<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
		<url>http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH43/siteon0-e9727.png</url>
		<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
		<height>43</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre civile russe&#160;: une analyse marxiste</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/La-guerre-civile-russe-une-analyse</link>
		<guid isPermaLink="true">http://quefaire.lautre.net/La-guerre-civile-russe-une-analyse</guid>
		<dc:date>2010-02-11T10:46:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Megan Trudell</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Contre toute attente la r&#233;volution russe a eu le dessus sur la contre-r&#233;volution et l'intervention &#233;trang&#232;re pendant trois ans d'une guerre civile meurtri&#232;re. 80 ans apr&#232;s la conclusion de cette guerre c'est encore un champ de battaile pour les r&#233;volutionnaires. Ce conflit reste une cible favorite pour les attaques de droite contre la r&#233;volution russe, et une question majeure pour les critiques de gauche qui &#233;tendent leur confusion id&#233;ologique apr&#232;s l'&#233;croulement du stalinisme &#224; la p&#233;riode (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/archives" rel="directory"&gt;Archives&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Guerre" rel="tag"&gt;Guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L150xH102/arton188-7ae83.jpg&#034; width='150' height='102' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Contre toute attente la r&#233;volution russe a eu le dessus sur la contre-r&#233;volution et l'intervention &#233;trang&#232;re pendant trois ans d'une guerre civile meurtri&#232;re. 80 ans apr&#232;s la conclusion de cette guerre c'est encore un champ de battaile pour les r&#233;volutionnaires. Ce conflit reste une cible favorite pour les attaques de droite contre la r&#233;volution russe, et une question majeure pour les critiques de gauche qui &#233;tendent leur confusion id&#233;ologique apr&#232;s l'&#233;croulement du stalinisme &#224; la p&#233;riode r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les politiques associ&#233;es au Communisme de Guerre &#8211; la fin du contr&#244;le ouvrier des usines, la r&#233;quisition des c&#233;r&#233;ales, et la restriction de la d&#233;mocratie &#8211; sont consid&#233;r&#233;es comme &#233;tant le terreau de l'industrialisation forc&#233;e, de la collectivisation, des proc&#232;s de Moscou et du Goulag. Dans l'introduction d'un recueil de documents de la guerre civile on peut lire ceci : &#171; Les &#233;v&#233;nements de 1918-1922... annoncent toutes les horreurs de la p&#233;riode stalinienne. &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote1anc&#034; href=&#034;#sdfootnote1sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, quand on &#233;value la trajectoire de la r&#233;volution, il est important de s&#233;parer les similarit&#233;s de forme du contenu social et politique. Il est clair que le r&#233;gime de Staline dans les ann&#233;es 1930 a bien utilis&#233; des mesures introduites pendant le Communisme de Guerre dans son effort pour industrialiser l '&#233;conomie russe en comp&#233;tition avec les pays occidentaux. L&#233;nine et Trotsky allaient dans une direction diff&#233;rente dans l'espoir que certains d&#233;veloppements - la r&#233;volution internationale surtout &#8211; auraient rendu r&#233;ellement possibles l'&#233;limination de ces mesures temporaires. Le fait que cela n'est pas arriv&#233; n'&#233;tait pas plus &#171; in&#233;vitable &#187; que la mont&#233;e du fascisme en Allemagne n'&#233;tait un r&#233;sultat &#171; in&#233;vitable &#187; de la premi&#232;re guerre mondiale du fait que des &#233;conomies de guerre existaient dans les deux pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La trag&#233;die de la guerre civile est pr&#233;cis&#233;ment que l'impact de la guerre et l'isolation de la soci&#233;t&#233; russe ont r&#233;duit de plus en plus le spectre des d&#233;cisions politiques et des choix disponibles. La politique et l'organisation des bolcheviks, et la conviction de la masse des ouvriers et des paysans dans la soci&#233;t&#233; russe pour le projet dans lequel ils s'&#233;taient engag&#233;s, leur a permis de continuer &#224; se battre pour la survie de la r&#233;volution pendant une p&#233;riode extraordinairement longue. Mais en derni&#232;re analyse ils ne pouvaient pas s'&#233;chapper de la cage des circonstances mat&#233;rielles, et ils ne pouvaient pas non plus ne pas &#234;tre chang&#233;s par la vie telle qu'elle &#233;tait vraiment.&lt;/p&gt; &lt;h2&gt;La guerre civile commence&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Marx a &#233;crit que les hommes font l'histoire &#171; dans des conditions directement donn&#233;es et h&#233;rit&#233;es du pass&#233;. &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote2anc&#034; href=&#034;#sdfootnote2sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; La mise en place du pouvoir des travailleurs en octobre 1917 a eu lieu dans des conditions h&#233;rit&#233;es de crise profonde &#224; tous les niveaux de la soci&#233;t&#233; russe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1913, avant le d&#233;but de la Premi&#232;re Guerre Mondiale, le revenu moyen en Russie &#233;tait plus bas d'environ un cinqui&#232;me que celui de la Grande-Bretagne &#224; la fin du 17&#232;me si&#232;cle. La guerre empira les choses. Le d&#233;clin de la production qui avait commenc&#233; en 1915 s'est acc&#233;l&#233;r&#233; &#224; cause d'un manque de mati&#232;res premi&#232;res et de la dislocation des transports.&lt;a name=&#034;sdfootnote3anc&#034; href=&#034;#sdfootnote3sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ao&#251;t 1917 l'usine Poutilov de Petrograd a re&#231;u seulement 4% du fuel dont elle avait besoin pour maintenir la production en en octobre elle a d&#251; fermer la plupart de ses ateliers.&lt;a name=&#034;sdfootnote4anc&#034; href=&#034;#sdfootnote4sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Les p&#233;nuries de vivres parmi les soldats &#233;taient fr&#233;quentes d&#232;s avril 1917 et augment&#232;rent rapidement, de sorte qu'en septembre &#171; les fronts, en particulier le front nord, &#233;taient descendus &#224; 10-20% des fournitures normales de nourriture &#187;, et la maladie et la d&#233;moralisation se r&#233;pandaient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;quisition forc&#233;e dans les territoires les plus proches des fronts &#233;taient chose commune. C'est l&#224; un point que la plupart des historiens omettent dans leurs r&#233;cits, mais c'est un point important. Cela indique que les r&#233;quisitions durant la guerre civile par les bolcheviks avaient leur origine dans une r&#233;action pragmatique, plut&#244;t qu'id&#233;ologique, &#224; la faim. Comme l'explique Marc Ferro : &#171; L'&#233;conomie russe s'effondrait avant la r&#233;volution d'octobre... le nouveau r&#233;gime devait reconstruire sur des ruines &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote5anc&#034; href=&#034;#sdfootnote5sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La consolidation de la r&#233;volution dans tout le pays, et la reconstruction de l'&#233;conomie &#224; un niveau suffisant pour cr&#233;er une augmentation du niveau de vie de la majorit&#233; et garantir la d&#233;mocratie sovi&#233;tique &#233;tait une t&#226;che hercul&#233;enne. La tenter dans le feu de la guerre, avec des forces fragiles, &#233;tait presque impossible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La guerre n'a pas &#233;t&#233; initi&#233;e par les bolcheviks. La r&#233;volution d'octobre avait commenc&#233; &#224; &#244;ter le pouvoir &#233;conomique &#224; l'ancienne classe dirigenate par des d&#233;crets sur la terre qui sanctionnaient la saisie des terres par les paysans, la nationalisation des banques et les d&#233;buts de contr&#244;le ouvrier dans les usines. Le rapport de forces entre les classes dans la soci&#233;t&#233; russe avait chang&#233; de fa&#231;on d&#233;cisive, mais la lutte de classes n'&#233;tait pas finie &#8211; elle &#233;tait devenue plus &#226;pre et plus polaris&#233;e. Morgan Phillips Price a d&#233;crit ainsi la situation dans le Manchester Guardian : &#171; La d&#233;mocratie a la grande majorit&#233; de son c&#244;t&#233; mais le petit groupe des chefs d'industrie et des banquiers m&#232;ne, avec l'assistance &#233;trang&#232;re, une bataille obstin&#233;e pour son existence en tant que classe &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote6anc&#034; href=&#034;#sdfootnote6sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. La guerre civile &#233;tait donc une guerre de classes dans laquelle les deux c&#244;t&#233;s se battaient pour leur survie &#8211; cela, un grand nombre d'ouvriers et de paysans, pas seulement des membres du parti bolchevik, le reconnaissait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;volution n'est pas un &#233;v&#233;nement ponctuel, mais un processus. L'approfondissement et l'extension de la r&#233;volutionnaire sont devenus compl&#232;tement entrelac&#233;s avec la conduite d'une guerre de survie contre les reste de la classe renvers&#233;e et leur soutiens. Comme l'&#233;crit Christopher Read, l'auteur de &lt;i&gt;From Tsar to Soviets, &lt;/i&gt;&lt;span&gt;la guerre civile &#233;tait un &#171; processus complexe dans lequel les d&#233;veloppements militaire et r&#233;volutionnaire allaient de pair &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote7anc&#034; href=&#034;#sdfootnote7sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;7&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au d&#233;but l'ancienne classe dominante &#233;tait mise en &#233;tat de choc et affaiblie par la r&#233;volution. Elle pouvait compter sur peu de forces, essentiellement des officiers tsaristes et des cadets dont le moral &#233;tait bris&#233;. Elle a n&#233;anmoins essay&#233; de d&#233;fier les forces fragiles du nouvel &#233;tat ouvrier. A la fin de 1917 une r&#233;volte cosaque dirig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Kal&#233;dine &#224; Rostov-sur-le-Don devint un fanion de ralliement pour les contre-r&#233;volutionnaires et &#233;tait soutenue par les forces de l'Arm&#233;ee des Volontaires (Arm&#233;e Blanche). Encore en formation sous les g&#233;n&#233;raux Alekse&#239;ev, Kornilov et D&#233;nikine, l'Arm&#233;e des Volontaires ne comptait qu'entre 3000 et 4000 hommes, parmi lesquels les officier les plus inexp&#233;riment&#233;s. Les bolcheviks eu-m&#234;mes ne pouvaient mobiliser qu'entre 6000 et 7000 soldats inexp&#233;riment&#233;s avec 12 mitrailleuses. Pourtant, comme en tant d'autres occasions durant la guerre civile, la politique joua un r&#244;le d&#233;cisif. Les troupes cosaques se divis&#232;rent parce que ceux qui avaient combattu dans la premi&#232;re guerre mondiale montraient peu d'enthousiasme &#224; combattre &#224; nouveau, et les forces Rouges furent capable de prendre Rostov en f&#233;vrier 1918. Kal&#233;dine, desesp&#233;r&#233;, se suicida, et les forces Blanches furent oblig&#233;es de fuir. En avril ils subirent un nouveau revers quand Kornilov fut tu&#233; lors d'une attaque de l'artillerie Rouge sur son quartier g&#233;n&#233;ral. D&#233;nikine prit les commandes et mena une retraite vers la r&#233;gion du Don.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dix jours apr&#232;s la mort de Kornilov L&#233;nine put d&#233;clarer au Soviet de Moscou : &#171; On peut dire avec certitude que, pour l'essentiel, la guerre civile est finie (...) il n'a aucun doute que sur le front interne la r&#233;action a &#233;t&#233; d&#233;finitivement &#233;cras&#233;e &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote8anc&#034; href=&#034;#sdfootnote8sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;8&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Pourtant un an plus tard l'Arm&#233;e des Volontaires comptait 100 000 soldats bien arm&#233;s et entra&#238;n&#233;s, et faillit d&#233;truire la r&#233;volution. La contre-r&#233;volution russe a pu rena&#238;tre de ses cendres comme cons&#233;quence directe de l'intervention dans la guerre civile des principales puissances imp&#233;rialistes. Comme L&#233;nine l'&#233;crivit plus tard, &#171; Apr&#232;s la marche triomphale d'octobre, novembre et d&#233;cembre sur notre front int&#233;rieur, alors que nous combattions notre contre-r&#233;volution, (...) nous d&#251;mes nous mesurer au v&#233;ritable imp&#233;rialisme mondial (...)une situation extr&#234;mement difficile et ardue &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote9anc&#034; href=&#034;#sdfootnote9sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;9&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; &lt;/p&gt; &lt;h2&gt;La contre-r&#233;volution &#171; d&#233;mocratique &#187;&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;L'intercession des puissances &#233;trang&#232;res dans la Russie se dissimulait &#224; l'origine sous le soutien &#224; une alternative &#171; d&#233;mocratique &#187; &#224; la fois aux bolcheviks et &#224; l'ancien r&#233;gime. Le processus r&#233;volutionnaire avait conduit les socialistes mod&#233;r&#233;s, les mencheviks et les Socialistes R&#233;volutionnaires de Droites (SRD)&lt;a name=&#034;sdfootnote10anc&#034; href=&#034;#sdfootnote10sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;10&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;, dans l'opposition. Ils d&#233;fendaient l'id&#233;e que l'&#233;tape bourgeoise de la r&#233;volution &#8211; l'instauration de la d&#233;mocratie parlementaire sous le capitalisme &#8211; devait &#234;tre consolid&#233;e avant que la classe ouvri&#232;re puisse garder le pouvoir. Leur r&#233;action &#224; la r&#233;alit&#233; du pouvoir ouvrier fut d'appeler &#224; la reconstitution de l'Assembl&#233;e Constituante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Assembl&#233;e Constituante, &#224; laquelle les r&#233;volutionnaires avaient appel&#233; avant octobre, &#233;tait devenue, dans un climat politique qui changeait rapidement, un fanion de ralliement pour l'opposition aux soviets. Apr&#232;s sa dissolution en janvier 1918 les dirigeants SRD fuirent pour Samara, &#224; l'ouest de l'Oural sur la Volga, et tent&#232;rent de rassembler suffisamment de forces pour reconstituer l'Assembl&#233;e et renverser les bolcheviks. L'occasion de le faire vint en mai avec la r&#233;bellion de 30 000 soldats tch&#233;coslovaques qui s'alli&#232;rent avec les dirigeants SRD, balay&#232;rent les fragile soviets et &#233;tablirent une base pour un nouveau gouvernement russe sous le nom de Comit&#233; des Membres de l'Assembl&#233;e Constituante (Komoutch).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Komoutch voulait une d&#233;mocratie non-bolchevik mais avait une base populaire tr&#232;s r&#233;duite et d&#233;pendait par cons&#233;quent du soutien des Alli&#233;s, et rejoignit de fait la contre-r&#233;volution. Il d&#233;clara &#171; Le Komoutch inclut comme une des ses t&#226;ches primordiales la lutte sans piti&#233; contre le bolchevisme par la formation de forces arm&#233;es et l'armement du peuple lui-m&#234;me... pour atteindre ces buts, le Komoutch formera un organe central de gouvernement panrusse dont le devoir sera de remplir toutes les fonctions ex&#233;cutives et d'attirer &#224; lui &lt;i&gt;toutes les classes et les peuples de Russie&lt;/i&gt;&lt;span&gt; (mes italiques) &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote11anc&#034; href=&#034;#sdfootnote11sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;11&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Komoutch fit rapidement savoir clairement que &#171; toutes les classes &#187; voulait dire les classes poss&#233;dantes. Durant ses quatre mois de r&#232;gne &#224; Samara 4000 prisonniers politiques furent fait, la plupart des bolcheviks ; les soviets locaux (d&#233;mocratiquement &#233;lus) &#233;taient exclus de la vie politique ; les bolcheviks &#233;taient exclus du gouvernement et l'industrie et les banques &#233;taient rendus &#224; leurs propri&#233;taires ant&#233;rieurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les faiblesses du Komouthc devinrent rapidement apparentes quand les forces tch&#233;coslovaques se retir&#232;rent compl&#232;tement du combat en octobre 1918. Le Komoutch forma l'Arm&#233;e Populaire, mais seulement entre 8000 et 10 000 hommes se port&#232;rent volontaires ce qui les obligea &#224; utiliser la conscription. La mal nomm&#233;e Arm&#233;e Populaire comptait peut-&#234;tre 30 000 soldats sans discipline &#224; son apog&#233;e &#8211; malgr&#233; le fait que le Komoutch gouvernait un territoire avec une population de 12 millions. Le quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e &#171; devint un bastion pour les officiers de droite et monarchistes, un cheval de Troie de la contre-r&#233;volution Blanche &#224; l'int&#233;rieur de la citadelle d&#233;mocratique &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote12anc&#034; href=&#034;#sdfootnote12sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;12&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un autre gouvernement antibolchevik fut &#233;tabli &#224; Omsk en Sib&#233;rie. Plus &#224; droite que le Komoutch et hostile mutuellement envers lui, il commandait une arm&#233;e de 40 000 hommes qui passa rapidement sous l'influence d'officiers Blancs. Sous la pression des Alli&#233;s, le Komoutch et le gouvernement d'Omsk form&#232;rent un gouvernement panrusse en septembre 1918. Il &#233;tablit un directoire de cinq membres bas&#233; &#224; Omsk, qui avait le pouvoir de &lt;i&gt;nommer&lt;/i&gt;&lt;span&gt; un Gouvernement Provisoire Panrusse sans contre-pouvoir. En seulement quelques mois, les grands id&#233;aux d'une alternative d&#233;mocratique aux bolcheviks avaient men&#233; &#224; un croupion non-d&#233;mocratique, non-repr&#233;sentatif, de plus en plus d&#233;pendant des forces Blanches et des Alli&#233;s.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;Les &#171; d&#233;mocrates &#187; ont fait en sorte que les troupes des Alli&#233;s soient bien soign&#233;es : &#171; Le Comit&#233; d'Industrie de Guerre d'Omsk a pris la charge d'&#233;quiper toutes les troupes Alli&#233;es qui sont d&#233;j&#224; arriv&#233;es en Sib&#233;rie &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote13anc&#034; href=&#034;#sdfootnote13sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;13&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; En ao&#251;t 1918 des logements furent fournies pour les forces britanniques qui d&#233;barquaient &#224; Arkhangelsk, et en octobre le g&#233;n&#233;ral britannique Knox arriva &#224; Omsk en venant de Vladivostok o&#249; il avait entra&#238;n&#233; les troupes du g&#233;n&#233;ral Blanc Koltchak. Koltchak fut nomm&#233; ministre de la guerre et le 17 novembre, tr&#232;s probablement avec l'aide de Knox, il dirigea un putsch pour renverser le Directoire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi les membres de la &#171; contre-r&#233;volution d&#233;mocratique &#187; ouvrirent la porte &#224; l'article authentique et le pay&#232;rent de leurs vies. Quand une insurrection bolchevik fut &#233;cras&#233;e un mois apr&#232;s la prise du pouvoir par Koltchak, il y eut 400 tu&#233;s. Quinze prisonniers politiques, tous membres des SR de droite et membres de l'Assembl&#233;e Constituante qui avaient &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s par la r&#233;volte, se rendirent aux homes des Koltchak et furent fusill&#233;s sans proc&#233;s. Le slogan des Socialistes R&#233;volutionnaires et des Mencheviks dans les premiers mois de la r&#233;volution avait &#233;t&#233; &#171; ni L&#233;nine ni D&#233;nikine (ou Koltchak) &#187;, mais comme le montre la trajectoire des gouvernements de Samara et d'Omsk, dans la guerre de classes qui faisait rage en Russie il n'y avait pas de lieu m&#233;dian o&#249; se tenir. L'alliance des socialistes avec les Alli&#233;s et la bourgeoisie aidait la droite, et donna aux Alli&#233;s et &#224; l'Allemagne une excuse pour intervenir en Russie.