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	<title>Revue Que Faire ?</title>
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	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>Divisions confessionnelles et lutte de classe au Liban</title>
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		<dc:date>2009-09-05T13:11:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bassem Chit</dc:creator>


		<dc:subject>Religion</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'image dominante de la soci&#233;t&#233; libanaise est celle de l'affrontement confessionnel. La plupart des propagandistes imp&#233;rialistes le pr&#233;sentent comme &#171;&#160;une cons&#233;quence de l'&#233;chec du nationalisme&#160;&#187; tandis que d'autres pr&#233;tendent que le confessionnalisme est &#171;&#160;le triomphe de la tradition sur la modernit&#233;&#160;&#187;. Pourtant la r&#233;alit&#233; est tr&#232;s diff&#233;rente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Note&#160;: Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit en anglais. Le titre original est &#171;&#160;Sectarianism and class&#160;&#187;. La traduction litt&#233;rale devrait donc &#234;tre &#171;&#160;Sectarisme et classe&#160;&#187;. Mais le mot (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no10-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;10 - Janvier/mars 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Religion" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L150xH101/arton18-e9359.jpg&#034; width='150' height='101' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'image dominante de la soci&#233;t&#233; libanaise est celle de l'affrontement confessionnel. La plupart des propagandistes imp&#233;rialistes le pr&#233;sentent comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;une cons&#233;quence de l'&#233;chec du nationalisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; tandis que d'autres pr&#233;tendent que le confessionnalisme est &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le triomphe de la tradition sur la modernit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Pourtant la r&#233;alit&#233; est tr&#232;s diff&#233;rente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Note&#160;: Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit en anglais. Le titre original est &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Sectarianism and class&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. La traduction litt&#233;rale devrait donc &#234;tre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Sectarisme et classe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Mais le mot sectarisme en fran&#231;ais a une connotation plus p&#233;jorative et est rarement utilis&#233; pour les religions principales. Nous l'avons donc en g&#233;n&#233;ral traduit par confessionnalisme et parfois par divisions confessionnelles ou communautarisme confessionnel ou simplement communautarisme. De m&#234;me nous avons traduit le terme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;secular&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; par &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;s&#233;culier&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; m&#234;me si le mot est peu utilis&#233; en fran&#231;ais plut&#244;t que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la&#239;c&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce dernier mot a une signification &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;politique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en fran&#231;ais que le terme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;secular&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'a pas forc&#233;ment en anglais.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Racines historiques du confessionnalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le communautarisme confessionnel au Liban a &#233;merg&#233; dans le contexte, d'un c&#244;t&#233; des r&#233;formes ottomanes dans le Mont Liban du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et, de l'autre, du d&#233;veloppement et de l'expansion du capitalisme europ&#233;en au Moyen-Orient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le confessionnalisme ne peut &#234;tre extrait de ce contexte historique car celui-ci est &#224; la base de son existence comme syst&#232;me de gouvernance et comme tendance de l'expansion capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le livre d'Oussama Makdissi &lt;i&gt;La culture du confessionnalisme&lt;/i&gt; explique parfaitement son d&#233;veloppement dans la culture du Liban et date son apparition ainsi&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;quand l'ancien r&#233;gime du Mont Liban, qui &#233;tait domin&#233; par une hi&#233;rarchie au sein de laquelle le rang s&#233;culier plut&#244;t que