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	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>Les &#233;tudiants, les intellectuels et la lutte des classes</title>
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		<dc:creator>Gildas Viaouet</dc:creator>


		<dc:subject>Classes</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tudiants</dc:subject>

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&lt;p&gt;Avant-propos&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement du CPE a r&#233;v&#233;l&#233; qu'il &#233;tait possible d'&#233;tablir une convergence dans la rue entre les travailleurs et les &#233;tudiants contre une r&#233;forme du gouvernement. Bien plus que cela, c'est pr&#233;cis&#233;ment le mouvement &#233;tudiant qui a r&#233;ussi &#224; entra&#238;ner consciemment les travailleurs dans la lutte. Cependant, le milieu &#233;tudiant se polarise&#160;: en effet, une minorit&#233; d'&#233;tudiants, pendant le mouvement contre la LRU, s'est rang&#233;e du c&#244;t&#233; des flics et les applaudissaient en chantant la Marseillaise quand ils (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no09-aout-octobre" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;09 - Ao&#251;t / Octobre 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Classes" rel="tag"&gt;Classes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Etudiants" rel="tag"&gt;&#201;tudiants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Avant-propos&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CPE&lt;/span&gt; a r&#233;v&#233;l&#233; qu'il &#233;tait possible d'&#233;tablir une convergence dans la rue entre les travailleurs et les &#233;tudiants contre une r&#233;forme du gouvernement. Bien plus que cela, c'est pr&#233;cis&#233;ment le mouvement &#233;tudiant qui a r&#233;ussi &#224; entra&#238;ner consciemment les travailleurs dans la lutte. Cependant, le milieu &#233;tudiant se polarise&#160;: en effet, une minorit&#233; d'&#233;tudiants, pendant le mouvement contre la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LRU&lt;/span&gt;, s'est rang&#233;e du c&#244;t&#233; des flics et les applaudissaient en chantant la Marseillaise quand ils tabassaient les gr&#233;vistes pour d&#233;bloquer la fac (Nanterre, Tolbiac...), chose difficilement imaginable dans une entreprise en gr&#232;ve. Le d&#233;veloppement des mouvements sociaux dans la jeunesse en France doit nous interpeller sur le r&#244;le de ceux-ci pour le d&#233;veloppement de la lutte de classes en g&#233;n&#233;ral, et doit nous pousser &#224; analyser le r&#244;le social des &#233;tudiants, dans un contexte de r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales, de remont&#233;es des r&#233;sistances (Banlieues, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CPE&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LRU&lt;/span&gt;) et de polarisation sociale dans l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Les articles suivants ont &#233;t&#233; &#233;crits afin de contribuer &#224; renouveler ce d&#233;bat, dans la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, et dans le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;. Les r&#233;volutionnaires de Mai 68 ont &#233;t&#233;, eux aussi, confront&#233;s &#224; la r&#233;volte &#233;tudiante et aux questions universitaires. Il est aujourd'hui n&#233;cessaire de s'appuyer sur les exp&#233;riences et les &#233;laborations du pass&#233;, pour &#233;crire l'histoire au pr&#233;sent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est dans ce sens que nous avons choisi d'aborder les questions &#233;tudiantes par le biais des analyses de Mai 68.