salariat et du patronat [&#8230;] Le Congr&#232;s affirme l'enti&#232;re libert&#233; pour le syndiqu&#233; de participer en dehors du groupement corporatif, &#224; telles formes de lutte correspondant &#224; sa conception philosophique ou politique, se bornant &#224; lui demander en r&#233;ciprocit&#233; de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu'il professe en dehors&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce passage permet d'affirmer l'ind&#233;pendance totale vis-&#224;-vis des partis politiques comme la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; qui voit dans la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, alors &#224; son apog&#233;e, une courroie de transmission. Des d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;formistes et anarchistes op&#232;rent alors un rapprochement tactique contre les guesdistes du Nord pour faire voter cette motion, mais aussi pour rejeter celle de Victor Renard qui pr&#233;conise de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;s'entendre avec le parti socialiste toutes les fois que les circonstances l'exigeront pour faire triompher les principales r&#233;formes ouvri&#232;res&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. D'un autre c&#244;t&#233;, la Charte est soutenue par les r&#233;formistes pour emp&#234;cher les anarchistes de d&#233;velopper leurs th&#233;ories au sein du syndicat. Ils ont d'ailleurs accept&#233; de retirer la motion de A. Keufer, autorisant les syndicalistes &#224; avoir des liens officieux ou officiels avec les partis politiques et pr&#233;cisant que&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'action parlementaire doit se faire parall&#232;lement &#224; l'action syndicale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce compromis entre r&#233;formistes et anarchistes se retrouve aussi dans les objectifs du syndicat. En effet, la Charte d'Amiens fait du syndicalisme au quotidien un outil pour &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'accroissement du mieux-&#234;tre des travailleurs par la r&#233;alisation d'am&#233;liorations imm&#233;diates (diminution du temps de travail, augmentation des salaires etc.)&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; mais aussi un outil pour &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'&#233;mancipation int&#233;grale [&#8230;] par l'expropriation capitaliste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et surtout &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;il pr&#233;conise comme moyen d'action la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et consid&#232;re que le syndicat sera le groupement de production et de r&#233;partition, base de l'organisation sociale&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ainsi le syndicat est contre les partis politiques mais se veut aussi l'outil au service des travailleurs pour leur &#233;mancipation, un syst&#232;me d'&#233;laboration politique complet qui pr&#233;pare l'&#233;mancipation des travailleurs par eux-m&#234;mes mais qui serait aussi la base de l'organisation de la future soci&#233;t&#233; sans classe. Il se suffit &#224; tout et &#224; lui-m&#234;me, il se veut l'outil de la transformation sociale mais un outil apolitique, sans doctrine. Les syndicalistes d'Amiens pensent que la conscience de classe na&#238;t seulement par les luttes et qu'elle se conserve, que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en est le moyen unique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Du fait m&#234;me du rejet des motions des r&#233;formistes et des pro et anti-socialistes, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; devient un syndicat avec des id&#233;es politiques qui le traversent. Produit d'un rapport de forces conjoncturel, la Charte d'Amiens installe donc la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; sur un paradoxe&#160;: diff&#233;rentes conceptions politiques sont bel et bien pr&#233;sentes mais leurs confrontations in&#233;vitables n'y seront pas publiquement reconnues et n'auront pas d'espace pour s'exprimer. Fatalement, ces contradictions devaient s'exacerber au moment de la Premi&#232;re guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Charte d'Amiens ne survit pas &#224; l'union sacr&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa fondation, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; a toujours d&#233;fendu des positions anti-guerre en d&#233;veloppant une propagande antimilitariste dans les organes de presse, les brochures, lors des meetings. Les diff&#233;rents congr&#232;s de 1900 &#224; 1912 votent r&#233;guli&#232;rement des r&#233;solutions antimilitaristes et antipatriotiques rappelant que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les travailleurs n'ont pas de Patrie&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. D&#232;s 1912, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; vote &#224; son congr&#232;s ordinaire une r&#233;solution pour mettre en place une mobilisation dans les grandes villes d'Europe. Mais les syndicalistes allemands et autrichiens posent comme condition son organisation avec les Partis socialistes d'Europe, ce que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; refuse au nom de la Charte d'Amiens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1913, les rapports de forces changeant au sein de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, elle accepte d'organiser avec la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, une mobilisation contre la loi du retour au trois ans de service militaire. La r&#233;ussite de la mobilisation entra&#238;ne une f&#233;roce r&#233;pression de l'&#201;tat. En juillet 1913, la conf&#233;d&#233;ration organise &#224; Paris une conf&#233;rence pour r&#233;affirmer ses positions antimilitaristes mais refuse de d&#233;clarer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale propos&#233;e par les anarchistes. Cependant, les dirigeants de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; d'alors ne s'opposent pas au principe d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, mais des f&#233;d&#233;rations annoncent que les forces manquent. &#192; la veille de la Grande guerre la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; est divis&#233;e entre les r&#233;formistes, qui se r&#233;jouissent de son alliance avec la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, et les anarchistes, de plus en plus offensifs, accusant la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l&#226;cher et renoncer &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le d&#233;clin des forces militantes est aussi le r&#233;sultat des rapports de forces qui d&#233;gradent de plus en plus le climat interne et &#233;loignent le syndicat de sa p&#233;riode d'apog&#233;e. Pour les dirigeants de 1913, on doit autant se m&#233;fier de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; que des anarchistes. La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; d'avant guerre est donc affaiblie. Les diff&#233;renciations vont s'accentuer au moment de la course vers la guerre. La Charte d'Amiens est toujours brandie comme une loi d'airain garantissant l'ind&#233;pendance du syndicat vis-&#224;-vis des courants politiques. La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; refuse la plupart du temps des accords tactiques avec la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; et d&#233;laisse progressivement l'objectif de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale tout en r&#233;affirmant abstraitement ses principes &#224; chaque occasion&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; est r&#233;solue &#224; ne rien sacrifier &#224; la guerre, au contraire elle est d&#233;cid&#233;e &#224; profiter de toute crise sociale pour recourir &#224; une action r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; force d'affirmer qu'elle n'est pas un parti politique, mais en voulant organiser les travailleurs et &#234;tre l'outil de la transformation sociale, de l'organisation de la production, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; fonctionne comme un parti sans doctrine, laissant les doctrines des autres s'y exprimer en coulisse. Les r&#233;formistes, m&#234;me sans parti, ont une doctrine&#160;: ils pr&#244;nent une transformation sociale sans violence, par l'accumulation de r&#233;formes gagn&#233;es l&#233;galement par voix parlementaire ou m&#234;me par la gr&#232;ve quand cela est n&#233;cessaire. Les anarchistes, eux, pr&#244;nent la destruction imm&#233;diate de l'&#201;tat. Ils se sont affront&#233;s sur des questions tactiques et finalement strat&#233;giques&#160;: si la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; est l'outil de la transformation sociale, quelle est la forme de cet outil&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La Charte d'Amiens n'a pas r&#233;pondu &#224; cette question car elle voulait &#233;vincer les questions politiques. Paradoxalement, ce sont ces questions politiques non d&#233;battues au grand jour qui ont favoris&#233; l'affaiblissement du syndicat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;Ao&#251;t 1914, l'Etat fran&#231;ais d&#233;clare la guerre par l' &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Appel &#224; la Nation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le gouvernement s'attend &#224; des r&#233;ticences de la part des socialistes qui se rallient pourtant &#224; l'Union sacr&#233;e. La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, divis&#233;e, se rallie aussi par le discours de Jouhaux, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, sur la tombe de Jean Jaur&#232;s (mort assassin&#233; le 31&#160;juillet 1914), dans lequel il pr&#233;tend exprimer le sentiment de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la classe ouvri&#232;re au c&#339;ur meurtri&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, les ouvriers devenant &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;des soldats de la libert&#233; [&#8230;] Au nom de ceux qui vont partir et dont je suis, je crie devant son cercueil que ce n'est pas la haine du peuple allemand qui nous poussera sur les champs de bataille, c'est la haine de l'imp&#233;rialisme allemand&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les divisions internes, le manque de doctrine politique, ou au contraire la pr&#233;sence de divers courants politiques en concurrence officieuse, ont emp&#234;ch&#233; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, syndicat forc&#233;ment politis&#233;, de comprendre la nature de la Premi&#232;re guerre mondiale. Seule une petite poign&#233;e de syndicalistes, autour de Pierre Monatte notamment, condamna et refusa le ralliement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De nos jours la Charte d'Amiens reste encore une r&#233;f&#233;rence pour certains syndicats et pour les r&#233;volutionnaires. Si ce texte permet de fa&#231;on th&#233;orique d'affirmer l'ind&#233;pendance des syndicats vis-&#224;-vis des partis politiques, de doter le syndicat d'un programme r&#233;volutionnaire de transformation sociale, il n'a h&#233;las pas permis d'&#233;viter les divisions internes entre les courants politiques. Ces divisions, qui se concentraient notamment sur la tactique de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, se sont exacerb&#233;es &#224; la veille de la Grande guerre. La course &#224; la guerre de l'Etat fran&#231;ais a &#233;t&#233; un test crucial pour les partis de gauche comme pour la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, qui refusait d'&#234;tre un parti mais avait pour ambition d'organiser la classe ouvri&#232;re. La Charte d'Amiens fut le r&#233;sultat d'un compromis de circonstance entre des r&#233;formistes peu critiques vis-&#224;-vis des institutions et des anarchistes. Si cette Charte refuse toute subordination aux partis politiques, cela ne signifie pas pour autant que les r&#233;volutionnaires devraient s'abstenir aujourd'hui de faire de la politique dans les syndicats. Il est important de caract&#233;riser la nature des syndicats de notre &#233;poque pour &#233;laborer collectivement une intervention des r&#233;volutionnaires. Alors que sept syndicats se r&#233;clament de la Charte d'Amiens, peut-on dire qu'ils ont encore une politique syndicale r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Bien sur que non&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Devons-nous en tant que r&#233;volutionnaires d&#233;fendre le syndicat comme seul outil pour la transformation sociale et comme base de l'organisation de la production&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? R&#233;pondre &#224; cette question implique de relancer le n&#233;cessaire d&#233;bat sur les relations entre le parti et le syndicat, le parti et la classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&#160;:&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ROSMER&lt;/span&gt; Alfred, &lt;i&gt;Le mouvement ouvrier pendant la Premi&#232;re guerre mondiale&lt;/i&gt;, Tome 1 &#8211; De l'Union sacr&#233;e &#224; Zimmerwald, r&#233;&#233;dition en fac-simil&#233;, &#233;ditions d'Avron, 1993.