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	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>La famille aujourd'hui </title>
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		<dc:date>2011-11-28T17:14:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lindsey German</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Classes</dc:subject>

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&lt;p&gt;La famille moderne est l'objet d'innombrables &#233;tudes et d&#233;bats. Certains sugg&#232;rent qu'elle serait en train de dispara&#238;tre, sous les coups du divorce, d'un taux de natalit&#233; en d&#233;clin ou de son atomisation, qui est l'une de ses principales caract&#233;ristiques actuelles. D'un autre c&#244;t&#233;, on consid&#232;re encore la famille comme une citadelle &#233;ternelle et immuable&#160;: une source de force dans un monde incertain. La famille, &#224; l'&#233;poque du capitalisme tardif, est marqu&#233;e par ces deux tendances contradictoires. Le syst&#232;me (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/brochures-livres" rel="directory"&gt;Brochures &amp; livres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Feminisme" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Classes" rel="tag"&gt;Classes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L99xH150/arton165-82c8b.jpg&#034; width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La famille moderne est l'objet d'innombrables &#233;tudes et d&#233;bats. Certains sugg&#232;rent qu'elle serait en train de dispara&#238;tre, sous les coups du divorce, d'un taux de natalit&#233; en d&#233;clin ou de son atomisation, qui est l'une de ses principales caract&#233;ristiques actuelles. D'un autre c&#244;t&#233;, on consid&#232;re encore la famille comme une citadelle &#233;ternelle et immuable&#160;: une source de force dans un monde incertain. La famille, &#224; l'&#233;poque du capitalisme tardif, est marqu&#233;e par ces deux tendances contradictoires. Le syst&#232;me capitaliste soutient la famille tout en la sapant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La famille est une masse de contradictions, dont certaines r&#233;sultent du fait qu'il s'agit d'une institution universelle. Les familles peuvent varier consid&#233;rablement d'une classe &#224; l'autre, mais presque tous les &#234;tres humains sont n&#233;s, vivent et meurent dans le cadre d'une ou plusieurs familles. Les tentatives de cr&#233;er des solutions alternatives, comme les communes, ont g&#233;n&#233;ralement &#233;chou&#233; parce que des relations et des comportements typiques de la famille se reproduisaient au sein m&#234;me de ces structures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceux qui essaient de rompre avec la norme familiale, comme les homosexuel(le)s, souffrent des pr&#233;jug&#233;s de leur entourage et de discriminations sociales. En fait, de nombreuses relations homosexuelles finissent par reproduire les r&#244;les sexuels traditionnels. Certains sociologues soulignent que des groupes, &#224; l'int&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, ne vivent pas dans le cadre de la famille&#160;: les &#233;tudiants, les jeunes qui partagent un appartement &#224; plusieurs, les soldats dans les casernes et m&#234;me les repr&#233;sentants de commerce. Mais la situation de tous ces individus est transitoire et relativement temporaire. La plupart d'entre eux finissent par vivre dans une forme ou une autre de famille, au bout de quelques ann&#233;es. La domination et l'importance de la famille s'observent aussi dans les attitudes de la soci&#233;t&#233; vis-&#224;-vis de ceux qui vivent en dehors de la structure familiale. On consid&#232;re avec commis&#233;ration les enfants ou les personnes &#226;g&#233;es qui vivent dans des institutions sp&#233;cialis&#233;es, &#224; l'&#233;gal des sans-abri. L'utilisation m&#234;me du terme de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;maison&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour d&#233;signer ces institutions (maisons de retraite, maisons de redressement, etc.) montre la valeur que l'on accorde &#224; la famille privatis&#233;e. Et tr&#232;s souvent les individus qui vivent dans de telles institutions aspirent &#224; vivre dans une famille &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;normale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Famille et classe ouvri&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Tous les intertitres ont &#233;t&#233; ajout&#233;s par le traducteur (N.d.T.).' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'une des caract&#233;ristiques les plus surprenantes de la famille actuelle est l'importance &#233;tonnante qu'elle rev&#234;t encore aux yeux des ouvriers. Cela encore une fois, malgr&#233; des apparences contraires. Des adolescents peuvent se rebeller contre leurs familles. Pour la petite et la grande bourgeoisie, la jeunesse couvre une dur&#233;e de la vie assez longue, puisque les &#233;tudes sup&#233;rieures prolongent pratiquement l'adolescence jusqu'&#224; l'&#226;ge de 25-26 ans. Mais le mariage et la naissance d'un enfant sont encore consid&#233;r&#233;s comme un id&#233;al pour la plupart des femmes de la classe ouvri&#232;re &#8212; et donc in&#233;vitablement pour les ouvriers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela, malgr&#233; des exp&#233;riences familiales individuelles o&#249; la r&#233;alit&#233; est rarement proche de l'id&#233;al. Les jeunes filles issues de foyers malheureux voient souvent dans le mariage le principal moyen d'&#233;chapper &#224; leur famille. Lillian Rubin, qui a &#233;tudi&#233; les familles de la classe ouvri&#232;re blanche am&#233;ricaine, indique&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;devenir adulte signifie se marier. Ainsi, malgr&#233; le fait que les mod&#232;les matrimoniaux qu'elles ont sous les yeux ne ressemblent absolument pas aux mythes qu'elles ch&#233;rissent, leurs solutions de rechange sont parfois si limit&#233;es et si d&#233;plaisantes &#8212; faire un boulot qu'elles d&#233;testent, passer encore des ann&#233;es sous le toit de parents oppressifs &#8212; que les jeunes filles de la classe ouvri&#232;re tendent &#224; fermer les yeux devant les r&#233;alit&#233;s et &#224; s'accrocher &#224; leurs fantasmes avec une t&#233;nacit&#233; extraordinaire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Lillian Rubin, World of Pains, New York, 1976, p. 41.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour comprendre la raison de ce comportement, il faut &#233;tudier les diff&#233;rentes tendances &#224; l'&#339;uvre dans la famille.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des tendances contradictoires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur un certain plan, le capitalisme a tendance &#224; d&#233;truire la famille, notamment en cr&#233;ant et en exigeant une plus grande mobilit&#233; de la force de travail. Ainsi, depuis 1945, on a vu les ph&#233;nom&#232;nes de migration cro&#238;tre &#224; une &#233;chelle sans pr&#233;c&#233;dent&#160;: d'Asie et des Cara&#239;bes vers la Grande-Bretagne&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de Turquie, d'Afrique du Nord et de Yougoslavie vers l'Europe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; du Moyen-Orient, du Proche-Orient et de l'Am&#233;rique centrale vers les &#201;tats-Unis. Tout cela a eu pour principal effet de briser la famille traditionnelle, et a entra&#238;n&#233; des cons&#233;quences souvent tr&#232;s douloureuses. Les services d'immigration soumettent les familles des travailleurs &#233;trangers &#224; des contr&#244;les draconiens quand ils ne les refoulent pas. Priv&#233;s de droits civiques, les immigr&#233;s en Europe sont aussi coup&#233;s de leurs familles&#160;: celles-ci sont oblig&#233;es de rester dans leurs pays d'origine. Ce qui permet d'&#233;conomiser au pays &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d'accueil&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; les frais de reproduction de cette fraction de la force de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En dehors de la croissance de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e, le deuxi&#232;me ph&#233;nom&#232;ne significatif est l'entr&#233;e massive des femmes sur le march&#233; du travail. Le travail des femmes mari&#233;es a &#233;galement provoqu&#233; des changements majeurs dans la plupart des familles de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais si ces changements ont boulevers&#233; des millions de famille ouvri&#232;res, une tendance oppos&#233;e est aussi apparue, puisque les ouvriers se sont accroch&#233;s au mod&#232;le de la famille et ont tent&#233; de renforcer ses pr&#233;tendues valeurs traditionnelles. Ce qui explique l'importance id&#233;ologique accrue de la famille et la centralit&#233; du foyer dans le capitalisme tardif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le recentrage sur la cellule familiale avait d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; la fin du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Cette tendance est devenue encore plus marqu&#233;e dans le capitalisme moderne. L'&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;am&#233;lioration&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la maison alimente une industrie importante. &#192; la p&#233;riph&#233;rie de chaque ville, d'&#233;normes entrep&#244;ts proposent les &#233;quipements de base pour la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;maison de vos r&#234;ves&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'un des loisirs les plus r&#233;pandus aujourd'hui consiste &#224; chercher des objets pour remplir son logement. De nombreux ouvriers aspirent &#224; devenir propri&#233;taires de leur domicile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_336 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH386/WomanFactory1940s-64dbe.jpg' width='500' height='386' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;En dehors de la croissance de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e, &lt;br class='manualbr' /&gt;le deuxi&#232;me ph&#233;nom&#232;ne significatif est l'entr&#233;e massive &lt;br class='manualbr' /&gt;des femmes sur le march&#233; du travail&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;S'il fallait ajouter encore une preuve, on peut la trouver dans l'attitude des deux principaux partis britanniques &#224; propos de la famille. Le Premier ministre travailliste James Callaghan proposa la cr&#233;ation d'un minist&#232;re du Mariage en 1978. Margaret Thatcher ne voyait aucune diff&#233;rence entre ses id&#233;es conservatrices en mati&#232;re &#233;conomique et les valeurs traditionnelles. Les r&#233;cents appels &#224; des valeurs morales plus solides sont fond&#233;es sur les conceptions les plus traditionnelles de la famille, que d&#233;fendent les deux partis, conservateur et travailliste. En effet, la d&#233;fense de la famille &#233;tablie ne peut que leur rapporter des voix.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'envers du d&#233;cor&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la famille ne r&#233;pond gu&#232;re aux espoirs que l'on place en elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, la majorit&#233; des individus ne vivent pas toute leur vie dans une famille &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nucl&#233;aire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; conventionnelle, compos&#233;e de deux parents h&#233;t&#233;rosexuels et d'enfants d&#233;pendant de leurs parents. Pr&#232;s de 25&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des foyers sont compos&#233;s d'une personne c&#233;libataire, contre 10&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% en 1951. En 1985, la proportion d'enfants vivant dans des familles monoparentales &#233;tait de 13&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. Les naissances hors mariage atteignent des taux records&#160;: 20&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% du taux total&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Social Trends 1988.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le divorce se banalise puisque 11&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des femmes entre 18 et 49 ans ont divorc&#233; au moins une fois et que, en 1983, un tiers des mariages incluait au moins un partenaire divorc&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='General Household Survey 1983.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bien que le nombre de mariages ait augment&#233;, une grande partie d'entre eux sont des remariages&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par cons&#233;quent le nombre de premiers mariages est en train de diminuer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour des millions de gens, la famille est synonyme de pr&#233;carit&#233;. Quelles sont les p&#233;riodes de la vie o&#249; la pauvret&#233; les frappe le plus&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Durant la petite enfance et la vieillesse. Pr&#232;s de 8 millions de personnes d&#233;pendent, au moins partiellement, d'une cat&#233;gorie ou d'une autre d'allocations &#8212; y compris 25&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des retrait&#233;s et pr&#232;s de 50&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des parents c&#233;libataires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Social Trends 1988.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les enfants sont condamn&#233;s &#224; la pauvret&#233; lorsque que leurs m&#232;res, &#224; cause du co&#251;t des gardes, sont dans l'incapacit&#233; de gagner un salaire d&#233;cent avant que leur enfant soit en &#226;ge d'entrer &#224; l'&#233;cole primaire. Selon Heather Joshi, les m&#232;res gagnent en g&#233;n&#233;ral 30&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de moins que les femmes sans enfants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Jonathan Bradshaw et Jane Morgan, &#171;&#160;Budgeting on Benefit&#160;&#187; in New (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ceux qui touchent une aide de l'&#201;tat, la situation est encore pire. Par rapport aux familles recevant des allocations, une famille moyenne d&#233;pense &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;50% de plus pour la nourriture, quatre fois plus en alcool, cinq fois plus pour les v&#234;tements et les chaussures, six fois plus pour les services et les biens m&#233;nagers durables et sept fois plus pour les transports&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Cit&#233; dans Kirsty Milne, &#171;&#160;Why women are still paid less&#160;&#187;, in New Society, 3 (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; associe constamment bonheur familial et ressources mat&#233;rielles. C'est ainsi que les publicitaires nous pr&#233;sentent un monde chim&#233;rique&#160;: int&#233;rieurs spacieux, cuisines gigantesques dot&#233;es d'un &#233;quipement m&#233;nager moderne et rutilant, machines &#224; laver la vaisselle ou le linge, voitures &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;familiales&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; flambant neuves qui co&#251;tent l'&#233;quivalent de plusieurs ann&#233;es de salaires d'un ouvrier, etc. Ces familles ont toujours la peau blanche, elles sont en bonne sant&#233; et conformes aux &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;canons&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la beaut&#233;. Les parents ne perdent jamais leur calme et les m&#232;res arborent un sourire joyeux pendant qu'elles placent le linge sale dans la machine &#224; laver ou qu'elles nettoient le carrelage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La violence domestique, les mauvais traitements, les dettes ou le ch&#244;mage ne frappent jamais ces familles. Cette image idyllique ne correspond &#224; aucune r&#233;alit&#233; &#8212; elle ne d&#233;crit que le style de vie d'une bourgeoisie riche, sans soucis, soit une infime minorit&#233; de la population. Cette image contraste radicalement avec les conditions mat&#233;rielles pr&#233;caires et les vies sentimentales &#233;triqu&#233;es de la plupart des ouvriers et ouvri&#232;res. Et si un prol&#233;taire acquiert l'un de ces objets tant vant&#233;s par la publicit&#233;, il lui faut s'endetter jusqu'au cou&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Bradshaw et Morgan, in New Society, 6&#160;mars 1987.' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour se le payer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans de telles conditions, un licenciement, une maladie ou un accident du travail peuvent pr&#233;cipiter quelqu'un dans l'extr&#234;me pauvret&#233;. Les conservateurs ont beau brandir le r&#234;ve d'une d&#233;mocratie de petits propri&#233;taires, entre 1982 et 1986 le nombre de saisies et d'expulsions effectu&#233;es par des soci&#233;t&#233;s immobili&#232;res est pass&#233; de 6 000 &#224; 21 000. Quatorze pour cent des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SDF&lt;/span&gt; sont &#224; la rue parce qu'ils n'ont pas pu payer leur cr&#233;dit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='Le nombre de cartes de cr&#233;dit a explos&#233; au cours des derni&#232;res ann&#233;es, avec (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_338 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH667/3325929811_0be6f387b1_o-7c08a.jpg' width='500' height='667' alt=&#034;Tag famille&#034; title=&#034;Tag famille&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;La famille est certainement un lieu plus p&#233;rilleux que la rue. &lt;br class='manualbr' /&gt;Dans la ville la plus dangereuse d'Am&#233;rique, D&#233;troit, &lt;br class='manualbr' /&gt;quatre homicides sur cinq sont commis par des amis, &lt;br class='manualbr' /&gt;des parents ou des amis de la victime&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Famille et violence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La famille est aussi un lieu de violence. Toute une s&#233;rie de coups et autres horreurs sont distribu&#233;s entre les quatre murs du foyer familial. Cela va des femmes battues par leur mari aux enfants maltrait&#233;s &#8212; physiquement ou sexuellement &#8212; en passant par les personnes &#226;g&#233;s, victimes de leurs enfants ou de leurs petits-enfants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Social Trends 1988.' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme le montre Jean Renvoize dans &lt;i&gt;Web of Violence.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La violence tend &#224; augmenter aux alentours de No&#235;l et du Nouvel An, lorsque les individus passent la plus grande partie de leur temps en famille et que les tensions s'exacerbent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='Jean Renvoize, Web of Violence, Londres, 1978, pp. 113-124.' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La famille est certainement un lieu plus p&#233;rilleux que la rue. Dans la ville la plus dangereuse d'Am&#233;rique, D&#233;troit, quatre homicides sur cinq sont commis par des amis, des parents ou des amis de la victime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='Renvoize, op. cit., p. 50.' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceux qui sont peut-&#234;tre les plus menac&#233;s dans le cadre familial sont les jeunes enfants &#8212; &#224; la fois sur le plan physique et sexuel. Lorsqu'ils se disputent entre eux, les parents utilisent souvent leurs enfants comme des pions. Une pourcentage assez &#233;lev&#233; des parents maltraitants suivent un traitement psychiatrique sous une forme ou une autre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='Renvoize, op. cit., p. 40.' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les mauvais traitements inflig&#233;s aux enfants se d&#233;roulent souvent au moment o&#249; les parents les changent ou les nourrissent, ce qui explique pourquoi un pourcentage &#233;lev&#233; de femmes battent leur prog&#233;niture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='Renvoize, op. cit., p. 32.' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les chiffres de la National Society for the Prevention of Cruelty to Children (Association nationale de pr&#233;vention contre la cruaut&#233; visant les enfants) montrent que les mauvais traitements contre les enfants sont plus fr&#233;quents chez les femmes au foyer ou au ch&#244;mage que chez les hommes, actifs ou pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='Renvoize, op. cit., p. 171.' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Diff&#233;rences de classe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La famille existe dans toutes les classes, mais on observe des diff&#233;rences fondamentales entre la vie de famille des diff&#233;rentes classes. Les plus grandes disparit&#233;s sont li&#233;es &#224; la pauvret&#233;. L'&#233;tude de Lillian Rubin montre que m&#234;me aux &#201;tats-Unis, pays riche en principe, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les enfants qui vivent dans la plupart des familles ouvri&#232;res connaissent, par intermittence, la pauvret&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='footnote' title='Cit&#233; dans Lindsey German, &#171;&#160;Child Abuse&#160;&#187; in Socialist Worker Review, Londres, (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsqu'on leur demande ce qu'ils feraient s'ils avaient davantage d'argent, la plupart des ouvriers d&#233;clarent qu'ils paieraient leurs factures en retard. Les familles de la petite-bourgeoisie fournissent g&#233;n&#233;ralement des r&#233;ponses bien diff&#233;rentes, puisqu'elles ont moins de soucis &#233;conomiques. Et 34% des familles ouvri&#232;res affirment qu'elles aideraient leurs propres parents et leurs familles &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;afin qu'ils n'aient plus aucun souci&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Un seul petit-bourgeois donna une r&#233;ponse semblable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='footnote' title='Rubin, op. cit., p. 30.' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La pauvret&#233; ne frappe pas seulement les ch&#244;meurs ou ceux qui vivent des allocations. Le niveau des salaires de la plupart des travailleurs est tel qu'il couvre rarement les co&#251;ts de reproduction de toute la famille &#8212; la pauvret&#233; est une r&#233;alit&#233; pour la plupart des ouvriers, en tout cas durant de longues p&#233;riodes de leur vie. Les chiffres r&#233;cents montrent que le foss&#233; entre riches et pauvres s'accro&#238;t en Grande-Bretagne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='footnote' title='Rubin, op. cit., chapitre 9.' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le taux de divorce parmi les ouvriers manuels est presque deux fois plus &#233;lev&#233; que chez les professions lib&#233;rales et les patrons. De plus, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;10&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des jeunes filles fianc&#233;es &#233;taient enceintes dans les deux premi&#232;res classes sociales contre 25&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% dans les classes 4 et 5&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='footnote' title='Social Trends 1988. La tendance est similaire aux &#201;tats-Unis o&#249;, suivant le (...)' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Jean Renvoize formule une remarque similaire &#224; propos des enfants battus&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la majorit&#233; des s&#233;vices graves se produisent dans les groupes socio-&#233;conomiques les plus d&#233;favoris&#233;s&#8230; peu de m&#232;res travaillent &#224; plein temps et la pr&#233;sence permanente de jeunes enfants les irrite consid&#233;rablement&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='footnote' title='A.J. Bradshaw, Public Policy and Family Life, Londres, 1980, p. (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une autre &#233;tude r&#233;alis&#233;e dans les ann&#233;es 1960 montre que les s&#233;vices physiques ont jou&#233; un r&#244;le dans l'&#233;clatement de 40% des mariages ouvriers, et dans 20% des mariages petits-bourgeois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb21' class='spip_note' rel='footnote' title='Renvoize, op. cit., p. 171.' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe de nombreuses autres diff&#233;rences &#8212; qui sont parfois moins quantifiables &#8212; entre les familles de classes diverses. L'&#233;tude de Lillian Rubin est particuli&#232;rement utile dans ce domaine. Elle d&#233;crit l'&#233;troitesse des conditions de vie de la classe ouvri&#232;re, et la fa&#231;on dont le travail manuel en particulier d&#233;truit la sociabilit&#233; de la famille. Les couples d'ouvriers entretiennent peu de relations sociales en dehors de la maison&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils invitent rarement des gens ext&#233;rieurs &#224; la famille&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils communiquent peu sur le plan verbal. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les personnes que j'ai rencontr&#233;es m'ont fr&#233;quemment parl&#233; de leurs parents, sp&#233;cialement de leurs p&#232;res, qui &#233;taient taciturnes et ne r&#233;pondaient pas &#224; leurs questions.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb22' class='spip_note' rel='footnote' title='&#201;tude men&#233;e par Levinger, cit&#233; in Renvoize, p. 23.' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Coinc&#233;s dans des boulots sans avenir, les parents ont souvent peu d'estime pour eux-m&#234;mes. M&#234;me s'ils veulent que leurs enfants m&#232;nent une vie meilleure, ils attendent g&#233;n&#233;ralement peu de choses de la vie. Sur le plan &#233;motionnel, ces familles tendent &#224; &#234;tre peu communicatives, et traitent parfois leurs enfants avec rudesse et une extr&#234;me s&#233;v&#233;rit&#233;. L'&#233;troitesse de leur horizon se traduit par les trois qualit&#233;s que ces femmes valorisent toujours chez leurs maris&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;c'est un travailleur consciencieux, il ne boit pas, il ne me bat pas&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb23' class='spip_note' rel='footnote' title='Rubin, op. cit., p. 36.' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les familles de la petite bourgeoisie ont tendance &#224; &#234;tre beaucoup plus ouvertes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles abordent les questions qui affectent chaque membre de la famille et il existe un climat plus libre. L'argent ne constitue pas un probl&#232;me majeur &#8212; si les p&#232;res appartenant &#224; la petite-bourgeoisie sont pr&#233;occup&#233;s par leur travail, ils ne se referment pas autant que les ouvriers. Tandis que les femmes de la classe ouvri&#232;re demandent &#224; leurs maris de les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;laisser&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; faire les choses, il existe beaucoup plus d'&#233;galit&#233;, du moins en surface, &#224; l'int&#233;rieur de la famille petite-bourgeoise &#8212; non parce qu'elle est n&#233;cessairement plus &#233;galitaire, mais &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;parce que l'id&#233;ologie de l'&#233;galit&#233; y est plus fortement affirm&#233;e&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb24' class='spip_note' rel='footnote' title='Rubin, op. cit., p. 93.' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutes ces caract&#233;ristiques composent un portrait de la famille ouvri&#232;re qui se r&#233;v&#232;le souvent cauchemardesque pour ses membres. Malgr&#233; toutes les tentatives de d&#233;peindre la famille comme un oasis de calme dans un monde violent, dangereux et hostile, elle est souvent l'antre du malheur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, malgr&#233; tout cela, les ouvriers continuent &#224; vivre en famille. L'institution est centrale &#224; la fois pour leur vie et pour le syst&#232;me capitaliste. Pourquoi assume-t-elle une telle centralit&#233; et une telle pr&#233;pond&#233;rance&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sp&#233;cificit&#233; de la famille sous le capitalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse n'est ni simple, ni &#233;vidente. La famille capitaliste est une institution unique. Elle diff&#232;re de toutes les autres formes de famille sur un point central&#160;: ce n'est pas une famille productive. Pendant la plus grande partie de l'histoire humaine, il n'y avait pas de place pour une famille non productive&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la famille constituait le cadre &#224; la fois de la production et de la reproduction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle &#233;tait &#233;galement le centre de tous les &#233;changes sociaux&#160;: tous les membres tendaient &#224; participer &#224; la production, &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur de la maison. Tel &#233;tait le cas, par exemple, dans la soci&#233;t&#233; agricole britannique jusqu'&#224; la r&#233;volution industrielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le mode de production capitaliste, la famille nucl&#233;aire se situe compl&#232;tement &#224; l'oppos&#233; du mod&#232;le ant&#233;rieur. Les hommes et les femmes ne se marient plus sur la base de leurs talents individuels&#160;: sur le fait de savoir si l'homme peut passer la charrue dans un champ ou si la femme peut coudre. Tous les objets dont les ouvriers ont besoin pour vivre &#8212; nourriture, logement, v&#234;tements &#8212; peuvent &#234;tre achet&#233;s sous forme de marchandises et le sont g&#233;n&#233;ralement. Ainsi la famille, loin d'&#234;tre une unit&#233; o&#249; les marchandises sont produites, est devenue de plus en plus une unit&#233; de consommation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; La maison familiale sera d&#233;j&#224; pr&#233;fabriqu&#233;&#233; (m&#234;me si elle