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'objectif est de se r&#233;approprier le d&#233;bat politique. Ces articles ne se veulent pas exhaustifs, mais constituent une premi&#232;re approche, &#224; d&#233;velopper, de deux questions essentielles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La transformation structurelle du capitalisme d'apr&#232;s-guerre, par les d&#233;faites historiques de la classe ouvri&#232;re face au fascisme et par la hausse du taux de profit et l'acc&#233;l&#233;ration de l'innovation technologique, entra&#238;ne une int&#233;gration de plus en plus grande du travail intellectuel et du travail manuel. Ce processus entra&#238;ne &#224; son tour une modification du r&#244;le social des &#233;tudiants et des intellectuels. Aujourd'hui que pouvons-nous retenir des analyses de Bensa&#239;d, Weber et Mandel pour appr&#233;hender les r&#233;formes et les &#233;volutions structurelles du capitalisme contemporain&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces r&#233;formes p&#232;sent sur l'intelligentsia et les &#233;tudiants car elles modifient leur r&#244;le social. Comprendre les &#233;volutions de ces dynamiques est la premi&#232;re &#233;tape pour les contrer. Plusieurs s&#233;ries de questions sont ouvertes. Jamais plus qu'aujourd'hui le travail intellectuel n'a &#233;t&#233; &#224; ce point int&#233;gr&#233; dans le travail manuel. Jamais autant d'&#233;tudiants n'ont &#233;t&#233; m&#234;l&#233;s aussi directement au processus de production. Une grande part d'&#233;tudiants venant des couches sociales les plus modestes, le salariat &#233;tudiant, l'avenir social des &#233;tudiants sont des facteurs objectifs qui lient les &#233;tudiants &#224; la classe ouvri&#232;re. Mais les &#233;tudiants n'y sont pas li&#233;s en tant qu'&#233;tudiants. Ils y sont li&#233;s, du fait du caract&#232;re transitoire de leur situation sociale, par leurs origines, par leur avenir ou par leur travail. Un des plus grands moteurs de la r&#233;volte est justement la prise de conscience que leurs &#233;tudes ne les conduiront pas &#224; s'&#233;lever au-dessus de leur origine de classe. Mais malgr&#233; la capacit&#233; de r&#233;volte du milieu &#233;tudiant, les organisations syndicales et politiques ne parviennent pas &#224; structurer la spontan&#233;it&#233; de cette jeunesse. Nous avons besoin de comprendre comment articuler l'atomisation du milieu &#233;tudiant, sa capacit&#233; spontan&#233;e &#224; se r&#233;volter brutalement, pour homog&#233;n&#233;iser et structurer la r&#233;bellion, pour transformer cette r&#233;volte spontan&#233;e en outil pour la construction de l'h&#233;g&#233;monie de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Les &#233;tudiants, les intellectuels et la lutte des classes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Ernest Mandel, Les &#233;tudiants, les intellectuels et la lutte de classes, La (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette brochure est le condens&#233; de conf&#233;rences prononc&#233;es par le r&#233;volutionnaire belge en septembre et en octobre 68, dans une trentaine de facs des &#201;tats-Unis et du Canada. Mandel tente de r&#233;pondre &#224; deux questions principales, la crise de l'universit&#233; bourgeoise et du coup la mutation du r&#244;le social des intellectuels et des &#233;tudiants dans la lutte des classes et la transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233;. Ainsi pour Mandel les mouvements &#233;tudiants du monde entier des ann&#233;es 68 &#224; la fois r&#233;v&#232;lent une mutation profonde des rapports de production de la bourgeoisie (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le troisi&#232;me &#226;ge du capitalisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;) mais y compris d&#233;montrent la centrante de la classe ouvri&#232;re et la n&#233;cessit&#233; d'un parti r&#233;volutionnaire pour prendre le pouvoir.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Mandel, en 68, le nouveau r&#244;le des universit&#233;s bourgeoises est de favoriser la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;prol&#233;tarisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des intellectuels. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La prol&#233;tarisation ne signifie pas essentiellement (et dans certains cas pas du tout) une consommation limit&#233;e et un bas niveau de vie, mais une ali&#233;nation croissante, la perte d'acc&#232;s aux moyens de travail et de contr&#244;le des conditions de travail, une subordination croissante du travailleur &#224; des exigences qui n'ont plus aucun lien avec ses talents ou ses besoins propres&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s avoir introduit sa brochure sur le renouvellement des luttes &#233;tudiantes, l'importance de l'unit&#233; entre la th&#233;orie et la pratique, la capacit&#233; du mouvement &#233;tudiant international &#224; re-d&#233;couvrir de mani&#232;re vivante les bases du mouvement socialiste et la n&#233;cessit&#233; des convergences pour lutter contre la conscience parcellaris&#233;e - du coup l'importance d'une organisation r&#233;volutionnaire - Mandel d&#233;veloppe son expos&#233; en soulignant le fait que le r&#244;le de l'universit&#233; s'est progressivement modifi&#233; entre la fin de la seconde guerre mondiale et les ann&#233;es 60. La fonction premi&#232;re de la fac &#233;tait effectivement de donner aux fils les plus brillants de la classe dirigeante l'&#233;ducation classique voulue et les moyens de diriger efficacement l'industrie, la nation, les colonies et l'arm&#233;e&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Former &#224; la pens&#233;e m&#233;thodique, d&#233;velopper des r&#232;gles d'&#233;rudition ind&#233;pendante, fournir une base culturelle de classe commune et, sur cette base, assurer les liens informels entre les diff&#233;rentes &#233;lites (le syst&#232;me du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;lien entre les anciens condisciples&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;), tel &#233;tait le r&#244;le essentiel de l'enseignement universitaire pour la grosse majorit&#233; des &#233;tudiants&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce que Mandel appelle le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;n&#233;o-capitalisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; a brutalement modifi&#233; cet &#233;tat de fait. Deux des facteurs principaux sont&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; le besoin de main d'&#339;uvre sp&#233;cialis&#233;e dans l'industrie et dans un appareil d'&#233;tat en augmentation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; la n&#233;cessit&#233; de r&#233;pondre &#224; la demande croissante d'&#233;tudes sup&#233;rieures comme moyen de promotion sociale provoqu&#233;e par l'augmentation du niveau de vie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les nouvelles universit&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 60 sont marqu&#233;es par de fortes explosions sociales, notamment dans lajeu-nesse. Le nombre d'&#233;tudiants est multipli&#233; par trois en Europe entre 1950 et 1965. Dans le monde, on compte alors jusqu'&#224; 6 millions d'&#233;tudiants aux &#201;tats-Unis, 3 millions en Europe de l'Ouest, 1,5 million en Russie, plus d'1 million au Japon. Les vieilles universit&#233;s v&#233;tust&#233;s ne peuvent accueillir ces &#233;tudiants. Dans le m&#234;me temps, la fin de la guerre d'Alg&#233;rie, la r&#233;volution cubaine et les comit&#233;s Solidarit&#233; Vietnam marquent consid&#233;rablement le milieu &#233;tudiant. En 1962, l'Unef organisait un &#233;tudiant sur deux, alors que c'&#233;tait la principale organisation &#233;tudiante, et une des rares du mouvement ouvrier en g&#233;n&#233;ral, &#224; se battre pour le droit &#224; l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie. L'inadaptation de la vieille universit&#233;, en terme de contenu p&#233;dagogique, d'infrastructure mat&#233;rielle, ou encore d'organisation administrative a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme la premi&#232;re cause de la r&#233;volte &#233;tudiante internationale. Pour r&#233;soudre la crise universitaire, la soci&#233;t&#233; d&#233;cida de forcer l'universit&#233; &#224; s'adapter aux besoins nouveaux de la classe dirigeante, notamment au moyen de r&#233;formes structurelles et technocratiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il se d&#233;veloppe un v&#233;ritable march&#233; du travail pour dipl&#244;m&#233;s de l'enseignement sup&#233;rieur, par exemple le r&#244;le de technicien surveillant les op&#233;rations de productions automatis&#233;es. Pour que l'universit&#233; puisse remplir cette fonction de former des sp&#233;cialistes salari&#233;s, il faut r&#233;former l'enseignement sup&#233;rieur dans un sens fonctionnel. La campagne pour adapter les vieilles facs aux besoins pratiques est encourag&#233;e par tous les moyens, et pouss&#233;e &#224; l'extr&#234;me lorsque l'enseignement et la recherche universitaire sont subordonn&#233;s aux projets sp&#233;cifiques des grandes firmes. La r&#233;volte &#233;tudiante n'est pas seulement une