l'appartenance religieuse d&#233;finissait la politique, fut discr&#233;dit&#233; au milieu du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Ces changements &#233;taient un reflet de transformations sociales, plus sp&#233;cifiquement li&#233;es au d&#233;veloppement de l'industrie de la soie, concentr&#233; dans les villages maronites du Mont Liban, ayant commenc&#233; au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVIII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les structures et relations de production f&#233;odales disparaissaient lentement tandis qu'une bourgeoisie naissante, dont la richesse provenait de l'industrie de la soie et du commerce, gagnait un contr&#244;le plus important des ressources &#233;conomiques du Mont Liban. De ces types de d&#233;veloppements au niveau des classes dirigeantes, il r&#233;sulta un discr&#233;dit pour le syst&#232;me de production f&#233;odal jusqu'alors dominant&#160;: le d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle vit plusieurs r&#233;volutions paysannes brutalement r&#233;prim&#233;es par les seigneurs f&#233;odaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, ces conditions r&#233;volutionnaires ne r&#233;sultaient pas, purement, des divisions de classes. En effet, ici, la th&#233;orie de Trotsky du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;veloppement in&#233;gal et combin&#233; du capital&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est utile pour comprendre la raison de la mutation d'un antagonisme de classe en conflit entre communaut&#233;s religieuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du capitalisme au Mont Liban &#233;tait in&#233;gal entre les diff&#233;rentes communaut&#233;s de la r&#233;gion (maronites et druzes) et, &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me, de chacune de ces communaut&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce d&#233;veloppement h&#233;t&#233;rog&#232;ne n'&#233;tait pas le simple produit d'un contexte local. Le capitalisme du Mont Liban &#224; ce stade de son histoire &#233;tait principalement d&#233;pendant de l'investissement &#233;conomique colonial venu d'Europe. Les conceptions de l'&#233;lite bourgeoise europ&#233;enne l'amenaient &#224; concevoir les conditions de la modernit&#233; au Mont Liban comme une dynamique intra-religieuse. Pour elle, les conditions du nationalisme et de la modernit&#233; existaient au sein d'une religion ou d'une tribu, ou encore, comme le d&#233;crivaient les intellectuels europ&#233;ens pour le Mont Liban, &#224; travers les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nations&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Druze et Maronite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une telle compr&#233;hension de l'histoire conduisit l'investissement capitaliste europ&#233;en au Liban &#224; se concentrer dans la communaut&#233; qu'ils consid&#233;raient comme la plus proche de l'Europe par ses traditions culturelles et religieuses&#160;: les maronites (chr&#233;tiens catholiques reconnus par le pape Hormisdas depuis le 10&#160;f&#233;vrier 518).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une histoire moderne, non un produit de la tradition&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les investissements capitalistes europ&#233;ens furent concentr&#233;s dans l'industrie de la soie. Ainsi, en 1852 le capital fran&#231;ais poss&#233;dait cinq des neuf usines &#224; soie et le capital britannique en poss&#233;dait deux. Ces investissements ont permis de d&#233;velopper la richesse et de fa&#231;onner la nature de la bourgeoisie locale naissante. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Entre 1873 et 1902 la production de soie au Liban et en Syrie augmenta de plus de 350%, ceci &#233;tant d&#251; enti&#232;rement &#224; l'accroissement de la demande &#233;trang&#232;re (principalement fran&#231;aise). De plus le poids des produits de la soie dans les exportations depuis le port de Beyrouth doubla d'environ 25% au milieu du si&#232;cle &#224; 50% dans les ann&#233;es 1890. La production au Liban et en Syrie cr&#251;t plus rapidement de 1873 &#224; 1915 quand la d&#233;pendance envers le France devint presque totale&#160;: 40% des exportations de soie &#233;taient envoy&#233;s en France en 1873 pour atteindre 99% en 1914. Juste avant la guerre la production de soie composait 73% de la valeur ajout&#233;e dans l'agriculture et l'industrie et 36% du produit national brut au Mont Liban.