sera constamment &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;am&#233;lior&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; gr&#226;ce &#224; la d&#233;coration, au bricolage, etc.). On fera ses courses au supermarch&#233;&#160;: la viande sera donc d&#233;coup&#233;e et empaquet&#233;e, le poisson nettoy&#233;, vendu sous forme de filets et accompagn&#233; d'une sauce, les l&#233;gumes pr&#234;ts &#224; la cuisson et le pain coup&#233; en tranches. Des plats pr&#233;par&#233;s auront seulement besoin de passer quelques minutes dans le four &#224; micro-ondes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans une petite minorit&#233; de familles, on trouvera des exceptions &#224; la r&#232;gle&#160;: la femme cuira peut-&#234;tre son propre pain, par exemple. Mais lorsque deux adultes travaillent, la pression rend de tels choix difficiles. Il est beaucoup pratique d'acheter de la nourriture qui &#233;conomise un temps pr&#233;cieux. Et les aliments sont souvent meilleur march&#233;, gr&#226;ce aux techniques de la production de masse et parce qu'ils contiennent des ingr&#233;dients de qualit&#233; inf&#233;rieure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb25' class='spip_note' rel='footnote' title='Rubin, op. cit., p. 97.' id='nh25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;la famille, loin d'&#234;tre une unit&#233; o&#249; les marchandises sont produites, &lt;br class='manualbr' /&gt;est devenue de plus en plus une unit&#233; de consommation&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, la grande majorit&#233; des femmes ne fabriquent plus les v&#234;tements de leurs enfants. Beaucoup savent tricoter ou poss&#232;dent une machine &#224; coudre, certaines travaillent &#224; la maison et cousent pour leurs voisins, mais leur travail est rarement le revenu principal de la famille et ne sert pas &#224; en habiller tous les membres. Il est beaucoup plus &#233;conomique et pratique d'acheter des v&#234;tements produits au Portugal ou &#224; Taiwan que de les fabriquer chez soi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a seulement deux cents ans, le rouet ou la quenouille faisaient partie du mobilier de toutes les fermes anglaises et de beaucoup de cottages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb26' class='spip_note' rel='footnote' title='Une nourriture de qualit&#233; devient de plus en plus l'apanage des classes (...)' id='nh26'&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le d&#233;veloppement de la production marchande a totalement chang&#233; la nature du travail accompli &#224; domicile.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le moyen d'&#233;chapper &#224; un monde sans piti&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la famille n'a plus, au moins en surface, un r&#244;le &#233;conomique apparent ou &#233;vident&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle est surtout consid&#233;r&#233;e comme le moyen d'&#233;chapper au monde. Le mariage et la famille n'ont plus de rapport avec le travail, mais avec l'amour romantique individuel. Trouver &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;un mec r&#233;glo&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et avoir des enfants, tel est, pour la plupart des femmes, l'objectif de leur vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les activit&#233;s sociales &#8212; travail, loisirs de masse, &#233;ducation &#8212; se d&#233;roulent en dehors de la maison. La famille est le domaine du priv&#233; &#8212; en principe de l'amour et du bonheur intimes, mais souvent le royaume de la souffrance et de la violence priv&#233;es, ou des espoirs d&#233;&#231;us.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; cela vient s'ajouter une contradiction suppl&#233;mentaire lorsque la famille ne correspond pas &#224; son image. C'est un havre de paix dans un monde sans piti&#233;, mais aussi un enfer pour nombre de ses membres. L'apparence ext&#233;rieure de la famille diff&#232;re consid&#233;rablement de sa r&#233;alit&#233;. Il est essentiel de le comprendre si l'on veut saisir pourquoi la famille continue &#224; exister.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son r&#244;le &#233;conomique &#8212; diff&#233;rent de son r&#244;le dans les soci&#233;t&#233;s de classe ant&#233;rieures &#8212; est essentiel au bon fonctionnement du syst&#232;me capitaliste. Et, en tant qu'institution, la famille laisse peu de place &#224; la libert&#233; individuelle. Son existence ne d&#233;pend pas du fait que des hommes et des femmes tombent amoureux, se marient et aient des enfants. C'est bien s&#251;r la fa&#231;on dont la plupart des hommes et des femmes constituent leurs propres familles. Mais toutes les pressions pour adopter ce mod&#232;le de comportement &#8212; pressions exerc&#233;es par les amis, les parents ou l'&#201;tat lui-m&#234;me &#8212; d&#233;coulent du r&#244;le &#233;conomique central assum&#233; par la famille.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La reproduction de la force de travail&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#244;le &#233;conomique central est la reproduction de la force de travail pour la classe capitaliste. La reproduction de la g&#233;n&#233;ration suivante de travailleurs est cruciale pour toutes les soci&#233;t&#233;s &#224; travers l'histoire. La forme de la famille (de la reproduction) est donc toujours li&#233;e &#224; la forme de production. Dans &lt;i&gt;L'Origine de la famille&lt;/i&gt;, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de l'&#201;tat, Engels d&#233;crit ce lien&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;D'un c&#244;t&#233;, la production des moyens de subsistance, de la nourriture, de l'habillement, du logement et des outils n&#233;cessaires &#224; cette production&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de l'autre c&#244;t&#233;, la production des &#234;tres humains eux-m&#234;mes, la propagation de l'esp&#232;ce.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb27' class='spip_note' rel='footnote' title='Pinchbeck, op. cit., p. 133.' id='nh27'&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;production d'&#234;tres humains&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est plus importante aujourd'hui que jamais. La plupart des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res et les soins apport&#233;s aux enfants &#224; la maison sont pr&#233;cis&#233;ment li&#233;s &#224; cette production. La g&#233;n&#233;ration pr&#233;sente d'ouvriers est soign&#233;e, nourrie, habill&#233;e &#224; l'int&#233;rieur de la famille, et elle b&#233;n&#233;ficie de services sexuels et personnels. Encore plus important&#160;: la g&#233;n&#233;ration suivante d'ouvriers est &#233;lev&#233;e dans le cadre familial&#160;: c'est g&#233;n&#233;ralement la m&#232;re qui apprend aux futurs travailleurs &#224; se d&#233;brouiller par eux-m&#234;mes et ceux-ci sont l'objet de beaucoup d'attentions. Ce qui permet d'alimenter constamment le march&#233; du travail avec de jeunes ouvriers sains, qui sont socialis&#233;s et ont appris &#224; accepter les valeurs id&#233;ologiques dominantes de diff&#233;rentes fa&#231;ons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tel est le v&#233;ritable b&#233;n&#233;fice &#233;conomique de la famille pour le mode de production capitaliste. Ce profit provient &#224; la fois du travail non pay&#233; de la femme (et dans une moindre mesure de l'homme) &#224; la maison, et du travail salari&#233; des hommes et des femmes &#224; l'ext&#233;rieur du foyer, travail qui reproduit la marchandise force de travail. Au d&#233;but des ann&#233;es 70, Kath Ennis souligna ce point mais en ajoutant une restriction&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la plus value extraite par le patron ne provient pas simplement du travail de l'homme qu'il emploie mais de la combinaison entre le travail de l'homme dans son entreprise et celui de la femme &#224; la maison&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb28' class='spip_note' rel='footnote' title='Engels, L'Origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; et de l'&#201;tat, pr&#233;face &#224; la (...)' id='nh28'&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, il est encore plus clair que le capitalisme repose &#224; la fois sur le travail pay&#233; de la femme en dehors du foyer et sur son travail domestique non pay&#233;. Mais l'argument fondamental est juste&#160;: le travail domestique des femmes contribue &#224; la reproduction de la force de travail et donc indirectement &#224; la plus-value produite par la classe capitaliste, car il permet d'abaisser la valeur de la force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Travail domestique gratuit et bas salaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie fixe le montant des salaires en partant de l'hypoth&#232;se qu'il existe un travail domestique &#8212; et ce travail existe bel et bien. En fait, le syst&#232;me salari&#233; capitaliste est fond&#233; sur l'hypoth&#232;se que tous les individus de la soci&#233;t&#233; vivent dans des unit&#233;s familiales. Cette hypoth&#232;se a des cons&#233;quences fondamentales. Ceux qui ne vivent pas dans des unit&#233;s familiales sont parmi les plus pauvres&#160;: retrait&#233;s, parents c&#233;libataires, etc. De plus, la classe capitaliste a la possibilit&#233; de payer des salaires plus bas (aux hommes et aux femmes) que si la famille n'existait pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les bas salaires des hommes sont fond&#233;s sur l'existence de la famille privatis&#233;e. En tant que marchandises, les ouvriers masculins n'ont pas besoin de payer directement les frais de leur reproduction. Leurs femmes pr&#233;parent leur nourriture, lavent leurs v&#234;tements, effectuent les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res et s'occupent des enfants. Ce travail non r&#233;mun&#233;r&#233; fait baisser les co&#251;ts de la reproduction dans la mesure o&#249; ces services n'ont pas besoin d'&#234;tre achet&#233;s directement sur le march&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb29' class='spip_note' rel='footnote' title='Kath Ennis, &#171;&#160;Women's Consciousness&#160;&#187;, in International Socialism, Londres, (...)' id='nh29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Paradoxalement, les femmes qui travaillent tendent &#224; recevoir des salaires encore plus bas, alors que leurs revenus (qui s'ajoutent &#224; ceux de leurs maris) sont n&#233;cessaires pour acheter les biens consomm&#233;s dans la maison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les salaires des femmes sont &#233;galement affect&#233;s par l'existence de la famille. En g&#233;n&#233;ral, les femmes gagnent entre 66 et 75&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% du salaire moyen des hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb30' class='spip_note' rel='footnote' title='Les compagnies d'assurances ont estim&#233; ce qu'une &#171;&#160;&#233;pouse&#160;&#187; co&#251;terait sur le (...)' id='nh30'&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela tient &#224; plusieurs facteurs&#160;: temps partiel, niveau dans la hi&#233;rarchie, division sexuelle du travail, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_339 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L370xH507/fete-des-meres-5c3f9.jpg' width='370' height='507' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la raison principale pour laquelle les femmes ne touchent pas la m&#234;me r&#233;mun&#233;ration que les hommes, &#224; qualification &#233;gale, r&#233;side dans l'hypoth&#232;se tacite de l'existence de la famille, et pr&#233;suppose donc que les femmes ont d'autres ressources que leurs propres salaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que beaucoup de femmes ne b&#233;n&#233;ficient pas de cet appoint financier, ou que leur paie soit vitale pour maintenir &#233;conomiquement la famille n'entre pas en ligne de compte dans le calcul du salaire. La classe capitaliste est tr&#232;s satisfaite de payer les femmes au co&#251;t de reproduction le plus bas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La structuration du travail f&#233;minin par la famille ne touche pas seulement les salaires. Les femmes constituent la grande majorit&#233; des salari&#233;s &#224; temps partiel. M&#234;me lorsqu'elles travaillent &#224; temps complet, elles tendent &#224; faire moins d'heures que les hommes qui travaillent en dehors de la maison&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb31' class='spip_note' rel='footnote' title='New Earnings Survey 1986. Cependant ce n'est pas aussi simple. 49&#160;% des (...)' id='nh31'&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Leurs heures et leurs conditions de travail doivent prendre en compte leur travail non pay&#233; &#224; la maison, en particulier l'&#233;ducation des enfants. Cela explique probablement pourquoi les femmes sont plus souvent en arr&#234;t maladie que les hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb32' class='spip_note' rel='footnote' title='Social Trends 1988.' id='nh32'&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La famille&#160;: un soutien indispensable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien que le r&#244;le &#233;conomique central de la famille repose sur la reproduction de la force de travail, ce n'est &#233;videmment pas son unique r&#244;le. Elle a d'autres r&#244;les &#233;conomiques ainsi qu'un r&#244;le id&#233;ologique tr&#232;s important. Elle agit comme un syst&#232;me de soutien pour les membres de la famille qui ne peuvent pas vendre leur force de travail&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une grande partie des personnes malades, handicap&#233;es, des vieux et, de plus en plus, des jeunes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le ch&#244;mage des jeunes, les coupes op&#233;r&#233;es dans les allocations et la croissance de l'absent&#233;isme scolaire signifient que beaucoup d'adolescents d&#233;pendent mat&#233;riellement de leur famille. Bien que beaucoup d'entre eux essayent de trouver des solutions alternatives, il en existe peu&#160;: ce dont t&#233;moigne le nombre croissant de jeunes sans-abri.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &lt;i&gt;community care&lt;/i&gt; (litt&#233;ralement, les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;soins assur&#233;s par la communaut&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce terme d&#233;signe le syst&#232;me britannique de soins et d'aide au niveau local, N.d.T.), euph&#233;misme d&#233;licat, signifie qu'un nombre croissant de malades, de personnes &#226;g&#233;es, de gens perturb&#233;s mentalement ou handicap&#233;s sont rejet&#233;s dans la famille privatis&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &lt;i&gt;workhouses&lt;/i&gt; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (asiles o&#249; les pauvres &#233;taient oblig&#233;s de travailler, N.d.T.) ont disparu et il existe maintenant un grand nombre d'institutions (prisons, h&#244;pitaux, asiles psychiatriques, foyers d'enfants, &#233;coles, coll&#232;ges).