r&#233;volte contre l'incapacit&#233; de la vieille universit&#233; &#224; s'adapter&#160;: c'est aussi une r&#233;volte contre la tentative, trop bien r&#233;ussie, de subordonner cette adaptation aux exigences et aux int&#233;r&#234;ts du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contradictions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La sur-sp&#233;cialisation, l'instrumentalisation et la prol&#233;tarisation du travail intellectuel sont les manifestations objectives de l'ali&#233;nation croissante du travail et am&#232;nent in&#233;vitablement &#224; une conscience subjective croissante de cette ali&#233;nation. L'impression de perdre tout contr&#244;le sur le contenu et le d&#233;roulement de son propre travail est aussi r&#233;pandue de nos jours chez les soit-disant sp&#233;cialistes, y compris ceux qui sortent de l'universit&#233;, que chez les travailleurs manuels&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. La reconnaissance de cette ali&#233;nation par les &#233;tudiants eux-m&#234;mes, li&#233;e &#224; un malaise provoqu&#233; par les structures autoritaires de l'universit&#233;, joue un grand r&#244;le comme force motrice de la r&#233;volte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s deux guerres mondiales, des crises &#233;conomiques et sociales innombrables, et plusieurs r&#233;volutions, l'ordre bourgeois est beaucoup moins stable qu'auparavant. De fait la fonction du savoir bourgeois n'est plus de faire l'apologie th&#233;orique du syst&#232;me, mais de surmonter concr&#232;tement les crises. Pour cette raison il devient plus facile, dans l'universit&#233;, de critiquer l'ordre &#233;tabli qui n'appara&#238;t plus comme &#233;vident mais seulement un mod&#232;le de soci&#233;t&#233; possible parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'explosion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela donne une importance &#224; trois grands facteurs qui ont provoqu&#233; le malaise &#233;tudiant. Le m&#233;contentement croissant face &#224; la soci&#233;t&#233; contemporaine, amplifi&#233; chez les &#233;tudiants par la r&#233;forme autoritaire de l'universit&#233;, et le renoncement des partis ouvriers traditionnels (n&#233;gation par les staliniens des capacit&#233;s r&#233;volutionnaires de la jeunesse et de la jeunesse scolaris&#233;e en particulier, n&#233;gation en g&#233;n&#233;ral des capacit&#233;s politiques de la classe ouvri&#232;re &#224; prendre le pouvoir, th&#233;ories notamment d&#233;velopp&#233;es par Marcuse et les r&#233;formistes) poussent les jeunes &#224; trouver d'autres vecteurs pour exprimer la r&#233;volte. Les &#233;tudiants critiques n'ont pas de possibilit&#233; de construire une opposition radicale et un affrontement, dans les infrastructures de la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, ni dans celles de la classe ouvri&#232;re (partis, parlement, mass m&#233;dias). Ils tentent donc de construire cette opposition en dehors de ces structures. Cependant, ils n'ont ni la masse, ni le poids social n&#233;cessaire pour transformer eux-m&#234;mes la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Mandel en 68, les universit&#233;s sont prises entre deux forces oppos&#233;es&#160;: d'une part la r&#233;forme technocratique est mise en place de l'ext&#233;rieur dans l'int&#233;r&#234;t de la classe dirigeante, de l'autre une opposition radicale prend naissance dans le c&#339;ur m&#234;me de ces universit&#233;s, mais en l'absence de soutien et d'appui venant d'autres secteurs de la soci&#233;t&#233;, elle s'enlise dans l'utopie et l'impuissance. L'exemple de mai 1968 r&#233;v&#232;le cependant que ces r&#233;voltes, en montrant &#224; la classe ouvri&#232;re d'autres voies de contestation que ses structures traditionnelles, peuvent servir de d&#233;tonateur dans l'ensemble de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#244;le des &#233;tudiants comme force motrice et initiatrice de mouvements de r&#233;voltes globales ne date pas de mai 68. Marx, L&#233;nine, Trotski &#233;taient plus des intellectuels que des travailleurs manuels.