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PIGENET&lt;/span&gt; Michel, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ROBIN&lt;/span&gt; Pierre, sous la direction de, &lt;i&gt;Victor, Emile, Georges, Fernand et les autres&#8230; Regards sur le syndicalisme r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, actes du colloque de N&#233;rac pour les cent ans de la Charte d'Amiens, &#233;dition d'Albret, 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DUVAL&lt;/span&gt; Fran&#231;ois, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Syndicalisme r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Rouge&lt;/i&gt; n&#176;2154, 13&#160;avril 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;COMBES&lt;/span&gt; G&#233;rard, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un mythe centenaire&#160;: la Charte d'Amiens&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Bulletin Avanti&lt;/i&gt; n&#176;&#160;37, Octobre 2006, &lt;a href=&#034;http://www.avanti-lcr.org/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.avanti-lcr.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fernand Pelloutier (1867-1901)&lt;/strong&gt;&#160;: Militant anarchiste qui a quitt&#233; le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POF&lt;/span&gt; apr&#232;s un grand d&#233;saccord avec Guesde &#224; propos de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Il a du mal &#224; faire accepter aux anarchistes le fait d'entrer dans les syndicats car ils n'y voient qu'une organisation pour assurer la d&#233;fense des travailleurs. Il persiste dans son engagement et devient syndicaliste r&#233;volutionnaire. Il meurt en 1901 bien avant la r&#233;daction et l'adoption de la Charte d'Amiens mais il en a inspir&#233; beaucoup de ses r&#233;dacteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auguste Keufer (1851-1924)&lt;/strong&gt;&#160;: Cofondateur de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; dont il devient le tr&#233;sorier en 1895, r&#233;formiste mais membre du parti socialiste, disciple des positivistes. Pour lui, le syndicat doit &#234;tre l'outil de l'obtention des am&#233;liorations imm&#233;diates des conditions de travail, par le biais de la gr&#232;ve s'il le faut, non pour sp&#233;culer sur la future soci&#233;t&#233; meilleure mais pour obtenir des am&#233;liorations imm&#233;diates, soit par le progr&#232;s des l&#233;gislations, soit par les conventions collectives de travailleurs n&#233;goci&#233;es avec le patronat. Il souhaite le d&#233;veloppement des caisses de solidarit&#233; en temps de gr&#232;ve, de ch&#244;mage, de maladie, de d&#233;c&#232;s, et la lutte pour la journ&#233;e des 9h etc&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jules Guesde (1847 &#8211; 1922)&lt;/strong&gt;&#160;: Il collabora sous l'Empire &#224; plusieurs journaux r&#233;publicains et fit de la prison. Apr&#232;s la Commune, il se r&#233;fugie en Suisse, puis en Italie, s&#233;jours durant lesquels il &#233;crit plusieurs ouvrages. Rentr&#233; en France en 1876, il fonde L'Egalit&#233; (le premier journal socialiste &#224; r&#233;appara&#238;tre apr&#232;s la Commune) et retourne en prison &#224; deux reprises, en 1876 et 1882. Il r&#233;dige dans sa cellule le programme du Parti Ouvrier et, rendu &#224; la libert&#233;, collabore au Citoyen et au Cri du Peuple. Il fonde ensuite Le Socialiste et est &#233;lu d&#233;put&#233; en 1893. On dit que ce sont les &#034;guesdistes&#034; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POF&lt;/span&gt; (Parti ouvrier fran&#231;ais fond&#233; en 1893) qui &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;vulgarisent&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; le marxisme en France. Se dotant d'une organisation centralis&#233;e, ils essayent de subordonner l'action des syndicats &#224; celle du parti. J. Guesde se retrouve ensuite &#224; la t&#234;te du Parti Socialiste de France, et continue de d&#233;fendre ses th&#233;ories &#224; la Chambre. En 1914, il entre dans le cabinet d' &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;union sacr&#233;e&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &#192; la scission du congr&#232;s de Tours, il se rallie &#224; la fraction minoritaire de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; qui refuse de rejoindre l'Internationale communiste (la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale) provoquant la scission entre Parti Communiste Fran&#231;ais naissant et la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emile Pouget (1860-1931)&lt;/strong&gt;&#160;: Employ&#233;, anarchiste, fondateur du P&#232;re Peinard, se rapproche des organisations syndicales vers 1895, devient d&#233;l&#233;gu&#233; au congr&#232;s de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; &#224; Toulouse en 1897, charg&#233; de la r&#233;daction de l'organe de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;&#160;: La Voix du peuple &#224; sa fondation en 1900. Il arr&#234;te toute activit&#233; conf&#233;d&#233;rale suite &#224; une r&#233;pression sanglante &#224; Villeneuve d'Ascq, fonde le quotidien La R&#233;volution en 1909. Il cesse ses activit&#233;s syndicales &#224; la veille de la Grande guerre, ne prend pas part aux mobilisations antimilitaristes et meurt en 1931, reclus et isol&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Victor Renard (1864 &#8211; 1914)&lt;/strong&gt;&#160;: Ouvrier dans une filature de Reims, membre du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POF&lt;/span&gt; puis de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, proche de Jules Guesde, secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration du Textile en 1903, d&#233;l&#233;gu&#233; au Congr&#232;s d'Amiens. Il se fait remarquer par ses interventions pendant le congr&#232;s d'Amiens visant la majorit&#233;, sur le fait que de parler d'antimilitarisme, d'antipatriotisme et d'abstention &#233;lectorale revient &#224; faire de la politique libertaire et donc ne respecte pas les principes de la Charte d'Amiens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Yvetot (1868- 1942)&lt;/strong&gt;&#160;: Antipatriotique et antimilitariste, devient anarchiste sous l'influence de Pelloutier. Il s'est battu toute sa vie contre la guerre et l'union sacr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Victor Griffuelhes (1874-1923) Ouvrier cordonnier, membre du syndicat g&#233;n&#233;ral de la cordonnerie de la Seine, puis secr&#233;taire de la f&#233;d&#233;ration des cuirs et peaux (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FNCP&lt;/span&gt;), &#233;lu en 1901 secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; en constitution. Proche du Parti blanquiste vers 1896 (petite minorit&#233; bien organis&#233;e qui esp&#232;re donner l'impulsion &#224; la r&#233;volution) il s'en &#233;loigne par sa propre exp&#233;rience des luttes ouvri&#232;res. D&#233;&#231;u par le blanquisme et le parlementarisme, il d&#233;fend le syndicalisme r&#233;volutionnaire pour &#233;manciper la classe ouvri&#232;re. Il d&#233;missionne de son mandat en 1909 suite &#224; des querelles internes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;on Jouhaux (1879-1954)&lt;/strong&gt;&#160;: Milite &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; o&#249; il devient repr&#233;sentant f&#233;d&#233;ral des allumettiers. Il est &#233;lu secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; de 1909 &#224; 1947. Puis il devient pr&#233;sident de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FO&lt;/span&gt; (scission de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; en 1947, se r&#233;clamant de la Charte d'Amiens contre la mainmise du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;) en 1948 et jusqu'&#224; sa mort. Il devient &#233;galement vice-pr&#233;sident de la Conf&#233;d&#233;ration internationale des syndicats libres fond&#233;e en 1949.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Monatte (1881-1960)&lt;/strong&gt;&#160;: Ouvrier du livre et syndicaliste fran&#231;ais, responsable de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; au d&#233;but du si&#232;cle, dont il fonde la revue La Vie ouvri&#232;re en 1909. Oppos&#233; &#224; l'union sacr&#233;e, il d&#233;missionne en 1915 des instances conf&#233;d&#233;rales. Se r&#233;f&#233;rant &#224; Fernand Pelloutier, il ne cache pas ses sympathies anarchistes, mais s'&#233;loigna de ce courant apr&#232;s le Congr&#232;s d'Amsterdam (1907).Leader de l'opposition interne, il cr&#233;e en 1919 les Comit&#233;s syndicalistes r&#233;volutionnaires au sein de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;. Il rejoint le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; en 1923, o&#249; il est proche d'Alfred Rosmer. Il en est exclu en 1924. Il fonde en 1925 la revue &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FGAAC&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; a recueilli pr&#233;s de 2.9% des voix aux derni&#232;res &#201;lections professionnelles &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SNCF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;. Le syndicat place son action sous la devise &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Ni politique, ni religion. Pour le droit. Pour la Justice&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Sa nature de syndicat cat&#233;goriel lui donne une place particuli&#232;re dans le paysage syndical de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SNCF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;. Lors des n&#233;gociations de 2007 sur la r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FGAAC&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; a ainsi n&#233;goci&#233; des conditions sp&#233;cifiques pour les seuls conducteurs, ind&#233;pendamment des autres cat&#233;gories de salari&#233;s. Cette attitude lui a valu de s&#233;v&#232;res critiques de la part des autres organisations syndicales pour avoir rompu l'unit&#233; syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;1- le groupement des salari&#233;s pour la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts moraux et mat&#233;riels, &#233;conomiques et professionnels. 2- elle groupe en dehors de toute &#233;cole politique, tous les travailleurs conscients de la lutte &#224; mener pour la disparition du salariat et du patronat, les congr&#232;s ont lieu tous les deux ans&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; (section fran&#231;aise de l'internationale ouvri&#232;re) na&#238;t en 1905 de la fusion entre les diff&#233;rents courants socialistes fran&#231;ais dont le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; (Parti ouvrier fran&#231;ais) de Guesde et Lafargue, le Parti socialiste r&#233;volutionnaire (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSR&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;) de Blanqui et Vaillant et le Parti socialiste de Jean Jaur&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment le NPA peut- il changer la donne&#160;?</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/Comment-le-NPA-peut-il-changer-la</link>