&lt;/p&gt; &lt;h2&gt;L'intervention &#233;trang&#232;re&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;L'opinion standard des historiens sur l'intervention est que c'&#233;tait int&#233;ressant pour la propagande des bolcheviks, et non un facteur central qui d&#233;termine le cours de la guerre. Christopher Read, par exemple, explique que le soutien des gouvernements &#233;trangers pour les Blancs &#171; &#233;tait plus utile pour les Bolcheviks, qui peignaient la direction sovi&#233;tique comme des dirigeants d'une lutte de lib&#233;ration nationale contre les imp&#233;rialistes &#233;trangers, que pour les Blancs, qui ne r&#233;ussirent pas en tirer d'avantage militaire durable &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote14anc&#034; href=&#034;#sdfootnote14sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;14&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; &#171; L'intervention &#233;trang&#232;re &#233;tait irr&#233;solue et inefficace &#187;,&lt;a name=&#034;sdfootnote15anc&#034; href=&#034;#sdfootnote15sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;15&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; selon la pr&#233;sentation de &lt;i&gt;Documents from the Soviet Archives&lt;/i&gt;&lt;span&gt;, une opinion qui est aussi celle de Richard Pipes, qui &#233;crit qu' &#171; il n'a jamais eu rien qui ressemble &#224; une &lt;/span&gt;&lt;span&gt;&#034;intervention &#233;trang&#232;re&#034; au sens d'un effort concert&#233;, r&#233;solu, des puissances occidentales pour &#233;craser le r&#233;gime communiste &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote16anc&#034; href=&#034;#sdfootnote16sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;16&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les faits d&#233;mentent compl&#232;tement ces pieuses d&#233;clarations. Les hommes, les munitions, les fournitures et l'argent qui affluait vers les Blancs prolong&#232;rent la guerre de fa&#231;on incommensurable. Sans cette aide la contre-r&#233;volution aurait &#233;t&#233; &#233;cras&#233;e de fa&#231;on d&#233;cisive dans la premi&#232;re au d&#233;but de 1918. L'intervention &#233;trang&#232;re est directement responsable de millions de morts du fait des combats, de la maladie et de la faim, exacerb&#233;s par les sanctions &#233;conomiques, et a contribu&#233; substantiellement &#224; l'&#233;chec des gouvernements r&#233;volutionnaires en Finlande, en Hongire et dans les &#233;tats baltes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un historien de la guerre civile, Evan Mawdsley, &#233;crit que les &#171; op&#233;rations militaires des Pouvoirs Centraux de f&#233;vrier &#224; mai 1918 constiu&#232;rent la plus importante intervention &#233;trang&#232;re de la guerre civile. Des centaines de milliers de soldats allemands, autrichiens et turcs &#233;taient impliqu&#233;s ; 17 provinces russes (ainsi que la Pologne) furent occup&#233;es &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote17anc&#034; href=&#034;#sdfootnote17sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;17&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; En Ukraine, l'Arm&#233;e Rouge avait enlev&#233; Kiev au Rada (conseil) nationaliste, domin&#233; par les SR de droite en f&#233;vrier 1918, mais en fut chass&#233;e par l'arm&#233;e allemande qui mit en place un gouvernement fantoche dirig&#233; par le cruel g&#233;n&#233;ral Skoropadsky : &#171; Une fois l'Ukraine compl&#233;tement occup&#233;e par eux, les allemands se h&#226;t&#232;rent de faire tourner la roue de la r&#233;volution &#224; l'envers &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote18anc&#034; href=&#034;#sdfootnote18sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;18&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La politique du r&#233;gime consistant &#224; rendre la terre &#224; ses anciens propri&#233;taires provoqua une r&#233;sistance paysanne de masse, tout comme la large r&#233;quisition par les forces allemandes. D'apr&#232;s des chiffres offichiels, les Pouvoirs Centraux prirent 113 421 tonnes de c&#233;r&#233;ales, d'oeufs, de beurre et de sucre en Ukraine avant novembre 1918 &#8211; ce qui illustre qu'on a recouru aux r&#233;quisitions dans la guerre civile d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre. En plus de l'occupation de l'Ukraine, l'Allemagne a &#233;galement aid&#233; les Finlandais Blancs, en prenant Helsinki en avril, et d&#233;clench&#232;rent une terreur blanche brutale.&lt;a name=&#034;sdfootnote19anc&#034; href=&#034;#sdfootnote19sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;19&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Plus de 70 000 personnes furent intern&#233;es dans des camps de concentration et entre 10 000 et 20 000 furent assassin&#233;es : &#171; Il suffisait, dans la zone occup&#233;e par les blancs, pour &#234;tre arr&#234;t&#233;, d'appartenir &#224; une organisation ouvri&#232;re et pour &#234;tre fusill&#233;, d'y avoir rempli une fonction. &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote20anc&#034; href=&#034;#sdfootnote20sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;20&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; En comparaison, la r&#233;volution sovi&#233;tique en Finlande avait co&#251;t&#233; moins de 1000 vies.&lt;a name=&#034;sdfootnote21anc&#034; href=&#034;#sdfootnote21sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;21&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; L'Allemagne pr&#234;ta &#233;galement assistance &#224; la formation d'unit&#233;s Baltes Blanches, notamment de l'Arm&#233;e du Nord bas&#233;e &#224; Pskov, qui allait &#234;tre sur le point d'envahir Petrograd en 1919. Encore durant l'&#233;t&#233; 1919, des contre-r&#233;volutionnaires &#233;taient recrut&#233;s en Allemagne et envoy&#233;s dans les provinces baltes en uniforme avec la promesse de &#171; tout ce qu'ils peuvent obtenir de la population juive quand ils arriveront en Russie &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote22anc&#034; href=&#034;#sdfootnote22sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;22&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Accepter la culpabilit&#233; allemande est plus ais&#233; pour Mawdsley que d'admettre le r&#244;le des Alli&#233;s dans les affaires russes : &#171; L'alliance anti-bolchevik des &#034;quatorze puissances&#034; qui figurait dans la propagande sovi&#233;tique &#233;tait un mythe &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote23anc&#034; href=&#034;#sdfootnote23sym&#034;&gt;23&lt;/a&gt; Voil&#224; une affirmation bien &#233;tonnante. L'intervention alli&#233;e en financement, espionnage, armes, entra&#238;nement et groupes militaires sur le sol russe &#233;tait une composante du la guerre civile depuis le tout d&#233;but. D&#232;s novembre 1917 le g&#233;n&#233;ral Lavergne, chef de la mission militaire fran&#231;aise, et un officier sup&#233;rieur am&#233;ricain avait donn&#233;e des encouragements officiels au g&#233;n&#233;ral Doukhonine au quartier-g&#233;n&#233;ral des arm&#233;es en banlieue de Petrograd. La France reconnut l'ind&#233;pendance de l'Ukraine sous la Rada anti-bolchevik en d&#233;cembre 1917 et pr&#234;ta 180 million de francs &#224; la Rada.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y avait tr&#232;s peu de confrontation directe des troupes &#233;trang&#232;res avec les forces Rouges. Le contexte de la guerre mondiale a aussi conditionn&#233; les attitudes des puissances &#233;trang&#232;res envers l'intervention en Russie. Elles &#233;taient unies contre les bolcheviks mais divis&#233;es entre elles. Non seulement chaque Etat avait ses propres int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et territoriaux, mais le potentiel de troubles internes dans chaque pays faisait que les classes dominantes des diff&#233;rents pays &#233;taient divis&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Grande Bretagne, le pays qui a fait la contribution la plus substantielle aux Blancs, voulait prot&#233;ger le moyen orient de la Russie et craignait une Russie et une Allemagne unies, surtout apr&#232;s la r&#233;voltion allemande de novembre 1918. Churchill et Lord Curzon &#233;taient les hommes politiques les plus vigoureusement anti-bolcheviks et voulaient une intervention majeure contre le gouvernement sovi&#233;tique, tandis que d'autres, dont Lloyd George, h&#233;sitaient, d'autant plus que le niveau de la lutte des classes montait en Grande-Bretagne en 1919. Ce dernier facteur &#233;tait d&#233;cisif &#8211; pris en conjonction avec les troubles en Irlande, en Inde et en Egypte &#8211; pour le retrait britannique de Russie en 1919.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'aide britannique incluait la fourniture aux Blancs d'armes et de mat&#233;riel, l'entra&#238;nement des officiers Blancs, la mise &#224; disposition d'espions et de l'assistance dans les communications, et l'envoi de contingents navals en mer Baltique et dans le Golfe de Finlande pour &#171; d&#233;fendre &#187; l'Estonie et la Lettonie et assurer le blocus contre les bolcheviks. En juillet 1918 les britanniques d&#233;barqu&#232;rent &#224; Arkhangelsk dans le nord et utilis&#232;rent leurs positions strat&#233;giques sur mer pour soutenir les forces anti-bolcheviks. La d&#233;cision britannique d' &#171; intervenir et d'exploiter la route de la Mer Noire, a &#233;t&#233; prise avant le putsch de Koltchak ; mais une fois prise cette d&#233;cision au nom de la d&#233;mocratie et de l'humanit&#233;, le gouvernement parut dans un premier temps parfaitement pr&#234;t &#224; laisser ses forces &#234;tre utilis&#233;es par les partisans de la dictature et de la r&#233;action &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote24anc&#034; href=&#034;#sdfootnote24sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;24&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; A la fin 1918 les britanniques reconnurent l'ind&#233;pendance de l'Azerba&#239;djan et de la G&#233;orgie, tous deux hostiles aux bolcheviks, et envoya des troupes &#224; Bakou pour prot&#233;ger l'approvisionnement en p&#233;trole et emp&#234;cher que le p&#233;trole parvienne aux Rouges.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'intervention fran&#231;aise &#233;tait guid&#233;e par le d&#233;sir de r&#233;cup&#233;rer des investissements perdus en Russie ainsi que par celui de cr&#233;er des &#233;tats-tampons contre des attaques allemandes. En mars 1919 entre 65 000 et 70 000 soldats fran&#231;ais subirent une d&#233;faite cuisante aux mains de l'Arm&#233;e Rouge et de la guerilla ukrainienne &#224; Kherson et Odessa. Les soldats fran&#231;ais se mutin&#232;rent &#224; S&#233;bastopol en Crim&#233;e. &#171; Pas un seul soldat fran&#231;ais qui a sauv&#233; sa peau &#224; Verdun et dans les champs de la Marne ne consentira &#224; la perdre dans les champs de Russie, &#187; d&#233;clara l'un de leurs officiers.&lt;a name=&#034;sdfootnote25anc&#034; href=&#034;#sdfootnote25sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;25&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; La France &#233;vacua ses troupes d'Odessa en avril, mais l'intervention ne s'arr&#234;ta pas l&#224; : l'attaque de l'Ukraine men&#233;e par le dirigeant polonais Pilsudski au printemps 1920 &#233;tait aid&#233;e par le gouvernement fran&#231;ais, qui lui accorda des cr&#233;dits et des munitions en &#233;change de l'objectif esp&#233;r&#233; d'une Pologne &#233;largie pour menacer l'Allemagne depuis l'est.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Etats-Unis envoy&#232;rent 7 000 soldats en Sib&#233;rie sous le pr&#233;texte de reconstruire le front anti-allemand, mais aussi en r&#233;action &#224; l'intervention de 70 000 soldats japonais. Les japonais &#233;taient aid&#233;s par Semenov et Kalmykov, deux seigneurs de guerre cosaques, qui &#171; sous la protection des troupes japonaises r&#244;daient dans le pays comme des b&#234;tes sauvages, tuant et volant le peuple... Si des questions &#233;taient pos&#233;es sur ces meurtres brutaux, la r&#233;ponse &#233;tait que les assassin&#233;s &#233;taient des bolcheviks &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote26anc&#034; href=&#034;#sdfootnote26sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;26&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'intervention n'&#233;tait pas un mythe : &#171; A la fin 1918 les forces interventionnistes en Russie avaient un total de presque 300 000 hommes &#8211; fran&#231;ais, britanniques, am&#233;ricains, italiens, japonais, baltes allemands, polonais, grecs, finlandais, tch&#232;ques, slovaques, estoniens et lettoniens &#8211; &#224; Arkhangelsk, Murmansk, en Finlande, en Estonie, en Lettonie et en Pologne comme sur la Mer Noire, sur le chemin de fer transsib&#233;rein, et &#224; Vladivostok &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote27anc&#034; href=&#034;#sdfootnote27sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;27&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; M&#234;me ceux qui insistent que c'&#233;tait un mythe sont clairs sur le fait que l'aide &#233;trang&#232;re jouait un r&#244;le crucial pour les Blancs. Richard Pipes &#233;crit : &#171; Les Blancs... devaient se contenter d'armes captur&#233;es &#224; l'ennemi ou fournies de l'&#233;tranger. Sans ces derni&#232;res, les arm&#233;es Blanches... n'auraient pas pu continuer &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote28anc&#034; href=&#034;#sdfootnote28sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;28&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Read est en accord : &#171; Ce n'est que vers la fin 1918 et en 1919, quand une intervention &#233;trang&#232;re substantielle, sous la forme de fournitures et de troupes, commen&#231;a &#224; arriver que l'affaiblissement des forces Blanches cessa et qu'elles purent partir &#224; l'offensive de fa&#231;on importante &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote29anc&#034; href=&#034;#sdfootnote29sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;29&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s la signature du trait&#233; de Brest-Litovsk au printemps 1918, la Russie &#233;tait sous blocus &#8211; blocus justifi&#233; par le besoin d'emp&#234;cher des fournitures d'atteindre l'Allemagne. D'apr&#232;s des historiens conservateurs la continuation du blocus apr&#232;s la signature de l'armistice par les allemands n'avait qu'une &#171; importance symbolique &#187;,&lt;a name=&#034;sdfootnote30anc&#034; href=&#034;#sdfootnote30sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;30&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; et a eu &#171; peu d'effet &#187; puisque la Russie n'avait pas grand chose &#224; vendre.&lt;a name=&#034;sdfootnote31anc&#034; href=&#034;#sdfootnote31sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;31&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y avait tr&#232;s peu de choses que la Russie pouvait exporter, mais cela &#233;tait vrai avant la r&#233;volution. M&#234;me si en 1914 les exportations de la Russie d&#233;passaient les importations, &#171; la production consid&#233;rablement r&#233;duite de la Russie... &#233;tait absorb&#233;e dans son int&#233;gralit&#233; par l'effort de guerre, ne laissant rien de disponible pour l'exportation. Dans ces conditions, le commerce ext&#233;rieur de la Russie &#233;tait r&#233;duit en 1916 &#224; des proportions limit&#233;es, et &#233;tait largement constitu&#233; de fournitures envoy&#233;es &#224; la Russie par ses alli&#233;s &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote32anc&#034; href=&#034;#sdfootnote32sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;32&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Le blocus emp&#234;chait l'influx d'aide non pour la Russie pour son entier, mais pour le c&#244;t&#233; bolchevik dans la guerre de classes. Les Blancs n'avaient rien &#224; vendre non plus, et pourtant des fournitures affluaient pour Koltchak et D&#233;nikine. Des t&#233;moignages de Sib&#233;rie alors qu'elle &#233;tait encore sous le contr&#244;le du Directoire d&#233;taillent les fournitures &#233;trang&#232;res, dont 100 000 wagons de trains venus des Etats-Unis. Le commerce entre les Blancs et les puissances &#233;trang&#232;res continuait malgr&#233; le blocus. Entre octobre 1918 et octobre 1919 la Grande-Bretagne a envoy&#233; &#224; Omsk 97 000 tonnes de fournitures, dont 600 000 fusils, 6 871 mitrailleuses et plus de 200 000 uniformes.&lt;a name=&#034;sdfootnote33anc&#034; href=&#034;#sdfootnote33sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;33&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Selon Pipes, &#171; toutes les munitions de fusil tir&#233;es par les troupes [de Koltchak] &#233;taient fabriqu&#233;es en Grande-Bretagne &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote34anc&#034; href=&#034;#sdfootnote34sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;34&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le total de l'aide des Alli&#233;s &#224; Koltchak dans les premiers mois de 1919 se comptait &#224; 1 million de fusils, 15 000 mitrailleuses, 800 million de bandes de munition, et des v&#234;tements et de l'&#233;quipement pour 500 000 hommes, &#171; &#233;quivalent en gros &#224; la production sovi&#233;tique de munitions pour toute l'ann&#233;e 1919 &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote35anc&#034; href=&#034;#sdfootnote35sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;35&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; En ao&#251;t 1919 La Grande-Bretagne avait d&#233;j&#224; d&#233;pens&#233; 47,9 million de livres sterling pour aider les Blancs &#8211; somme qui allait monter &#224; 100 million de livres &#224; la fin de l'ann&#233;e, une some &#233;quivalente &#224; approximativement 3,6 milliards d'euros aujourd'hui. La contribution fran&#231;aise valait &#224; peine moins, et les Etats-Unis ont permis &#224; des &#171; sommes consid&#233;rables &#187; qu'ils avaient octroy&#233;es au gouvernement de Kerensky d'&#234;tre diverties pour la cause Blanche par l'ambassadeur du Gouvernement Provisoire.&lt;a name=&#034;sdfootnote36anc&#034; href=&#034;#sdfootnote36sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;36&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Les puissances imp&#233;rialistes ont peut-&#234;tre laiss&#233; le combat en premi&#232;re ligne aux Russes Blancs, mais des troupes tch&#233;coslovaques, japonaises, britanniques, fran&#231;aises, am&#233;ricaines, polonaises, roumaines et italiennes gardaient le chemin de fer transsib&#233;rien pour assurer que les fournitures de Vladivostok parviennent jusqu'&#224; Koltchak. Une chanson sib&#233;rienne de l'&#233;poque du r&#232;gne de Koltchak exprimait parfaitement la situation : &#171; Uniforme, britannique; botte, fran&#231;aise;ba&#239;onnette, japonaise; souverain, Omsk &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote37anc&#034; href=&#034;#sdfootnote37sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;37&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un pays o&#249; les forces productives &#233;taient d&#233;j&#224; d&#233;vast&#233;es, le blocus, loin d'&#234;tre symbolique, &#233;tait un coup mortel. Le journaliste John Reed a &#233;crit, &#171; La politique consciente des Alli&#233;s d'imposer un blocus des m&#233;dicaments &#224; la Russie a tu&#233; des milliers et des milliers &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote38anc&#034; href=&#034;#sdfootnote38sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;38&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; L'historein E H Carr pensait que le blocus &#233;tait aussi un facteur central pour rendre n&#233;cessaire la continuation du Communisme de Guerre: &#171; L'isolation &#233;conomique compl&#232;te de la Russie sovi&#233;tique pendant cette p&#233;riode &#233;tait un facteur contributif puissant pour des exp&#233;riences &#233;conomiques qui n'auraient pu &#234;tre tent&#233;es ou dans lesquelles on n'aurait pu persister qu'avec de grandes difficult&#233;s except&#233; dans un syst&#232;me clos. &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote39anc&#034; href=&#034;#sdfootnote39sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;39&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me quand le blocus fut lev&#233; en janvier 1920, apr&#232;s la d&#233;faite de l'intervention &#233;trang&#232;re en Russie, les Alli&#233;s refus&#232;rent tout paiement en or sovi&#233;tique. Le &#171; blocus de l'or &#187; avait comme effet que les importations vitales &#233;taient d&#233;ni&#233;es &#224; la Russie. Sous le r&#233;gime tsariste 58% des machines industrielles et 45% des machines agricoles avaient &#233;t&#233; import&#233;es. L'effondrement de la production industrielle et de la production de machines agricoles &#8211; par exemple la production de charrues en 1920 &#233;quivalait &#224; 13% de la production de 1913 &#8211; devait absolument &#234;tre rem&#233;di&#233;e, et le blocus aggravait la situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1921 la s&#233;cheresse s'est ajout&#233;e &#224; la catastrophe et on estime que la famine qui suivit affecta 33 millions de personnes en en tua 5 millions, principalement dans les provinces de la Volga Kazan, Oufa, Samara et Orenbourg, dans des parties du sud de l'Ukraine et du bassin du Don. La production dans ces r&#233;gions d&#233;clina de 85% par rapport aux chiffres d'avant la r&#233;volution, qui &#233;taient d&#233;j&#224; pitoyables. En juillet 1921 L&#233;nine dit dans son &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1921/07/vil19210705.htm&#034;&gt;rapport au troisi&#232;me congr&#232;s de l'Internationale Communiste&lt;/a&gt; que &#171; les privations des paysans sont devenues intenables. &#187; La situation &#233;tait si extr&#234;me qu'un article d'une revue sovi&#233;tique officielle d&#233;fendait en septembre 1920 le point de vue selon lequel &#171; il va &#234;tre n&#233;cessaire d'exporter ce dont nous avons besoins nous-m&#234;mes simplement pour pouvoir acheter en &#233;change ce dont nous avons besoin encore plus. Pour chaque locomotive, chaque charrue, nous serons oblig&#233;s d'utiliser litt&#233;ralement des morceaux arrach&#233;s du corps de notre &#233;conomie nationale &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote40anc&#034; href=&#034;#sdfootnote40sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;40&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seule aide &#233;trang&#232;re qui parvenait en Russie venait de la non-officielle Administration Am&#233;ricaine de Secours mais elle fut retir&#233;e en 1922 par le futur pr&#233;sident Herbert Hoover, qui &#233;tait &#171; outr&#233; &#187; de &#171; l'inhumanit&#233; d'une politique gouvernementale consistant &#224; exporter de la nourriture de gens qui meurent de faim dans le but que par de tels exportations le gouvernement puisse acqu&#233;rir des machines et des mati&#232;res premi&#232;res pour l'am&#233;lioration &#233;conomique des survivants &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote41anc&#034; href=&#034;#sdfootnote41sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;41&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Pipes cache dans ses notes la critique de l'historien am&#233;ricain Arthur Schlesinger envers Hoover pour avoir eu la &#171; conviction fantastique &#187; que le gouvernement f&#233;d&#233;ral des Etats-Unis &#171; ne devrait pas... nourrir des gens qui meurent de faim &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote42anc&#034; href=&#034;#sdfootnote42sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;42&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Les classes dominantes d'aucun autre pays n'ont contribu&#233; &#224; apporter des secours aux victimes de la