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais aujourd'hui une pression constante s'exerce pour r&#233;duire les d&#233;penses publiques qui financent ces institutions. Cela se produit au d&#233;triment de la famille ouvri&#232;re. Sp&#233;cialement en temps de crise, la classe capitaliste se concentre de plus en plus sur la reproduction privatis&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le march&#233; empi&#232;te de plus en plus sur les t&#226;ches traditionnellement accomplies par la famille &#8212; processus graduel qui a commenc&#233; avec le d&#233;veloppement du capitalisme lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La production manufacturi&#232;re de textiles a &#233;t&#233; la premi&#232;re industrie importante. Progressivement, la production de marchandises a p&#233;n&#233;tr&#233; tous les domaines de la vie, y compris de la vie sociale. C'est maintenant presque un truisme de consid&#233;rer l'acte sexuel comme une marchandise, puisqu'il est achet&#233; et vendu dans des vid&#233;os, des magazines pornos et &#224; travers la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La marchandisation des relations sociales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette relation avec le march&#233; s'&#233;tend et affecte tous les domaines de la vie, influant sur le destin de chaque membre de la famille&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La population ne compte plus sur l'organisation sociale, la famille, les amis, les voisins, la communaut&#233;, les parents plus &#226;g&#233;s, les enfants. Sauf quelques exceptions, elle se procure sur le march&#233; (et uniquement sur le march&#233;) non seulement la nourriture, l'habillement et le logement, mais aussi les loisirs, les distractions, la s&#233;curit&#233;, les soins donn&#233;s aux enfants, aux personnes &#226;g&#233;es, aux malades, aux handicap&#233;s. Progressivement ce sont non seulement les besoins mat&#233;riels et les services qui sont canalis&#233;s par le march&#233; mais m&#234;me les sch&#233;mas &#233;motionnels de la vie.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb33' class='spip_note' rel='footnote' title='Harry Braverman, Labour and Monopoly Capital, New York 1974, p. 276 (...)' id='nh33'&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;L'atomisation de la vie familiale signifie la multiplication &lt;br class='manualbr' /&gt;des marchandises. Les appareils &#233;lectriques domestiques restent &lt;br class='manualbr' /&gt;inactifs la plupart du temps&#160;: les machines &#224; laver fonctionnent &lt;br class='manualbr' /&gt;au maximum une heure par jour, les cuisini&#232;res deux heures, &lt;br class='manualbr' /&gt;les magn&#233;toscopes ou les t&#233;l&#233;visions quelques heures&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la famille, alors qu'elle perd ses fonctions productives, devient de plus en plus une unit&#233; de consommation. Chaque domaine de la vie familiale se r&#233;sume &#224; un lien mon&#233;taire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tant qu'unit&#233; de consommation, la famille est importante pour le capitalisme de plusieurs fa&#231;ons. L'atomisation de la vie familiale signifie la multiplication des marchandises. Les appareils &#233;lectriques domestiques restent inactifs la plupart du temps&#160;: les machines &#224; laver fonctionnent au maximum une heure par jour, les cuisini&#232;res deux heures, les magn&#233;toscopes ou les t&#233;l&#233;visions quelques heures. On n'utilise sa voiture qu'une heure ou deux chaque jour, le reste du temps on la laisse dans un parking ou un garage. Cependant 82&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des foyers ont une machine &#224; laver, 34&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% un s&#232;che-linge, 32&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% un magn&#233;toscope et 66&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% utilisent r&#233;guli&#232;rement une voiture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb34' class='spip_note' rel='footnote' title='Social Trends 1988.' id='nh34'&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette situation n'a aucune justification rationnelle. Elle r&#233;sulte uniquement de la propension de la classe capitaliste &#224; accumuler.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Consommation et atomisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la famille en tant qu'unit&#233; de consommation et sa destruction en tant qu'unit&#233; productive entra&#238;nent plusieurs cons&#233;quences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord cela accro&#238;t le niveau de production de marchandises. De plus en plus de domaines de la vie font partie de la production. M&#234;me des activit&#233;s r&#233;serv&#233;es &#224; la famille sont transform&#233;es en &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;services&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;: la livraison de nourriture &#224; domicile, les soins apport&#233;s aux malades, les cours particuliers, le travail social. Parall&#232;lement &#224; cette &#233;volution, de plus en plus de gens sont pouss&#233;s vers le march&#233; du travail. C'est particuli&#232;rement vrai des femmes. La transformation de la famille &#224; travers les femmes d&#233;veloppe &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;le besoin puissant, chez chaque membre de la famille, de disposer d'un revenu ind&#233;pendant. Il s'agit d'un des sentiments les plus forts suscit&#233;s par la transformation de la soci&#233;t&#233; en un immense march&#233; pour le travail et les marchandises, dans la mesure o&#249; la source du statut personnel n'est plus la capacit&#233; de fabriquer des choses mais simplement de les acheter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb35' class='spip_note' rel='footnote' title='Braverman, op. cit., p. 276.' id='nh35'&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; son tour, ce processus m&#232;ne &#224; l'atomisation et &#224; l'isolement pour les diff&#233;rents membres de la famille. Mais ce processus contient une contradiction interne&#160;: plus chaque individu s'atomise, plus l'institution de la famille devient importante pour la classe ouvri&#232;re. Pour le comprendre, il faut se pencher sur la nature du travail sous le capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Harry Braverman d&#233;crit la fa&#231;on dont les travailleurs consid&#232;rent que leur vie commence apr&#232;s la fin de leur journ&#233;e de travail&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la force de travail est vendue et achet&#233;e, le temps de travail se diff&#233;rencie de plus en plus du temps non travaill&#233; et s'y s'oppose&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le travailleur accorde une importance extraordinaire &#224; son temps &#8220;libre&#8220;, tandis que le temps pass&#233; au boulot est consid&#233;r&#233; comme du temps perdu ou g&#226;ch&#233;. Le travail cesse d'&#234;tre une fonction naturelle&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb36' class='spip_note' rel='footnote' title='Braverman, op. cit., p. 278.' id='nh36'&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ouvrier devient compl&#232;tement s&#233;par&#233; du produit de son travail. Dans ce processus, que Marx nomme l'&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ali&#233;nation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, le travail est consid&#233;r&#233; comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;le sacrifice de sa vie&#160;(&#8230;) la vie commence pour lui lorsque son activit&#233; professionnelle cesse, &#224; table, au pub, au lit&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb37' class='spip_note' rel='footnote' title='Karl Marx, Travail salari&#233; et capital (traduit par nos soins, (...)' id='nh37'&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La famille ouvri&#232;re ne peut &#233;chapper &#224; cette ali&#233;nation. Seule l'abolition du travail salari&#233; et de l'exploitation pourra y mettre fin. La famille ne peut offrir un refuge v&#233;ritable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au contraire, elle est l'endroit o&#249; se manifestent certaines des tensions les plus terribles de la vie ouvri&#232;re. Mais c'est aussi plus complexe que cela.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Changements dans le travail et cons&#233;quences sur la famille&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec l'extension de la production de marchandises dans tous les domaines de la vie, la s&#233;paration entre le travail et la maison s'accentue. &#192; l'usine, l'ouvrier sent qu'il ne contr&#244;le plus ses conditions de travail&#160;: il ne peut plus choisir ses t&#226;ches, ses horaires de travail sont rigides, il est soumis &#224; une stricte surveillance, et le produit de sa journ&#233;e de travail appartient &#224; son patron. Parfois il peut se r&#233;volter contre cette situation &#8212; organiser une gr&#232;ve ou une autre forme de protestation qui aboutit &#224; ce que l'ouvrier acqui&#232;re un peu de pouvoir de contr&#244;le et de d&#233;cision. Mais c'est l'exception, pas la r&#232;gle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le monde ext&#233;rieur prend donc de l'importance&#160;: il appara&#238;t comme le royaume de la libert&#233; et du libre choix. Nous pouvons choisir ce que nous d&#233;pensons avec nos salaires&#160;: aller au cin&#233;ma, boire de l'alcool, acheter des v&#234;tements ou aller assister &#224; un match de foot dans un stade. Nous pouvons d&#233;cider qui nous voulons &#233;pouser ou si nous d&#233;sirons avoir des enfants. En r&#233;alit&#233;, ces choix sont presque totalement illusoires. Il existe tellement de contraintes &#233;conomiques dans cette soci&#233;t&#233; que les v&#233;ritables choix sont compl&#232;tement triviaux. Mais l'illusion du choix, de la libert&#233; de d&#233;cider la fa&#231;on dont l'on m&#232;ne sa vie, cette illusion est tr&#232;s puissante.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;pendances mutuelles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans de telles circonstances, l'importance id&#233;ologique de la famille cro&#238;t. L'in&#233;galit&#233; fait totalement partie du syst&#232;me, chacun obtient quelque chose de diff&#233;rent de sa famille. Les enfants d&#233;pendent de leurs parents pour leur soutien financier et &#233;motionnel&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la femme d&#233;pendra souvent de son mari, au moins partiellement d'un point de vue financier&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'homme d&#233;pend de sa femme et de ses enfants sur le plan &#233;motionnel. De plus, l'homme et la femme d&#233;pendent de la famille pour acqu&#233;rir un statut social&#160;: l'homme comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;chef de famille&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, la femme dans son r&#244;le d'&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;pouse et de m&#232;re&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, cens&#233; &#234;tre fondamental.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La famille devient ainsi un but capital pour l'ouvrier, mais elle ne lui fournit aucun soulagement r&#233;el. Certaines f&#233;ministes pr&#233;tendent que c'est le cas&#160;: que la famille serait la source du pouvoir masculin sous le capitalisme. Mais si la situation de l'homme, pris individuellement, est souvent meilleure que celle de la femme, il n'a aucun pouvoir. Les ouvriers m&#226;les n'exercent aucun contr&#244;le sur leur vie. M&#233;conna&#238;tre cet aspect, c'est nier la r&#233;alit&#233; de la famille ouvri&#232;re. Loin d'&#234;tre un lieu de pouvoir, la famille devient un m&#233;canisme de d&#233;fense pour prot&#233;ger tous ses membres. Ceci permet d'expliquer pourquoi elle a surv&#233;cu. Comme Jane Humphries l'a soulign&#233;, la force et l'endurance de la famille est partiellement due &#224; sa capacit&#233; de prot&#233;ger les ouvriers et leur niveau de vie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb38' class='spip_note' rel='footnote' title='Humphries, in Amsden p. 140.' id='nh38'&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#244;le &#233;conomique de la famille explique sa survie, du point de vue de la classe capitaliste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais d'autres aspects de la famille expliquent la vision positive qu'en ont de nombreux ouvriers. Encore une fois, la nature duelle de la famille signifie qu'elle ne peut jamais v&#233;ritablement combler les attentes que l'on place en elle. Plus le monde ext&#233;rieur envahit la famille, plus celle-ci devient un enfer et de moins en moins un havre de paix. Les tensions augmentent en son sein. N'importe quelle &#233;preuve peut la r&#233;duire &#224; un dossier suppl&#233;mentaire dans les tiroirs des services sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une intervention croissante&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, malgr&#233; tous les discours sur la libert&#233; et le choix, l'histoire du Capital a toujours &#233;t&#233; marqu&#233;e par une longue suite d'interventions dans la vie personnelle et familiale &#8212; souvent &#224; travers l'action de l'&#201;tat capitaliste lui m&#234;me&#160;: enseignement obligatoire, services de sant&#233; et prestations sociales, r&#233;glementation du logement, lois gouvernant les relations entre les membres de la famille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'intervention de l'&#201;tat n'est pas nouvelle. Au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVIII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles les l&#233;gislateurs se sont livr&#233;s &#224; de nombreuses incursions dans la vie familiale. La loi propos&#233;e par Lord Hardwicke en 1753 stipulait que le mariage devait &#234;tre ent&#233;rin&#233; solennellement par l'Eglise d'Angleterre. La loi sur les pauvres et les enfants ill&#233;gitimes de 1832 tenta de diminuer le nombre de naissances hors mariage, cons&#233;quence partielle de la loi pr&#233;c&#233;demment cit&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb39' class='spip_note' rel='footnote' title='Gittins, Family in Question, pp. 82-83.' id='nh39'&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'avortement est devenu un crime sanctionn&#233; par le droit &#233;crit (et non plus par le droit coutumier) en 1803&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb40' class='spip_note' rel='footnote' title='Gittins, op. cit., p. 101.' id='nh40'&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les ann&#233;es 1830, 1840 et 1850 ont vu &#233;clore toute une s&#233;rie de lois concernant la famille, la loi sur les pauvres et les lois protectrices sur les usines &#233;tant seulement les plus importantes. Au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle les lois tent&#232;rent de contr&#244;ler la sexualit&#233; en