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Carolyn Gates, Merchant Republic of Lebanon, Centre for Lebanese Studies, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puisque les investissements europ&#233;ens se concentraient dans la communaut&#233; maronite c'est au sein de celle-ci que les d&#233;veloppements &#233;conomiques &#233;taient importants tandis que la communaut&#233; druze restait organis&#233;e dans des structures f&#233;odales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, la puissance &#233;conomique au sein des communaut&#233;s maronites &#233;tait de plus en plus concentr&#233;e par la bourgeoisie chr&#233;tienne naissante (compos&#233;e d'orthodoxes et de maronites) tandis que les seigneurs f&#233;odaux &#233;taient principalement druzes. De telles contradictions dans les structures socio-&#233;conomiques du Mont Liban aboutirent &#224; des r&#233;voltes de la paysannerie maronite contre les seigneurs f&#233;odaux dans les ann&#233;es 1860. Celles-ci auraient pu entra&#238;ner une alliance entre paysans druzes et maronites si les seigneurs f&#233;odaux, arm&#233;s jusqu'aux dents, n'avaient r&#233;agi si rapidement, brisant la r&#233;volte paysanne et emp&#234;chant tout soul&#232;vement dans la paysannerie druze.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements de ces ann&#233;es-l&#224; sont le marqueur principal du nouveau consensus qui se forgea entre les pouvoirs europ&#233;ens et l'empire ottoman. C'est ce consensus qui permit la formation du syst&#232;me confessionnel de gouvernance qui domine, encore aujourd'hui, la soci&#233;t&#233; libanaise. Celui-ci a consist&#233; en l'&#233;tablissement d'un conseil administratif dont les membres &#233;taient nomm&#233;s par les dirigeants et clercs de chacune des deux confessions (bas&#233; sur le onzi&#232;me chapitre du protocole de 1861 du Mont Liban, amend&#233; en 1864 pour permettre l'&#233;lection de ces officiels tout en pr&#233;servant la r&#233;partition confessionnelle).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un tel syst&#232;me de gouvernance est toujours en place au Liban avec l'introconfesduction de dix-sept autres confessions suite &#224; la construction du Grand Liban en 1945.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comprendre ces d&#233;veloppements historiques nous permet de voir que le confessionnalisme n'est pas une identit&#233; tribale ou religieuse. Ainsi, parce que le confessionnalisme se r&#233;f&#232;re au d&#233;ploiement de l'h&#233;ritage religieux comme premier marqueur de l'identit&#233; politique moderne, il est important de le distinguer des conflits religieux qui ont eu lieu dans le monde m&#233;di&#233;val et aux d&#233;buts de l'&#233;poque moderne (par exemple entre les Huguenots et les Catholiques en France)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Sandria B.Freitag, Collective Action and Community&#160;: Public arenas and (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le confessionnalisme au Liban est un reflet de la modernit&#233;, c'est une histoire moderne. Ce n'est ni une identit&#233; profonde ni une tradition&#160;: c'est un reflet des contradictions au sein du capitalisme et, fondamentalement, une expression d&#233;form&#233;e de la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'impact de la guerre de 1975&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De telles contradictions de classe d&#233;form&#233;es ne se limitent pas au Liban du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle mais sont toujours actuelles au d&#233;but de la guerre civile de 1975 lorsque, par exemple, 40% des plus hauts officiels du gouvernement &#233;taient maronites pour 27% de sunnites et seulement 3,2% de chiites.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce statut n'&#233;tait pas une caract&#233;ristique politique et administrative ind&#233;pendante&#160;: c'&#233;tait un reflet du pouvoir &#233;conomique au sein de la soci&#233;t&#233; libanaise. Saisir cela est essentiel pour comprendre, tant la guerre civile et la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre, que la nature des forces politiques qui dirigent, aujourd'hui, la soci&#233;t&#233; libanaise. Certaines d'entre elles pr&#233;existaient &#224; la guerre alors que d'autres, qui ont plus d'influence aujourd'hui, sont principalement les produits, d'une part, de la guerre civile (de ses effets sur l'&#233;conomie et la politique) et, d'autre part, des in&#233;galit&#233;s de richesse entre toutes les communaut&#233;s. Il ne faut absolument pas voir la guerre civile au Liban comme un conflit confessionnel. Comme en 1860, elle a &#233;t&#233;, d'une part, l'expression d'un antagonisme de classe d&#233;form&#233; et, d'autre part, la synth&#232;se des contradictions issues d'une d&#233;stabilisation de la r&#233;gion (r&#233;sultant de l'expansion de pouvoirs imp&#233;rialistes internationaux et r&#233;gionaux au Moyen-Orient).