famine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Christopher Read d&#233;crit la politique des Alli&#233;s en Russie en des termes familiers aujourd'hui : &#171; La Russie &#233;tait le premier th&#233;&#226;tre d 'exp&#233;rimentation de ce qui aller devenir la tactique contre-r&#233;volutionnaire occidentale (c'est &#224; dire, au d&#233;part britannique et fran&#231;aise, et plus tard dans le si&#232;cle, am&#233;ricaine) standard bas&#233;e sur l'intervention arm&#233;e directe l&#224; o&#249; c'est faisable, des financements g&#233;n&#233;reux aux contras si ce ne l'est pas, et une guerre &#171; de basse intensit&#233; &#187; (si l'on est pas &#224; l'autre bout), &#233;conomique, dans tous les cas &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote43anc&#034; href=&#034;#sdfootnote43sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;43&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'intervention &#233;trang&#232;re a aussi jou&#233; un r&#244;le d&#233;vastateur pour contenir la r&#233;volution &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res russes. La pouss&#233;e de Koltchak vers la Volga au printemps 1919 mit fin au soutien de l'Arm&#233;e Rouge aux nouveaux &#233;tats sovi&#233;tiques baltes, et la pouss&#233;e de D&#233;nikine &#224; travers les lignes rouges pendant l'&#233;t&#233; s'emp&#234;ch&#232;rent l'Arm&#233;e Rouge d'aller vers l'ouest pour faire la jonction avec la Hongrie sovi&#233;tique. Sans le soutien de l'Arm&#233;e Rouge, &#171; les forces de s&#233;curit&#233; locales et l'intervention &#233;trang&#232;res &#233;cras&#232;rent les &#233;l&#233;ments sovi&#233;tiques dans les r&#233;volutions d'Europe centrale &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote44anc&#034; href=&#034;#sdfootnote44sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;44&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les bolcheviks comprenaient que la seule chance pour la r&#233;volution russe de d'atteindre son objectif de construction d'une soci&#233;t&#233; socialiste &#233;tait en tant qu'&#233;tape dans une r&#233;volution internationale. Ceci prot&#232;gerait l'&#233;tat ouvrier de l'intervention &#233;trang&#232;re et r&#233;concilierait la paysannerie au pouvoir prol&#233;tarien, avec l'impact de forces productives accrues et des gains en machinerie, en techniques et en mati&#232;res premi&#232;res qui les lieraient &#224; un &#233;tat ouvrier. L&#233;nine &#233;tait convaincu que &#171; il est absolument vrai que sans r&#233;volution allemande nous p&#233;rirons &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les possibilit&#233;s d'extension de la r&#233;volution &#233;tait tr&#232;s r&#233;elles. Les ann&#233;es 1918-1919 furent marqu&#233;es par de vastes mouvements sociaux dans toute l'Europe. Cependant, des dirigeants sociaux-d&#233;mocrates occup&#232;rent le vide dans chaque occasion. Le poids et la force subjectifs des organisations r&#233;volutionnaires en Europe en comparaison avec ceux des partis sociaux-d&#233;mocrates &#233;tait un facteur central dans l'&#233;chec des r&#233;volutions europ&#233;ennes, mais si le nouvel ouvrier en Russie n'avait pas &#233;t&#233; contenu pendant trois ans par l'impact de l'intervention il aurait pu aider des mouvements r&#233;volutionnaires dans d'autres pays auxquels manquait sa direction exp&#233;riment&#233;e. William Chamberlin a sugg&#233;r&#233; que &#171; s'il n'y avait pas eu d'intervention, si l'aide Alli&#233;e aux Blancs s'&#233;tait arr&#234;t&#233;e apr&#232;s la fin de la [premi&#232;re] guerre [mondiale], la guerre civile russe se serait presque certainement termin&#233;e beaucoup plus rapidement par une victoire d&#233;cisive des soviets. Alors une Russie r&#233;volutionnaire triomphante aurait fait face &#224; une Europe qui &#233;tait secou&#233;e par les troubles et les mouvements sociaux. &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote45anc&#034; href=&#034;#sdfootnote45sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;45&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'impact combin&#233; de l'intervention sous toutes ses formes a eu une importance beaucoup plus grande pour la continuation de la guerre civile et pour les choix que les bolcheviks furent oblig&#233;s de faire dans les domaines &#233;conomique, politique, et militaire que celle que la plupart des historiens lui accordent. Au niveau psychologique, le soutien des Alli&#233;s donna aux Blancs une respectabilit&#233; et une importance nationale tr&#232;s &#233;loign&#233;e du soutien r&#233;el qu'ils avaient dans le pays et augmenta le sentiment d'isolation des Rouges et, les historiens sont d'accord l&#224;-dessus, les Blancs ne pouvaient pas se maintenir sans aide externe. Les classes dominantes du monde entier se jet&#232;rent derri&#232;re l'assortissement de monarchistes, d'hommes d'extr&#234;me-droite et d'officiers qui avaient &#233;t&#233; renvers&#233;s, et leur permit de lancer une offensive contre-r&#233;volutionnaire. Ceci a eu pour effet de rendre la Russie sovi&#233;tique incapable de recevoir de l'aide, l'a isol&#233;e des mouvements r&#233;volutionnaires d'autres pays. L'&#233;tranglement et l'isolation de la r&#233;volution &#233;tait l'objectif, et le r&#233;sultat final, de l'intervention &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certaines histoires de la guerre civile non seulement sous-repr&#233;sentent l'&#233;tendue de l'intervention des classes dominantes &#233;trang&#232;res mais tendent aussi &#224; traiter l'intervention comme une chose enti&#232;rement distincte des choix et des d&#233;cisions prises par la direction bolchevik pendant la guerre. Ceci contribue &#224; l'analyse suivant laquelle les d&#233;cisions des bolcheviks &#233;taient prises principalement pour des raisons id&#233;ologiques. Ainsi Richard Pipes peut &#233;crire : &#171; La guerre civile n'a pas &#233;t&#233; impos&#233;e aux dirigeants communistes par la &#034;bourgeoisie&#034; &#233;trang&#232;re et domestique ; elle &#233;tait au coeur de leur programme politique &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote46anc&#034; href=&#034;#sdfootnote46sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;46&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Quelle que soit l'utilit&#233; de cette tactique pour donner du poids &#224; un point de vue, un tel cloisonnement des facteurs pendant la guerre ne nous aide pas &#224; comprendre mieux les choses. Notre but doit &#234;tre de comprendre comment les facteurs mat&#233;riels et id&#233;ologiques sont connect&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'esp&#232;re que la section qui pr&#233;c&#232;de a illustr&#233; l'&#233;tendue de la responsabilit&#233; &#233;trang&#232;re dans la guerre civile et a commenc&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; Pipes. L'impact de l'intervention sur les mesures prises par les bolcheviks qui suivirent ne peut pas, &#224; mon avis, &#234;tre sous-estim&#233;e. Sans souhaiter entreprendre une discussion sur des hypoth&#232;ses, il est clair que la pr&#233;sence de forces hostiles sur le sol russe a eu un r&#244;le d&#233;cisif dans les politiques &#233;conomique et militaire des bolcheviks. Pour comprendre comment, il est n&#233;cessaire d'examiner les d&#233;tails de la guerre civile de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;h2&gt;1918&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;En &#233;t&#233; 1918 &#171; les obstacles auxquels le gouverement sovi&#233;tique &#233;tait confront&#233; semblaient insurmontables &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote47anc&#034; href=&#034;#sdfootnote47sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;47&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; En mai, des mineurs qui d&#233;fendaient le gouvernement sovi&#233;tique chancelant &#224; Rostov furent vaincus alors que l'arm&#233;e allemande fit son entr&#233;e aux c&#244;t&#233;s des Blancs sous le colonel Drovodsky et les Cosaques du Don. Les gouvernements anti-bolcheviks d'Omsk et de Samara &#233;taient &#233;tablis, et les troupes britanniques d&#233;barqu&#232;rent &#224; Arkhangelsk, renvers&#232;rent le soviet et instaur&#232;rent un gouvernement de la Russie du Nord. Bakou en Azerba&#239;djan &#233;tait aussi occup&#233;e par les britanniques. Au cours du m&#234;me mois D&#233;nikine prit possession de la r&#233;gion du Kouban au sud et l'arm&#233;e japonaise d&#233;barqua &#224; Vladivostok. Le gouvernement bolchevik, &#224; pr&#233;sent bas&#233; &#224; Moscou par s&#233;curit&#233;, &#233;tait encercl&#233; par ses ennemis. Trotsky &#233;crivit par la suite qu' &#171; on avait la sensation que tout glissait, se pulv&#233;risait, la sensation de ne pouvoir se raccrocher &#224; rien, s'appuyer sur rien. On en arrivait &#224; se demander si, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, ce pays &#233;puis&#233;, ruin&#233;, r&#233;duit au d&#233;sespoir, aurait assez de s&#232;ve vitale pour soutenir le nouveau r&#233;gime et sauver son ind&#233;pendance. &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote48anc&#034; href=&#034;#sdfootnote48sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;48&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec de grandes avanc&#233;es allemandes au d&#233;but de 1918 la pression sur le gouvernement sovi&#233;tique s'intensfia, et la fragile coalition &#233;tablie avec les Socialistes R&#233;volutionnaires de Gauche commen&#231;a &#224; se fracturer. Pouss&#233;s &#224; bout par le besoin de cr&#233;er un espace dans lequel construire une arm&#233;e et consolider la r&#233;volution, L&#233;nine d&#233;fendit la paix avec les Puissances Centrales poru terminer l'engagement de la Russie dans la guerre imp&#233;rialiste : &#171; Nous sommes &#224; pr&#233;sent sans d&#233;fense. L'imp&#233;rialisme allemand nous tient &#224; la gorge, et &#224; l'ouest je ne vois pas de poings prol&#233;tariens qui aillent nous d&#233;livrer des griffes de l'imp&#233;rialisme allemand. Donnez-moi une arm&#233;e de 100 000 hommes &#8211; mais il faut que ce soit une arm&#233;e forte, solide qui ne tremble pas &#224; la vue de l'ennemi &#8211; et je ne signerai pas le trait&#233; de paix &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote49anc&#034; href=&#034;#sdfootnote49sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;49&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Mettre fin de la guerre avait &#233;t&#233; une demande centrale qui avait attir&#233; des soutiens aux bolcheviks et l'arm&#233;e se d&#233;sint&#233;grait, mais signer le trait&#233; isolait les bolcheviks au gouvernment. Les SR de gauche refusaient de tol&#233;rer le trait&#233; et, en appelant au contraire &#224; la guerre r&#233;volutionnaire contre l'Allemagne, quitt&#232;rent la coalition et commenc&#232;rent une campagne terroriste pour saper le pouvoir bolchevik. Un soul&#232;vement &#224; Moscou et une r&#233;volution militaire men&#233;e par l'officier SR de gauche Mouraviev &#233;chou&#232;rent, mais ils constituaient des coups s&#233;v&#232;res pour les bolcheviks qui n'avaient encore qu'un squelette d'arm&#233;e. En ao&#251;t Simbirsk et Kazan &#233;taient prises par les forces du Komoutch et la moiti&#233; des r&#233;serves d'or du pays furent saisies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le trait&#233; de Brest-Litovsk arr&#234;ta l'avanc&#233;e allemande, mais l'occupation allemande de l'Ukraine et de grandes parties de la Russie occidentale, ainsi que de la Pologne, de la Lituanie et de la Lettonie, privaient la Russie sovi&#233;tique de pr&#232;s d'un tiers de sa population, 80% de sa production de fer, 90% de la production de charbon et environ 50% de tous les &#233;quipements et usines industriels. L'arm&#233;e allemande occupait l'un des territoires les plus riches en grain du pays, coupant les lignes de ravitaillement. De plus, le syst&#232;me des chemins de fer &#233;tait en ruines ; en janvier 1918, 48% du mat&#233;riel roulant &#233;tait hors service, ce qui affectait gravement le transport de la nourriture qui venait de Sib&#233;rie ou de la Volga. William Chamberlin &#233;crit que &#171; le combat pour le pain &#233;tait le combat pour l'existence m&#234;me du r&#233;gime sovi&#233;tique &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote50anc&#034; href=&#034;#sdfootnote50sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;50&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le manque de carburant et de mati&#232;res premi&#232;res entra&#238;n&#232;rent des fermetures d'usines et un ch&#244;mage de masse, qui atteignait 80% &#224; Petrograd. L'hyper-inflation et le rationnement entra&#238;n&#232;rent le d&#233;veloppement du march&#233; noir. La malnutrition et la maladie &#233;taient r&#233;pandues : &#171; Les &#233;pid&#233;mies les plus redout&#233;es, le typhus et le chol&#233;ra, marchaient main dans la main avec le friod et la faim dans les villes sombres et mornes de la Russie sovi&#233;tique &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote51anc&#034; href=&#034;#sdfootnote51sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;51&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Beaucoup d'ouvriers fuirent pour la campagne &#224; la recherche de nourriture &#8211; entre 1914 et 1920 la population de Petrograd chuta de 66%, celle de Moscou de 42% et celle de Kiev de 30%.&lt;a name=&#034;sdfootnote52anc&#034; href=&#034;#sdfootnote52sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;52&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; L&#233;nine &#233;crit &#224; cette &#233;poque : &#171; La Russie est menac&#233;e d'une catastrophe certaine. Les transports ferroviaires sont incroyablement d&#233;sorganis&#233;s... Un ch&#244;mage massif p&#232;se sur nous... Nous courons de plus en plus vite &#224; la faillite, car la guerre n'attend pas et la d&#233;sorganisation qu'elle entra&#238;ne dans toutes les branches de la vie nationale s'aggrave sans cesse. &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote53anc&#034; href=&#034;#sdfootnote53sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;53&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces circonstances ont oblig&#233; les bolcheviks &#224; prendre des d&#233;cisions tr&#232;s &#233;loign&#233;es de l'id&#233;al socialiste. La nationalisation de l'industrie et l'introduction de la gestion par un seul homme ont remplac&#233; l'autonomie des conseils d'usine &#8211; un pas en arri&#232;re mais une mesure cruciale alors que la comp&#233;tition entre les usines rendait impossible une r&#233;ponse coordonn&#233;e aux besoins de l'arm&#233;e. De plus, les capitalistes et les cadres r&#233;sistaient &#224; la menace qui planait sur leurs possessions : &#171; Le fait que de telles relations n'&#233;voluent pas amena le retrait de cadres et de propri&#233;taires et exacerba l'effondrement d'usines, d'industries et de secteurs &#233;conomiques entiers qui, &#224; leur tour, n&#233;cessitaient un prise de contr&#244;le compl&#232;te par les travailleurs et un r&#244;le croissant pour l'Etat comme dernier ressort &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote54anc&#034; href=&#034;#sdfootnote54sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;54&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; La dislocation de l'industrie a eu un impact direct sur la politique agraire. La r&#233;quisition des c&#233;r&#233;ales en surplus prises aux paysans pour nourrir les troupes et la classe ouvri&#232;re &#233;tait n&#233;cessaire &#233;tant donn&#233; l'effondrement du commerce et les barri&#232;res jumelles de l'occupation et du blocus. C'&#233;tait aussi une mesure &#224; laquelle toutes les arm&#233;es sur le sol russe &#233;tait amen&#233;e, les lignes de front se trouvant souvent &#224; des kilom&#232;tres des bases de ravitaillement, et les moyens de transport &#233;tant gravement endommag&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mawdsley pense que l'id&#233;e suivant laquelle &#171; les erreurs &#233;conomiques de la premi&#232;re partie de 1918 ont conduit &#224; la guerre civile... est certainement plus vraie que de dire que ce conflit a men&#233; aux erreurs &#233;conomiques &#187;,&lt;a name=&#034;sdfootnote55anc&#034; href=&#034;#sdfootnote55sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;55&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; mais dans le contexte de la menace envers la r&#233;volution les options &#233;taient tr&#232;s limit&#233;es, conditionn&#233;es non seulement par les priorit&#233;s de classe des bolcheviks mais aussi par la r&#233;sistance de l'ordre ancien. Comme l'expliquait L&#233;nine en 1921, &#171; la guerre et la destruction nous ont impos&#233; le &#034;Communisme de Guerre&#034;. Cette politique n'&#233;tait pas et ne pourrait jamais &#234;tre en accord avec la mission &#233;conomique du prol&#233;tariat. C'&#233;tait simplement une mesure provisoire &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote56anc&#034; href=&#034;#sdfootnote56sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;56&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Il est indubitable que le Communisme de Guerre na pas permis une reconstruction &#233;conomique coh&#233;rente en Russie, mais les choix de la r&#233;volution &#233;tant r&#233;duits &#224; la survie &#224; tout prix ou bien la d&#233;capitation par les mains de la r&#233;action ces mesures ont permis d'assurer que l'arm&#233;e pouvait continuer &#224; se battre &#8211; il &#233;tait r&#233;pondu &#224; la priorit&#233; absolue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant si les bolcheviks avaient &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; des protestations et des r&#233;voltes importantes de la part de la classe ouvri&#232;re par suite de ces mesures ils n'aurait pas pu continuer. La r&#233;pression seule ne pouvait pas cr&#233;er une base sociale pour combattre dans la guerre civile. La r&#233;action des travailleurs &#224; des privations tr&#232;s dures est instructive &#8211; il y a eu des protestations, mais l&#224; o&#249; elles se sont manifest&#233;es en ville les travailleurs avaient tendance &#224; participer &#224; des &#233;meutes &#224; cause de la faim que parce qu'ils n'&#233;taient pas d'accord avec les id&#233;es bolcheviks,&lt;a name=&#034;sdfootnote57anc&#034; href=&#034;#sdfootnote57sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;57&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; pour deux raisons connexes : la grande majorit&#233; d'entre eux ne voulaient pas voir la victoire des Blancs et la restauration d'un syst&#232;me qui &#233;tait presque universellement ha&#239;, et l'impact de l'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire avait chang&#233; fondamentalement la conscience politique des travailleurs. Comme l'&#233;crit Chamberlin, &#171; la r&#233;volution n'est pas une r&#233;action automatique &#224; une quantit&#233; donn&#233; de souffrances. L'esprit et le caract&#232;re du gouvernement au pouvoir, et des forces qui s'y opposent, peuvent &#234;tre d'une importance d&#233;cisive &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote58anc&#034; href=&#034;#sdfootnote58sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;58&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Les id&#233;es ne se transforment pas simplement selon des facteurs &#233;conomiques et mat&#233;riels &#8211; les objectifs et les motivations de la r&#233;volution continuaient &#224; vivre intens&#233;ment dans les conditions du combat et du sacrifice. Les bolcheviks ont conserv&#233; le soutien de la population au long de la guerre civile parce que les millions de personnes qui avaient combattu dans les rues pour la r&#233;volution, qui avaient &#224; pr&#233;sent dans leur conscience la possibilit&#233; de la construction d'une soci&#233;t&#233; socialiste, allaient d&#233;fendre cette vision et continuer &#224; se battre au moins tant que le choix entre la r&#233;volution et la r&#233;action se dessinait de mani&#232;re aussi nette.&lt;/p&gt; &lt;h2&gt;L'Arm&#233;e Rouge&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Les priorit&#233;s de l'Etat sovi&#233;tique &#233;taient intimement li&#233;es &#224; celle de son arm&#233;e pendant le temps de la guerre civiel. La forme de l'Arm&#233;e Rouge &#233;tait d&#233;termin&#233;e pour une grande partie par la contradiction dans laquelle se trouvait la r&#233;volution &#8211; la n&#233;cessit&#233; de combattre un ennemi moderne, bien &#233;quip&#233; voulait dire construire une force s&#233;rieuse de combat, et en m&#234;me temps les id&#233;aux socialistes devaient &#234;tre enracin&#233;s dans les hommes et les femmes qui rejoignaient l'arm&#233;e. L'histoire de l'arm&#233;e, sa formation, son d&#233;veloppement, et sa nature sont des exemples de la lutte pour &#233;tendre la r&#233;volution et combattre pour le socialisme dans une soci&#233;t&#233; assi&#233;g&#233;e et parcourue de crises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains historiens ont point&#233; une continuit&#233; dans le militarisme de la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique qui partirait de la guerre civile jusqu'au r&#233;gime stalinien qui suivit. Mark von Hagen, par exemple, &#233;crit que le &#171; discours des proc&#232;s de Moscou dans les ann&#233;es 30 est un exemple de la r&#233;orientation fondamentale de la culture politique qui avait lieu au moins depuis le milieu des ann&#233;es 20, &lt;i&gt;on peut m&#234;me dire depuis 1917 &lt;/i&gt;&lt;span&gt;&#187; [c'est moi qui souligne].