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		<dc:date>2009-09-05T13:41:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leila Soula, Rodolphe Juge</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Crise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le NPA est n&#233; en pleine tourmente, une tourmente totalement en ad&#233;quation avec les raisons de sa fondation. Tourmente de la crise du capitalisme qui exige des perspectives anticapitalistes. Tourmente d'une s&#233;quence qui a vu la possibilit&#233; d'une lutte g&#233;n&#233;rale avec des millions de gr&#233;vistes et de manifestant-e-s lors des journ&#233;es d'action du 29&#160;janvier, du 19&#160;mars et du 1er&#160;mai, des gr&#232;ves dures contre les plans de licenciement dans le secteur priv&#233; tandis que le secteur public &#233;tait en lutte (enseignement (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-no01-aout-octobre-2009" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - n&#176;01 - Ao&#251;t/Octobre 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/NPA" rel="tag"&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Crise" rel="tag"&gt;Crise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L83xH150/arton20-ff8fa.jpg&#034; width='83' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; est n&#233; en pleine tourmente, une tourmente totalement en ad&#233;quation avec les raisons de sa fondation. Tourmente de la crise du capitalisme qui exige des perspectives anticapitalistes. Tourmente d'une s&#233;quence qui a vu la possibilit&#233; d'une lutte g&#233;n&#233;rale avec des millions de gr&#233;vistes et de manifestant-e-s lors des journ&#233;es d'action du 29&#160;janvier, du 19&#160;mars et du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;mai, des gr&#232;ves dures contre les plans de licenciement dans le secteur priv&#233; tandis que le secteur public &#233;tait en lutte (enseignement sup&#233;rieur, h&#244;pitaux, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EDF&lt;/span&gt;...). Tourmente d'une gauche en crise alors que se profilaient les &#233;lections europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourtant, en apparence du moins, les attentes que cristallise le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;, sa capacit&#233; &#224; changer la donne ne se sont pas imm&#233;diatement r&#233;alis&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les directions syndicales ont encore r&#233;ussi &#224; paralyser le d&#233;veloppement des luttes, le point d'orgue &#233;tant les manifestations du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;mai auxquelles aucune suite n'a &#233;t&#233; donn&#233;e, laissant chaque secteur en lutte isol&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans des &#233;lections d&#233;sormais d&#233;connect&#233;es de cette perspective de lutte, la crise de la social-d&#233;mocratie a &#233;t&#233; confirm&#233;e mais sans que cela ne se traduise par une pouss&#233;e significative du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; ou de la gauche radicale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;sultats de cette s&#233;quence ne font que r&#233;activer tous les d&#233;bats, dans le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; comme dans toute la gauche radicale, questionnant les attentes suscit&#233;es par notre fondation et nourrissant sur des bases plus concr&#232;tes que jamais les d&#233;bats sur la strat&#233;gie &#224; construire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Plus que jamais ils veulent nous faire payer la crise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En France comme dans le monde, la crise &#233;conomique s'accentue et met &#224; nu la r&#233;alit&#233; du capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans notre camp social, chacun d'entre nous en subit les cons&#233;quences directes ou indirectes. Les plans de licenciements s'encha&#238;nent &#224; un rythme soutenu. En France, on a atteint le sinistre record de 3 000 licenciements par jour depuis le mois de janvier. Les services publics subissent des attaques sur tous les fronts (autonomie des universit&#233;s, loi Bachelot pour les h&#244;pitaux, suppressions de postes &#224; l'&#233;ducation nationale etc..). Le syst&#232;me capitaliste doit, pour se maintenir, g&#233;n&#233;rer des violences sociales et politiques en stigmatisant les &#233;trangers (politique d'expulsions massives), les jeunes des quartiers populaires (loi sur les bandes, peines de prisons lourdes suite aux &#233;meutes), le mouvement anti-guerre (r&#233;pression des manifs anti-Otan), les mouvements sociaux (r&#233;pression polici&#232;re des rassemblements &#224; coups de flash-bail et peines judiciaires pour les syndicalistes). Tout est mis en &#339;uvre par les classes dirigeantes pour &#233;touffer les contestations, anticipant de nouvelles explosions sociales. Lors des mobilisations des salari&#233;s contre les plans de licenciements, les patrons pr&#233;f&#232;rent l'autisme aux n&#233;gociations, ce qui accentue l'effet de rouleau compresseur du capitalisme sur nos vies. Ce rouleau compresseur aurait pu cr&#233;er une forme de fatalisme d'autant plus que les dirigeants de droite n'ont pas subi la claque &#233;lectorale annonc&#233;e. Alors que la d&#233;faite des directions r&#233;formistes et le score des anti-capitalistes ne semblent pas montrer d'alternative politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant notre camp social r&#233;siste et r&#233;siste bien m&#234;me. Si la g&#233;n&#233;ralisation des luttes a &#233;t&#233; paralys&#233;e, le mouvement n'a pas subi de d&#233;faite frontale. A l'exemple des Continental les luttes les plus d&#233;termin&#233;es sont celles qui obtiennent les meilleurs r&#233;sultats. Le mois de juillet, pourtant peu propice aux mobilisations, a vu se multiplier des luttes au caract&#232;re dur chez Michelin, Nortel, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SKF&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JLG&lt;/span&gt;, New Fabris ou Simmons tandis que l'occupation d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;minist&#232;re pour la r&#233;gularisation de tous les sans-papiers&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; Paris montre qu'il est possible de redonner des perspectives offensives &#224; la lutte des sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais il n'y a pas de saut qualitatif qui renverse le rapport de force&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les questions restent donc plus que jamais ouvertes. Pourquoi le rapport de force ne se renverse pas&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourquoi un saut qualitatif n'a pas &#233;t&#233; franchi&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Beaucoup de travailleurs attendaient que les conf&#233;d&#233;rations syndicales soient &#224; la hauteur des coups violents inflig&#233;s mais aussi &#224; la hauteur de la radicalisation des r&#233;ponses que les salari&#233;s apportaient. M&#234;me les quelques journ&#233;es espac&#233;es ont &#233;t&#233; largement suivies et soutenues. Les conf&#233;d&#233;rations n'ont pas voulu faire converger les luttes ni d&#233;velopper les liens de solidarit&#233;, n'appelant pas &#224; la g&#233;n&#233;ralisation de peur de perdre le contr&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Front de gauche a refus&#233; de donner une direction cons&#233;quente dans ces luttes, laissant le champ du social aux directions syndicales et se contentant de ne proposer aux travailleurs que le bulletin de vote des &#233;lections europ&#233;ennes. La paralysie du mouvement rendait abstraite la perspective trac&#233;e par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; d'une g&#233;n&#233;ralisation des luttes comme point d'appui pour une Europe anticapitaliste. C'est en masse que les jeunes et les travailleurs se sont d&#233;sint&#233;ress&#233;s de cette &#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Clarifier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience des derniers mois pousse du coup le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; &#224; clarifier son orientation. Elle montre qu'il n'y aura pas de raccourci. La contestation l&#233;gitime des directions syndicales ne peut se substituer &#224; un travail coordonn&#233; visant non seulement &#224; construire et renforcer les syndicats existants mais aussi &#224; structurer les plus combatifs en leur sein. La crise ne fait pas na&#238;tre m&#233;caniquement une conscience r&#233;volutionnaire chez ceux et celles qui r&#233;sistent. La col&#232;re contre les cons&#233;quences de la logique capitaliste continue de cohabiter, chez une tr&#232;s grosse majorit&#233; de nos coll&#232;gues, de nos amis, de nos voisins avec l'id&#233;e qu'on ne peut pas faire plus qu'&#233;viter le pire, que ce qu'il faudrait ce sont de bons dirigeants, vraiment &#224; gauche, pour diriger autrement les institutions, etc. Bref l'id&#233;e que nous, collectivement, ne sommes pas vraiment capables de prendre toutes nos affaires en main. Cette id&#233;e ne peut reculer, &#224; une &#233;chelle de masse en tous cas, qu'au travers des exp&#233;riences m&#234;me partielles d'un pouvoir collectif mis en &#339;uvre dans et par les luttes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi l'unit&#233; d'action, y compris quand c'est possible avec les r&#233;formistes organis&#233;s, est n&#233;cessaire. Elle permet d'implanter des r&#233;flexes d'organisation et d'actions collectives. Il s'agit donc de construire un parti capable de combiner la prise d'initiatives en vue d'impulser la r&#233;sistance la plus large sur des questions pr&#233;cises avec une d&#233;termination dans l'action pour faire face aux reculs des directions r&#233;formistes. Les tests men&#233;s par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;, comme l'organisation du contre-sommet de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OTAN&lt;/span&gt;, la mobilisation pour la r&#233;gularisation des sans-papiers et dans la construction d'une campagne de boycott d'Isra&#235;l, notre implication dans les manifestations, ont donn&#233; des exemples de cette m&#233;thode d'intervention qu'il s'agit d&#233;sormais de g&#233;n&#233;raliser.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la r&#233;sistance &#224; la riposte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; doit aussi construire, au sein de ces r&#233;sistances, la perspective d'une riposte et les bases d'une autre logique &#224; opposer au capitalisme. Le caract&#232;re de classe des attaques actuelles d&#233;voile le r&#244;le des institutions au service de la classe dirigeante. Dans le combat d'aujourd'hui, il est important que notre camp social d&#233;veloppe la construction de ses propres institutions &#224; travers des assembl&#233;es de quartiers, des assembl&#233;es de travailleurs et d'autres types de cadres &#224; imaginer. Les militants peuvent &#339;uvrer en ce sens en impulsant des pratiques d'auto-organisation sur les diff&#233;rents lieux d'activit&#233; Dans une telle p&#233;riode de confrontation, l'&#233;mergence de formes d'institutions alternatives peut commencer &#224; poser la question du pouvoir sur d'autres bases, donnant &#224; voir et &#224; exp&#233;rimenter le potentiel d'un pouvoir exerc&#233; par les travailleurs eux-m&#234;mes. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; devrait &#234;tre en capacit&#233; de jouer un r&#244;le moteur dans ce processus. La combinaison d'une activit&#233; syndicale cons&#233;quente, de classe, avec l'exp&#233;rimentation de l'auto-organisation &#224; de plus larges &#233;chelles doit lancer une dynamique qui permette aux mouvements de revendiquer le contr&#244;le d&#233;mocratique de l'ensemble des champs de la soci&#233;t&#233; (production, services publics, vie de quartier, etc.). C'est pour cela que dans cette revue nous avons d&#233;velopp&#233; des analyses du syndicalisme, de l'exp&#233;rience du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LKP&lt;/span&gt; en Guadeloupe et l'exemple des conseils ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour commencer &#224; changer la donne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les campagnes des derniers mois ont commence &#224; initier la formation de traditions communes pour les camarades du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;. De m&#234;me, notre premi&#232;re campagne &#233;lectorale a &#233;t&#233; un test collectif pour les militants, certes avec des limites. M&#234;me si nous n'avons pas connu une perc&#233;e &#233;lectorale, la clart&#233; de notre profil a &#233;t&#233; positive dans le processus de construction des bases du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;. En effet, notre orientation a &#233;t&#233; de combiner la mise en avant de revendications anticapitalistes, le r&#244;le des luttes de masse comme centre de gravit&#233; dans la construction d'une soci&#233;t&#233; alternative et la question de institutions avec comme discriminant le refus de s'allier au social-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agit maintenant de tirer des bilans collectifs de ces exp&#233;riences pour d&#233;velopper &#224; la foi l'homog&#233;n&#233;isation du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;, ses fondements et de strat&#233;gies pour les interventions &#224; venir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous savons que le programme du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; n'est pas un projet de soci&#233;t&#233; clef en main. Plus que jamais il s'agit de rester ouvert &#224; l'&#233;mergence de nouvelles directions pour que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; soit le creuset o&#249; les anticapitalistes s'organisent, d&#233;battent et testent les strat&#233;gies pour r&#233;volutionner la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le syndicat&#160;: un outil pour l'anticapitalisme</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/Le-syndicat-un-outil-pour-l</link>
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		<dc:date>2009-08-05T15:13:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leila Soula, Zefyr</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La p&#233;riode r&#233;cente a suscit&#233; de nombreux d&#233;bats dans les comit&#233;s NPA sur l'attitude des directions syndicales face &#224; la d&#233;ferlante des attaques de la classe dirigeante. Cette attitude a &#233;t&#233; largement critiqu&#233;e par le NPA &#224; travers ses communiqu&#233;s, ses tracts ou ses porte-paroles...&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette effervescence indique au moins une chose. Qu'ils pensent qu'il faille les combattre, les remplacer, en cr&#233;er de nouveaux ou encore se battre en leur sein pour y d&#233;fendre une strat&#233;gie anticapitaliste, les syndicats ne (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-no01-aout-octobre-2009" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - n&#176;01 - Ao&#251;t/Octobre 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/NPA" rel="tag"&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Syndicalisme" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L150xH109/arton5-6bd25.jpg&#034; width='150' height='109' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La p&#233;riode r&#233;cente a suscit&#233; de nombreux d&#233;bats dans les comit&#233;s &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; sur l'attitude des directions syndicales face &#224; la d&#233;ferlante des attaques de la classe dirigeante. Cette attitude a &#233;t&#233; largement critiqu&#233;e par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; &#224; travers ses communiqu&#233;s, ses tracts ou ses porte-paroles...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette effervescence indique au moins une chose. Qu'ils pensent qu'il faille les combattre, les remplacer, en cr&#233;er de nouveaux ou encore se battre en leur sein pour y d&#233;fendre une strat&#233;gie anticapitaliste, les syndicats ne laissent pas les militants du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; indiff&#233;rents. Le pr&#233;sent article vise &#224; nourrir le d&#233;bat sur le syndicalisme et l'attitude des anticapitalistes vis-&#224;-vis des syndicats afin d'aider &#224; traduire cette effervescence en une politique anticapitaliste cons&#233;quente.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;&#201;tat des lieux&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, il est indispensable de savoir ce que constituent r&#233;ellement les syndicats aujourd'hui, en terme tr&#232;s concrets d'effectifs adh&#233;rents et militants mais aussi sur la fa&#231;on dont ils sont per&#231;us par les travailleurs. Nous en profiterons pour estimer ce que cela implique en capacit&#233; de mobilisation et d'influence sur le d&#233;veloppement des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des organisations de masse&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile d'obtenir des estimations pr&#233;cises sur le nombre de syndiqu&#233;s en France pour diverses raisons. La r&#233;glementation de la repr&#233;sentativit&#233; notamment, ne pousse pas les centrales historiques &#224; fournir des chiffres argument&#233;s. Ceux-ci varient donc logiquement de mani&#232;re importante entre, par exemple les estimations du minist&#232;re du travail (environ 1,9 millions de syndiqu&#233;s soit &#224; peu pr&#232;s 8&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de la population active) et l'addition des chiffres d&#233;clar&#233;s par les organisations syndicales (au total entre 2,5 et 3 millions de syndiqu&#233;s). Une enqu&#234;te d'envergure r&#233;alis&#233;e par Dominique Labb&#233; et Dominique Andolfatto&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='footnote' title='D. Andolfatto, D. Labb&#233;, Les syndiqu&#233;s en France, 1990-2006, Liaisons, (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; donne cependant des chiffres relativement similaires, voire inf&#233;rieures &#224; ceux du minist&#232;re (1,7 millions soit 7&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de la population active). Quoiqu'il en soit, ces effectifs font du syndicalisme fran&#231;ais l'un des plus faibles au niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce constat est d'autant plus s&#233;v&#232;re que la r&#233;partition des effectifs syndicaux n'est &#233;videmment pas homog&#232;ne, le taux de syndicalisation dans le priv&#233; (environ 5&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%) est en effet tr&#232;s inf&#233;rieur &#224; celui du secteur public (environ 15&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%). Cette r&#233;alit&#233; l'est encore plus chez les salari&#233;s des petites entreprises et ceux ne disposant que d'un contrat pr&#233;caire, contre lesquels la r&#233;pression anti-syndicale est la plus f&#233;roce. D'apr&#232;s une &#233;tude du minist&#232;re du travail sur la syndicalisation (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DARES&lt;/span&gt;, octobre 2004), le taux de syndicalisation dans les entreprises de moins de 50 salari&#233;s est de 3,5&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'est que de 2,4&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% chez les salari&#233;s en &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CDD&lt;/span&gt; ou en int&#233;rim (contre 9,5&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% chez les salari&#233;s en contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e et &#224; temps complet).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. &#171;&#160;L'appel et la pioche&#160;: jeunes, pr&#233;caires, anticapitalistes&#160;&#187;, entretien (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais contrairement &#224; une id&#233;e r&#233;pandue, cette situation, si elle n'est pas nouvelle, n'est toutefois pas la seule qu'a connue le mouvement ouvrier fran&#231;ais. De m&#234;me que l'&#233;volution de la syndicalisation n'est pas une simple d&#233;crue interminable apr&#232;s les heures de gloire qui ont suivi la cr&#233;ation de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; en 1895. Un bon exemple du type de bouleversement qu'a pu conna&#238;tre le syndicalisme fran&#231;ais est celui de juin 1936 lorsque la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; r&#233;unifi&#233;e et la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CFTC&lt;/span&gt; ont su profiter &#224; fond du plus grand mouvement de gr&#232;ve qu'a connu le pays. Les effectifs augmentent alors de 1,5 &#224; 4,5 millions d'adh&#233;rents pour la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; et de 150 000 &#224; 415 000 adh&#233;rents pour la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CFTC&lt;/span&gt;, le tout en l'espace de quelques mois. Durant cette p&#233;riode c'est &#233;galement la composition professionnelle des organisations syndicales qui &#233;volue en profondeur&#160;: ainsi de 1935 &#224; 1937 la croissance du secteur priv&#233; au sein de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; passe de 32 &#224; 67&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des effectifs, s'approchant ainsi fortement des rapports existants au sein du monde du travail (les travailleurs du secteur priv&#233; constituent alors 75&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de l'emploi salari&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un autre exemple de cette &#233;volution non-lin&#233;aire est le rebond important du taux de syndicalisation &#224; partir de la fin des ann&#233;es soixante (flirtant de nouveau avec la barre des 20&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%). Le cycle de luttes ouvert par mai 68 et qui s'est poursuivi jusqu'au milieu des ann&#233;es soixante-dix a ainsi permis de mettre fin &#224; la stagnation de la syndicalisation observ&#233;e depuis la fin des ann&#233;es cinquante. Cependant et malgr&#233; l'importance de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale (plus de dix millions de travailleurs en gr&#232;ve simultan&#233;e), mai 68 n'a pas permis au syndicalisme de revenir &#224; son score historique. Plusieurs facteurs expliquent un succ&#232;s moindre que l'&#233;pisode de 1936 parmi lesquels ont peut noter p&#234;le-m&#234;le la division syndicale in&#233;dite, un stalinisme r&#233;dhibitoire pour la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; ou encore une strat&#233;gie syndicale ressentie &#224; juste titre comme une trahison par une partie significative des travailleurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='footnote' title='3. Pour une analyse compl&#232;te du mouvement de Mai 68&#160;: Chris Harman, Quand la (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce regain de syndicalisation reste toutefois consid&#233;rable en ce qu'il correspond &#224; une p&#233;riode d'accroissement sensible de la population active salari&#233;e qui s'est poursuivie jusqu'&#224; nos jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette derni&#232;re remarque permet de mettre en &#233;vidence le fait que la d&#233;syndicalisation en proportion observ&#233;e depuis la fin des ann&#233;es cinquante est beaucoup moins forte en effectifs bruts. C'est ce qui explique que les syndicats restent malgr&#233; leurs difficult&#233;s r&#233;elles des organisations de masse&#160;: si ils ne regroupent &#224; l'heure actuelle qu'une minorit&#233; des travailleurs, cette minorit&#233; correspond toutefois &#224; pr&#232;s de la moiti&#233; de leur meilleur score historique en termes quantitatifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Les &#233;tudes actuelles estiment qu'elle est inf&#233;rieure &#224; 2 millions aujourd'hui. (...)' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_79 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH159/graphique-b6b2d.jpg' width='500' height='159' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Directions syndicales historiques&#160;: une perte de l&#233;gitimit&#233; &#224; nuancer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette situation s'accompagne d'une contradiction importante&#160;: le faible taux et la relative stagnation globale de la syndicalisation actuelle ne se traduisent pas m&#233;caniquement par un rejet d&#233;finitif de la grande masse des travailleurs vis-&#224;-vis des organisations ou de l'action syndicales. En t&#233;moignent les divers sondages mesurant le taux de confiance envers les syndicats pour &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;: ceux-ci ont en effet gagn&#233; vingt-six points en seize ans, passant de 36 &#224; 62&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des salari&#233;s. Bien entendu, cette progression d&#233;pend notamment de l'orientation choisie par les diff&#233;rentes organisations syndicales dans les luttes ou encore de leur utilit&#233; apparente aux yeux des travailleurs en fonction du contexte politique. C'est ce qui explique par exemple les l&#233;g&#232;res baisses observ&#233;es apr&#232;s d&#233;cembre 95 ou encore apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum sur le trait&#233; europ&#233;en&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour une analyse plus fine sur la question, lire l'entretien de Jean-Daniel (...)' id='nh3-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le d&#233;calage entre les effectifs syndicaux et leur capacit&#233; de mobilisation est donc tr&#232;s important&#160;: la r&#233;cente s&#233;quence des 29&#160;janvier, 19&#160;mars et 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;mai l'a bien montr&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; non seulement par le nombre de manifestants, dont le niveau historique n'est plus &#224; rappeler, mais &#233;galement par le soutien massif dont elles disposaient (69&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% d'opinions positives pour le 29&#160;janvier &#224; titre d'exemple).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette contradiction, bien r&#233;elle au niveau national s'explique en partie par le r&#244;le d&#233;terminant jou&#233; par les syndicats &#224; l'&#233;chelle de l'entreprise. Une enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e en 2004&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Enqu&#234;te REPONSE 2004 (volet repr&#233;sentant du personnel et volet repr&#233;sentation (...)' id='nh3-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; montre ainsi que le taux de conflictualit&#233; en entreprise (avec ou sans arr&#234;t de travail) augmente proportionnellement &#224; l'importance des pratiques militantes mais &#233;galement fortement en fonction du taux de syndicalisation. Ainsi plus de la moiti&#233; des entreprises conjuguant une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pratique de repr&#233;sentation importante&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Correspondant dans cette &#233;tude &#224; au moins deux diffusions de tracts et/ou (...)' id='nh3-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avec un taux de syndicalisation sup&#233;rieur &#224; 10&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% ont connu un conflit avec arr&#234;t de travail durant la seule ann&#233;e 2004. &#192; l'inverse les entreprises o&#249; le taux de syndicalisation est faible (&lt; 5&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%) et o&#249; la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pratique de repr&#233;sentation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; reste importante ne sont qu'une tr&#232;s faible minorit&#233; (8&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%) &#224; avoir connu un conflit avec arr&#234;t de travail. Cette situation s'empire bien entendu lorsque la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pratique de repr&#233;sentation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est faible puisque, m&#234;me avec un taux de syndicalisation &#233;lev&#233;, la part des entreprises ayant connu un conflit avec arr&#234;t de travail ne d&#233;passe alors jamais les 30&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En raison notamment de cette implantation et de leur utilit&#233; r&#233;elle tout au long de l'ann&#233;e, les grandes centrales conservent donc une l&#233;gitimit&#233; importante lorsqu'il s'agit d'organiser la contestation face aux contre-r&#233;formes gouvernementales. Des millions de travailleurs leur font confiance car elles apparaissent comme le garant au niveau national des droits qu'elles contribuent &#224; gagner ou &#224; maintenir au niveau local. La conscience de disposer d'une force collective que tend &#224; d&#233;velopper l'appartenance &#224; une organisation syndicale est d'autant plus forte si celle-ci semble en capacit&#233; de f&#233;d&#233;rer de nombreux travailleurs dans la lutte. C'est ce qui explique que les diff&#233;rentes crises ayant affect&#233; les organisations syndicales n'aient jamais provoqu&#233; une ru&#233;e des travailleurs vers les syndicats alternatifs pour d&#233;fendre leurs droits. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale les scissions n'ont pas fait progresser la syndicalisation en France, bien au contraire, celles-ci cr&#233;ant g&#233;n&#233;ralement plus de d&#233;parts ou de transferts d'une organisation vers l'autre qu'elles n'am&#232;nent de nouveaux militants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette confiance envers les organisations n'est toutefois pas inconditionnelle, comme l'a &#233;galement bien montr&#233;e la journ&#233;e du 13&#160;juin, marqu&#233;e par un &#233;cart encore plus grand entre le large soutien populaire dont elle disposait&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Selon un sondage BVA du 12&#160;juin, 72&#160;% des fran&#231;ais, consid&#233;raient la (...)' id='nh3-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et la tr&#232;s faible participation qu'elle a engendr&#233;e. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, dire qu'il suffirait que les syndicats appellent ensemble &#224; une action quelconque pour que les travailleurs suivent serait une erreur qui a d'ailleurs &#233;t&#233; tr&#232;s largement illustr&#233;e par les exp&#233;riences contrast&#233;es de la p&#233;riode r&#233;cente. Cependant, dans un contexte de luttes g&#233;n&#233;ralis&#233;es (bien souvent provoqu&#233;es par les sections syndicales ou les syndiqu&#233;s &#224; la base), le fait que les grandes centrales syndicales appellent &#224; un mouvement national de confrontation avec le gouvernement a un impact tr&#232;s important sur la confiance des salari&#233;s pour engager la lutte. En effet, les travailleurs se sentent moins isol&#233;s quand ils descendent dans la rue avec leurs coll&#232;gues, quand ils pr&#233;parent collectivement les manifestations de masses avec slogans et banderoles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;volution du taux de syndicalisation d&#233;pend donc de la combinaison de diff&#233;rents facteurs&#160;: le contexte politique et social, les rapports de forces entre les classes, les orientations prises par les syndicats, l'implantation des syndicats dans un syst&#232;me de production en perp&#233;tuelle transformation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_80 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH331/graph2-f959e.jpg' width='500' height='331' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Des organisations de masse r&#233;formistes et contradictoires&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons vu dans la premi&#232;re partie, les syndicats en France ont la capacit&#233; de mobiliser des centaines de milliers de syndiqu&#233;s pour des grandes journ&#233;es d'action, qui d&#233;passent le cadre des syndicalistes. Mais il ne suffit pas d'&#234;tre syndiqu&#233; pour avoir spontan&#233;ment des id&#233;es radicales et des perspectives de transformation de la soci&#233;t&#233;. M&#234;me si les syndicats, en se revendiquant de la charte d'Amiens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Leila Soula, &#171;&#160;La charte d'Amiens, mythe et r&#233;alit&#233;s&#160;&#187;, revue Que faire&#160;?, n&#176;7, (...)' id='nh3-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, se voient comme un des outils de la transformation sociale et de l'organisation de la production. Les syndicats sont nettement plus contradictoires en leur sein et d&#233;veloppent une strat&#233;gie r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le syndicat est une organisation contradictoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat est la premi&#232;re des organisations de masse des travailleurs, c'est le premier cadre qui unifie les salari&#233;s face aux patrons. Il est per&#231;u comme un outil de d&#233;fense au quotidien des droits de chacun des travailleurs. &#192; cause de la nature du syst&#232;me capitaliste, les salari&#233;s sont en constante opposition, en concurrence. Isol&#233;s et divis&#233;s au quotidien, les travailleurs se tournent plus spontan&#233;ment vers les syndicats quand ils veulent d&#233;fendre leur droits sans pour autant forc&#233;ment y adh&#233;rer ou les construire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, la majorit&#233; du temps, les syndiqu&#233;s attendent des syndicats qu'ils les d&#233;fendent au quotidien&#160;: par exemple &#224; la veille du congr&#232;s 2009 de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, 52&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des salari&#233;s interrog&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Sondage CSA, septembre 2007-2008.' id='nh3-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pensent que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; doit &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#160;&#234;tre plus constructive en faisant des propositions au gouvernement&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Aussi surprenant que cela puisse &#234;tre, les syndiqu&#233;s ne sont pas majoritairement radicaux, (du moins, tant qu'ils ne sont pas impliqu&#233;s dans une lutte qui les concerne directement), mais savent bien que les syndicats sont les gestionnaires au quotidien des relations sociales entre le patron et les salari&#233;s, entre le gouvernement et les travailleurs. Les syndicats sont donc vus et reconnus comme l'outil pour faire respecter un contrat de travail, pour am&#233;liorer les conditions de travail, pour conserver le droit de travailler dans les conditions correctes avec des salaires corrects.