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant la guerre, le gouvernement et l'&#233;lite dirigeante &#233;taient contest&#233;s par un mouvement s&#233;culier nationaliste&#160;: Al Hakarat Al Wataniyah. Il &#233;tait principalement compos&#233; de partis communistes et d'extr&#234;me-gauche et de partis nationalistes arabes alli&#233;s avec des sections de la bourgeoisie, comme Kamal Junblat. Celles-ci &#233;taient influenc&#233;es par le mouvement nationaliste arabe et plus particuli&#232;rement par la r&#233;volution palestinienne ou le mouvement nass&#233;rien en &#201;gypte. Pourtant, qu'elle soit au pouvoir ou alli&#233;e avec la gauche, la bourgeoisie n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; utiliser le confessionnalisme, comme arme principale, pour contrer toute politique de classe et se prot&#233;ger contre la menace du mouvement ouvrier et des mouvements politiques de gauche. &#192; travers la guerre civile, les pouvoirs imp&#233;rialistes r&#233;gionaux (Syrie, Isra&#235;l) et internationaux (&#201;tats-Unis, France) sont venus au secours de la classe dirigeante libanaise&#160;: cet affrontement est devenu une bataille d&#233;cisive tant pour les puissances imp&#233;rialistes pour stopper les mouvements de r&#233;sistance (notamment palestinien et libanais) que pour les classes dirigeantes locales pour affaiblir les mouvements de travailleurs au Liban.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette guerre a d&#233;truit l'&#233;conomie du pays. Celle-ci a &#233;t&#233; remplac&#233;e par ce que l'on appelle &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'&#233;conomie des milices&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, c'est &#224; dire une &#233;conomie qui reposait sur la prise de contr&#244;le des ressources par les milices, la soumission des objectifs &#233;conomiques aux int&#233;r&#234;ts particuliers de celles-ci et la collecte des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;taxes de protections&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (syst&#232;me de collecte d'argent aupr&#232;s des familles dans chaque zone contr&#244;l&#233;e par une milice). Les milices entretenaient des relations commerciales permanentes entre elles vu qu'aucune d'elles ne pouvait atteindre l'ind&#233;pendance &#233;conomique dans la r&#233;gion qu'elle contr&#244;lait. Ce syst&#232;me ne pouvait survivre que gr&#226;ce &#224; l'aide &#233;conomique et militaire internationale. Pendant les derni&#232;res ann&#233;es de la guerre civile (ann&#233;es 1980), on &#233;tait loin d'une situation de violence intercommunautaire. En r&#233;alit&#233;, c'&#233;tait plut&#244;t une guerre des milices contre la population. D'un c&#244;t&#233;, cela a largement r&#233;duit la popularit&#233; des milices et, d'un autre, cela a conduit de larges pans de la population &#224; la pauvret&#233; et &#224; la migration. Le tournant dans la politique du r&#233;gime syrien au Liban, de m&#234;me que l'invasion par Isra&#235;l en 1982, a permis l'&#233;mergence de nouvelles forces politiques comme le Hezbollah, le mouvement aouniste (li&#233; &#224; Michel Aoun), le mouvement Amal (li&#233; au porte-parole du parlement Nabih Berri) et les forces libanaises (mouvement initialement appel&#233;s &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les Phalangistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, lanc&#233; par Bashir Gemayel en 1976). Seules les deux derni&#232;res furent incluses dans les accords de paix de Taef qui ont amen&#233; la fin du conflit en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lutte de classe d&#233;form&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la guerre a amoindri l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de richesse et de pouvoir politique entre les diff&#233;rentes confessions pour atteindre une repr&#233;sentation &#233;quilibr&#233;e au parlement et dans les structures administratives de l'&#201;tat libanais. Dans le m&#234;me temps, elle a permis aux bourgeoisies des diff&#233;rentes confessions d'utiliser l'&#201;tat comme moyen de financer leur pouvoir&#160;: en utilisant les ressources &#233;conomiques du pays pour leur propre communaut&#233;, celles-ci ont r&#233;ussi a cr&#233;er une relation de d&#233;pendance &#233;conomique entre les travailleurs et la direction bourgeoise de chaque confession. Mais, soumettre la population (sp&#233;cialement la classe ouvri&#232;re) &#224; une d&#233;pendance &#233;conomique totale envers sa direction confessionnelle bourgeoise n'est pas une t&#226;che facile&#160;: ce syst&#232;me a &#233;t&#233; &#233;branl&#233; par l'accroissement de la population et la dynamique d'urbanisation (la majorit&#233; de la population a migr&#233; vers les villes, cr&#233;ant les bidonvilles surmontant Beyrouth). De plus avec le tournant n&#233;olib&#233;ral des ann&#233;es 1990, de larges sections de la classe ouvri&#232;re, de diff&#233;rentes confessions, ont &#233;t&#233; amen&#233;es &#224; converger vers les m&#234;mes lieux de travail et &#224; vivre dans des zones mixtes en banlieue. Tout en normalisant la vie en commun, cela a fait appara&#238;tre des int&#233;r&#234;ts de classe communs entre