p&#233;nalisant la prostitution et l'homosexualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'intervention de l'&#201;tat est apparue comme un &#233;l&#233;ment central de la politique bourgeoise sur la question de la famille autour de la fin du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et du d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, lorsque l'importance de la famille pour le capitalisme apparut clairement avec l'extension des prestations sociales. L'&#233;ducation des enfants fut partiellement retir&#233;e aux parents avec l'av&#232;nement de l'&#233;cole universelle et obligatoire et la cr&#233;ation d'institutions comme les tribunaux pour enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_340 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L484xH399/normal_femme_et_usine-09ae6.jpg' width='484' height='399' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Diff&#233;rents sp&#233;cialistes employ&#233;s par l'&#201;tat jou&#232;rent un r&#244;le de conseil de plus en plus important pour orienter la famille. Ce d&#233;veloppement fut particuli&#232;rement marqu&#233; aux &#201;tats-Unis, mais il se produisit partout. En Grande-Bretagne, l'&#233;ducation &#233;l&#233;mentaire fut introduite en 1870. Le gouvernement du Parti lib&#233;ral, en 1906, consacra une partie relativement importante du budget public &#224; aider les personnes &#226;g&#233;es, les malades et les jeunes &#8212; tous ceux qui ne gagnaient pas leur vie. Une certaine forme d'assurance ch&#244;mage fut aussi introduite. Ce fut la premi&#232;re application du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;filet de s&#233;curit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'&#201;tat-providence qui pouvait r&#233;cup&#233;rer ceux qui n'&#233;taient pas pris en charge par la famille ou ne touchaient pas de salaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis lors, des sommes croissantes ont &#233;t&#233; d&#233;pens&#233;es pour ce qu'on appelle les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;services sociaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;prestations sociales&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, termes vagues. En 1986, les d&#233;penses gouvernementales totales se montaient &#224; 45% du produit national brut &#8212; 10% de plus qu'en 1961&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb41' class='spip_note' rel='footnote' title='Social Trends 1987.' id='nh41'&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bien qu'une partie significative de cette somme soit allou&#233;e &#224; des postes comme le maintien de l'ordre ou la d&#233;fense, certaines parties des prestations sociales ont augment&#233; massivement. Par exemple, 47% des enfants de 3 et 4 ans &#233;taient scolaris&#233;s en 1985 contre 15% en 1966.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et alors que 51&#160;000 places &#233;taient disponibles dans les cr&#232;ches ou les maternelles avant 5 ans, il y en avait 609 000 de disponibles en 1985&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb42' class='spip_note' rel='footnote' title='Social Trends 1987.' id='nh42'&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, l'&#201;tat est le principal employeur et fournisseur de services autrefois accomplis par la famille, ou pas du tout. L'&#233;ducation publique est un trait majeur du capitalisme tardif&#160;: tous les enfants entre 5 et 16 ans doivent aller &#224; l'&#233;cole durant la journ&#233;e enti&#232;re&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un nombre croissant d'entre eux continuent leurs &#233;tudes apr&#232;s. Cette &#233;ducation sup&#233;rieure est g&#233;n&#233;ralement encourag&#233;e. Et les parents qui n'envoient pas leurs enfants &#224; l'&#233;cole avant seize ans sont l'objet de poursuites.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'intervention de l'&#201;tat dans l'&#233;ducation des enfants commence bien avant l'&#233;cole. Avant la naissance, le syst&#232;me de prestations sociales intervient par l'interm&#233;diaire des travailleurs sociaux et des services de sant&#233; qui s'assurent qu'aucun des parents ne constitue un danger pour l'autre, ou pour le futur enfant. La contraception est gratuite&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'avortement est assur&#233; par l'&#201;tat dans certaines circonstances&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la st&#233;rilisation forc&#233;e et l'injection du contraceptif Depo Provera sont utilis&#233;es d'apr&#232;s des crit&#232;res de classe pour limiter les naissances des m&#232;res consid&#233;r&#233;es &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;incapables&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la naissance, la m&#232;re continue &#224; recevoir des visites des services de sant&#233; et des prestations de l'&#201;tat pour l'aider &#224; &#233;lever son enfant. Toutes sortes d'interventions peuvent &#234;tre soutenues par la force de la loi&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; certains vaccins sont m&#234;me obligatoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, le monde de la sant&#233; et celui des services sociaux s'imbriquent consid&#233;rablement. Les personnes &#226;g&#233;es sont admises dans les h&#244;pitaux si elles ne peuvent pas se d&#233;brouiller seules&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les enfants sont plac&#233;s dans des foyers si leurs parents les maltraitent, ou ne s'en occupent pas correctement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; certaines lois imposent des crit&#232;res minimums de sant&#233; dans les institutions de l'&#201;tat, dans les entreprises, les magasins et les restaurants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les services sociaux interviennent directement pour compl&#233;ter les revenus tr&#232;s bas d'une grande partie des pauvres dans la soci&#233;t&#233; capitaliste &#8212; ch&#244;meurs, retrait&#233;s et tr&#232;s petits salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;Le r&#244;le &#233;conomique de la famille explique sa survie, du point &lt;br class='manualbr' /&gt;de vue de la classe capitaliste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais d'autres aspects de la famille &lt;br class='manualbr' /&gt;expliquent la vision positive qu'en ont de nombreux ouvriers&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rentes aides de l'&#201;tat emp&#234;chent des millions de gens de mourir de faim ou de tomber dans la mis&#232;re, bien qu'ils soient loin de recevoir un revenu d&#233;cent. Une &#233;tude qui tentait d'estimer les niveaux des prestations sociales en fonction des ressources n&#233;cessaires pour nourrir, loger et habiller une famille de quatre personnes a trouv&#233; la t&#226;che impossible. L'alimentation &#233;tait insuffisante et les appareils m&#233;nagers impossibles &#224; remplacer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb43' class='spip_note' rel='footnote' title='Jonathan Bradshaw et Jane Morgan, &#171;&#160;Budgeting on benefit&#160;: the consultation of (...)' id='nh43'&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'intervention de l'&#201;tat est l'&#233;quivalent moderne de la loi sur les pauvres ou de la charit&#233;&#160;: elle permet aux plus pauvres de survivre, pas plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'intervention de l'&#201;tat s'&#233;tend au r&#244;le des femmes dans les entreprises. La loi pr&#233;voit des cong&#233;s maternit&#233;, un salaire &#233;gal pour une m&#234;me qualification et la suppression de toute discrimination sexuelle. Ces dispositions l&#233;gales sont lamentablement inefficaces, mais elles montrent qu'un effort sp&#233;cial doit &#234;tre fait pour int&#233;grer les femmes dans la force de travail du Capital. Il en est de m&#234;me de toutes les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;lois sur la famille&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, concernant le divorce, l'&#233;ducation des enfants ou les femmes battues.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les adversaires de l'intervention de l'&#201;tat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque domaine de la vie familiale, l'&#201;tat intervient maintenant pour s'assurer que certaines choses sont faites ou d'autres interdites. Cette intervention suscite des controverses. Les hommes de droite, qui croient au libre fonctionnement des forces du march&#233; &#8212; et diminuent drastiquement les d&#233;penses publiques&#160;&#8212;, ont tendance &#224; exiger une r&#233;duction s&#233;v&#232;re des prestations familiales. Ferdinand Mount consid&#232;re la famille comme le havre de l'intimit&#233; et s'oppose &#224; toute intervention ext&#233;rieure&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;ces fouines de fonctionnaires n'ont pas le droit d'imposer leur &#233;chelle personnelle de priorit&#233;s au reste de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#233;crit-il&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb44' class='spip_note' rel='footnote' title='Mount, op. cit., p. 172.' id='nh44'&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour lui, l'&#201;tat ne peut qu'aboutir &#224; une diminution de la libert&#233;, &#224; une forme de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;socialisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'&#201;tat et aux agissements absurdes de la petite-bourgeoisie des travailleurs sociaux. Selon Mount, la classe ouvri&#232;re est oppos&#233;e &#224; de telles mesures, et veille jalousement sur son intimit&#233;. Bien s&#251;r, ses conceptions ne sont pas partag&#233;es par tous les gens de droite. Une grande partie des conservateurs pr&#233;f&#232;rent maintenir une certaine dose d'intervention&#160;: faire avorter et st&#233;riliser les pauvres et les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;irresponsables&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; intervenir dans les cas familiaux les plus graves. Ils se lamentent sur les taux &#233;lev&#233;s de divorce et de naissances hors mariage dans les couches &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;inf&#233;rieures&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la classe ouvri&#232;re, et veulent que les services sociaux y mettent bon ordre. Un de ces auteurs d&#233;plore une situation o&#249; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;beaucoup trop de jeunes filles de la classe ouvri&#232;re, en particulier, veulent jouir du statut de femme mari&#233;e, avec un lit double et un landau, et cherchent &#224; trouver un jeune homme qui puisse leur apporter ce statut.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb45' class='spip_note' rel='footnote' title='Brayshaw, op. cit., p. 16.' id='nh45'&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la pratique, les politiques gouvernementales successives ont dessin&#233; une &#233;volution qui oscille entre une intervention lourde pour r&#233;guler la vie des pauvres et l'absence totale d'intervention. Mais puisque le r&#244;le de l'&#201;tat est maintenant aussi crucial et central pour le bon fonctionnement du capitalisme, ils n'ont pas une grande marge de man&#339;uvre, en r&#233;alit&#233;. L'histoire du capitalisme depuis la guerre l'a amplement d&#233;montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les besoins du Capital&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Seconde Guerre mondiale et le long boom qui l'a suivie ont &#233;t&#233; des p&#233;riodes de quasi plein emploi. Dans les ann&#233;es 1950, le patronat manquait de main-d'&#339;uvre, et a fait venir des travailleurs &#233;trangers et les femmes mari&#233;es sur le march&#233; du travail. L'&#201;tat cherchait &#224; r&#233;glementer cette demande de travailleurs&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans le cas des femmes, en s'assurant que la famille reste une priorit&#233; &#8212; que les futurs travailleurs ne soient pas n&#233;glig&#233;s. Une grande partie de ces d&#233;penses pouvaient &#234;tre assur&#233;es par les parents, par exemple s'ils avaient les moyens d'acheter des appareils m&#233;nagers comme des aspirateurs ou des machines &#224; laver. Lorsque c'&#233;tait impossible, l'&#201;tat subventionnait directement ces familles &#8212; m&#234;me s'il ne le faisait pas toujours de bon c&#339;ur&#160;: le manque de cr&#232;ches et d'&#233;coles maternelles pour les enfants de moins de 5 ans refl&#232;te les besoins importants en main-d'&#339;uvre et donc les co&#251;ts salariaux &#233;lev&#233;s qu'exige le bon fonctionnement de ces institutions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En plus d'attirer de nouvelles couches d'ouvriers sur le march&#233; du travail, les besoins du Capital ont impos&#233; une augmentation du niveau de qualification, du moins pour une minorit&#233; du prol&#233;tariat. Ce r&#233;sultat a &#233;t&#233; obtenu en accroissant le budget de l'Education nationale et particuli&#232;rement de l'enseignement sup&#233;rieur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb46' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Chris Harman, Explaining the Crisis, Bookmarks, Londres, 1984, p. (...)' id='nh46'&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une couche de travailleurs hautement qualifi&#233;s a pu &#234;tre form&#233;e aux frais de l'&#201;tat, ce qui a permis d'augmenter la productivit&#233; du travail. Les d&#233;penses de sant&#233; ont &#233;t&#233; con&#231;ues &#233;galement pour garantir une force de travail en bonne sant&#233; et donc plus productive.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme nous l'avons vu, ces deux cat&#233;gories de d&#233;penses ont eu des implications consid&#233;rables pour la famille. Elles sont aussi devenues des traits permanents, malgr&#233; les coupes dans les budgets publics de ces derni&#232;res ann&#233;es. Les d&#233;penses publiques dans ces domaines continuent &#224; &#234;tre &#233;lev&#233;es, et le montant concern&#233; emp&#234;che l'&#201;tat de se d&#233;sengager de la famille. Les int&#233;r&#234;ts directs de la classe capitaliste, &#233;galement, assurent un haut niveau d'investissement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les d&#233;penses sociales de l'&#201;tat remplissent deux fonctions majeures&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Pendant une longue p&#233;riode le Capital avait l'impression que les d&#233;penses sociales pouvaient satisfaire deux besoins simultan&#233;ment&#160;: acheter le soutien de la classe ouvri&#232;re et en m&#234;me temps augmenter la productivit&#233;, afin que le co&#251;t d'une telle politique ne p&#232;se pas sur l'accumulation. De m&#234;me que les salaires servent &#224; la fois &#224; reproduire la force de travail et &#224; justifier le fardeau du boulot aux yeux des ouvriers, l'&#233;l&#233;ment du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;salaire social&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dans les d&#233;penses publiques a augment&#233; &#224; la fois la productivit&#233; de la force de travail et fait croire aux ouvriers que la soci&#233;t&#233; s'occupait d'eux&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb47' class='spip_note' rel='footnote' title='Harman, op. cit., p. 106.' id='nh47'&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces deux aspects sont essentiels. Ils expliquent les contraintes qui ont pes&#233; sur les gouvernements successifs lorsqu'ils ont voulu tailler dans le salaire social &#8212; et pourquoi les ouvriers d&#233;fendent des institutions comme le National Health Service (Service national de sant&#233;). Ils montrent aussi le r&#244;le central de l'intervention de l'&#201;tat pour conserver en vie la famille. Toutes les th&#233;ories sur l'oppression des femmes et la famille doivent prendre en compte cette contribution positive du syst&#232;me au maintien de la famille. Pour le Capital, l'enjeu est simple&#160;: la famille priv&#233;e doit continuer &#224; &#234;tre le lieu de reproduction de la force de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.amazon.co.uk/Sex-Class-Socialism-Lindsey-German/dp/0906224543" class="spip_out"&gt;L'ouvrage original en anglais&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tous les intertitres ont &#233;t&#233; ajout&#233;s par le traducteur (N.d.T.