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus, en France les syndicats se proclament, depuis la Charte d'Amiens (1905), ind&#233;pendants des partis politiques&#160;(ce qui est une bonne chose car a priori, ils doivent pouvoir &#234;tre aussi offensifs face &#224; un gouvernement de droite que de gauche). Dans l'article 1 des statuts de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, il est &#233;crit que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; est ouverte &#224; tous les salari&#233;s femmes et hommes actifs, priv&#233;s d'emploi et retrait&#233;s, quels que soient leur statut social et professionnel, leur nationalit&#233;, leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le fait que les syndicats ne demandent pas aux travailleurs de faire des choix politiques pour y adh&#233;rer, accentue les contradictions en leur sein. Cette vision syndicale et le fait m&#234;me que les travailleurs et donc les syndiqu&#233;s et syndicalistes soient victimes des pressions id&#233;ologiques, conf&#232;re &#224; cette premi&#232;re des organisations de travailleurs une nature contradictoire&#160;: en effet&#160;le syndicat est compos&#233; de travailleurs qui subissent eux-m&#234;mes les pressions des id&#233;es dominantes. Les syndiqu&#233;s, &#224; diff&#233;rents degr&#233;s, doivent y faire face au quotidien. Le syndicat n'est pas un parti politique qui met des conditions d'adh&#233;sions strictes. Mais une organisation qui r&#233;unit les travailleurs sur des int&#233;r&#234;ts communs de d&#233;fenses de droits et dont les revendications sont essentiellement &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#233;conomiques&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Pourtant, le syst&#232;me d'exploitation capitaliste forme un tout o&#249; les diff&#233;rents champs interagissent. Il n'existe pas de barri&#232;re herm&#233;tique entre le champ politique et le champ &#233;conomique. Il arrive donc que les syndicats mettent un pied dans le champ politique car l'apolitisme du syndicat ne veut pas dire apolitisme des syndiqu&#233;s. Certaines f&#233;d&#233;rations organisent r&#233;guli&#232;rement des s&#233;minaires sur les discriminations sexistes et racistes pour mettre en avant que les oppressions servent l'exploitation et divisent les travailleurs et qu'il faut les combattre collectivement pour &#233;tablir un rapport de force n&#233;cessaire pour gagner sur le terrain des revendications sociales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De part sa nature contradictoire il arrive aussi que les cadres interm&#233;diaires (les d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux qui ont une d&#233;charge partielle sur leur lieu de travail) se radicalisent dans les actions sans pour autant se radicaliser dans les mots d'ordre. En effet depuis le d&#233;but de la crise &#233;conomique mondiale (pr&#232;s de 3000 emplois d&#233;truits par jour depuis janvier 2009), il n'est pas rare de voir des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux impliqu&#233;s directement ou indirectement dans les s&#233;questrations de patrons. Pour m&#233;moire&#160;: les salari&#233;s de l'usine Scapa de Bellegarde (l'Ain) et les salari&#233;s de Sony France, soutenus par leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; ont retenu les cadres pour obtenir la r&#233;ouverture de n&#233;gociations. Les salari&#233;s de 3M soutenus par les d&#233;l&#233;gu&#233; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FO&lt;/span&gt; et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGC&lt;/span&gt;, ont refus&#233; de laisser partir le directeur industriel si &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'enveloppe budg&#233;taire n&#233;cessaire &#224; la satisfaction de [leurs] revendications&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'&#233;tait pas propos&#233;e par les patrons.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-11' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171;&#160;S&#233;questrer son patron, la nouvelle arme sociale&#160;&#187;, Lib&#233;ration.fr, 9&#160;avril (...)' id='nh3-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, m&#234;me si les m&#233;thodes semblent radicales (en fait c'est ill&#233;gal et donc passible de poursuites) les revendications ne le sont pas autant&#160;: les salari&#233;s r&#233;clament en majorit&#233; des cas la ren&#233;gociation des termes des suppressions d'emplois&#160;: certains d&#233;sirent des indemnit&#233;s de d&#233;part, d'autres des r&#233;ductions des licenciements, etc. La col&#232;re est explosive mais les salari&#233;s ne sont pas radicaux dans leurs mots d'ordre. Pour faire simple, ils ne remettent pas en cause de fa&#231;on globale le syst&#232;me &#233;conomique capitaliste, ils ont encore des mots d'ordres &#233;conomiques. Il y a donc un d&#233;calage entre les m&#233;thodes et les revendications. Les repr&#233;sentants syndicaux, qui aux yeux des plus radicaux, passent le plus souvent pour des tra&#238;tres car &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;ils n&#233;gocient les termes de l'exploitation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, sont tout &#224; fait capables d'&#234;tre port&#233;s par le mouvement et d'accepter de se laisser d&#233;border par les salari&#233;s en col&#232;re. Ces d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel sont au contact des travailleurs au quotidien m&#234;me s'ils ont des d&#233;charges. Ils comprennent la col&#232;re et l'humiliation que subissent leurs coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et la bureaucratie dans tout &#231;a&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction se refl&#232;te aussi dans la structure des syndicats. La bureaucratie syndicale occupe une place particuli&#232;re dans la structure du syndicat. Elle est conservatrice et peut devenir un vrai frein aux mobilisations. Cette ann&#233;e, les directions syndicales n'ont pas &#233;t&#233; &#224; la hauteur des enjeux&#160;de la col&#232;re quand elles ont appel&#233; de mani&#232;re unitaire &#224; des journ&#233;es d'action s&#233;par&#233;es (19&#160;mars, 29&#160;janvier, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;mai, 26&#160;mai et 13&#160;juin). M&#234;me si elles sont satisfaites de ces journ&#233;es, car elles cr&#233;ent un rapport de force positif pour n&#233;gocier avec le gouvernement, les conf&#233;d&#233;rations ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment espac&#233; le rythme car elles voyaient tr&#232;s clairement qu'elles pouvaient &#234;tre d&#233;pass&#233;es par les salari&#233;s. Les conf&#233;d&#233;rations syndicales ont appris de mai-juin 2003, o&#249; les profs, les postiers et les chemineaux se sont auto-organis&#233;s en &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AG&lt;/span&gt; de ville pour faire converger les luttes contre la loi Fillon qui augmentait les ann&#233;es de cotisations retraites. La peur du d&#233;bordement montre le caract&#232;re r&#233;formiste des organisations syndicales. Elles veulent n&#233;gocier &#224; la place des salari&#233;s eux-m&#234;mes. Elles se posent en repr&#233;sentants des travailleurs et non pas comme les organisatrices des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'o&#249; vient la nature conservatrice des bureaucraties syndicales&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Tout d'abord elle ne s'explique pas par une nature humaine qui classerait les m&#233;chants bureaucrates et les gentils syndiqu&#233;s. Mais plut&#244;t par la position sociale qu'elles occupent dans les rapports de production dans le cadre du syst&#232;me capitaliste. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale ce sont les conditions mat&#233;rielles qui forgent les id&#233;es et c'est tout aussi vrai pour les travailleurs et les permanents syndicaux. L'id&#233;e n'est pas de reprocher aux bureaucrates d'avoir laiss&#233; tomber un travail plus ou moins p&#233;nible sur lequel ils n'ont aucun contr&#244;le. Comment reprocher &#224; un postier qui trie des colis toute la journ&#233;e, &#224; un salari&#233; d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EDF&lt;/span&gt; qui travaille en ext&#233;rieur par tous les temps, &#224; une caissi&#232;re qui r&#233;p&#232;te constamment les m&#234;me gestes, &#224; un prof qui enseigne un programme sur lequel il n'a rien &#224; dire, de vouloir quitter leur travail pour &#234;tre pay&#233;s &#224; d&#233;fendre les droits de leurs coll&#232;gues au quotidien&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? On ne peut reprocher en soi &#224; un travailleur exploit&#233; de vouloir quitter son travail pour &#234;tre pay&#233; &#224; d&#233;fendre les droits de ses coll&#232;gues au quotidien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, en quittant leur travail, les permanents syndicaux quittent aussi leur milieu. Ils se d&#233;tachent de plus en plus de la r&#233;alit&#233; et du quotidien du travail. Ils ne vivent plus le stress des rendements, la pression des chefs, l'humiliation, la peur du ch&#244;mage, etc. Ils deviennent des n&#233;gociateurs professionnels et c&#244;toient un monde diff&#233;rent de leurs anciens coll&#232;gues. Ils si&#232;gent en permanence dans les commissions, dans les conseils, au contact direct des patrons et des repr&#233;sentants du gouvernement. En fin de compte ils deviennent des gestionnaires du syst&#232;me capitaliste des entreprises, garants du maintien d'un ordre social pacifi&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_81 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH734/8h-0703b.jpg' width='500' height='734' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le syndicat est une organisation r&#233;formiste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette pression &#224; l'adaptation est d'autant plus forte en p&#233;riode de calme social. En ces moments l&#224;, les directions syndicales s'adaptent &#224; la passivit&#233; de leur base sociale &#233;lectorale. Plus les syndicats font des bon scores &#233;lectoraux aux Prud'hommes, plus ils b&#233;n&#233;ficient de subventions sous la forme d'argent ou d'heures de d&#233;charge syndicale. La nouvelle loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale (juillet 2008) changera et a d&#233;j&#224; chang&#233; beaucoup de choses dans les relations intersyndicales.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-12' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour une analyse des cons&#233;quences de cette r&#233;forme sur la strat&#233;gie (...)' id='nh3-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; En effet les cinq organisations syndicales historiques (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FO&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CFDT&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CFDT&lt;/span&gt; et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CFE&lt;/span&gt;-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGC&lt;/span&gt;), doivent, d&#233;sormais, au m&#234;me titres que les autres &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;petites&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SUD&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CNT&lt;/span&gt; etc.) prouver qu'elles repr&#233;sentent bien les salari&#233;s selon sept crit&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-13' class='spip_note' rel='footnote' title='La position commune propose que la reconnaissance de la repr&#233;sentativit&#233; (...)' id='nh3-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; adopt&#233;s par la position commune pour se pr&#233;senter aux &#233;lections prud'hommales. La volont&#233; d'institutionnaliser les syndicats sur la base de leurs scores &#233;lectoraux, accentue la concurrence entre eux et concentre leur activit&#233; sur les &#233;lections au d&#233;triment des luttes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le financement public, par exemple ne permet pas aux syndicats de d&#233;velopper une ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des institutions. En effet les syndicats n'&#233;tant pas oblig&#233;s de publier leur compte, il est difficile de savoir quelle est la part des fonds publics que re&#231;oivent les syndicats. La loi qui les y autorise date de 1884, &#224; l'origine il s'agissait de garantir l'anonymat des travailleurs qui cotisaient. De nos jours cela a plut&#244;t comme cons&#233;quence d'entretenir la suspicion et de faire na&#238;tre la m&#233;fiance chez ces derniers (affaire &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UIMM&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-14' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur l'affaire de l'UIMM&#160;: &#171;&#160;La justice ouvre une enqu&#234;te sur une grande figure (...)' id='nh3-14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Mais surtout cela ne permet pas de savoir &#224; quelle hauteur les cotisations syndicales participent