des travailleurs de confessions diff&#233;rentes. Ainsi, il est arriv&#233; de nombreuses fois que l'antagonisme de classe prenne le dessus sur l'opposition interconfessionnelle. Entre les ann&#233;es 2000 et 2005 nous avons assist&#233; &#224; un lent repli du confessionnalisme remplac&#233; par une adh&#233;sion plus forte aux luttes syndicales. Ce ressenti populaire s'exprime dans des expressions courantes comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le probl&#232;me ce sont les politiciens&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;quand les dirigeants sont en d&#233;saccord ils nous utilisent dans leurs guerres et quand ils sont d'accord, ils se mettent d'accord pour nous faire la guerre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Plus r&#233;cemment une chanson populaire d&#233;crit ce sentiment par &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les dirigeants ont quitt&#233; le pays, maintenant on peut vivre en paix&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il est toujours tr&#232;s important de prendre en compte l'in&#233;galit&#233; dans la distribution des richesses entre communaut&#233;s et les d&#233;pendances &#233;conomiques respectives, il faut &#233;galement regarder l'image globale des antagonismes de classe dans la soci&#233;t&#233; libanaise en dehors des affiliations confessionnelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De nombreux propagandistes du confessionnalisme pr&#233;sentent le dernier conflit entre musulmans chiites et sunnites de mai 2008 comme un reflet des haines communautaires et du conflit politique entre le Hezbollah et la coalition dirigeante domin&#233;e par Saed El-Din Hariri (fils de l'ancien premier ministre Rafik Hariri, assassin&#233; en 2005, actuel leader du courant du futur, parti politique sunnite dominant). Cependant, ces gens-l&#224; sont incapables d'expliquer pourquoi de nombreux Sunnites de la ville de Saida, au sud, ont soutenu le Hezbollah plut&#244;t que de prendre parti pour Hariri.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour comprendre cette situation nous devons observer les d&#233;pendances &#233;conomiques qui existent au sein de la communaut&#233; sunnite. Hariri, en &#233;tant &#224; la t&#234;te de la famille capitaliste la plus riche du Liban a r&#233;ussi &#224; cr&#233;er d'importantes relations de d&#233;pendance &#233;conomique entre les travailleurs sunnites, ses entreprises et ses investissements &#233;conomiques. Il a fait cela en employant principalement des Sunnites pauvres dans ses entreprises et ses institutions cr&#233;ant, ainsi, une relation de d&#233;pendance confessionnelle pour leur subsistance de base. Par ce syst&#232;me, il est parvenu &#224; nourrir un soutien politique populaire envers ses propres int&#233;r&#234;ts. Ces conditions existent &#224; large &#233;chelle &#224; Beyrouth et dans le nord du Liban mais, beaucoup moins &#224; Saida&#160;: c'est ce qui a rendu possible, dans cette ville, l'opposition de sections de la communaut&#233; sunnite &#224; Hariri, le 7&#160;mai 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si ces relations de d&#233;pendance existent dans chacune des communaut&#233;s au Liban, elles ne p&#232;sent pas d'un poids &#233;gal. La bourgeoisie chiite est principalement implant&#233;e dans les secteurs de la propri&#233;t&#233; et du commerce &#224; faible taux d'embauche de la classe ouvri&#232;re chiite. Les travailleurs chiites sont donc conduits &#224; travailler dans des secteurs domin&#233;s principalement par la bourgeoisie chr&#233;tienne ou sunnite. En m&#234;me temps, des institutions politiques ont r&#233;ussi &#224; &#233;tablir une d&#233;pendance sociale et politique envers elles-m&#234;mes. C'est le cas du Hezbollah, par exemple, qui a construit un &#233;norme r&#233;seau de solidarit&#233; sociale pour la communaut&#233; chiite (&#224; la fois dans les banlieues sud de Beyrouth et dans le sud-Liban) durant les ann&#233;es 1980 et 1990. Si ces structures ont commenc&#233; &#224; changer de nature ces derni&#232;res ann&#233;es (approvisionnant surtout les classes moyennes) il n'en reste pas moins que ce r&#233;seau social et, l'efficacit&#233; de la r&#233;sistance que le Hezbollah est parvenu &#224; construire contre l'agression isra&#233;lienne au sud-Liban (majoritairement chiite), ont accru le soutien populaire quant &#224; sa politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la communaut&#233; chr&#233;tienne devient de plus en plus une minorit&#233; d&#233;mographique au Liban du fait d'une tendance plus pr&#233;coce (&#224; partir des ann&#233;es 1860) &#224; l'urbanisation entra&#238;nant une baisse des naissances. La bourgeoisie chr&#233;tienne, la plus ancienne et la plus organis&#233;e, avait besoin de plus de travailleurs et commen&#231;a &#224; employer des travailleurs de la communaut&#233; chiite sp&#233;cialement &#224; Beyrouth (tourisme et industrie alimentaire) et dans la Bekaa (agriculture et alimentation).