&lt;a name=&#034;sdfootnote59anc&#034; href=&#034;#sdfootnote59sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;59&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Il est vrai que la taille massive et l'importance de l'arm&#233;e ont distordu les id&#233;aux de la r&#233;volution et que beaucoup de soldats de l'Arm&#233;e Rouge allaient devenir des &#233;l&#233;ments-cl&#233;s de la bureaucratie stalinienne. Cependant, il n'y a pas de connection ininterrompue entre l'arm&#233;e construite pour d&#233;fendre la r&#233;volution et celle qui combattit &#224; Stalingrad en 1942 ou qui envahit la Hongrie en 1956. L&#233;on Trotsky, en tant que Commissaire &#224; la Guerre, &#233;tait en charge de cr&#233;er une force arm&#233;e qui pourrait d&#233;fendre la r&#233;volution. Selon lui, &#171; l'arm&#233;e n'est qu'un &#233;l&#233;ment de la soci&#233;t&#233; et souffre de toutes les maladies de celle-ci; elle souffre surtout quand monte la temp&#233;rature. &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote60anc&#034; href=&#034;#sdfootnote60sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;60&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;, et m&#234;me un bref examen de l'arm&#233;e montre &#224; quel point elle refl&#232;te les priorit&#233;s de l'Etat. L'arm&#233;e seule n'a pas dict&#233; la trajectoire de l'Etat sovi&#233;tique; il serait plus exact de dire que le destin de l'arm&#233;e &#233;tait intimement li&#233; &#224; l'&#233;tranglement de la r&#233;volution russe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re guerre mondiale avait laiss&#233; derri&#232;re elle environ 7 millions de morts, de bless&#233;s et de prisonniers russes sur 16 millions de mobilis&#233;s &#8211; 40% de la la population masculine &#226;g&#233;e entre 15 et 49 ans. Les bolcheviks se sont rapidement rendus compte que l'ancienne arm&#233;e ne pouvait pas &#234;tre pr&#233;serv&#233;e et reconstruite dans les int&#233;r&#234;ts du nouvel Etat, et encourag&#232;rent les soldats &#224; baisser leurs armes et &#224; rentrer chez eux. M&#234;me avant la r&#233;volution d'octobre l'arm&#233;e tsariste &#233;tait en voie de d&#233;sint&#233;gration. Apr&#232;s la r&#233;volution elle fondit compl&#232;tement. On peut lire dans les &#233;crits militaires de Trotsky : &#171; La r&#233;volution est n&#233;e directement de la guerre, et l'un de ses slogans les plus importants &#233;tait de r&#233;clamer la fin de la guerre... pourtant la r&#233;volution elle-m&#234;me fit appara&#238;tre de nouveaux dangers de guerre, qui continu&#232;rent &#224; augmenter &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote61anc&#034; href=&#034;#sdfootnote61sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;61&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Mais l'arm&#233;e ne voulait pas combattre : &#171; Elle avait accompli une r&#233;volution sociale interne, en chassant les officiers des classes poss&#233;dantes et bourgeoises et en instaurant des organes d'autogouvernement r&#233;volutionnaire...[des mesures] n&#233;cessaires et correctes du point de vue de la destruction de l'ancienne arm&#233;e. Mais une nouvelle arm&#233;e capable de combattre ne pouvait certainement pas en sortir &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote62anc&#034; href=&#034;#sdfootnote62sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;62&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re d&#233;fense organis&#233;e de la r&#233;volution &#233;tait une arm&#233;e de volontaires constitu&#233;e par la milice ouvri&#232;re, les Gardes Rouges, qui comptait environ 40 000 membres en octobre 1917 &#8211; entre 3 000 et 4 000 d'entre eux arm&#233;s &#8211; et environ 100 000 volontaires. La seule force substantielle &#233;tait la Brigade des Tirailleurs Lettons. Ce n'&#233;tait pas une arm&#233;e normale; les Gardes Rouges &#233;taient en service roulant et &#233;lisaient leurs officiers. Dans les unit&#233;s de l'arm&#233;e qui survivaient, les comit&#233;s de soldats existaient toujours. Il est incroyable, et c'est un signe de l'importance des espoirs r&#233;volutionnaires parmi les soldats, qu'ils aient pu &#234;tre convaincus de combattre face &#224; la puissance organis&#233;e des allemands ou des tch&#233;coslovaques. En f&#233;vrier 1918 les Gardes Rouges et des unit&#233;s survivantes de l'ancienne arm&#233;e furent balay&#233;s par les allemands &#224; Narva, ce qui rendit plus &#233;vident encore qu'une force plus centralis&#233;e et plus disciplin&#233;e allait &#234;tre n&#233;cessaire pour que la r&#233;volution survive. C'&#233;tait une t&#226;che contradictoire; r&#233;instaurer la discipline et construire l'arm&#233;e d'en haut au moment o&#249; des sections de l'ancienne arm&#233;e &#233;taient encore en train de s'&#233;loigner de ces &#233;l&#233;ments de leur vie pass&#233;e. Sans surprise, la strat&#233;gie de Trotsky &#8211; la construction d'une arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, le recrutement d'officiers de l'arm&#233;e tsariste en tant que &#171; sp&#233;cialistes militaires &#187;, la dispersion des comit&#233;s de soldats et l'absorption des Gardes Rouges dans l'Arm&#233;e Rouge &#8211; provoqua la col&#232;re et la d&#233;fiance de beaucoup de gens. L'id&#233;e d'une arm&#233;e centralis&#233;e allait &#224; contre-courant d'un mouvement r&#233;volutionnaire, et il y avait une intense hostilit&#233; de la base envers les anciens officiers. L'utilisation de &#171; sp&#233;cialistes militaires &#187; posait &#233;videmment probl&#232;me, mais des efforts furent faits pour &#233;viter des nominations impopulaires, ainsi que le d&#233;crit Iline-Jenevski, un bolchevik du Commissariat Militaire de Petrograd &#224; cette &#233;poque : &#171; Nous avons &#233;tabli une liste de tous les anciens officiers qui souhaitaient servir dans l'Arm&#233;e Rouge et nous l'avons publi&#233;e... Pendant une p&#233;riode de dix jours tout citoyen... avait le droit de s'opposer &#224; la nomination propos&#233;e de n'importe lequel de ces anciens officiers &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote63anc&#034; href=&#034;#sdfootnote63sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;63&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; d'une telle arm&#233;e &#233;tait un recul par rapport &#224; l'id&#233;al socialiste de travailleurs arm&#233;s comme force de d&#233;fense, mais l'arm&#233;e n'a pas retrouv&#233; la nature de l'arm&#233;e tsariste. L'arm&#233;e ne devait pas &#234;tre seulement une machine militaire, mais aussi une force politique. Organis&#233;e sur une base de classe, elle provoqua un &#171; hurlement fr&#233;n&#233;tique d'indignation de la presse bourgeoise &#187;,&lt;a name=&#034;sdfootnote64anc&#034; href=&#034;#sdfootnote64sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;64&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; qui d&#233;non&#231;ait la d&#233;sorganisation et la nature chaotique de l'arm&#233;e &#224; ses d&#233;buts. Pourtant un ancien g&#233;n&#233;ral tsariste contrastait la nouvelle arm&#233;e avec l'ancienne alors qu'elle se d&#233;sint&#233;grait : &#171; De l'ext&#233;rieur, les deux peuvent para&#238;tre identiques &#8211; habillement d&#233;braill&#233;, manque de respect envers le rang, accomplissement sans soin des devoirs militaires &#8211; mais &lt;i&gt;cela&lt;/i&gt;&lt;span&gt; c'&#233;tait le manque d'ordre d'un ordre qui se brisait, tandis que &lt;/span&gt;&lt;i&gt;ceci&lt;/i&gt;&lt;span&gt; c'est le manque d'ordre d'une structure qui n'a pas encore &#233;t&#233; assembl&#233;e. &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L&#224;&lt;/i&gt;&lt;span&gt; on sentait le d&#233;clin, on go&#251;tait la mort : &lt;/span&gt;&lt;i&gt;ici&lt;/i&gt;&lt;span&gt; nous avons le chaos d'un processus nouveau, maladroit de construction et de formes incompl&#232;te, pas encore &#233;tablies pour de bon &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote65anc&#034; href=&#034;#sdfootnote65sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;65&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Afin de pr&#233;server le caract&#232;re r&#233;volutionnaire de l'arm&#233;e et de garder un contr&#244;le serr&#233; sur l'appareil militaire, chaque officier &#233;tait coupl&#233; &#224; des commissaires politiques venus des organisations socialistes et anarchistes. Chaque arm&#233;e &#8211; il y en avait 16 au plus fort de la guerre &#8211; avait un Conseil Militaire R&#233;volutionnaire (section politique) comprenant habituellement deux commissaires qui travaillaient avec le commandant militaire, et qui contresignaient chaque ordre. Le commissaire politique &#233;tait &#171; le repr&#233;sentant direct du pouvoir des soviets dans l'arm&#233;e &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote66anc&#034; href=&#034;#sdfootnote66sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;66&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Arm&#233;e Rouge faisait face &#224; un ennemi puissant. Pendant l'&#233;t&#233; 1918, alors que les tch&#233;coslovaques et le Komoutch se d&#233;ployaient en Sib&#233;rie, l'Arm&#233;e blanche des Volontaires se renfor&#231;ait jusqu'&#224; compter entre 35 000 et 40 000 homes, 86 canons et 3 million de roubles vol&#233;s aux paysans du Kouban. En ao&#251;t les Blancs occupaient la Sib&#233;rie, la Moyenne Volga et une grande partie de l'Oural, et l'Etat ouvrier &#233;tait confront&#233; &#224; une force plus forte, mieux entra&#238;n&#233;e et mieux &#233;quip&#233;e qu'elle. Comme l'&#233;crit Chamberlin, &#171; Le conflit avec les tch&#233;coslovaques et la mont&#233;e de la contre-r&#233;volution russe qui l'a accompagn&#233; pla&#231;aient les dirigeants bolcheviks devant une alternative d&#233;plaisante : cr&#233;er sans trop de retard une arm&#233;e qui se battrait et ob&#233;irait &#224; des ordres au lieu d'en d&#233;battre, ou bien s'effondrer dans un tourbillon de d&#233;faite sanguinaire et de vengeance f&#233;roce de la part des classes qu'ils avaient &#233;cart&#233;es de la propri&#233;t&#233; et du pouvoir &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote67anc&#034; href=&#034;#sdfootnote67sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;67&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec la guerre civile &#224; grande &#233;chelle qui s'abattait sur eux les bolcheviks n'avaient pas de choix autre que de mobiliser en plus grande quantit&#233;. La conscription commen&#231;a dans les quartiers ouvriers et les territoires les plus menac&#233;s. Presque imm&#233;diatement il &#233;tait clair qu'une mobilisation r&#233;ussie allait de pair avec la garantie du ravitaillement des villes. Les protestations lors de la mobilisation &#233;taient dans leur grande majorit&#233; li&#233;es &#224; la faim &#8211; c'&#233;tait un imp&#233;ratif militaire autant que politique de faire en sorte que l'arm&#233;e et les villes fussent nourries.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nonobstant la faim, la majorit&#233; des travailleurs de Moscou et de Petrograd r&#233;pondirent &#224; l'appel : &#171; A la table o&#249; les conscrits s'inscrivaient de longues queues se form&#232;rent bient&#244;t. Mais il n'y avait pas de tumulte, pas d'esclandres. Nous avions le sentiment que les travailleurs &#233;taient conscients de l'importance du devoir qu'ils accomplissaient. &#187; se rappelle Iline-Jenevski.&lt;a name=&#034;sdfootnote68anc&#034; href=&#034;#sdfootnote68sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;68&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; L'arm&#233;e cr&#251;t de 331 000 en ao&#251;t 1918 &#224; entre 600 000 et 800 000. Les nombres des combattants dans les grandes batailles de la guerre civile &#233;taient faibles &#224; l'&#233;chelle de la Premi&#232;re Guerre Mondiale. Les deux parties comptaient au plus 100 000-150 000 combattants dans une bataille donn&#233;e, les blancs comptant 600 000 soldats distribu&#233;s sur quatre fronts &#224; leur summum pendant l'&#233;t&#233; 1919. Mais avec un meilleur &#233;quipement et une direction bien form&#233;e ils pouvaient vaincre les Rouges si ces derniers n'avaient qu'un nombre &#233;gal de soldats. Et &#224; partir pratiquement de rien, comme en t&#233;moigne Iline-Jenevski, &#171; Nous avons construit, imperceptiblement, pierre par pierre, une nouvelle force arm&#233;e pour notre r&#233;publique. Tout comme une nouvelle fourrure pousse sur un animal affaibli et bless&#233; pendant qu'il est en convalescence, nous nous sommes couverts de ba&#239;onnettes et sommes apparus de plus en plus terrifiants &#224; nos adversaires. Le sang commen&#231;ait &#224; couler plus rapidement dans nos veines &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote69anc&#034; href=&#034;#sdfootnote69sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;69&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La situation militaire fut s&#233;rieusement exacerb&#233;e par l'insurrection SR de gauche &#224; Moscou et la mutinerie de Mouraviev. Un nombre substantiel de SR de gauche occupaient des positions imporantes dans l'arm&#233;e, aussi les &#233;v&#233;nements de juillet men&#232;rent-ils &#224; un large appel des membres du Parti Communiste (nouvelle appellation des bolcheviks depuis mars 1919) pour renforcer la composition politique de l'arm&#233;e. Le PC s'incorpora de mani&#232;re organique dans l'arm&#233;e. En octobre 1919 il y avait 180 000 membres du PC dans l'arm&#233;e, et 278 000 en ao&#251;t 1920. De grands nombres de travailleurs qui rejoignaient le parti au cours de la guerre rejoignaient l'arm&#233;e : &#171; D'apr&#232;s des chiffres officiels pour les travailleurs de Moscou environ 70% des 20-24 ans, 55% des 25-29 ans et 35% des 30-35 ans ont rejoint l'Arm&#233;e Rouge &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote70anc&#034; href=&#034;#sdfootnote70sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;70&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Ils formaient l'&#233;pine dorsale politique de l'arm&#233;e : leur r&#244;le en tant qu'organisateurs de l'arm&#233;e et de r&#233;voltes locales dans des territoires tenus par les Blancs &#233;tait absolument crucial &#8211; les r&#233;volutionnaires formaient le syst&#232;me nerveux de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les sections politiques jouaient un r&#244;le central pour l'&#233;l&#233;vation de la conscience politique et culturelle de l'arm&#233;e. Un demi-million de soldats rejoignirent le parti pendant la guerre, et l'arm&#233;e combattait pour en faire autant de r&#233;volutionnaires que possibles. Dans ce but, malgr&#233; le manque de ressources, les sections politiques imprimaient un grand nombre de pamphlets, de journaux, d'affiches et de tracts, et instaur&#232;rent des cours d'alphab&#233;tisation et des biblioth&#232;ques mobiles pour combattre l'illettrisme afin que les soldats puissent lire des nouvelles des autres fronts et prendre une part active aux d&#233;bats qui avaient lieu dans le nouvel Etat. Au printemps 1919 il y avait des cours quotidien de lecture et d'&#233;criture. A la fin 1920 il y avait 3 000 &#233;coles des l'Arm&#233;e Rouge, 60 th&#233;&#226;tres amateurs, et des biblioth&#232;ques avec des salles de lecture dans tous les clubs de soldats. L'attention port&#233;e &#224; l'&#233;ducation politique dans l'arm&#233;e est r&#233;sum&#233;e par le premier embl&#232;me de l'arm&#233;e : le marteau et la faucille avec un fusil et un livre. Comme l'&#233;crit Trotsky dans son autobiographie, &#171; Les t&#226;ches de l'&#233;ducation socialiste &#233;taient &#233;troitement rattach&#233;es par nous &#224; celles de la guerre. Les id&#233;es dont on prend conscience sous le feu sont acquises fortement et pour toujours. &#187;.&lt;sup&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote71anc&#034; href=&#034;#sdfootnote71sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;71&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;John Reed a laiss&#233; un t&#233;moignage de l'ambiance des &#233;coles : &lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;Un de ces vieux professeurs donna une conf&#233;rence sur &#171; L'Art de la Guerre &#187; dans laquelle il glorifiait le militarisme... Podvoisky, repr&#233;sentant du Parti Communiste et du Commissariat &#224; la Guerre, se leva imm&#233;diatement. &#171; Camarades &#233;tudiants ! &#187;s'&#233;cria-t-il, &#171; Je m'oppose &#224; l'esprit du dernier discours. C'est vrai, il est n&#233;cessaire d'apprendre l'art de la guerre, mais seulement afin que la guerre puisse dispara&#238;tre pour toujours. L'Arm&#233;e Rouge est une arm&#233;e de paix. Notre embl&#232;me, notre &#233;toile rouge avec la charrue et le marteau, montre ce qui est notre but &#8211; la construction, pas la destruction. Nous ne faisons pas de soldats professionnels &#8211; nous n'en voulons pas dans notre Arm&#233;e Rouge. D&#232;s que nous aurons &#233;cras&#233; la contre-r&#233;volution &#8211; d&#232;s que la r&#233;volution internationale a mis fin pour toujours &#224; l'imp&#233;rialisme, alors nous jetterons nos fusils et nos &#233;p&#233;es, alors les fronti&#232;res seront abolies, et nous oublierons l'art de la guerre &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote72anc&#034; href=&#034;#sdfootnote72sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;72&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Construire une arm&#233;e dans un pays d&#233;j&#224; d&#233;vast&#233; par la guerre n'est pas chose facile. Les d&#233;sertions &#233;taient un probl&#232;me chronique pour toutes les forces de la guerre civile. Dans l'Arm&#233;e Rouge, c'est un facteur que beaucoup d'historiens citent pour illustrer la nature t&#233;nue de la loyaut&#233; envers le gouvernement sovi&#233;tique. Il y eut beaucoup de d&#233;sertions &#8211; 1 760 105 en 1919, l'ann&#233;e avec les chiffres les plus hauts &#8211; mais les chiffres ne nous disent rient des motivations des d&#233;serteurs. Les chiffres des d&#233;sertions comprennent ceux qui n'ont pas r&#233;pondu &#224; l'appel. Le sp&#233;cialiste de l'Arm&#233;e Rouge sur la d&#233;sertion, Olikov, donne pour ce chiffre 75% en 1919, avec 18-20% de d&#233;serteurs en chemin pour le front, et seulement 5-7% de d&#233;serteurs venant d'unit&#233;s combattantes. Ces chiffres peuvent &#234;tre compar&#233;s avec le taux d'enr&#244;lement pour Komoutch en 1918 (30 000 sur une population de 12 millions) et le fait que les arm&#233;es Blanches &#233;taient elles aussi confront&#233;es &#224; un manque persistent de renforts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les conditions physiques, qui &#233;taient atroces, &#233;taient la cause principale de d&#233;sertion, m&#234;me si dans certains cas des soldats d&#233;sertaient &lt;i&gt;en direction&lt;/i&gt;&lt;span&gt; du front, o&#249; la nourriture et l'&#233;quipement &#233;taient meilleurs ! Von Hagen indique une &#233;tude de 1918 qui montre qu'un grand nombre d&#233;sertait &#171; non parce qu'ils &#233;taient des ennemis implacables de la r&#233;volution, mais simplement parce qu'ils ne recevaient pas leurs rations. Beaucoup de ces soldats allaient revenir, apr&#232;s quelques jours d'absence, avec des provisions de pain &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote73anc&#034; href=&#034;#sdfootnote73sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;73&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et en 1919 alors que la majorit&#233; de l'arm&#233;e &#233;tait constitu&#233;e par des paysans, il y avait des d&#233;sertions saisonni&#232;res &#8211; les soldats se battaient en hiver et moissonaient en &#233;t&#233;, surtout si le front se situait pr&#232;s de chez eux. C'est un ph&#233;nom&#232;ne qui est utilis&#233; pour montrer l'opposition aux bolcheviks dans la paysannerie, mais qui peut tout aussi bien d&#233;montrer un haut niveau de motivation parmi les soldats. Pour allier aux probl&#232;mes sp&#233;cifiques de la paysannerie les bolcheviks offraient des subventions et des exemptions d'imp&#244;ts &#224; ceux qui ne pouvaient pas aller moissonner. Ce type de mesures ont aid&#233; &#224; mettre fin aux d&#233;sertions de masse et les chiffres ne grimp&#232;rent plus jamais aussi haut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me si la d&#233;sertion &#233;tait trait&#233;e comme un crime tr&#232;s grave, la discipline &#171; draconienne &#187; des bolcheviks n'&#233;tait pas aussi impitoyable qu'on ne le fait croire. Dans la deuxi&#232;me moiti&#233; de 1919 &#8211; alors que le gouvernement sovi&#233;tique &#233;tait confront&#233; aux plus graves dangers &#8211; 612 d&#233;serteurs furent ex&#233;cut&#233;s sur 1 426 729. C'est &#224; dire une &#233;cecution sur 2 231 d&#233;serteurs. On peut comparer cela aux chiffres pour l'arm&#233;e britanniques pendant la Premi&#232;re Guerre Mondiale, o&#249; 278 ex&#233;cutions eurent lieu sur 2 094 soldats accus&#233;s de d&#233;sertion, d'avoir quitt&#233; leur poste, ou d'absence. Un d&#233;serteur sur sept a &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;. L'arm&#233;e britannique a &#233;galement limit&#233; ses ex&#233;cutions presque exclusivement &#224; l'infanterie &#8211; seuls trois officiers furent ex&#233;cut&#233;s pour quoi que ce soit &#8211; tandis que dans l'Arm&#233;e Rouge des commissaires et des commandants &#233;taient tenus responsable si les soldats d&#233;sertaient ou battaient en retraite. En g&#233;n&#233;ral la d&#233;sertion &#233;tait punie par des amendes, la confiscation de propri&#233;t&#233; et du travail dans les unit&#233;s de l'arri&#232;re. La grande majorit&#233; des d&#233;serteurs russes sont revenus vers l'arm&#233;e volonairement quand on leur promettait une amnistie.