de la construction des syndicats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le fait de cotiser doit avoir comme r&#233;sultat que les travailleurs construisent au quotidien un des outils de leur lutte contre les patrons, or un financement opaque et largement subventionn&#233; par l'&#201;tat, ne permet pas cette prise de conscience. De plus la cotisation syndicale est importante pour financer les diff&#233;rentes outils du syndicats&#160;: tracts, brochures, formations, journ&#233;es d'&#233;tudes, congr&#232;s, etc. L'argument qui justifie de se servir des fonds publics pour construire les syndicats, n'est donc pas juste car il maintient les travailleurs dans une position d'adh&#233;rents et non pas d'acteurs, de constructeurs de leur syndicat. Ceci a pour cons&#233;quence de renforcer le substitutisme du syndicat&#160;: votez pour les syndicats aux prud'hommes, dans les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CE&lt;/span&gt;, dans les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CA&lt;/span&gt;, etc. et les d&#233;l&#233;gu&#233;s et commissaires paritaires feront le reste. Cette situation n'est pas forc&#233;ment critiqu&#233;e par les syndiqu&#233;s car ils n'ont pas le temps ni la formation pour d&#233;cortiquer les nouvelles lois et leur retomb&#233;es sur leurs conditions de travail. Cette face du syndicat montre sa tendance profond&#233;ment r&#233;formiste, c'est-&#224;-dire qu'il est possible de changer les choses, d'am&#233;liorer les conditions de travail par l'accumulation des r&#233;formes (convention collective, recours aux Prud'hommes, parfois quelques gr&#232;ves pour maintenir la pression) mais les salari&#233;s sont passifs, ils ne d&#233;veloppent pas un esprit combatif au quotidien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or le rapport entre syndiqu&#233;s/d&#233;l&#233;gu&#233;s/bureaucrates s'auto-entretient, car les d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux sont confort&#233;s dans leur d&#233;marche par la passivit&#233; des travailleurs, qui se tournent vers eux pour r&#233;gler des probl&#232;mes qui paraissent individuels. Cette position peut &#234;tre un atout car les salari&#233;s ont confiance dans le travail quotidien du d&#233;l&#233;gu&#233;, ils peuvent du coup &#234;tre influenc&#233;s par le discours du d&#233;l&#233;gu&#233; sur la n&#233;cessit&#233; de l'action collective, mais la r&#233;ciproque est vraie&#160;: si le d&#233;l&#233;gu&#233; pense qu'une mobilisation n'est pas utile, les salari&#233;s ont tendance &#224; le suivre dans cette d&#233;marche. Or les bureaucrates finissent par se convaincre que les luttes sont difficiles &#224; mener car les syndiqu&#233;s sont la plupart du temps passifs et que les r&#233;sultats positifs ou n&#233;gatifs de leurs n&#233;gociations quotidiennes semblent d&#233;tach&#233;s du rapport de force issus des luttes ant&#233;rieures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La nature contradictoire des syndicats, met ainsi les dirigeants syndicaux face &#224; des choix antagonistes lorsque des luttes &#233;clatent. Tout d'abord, ils ne sont pas s&#251;rs que les luttes soient victorieuses et perdent confiance dans la capacit&#233; des travailleurs &#224; s'auto-organiser et &#224; se radicaliser dans une lutte o&#249; ils ne sont pas directement impliqu&#233;s. Surtout ils craignent davantage que les d&#233;faites n'accentuent la d&#233;syndicalisation et du coup ne leur fassent perdre leur l&#233;gitimit&#233; vis-&#224;-vis du patron/gouvernement. Mais &#233;galement de voir leur influence diminu&#233;e aupr&#232;s des syndiqu&#233;s, ce qui se traduirait en une perte de voix et donc en nombre de d&#233;charges syndicales dont ils disposent, voire leur propre poste. Et quel permanent syndical aurait envie de retourner travailler apr&#232;s cinq &#224; quinze ans d'arr&#234;t&#160;de travail&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs en cas de mouvement de gr&#232;ve, il est fort possible que les dirigeants se fassent d&#233;border par leur base, active dans les cadres d'auto-organisation (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AG&lt;/span&gt;, comit&#233; de mobilisation, piquet de gr&#232;ve, etc) et donc plus proche des travailleurs (comme c'est le cas des d&#233;l&#233;gu&#233;s-s&#233;questrateurs). Une lutte trop radicale a tendance &#224; se politiser rapidement et &#224; mettre en doute la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir en place. La perte de contr&#244;le de ces luttes peut s'opposer &#224; la strat&#233;gie r&#233;formiste des syndicats. Ils doivent sans cesse alterner mobilisations importantes pour maintenir ou am&#233;liorer leur position et en freiner la mont&#233;e pour la conserver. Ils suivent alors le mouvement pour tenter de le r&#233;cup&#233;rer ou d'en prendre la direction car ils tentent de conserver une l&#233;gitimit&#233; &#224; double face&#160;: aupr&#232;s des patrons et du gouvernement d'une part et aupr&#232;s des travailleurs d'autre part. On touche ici au c&#339;ur de la contradiction syndicale. Les permanents syndicaux ne sont plus des travailleurs car ils n'interviennent plus directement ou indirectement dans le processus de production mais ils ne sont pas non plus des patrons car il ne b&#233;n&#233;ficient pas de l'exploitation des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Les syndicats comme cadres de front unique&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les parties pr&#233;c&#233;dentes nous avons pu constater &#224; quel point les syndicats sont des organisations contradictoires. Tout &#224; la fois cadres de masse et organisations minoritaires, elles ont &#233;galement un potentiel de radicalisation fort, tout en &#233;tant profond&#233;ment r&#233;formistes. &#192; cause de cette nature contradictoire, qui n'est finalement que le reflet accentu&#233; des contradictions de la classe ouvri&#232;re et des pressions de la classe dirigeante, le syndicat doit donc &#234;tre vu comme une forme de front unique pour les anticapitalistes. Un front unique particulier car il n'y a pas &#224; proprement parler de directions r&#233;formistes, le syndicat &#233;tant lui-m&#234;me r&#233;formiste par nature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La tactique du front unique repose en effet sur l'id&#233;e que les travailleurs seuls ont le pouvoir de s'&#233;manciper et de faire changer les choses quand ils prendront le contr&#244;le de la production, mais &#233;galement que ces m&#234;mes travailleurs sont le plus souvent passifs et soumis &#224; la pression des id&#233;es dominantes qui ne cessent de les diviser. Or le sentiment qui domine l'ensemble des travailleurs est que l'on doit changer les choses mais que cela doit se faire en &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;douceur&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; par des r&#233;formes et donc des lois qui r&#233;gissent le monde du travail. Cet &#233;tat d'esprit, qui est &#233;galement valable pour la plupart des syndiqu&#233;s, a pour cons&#233;quence de les pousser plus volontiers vers une d&#233;marche consistant &#224; accumuler les petites r&#233;formes progressives dans un contexte favorable ou &#224; se contenter d'essayer de limiter la casse lorsque la situation est plus difficile. Cette politique r&#233;formiste tend en retour &#224; surestimer le poids du cadre institutionnel dans le rapport de forces que d&#233;tient le syndicat et donc &#224; privil&#233;gier ce dernier par rapport au d&#233;veloppement des luttes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les anticapitalistes doivent donc intervenir de fa&#231;on active dans les syndicats pour convaincre que la perspective d'un changement de syst&#232;me &#233;conomique et social n'est pas seulement une possibilit&#233; historique mais &#233;galement une n&#233;cessit&#233; strat&#233;gique. Cette position, qui peut &#234;tre r&#233;sum&#233;e par la formule &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les r&#233;volutionnaires sont les meilleurs r&#233;formistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; a &#233;t&#233; fortement appuy&#233;e par l'histoire du mouvement politique et syndical. L'exemple en n&#233;gatif le plus connu &#233;tant certainement celui des dirigeants r&#233;formistes du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; et de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; en 1936, demandant aux travailleurs fran&#231;ais de stopper une gr&#232;ve qui remportait victoire sur victoire.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-15' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur le sujet lire Sarah Benichou, &#171;&#160;1936&#160;: Tout est possible&#160;&#187;, Que Faire&#160;?, (...)' id='nh3-15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'intervention dans les syndicats en tant qu&#8216;anticapitalistes et pas seulement comme syndicalistes est donc n&#233;cessaire car elle implique de combattre l'ensemble des causes qui alimentent cette tendance r&#233;formiste et les cons&#233;quences pratiques qui en d&#233;coulent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_82 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L234xH321/travailleurs_unis-e82f3.gif' width='234' height='321' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Construire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La force du syndicalisme se trouve dans sa vocation &#224; regrouper l'ensemble des travailleurs pour la d&#233;fense de leurs droits. Le seul travail de syndicalisation implique donc une &#233;l&#233;vation du niveau de conscience de classe par la mise en &#233;vidence d'int&#233;r&#234;ts communs, quelles que soient les distinctions de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;races&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de sexe, de religion, etc. entre des individus soumis au quotidien &#224; la dictature de l'id&#233;ologie dominante et donc, &#224; la division. Ce regroupement, quand il est combin&#233; avec des mobilisations victorieuses, implique &#233;galement le d&#233;veloppement de la confiance des travailleurs en leurs propres forces pour changer leur quotidien et &#224; une &#233;chelle plus large, la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or les syndicats ont la capacit&#233; de regrouper l'ensemble des travailleurs parce qu'ils prouvent leur utilit&#233; au quotidien. Pour cette raison le travail syndical de d&#233;fense individuel, de bataille sur l'ensemble des &#233;l&#233;ments qui peuvent am&#233;liorer les conditions des travailleurs ne peut &#234;tre laiss&#233; aux bureaucrates syndicaux ou plus largement aux syndiqu&#233;s qui ne sont pas dans le parti tandis que les anticapitalistes se contenteraient d'une attitude uniquement propagandiste. Au contraire, pour convaincre de leur orientation les anticapitalistes doivent &#233;galement &#234;tre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les meilleurs syndicaliste&lt;/i&gt;s&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et permettre aux travailleurs d'&#234;tre les acteurs des luttes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les militants anticapitalistes doivent donc se syndiquer mais aussi faire en sorte que les travailleurs se syndiquent. Un parti, et &#224; plus forte raison, un parti anticapitaliste ne peut pas faire le travail de d&#233;fense des travailleurs au quotidien car il ne regroupe par d&#233;finition qu'une frange minoritaire des travailleurs. Plus il y aura de syndiqu&#233;s convaincus par les anticapitalistes, plus les rapports de force entre la base et la direction se poseront de mani&#232;re aigu&#235;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;mocratie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais pour cela il faut &#339;uvrer pour plus de d&#233;mocratie dans les syndicats. Tout d'abord les syndiqu&#233;s devraient pouvoir d&#233;l&#233;gitimer une direction syndicale (par un vote par exemple) si