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La prol&#233;tarisation du travail intellectuel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon Mandel, le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; n&#233;o-capitalisme&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est fond&#233; sur une r&#233;volution technologique. L'axe de cette r&#233;volution est l'automatisation, l'&#233;lectronique et l'&#233;nergie nucl&#233;aire, alors que la premi&#232;re r&#233;volution technologique tournait autour du moteur &#224; vapeur et la seconde autour du moteur &#233;lectrique. Le moteur du mode de production capitaliste est l'accumulation du capital au moyen de la r&#233;alisation et de la capitalisation du profit. Les d&#233;couvertes scientifiques ne se traduisent en innovations que si leur application au processus de production est rentable. Son application &#224; la production est plus que jamais, pour Mandel, subordonn&#233;e &#224; l'imp&#233;ratif de profit. Ainsi, beaucoup de d&#233;couvertes scientifiques &#224; la base du d&#233;veloppement du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; n&#233;o-capitalisme &lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ont &#233;t&#233; faites avant la seconde guerre mondiale. Qu'elles n'aient &#233;t&#233; appliqu&#233;es que plus tard n'est pas d&#251; &#224; la pr&#233;sence d'obstacles technologiques, mais &#224; leur rentabilit&#233; insuffisante &#224; ce moment. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Ce furent les grandes d&#233;faites de la classe ouvri&#232;re internationale devant le fascisme, la guerre et la guerre froide qui permirent, &#224; partir de 1945, &#224; l'imp&#233;rialisme de se relever apr&#232;s vingt ou vingt-cinq ans de stagnation. Ces d&#233;faites ont rendu possible un accroissement consid&#233;rable du taux de la plus-value des capitalistes, et par-l&#224; m&#234;me, du taux de profit. C'est cette hausse du taux de profit qui a permis la relance de la croissance &#233;conomique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un des aspects de la crise du capitalisme est, pour Mandel, la crise des rapports de production et particuli&#232;rement des contradictions croissantes qui r&#233;sultent de la prol&#233;tarisation du travail intellectuel. Au niveau historique, le d&#233;clin du capitalisme a donn&#233; lieu &#224; deux ph&#233;nom&#232;nes qui se compl&#232;tent mutuellement&#160;: l'incapacit&#233; &#224; d&#233;velopper le tiers-monde, et l'incapacit&#233; &#224; int&#233;grer le travail intellectuel - la science - au processus de production. Le capitalisme ne d&#233;veloppe la production que sous l'imp&#233;ratif de profit. La concurrence tend &#224; &#233;galiser le taux de profit des entreprises. Le d&#233;veloppement des forces productives tend &#224; r&#233;duire globalement le taux moyen de profit, et la concentration de capitaux entra&#238;ne de la part des grands monopoles une course continue vers l'obtention de surprofits. Avant la premi&#232;re guerre mondiale, les surprofits coloniaux &#233;taient la principale forme du surprofit g&#233;n&#233;ral. Dans les ann&#233;es 70 ils &#233;taient m&#234;me, dans certains secteurs, plus importants en montant qu'avant 1914. Mais la paup&#233;risation relative des pays semi-coloniaux et l'extension des r&#233;volutions nationales et anti-imp&#233;rialistes tendent &#224; relativiser la part des surprofits coloniaux dans l'ensemble des b&#233;n&#233;fices des monopoles imp&#233;rialistes. A l'&#233;poque o&#249; Mandel &#233;crit sa brochure, ce sont les surprofits bas&#233;s sur les rentes technologiques qui occupent la premi&#232;re place des surprofits. Ce que Mandel appelle le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;n&#233;o-capitalisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est ainsi apparu comme une phase du mode de production capitaliste caract&#233;ris&#233;e par une course permanente vers l'obtention de rentes technologiques, ce qui a entra&#238;n&#233; une acc&#233;l&#233;ration de l'innovation technologique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'innovation technologique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Deux aspects importants du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;n&#233;o-capitalisme&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; apparaissent avec cette acc&#233;l&#233;ration de l'innovation technologique, tant au niveau &#233;conomique que