&lt;a name=&#034;sdfootnote74anc&#034; href=&#034;#sdfootnote74sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;74&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme ph&#233;nom&#232;ne de masse, la d&#233;sertion re&#231;ut comme r&#233;ponse des aides mat&#233;rielles aux soldats et &#224; leurs familles, une expansion de l'&#233;ducation politique et la promotion des ouvriers et des paysans pour redresser l'&#233;quilibre dans l'arm&#233;e &#8211; de sort qu'&#224; la fin de la guerre civile seulement 34% des commandants &#233;taient des sp&#233;cialistes militaires, et plus de 65 000 ouvriers paysans et Communistes avaient pris leurs places. Les r&#233;giments et les brigades avec le plus grand nombre de membres du parti &#233;taient presque uniform&#233;ment ceux o&#249; le moral &#233;tait au plus haut. Un rapport de la deuxi&#232;me brigade sur le front du sud en &#233;t&#233; 1919 note que les &#171; conscrits sont tr&#232;s peu fiables et leur moral est bas. Il y a des d&#233;serteurs. &#187; La solution propos&#233;e n'&#233;tait pas la r&#233;pression : &#171; Il est essentiel qu'un grand nombre de travailleurs politiques soient envoy&#233;s comme commissaires politiques pour effectuer du travail de parti &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote75anc&#034; href=&#034;#sdfootnote75sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;75&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'attitude des bolcheviks envers la d&#233;sertion &#233;tait, comme tous les autres aspects du r&#233;gime, int&#233;gr&#233;e dans une compr&#233;hension de ses racines sociales. Trotsky expliquait que tout r&#233;giment et toute unit&#233; de l'arm&#233;e &#233;tait compos&#233;e d'une minorit&#233; d'hommes d&#233;vou&#233;s et pr&#234;ts au sacrifice, une minorit&#233; de soldats d&#233;moralis&#233;s et hostiles, et &#171; entre les deux minorit&#233;s, un nombreux milieu d'incertains, d'h&#233;sitants. La d&#233;b&#226;cle se produit lorsque les meilleurs p&#233;rissent ou sont r&#233;duits &#224; s'effacer, lorsque ceux qui tiennent &#224; leur peau ou les ennemis prennent le dessus. Ceux de la moyenne, en pareil cas, ne savent qui suivre et, &#224; l'heure du danger, se laissent aller &#224; la panique. &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote76anc&#034; href=&#034;#sdfootnote76sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;76&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; La r&#233;pression contre cette vaste majorit&#233; ne pourrait que creuser un foss&#233; entre la r&#233;volution et ses soldats. La solution de l'Arm&#233;e Rouge &#8211; mettre en place de nouveaux dirigeants et une &#233;ducation r&#233;volutionnaire &#8211; servait l'objectif double d'&#233;lever le moral et de d&#233;velopper la conscience r&#233;volutionnaire pour un plus grand nombre de soldats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette approche n'&#233;tait pas celle de l'Arm&#233;e Populaire ni celle des arm&#233;es Blanches. Sous le Komoutch, des d&#233;sertions de masse donnaient lieu &#224; la r&#233;pression : &#171; Des dirigeants paysans &#233;taient fouett&#233;s et pendus en public, des otages &#233;taient pris pour obliger les d&#233;serteurs &#224; sortir de leur cachette, et des villages entiers &#233;taient compl&#232;tement br&#251;l&#233;s quand des soldats refusaient de se rendre &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote77anc&#034; href=&#034;#sdfootnote77sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;77&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Les autorit&#233;s de D&#233;nikine &#224; Rostov &#171; publiaient continuellement des listes de d&#233;serteurs cosaques, avec le nombre de coups de fouet qu'ils allaient recevoir &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote78anc&#034; href=&#034;#sdfootnote78sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;78&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Les d&#233;serteurs formaient souvent des bandes de partisans pour combattre le r&#233;gime Blanc : &#171; L'antagonisme suscit&#233; par bien des traits de la politique de D&#233;nikine et par bien des actes des ses administrateurs locaux &#233;tait si amer que les efforts pour effectuer des mobilisations en Ukraine &#233;taient plut&#244;t susceptibles d'amener des r&#233;bellions et de nouveaux &#034;fronts internes&#034; que des recrues fiables &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote79anc&#034; href=&#034;#sdfootnote79sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;79&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me si l'on fait beaucoup de bruit autour des d&#233;sertions paysannes de masse et la faiblesse relative de l'enracinement communiste dans la paysannerie, il est clair, comme Read le conc&#232;de, que la paysannerie :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;En derni&#232;re analys pr&#233;f&#233;rait les institutions sovi&#233;tiques arbitraires et oppressives au retour des Blancs... Malgr&#233; les difficult&#233;sils ont fourni des recrues. 77% des 4 millions de soldats de l'Arm&#233;e Rouge &#233;taient compos&#233;s de conscrits paysans en 1920. Ils ont don&#233; de grandes quantit&#233;s de c&#233;r&#233;ales pour r&#233;pondre aux besoins de l'arm&#233;e et une proportion de ce dont la ville avait besoin. Plus symptomatique encore, les Blancs n'ont &#233;t&#233; soutenus par des nombres substantiels de paysans nulle part dans tout l'empire.&lt;a name=&#034;sdfootnote80anc&#034; href=&#034;#sdfootnote80sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;80&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;h2&gt;1919 &#8211; le plus grand danger&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re fois que la nouvelle arm&#233;e r&#233;ussit &#224; contrer de mani&#232;re d&#233;cisive les forces Blanches fut &#224; Sviiajsk, une petite ville pr&#232;s de Kazan sur le front est, qui &#233;tait tenue par les troupes tch&#233;coslovaques en ao&#251;t 1918. Quand Trotsky arriva il fut accueilli par une sc&#232;ne de d&#233;sespoir et de d&#233;sordre dans les troupes. Comme il l'&#233;crivit par la suite, &#171; La panique sortait du sol m&#234;me... Tout s'en allait en poussi&#232;re, on ne savait &#224; quoi se reprendre, la situation semblait irr&#233;parable. &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote81anc&#034; href=&#034;#sdfootnote81sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;81&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; En quelques semaines Trotsky allait transformer une collection incoh&#233;rente d'hommes effray&#233;s et d&#233;moralis&#233;s en une vraie force de combat &#8211; l'&#233;pine dorsale de la Cinqui&#232;me Arm&#233;e. Les historiens voient souvent ce succ&#232;s comme &#233;tant b&#226;ti sur la r&#233;pression seule, mais la r&#233;pression n'&#233;tait pas le facteur d&#233;cisif. Comme l'&#233;crit Trotsky, &#171; ce n'est pas par la terreur que l'on fait des arm&#233;es. Ce n'est pas faute de r&#233;pression que l'arm&#233;e du tsar s'&#233;tait d&#233;compos&#233;e... Pour notre arm&#233;e, le ciment le plus fort, ce furent les id&#233;es d'Octobre. &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote82anc&#034; href=&#034;#sdfootnote82sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;82&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Et on trouvait le ciment dans le train de Trotsky &#8211; deux locomotives qui transportaient une presse d'imprimerie, un t&#233;l&#233;graphe et des stations de radio, son propre g&#233;n&#233;rateur, une biblioth&#232;que et un garage &#8211; dans lequel il v&#233;cut constamment pendant deux ans et demi, voyageant de front en front en amenant constamment propagande, arguments, et pression aux troupes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les efforts de Trotsky port&#232;rent leur fruit quand la Cinqui&#232;me Arm&#233;e reprit Kazan en septembre 1918. A pr&#232;sent l'Arm&#233;e Rouge avait une force de 70 000 soldats sur le front est, renforc&#233;e par un afflux de membres du parti, et elle reprit Simbirsk et Samara aux forces du Komoutch en octobre. Les forces Blanches d&#233;sertaient en grands nombres, aussi d&#233;moralis&#233;s que l'avaient &#233;t&#233; les Rouges deux mois auparavant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En novembre 1918 &#233;clata la r&#233;volution allemande, qui balaya la monarchie et promettait d'accomplir les espoirs d'internationalisme. Iline-Jenevski apprit la nouvelle dans un th&#233;&#226;tre : &#171; L'annonce suscita une sorte de rugissement, et des applaudissements fr&#233;n&#233;tiques faisaient trembler le th&#233;&#226;tre pendant plusieurs minutes. Il y avait du bruit et du mouvement partout. On voulait parler et parler sans fin. Le voil&#224;, il &#233;tait venu, le soutien du prol&#233;tariat d'Europe de l'ouest &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote83anc&#034; href=&#034;#sdfootnote83sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;83&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Mais la perspective du retrait allemand de Russie signalait aussi le p&#233;ril d'une invasion alli&#233;e. L&#233;nine expliquait : &#171; Premi&#232;rement, nous n'avons jamais &#233;t&#233; aussi proches de la r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale qu'aujourd'hui. Deuxi&#232;mement, nous n'avaons jamais &#233;t&#233; dans une position aussi dangereuse qu'en ce moment &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote84anc&#034; href=&#034;#sdfootnote84sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;84&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Blancs virent dans l'effondrement allemand la possibilit&#233; d'une aide Alli&#233;e substantielle pour leur cause et, en possession de l'ouest du Kouban &#224; la fin 1918, D&#233;nikine fit une pouss&#233;e vers le sud vers les montagnes du Caucase et la mer Caspienne, o&#249; ses forces prirent Stavropol &#224; l'Arm&#233;e Rouge de Taman. Les Blancs ouvrirent une br&#232;che dans le front Rouge tenu par la onzi&#232;me Arm&#233;ee en janvier 1919. En f&#233;vrier l'Arm&#233;e Rouge du Nord Caucase n'existait plus. Les Blancs firent 50 000 prisonniers, et saisirent aussi des armes et des provisions, et les troupes Rouges qui avaient &#233;vit&#233; la capture fuirent &#224; travers le d&#233;sert vers Astrakhan, la onzi&#232;me Arm&#233;ee perdant &#224; elle seule 25 000 hommes en chemin &#224; cause du typhus. Sur le front est, Koltchak avait pris la ville de Perm en d&#233;cembre 1918 et s'&#233;tait d&#233;plac&#233; vers l'ouest pour prendre Oufa dans les premiers mois de 1919 avant d'&#234;tre repouss&#233; au-del&#224; des Ourals et hors de Sib&#233;rie &#224; la fin de l'ann&#233;e, ses troupes fortes de 400 000 hommes &#233;tant d&#233;cim&#233;es par les d&#233;sertions et des combats de partisans &#224; l'arri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En juin 1919 D&#233;nikine fit une pouss&#233;e vers le nord &#224; partir du Don en prenant Kharkov, Iekaterinoslav et Tsaritsyne (appel&#233;e par la suite Stalingrad), D&#233;nikine r&#233;digea la Directive de Moscou, qui &#233;tait cens&#233;e &#234;tre une attaque sur trois fronts du coeur du pouvoir sovi&#233;tique. Les Blancs finirent par atteindre Orel, &#224; seulement 400 kilom&#232;tres de Moscou. Les six mois de combat qui s'ensuivirent furent &#226;pres, et les privations subies par la population &#233;taient d&#233;vastatrices. John Reed &#233;crivit : &lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;L'hiver fut plus horrible qu'on ne peut l'imaginer. Personne ne saura jamais ce qu'a subi la Russie. Parfois les transports cessaient presque... Il y avait, et il y a, assez de c&#233;r&#233;ales dans les greniers de province pour bien nourrir tout le pays pendant deux ans, mais on ne peut pas le transporter. Pendant des semaines enti&#232;res, Petrograd &#233;tait sans pain. De m&#234;me pour le carburant &#8211; de m&#234;me pour les mati&#232;res premi&#232;res. L'arm&#233;e de D&#233;nikine tenait les mines de charbon du Don et les puits de p&#233;trole de Grozny et de Bakou...Dans les grandes villes comme Moscou et Petrograd le r&#233;sultat &#233;tait d&#233;sastreux. Dans certaines maisons il n'y avait pas de chauffage du tout pendant tout l'hiver. Des trains remplis de passagers tombaient en panne dans des provinces recul&#233;es et les passagers mouraient de faim et de froid.&lt;a name=&#034;sdfootnote85anc&#034; href=&#034;#sdfootnote85sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;85&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Les Blancs avaient leurs propres probl&#232;mes. &#201;tir&#233;s sur plus de 1 500 kilom&#232;tres de front avec peu de r&#233;serves, avec les m&#234;mes probl&#232;mes de r&#233;voltes de partisans &#224; l'arri&#232;re et de manque de soutien populaire qui avaient tourment&#233; Koltchak, ils perdaient peu &#224; peu du terrain &#224; Orel. La prise de Voronej par la cavalerie Rouge marqua un tournant sur le front du sud. A la fin novembre l'arm&#233;e de D&#233;nikine &#233;tait en train de s'effondrer, en perpetrant d'horribles pogroms contre les juifs d'Ukraine au cours de sa retraite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au plus fort des combats sur le front du sud, le g&#233;n&#233;ral Blanc Ioud&#233;nitch, un homme d&#233;crit par Victor Serge comme &#171; le bourreau parfait &#187;, lan&#231;a une attaque sur Petrograd &#224; partir de sa base en Estonie. R&#233;orienter des troupes occup&#233;es &#224; combattre D&#233;nikine s'av&#233;rant impossible, la d&#233;fense de Petrograd fut assur&#233;e par la population du berceau de la r&#233;volution. Trotsky se d&#233;p&#234;cha de revenir &#224; Petrograd pour prendre les commandes. Il renfor&#231;a la septi&#232;me Arm&#233;e qui d&#233;fendait la ville et pr&#233;para les ouvriers &#224; des combats de maison en maison si n&#233;cessaire. Serge &#233;tait t&#233;moin des &#233;v&#233;nements : &lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;En quatre jours, des secours sont venus de tous les points de la Russie. Au radio lanc&#233; par Zinoviev et qui disait simplement : &#171; P&#233;trograd en danger ! &#187;, on a r&#233;pondu de partout. Les trains de ravitaillement, qui se dirigeaient vers diff&#233;rents points du pays, sont venus - sans attendre d'instructions sp&#233;ciales - d&#233;charger leurs stocks de vivres &#224; la gare de Nikolas...Tout P&#233;trograd donne une impression d'intense labeur. Redoutes et barricades sortent de terre... les tranch&#233;es sont pr&#234;tes... A quelques m&#232;tres au-devant, des ouvri&#232;res tendent des fils de fer barbel&#233;s.&lt;a name=&#034;sdfootnote86anc&#034; href=&#034;#sdfootnote86sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;86&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;La ville &#233;tait pr&#234;te, mais n'a pas eu besoin de combattre. Les lignes Rouges tinrent, et Ioud&#233;nitch fut repouss&#233; aux alentours de la ville &#224; la fin octobre et compl&#232;tement refoul&#233; en novembre. Les derni&#232;res forces Blanches restantes se repli&#232;rent en Crim&#233;e, &#224; pr&#233;sent sous les ordres du g&#233;n&#233;ral Wrangel. &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pensant la guerre finie, les bolcheviks se mirent &#224; d&#233;mobiliser d'importantes parties de l'Arm&#233;e Rouge &#224; la fin 1919. La situation int&#233;rieure &#233;tait une situation de crise profonde. La population civile souffrait de privations abominables &#8211; la malnutrition chronique, les &#233;pid&#233;mies et le froid tu&#232;rent des milliers de personnes. La situation sanitaire &#233;tait minimale. Des patients mouraient de froid sur leur lit d'h&#244;pital. Des unit&#233;s de l'Arm&#233;e Rouge &#233;taient employ&#233;es comme arm&#233;es du travail pour reconstruire le r&#233;seau ferr&#233; et tenter de r&#233;parer l'infrastructure en miettes de la Russie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais apr&#232;s trois mois de calme, en avril et en mai 1920 les troupes polonaises command&#233;es par Pilsudski envahirent la Lithuanie et la Galicie orientale, qui faisait partie de l'Ukraine ind&#233;pendante sous le dirigeant nationaliste Petlioura. Avec les partisans de Petlioura, et soutenue par les fran&#231;ais, l'arm&#233;e polonaise forte de 738 000 hommes attaqua le front sud ouest de l'Arm&#233;e Rouge. Elle &#233;tait &#233;puis&#233;e, avec 30% de malades du typhus. Le gouvernement sovi&#233;tique lan&#231;a une nouvelle campagne de recrutement pour contrer la menace.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d'abord r&#233;ussi &#224; repousser l'arm&#233;e polonaise, l'Arm&#233;e Rouge alla plus loin et lan&#231;a une attaque sur Varsovie dans l'id&#233;e que les travailleurs polonais allaient se soulever contre Pilsudski. Quels qu'aient &#233;t&#233; les m&#233;rites de cette strat&#233;gie d'un point de vue militaire, ce fut un d&#233;sastre d'un point de vue politique. Avan&#231;ant vers Varsovie avec l'objectif d'amener la r&#233;volution en Pologne, l'arm&#233;e fut repouss&#233;e, sans le moindre signe d'un soul&#232;vement ouvrier pour l'accueillir. Trotsky raconte que la profondeur du sentiment r&#233;volutionnaire parmi les travaileurs de Pologne n'&#233;tait pas claire pour la direction sovi&#233;tique. De fait, expliqua-t-il, les occasions de faire de la guerre de d&#233;fense une guerre offensive r&#233;volutionnaire avaient &#233;chou&#233; parce que le mouvement en Pologne n'avait pas m&#251;ri quand l'Arm&#233;e Rouge entra dans Varsovie : &#171; L&#224;, o&#249; les arm&#233;es en action comptent par journ&#233;es et semaines, le mouvement des masses populaires se calcule d'ordinaire par mois et ann&#233;es. Si l'on ne tient pas compte exactement de cette diff&#233;rence des vitesses, les roues dent&#233;es de la guerre ne peuvent que casser les roues dent&#233;es de la r&#233;volution, et non pas les mettre en mouvement &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote87anc&#034; href=&#034;#sdfootnote87sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;87&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; L'invasion de la Pologne est consid&#233;r&#233;e comme une preuve que les bolcheviks ont toujours eu l'intention d'exporter le &#171; socialisme &#187; par la force. Il est clair que la tentative d'&#233;tendre la r&#233;volution par la force &#233;tait une tentative erron&#233;e de trouver un raccourci au pouvoir ouvrier en Pologne &#8211; mais ce n'&#233;tait pas une pr&#233;monition du &#171; socialisme &#187; impos&#233; par Staline.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a un monde entre l'invasion d'un pays dans l'espoir de stimuler la r&#233;volution et le faire afin de l'&#233;craser, comme le fit la Russie stalinienne en Hongrie en 1956, par exemple. Ce que les bolcheviks d&#233;siraient par dessus tout &#224; ce moment, et depuis 1917, c'&#233;tait l'internationalisation de la r&#233;volution et l'instauration d'un authentique socialisme d&#233;mocratique ouvrier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus la direction bolchevik n'&#233;tait pas unanime sur la question de la Pologne. Trotsky &#233;tait en d&#233;saccord avec L&#233;nine, car il n'&#233;tait pas satisfait du projet d'amener la r&#233;volution &#224; la classe ouvri&#232;re polonaise, &#171; &#224; la pointe de la ba&#239;onnette &#187;. Mais plut&#244;t que d'exprimer le d&#233;sir de dictature de L&#233;nine, l'invasion de la Pologne illustre ce qui est la th&#232;se centrale de cet article &#8211; &#224; quel point les bolcheviks &#233;taient affect&#233;s par les imp&#233;ratifs impos&#233;s par trois ann&#233;es de guerre durant laquelle toute la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; tourn&#233;e vers l'effort de guerre, et &#233;taient pr&#234;ts &#224; tout pour mettre fin &#224; leur propre isolement. En absence de r&#233;volution ailleurs la direction savait tr&#232;s bien que la r&#233;volution russe ne pourrait pas survivre. La tentative de stimuler la r&#233;volution par un pur effort de volont&#233; fut un &#233;chec, mais d&#233;coulait de la situation difficile dans laquelle ils se trouvaient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La guerre avec la Pologne redonna aussi un dernier souffle aux derniers reliquats des arm&#233;es Blanches. Tous les yeux &#233;tant tourn&#233;s vers l'ouest, Wrangel saisit sa chance de faire une pouss&#233;e hors de Crim&#233;e &#8211; &#224; pr&#233;sent le dernier refuge de centaines de milliers de partisans des Blancs &#8211; vers la Tauride du nord et dans le Kouban. C'&#233;tait une derni&#232;re tentative de rallier des forces qui &#233;choua sur le m&#234;me &#233;cueil de l&#233;gislation r&#233;pressive sur la terre et de nationalisme grand-russe qui avaient contribu&#233; aux &#233;checs de Koltchak et de D&#233;nikine avant lui. Pour le troisi&#232;me anniversaire de la r&#233;volution l'Arm&#233;e Rouge, ayant repouss&#233; Wrangel en Crim&#233;e, mit en d&#233;route son arm&#233;e et il fut forc&#233; d'&#233;vacuer 145 000 partisans des Blancs dans des navires de guerre fran&#231;ais et britanniques.&lt;/p&gt; &lt;h2&gt;Pourquoi les Blancs ont perdu&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Malgr&#232; les immenses privations des ann&#233;es de guerre les bolcheviks r&#233;ussirent &#224; vaincre les forces immenses qui s'&#233;taient dress&#233;es contre eux. Pour Richard Pipes, qui est pr&#234;t &#224; attribuer le d&#233;but de la guerre &#224; l'id&#233;ologie bolchevik, les &#171; facteurs d&#233;cisifs &#187; pour l'issue de la guerre &#171; sont d'une nature objective &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote88anc&#034; href=&#034;#sdfootnote88sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;88&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Par &#171; objective &#187;, il entend la taille g&#233;ographique de la Russie, le contr&#244;le bolchevik d'un territoire avec une population plus nombreuse, et la plus grande quantit&#233; d'armes du c&#244;t&#233; Rouge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est certain que les bolcheviks &#233;taient plus forts dans les bastions urbains, relativement prot&#233;g&#233;s de l'intervention Alli&#233; directe dans le nord, la Sib&#233;rie et la Crim&#233;e. La taille du pays et la location des ennemis de la r&#233;volution &#224; ses p&#233;riph&#233;ries, o&#249; ils avaient &#233;t&#233; pouss&#233;s dans les premiers mois de la guerre, laissa d'abord au gouvernement sovi&#233;tique le temps de construire une arm&#233;e. Cependant, les distances immenses posaient aussi des probl&#232;mes &#233;normes pour le mouvement et le ravitaillement des troupes &#8211; avec des fronts en mouvement constant l'Arm&#233;e Rouge a d&#251; s'&#233;tirer sur un vaste territoire afin de prot&#233;ger le centre. La dislocation des transports, y compris le contr&#244;le Alli&#233; du chemin de fer Transsib&#233;rien et les combats continus dans la r&#233;gion de la Volga, ont annul&#233; beaucoup des avantages potentiels qu'il y avait &#224; &#234;tre au centre d'un r&#233;seau ferr&#233;, en rendant difficile le transports des ravitaillements et en n&#233;cessitant la r&#233;quisition de nourriture par les soldats du front.