elle ne respecte pas le mandat pour lequel elle a &#233;t&#233; &#233;lue, et cela sans attendre un congr&#232;s mais au lendemain d'une mobilisation. Cela implique &#233;galement une campagne de syndicalisation qui s'appuie sur l'id&#233;e que plus les syndiqu&#233;s auront le contr&#244;le, y compris financier, de leur outil syndical, plus le syndicat pourra &#234;tre d&#233;mocratique et offensif en p&#233;riode de lutte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut &#233;galement s'organiser au sein du syndicat pour faire entendre une voix alternative quand les directions syndicales donnent l'impression de trahir. Dire que les directions syndicales trahissent est un truisme. Cette position propagandiste encourage un pessimisme et donc une tentation &#224; la passivit&#233; chez les syndiqu&#233;s qui se diront &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#224; quoi sert de se syndiquer puisque les directions vont nous trahir de toutes fa&#231;on&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Inciter &#224; la syndicalisation, utiliser la tactique du front unique dans les syndicats, ne doit pas se borner &#224; d&#233;noncer &#224; tout prix les directions, mais &#234;tre une m&#233;diation pour organiser les franges les plus radicales des travailleurs. Le syndicat doit &#234;tre per&#231;u comme un double moyen&#160;: se d&#233;fendre au quotidien et apprendre &#224; se battre collectivement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce rapport au syndicalisme doit donc &#234;tre combin&#233;. Le Nouveau Parti Anticapitaliste doit compter dans ses rangs des cadres syndicaux interm&#233;diaires, au contact des travailleurs, mais qui construisent aussi leur syndicat. Ces cadres doivent se battre au quotidien pour organiser les syndiqu&#233;s et les non-syndiqu&#233;s, les d&#233;fendre au quotidien mais aussi en faire des acteurs des luttes. Ils doivent favoriser l'auto-organisation des travailleurs en p&#233;riode de lutte sous la forme de conseils des travailleurs, d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AG&lt;/span&gt; souveraine, d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AG&lt;/span&gt; de ville etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une intervention coordonn&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le combat pour une orientation syndicale cons&#233;quente ou le progr&#232;s de la d&#233;mocratie interne ne peut toutefois &#234;tre le fait d'individus isol&#233;s. Pour que les analyses et les positions quotidiennes des sections syndicales comme des conf&#233;d&#233;rations puissent &#234;tre contr&#244;l&#233;es par l'ensemble des syndiqu&#233;s, il faudra que les militants anticapitalistes s'organisent afin de proposer le cas &#233;ch&#233;ant une orientation alternative. La situation actuelle, o&#249; les militants du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; interviennent dans des syndicats diff&#233;rents, implique de mettre en place des cadres de discussion et/ou d'intervention au niveau intersyndical. C'est un pr&#233;alable n&#233;cessaire &#224; la convergence des mots d'ordre qui font avancer le mouvement social dans son ensemble et toujours dans son int&#233;r&#234;t de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;clamer la r&#233;gularisation de tous les sans-papiers, par exemple, est non seulement juste mais n&#233;cessaire car cela permet de combattre la division des travailleurs. Chaque anticapitaliste doit pouvoir porter une telle revendication dans son syndicat. Mais arriver &#224; un tel r&#233;sultat ne sera pas possible sans une r&#233;elle coordination des anticapitalistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien entendu, les formes que prendront de tels cadres de discussion et d'intervention, ne peuvent &#234;tre d&#233;termin&#233;s de mani&#232;re abstraite. Ceci est vrai &#224; l'interieur du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;, mais l'est encore plus au sein des syndicats. Quel serait alors l'outil le plus pertinent&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'id&#233;e d'un courant &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l&lt;i&gt;utte de classe&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, organis&#233; autour d'une revue diffus&#233;e &#224; l'ensemble des syndiqu&#233;s, a par exemple &#233;merg&#233; lors de la premi&#232;re commission nationale public/priv&#233;/priv&#233;s d'emploi du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;. Cela aurait le m&#233;rite de faire progresser l'intervention coordonn&#233;e des anticapitalistes et de faire entendre une autre voix que celle des directions r&#233;formistes. Mais cela pose &#233;galement de nombreuses autres questions. S'agirait-il d'un regroupement de tendances&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Devrait-il uniquement regrouper les membres du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Devrait-il avoir une expression publique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? etc. Nous devons mener le d&#233;bat dans l'ensemble des cadres du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; et, &#224; l'&#233;chelle nationale, du comit&#233; de base jusqu'au comit&#233; ex&#233;cutif en passant par les indispensables commissions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Andolfatto, D. Labb&#233;, &lt;i&gt;Les syndiqu&#233;s en France&lt;/i&gt;, 1990-2006, Liaisons, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;http://quefaire.lautre.net/Jeunes-precaires-et&#034; class='spip_in'&gt;L'appel et la pioche&#160;: jeunes, pr&#233;caires, anticapitalistes&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, entretien avec Le&#239;la dans le m&#234;me num&#233;ro, p34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;3. Pour une analyse compl&#232;te du mouvement de Mai 68&#160;: Chris Harman, &lt;i&gt;Quand la France prit feu&lt;/i&gt;, consultable en fran&#231;ais sur &lt;a href=&#034;http://tintinrevolution.free.fr/fr/harman68.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://tintinrevolution.free.fr/fr/harman68.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-4' class='spip_note' title='Notes 3-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les &#233;tudes actuelles estiment qu'elle est inf&#233;rieure &#224; 2 millions aujourd'hui. Sachant que les chiffres d'avant la seconde guerre mondiale sont uniquement ceux d&#233;clar&#233;s par les organisations elles-m&#234;mes on peut raisonnablement estimer que la syndicalisation en 1937 s'&#233;levait &#224; environ 4 millions de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-5' class='spip_note' title='Notes 3-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse plus fine sur la question, lire l'entretien de Jean-Daniel L&#233;vy r&#233;alis&#233; par Dominique Mezzi et Francis Sitel dans &lt;i&gt;Critique Communiste&lt;/i&gt; n&#176;178, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-6' class='spip_note' title='Notes 3-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Enqu&#234;te &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;REPONSE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; 2004 (volet repr&#233;sentant du personnel et volet repr&#233;sentation de la direction) cit&#233;e dans &lt;i&gt;La lutte continue&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;, &#201;ditions du croquant, 2008, sous la direction de Sophie Beroud.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-7' class='spip_note' title='Notes 3-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Correspondant dans cette &#233;tude &#224; au moins deux diffusions de tracts et/ou tenues de permanence par trimestre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-8' class='spip_note' title='Notes 3-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon un sondage &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BVA&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; du 12&#160;juin, 72&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des fran&#231;ais, consid&#233;raient la mobilisation comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;justifi&#233;e&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-9' class='spip_note' title='Notes 3-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Leila Soula, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La charte d'Amiens, mythe et r&#233;alit&#233;s&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, revue &lt;i&gt;Que faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;, n&#176;7, janvier-mars 2008, consultable sur &lt;a href=&#034;http://quefaire.lautre.net/articles/07amiens.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow'&gt;http://quefaire.lautre.net/articles/07amiens.html&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-10' class='spip_note' title='Notes 3-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sondage &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CSA&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, septembre 2007-2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-11' class='spip_note' title='Notes 3-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;S&#233;questrer son patron, la nouvelle arme sociale&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Lib&#233;ration.fr, 9&#160;avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-12' class='spip_note' title='Notes 3-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse des cons&#233;quences de cette r&#233;forme sur la strat&#233;gie intersyndicale notamment, lire Sophie B&#233;roud et Karel Yon, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Face &#224; la crise, que fait le mouvement syndical&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt;, nouvelle formule, n&#176;1, consultable sur &lt;a href=&#034;http://contretemps.eu/interventions/face-crise-que-fait-mouvement-syndical&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://contretemps.eu/interventions/face-crise-que-fait-mouvement-syndical&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-13' class='spip_note' title='Notes 3-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La position commune propose que la reconnaissance de la repr&#233;sentativit&#233; syndicale soit &#233;valu&#233;e en fonction de sept crit&#232;res&#160;: les effectifs d'adh&#233;rents et les cotisations, la transparence financi&#232;re (certification des comptes), l'ind&#233;pendance, le respect des valeurs r&#233;publicaines, l'influence (activit&#233;, implantation, etc.), une anciennet&#233; de deux ans minimum, ainsi que l'audience &#233;tablie &#224; partir des &#233;lections professionnelles (&#233;lections aux comit&#233;s d'entreprise ou &#224; d&#233;faut des d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel). Pour ce dernier crit&#232;re, un seuil de 10% des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;suffrages valables exprim&#233;s&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est fix&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-14' class='spip_note' title='Notes 3-14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur l'affaire de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UIMM&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La justice ouvre une enqu&#234;te sur une grande figure du patronat...&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt;, 26&#160;septembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-15' class='spip_note' title='Notes 3-15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le sujet lire &lt;a href=&#034;http://quefaire.lautre.net/auteur/sarah-benichou&#034; class='spip_out'&gt;Sarah Benichou&lt;/a&gt;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;http://quefaire.lautre.net/Juin-1936-Tout-est-possible&#034; class='spip_in'&gt;1936&#160;: Tout est possible&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;, n&#176;4, juillet-septembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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