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si toutes les industries chr&#233;tiennes ne sont pas mixtes, la proportion est bien plus importante que dans les secteurs contr&#244;l&#233;s par les sunnites alors que les entreprises chiites sont pauvres en main d'&#339;uvre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'int&#233;gration &#233;conomique communautaire partielle et le d&#233;veloppement des antagonismes de classe associ&#233;s &#224; la baisse du pouvoir d'achat pour la majorit&#233; de la population (plus de 30% de la population vit sous le seuil de pauvret&#233; et 60% des familles libanaises n'a pas un revenu suffisant pour finir le mois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171;&#160;Enqu&#234;te sur les conditions de vie&#160;&#187;, Minist&#232;re des affaires sociales, Liban (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) ont fait r&#233;&#233;merger les contradictions de classe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Classe et confessionnalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'antagonisme de classe entre la classe dirigeante et les travailleurs se traduit concr&#232;tement par des luttes au sein m&#234;me de la classe ouvri&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Tony Cliff, Parti et classe.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pourquoi beaucoup d'analystes sont confus quant au Liban&#160;: ils d&#233;crivent cette lutte de classe d&#233;form&#233;e comme un conflit civil bas&#233; sur les haines communautaires alors qu'en r&#233;alit&#233;, ce sont des contradictions in&#233;gales de classe qui sont le moteur principal des affrontements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la soci&#233;t&#233; libanaise &#233;tait simplement caract&#233;ris&#233;e par la division confessionnelle alors le combat syndical ne devrait pas exister puisque, m&#234;me dans le contexte libanais, il est d&#233;crit comme une lutte s&#233;culi&#232;re et &#233;conomique. D'ailleurs, cela conduit l'&#233;lite dominante &#224; fortement insister sur la n&#233;cessit&#233; de ne pas lier le syndicalisme &#224; la politique. En effet, elle a peur que l'aspect non confessionnel de ce combat ne se propage &#224; l'ar&#232;ne politique et menace son contr&#244;le sur la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; politique libanaise est domin&#233;e par un conflit incessant entre une lutte de classe directe (mise en avant par les syndicats, les organisations r&#233;volutionnaires et le parti communiste) et une lutte de classe d&#233;form&#233;e caract&#233;ris&#233;e par le confessionnalisme (mise en avant par la classe dirigeante).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici plusieurs exemples de ce conflit. En 2004 une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a &#233;t&#233; appel&#233;e par les syndicats. Les manifestations se sont propag&#233;es dans tout le pays. Des travailleurs chr&#233;tiens et musulmans ont d&#233;fil&#233; c&#244;te &#224; c&#244;te pour protester contre l'augmentation des prix. Le pays fut paralys&#233;&#160;: des manifestations avaient lieu presque partout. Les partis dominants durent alors soutenir la gr&#232;ve pour tenter de la contr&#244;ler et emp&#234;cher qu'elle ne se propage. Au bout d'un moment la bureaucratie syndicale, sous la pression de l'&#233;lite dominante, a voulu stopper la gr&#232;ve. Mais, des travailleurs (notamment dans le secteur des transports), ont appel&#233; &#224; continuer. Les directions syndicales se sont retir&#233;es de la gr&#232;ve permettant, ainsi, &#224; l'arm&#233;e d'intervenir. Les gr&#233;vistes se sont regroup&#233;s &#224; Hay-El Sellom, un des quartiers chiites les plus pauvres de la banlieue sud de Beyrouth&#160;: l'arm&#233;e a ouvert le feu sur les manifestants tuant cinq travailleurs et en blessant des dizaines. Rapidement les m&#233;dias se sont mis &#224; d&#233;peindre la gr&#232;ve comme une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;tentative barbare des chiites pour attaquer l'arm&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les principaux partis (y compris chiites comme Amal ou le Hezbollah) ont soutenu l'arm&#233;e disant&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'arm&#233;e, c'est la ligne rouge&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. La combinaison entre l'&#233;crasante machine de propagande et le recul des forces progressistes (syndicats et parti communiste) ont permis de d&#233;vier la rh&#233;torique de classe vers une rh&#233;torique confessionnelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En mai 2006, le syndicat des enseignants a appel&#233; &#224; une manifestation contre la pr&#233;carisation du travail. Alors qu'un quart de million de