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Selon les chiffres de Pipes, les bolcheviks contr&#244;laient les territoires avec la plus haute concentration d'industries de guerre, avec 46,3% &#224; Moscou et Petrograd, 38,6% dans les Ourals sous occupation Blanche, et 25,1% en Pologne et dans les territoires occup&#233;s par les allemands &#224; l'ouest. Cependant, comme le reconna&#238;t Pipes lui-m&#234;me, cet &#171; avantage &#187; douteux &#233;tait une abstraction, car &#171; en 1918 les industries de d&#233;fense russes avaient pratiquement cess&#233; de fonctionner &#187; et ne red&#233;marr&#232;rent pas avant la fin de cette ann&#233;e.&lt;a name=&#034;sdfootnote89anc&#034; href=&#034;#sdfootnote89sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;89&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; M&#234;me quand la production recommen&#231;a il y avait des probl&#232;mes &#233;normes pour r&#233;approvisonner l'arm&#233;e. Le d&#233;clin massif de la production industrielle, coupl&#233; aux dysfonctionnements des transports et &#224; la s&#233;paration d'avec les r&#233;gions contenant des mati&#232;res premi&#232;res, signifi&#232;rent que les bolcheviks se contentaient de stocks de l'arm&#233;e tsariste. M&#234;me s'il y a avait des stocks importants (2,5 millions de fusils, 12 000 canons, 2,8 million d'obus d'artillerie), Trotsky d&#233;crivit l'h&#233;ritage tsariste comme &#233;tant chaotique: &#171; Il y avait trop de certaines choses, pas assez d'autres choses, et, par ailleurs, nous ne savions tout simplement pas ce que nous poss&#233;dions. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le blocus des Alli&#233;s aggrava encore la situation, en emp&#234;chant tout fourniture de mat&#233;riel militaire aux bolcheviks depuis l'&#233;tranger &#8211; un probl&#232;me dont les Blancs ne souffraient pas. En cons&#233;quence, un rapport de la Cinqui&#232;me Arm&#233;e sur le front de l'est note que &#171; 50% des hommes de l'Arm&#233;e Rouge n'ont pas de chaussures, de manteaux ou de sous-v&#234;tements. Quand les nuits deviennent froides, les maladies caus&#233;es par le froid augmentent tous les jours. &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote90anc&#034; href=&#034;#sdfootnote90sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;90&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; M&#234;me quand des fournitures &#233;taient envoy&#233;es elles n'arrivaient pas toujours jusqu'aux fronts: &#171; En &#233;t&#233; 1919 il y avait une p&#233;nurie aigu&#235; de balles ; les arm&#233;es sur le front sud, o&#249; les combats &#224; ce moment &#233;taient particuli&#232;rement &#226;pres, &#233;taient oblig&#233;s de vivre au jour le jour, avec des stocks de balles qui n'auraient pas &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s suffisants pour un r&#233;giment pour une seule journ&#233;e de combat intensif pendant la Premi&#232;re Guerre Mondiale &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote91anc&#034; href=&#034;#sdfootnote91sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;91&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1920, &lt;i&gt;apr&#232;s&lt;/i&gt;&lt;span&gt; que la production de guerre ait &#233;t&#233; remise sur pieds, Trotsky pouvait &#233;crire : &#171; Nous n'avions pas de r&#233;serves. Chaque fusil, chaque cartouche, chaque paire de bottes &#233;taient envoy&#233;e, directement de la machine ou du tour qui l'avait produit, vers le front. &#187; Les avanc&#233;es de l'Arm&#233;e Rouge en &#233;tait souvent affect&#233; : &#171; La fourniture en munitions et fusils donna toujours bien du fil &#224; retordre. Parfois, le fil cassait. Alors, nous perdions des hommes et du terrain. &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote92anc&#034; href=&#034;#sdfootnote92sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;92&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les circonstances objectives prises isol&#233;ment ne signifiaient par cons&#233;quent pas que la victoire de l'Arm&#233;e Rouge &#233;tait in&#233;vitable. Si les bolcheviks n'avaient pas pu compter sur un soutien politique plus grand que pour leurs ennemis les avantages offerts par leurs circonstances objectives auraient &#233;t&#233; beaucoup moins d&#233;cisifs. De m&#234;me, des facteurs consid&#233;r&#233;s comme &#171; objectifs &#187; du c&#244;t&#233; Blanc &#8211; les difficult&#233;s de recrutement, la d&#233;pendance envers des arm&#233;es non fiables comme les Cosaques, les h&#233;sitations des puissances Alli&#233;es et le manque de coop&#233;ration entre arm&#233;es &#8211; sont tous influenc&#233;s par les choix politiques fait par eux et par d'autres groupes de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;gimes Blancs rendait les terres et les usines aux propri&#233;taires, d&#233;niaient aux travailleurs leurs droits syndicaux, et se caract&#233;risaient par la corruption, la d&#233;cadence, la sp&#233;culation et une &#226;pre r&#233;pression de la population. La classe au nom de laquelle les Blancs combattaient &#233;tait faible et d&#233;clinante, et donnait dans son agonie de sauvages coups de griffes. Dans les centres industriels contr&#244;l&#233;s par les Blancs un r&#232;gne de terreur envers les ouvriers &#233;tait habituel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le Donbass, un ouvrier sur dix &#233;tait ex&#233;cut&#233; si la production de charbon baissait, et &#171; certains ouvriers &#233;taient tu&#233;s simplement parce qu'ils &#233;taient ouvriers, avec le slogan &#034;Mort aux mains calleuses&#034;.&lt;a name=&#034;sdfootnote93anc&#034; href=&#034;#sdfootnote93sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;93&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Koltchak tout autant que D&#233;nikine consid&#233;raient que leur mission &#233;tai la restauration d'une &#171; Russie grande et indivisible &#187;, une politique qui rebutait leurs alli&#233;s potentiels parmi les Cosaques &#8211; dont beaucoup refus&#232;rent de combattre dans les derni&#232;res batailles de la guerre civile. Une grande partie de la population sous le r&#232;gne de D&#233;nikine &#233;tait compos&#233;e de non-russes qui n'avaient aucun int&#233;r&#234;t &#224; faire revenir l'oppression de la &#171; prison des peuples &#187; tsariste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le refus de Koltchak de tol&#233;rer l'ind&#233;pendance de la Finlande causa le refus de la Finlande de soutenir la marche de Ioud&#233;nitch sur Petrograd pendant l'hiver 1919.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;gimes Blancs ne r&#233;ussirent pas &#224; mobiliser des grands nombres de gens. Les classes qui s'identifiaient &#224; eux &#8211; les officiers, les propri&#233;taires terriens, les propri&#233;taires d'usines, la classe moyenne et l'intelligentsia &#8211; suffisaient sans doute pour construire une arm&#233;e forte et attirer l'aide ext&#233;rieure, mais les soul&#232;vements plus larges contre les bolcheviks qu'ils esp&#233;raient ne survinrent pas. D&#233;nikine fit de grands efforts pour baser l'id&#233;ologie Blanche &#171; sur des symboles simples, incontestables &#187;, mais comme il le recconnut lui-m&#234;me, &#171; Ceci s'av&#233;ra extraordinairement difficile. &#034;La politique&#034; fit irruption dans notre travail. Dans la vie de l'arm&#233;e aussi, elle fit spontan&#233;ment irruption &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote94anc&#034; href=&#034;#sdfootnote94sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;94&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;crit par l'un des g&#233;n&#233;raux de Koltchak comme &#171; Dans l'arm&#233;e, la d&#233;cadence ; chez les officiers, l'ignorance et l'incomp&#233;tence ; dans le gouvernement, le pourrissement moral, la discorde et les intrigues d'ambitieux &#233;gotistes ; dans le pays, les soul&#233;vements et l'anarchie ; dans la vie publique, la panique, l'&#233;go&#239;sme, les pots-de-vin et toutes les esp&#232;ces de sc&#233;l&#233;ratesse &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote95anc&#034; href=&#034;#sdfootnote95sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;95&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; le r&#233;gime Blanc d'Omsk &#233;tait une dictature brutale et arbitraire. Il liquida les syndicats et proc&#233;da &#224; des repr&#233;sailles f&#233;roces contre les paysans qui abritaient des partisans &#8211; repr&#233;sailles qui r&#233;voltaient la population et en pouss&#232;rent beaucoup vers le bolchevisme. Quand Omsk fut prise par l'Arm&#233;e Rouge en novembre 1919, ce fut avec la participation volontaire d'un grand nombre de recrues paysannes. Dans beaucoup de villes de Sib&#233;rie les travailleurs renvers&#232;rent le r&#233;gime de Koltchak avant que les troupes Rouges n'arrivent. A Irkoutsk un Centre Politique fut &#233;tabli pour gouverner &#224; la place des Blancs, qui fut &#224; son tour remplac&#233; par un comit&#233; r&#233;volutionnaire essentiellement bolchevik mis en place par les travailleurs en janvier 1920, auquel Koltchak fut livr&#233; apr&#232;s sa capture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Blancs ont perdu parce qu'ils &#233;taient moins populaires dans les classes majoritaires en Russie, un facteur qui g&#234;na leurs capacit&#233;s militaires quand il devint n&#233;cessaire de construire une vaste arm&#233;e de conscrits. Comme le nota L&#233;nine en juillet 1919, &#171; c'est pr&#233;cis&#233;ment cette mobilisation g&#233;n&#233;rale qui perdrait D&#233;nikine comme elle a perdu Koltchak. Tant que son arm&#233;e &#233;tait une arm&#233;e de classe, tant qu'elle &#233;tait compos&#233;e de volontaires, ennemis du socialisme, elle &#233;tait stable et forte. Mais d&#232;s qu'il a impos&#233; le service obligatoire, il pu, &#233;videmment, mettre promptement sur pied des troupes. mais plus elles sont nombreuses, moins c'est une arm&#233;e de classe et plus elle est faible. &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote96anc&#034; href=&#034;#sdfootnote96sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;96&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui arriva &#8211; des r&#233;voltes &#224; l'arri&#232;re de l'arm&#233;e de D&#233;nikine le forc&#232;rent &#224; y renvoyer des troupes du front, et le fait assurer la conscription d'une population hostile augmenta ses difficult&#233;s, en affaiblissant sa capacit&#233; d'avancer sur Moscou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un autre &#171; facteur objectif &#187; cit&#233; par Pipes est le &#171; sens peu d&#233;velopp&#233; du patriotisme dans la population russe &#187;,&lt;a name=&#034;sdfootnote97anc&#034; href=&#034;#sdfootnote97sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;97&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; une position qui correspond &#224; l'analyse menchevik de cette &#233;poque du peuple russe comme un ensemble de masses immatures, turbulentes, sans conscience de ce que signifiaient la r&#233;volution et la guerre. Mais le patriotisme n'&#233;tait pas peu d&#233;velopp&#233; au d&#233;but de la Premi&#232;re Guerre Mondiale &#8211; m&#234;me si 1 million de d&#233;serteurs avaient &#233;t&#233; attendus, seuls quelques milliers sur 15 millions r&#233;pondirent &#224; la mobilisation. Ce qui arriva par la suite fut l'effondrement du nationalisme et de la loyaut&#233; envers la vieille classe dominante, et pas en avant fantastique de la conscience collective. Il serait plus juste d'attribuer le manque de popularit&#233; des Blancs au changement g&#233;n&#233;ralis&#233; des attitudes &lt;i&gt;au-del&#224;&lt;/i&gt;&lt;span&gt; du nationalisme russe vers le gouvernement autonome et la libert&#233; nationale, un objectif incarn&#233; par le parti bolchevik et que les Blancs mena&#231;aient d'an&#233;antir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pipes explique que la pr&#233;tention bolchevik &#224; un soutien de masse est &#171; enti&#232;rement inapplicable &#187; alors qu' &#171; il est assur&#233; et maintenu par la force &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote98anc&#034; href=&#034;#sdfootnote98sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;98&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Il est clair que la r&#233;pression &#233;tait une composante de la guerre civile. Renverser l'ancienne classe dominante et lui mener la guerre ne peut &#234;tre qu'autoritaire et r&#233;pressif. Friedrich Engels a &#233;crit : &#171; Une r&#233;volution est certainement la chose la plus autoritaire qui soit, c'est l'acte par lequel une fraction de la population impose sa volont&#233; &#224; l'autre au moyen de fusils, de ba&#239;onnettes et de canons, moyens autoritaires s'il en est &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote99anc&#034; href=&#034;#sdfootnote99sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;99&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Il pointait la simple r&#233;alit&#233; qu'afin d'&#234;tre victorieuse la r&#233;volution doit &#234;tre pr&#233;par&#233;e &#224; se montrer sans merci avec ses ennemis, internes et externes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, la r&#233;pression n'&#233;tait pas le facteur d&#233;cisif pour la conservation du pouvoir par les bolcheviks. La classe ouvri&#232;re et la paysannerie russes avaient fait la r&#233;volution pour terminer une guerre et s'&#233;taient retir&#233;s des tranch&#233;es malgr&#233; les menaces de r&#233;pression. Ce serait d&#233;fier la logique que de pr&#233;tendre que les bolcheviks auraient pu construire et maintenir une arm&#233;e de 3 millions d'hommes et les mobiliser pour de nouveaux combats simplement par la force. La meilleure forme de recrutement &#233;tait l'enthousiasme. Alors que les Blancs ne pouvaient proposer que le monde ancien ou pire, les bolcheviks avaient &#8211; malgr&#233; les privations &#8211; pris le pouvoir aux exploiteurs, donn&#233; la terre aux paysans et &#233;tabli le contr&#244;le ouvrier. Les choix politiques ne peuvent pas &#234;tre r&#233;duits simplement &#224; des r&#233;actions &#224; des circonstances &#171; objectives &#187;. Ceux qui soutenaient les bolcheviks d&#233;fendaient les avanc&#233;es de la r&#233;volution afin de les &#233;tendre, et &#233;taient donc motiv&#233;s par des &#233;motions beaucoup plus positives que la peur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci est un fait qui &#233;chappe peut-&#234;tre aux historiens contemporains, qui n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; l'attention des Blancs. L'un de leurs espions &#224; Petrograd en 1919 nota dans un rapport que &#171; les &#233;l&#233;ments ouvriers, au moins une grande partie d'entre eux, ont toujours des inclinations bolcheviks... Du point de vue psychologique, ils identifient le pr&#233;sent avec l'&#233;galit&#233; et le pouvoir des soviets et les Blancs avec l'ancien r&#233;gime et son m&#233;pris pour les masses &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote100anc&#034; href=&#034;#sdfootnote100sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;100&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Au plus fort de la pouss&#233;e de Koltchak vers l'ouest au printemps 1919 les ouvriers d'Orenbourg organis&#232;rent la d&#233;fense de leur ville en en emp&#234;ch&#232;rent la prise par les Blancs, et quand D&#233;nikine mena&#231;a Toula, la principale base d'armements des Rouges, 250 000 d&#233;serteurs afflu&#232;rent &#224; nouveau vers l'Arm&#233;e Rouge simplement d'Orel et de Moscou. Le prix de la victoire Blanche aurait &#233;t&#233; l'annihilation des avanc&#233;es d'Octobre, et la majorit&#233; de la population ne voulait pas du tsarisme ou de la dictature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, si les blancs avaient gagn&#233;, l'alternative aurait &#233;t&#233; bien pire que la restauration de l'ancien r&#233;gime. A mesure que la guerre balayait le centre, l'alternative &#233;tait de plus en plus claire. Comme le plastronnait depuis l'exil en Allemagne apr&#232;s la prise du pouvoir par Mussolini l'un des g&#233;n&#233;raux de Koltchak, Sakharov, &#171; Le mouvement Blanc &#233;tait dans son essence la premi&#232;re manifestation du fascisme &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote101anc&#034; href=&#034;#sdfootnote101sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;101&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les puissances imp&#233;rialistes &#233;taient tout aussi conscientes de la solidit&#233; de la popularit&#233; des bolcheviks. Un memo pour le minist&#232;re britannique de la guerre en juillet 1919 illustre ceci : &#171; Il est impossible d'expliquer la stabilit&#233; du gouvernement bolchevik par le seul terrorisme... Quand les fortunes bolcheviks semblaient au plus bas, une offensive des plus vigoureuses fut lanc&#233;e devant laquelle les forces de Koltchak sont encore en cours de retraite. Non pas le terrorisme, ni m&#234;me un patient acquiescement, mais quelque chose comme l'enthousiasme est n&#233;cessaire pour cela. Nous devons admettre que l'actuel gouvernement russe est accept&#233; par le gros du peuple russe &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote102anc&#034; href=&#034;#sdfootnote102sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;102&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;h2&gt;Le d&#233;bat r&#233;cent&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es le d&#233;bat sur la r&#233;volution russe a chang&#233;. L'effondrement du stalinisme a amen&#233; un renforcement de la position d'historiens conservateurs comme Richard Pipes selon laquelle la r&#233;volution d'octobre &#233;tait un coup d'&#233;tat, le totalitarisme &#233;tait une caract&#233;ristique du parti bolchevik depuis le d&#233;but, et la guerre civile a permis l'accomplissement des objectifs dictatoriaux des bolcheviks.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien qu'&#233;crite au milieu des ann&#233;es 70, la phrase du socio-historien Roger Pethybridge, &#171; La violence de la guerre civile &#233;tait un r&#233;sultat de la prise du pouvoir par L&#233;nine sans un mandat g&#233;n&#233;ral &#187;,&lt;a name=&#034;sdfootnote103anc&#034; href=&#034;#sdfootnote103sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;103&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; trouve son &#233;cho dans la formulation plus r&#233;cente d'Evan Mawdsley : &#171; La guerre civile et le stalinisme &#233;taient des cons&#233;quences probables de la prise de pouvoir &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote104anc&#034; href=&#034;#sdfootnote104sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;104&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Une approche de la r&#233;volution et de ses suites peut &#234;tre observ&#233;e dans des textes se basant sur l'histoire sociale, sur la perspective de la classe ouvri&#232;re et de la paysannerie, mais qui arrivent &#224; des conclusions qui sont le miroir de l'approche conservatrice. La conclusion du livre d'Orlando Figes, &lt;i&gt;La Trag&#233;die d'un Peuple&lt;/i&gt;&lt;span&gt;, et que le destin de la r&#233;volution &#233;tait in&#233;vitable, car la population &#233;tait trop arri&#233;r&#233;e et immature pour emp&#234;cher les bolcheviks d'utiliser la r&#233;volution &#224; ses propres fins.