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lillian Rubin, &lt;i&gt;World of Pains&lt;/i&gt;, New York, 1976, p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Social Trends 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;General Household Survey 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Social Trends 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Jonathan Bradshaw et Jane Morgan, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Budgeting on Benefit&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; in &lt;i&gt;New Society&lt;/i&gt;, 6&#160;mars 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans Kirsty Milne, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Why women are still paid less&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in New Society, 3&#160;avril 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bradshaw et Morgan, in &lt;i&gt;New Society&lt;/i&gt;, 6&#160;mars 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le nombre de cartes de cr&#233;dit a explos&#233; au cours des derni&#232;res ann&#233;es, avec 12,1 millions de cartes Visa et 9,8 millions de cartes Access &#224; la fin de 1986. &#192; comparer avec les 3 millions pour chacune de ces cartes &#224; la fin de 1975. La dette total du cr&#233;dit &#224; la consommation s'&#233;levait &#224; 31 milliards de livres (Social Trends 1988).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Social Trends 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Renvoize, &lt;i&gt;Web of Violence&lt;/i&gt;, Londres, 1978, pp. 113-124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Renvoize, op. cit., p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Renvoize, op. cit., p. 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Renvoize, op. cit., p. 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Renvoize, op. cit., p. 171.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans Lindsey German, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Child Abuse&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; in &lt;i&gt;Socialist Worker Review&lt;/i&gt;, Londres, n&#176;&#160;112, septembre 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb17'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rubin, op. cit., p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb18'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rubin, op. cit., chapitre 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb19'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Social Trends 1988. La tendance est similaire aux &#201;tats-Unis o&#249;, suivant le Bureau du recensement, en 1985, le nombre de ceux qui gagnent moins de 20 000 dollars est pass&#233; de 30,7&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% en 1972 &#224; 34&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#224; 1985&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tandis que ceux qui gagnaient plus de 50 000 dollars est pass&#233; de 16,5 &#224; 18,3&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% (&lt;i&gt;Democratic Left&lt;/i&gt;, volume &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XV&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, n&#176;&#160;4, septembre-octobre 1987).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb20'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;A.J.&lt;/span&gt; Bradshaw, &lt;i&gt;Public Policy and Family Life&lt;/i&gt;, Londres, 1980, p. 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb21'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='footnote'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Renvoize, op. cit., p. 171.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb22'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='footnote'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tude men&#233;e par Levinger, cit&#233; in Renvoize, p. 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb23'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='footnote'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rubin, op. cit., p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb24'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='footnote'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rubin, op. cit., p. 93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb25'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh25' class='spip_note' title='Notes 25' rev='footnote'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rubin, op. cit., p. 97.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb26'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh26' class='spip_note' title='Notes 26' rev='footnote'&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une nourriture de qualit&#233; devient de plus en plus l'apanage des classes moyennes, tandis que la classe ouvri&#232;re est souvent pi&#233;g&#233;e dans une alimentation mauvaise &#224; cause de son prix relativement bas&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par exemple, le prix du pain blanc en tranches repr&#233;sente la moiti&#233; du pain de campagne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb27'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh27' class='spip_note' title='Notes 27' rev='footnote'&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pinchbeck, op. cit., p. 133.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb28'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh28' class='spip_note' title='Notes 28' rev='footnote'&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Engels, &lt;i&gt;L'Origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; et de l'&#201;tat&lt;/i&gt;, pr&#233;face &#224; la premi&#232;re &#233;dition (Texte traduit par nos soins, N.d.T.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb29'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh29' class='spip_note' title='Notes 29' rev='footnote'&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kath Ennis, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Women's Consciousness&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in &lt;i&gt;International Socialism&lt;/i&gt;, Londres, premi&#232;re s&#233;rie, N&#176;&#160;68, avril 1974.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb30'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh30' class='spip_note' title='Notes 30' rev='footnote'&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les compagnies d'assurances ont estim&#233; ce qu'une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;pouse&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; co&#251;terait sur le march&#233; si toutes ses fonctions &#233;taient achet&#233;es &#224; titre de services. Le prix &#224; payer repr&#233;senterait, chaque semaine, le double du salaire moyen masculin. Cela donne une assez bonne id&#233;e de la v&#233;ritable valeur &#233;conomique du travail non pay&#233; des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb31'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh31' class='spip_note' title='Notes 31' rev='footnote'&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;New Earnings Survey&lt;/i&gt; 1986. Cependant ce n'est pas aussi simple. 49&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des employ&#233;s masculins et 59,7&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des employ&#233;es travaillent entre 36 et 40 heures. Mais tandis que 23,6&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des hommes travaillent de 40 &#224; 48 heures par semaine et 15,6&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des hommes travaillent de 40 &#224; 48 par semaine, c'est le cas respectivement de seulement 8,3&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% et 1,8 des femmes. Un autre sondage souligne que les hommes dont les femmes travaillent &#224; plein temps travaillent moins que ceux dont les femmes travaillent &#224; temps partiel (Martin et Roberts, op. cit., chapitre 4).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb32'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh32' class='spip_note' title='Notes 32' rev='footnote'&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Social Trends&lt;/i&gt; 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb33'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh33' class='spip_note' title='Notes 33' rev='footnote'&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Harry Braverman, &lt;i&gt;Labour and Monopoly Capital&lt;/i&gt;, New York 1974, p. 276 (traduit en fran&#231;ais par D. Letellier et S. Niemetz, Maspero, 1976, sous le titre &lt;i&gt;Travail et capitalisme monopoliste&lt;/i&gt;. Les passages cit&#233;s ici ont &#233;t&#233; traduits par mes soins (N.d.T.)).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb34'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh34' class='spip_note' title='Notes 34' rev='footnote'&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Social Trends&lt;/i&gt; 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb35'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh35' class='spip_note' title='Notes 35' rev='footnote'&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Braverman, op. cit., p. 276.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb36'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh36' class='spip_note' title='Notes 36' rev='footnote'&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Braverman, op. cit., p. 278.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb37'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh37' class='spip_note' title='Notes 37' rev='footnote'&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karl Marx, &lt;i&gt;Travail salari&#233; et capital&lt;/i&gt; (traduit par nos soins, N.d.T.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb38'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh38' class='spip_note' title='Notes 38' rev='footnote'&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Humphries, in Amsden p. 140.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb39'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh39' class='spip_note' title='Notes 39' rev='footnote'&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gittins, Family in Question, pp. 82-83.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb40'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh40' class='spip_note' title='Notes 40' rev='footnote'&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gittins, op. cit., p. 101.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb41'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh41' class='spip_note' title='Notes 41' rev='footnote'&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Social Trends 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb42'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh42' class='spip_note' title='Notes 42' rev='footnote'&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Social Trends&lt;/i&gt; 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb43'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh43' class='spip_note' title='Notes 43' rev='footnote'&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jonathan Bradshaw et Jane Morgan, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Budgeting on benefit&#160;: the consultation of families on social security&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Family Policy Studies Centre 1987).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb44'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh44' class='spip_note' title='Notes 44' rev='footnote'&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mount, op. cit., p. 172.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb45'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh45' class='spip_note' title='Notes 45' rev='footnote'&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Brayshaw, op. cit., p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb46'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh46' class='spip_note' title='Notes 46' rev='footnote'&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Chris Harman, &lt;i&gt;Explaining the Crisis&lt;/i&gt;, Bookmarks, Londres, 1984, p. 105.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb47'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh47' class='spip_note' title='Notes 47' rev='footnote'&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Harman, op. cit., p. 106.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est la traduction du deuxi&#232;me chapitre de &lt;i&gt;Sex, Class and Socialism&lt;/i&gt;, livre &#233;crit en 1989 et publi&#233; par Bookmarks &#224; Londres. Lindsey German &#233;tait r&#233;dactrice en chef du mensuel &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.socialistreview.org.uk/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Socialist Review&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, et a &#233;crit de nombreux articles notamment dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://isj.org.uk/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;International Socialism Journal&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, revue trimestrielle du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SWP&lt;/span&gt; britannique. Elle participe aujourd'hui &#224; &lt;a href=&#034;http://www.counterfire.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Counterfire&lt;/a&gt;. La traduction est extraite du bulletin de traductions et de d&#233;bats &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mondialisme.org/spip.php?rubrique1&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Ni patrie ni fronti&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; N&#176;2.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Opprim&#233;-e-s de tous pays, unissez-vous&#160;!</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/Opprime-e-s-de-tous-pays-unissez</link>