travailleurs et de pauvres se mobilisaient et que le d&#233;cret gouvernemental &#233;tait retir&#233;, la classe dirigeante a commenc&#233; &#224; attaquer le mouvement, disant qu'il s'agissait surtout des chiites et qu'ils &#233;taient infiltr&#233;s par des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;travailleurs syriens&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Il y a une importante immigration syrienne pauvre au Liban qui permet &#224; des (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle a pr&#233;tendu que la manifestation n'&#233;tait pas une manifestation de travailleurs mais une tentative de coup d'&#201;tat planifi&#233;e par les Chiites pour prendre le pouvoir. En r&#233;alit&#233; les travailleurs pr&#233;sents &#224; la manifestation venaient de diff&#233;rents secteurs. Des Chr&#233;tiens et des Musulmans marchaient c&#244;te &#224; c&#244;te, parce qu'ils s'opposaient &#224; la pr&#233;carisation du travail et d&#233;testaient le gouvernement, les uns comme les autres. Les banderoles disant &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nous ne sommes ni chr&#233;tiens ni musulmans, nous sommes pauvres&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le morceau de pain n'a pas de religion&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;taient nombreuses. Dans cette manifestation on avait le sentiment que les divisions confessionnelles &#233;taient de la fausse propagande et que les gens ordinaires n'avaient pas peur de montrer leur unit&#233; dans la lutte. Cela permettait de voir que le rapport de forces n'est pas de nature confessionnelle mais de classe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Hezbollah, classe et r&#233;sistance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2007, quelques mois apr&#232;s l'agression isra&#233;lienne de juillet 2006, le Hezbollah et ses alli&#233;s (comme les Aounistes, le parti chr&#233;tien dominant) ont appel&#233; &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. D&#233;marrant comme une gr&#232;ve bureaucratique, elle s'est rapidement transform&#233;e en soul&#232;vement populaire. Un responsable du Hezbollah, d&#233;pass&#233; par les &#233;v&#233;nements, a alors d&#233;clar&#233;&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ce qui &#233;tait pr&#233;vu comme une gr&#232;ve normale, est devenu une Intifada&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le Hezbollah et ses alli&#233;s ont rapidement appel&#233; &#224; la fin de la gr&#232;ve, de peur que le mouvement de la rue ne s'oriente selon ses propres int&#233;r&#234;ts. Ironiquement le pr&#233;texte donn&#233; pour arr&#234;ter la gr&#232;ve &#233;tait que celle-ci &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;cr&#233;ait des tensions confessionnelles&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Cela montre, &#224; l'&#233;vidence, que, bien que le Hezbollah soit la force d'opposition &#224; l'occupation et l'imp&#233;rialisme la plus influente et la plus forte, il recule devant toute lutte de classe de peur de perdre son contr&#244;le sur la communaut&#233; chiite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;ponse aux manifestations syndicales de mars et avril 2008, Hassan Nasrallah (dirigeant du Hezbollah) a d&#233;clar&#233;&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Nous ne nous cacherons pas derri&#232;re un morceau de pain&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, faisant &#233;cho au refus de son organisation de r&#233;pondre aux revendications &#233;conomiques de la population.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un autre exemple de ces contradictions de la politique du Hezbollah est celui des &#233;meutes contre les coupures d'&#233;lectricit&#233; dans la banlieue sud de Beyrouth. Violemment r&#233;prim&#233;es par l'arm&#233;e qui a tu&#233; au moins quinze personnes et en a bless&#233; des centaines, la r&#233;ponse du Hezbollah a &#233;t&#233; d'appeler &#224; l'arr&#234;t du combat et d'amener des g&#233;n&#233;rateurs priv&#233;s. Fondamentalement, le Hezbollah a, alors, administr&#233; un shoot de morphine pour calmer les masses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En mai 2008, le Hezbollah s'est d&#233;ploy&#233; dans Beyrouth-ouest et a inflig&#233; une d&#233;faite aux milices gouvernementales dans ce qui peut &#234;tre caract&#233;ris&#233; comme une op&#233;ration chirurgicale de s&#233;curit&#233;. Cependant, cette op&#233;ration a emp&#234;ch&#233; la manifestation de masse, qui avait &#233;t&#233; planifi&#233;e par la conf&#233;d&#233;ration syndicale, d'avoir lieu. Cette op&#233;ration a substitu&#233; l'action de groupes arm&#233;s &#224; celle des masses. Bien que cela a signifi&#233; un recul et a d&#233;truit certains r&#234;ves de l'imp&#233;rialisme &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; au Liban, cela