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces deux courants historiques sur la Russie sont en partie aliment&#233;s par un d&#233;couragement envers le projet r&#233;volutionnaire apr&#232;s l'effondrement du stalinisme. Cependant, autant la r&#233;surgence des attitudes conservatrices de la Guerre Froide que l'&#233;mergence de livres pessimistes, quoique plus lib&#233;raux, sont li&#233;es aux faiblesses de l'approche d'authentiques socio-historiens durant les deux derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;a name=&#034;sdfootnote105anc&#034; href=&#034;#sdfootnote105sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;105&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Ces historiens, parmi lesquels Diane Koenker, William Rosenberg, Daniel Kaiser et Steve Smith, ont &#233;crit de bons textes, montrant une sympathie globale pour le projet r&#233;volutionnaire. Cependant, un manque de clart&#233; sur la nature de l'Union Sovi&#233;tique apr&#232;s la mont&#233;e du pouvoir de Staline a amen&#233; uen confusion g&#233;n&#233;ralis&#233;e depuis l'effondrement du stalinisme. Sheila Fitzpatrick l'a r&#233;sum&#233;e ainsi : &#171; Tous les chercheurs s&#233;rieux sur l'ex-Union Sovi&#233;tique sont en cours de r&#233;ajustement conceptuel, tout comme les physiciens et les biologistes le feraient s'ils &#233;taient confront&#233;s &#224; un afflux soudain de nouvelles donn&#233;es exp&#233;rimentales, pour ne pas mentionner un nouveau mode d'exp&#233;rimentation &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote106anc&#034; href=&#034;#sdfootnote106sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;106&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'approche de l'histoire par en bas adopt&#233;e par ces historiens a &#233;galement souffert de sa concentration sur le mouvement populaire &#224; l'exclusion des autres forces de classes de la soci&#233;t&#233; russe &#8211; une faiblesse qui contribue &#224; une croyance selon laquelle les options des bolcheviks pendant la p&#233;riode de la guerre civile &#233;taient d&#233;termin&#233;es exclusivement par les demandes et les aspirations des ouvriers et des paysans, et non pas form&#233;s &#233;galement par le r&#244;le des autres classes &#224; la fois en Russie qu'&#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question de l'id&#233;ologie et de la conscience de classe est aussi importante ici. L'approche de l'historie par en bas accepte qu'il y avait un soutien du mouvement populaire aux bolcheviks, mais elle tend &#224; voir cette connection comme &#233;tant une co&#239;ncidence, les id&#233;es politiques des travailleurs &#233;tant un r&#233;sultat direct des changements sociaux qui avaient lieu, de sorte qu'ils s'&#233;loign&#232;rent des bolcheviks &#224; mesure que les circonstances sociales changeaient. Une analyse &#233;quilibr&#233;e du champ politique durant la guerre civile doit cependant prendre en compte non seulement l'impact des circonstances sociales sur les id&#233;es politiques et les identifications partidaires, mais aussi la fa&#231;on dont le processus de la r&#233;volution a immens&#233;ment transform&#233; la politique, et la force de l'ancrage de ces id&#233;es pendant la guerre civile. Si l'on ne comprend pas &#224; quel point les conceptions sur la soci&#233;t&#233; ont &#233;t&#233; transform&#233;es, il est impossible de comprendre pleinement comment la guerre civile a &#233;t&#233; men&#233;e, et encore moins comment elle a &#233;t&#233; gagn&#233;e. Comme l'a &#233;crit Mike Haynes, ne pas int&#233;grer le r&#244;le de la politique dans l'histoire sociale am&#232;ne les historiens &#224; prendre une position qui :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;...consid&#232;re en m&#234;me temps la divergence [entre les bolcheviks et le mouvement populaire] comme &#233;tant in&#233;vitable et qui s'approche de la position d&#233;fendue par beaucoup de mencheviks apr&#232;s octobre 1917... selon laquelle les bolcheviks chevauchaient la cr&#234;te d'une vague momentan&#233;e et auraient d&#251; avoir le bon sens de se rendre compte que cela ne pouvait pas durer et par cons&#233;quent refus&#233; le pouvoir. Cela absout &#233;galement, bien s&#251;r, les autres partis de toute responsabilit&#233; pour les d&#233;veloppements de la r&#233;volution qui suivirent et affaiblit l'analyse des choix qu'ils ont fait.&lt;a name=&#034;sdfootnote107anc&#034; href=&#034;#sdfootnote107sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;107&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Les faiblesses de la socio-histoire peuvent &#234;tre vues dans le livre de Christopher Read &lt;i&gt;From Tsar to Soviets&lt;/i&gt;&lt;span&gt;. En cherchant &#224; replacer le mouvement populaire au coeur de la r&#233;volution et de la guerre civile, Read accepte n&#233;anmoins le lien L&#233;nine-Staline, en pr&#233;tendant que ce furent &#171; les bolcheviks, et non la contre-r&#233;volution, qui &#233;cras&#232;rent le mouvement populaires &#8211; pendant la guerre civile, au moment de Tambov et Cronstadt et, pour finir, &#224; travers la collectivisation et la Grande Terreur qui ont sembl&#233; l'avoir extirp&#233; pour de bon &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote108anc&#034; href=&#034;#sdfootnote108sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;108&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'interrelation entre politique et circonstances mat&#233;rilles est particuli&#232;rement &#233;vidente pendant la p&#233;riode de la guerre civile : le processus r&#233;volution a transform&#233; les id&#233;es politiques, et les imp&#233;ratifs politiques ont donn&#233; leurs formes aux mesures politiques et militaires. Cependant une analyse qui comprend l'ind&#233;pendance relative de la conscience perd de sa puissance si l'id&#233;ologie est ensuite vue comme &lt;i&gt;le&lt;/i&gt;&lt;span&gt; moteur du changement historique. Ainsi Read, en insistant que &#171; chose ironique, une raison, peut-&#234;tre la raison-cl&#233; de l'&#233;chec du &#034;sc&#233;nario de r&#234;ve&#034; ne se trouvait pas parmi les ennemis de la r&#233;volution sur la droite... mais parmi ses &#034;amis&#034; bolcheviks, &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote109anc&#034; href=&#034;#sdfootnote109sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;109&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; arrive &#224; une conclusion proche de l'opinion conservatrice selon laquelle l'id&#233;ologie bolchevik, et non les circonstances mat&#233;rielles, &#233;taient &#224; la base de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la r&#233;volution.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h2&gt;L'h&#233;ritage&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;La r&#233;volution emporta la victoire dans la guerre civile, mais en payant un prix immense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;La guerre civile a d&#233;vast&#233; la production industrielle : la production industrielle totale chuta de 18% &#224; partir de son niveau d&#233;j&#224; extr&#234;mement bas d'avant-guerre. En 1920 la production de fonte n'&#233;tait que de 2,4% de son niveau d'avant-guerre, le chiffre &#233;quivalent pour le charbon &#233;tant de 27%, pour le sucre de 6,7%, pour les machines de g&#233;nie &#233;lectrique 5,4% et pour les biens en coton 5,1%.&lt;a name=&#034;sdfootnote110anc&#034; href=&#034;#sdfootnote110sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;110&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;Le blocus &#233;tranger a r&#233;duit les importations et les exportations &#224; une fraction minuscule de leur niveaux de 1917, avec comme cons&#233;quences l'extension de la faim et de la maladie. A la fin de la guerre 350 00 personnes &#233;taient mortes sur le champ de bataille et 450 000 de maladie. Entre la fin 1918 et la fin 1920 la faim, le froid et la maladie ont tu&#233; 9 millions de personnes &#8211; le typhus a tu&#233; un million de perssones durant la seule ann&#233;e 1920. L'effort de guerre avait &#171; pill&#233; toute la Russie &#187; et d&#233;truit une grande partie de ses industries. Les courroies de ventilateur &#233;taient arrach&#233;es des machines pour faire des bottes pour l'arm&#233;e ; 64 des plus grandes usines de Petrograd ont d&#251; fermer par manque de carburant. Selon l'historien de l'&#233;conomie Kritsman, &#171; Une telle chute des forces productives... d'une soci&#233;t&#233; immense de 100 millions de personnes... est sans exemple dans l'historie de l'humanit&#233; &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote111anc&#034; href=&#034;#sdfootnote111sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;111&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Il est difficile d'exprimer toute l'ampleur du cataclysme pour la soci&#233;t&#233; russe. Read la r&#233;sume bien : &#171; Des termes tels que crise et effondrement sont utilis&#233;s fr&#233;quemment aujourd'hui, m&#234;me pour d&#233;crire des situations o&#249; la croissance &#233;conomique chute au-dessous de 2%. Il n'y a pas de mot assez fort quand on parle de la situation de la Russie pendant ces ann&#233;es &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote112anc&#034; href=&#034;#sdfootnote112sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;112&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'impact de la guerre n'&#233;tait pas seulement &#233;conomique. Toutes les grandes classes sont pass&#233;s par des changements gigantesques : &lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;La structure sociale de la Russie n'avait pas &#233;t&#233; simplement renvers&#233;e; elle &#233;tait bris&#233;e et d&#233;truite. Les classes sociales qui s'&#233;taient battues si implacablement et furieusement au cours de la guerre civile &#233;taient toutes, avec l'exception partielle de la paysannerie, soit &#233;puis&#233;es et prostr&#233;es ou pulveris&#233;es. L'aristocratie terrienne avait p&#233;ri dans ses maisons en flammes et sur les champs de bataille de la guerre civile; les survivants s'&#233;taient &#233;chapp&#233;s &#224; l'&#233;tranger avec les restes des arm&#233;es Blanches qui se dispersaient selon les vents. De la bourgeoisie, jamais tr&#232;s nombreuse et n'ayant jamais eu vraiment confiance en elle au point de vue politique, beaucoup p&#233;rirent aussi ou &#233;migr&#232;rent. Ce qui avaient sauv&#233; leurs peaux.... &#233;taient simplement l'&#233;pave de leur classe &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote113anc&#034; href=&#034;#sdfootnote113sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;113&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Quoique victorieux contre leurs ennemis de classe, la classe ouvri&#232;re &#233;tait d&#233;vast&#233;e elle aussi. Dans la Russie globalement elle &#233;tait r&#233;duite &#224; 43% de ses anciens effectifs. La population de Petrograd a chut&#233; de 2,4 millions en 1917 &#224; 574 000 en 1920 &#8211; une chute de 76% par rapport &#224; octobre 1917. Ceux qui travaillaient dans les usines &#233;taient souvent d'autres ouvriers que ceux qui avaient fait la r&#233;volution. L'arm&#233;e avait assech&#233; les centres urbains des travailleurs les plus militants, qui &#233;taient remplac&#233;s dansles usines par des paysans qui souvent n'avaient pas le m&#234;me enthousiasme r&#233;volutionnaire. A la fin de la guerre, les bolcheviks dirigeaient au nom d'une classe qui &#233;tait au mieux l'ombre de ce qu'elle avait &#233;t&#233; : &#171; Le premier gouvernement prol&#233;tarien dans le monde a d&#251; regarder la classe sur laquelle elle pr&#233;tendait se baser diminuer &#224; partir d'une position minoritaire d&#233;j&#224; faible &#187;.&lt;a name=&#034;sdfootnote114anc&#034; href=&#034;#sdfootnote114sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;114&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Naturellement, le parti lui-m&#234;me changeait &#224; mesure que la classe ouvri&#232;re se d&#233;sint&#233;grait. Les distorsions parmi les bolcheviks n'avaient pas de motivations id&#233;ologiques. Un parti r&#233;volutionnaire d&#233;pend de ses liens et de ses racines dans la classe ouvri&#232;re, en apprenant de la classe comme en la dirigeant. Sans cette classe, le parti devient isol&#233; &#8211; le sang dont il a besoin pour maintenir sa sant&#233; est r&#233;duit dramatiquement. De plus, formant les troupes d'&#233;lite de l'Arm&#233;e Rouge, 50% des membres du Parti Communiste qui ont combattu dans la guerre civiel ont &#233;t&#233; tu&#233;s, bless&#233;s ou sont tomb&#233;s malades apr&#232;s les grandes batailles, estime-t-on. Les cellules du parti en-dehors de l'arm&#233;e ont aussi &#233;t&#233; frapp&#233;es durement par la guerre. La composante ouvri&#232;re du parti s'est &#233;rod&#233;e. En 1917 les ouvriers avaient form&#233; 60% du parti ; en 1920-1921 cette proportion &#233;tait tomb&#233;e &#224; 41%, dont le gros travaillait pour l'Etat ou pour l'arm&#233;e plut&#244;t que dans les usines. Des carri&#233;ristes adh&#233;r&#232;rent en grands nombres, diluant encore plus la composition du parti. En m&#234;me temps, le gouvernement sovi&#233;tique r&#232;gnait sur une majorit&#233; paysanne de plus en plus hostile. Il y eut des gr&#232;ves &#224; Petrograd, des r&#233;voltes &#224; la campagne, et la garnison de Cronstadt se mutina en mars 1921. Une fois les ennemis imm&#233;diats vaincus, les privations que la population avaient endur&#233;es pendant trois ans devinrent la cause de conflits dramatiques avec le gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour comprendre les changements dans le parti il est essentiel de comprendre l'impact de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence social et du d&#233;sastre &#233;conomique sur les principes et l'id&#233;ologie politique. La distance entre les r&#234;ves et la r&#233;alit&#233; s'&#233;tait agrandie consid&#233;rablement au cours de la guerre, amenant parfois les bolcheviks &#224; chanter les louanges de mesures mises en oeuvre du fait d'une terrible n&#233;cessit&#233;. Il y eut des mouvements politiques profonds dans ces circonstances &#8211; il aurait &#233;t&#233; incroyable qu'il n'y eut point. Mais ceci ne signifie pas que le stalinisme &#233;tait le r&#233;sultat in&#233;vitable de la politique bolchevik, ou que le l&#233;ninisme r&#233;volutionnaire contenait en lui-m&#234;me les germes de sa propre destruction. Comme l'&#233;crivit Victor Serge, &#171; &lt;span lang=&#034;fr-FR&#034;&gt;On dit souvent que &#8216;le germe du stalinisme dans son entier &#233;tait dans le bolchevisme &#224; ses d&#233;buts'. Et bien, je n'ai pas d'objections. Seulement, le bolchevisme contenait beaucoup d'autres germes, une masse d'autres germes, et ceux qui ont v&#233;cu l'enthousiasme des premi&#232;res ann&#233;es de la premi&#232;re r&#233;volution socialiste feraient mieux de ne pas l'oublier. Juger un homme vivant d'apr&#232;s les germes mortels que l'autopsie r&#233;v&#232;le dans un cadavre &#8211; et qu'il a pu porter en lui depuis sa naissance &#8211; est-ce bien raisonnable ? &#187;&lt;a name=&#034;sdfootnote115anc&#034; href=&#034;#sdfootnote115sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;115&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La volont&#233; politique et l'enthousiasme r&#233;volutionnaire accomplirent des miracles au cours de la guerre civile, dans un contexte de conditions sociales d&#233;sastreuses. Mais les bolcheviks ne pouvaient pas construire une soci&#233;t&#233; socialiste par la simple force de la volont&#233;. Il est remarquable que les bolcheviks ait tenu aussi longtemps, et c'est un signe de l'organisation et de la discipline du parti, et de l'impulsion puissante que la r&#233;volution avait donn&#233; &#224; la cr&#233;ativit&#233; et &#224; l'engagement, que m&#234;me en 1928, lors de la consolidation du pouvoir de Staline, il a &#233;t&#233; oblig&#233; de balayer physiquement ses derniers vestiges en assassinant ou en exilant les vieux bolcheviks.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est &#224; regretter que tant d'historiens, manquant d'id&#233;es claires sur la nature du r&#233;gime qui a fini par d&#233;capiter la r&#233;volution, ont fait des concessions &#224; la th&#233;orie d'une connection in&#233;vitable entre la Russie r&#233;volutionnaire et la Russie stalinienne. En repla&#231;ant la p&#233;riode de la guerre civile dans son contexte historique, en essayant de d&#233;terminer le poids relatif des circonstances objectives et de l'id&#233;ologie dans la p&#233;riode la plus dramatique de l'histoire de la r&#233;volution, il est possible de contrer ces arguments avec une analyse plus compl&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Heureusement, le stalinisme est mort maintenant, et dans le contexte du brouhaha id&#233;ologique qui en r&#233;sulte, il y a un potentiel &#233;norme pour qu'une lecture authentique de la r&#233;volution russe soit adopt&#233;e plus largement, non comme une le&#231;on d'histoire, mais comme un guide pour les r&#233;volutionnaires d'aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;span style=&#034;font-weight: bold;&#034;&gt;Notes&lt;/span&gt;&lt;br&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote1&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote1sym&#034; href=&#034;#sdfootnote1anc&#034;&gt;1&lt;/a&gt;V P Butt, A B Murphy, N A Myshov and G R Swain (eds), The Russian Civil War: Documents from the Soviet Archives (Macmillan, 1996), pviii.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote2&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote2sym&#034; href=&#034;#sdfootnote2anc&#034;&gt;2&lt;/a&gt; Karl Marx, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm&#034;&gt;Le 18 brumaire de Louis Bonaparte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote3&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote3sym&#034; href=&#034;#sdfootnote3anc&#034;&gt;3&lt;/a&gt; M Ferro, October 1917 (Routledge, 1980), p161.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote4&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote4sym&#034; href=&#034;#sdfootnote4anc&#034;&gt;4 &lt;/a&gt;Ibid, p162.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote5&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote5sym&#034; href=&#034;#sdfootnote5anc&#034;&gt;5 &lt;/a&gt;Ibid, p164.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote6&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote6sym&#034; href=&#034;#sdfootnote6anc&#034;&gt;6&lt;/a&gt; M Phillips Price, &lt;a href=&#034;http://books.google.fr/books?id=YzWopQcq4xUC&amp;pg=PA83&amp;dq=%22The+democracy+has+the+vast+majority+on+its+side%22&amp;sig=XDDdT9N-RsZRqOqhzcaMA2C868E&#034;&gt;Dispatches from the Russian Revolution (Pluto, 1997), p83&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote7&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote7sym&#034; href=&#034;#sdfootnote7anc&#034;&gt;7&lt;/a&gt; C Read, From Tsar to Soviets (UCL, 1996), p191.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote8&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote8sym&#034; href=&#034;#sdfootnote8anc&#034;&gt;8&lt;/a&gt; E Mawdsley, The Russian Civil War (Allen &amp; Unwin, 1987), p22.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote9&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote9sym&#034; href=&#034;#sdfootnote9anc&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://www.marxistsfr.org/francais/lenin/works/1918/03/d7c/vil19180300-02c7.htm&#034;&gt;DISCOURS AU &lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxistsfr.org/francais/lenin/works/1918/03/d7c/vil19180300-02c7.htm&#034;&gt;VIII&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxistsfr.org/francais/lenin/works/1918/03/d7c/vil19180300-02c7.htm&#034;&gt;e&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxistsfr.org/francais/lenin/works/1918/03/d7c/vil19180300-02c7.htm&#034;&gt; CONGR&#200;S EXTRAORDINAIRE DU &lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxistsfr.org/francais/lenin/works/1918/03/d7c/vil19180300-02c7.htm&#034;&gt;P.C.(b)R.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote10&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote10sym&#034; href=&#034;#sdfootnote10anc&#034;&gt;10&lt;/a&gt; Le Parti Socialiste R&#233;volutionnaire, dont la base &#233;tait essentiellement paysanne, avait scissionn&#233; en Gauche et Droite en novembre 1917, les SR de gauche participant &#224; un gouvernement de coalition avec les bolcheviks.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote11&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote11sym&#034; href=&#034;#sdfootnote11anc&#034;&gt;11&lt;/a&gt; V P Butt et al, op cit, p8.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote12&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote12sym&#034; href=&#034;#sdfootnote12anc&#034;&gt;12&lt;/a&gt; O Figes, A People's Tragedy (Pimlico, 1996), p582.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote13&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote13sym&#034; href=&#034;#sdfootnote13anc&#034;&gt;13&lt;/a&gt; V P Butt et al, op cit, p33.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote14&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote14sym&#034; href=&#034;#sdfootnote14anc&#034;&gt;14&lt;/a&gt; M von Hagen, The Soldier in the Proletarian Dictatorship (Cornell University, 1990), p125.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote15&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote15sym&#034; href=&#034;#sdfootnote15anc&#034;&gt;15&lt;/a&gt; V P Butt et al, op cit, pvii.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote16&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote16sym&#034; href=&#034;#sdfootnote16anc&#034;&gt;16&lt;/a&gt; R Pipes, op cit, p63.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote17&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote17sym&#034; href=&#034;#sdfootnote17anc&#034;&gt;17&lt;/a&gt; E Mawdsley, op cit, p43.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote18&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote18sym&#034; href=&#034;#sdfootnote18anc&#034;&gt;18&lt;/a&gt; W Chamberlin, The Russian Revolution, vol 1 (Princeton, 1987), pp409-410.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote19&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote19sym&#034; href=&#034;#sdfootnote19anc&#034;&gt;19&lt;/a&gt; Ibid, p411.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote20&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote20sym&#034; href=&#034;#sdfootnote20anc&#034;&gt;20&lt;/a&gt; Cit&#233; in V Serge, L'an un de la r&#233;volution russe, (La D&#233;couverte, 1997), p.225&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote21&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote21sym&#034; href=&#034;#sdfootnote21anc&#034;&gt;21&lt;/a&gt; Ibid&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote22&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote22sym&#034; href=&#034;#sdfootnote22anc&#034;&gt;22&lt;/a&gt; M Phillips Price, Dispatches from the Weimar Republic (Pluto, 1999), p47.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote23&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote23sym&#034; href=&#034;#sdfootnote23anc&#034;&gt;23&lt;/a&gt; E Mawdsley, op cit, p283.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote24&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote24sym&#034; href=&#034;#sdfootnote24anc&#034;&gt;24&lt;/a&gt; V P Butt et al, op cit, p43.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote25&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote25sym&#034; href=&#034;#sdfootnote25anc&#034;&gt;25&lt;/a&gt; R Pipes, op cit, p74.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote26&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote26sym&#034; href=&#034;#sdfootnote26anc&#034;&gt;26&lt;/a&gt; Cit&#233; ibid, p46.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote27&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote27sym&#034; href=&#034;#sdfootnote27anc&#034;&gt;27&lt;/a&gt; J F C Fuller, The Decisive Battles of the Western World (Paladin, 1970), p403.