social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'une part cette acc&#233;l&#233;ration conduit &#224; une obsolescence rapide des machines et des &#233;quipements. Les monopoles se retrouvent dans l'obligation de renouveler plus rapidement leur capital fixe. De l&#224; une planification plus stricte des amortissements, des investissements, des co&#251;ts et des profits au sein de chaque monopole, ce qui conduit les &#201;tats bourgeois &#224; un effort de programmation &#233;conomique, c'est-&#224;-dire &#224; la tentative de coordonner au niveau national les plans priv&#233;s des monopoles - et de fait une intervention croissante de l'&#201;tat dans la vie &#233;conomique en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autre part, la course &#224; la rente technologique implique une croissance colossale des d&#233;penses de recherche et de d&#233;veloppement. Aux &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt;, ces d&#233;penses sont pass&#233;es de 100 millions de dollars en 1928 &#224; 5 milliards en 1953, &#224; 12 milliards en 1959, et &#224; 21 milliards en 1970. Parall&#232;lement, le nombre de savants am&#233;ricains travaillant dans le domaine de la recherche est pass&#233; de 87 000 en 1941 &#224; 387 000 en 1967 et &#224; plus de 500 000 en 1970.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces deux aspects du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;n&#233;o-capitalisme&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ont des r&#233;percussions importantes sur sa tendance &#224; prol&#233;tariser le travail intellectuel. L'acc&#233;l&#233;ration de l'innovation technologique implique une int&#233;gration &#224; grande &#233;chelle du travail intellectuel dans le processus de production. Alors que le travail intellectuel &#233;tait jusque-l&#224; limit&#233; &#224; la sph&#232;re de la superstructure sociale, il est de plus en plus orient&#233; vers l'infrastructure de la soci&#233;t&#233;. Cette r&#233;int&#233;gration du travail intellectuel dans le processus de production rev&#234;t d'une part la forme d'un accroissement constant du nombre d'ing&#233;nieurs, de physiciens, de sociologues ou d'administrateurs form&#233;s par l'universit&#233; et employ&#233;s par les grandes entreprises, d'autre part l'incorporation dans la production au sens strict du terme. Alors qu'auparavant l'intellectuel &#233;tait un travailleur ind&#233;pendant et un repr&#233;sentant des professions lib&#233;rales, il est devenu, &#224; l'&#233;poque de Mandel, un salari&#233;. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La prol&#233;tarisation du travail intellectuel, qui aujourd'hui appara&#238;t comme le plus grand triomphe du n&#233;o-capitalisme, peut contribuer &#224; acc&#233;l&#233;rer sa chute. En prol&#233;tarisant le travail intellectuel, le capitalisme donne au prol&#233;tariat une capacit&#233; plus grande de r&#233;bellion consciente contre l'exploitation et l'oppression. Et la r&#233;bellion qui devient consciente apr&#232;s avoir &#233;t&#233; spontan&#233;e et &#233;l&#233;mentaire est annonciatrice de la r&#233;volution socialiste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Crises&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La crise de l'universit&#233; bourgeoise des ann&#233;es 60 surgit d'abord comme r&#233;sultat de l'explosion universitaire. En quelques ann&#233;es le nombre d'&#233;tudiants s'est d&#233;multipli&#233;. L'&#233;l&#233;ment intellectuel &#233;tant devenu crucial pour le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233;, cela implique des modifications radicales du r&#244;le social des &#233;tudiants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les g&#233;n&#233;rations d'&#233;tudiants pr&#233;c&#233;dant Mai ont fr&#233;quemment jou&#233; un r&#244;le actif de briseurs de gr&#232;ves. Les ouvriers d'avant la seconde guerre mondiale avaient une attitude franchement hostile envers les &#233;tudes universitaires de leurs enfants. L'&#233;l&#233;vation progressive du niveau de vie, la modification de la place des intellectuels dans la soci&#233;t&#233;, et le fait que l'offre d'emploi pour les universitaires augmentait plus vite que l'offre pour les ouvriers qualifi&#233;s, sont des facteurs qui ont r&#233;duit la br&#232;che