a, &#233;galement, stopp&#233; le mouvement de masse en poussant tout le monde &#224; rester chez soi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces contradictions se d&#233;veloppent au sein du Hezbollah d'autant plus rapidement qu'il est devenu le plus gros parti politique du pays et aussi parce que, sp&#233;cialement depuis 2005, la direction du Hezbollah se bat pour se faire une place dans la bourgeoisie dirigeante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les contradictions se d&#233;veloppent notamment parmi les combattants parce que ce sont les m&#234;mes travailleurs qui sont confront&#233;s aux politiques &#233;conomiques (approuv&#233;es par la direction du Hezbollah) et qui combattent l'arm&#233;e isra&#233;lienne au sud Liban. Nasrallah a qualifi&#233; la victoire de Juillet de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Victoire de Dieu&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Mais, dans la r&#233;alit&#233;, c'est une victoire obtenue par les gens ordinaires, des travailleurs et des &#233;tudiants, ceux qui ont pris les armes contre les tanks isra&#233;liens et qui ont apport&#233; de l'aide aux familles d&#233;plac&#233;es. C'est cela le vrai visage de la r&#233;sistance au Liban&#160;: celle des travailleurs et des &#233;tudiants se battant contre l'imp&#233;rialisme et, en m&#234;me temps, faisant gr&#232;ve et manifestant pour une meilleure paie et de meilleures conditions de vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme l'a dit Marx, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les hommes font leur propre histoire, mais ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement donn&#233;es et h&#233;rit&#233;es du pass&#233;. La tradition de toutes les g&#233;n&#233;rations mortes p&#232;se d'un poids tr&#232;s lourd sur le cerveau des vivants.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Livre de Poche, (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le combat contre le confessionnalisme au Liban n'est pas un combat qui se d&#233;roule essentiellement au niveau des id&#233;es. Il ne s'agit pas d'une lutte pour une soci&#233;t&#233; plus tol&#233;rante. Il s'agit d'une lutte de classe &#224; la fois une lutte contre les id&#233;es dominantes et un combat des opprim&#233;s contre les oppresseurs. Cette lutte ne peut &#234;tre men&#233;e par la bourgeoisie, au contraire, elle ne peut &#234;tre men&#233;e que par un combat contre la bourgeoisie dirigeante. C'est l&#224; que la centralit&#233; de la classe ouvri&#232;re n'est plus une question th&#233;orique. En effet, la seule ligne de d&#233;fense du peuple libanais contre les divisions confessionnelles et les attaques brutales de la classe dirigeante, c'est l'unit&#233; de classe. Nous savons que les id&#233;es survivent dans l'histoire aux conditions mat&#233;rielles qui leur ont donn&#233; naissance. Bien que certaines des conditions mat&#233;rielles qui ont donn&#233; naissance au confessionnalisme aient disparu, celui-ci continue d'&#234;tre un obstacle pour l'&#233;mancipation. La lutte de classe est au c&#339;ur de notre combat&#160;: c'est la seule voie pour d&#233;truire le confessionnalisme au Liban.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Carolyn Gates, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://books.google.com/books?id=yrGuIVtzNggC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Merchant+Republic+of+Lebanon&amp;client=firefox-a#v=onepage&amp;q=&amp;f=false&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Merchant Republic of Lebanon&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Centre for Lebanese Studies, p. 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Sandria B.Freitag, &lt;i&gt;Collective Action and Community&#160;: Public arenas and the emergence of communalism in North India&lt;/i&gt;, Berkley - University of California Press, 1989, pp 6-18&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Enqu&#234;te sur les conditions de vie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Minist&#232;re des affaires sociales&lt;/i&gt;, Liban 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Tony Cliff, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://quefaire.lautre.net/que-faire/que-faire-lcr-no0-janvier-mars/article/parti-et-classe&#034; class='spip_out'&gt;Parti et classe&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il y a une importante immigration syrienne pauvre au Liban qui permet &#224; des sections de la classe dirigeante de m&#234;ler le racisme avec la critique de l'ing&#233;rence du r&#233;gime syrien au Liban (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NDT&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karl Marx, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Livre de Poche, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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