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote28&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote28sym&#034; href=&#034;#sdfootnote28anc&#034;&gt;28&lt;/a&gt; R Pipes, op cit, p12.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote29&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote29sym&#034; href=&#034;#sdfootnote29anc&#034;&gt;29&lt;/a&gt; C Read, op cit, p184.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote30&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote30sym&#034; href=&#034;#sdfootnote30anc&#034;&gt;30&lt;/a&gt; R Pipes, op cit, p74.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote31&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote31sym&#034; href=&#034;#sdfootnote31anc&#034;&gt;31&lt;/a&gt; E Mawdsley, op cit, p283.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote32&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote32sym&#034; href=&#034;#sdfootnote32anc&#034;&gt;32&lt;/a&gt; E H Carr, The Bolshevik Revolution 1917-1923, vol 2 (Pelican, 1971), p130.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote33&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote33sym&#034; href=&#034;#sdfootnote33anc&#034;&gt;33&lt;/a&gt; R Pipes, op cit, p79.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote34&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote34sym&#034; href=&#034;#sdfootnote34anc&#034;&gt;34&lt;/a&gt; Ibid, p79.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote35&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote35sym&#034; href=&#034;#sdfootnote35anc&#034;&gt;35&lt;/a&gt; O Figes, op cit, p652.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote36&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote36sym&#034; href=&#034;#sdfootnote36anc&#034;&gt;36&lt;/a&gt; W Chamberlin, op cit, vol 2, p170.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote37&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote37sym&#034; href=&#034;#sdfootnote37anc&#034;&gt;37&lt;/a&gt; Ibid, p162.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote38&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote38sym&#034; href=&#034;#sdfootnote38anc&#034;&gt;38&lt;/a&gt; J Reed, Shaking the World: Revolutionary Journalism (Bookmarks, 1998), p246.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote39&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote39sym&#034; href=&#034;#sdfootnote39anc&#034;&gt;39&lt;/a&gt; E H Carr, op cit, p245.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote40&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote40sym&#034; href=&#034;#sdfootnote40anc&#034;&gt;40&lt;/a&gt; E H Carr, op cit, p246.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote41&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote41sym&#034; href=&#034;#sdfootnote41anc&#034;&gt;41&lt;/a&gt; Cit&#233; in Pipes, op cit, p419.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote42&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote42sym&#034; href=&#034;#sdfootnote42anc&#034;&gt;42&lt;/a&gt; Note Ibid p419.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote43&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote43sym&#034; href=&#034;#sdfootnote43anc&#034;&gt;43&lt;/a&gt; C Read, p292.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote44&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote44sym&#034; href=&#034;#sdfootnote44anc&#034;&gt;44&lt;/a&gt; J Jacobson, When the Soviet Union Entered World Politics (University of California, 1994), p13.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote45&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote45sym&#034; href=&#034;#sdfootnote45anc&#034;&gt;45&lt;/a&gt; W Chamberlin, op cit, vol 2, p171.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote46&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote46sym&#034; href=&#034;#sdfootnote46anc&#034;&gt;46&lt;/a&gt; R Pipes, op cit, p6.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote47&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote47sym&#034; href=&#034;#sdfootnote47anc&#034;&gt;47&lt;/a&gt; C Read, op cit, p193.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote48&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote48sym&#034; href=&#034;#sdfootnote48anc&#034;&gt;48&lt;/a&gt; L&#233;on Trotsky, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv35.htm&#034;&gt;Ma Vie, chapitre 33&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote49&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote49sym&#034; href=&#034;#sdfootnote49anc&#034;&gt;49&lt;/a&gt; Cit&#233; in E Wollenberg, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/history/ussr/government/red-army/1937/wollenberg-red-army/ch01.htm&#034;&gt;The Red Army&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote50&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote50sym&#034; href=&#034;#sdfootnote50anc&#034;&gt;50&lt;/a&gt; W Chamberlin, op cit, vol 1, p425.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote51&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote51sym&#034; href=&#034;#sdfootnote51anc&#034;&gt;51 &lt;/a&gt;Ibid, p106.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote52&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote52sym&#034; href=&#034;#sdfootnote52anc&#034;&gt;52&lt;/a&gt; M Haynes, 'Social History and the Russian Revolution', in Essays on Historical Materialism (Bookmarks, 1998), p69.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote53&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote53sym&#034; href=&#034;#sdfootnote53anc&#034;&gt;53&lt;/a&gt; L&#233;nine, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/09/vil19170910a.htm&#034;&gt;La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote54&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote54sym&#034; href=&#034;#sdfootnote54anc&#034;&gt;54&lt;/a&gt; C Read, op cit, p239.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote55&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote55sym&#034; href=&#034;#sdfootnote55anc&#034;&gt;55&lt;/a&gt; E Mawdsley, op cit, p75.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote56&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote56sym&#034; href=&#034;#sdfootnote56anc&#034;&gt;56&lt;/a&gt; Cit&#233; dans E Wollenberg, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/history/ussr/government/red-army/1937/wollenberg-red-army/intro.htm&#034;&gt;op cit&lt;/a&gt;, p12.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote57&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote57sym&#034; href=&#034;#sdfootnote57anc&#034;&gt;57&lt;/a&gt; W Chamberlin, op cit, vol 1, p420.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote58&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote58sym&#034; href=&#034;#sdfootnote58anc&#034;&gt;58&lt;/a&gt; Ibid.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote59&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote59sym&#034; href=&#034;#sdfootnote59anc&#034;&gt;59&lt;/a&gt; M von Hagen, op cit, p334. chapitre VIII&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote60&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote60sym&#034; href=&#034;#sdfootnote60anc&#034;&gt;60&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp8.htm&#034;&gt;La R&#233;volution trahie, &lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp8.htm&#034;&gt;chapitre VIII&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote61&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote61sym&#034; href=&#034;#sdfootnote61anc&#034;&gt;61&lt;/a&gt; L Trotsky, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/archive/trotsky/1918/military/ch02.htm&#034;&gt;How the Revolution Armed: Military Writings&lt;/a&gt; (New Park, 1979), vol 1, p4.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote62&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote62sym&#034; href=&#034;#sdfootnote62anc&#034;&gt;62&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/archive/trotsky/1918/military/ch02.htm&#034;&gt;Ibid, p7.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote63&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote63sym&#034; href=&#034;#sdfootnote63anc&#034;&gt;63&lt;/a&gt; A F Ilyin-Zhenevsky, The Bolsheviks in Power (New Park, 1984), p70.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote64&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote64sym&#034; href=&#034;#sdfootnote64anc&#034;&gt;64&lt;/a&gt; Ibid, p14.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote65&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote65sym&#034; href=&#034;#sdfootnote65anc&#034;&gt;65&lt;/a&gt; Quoted ibid, p34.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote66&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote66sym&#034; href=&#034;#sdfootnote66anc&#034;&gt;66&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/archive/trotsky/1918/military/ch02.htm&#034;&gt;L Trotsky, &lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/archive/trotsky/1918/military/ch02.htm&#034;&gt;How the Revolution Armed&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/archive/trotsky/1918/military/ch02.htm&#034;&gt;, op cit, p7.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote67&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote67sym&#034; href=&#034;#sdfootnote67anc&#034;&gt;67&lt;/a&gt; W Chamberlin, op cit, vol 2, p23.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote68&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote68sym&#034; href=&#034;#sdfootnote68anc&#034;&gt;68&lt;/a&gt; A F Ilyin-Zhenevsky, op cit, p118.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote69&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote69sym&#034; href=&#034;#sdfootnote69anc&#034;&gt;69&lt;/a&gt; Ibid.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote70&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote70sym&#034; href=&#034;#sdfootnote70anc&#034;&gt;70&lt;/a&gt; Cit&#233; in C Read, op cit, p254.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote71&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote71sym&#034; href=&#034;#sdfootnote71anc&#034;&gt;71&lt;/a&gt; L&#233;on Trotsky, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv37.htm&#034;&gt;Ma Vie, chapitre 35&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote72&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote72sym&#034; href=&#034;#sdfootnote72anc&#034;&gt;72&lt;/a&gt; John Reed, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/archive/reed/1921/01/russianow.htm&#034;&gt;Soviet Russia now&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote73&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote73sym&#034; href=&#034;#sdfootnote73anc&#034;&gt;73&lt;/a&gt; John Reed, Shaking the World: Revolutionary Journalism (Bookmarks, 1998), p46.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote74&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote74sym&#034; href=&#034;#sdfootnote74anc&#034;&gt;74&lt;/a&gt; E Wollenberg, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/history/ussr/government/red-army/1937/wollenberg-red-army/ch02.htm&#034;&gt;op cit, p43.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote75&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote75sym&#034; href=&#034;#sdfootnote75anc&#034;&gt;75&lt;/a&gt; V P Butt et al, op cit, p98.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote76&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote76sym&#034; href=&#034;#sdfootnote76anc&#034;&gt;76&lt;/a&gt; L&#233;on Trotsky, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv36.htm&#034;&gt;Ma Vie, chapitre 34&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote77&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote77sym&#034; href=&#034;#sdfootnote77anc&#034;&gt;77&lt;/a&gt; O Figes, op cit, p583.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote78&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote78sym&#034; href=&#034;#sdfootnote78anc&#034;&gt;78&lt;/a&gt; W Chamberlin, op cit, vol 2, p265.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote79&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote79sym&#034; href=&#034;#sdfootnote79anc&#034;&gt;79&lt;/a&gt; Ibid.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote80&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote80sym&#034; href=&#034;#sdfootnote80anc&#034;&gt;80&lt;/a&gt; C Read, op cit, p237.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote81&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote81sym&#034; href=&#034;#sdfootnote81anc&#034;&gt;81&lt;/a&gt; L Trotsky, &lt;a href=&#034;http://www.marxistsfr.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv35.htm&#034;&gt;Ma Vie, chapitre 33&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote82&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote82sym&#034; href=&#034;#sdfootnote82anc&#034;&gt;82&lt;/a&gt; L Trotsky, &lt;a href=&#034;http://www.marxistsfr.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv36.htm&#034;&gt;Ma Vie, chapitre 34&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote83&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote83sym&#034; href=&#034;#sdfootnote83anc&#034;&gt;83&lt;/a&gt; A F Ilyin-Zhenevsky, op cit, p128.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote84&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote84sym&#034; href=&#034;#sdfootnote84anc&#034;&gt;84&lt;/a&gt; Cit&#233; par W Chamberlin, op cit, vol 2, p121.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote85&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote85sym&#034; href=&#034;#sdfootnote85anc&#034;&gt;85&lt;/a&gt; J Reed, op cit, p243.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote86&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote86sym&#034; href=&#034;#sdfootnote86anc&#034;&gt;86&lt;/a&gt; Victor Serge, La Ville en Danger, P&#233;trograd, L'an II de la r&#233;volution russe, in l'An I de la R&#233;volution Russe (La D&#233;couverte, 1997), pp. 500-501 &lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote87&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote87sym&#034; href=&#034;#sdfootnote87anc&#034;&gt;87&lt;/a&gt; L Trotsky, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv39.htm&#034;&gt;Ma Vie, chapitre 37&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote88&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote88sym&#034; href=&#034;#sdfootnote88anc&#034;&gt;88&lt;/a&gt; R Pipes, op cit, p9.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote89&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote89sym&#034; href=&#034;#sdfootnote89anc&#034;&gt;89&lt;/a&gt; Ibid, p12.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote90&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote90sym&#034; href=&#034;#sdfootnote90anc&#034;&gt;90&lt;/a&gt; V P Butt et al, op cit, p99.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote91&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote91sym&#034; href=&#034;#sdfootnote91anc&#034;&gt;91&lt;/a&gt; W Chamberlin, op cit, vol 2, p35.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote92&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote92sym&#034; href=&#034;#sdfootnote92anc&#034;&gt;92&lt;/a&gt; L Trotsky, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv36.htm&#034;&gt;Ma Vie, chapitre 34&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote93&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote93sym&#034; href=&#034;#sdfootnote93anc&#034;&gt;93&lt;/a&gt; O Figes, op cit, p665.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote94&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote94sym&#034; href=&#034;#sdfootnote94anc&#034;&gt;94&lt;/a&gt; Cit&#233; par R Pipes, op cit, p14.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote95&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote95sym&#034; href=&#034;#sdfootnote95anc&#034;&gt;95&lt;/a&gt; Ibid, p195.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote96&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote96sym&#034; href=&#034;#sdfootnote96anc&#034;&gt;96&lt;/a&gt; L&#233;nine, La Situation Actuelle et les T&#226;ches Imm&#233;diates du Pouvoir des Soviets, Oeuvres Compl&#232;tes, tome 29, (Editions Sociales, 1962), p.464&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote97&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote97sym&#034; href=&#034;#sdfootnote97anc&#034;&gt;97&lt;/a&gt; R Pipes, op cit, p135.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote98&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote98sym&#034; href=&#034;#sdfootnote98anc&#034;&gt;98&lt;/a&gt; Ibid, p136.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote99&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote99sym&#034; href=&#034;#sdfootnote99anc&#034;&gt;99&lt;/a&gt; F Engels, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc075.htm&#034;&gt;De l'autorit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote100&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote100sym&#034; href=&#034;#sdfootnote100anc&#034;&gt;100&lt;/a&gt; Cit&#233; par O Figes, p674.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote101&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote101sym&#034; href=&#034;#sdfootnote101anc&#034;&gt;101&lt;/a&gt; C Read, op cit, p198.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote102&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote102sym&#034; href=&#034;#sdfootnote102anc&#034;&gt;102&lt;/a&gt; Cit&#233; par R Pipes, op cit, p97.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote103&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote103sym&#034; href=&#034;#sdfootnote103anc&#034;&gt;103&lt;/a&gt; R Pethybridge, The Social Prelude to Stalinism (Macmillan, 1977), p79.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote104&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote104sym&#034; href=&#034;#sdfootnote104anc&#034;&gt;104&lt;/a&gt; E Mawdsley, op cit, p289.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote105&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote105sym&#034; href=&#034;#sdfootnote105anc&#034;&gt;105&lt;/a&gt; Ma compr&#233;hension des d&#233;bats actuels sur la r&#233;volution doit beaucoup &#224; Mike Haynes. Pour une discussion plus compl&#232;te et plus pointue, voir son texte Social History and the Russian Revolution, in Essays on Historical Materialism, op cit; 'The Debate on Popular Violence and the Popular Movement in the Russian Revolution', in Historical Materialism 2 (Summer 1998); et 'The Return of the Mob', in Journal of Area Studies 13, 1998.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote106&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote106sym&#034; href=&#034;#sdfootnote106anc&#034;&gt;106&lt;/a&gt; S Fitzpatrick, '&lt;a href=&#034;http://www.lrb.co.uk/v21/n03/sheila-fitzpatrick/better-to-bend-the-stick-too-far&#034;&gt;Better To Bend the Stick too Far&lt;/a&gt;', London Review of Books, 4 February 1999.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote107&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote107sym&#034; href=&#034;#sdfootnote107anc&#034;&gt;107&lt;/a&gt; M Haynes, 'The Return of the Mob', op cit.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote108&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote108sym&#034; href=&#034;#sdfootnote108anc&#034;&gt;108&lt;/a&gt; C Read, op cit, p293.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote109&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote109sym&#034; href=&#034;#sdfootnote109anc&#034;&gt;109&lt;/a&gt; Ibid, pp292-293.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote110&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote110sym&#034; href=&#034;#sdfootnote110anc&#034;&gt;110&lt;/a&gt; Voir T Cliff, Lenin, vol 3, (Bookmarks, 1987), pp86-87.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote111&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote111sym&#034; href=&#034;#sdfootnote111anc&#034;&gt;111&lt;/a&gt; Cit&#233; par E Mawdsley, op cit, p288.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote112&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote112sym&#034; href=&#034;#sdfootnote112anc&#034;&gt;112&lt;/a&gt; C Read, op cit, p192.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote113&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote113sym&#034; href=&#034;#sdfootnote113anc&#034;&gt;113&lt;/a&gt; I Deutscher, &lt;a href=&#034;http://books.google.fr/books?id=mgubj5z1XUcC&amp;pg=PA5&amp;dq=%22Russia%27s+social+structure+had+been+not+merely+overturned%22&amp;sig=-x7YRO31fIh4vQ5dFPM7jE0Khqk&#034;&gt;Trotsky&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;http://books.google.fr/books?id=mgubj5z1XUcC&amp;pg=PA5&amp;dq=%22Russia%27s+social+structure+had+been+not+merely+overturned%22&amp;sig=-x7YRO31fIh4vQ5dFPM7jE0Khqk&#034;&gt;, vol 2 (Oxford University Press, 1987), p5.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote114&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote114sym&#034; href=&#034;#sdfootnote114anc&#034;&gt;114&lt;/a&gt; C Read, op cit, p193.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&#034;sdfootnote115&#034;&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&#034;sdfootnote115sym&#034; href=&#034;#sdfootnote115anc&#034;&gt;115&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/archive/serge/1939/02/letter.htm&#034;&gt;New International, F&#233;vrier 1939&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://pubs.socialistreviewindex.org.uk/isj86/trudell.htm" class="spip_out"&gt;source&#160;: num&#233;ro 86 de la revue &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;INTERNATIONAL&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SOCIALISM&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JOURNAL&lt;/span&gt;, &#233;t&#233; 2000 Copyright &#169; International Socialism&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