entre travail manuel et intellectuel. Les familles ouvri&#232;res voyaient de plus en plus les &#233;tudes universitaires comme un rempart contre les sous-salaires, le sous-emploi, la pr&#233;carit&#233;. Il ne faut pas exag&#233;rer l'ensemble du ph&#233;nom&#232;ne de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;d&#233;mocratisation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'universit&#233;. Les enfants d'ouvriers, et encore dans les ann&#233;es 2000, forment une minorit&#233; des &#233;tudiants. Cependant, avant la premi&#232;re guerre mondiale, les &#233;tudiants venant de l'aristocratie et de la haute bourgeoisie formaient une large majorit&#233; des &#233;tudiants. En 68 ce n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus le cas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme le choix des &#233;tudes est de plus en plus d&#233;termin&#233; par les lois du march&#233;, et non par les talents, aspirations individuelles et pr&#233;f&#233;rences des &#233;tudiants eux-m&#234;mes, ceux-ci deviennent, selon Mandel, des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;apprentis intellectuels de plus en plus ali&#233;n&#233;s&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ainsi, la r&#233;volte &#233;tudiante ne serait pas seulement le produit de l'ali&#233;nation du travail intellectuel, mais aussi celui de l'ali&#233;nation du travail &#233;tudiant en soi. La difficult&#233; &#224; donner de mani&#232;re exacte la d&#233;finition de la nature et du r&#244;le social des &#233;tudiants est provoqu&#233;e par le caract&#232;re hybride de la situation &#233;tudiante. D'un c&#244;t&#233; il s'agit d'une situation provisoire&#160;: doit-on d&#233;finir un &#233;tudiant selon ses origines ou selon son devenir social&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Un fils de paysan qui va &#224; la fac pour devenir technicien sp&#233;cialis&#233; n'est plus un paysan mais pas encore un prol&#233;taire. De plus il n'est pas producteur de plus-value puisque la production de sa qualification est assur&#233;e par le professeur - quand bien m&#234;me l'&#233;tudiant n'est plus un consommateur passif de connaissances, devant dans une certaine mesure d&#233;velopper une activit&#233; propre et une autonomie qui diff&#232;re consid&#233;rablement des &#233;tudes primaires ou secondaires.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dire que l'&#233;tudiant est un petit bourgeois parce qu'il ne produit pas de valeur et qu'il vit de la plus-value est du point de vue de l'&#233;conomie marxiste profond&#233;ment faux. Marx a clairement affirm&#233; que tout travail productif n'est pas n&#233;cessairement un travail salari&#233;, et que tout travail salari&#233; n'est pas n&#233;cessairement productif. Un paysan qui produit des vivres pour le march&#233; et est propri&#233;taire, est producteur de valeur, et donc travailleur productif, mais il fait partie de la petite bourgeoisie, et non du prol&#233;tariat, car il n'est pas salari&#233;. Au contraire un chauffeur d'autobus ne produit pas de valeur, mais c'est un prol&#233;taire salari&#233;, et non un petit bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#244;le social des &#233;tudiants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mandel d&#233;finit le milieu &#233;tudiant en 68 comme &#233;tant un milieu &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;d'apprentis travailleurs-intellectuels&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, d&#233;finition impliquant l'interrelation de trois facteurs&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La majorit&#233; des &#233;tudiants sont des futurs travailleurs intellectuels prol&#233;taris&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'existence &#233;tudiante est une existence temporaire et hybride, dont les caract&#233;ristiques peuvent varier &#233;norm&#233;ment, et sont fr&#233;quemment contradictoires. En cons&#233;quence, on ne peut en d&#233;duire un comportement social d&#233;finitif. Aujourd'hui on peut se douter qu'un &#233;tudiant en licence pro &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;manager de rayon-carrefour&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; la fac de Nanterre n'aura pas forc&#233;ment les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts qu'un &#233;tudiant en derni&#232;re ann&#233;e d'&#233;cole de commerce. Il faut saisir la nature socialement hybride du contenu des &#233;tudes universitaires pour comprendre les divisions in&#233;vitables dont souffre la masse des &#233;tudiants, des possibilit&#233;s r&#233;elles de la bourgeoisie de diviser le mouvement et d'en int&#233;grer au moins une partie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Enfin le milieu &#233;tudiant lui-m&#234;me apr&#232;s la massification extr&#234;me tend &#224; rendre homog&#232;ne une masse qui ne l'est pas point de vue de ses origines et de son avenir social. En 68, il y avait 12 000 &#233;tudiants &#224; Nanterre. Cette tendance &#224; cr&#233;er un milieu &#233;tudiant sp&#233;cifique et homog&#232;ne par concentration, m&#234;me s'il est extr&#234;mement atomis&#233;, est l'un des facteurs qui a contribu&#233; &#224; l'explosion de la r&#233;volte &#233;tudiante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autrefois l'universit&#233; bourgeoise &#233;tait l'universit&#233; des &#233;tudiants bourgeois, organis&#233;e pour servir les besoins des fils de bourgeoisie. Lorsque le recrutement social des &#233;tudiants se modifia radicalement, l'insuffisance de l'infrastructure mat&#233;rielle se fit largement sentir. La majorit&#233; des &#233;tudiant boursiers, avaient des besoins en logement, nourriture, loisirs que l'universit&#233; ne pouvait leur offrir. Les revendications et les mobilisations pour des cit&#233;s U, plus de livres et de moyens sont pour Mandel absolument n&#233;cessaires - et l'insuffisance de moyens peut &#234;tre la premi&#232;re cause des r&#233;volte &#233;tudiantes - mais il insiste sur le caract&#232;re &#233;conomique de telles revendications&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Ces luttes sont progressistes et absolument n&#233;cessaires pour atteindre un niveau primaire de prise de conscience et d'organisation Mais elles sont en elles-m&#234;mes insuffisantes pour int&#233;grer la r&#233;volte &#233;tudiante &#224; l'int&#233;rieur d'un mouvement universel d'&#233;mancipation r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Mandel, les cons&#233;quences de l'&#233;volution du capitalisme et de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;troisi&#232;me r&#233;volution industrielle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont un bouleversement du rapport de l'intelligentsia au processus de production&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;De m&#234;me que les premi&#232;re et deuxi&#232;me r&#233;volutions industrielles ont parachev&#233; la division sociale du travail entre travail manuel et intellectuel, opposant ainsi les travailleurs intellectuels aux travailleurs manuels, aux producteurs, de m&#234;me la troisi&#232;me r&#233;volution industrielle conduit &#224; une r&#233;unification tendancielle du travail manuel et intellectuel, c'est-&#224;-dire &#224; une r&#233;int&#233;gration tendancielle du travail intellectuel dans le proc&#232;s de production imm&#233;diat. Cette modification radicale doit &#234;tre le point de d&#233;part d'une analyse capable de comprendre ce qui passe et se passera dans le champ &#233;tudiant&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, le d&#233;veloppement de mouvements lyc&#233;ens et &#233;tudiants &#224; caract&#232;re de masse cr&#233;e une situation nouvelle dans les coordonn&#233;es strat&#233;giques de la situation. Il est indispensable de se r&#233;approprier les d&#233;bats pour les actualiser et ainsi les faire devenir une arme pour notre camp social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet article n'a pas vocation &#224; retranscrire l'ensemble des arguments d&#233;velopp&#233;s par Mandel dans sa brochure. Il cherche par contre &#224; montrer comment les arguments d&#233;velopp&#233;s dans l'histoire sont aujourd'hui un point d'appui pour comprendre et continuer le combat. Quarante ans apr&#232;s Mai 68, la lutte continue&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest Mandel, &lt;i&gt;Les &#233;tudiants, les intellectuels et la lutte de classes&lt;/i&gt;, La Br&#232;che, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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