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		<dc:date>2011-11-18T12:07:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charlotte Puiseux</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Classes</dc:subject>
		<dc:subject>Handicap</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Poursuivant la s&#233;rie d'articles parus dans les pr&#233;c&#233;dents num&#233;ros consacr&#233;s &#224; l'analyse des relations entre exploitation et oppressions sp&#233;cifiques, Charlotte Puiseux dresse un large portrait des divisions qui structurent notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-no07-juillet-aout-2011" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - n&#176;07 - Juillet/Ao&#251;t 2011&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Feminisme" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Racisme" rel="tag"&gt;Racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Classes" rel="tag"&gt;Classes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Handicap" rel="tag"&gt;Handicap&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L150xH113/arton289-36348.jpg&#034; width='150' height='113' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'oppression peut se d&#233;finir tr&#232;s g&#233;n&#233;ralement comme un mauvais traitement syst&#233;matique d'un groupe social avec le soutien plus ou moins tacite des structures de la soci&#233;t&#233;. Elle implique une certaine violence, souvent psychologique, mais qui peut aussi appara&#238;tre sous des formes plus physiques, et qui marque un abus d'autorit&#233; de la part d'un des groupes sur un autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour qu'il y ait &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;oppression&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, il faut qu'un ensemble d'individus soit s&#233;par&#233;, discrimin&#233;, du reste de la soci&#233;t&#233;. C'est un syst&#232;me binaire avec, d'un c&#244;t&#233; les opprim&#233;s, et de l'autre les oppresseurs, ces derniers utilisant diff&#233;rents moyens, plus ou moins explicites, pour maintenir leur autorit&#233;. Un des moyens les plus utiles est l'id&#233;ologie car elle s'inscrit en profondeur dans les mentalit&#233;s, souvent sous forme de pr&#233;jug&#233;s, et &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturalise&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;normalise&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; les comportements. Cette id&#233;ologie peut s'appuyer sur une institutionnalisation de l'oppression, c'est &#224; dire sur une traduction dans la loi de ces pratiques discriminantes, comme envers les homosexuel-les, par exemple, qui ne peuvent pas se marier et adopter, ou envers les immigr&#233;s qui n'ont pas le droit de vote.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le renforcement de l'oppression est indispensable au syst&#232;me capitaliste car cela permet l'accroissement de la rentabilit&#233; du travail en augmentant la comp&#233;titivit&#233;, et cela sert aussi &#224; diviser les individus car chaque opprim&#233; voit l'autre comme son ennemi, comme celui qui lui &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;vole&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; une part du faible pouvoir qui peut lui rester.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'oppression selon Marx&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon Marx, il s'agit avant tout d'une oppression &#233;conomique du profit, du capital, sur l'ensemble de la vie sociale. C'est-&#224;-dire que la soci&#233;t&#233; se divise avant tout en deux groupes, d'un c&#244;t&#233; les capitalistes qui poss&#232;dent l'argent et les moyens de production, de l'autre les prol&#233;taires qui doivent vendre leur force de travail pour survivre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette opposition entre prol&#233;taires et capitalistes, s&#233;par&#233;s par le fait d'&#234;tre ma&#238;tre, ou non, du capital, est la base de l'oppression que subissent les prol&#233;taires qui se retrouvent alors soumis au bon vouloir des poss&#233;dants. Comme l'&#233;crivait Marx dans le &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Toutes les soci&#233;t&#233;s ant&#233;rieures, nous l'avons vu, ont repos&#233; sur l'antagonisme de classes oppressives et de classes opprim&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'oppression des prol&#233;taires trouve une grande partie de sa force dans la division des travailleurs et dans leur mise en concurrence qui emp&#234;che toute forme d'alliance entre eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'apr&#232;s Marx, il manque &#224; la classe ouvri&#232;re une conscience d'elle-m&#234;me et de son potentiel pouvoir qu'elle peut trouver dans son unification. C'est dans cet objectif que doit se construire la lutte des classes, pour permettre aux travailleurs de prendre conscience de leur situation, de la penser, de la r&#233;fl&#233;chir, et de faire leurs armes pour combattre cette oppression qui ne doit plus, alors, appara&#238;tre comme une fatalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_334 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH290/oppression-367d6.png' width='500' height='290' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;Pour qu'il y ait &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;oppression&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, il faut qu'un ensemble &lt;br class='manualbr' /&gt;d'individus soit s&#233;par&#233;, discrimin&#233;, du reste de la soci&#233;t&#233;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si l'unification des travailleurs peut s'expliquer par le d&#233;sir d'obtenir de meilleures conditions de travail, qu'est-ce qui pourrait mener les opprim&#233;s &#224; s'unir&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les positions sociales issues de la division entre prol&#233;taires et capitalistes sont beaucoup plus claires que celles qui r&#233;sultent de l'oppression. Ainsi, un individu opprim&#233; dans telle cat&#233;gorie ne le sera pas forc&#233;ment dans une autre, et il aura alors la possibilit&#233; d'alterner entre son statut d'opprim&#233; et celui d'oppresseur, entre le domin&#233; et le dominant. &#192; travers l'histoire, par exemple lors des luttes f&#233;ministes du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle aux &#201;tats&#8209;Unis, on a vu que des personnes opprim&#233;es dans une cat&#233;gorie, &#224; savoir les femmes, pouvaient tr&#232;s bien devenir oppresseurs dans une autre, envers les femmes noires, et que subir l'oppression ne garantissait en rien le fait de ne pas la faire subir &#224; autrui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment la notion d'oppression peut-elle alors &#234;tre comprise &#224; la lumi&#232;re de la th&#233;orie marxiste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Bien que cette &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;cat&#233;gorisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ne soit pas exhaustive, il semble int&#233;ressant d'&#233;tudier dans les grandes lignes les oppressions suivantes que sont le racisme, l'handiphobie, le sexisme, et l'homophobie dans leurs rapports au syst&#232;me capitaliste et &#224; la production.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le racisme dans tous ses &#201;tats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le racisme est une id&#233;ologie qui suppose la division de l'esp&#232;ce humaine en plusieurs cat&#233;gories, en plusieurs races dont certaines seraient sup&#233;rieures &#224; d'autres. Le statut inf&#233;rieur de certaines races justifierait donc leur oppression, elle la naturaliserait pour mettre en avant la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;normalit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'une telle situation. Si certains individus sont inf&#233;rieurs &#224; d'autres selon des crit&#232;res physiques, naturels, endog&#232;nes, il appara&#238;t normal que les plus forts, aussi bien physiquement qu'intellectuellement, oppriment socialement les plus faibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la naturalisation de cette distinction de races qui s'appuie sur des crit&#232;res physiques internes aux personnes, en d&#233;coulent des habilit&#233;s qui deviennent les apanages de telle ou telle race. Les peuples sont alors hi&#233;rarchis&#233;s selon leurs capacit&#233;s, capacit&#233;s qui leurs sont attribu&#233;es naturellement en fonction de la race &#224; laquelle ils appartiennent. Ce syst&#232;me de pens&#233;e servira de base &#224; l'oppression et &#224; l'exploitation de certaines populations, notamment &#224; des fins capitalistes pour augmenter toujours d'avantage le profit de ces peuples dominants.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Usant de la torture, de l'extermination, et d'autres formes de terreur &#224; une &#233;chelle de masse, allant m&#234;me jusqu'&#224; la mise en esclavage ouverte des populations natives d'Afrique, l'expansion du capitalisme europ&#233;en s'est exprim&#233;e par une colonisation brutale de l'Am&#233;rique latine et de certaines parties de l'Asie et de l'Afrique, les pr&#233;cipitant sur le march&#233; mondial.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Elsa Dorlin, La Matrice de la race, G&#233;n&#233;alogie sexuelle et coloniale de la (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il appara&#238;t comme &#233;vident que la colonisation a &#233;t&#233; un &#233;l&#233;ment cl&#233; pour le d&#233;veloppement du syst&#232;me capitaliste qui a trouv&#233; dans ses colonies nouvellement acquises une ressource de main d'&#339;uvre presque in&#233;puisable pour produire toujours davantage de richesses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces arguments naturalistes sont essentiels pour d&#233;culpabiliser et d&#233;moraliser les dominants qui n&#8216;apparaissent pas, alors, comme des monstres assujettissant des &#234;tres-humains puisque les domin&#233;s ne sont, preuves physiques &#224; l'appui, pas vraiment humains. La naturalisation des caract&#233;ristiques physiques va m&#234;me jusqu'&#224; justifier la normalit&#233; du statut des esclaves puisqu'ils seraient les seuls &#224; avoir une complexion assez robuste pour supporter de tels travaux. Une v&#233;ritable &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;m&#233;decine&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des esclaves va na&#238;tre, notamment pour &#233;tudier les maux dont ils souffrent en lien avec leur condition, et elle &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;va jouer un r&#244;le d&#233;terminant dans l'&#233;laboration et l'imposition du discours raciste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Idem.' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est &#233;galement cette m&#233;decine qui va servir &#224; pathologiser tout sentiment de r&#233;bellion chez les esclaves, et ces derniers tentant de s'&#233;chapper seront syst&#233;matiquement consid&#233;r&#233;s comme fous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La colonisation va laisser des traces tr&#232;s profondes au sein de la soci&#233;t&#233; qui vont provoquer des bouleversements sociaux, id&#233;ologiques, et politiques. Ainsi, lors de leur appel en janvier 2005, Les Indig&#232;nes de la R&#233;publique ont d&#233;crit la situation comme telle&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Discrimin&#233;s &#224; l'embauche, au logement, &#224; la sant&#233;, &#224; l'&#233;cole et aux loisirs, les personnes issues&#160;des colonies, anciennes ou actuelles, et de l'immigration postcoloniale sont les premi&#232;res victimes de l'exclusion sociale et de la pr&#233;carisation.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171;&#160;Appel des indig&#232;nes de la R&#233;publique&#160;&#187;, disponible en ligne&#160;:' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'indig&#232;ne est la figure qui s'oppose au blanc, elle est celle qui menace l'identit&#233; de la nation, remet en cause la notion m&#234;me &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d'&#234;tre fran&#231;ais&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et provoque donc une peur irraisonn&#233;e chez celui qui s'estime &#234;tre le premier arriv&#233;, et donc le plus l&#233;gitime &#224; jouir des biens et des richesses du pays. Le racisme s'accro&#238;t donc, logiquement, en p&#233;riode de crise, quand ces m&#234;mes biens et richesses viennent &#224; manquer pour l'ensemble de la population, et que l'indig&#232;ne appara&#238;t comme une bouche de plus &#224; nourrir, voir un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;voleur&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;Subir l'oppression ne garantit &lt;br class='manualbr' /&gt;en rien le fait de ne pas la faire subir &#224; autrui&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Opposer les indig&#232;nes aux autres membres de la soci&#233;t&#233; est une vieille tactique de division pour s&#233;parer les forces en pr&#233;sence qui, unies, pourraient renverser l'oppression et faire perdre le pouvoir aux dominants. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Comme aux heures glorieuses de la colonisation, on tente d'opposer les Berb&#232;res aux Arabes, les Juifs aux &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Arabo-musulmans&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et aux Noirs. Les jeunes &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;issus de l'immigration&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont ainsi accus&#233;s d'&#234;tre le vecteur d'un nouvel antis&#233;mitisme. Sous le vocable jamais d&#233;fini d'&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;int&#233;grisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, les populations d'origine africaine, maghr&#233;bine ou musulmane sont d&#233;sormais&#160;identifi&#233;es comme la Cinqui&#232;me colonne d'une nouvelle barbarie qui menacerait l'Occident et ses &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;valeurs&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Idem.' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces valeurs m&#233;ritent pourtant d'&#234;tre interrog&#233;es car sans retour critique, elles ne font que se cristalliser, n'&#233;tant, au mieux, plus en accord avec leur temps, et servant, au pire, de paravent &#224; une id&#233;ologie dominante. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Il faut en finir avec les institutions qui ram&#232;nent les populations issues de la colonisation &#224; un statut de sous-humanit&#233;.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Idem.' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La notion de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sous-humanit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est importante pour comprendre l'oppression car elle marque la s&#233;paration d'un groupe d'individus du reste de la soci&#233;t&#233;. Groupe qui est consid&#233;r&#233; plus ou moins explicitement comme inf&#233;rieur, souvent avec l'accord tacite des institutions, ce qui provoque un sentiment profond et cruel d'injustice et une forte d&#233;valorisation de ces individus qui sont alors trait&#233;s diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une sous-humanit&#233; faite d'handicap&#233;s, &lt;br class='manualbr' /&gt;la pathologisation du non-productif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le handicap est un terme tr&#232;s vague qui regroupe beaucoup de personnes diff&#233;rentes, et il a, dans l'imaginaire populaire, une connotation tr&#232;s n&#233;gative. Selon l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OMS&lt;/span&gt;, il est d&#233;fini comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;un terme g&#233;n&#233;rique, couvrant des d&#233;ficiences, des limitations d'activit&#233;s, et des restrictions de participation. Le handicap est un ph&#233;nom&#232;ne complexe, refl&#233;tant une interaction entre les caract&#233;ristiques du corps d'une personne et les caract&#233;ristiques de la soci&#233;t&#233; dans laquelle il ou elle vit&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'int&#233;gration des personnes handicap&#233;es dans la soci&#233;t&#233; a connu un s&#233;v&#232;re frein lors de la r&#233;volution industrielle avec l'acc&#233;l&#233;ration des rythmes et le d&#233;veloppement des machines demandant des habilit&#233;s particuli&#232;res. Les personnes jug&#233;es plus faibles, vuln&#233;rables, d&#233;pendantes, sont alors isol&#233;es dans des maisons de correction, des asiles, des prisons ou des &#233;coles sp&#233;cialis&#233;es, permettant ainsi de soulager la sph&#232;re domestique dont les membres peuvent se tourner vers un travail plus productif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La fin du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle voit s'accro&#238;tre les th&#233;ories eug&#233;nistes, qui trouveront leur apog&#233;e lors de la seconde guerre mondiale, et qui pr&#233;conisent un nouveau concept, celui de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;normalit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; par l'&#233;limination des d&#233;faillances. Plus de 275&#160;000 personnes handicap&#233;es furent tu&#233;es dans le programme nazi de mise &#224; mort &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Aktion T-4&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;La notion de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sous- humanit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; marque &lt;br class='manualbr' /&gt;la s&#233;paration d'un groupe d'individus du reste de la soci&#233;t&#233;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'&#233;conomie de guerre permit aux personnes handicap&#233;es de retrouver une place dans la production puisqu'il fallait un moyen pour remplacer les soldats morts ou bless&#233;s. Une politique d'expansion des ateliers prot&#233;g&#233;s fut alors men&#233;e, permettant une exploitation de ces travailleurs qui &#233;taient pay&#233;s en dessous du salaire minimal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le boom &#233;conomique de l'apr&#232;s-guerre permit d'ouvrir un espace &#224; de nouvelles revendications pour les personnes handicap&#233;es, et la lutte pour les droits civils des Noirs servit de mod&#232;le &#224; des pionniers du mouvement qui voulaient sortir des institutions dites &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sp&#233;cialis&#233;es&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, se battre contre la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;m&#233;dicalisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de leur statut, et contre ce mouvement caritatif suscit&#233; par leur condition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_333 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:288px;'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L288xH352/handicap_fighter-2a0c8.jpg' width='288' height='352' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Sortir des institutions est, bien s&#251;r, la base de leur int&#233;gration, mais cela n&#233;cessite que la soci&#233;t&#233; soit capable de remettre en cause son propre syst&#232;me de normes. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;[Si le handicap] &lt;i&gt;est vu comme une trag&#233;die personnelle, les personnes handicap&#233;es seront trait&#233;es comme s'ils &#233;taient un peu les victimes d'&#233;v&#233;nements ou de circonstances tragiques... Si le handicap est &#173;d&#233;fini comme oppression sociale, on verra alors les personnes handicap&#233;es comme les victimes collectives d'une soci&#233;t&#233; qui ne sait pas ou qui ne se soucie pas...&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Randy Slorach, &#171;&#160;Marxism and disability&#160;&#187;, paru dans International Socialism, (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Appara&#238;t l&#224; une id&#233;e cl&#233;, qui va &#234;tre d&#233;velopp&#233;e dans les ann&#233;es &#224; venir, celle que c'est la soci&#233;t&#233; qui rend les gens &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;handicap&#233;s&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le handicap n'appara&#238;t donc plus seulement comme un facteur naturel, endog&#232;ne qui, de la m&#234;me fa&#231;on que cela a justifi&#233; la situation des victimes du racisme, justifierait celle des personnes handicap&#233;es. Si un fait appara&#238;t comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturel&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, intrins&#232;que &#224; la personne, la soci&#233;t&#233; se d&#233;douane alors de toute responsabilit&#233;. C'est la faute du biologique et non du social&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Or, le handicap appara&#238;t, &#224; son tour, de plus en plus comme une construction sociale oppressive, oppression dont l'existence est bien due &#224; des choix politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains activistes verront m&#234;me la soci&#233;t&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;valide&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; comme le probl&#232;me, comme &#233;tant la source de tout handicap. Se &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;s&#233;parer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de cette soci&#233;t&#233; pour construire une autre soci&#233;t&#233; o&#249; le handicap ne serait plus &#233;tait le but d'activistes s&#233;paratistes voyant tous les gens valides comme des oppresseurs. Cela a men&#233; &#224; des situations extr&#234;mes comme de savoir qui &#233;tait &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;vraiment handicap&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ou a conduit &#224; des comportements discriminants envers les Noirs, les femmes, et les gays puisque, eux, faisaient partie de cette soci&#233;t&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;valide&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;Le handicap appara&#238;t de plus en plus &lt;br class='manualbr' /&gt;comme une construction sociale oppressive&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Selon Roddy Slorach, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La difficult&#233; cruciale, cependant, &#233;tait que le mouvement des handicap&#233;s a grandi en Grande-Bretagne (et ailleurs) pendant et apr&#232;s une p&#233;riode de d&#233;faites pour la classe ouvri&#232;re, quand d'autres mouvements d'opprim&#233;s &#233;taient d&#233;j&#224; pass&#233;s dans le d&#233;clin... Peu d'activistes ont vu une quelconque preuve que la classe ouvri&#232;re pouvait avec succ&#232;s unir les luttes des opprim&#233;s ayant un int&#233;r&#234;t partag&#233; dans un changement plus fondamental.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Idem.' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, la lutte des classe prend aussi tout son sens au sein de la population handicap&#233;e puisque un ouvrier, bien que son esp&#233;rance de vie soit d&#233;j&#224; plus courte de 7 ans, va vivre en moyenne 17 ans de moins avec un handicap. De plus, comme pour les autres oppressions, un handicap&#233; riche pourra en compenser les effets en payant des biens et des services.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le corps handicap&#233;, plus lent, voire difforme, est per&#231;u comme improductif en lui-m&#234;me et ne peut que rendre malade le syst&#232;me capitaliste qu'il ralentit. Il est le faible, le malade, tout comme l'a &#233;t&#233;, et l'est parfois encore, le corps f&#233;minin. Le corps handicap&#233; est au corps valide ce que le corps f&#233;minin est au corps masculin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La femme, une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;handicap&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;du genre dans le syst&#232;me capitaliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Elsa Dorlin affirme que le corps f&#233;minin est jug&#233; faible, maladif, malsain, en opposition au corps masculin fort, en bonne sant&#233;, sain, et c'est cette pathologisation qui justifie la domination de l'un sur l'autre. C'est la m&#233;decine qui, d&#232;s l'&#226;ge classique, fournit la d&#233;finition dominante et normative de la diff&#233;rence sexuelle. Les trait&#233;s sur les maladies des femmes sont tr&#232;s nombreux, et participent &#224; cette &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;m&#233;dicalisation du corps f&#233;minin&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pens&#233; comme davantage sujet aux d&#233;r&#232;glements hormonaux, plus affaibli par leur appareil reproducteur qui les condamne aux r&#232;gles, grossesses, et autres...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;m&#233;dicalisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des corps fait apparaitre le sexe comme une marque biologique qui signale et stigmatise le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;diff&#233;rent&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui d&#233;roge &#224; la norme id&#233;ale, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'autre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, cet &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;autre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ayant alors les traits du f&#233;minin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re des &#233;tudes de genre, il semble important de s'interroger sur la notion de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;genre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et ainsi de mieux comprendre les rapports &#233;tablis dans la soci&#233;t&#233; entre hommes et femmes, et de voir la fa&#231;on dont le statut des femmes est instrumentalis&#233; dans le syst&#232;me capitaliste. Le genre est un syst&#232;me hi&#233;rarchisant de cat&#233;gories de sexe impliquant des normes et structur&#233; par la domination masculine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_332 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:185px;'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L185xH279/grlchalk-03d91.jpg' width='185' height='279' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Cependant, pour que l'oppression des femmes perdure dans le syst&#232;me capitaliste, il est important qu'un lien perdure &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturellement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; entre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;femme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et valeurs dites &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;f&#233;minines&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, en opposition &#224; des valeurs dites &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;masculines&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui sont attribu&#233;es &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'homme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Cela permet une d&#233;termination des r&#244;les assign&#233;s &#224; l'un et l'autre sexe qui justifierait &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturellement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; les caract&#233;ristiques, les habilit&#233;s des hommes et des femmes, ces derni&#232;res &#233;tant affubl&#233;es des traits les plus vils. Ces repr&#233;sentations sociales, cristallis&#233;es, diffus&#233;es par ces r&#244;les g&#233;n&#233;rateurs de pr&#233;jug&#233;s, cr&#233;ent un tableau de valeurs qui signe la pr&#233;dominance du principe masculin sur celui de f&#233;minin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Fran&#231;oise H&#233;ritier, les deux pivots de l'in&#233;galit&#233; des sexes sont le contr&#244;le social de la f&#233;condit&#233; des femmes, et la division du travail entre les sexes qui veut que les femmes soient gard&#233;es hors de la sph&#232;re productive. Le contr&#244;le du corps des femmes a toujours &#233;t&#233; un enjeu de pouvoir car elles sont celles qui &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;engendrent&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; les futurs citoyens et assurent le renouvellement de la soci&#233;t&#233; en produisant les individus dont le travail pourra ensuite &#234;tre exploit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; capitaliste, bas&#233;e sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, met en avant le r&#244;le fondamental de la famille &#224; laquelle la femme doit se vouer corps et &#226;me, la rendant ainsi &#233;conomiquement d&#233;pendante de son mari. La femme a un statut social de second ordre et n'existe qu'en tant qu'&#233;pouse et m&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'institution familiale repose donc sur, et renforce, une division sexuelle et sociale du travail o&#249; les femmes sont soumises au joug domestique et &#224; la d&#233;pendance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;La famille reproduit en son sein les rapports autoritaires &lt;br class='manualbr' /&gt;et hi&#233;rarchiques, r&#233;pressifs et conservateurs de la soci&#233;t&#233; capitaliste&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le travail domestique effectu&#233; gratuitement par les femmes est un &#233;l&#233;ment n&#233;cessaire de la reproduction de la force de travail vendue aux capitalistes. Si elles ne le faisaient pas, il faudrait &#233;lever les salaires afin que les familles puissent acheter ce qui est alors produit gratuitement en leur sein. Cela impliquerait une r&#233;duction de la masse globale des profits, modifiant l'&#233;quilibre entre profits et salaires en faveur du prol&#233;tariat. C'est avant tout le capitalisme qui profite donc de ce travail des femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes sont une arm&#233;e de r&#233;serve qui offre sa force de travail &#224; bas prix, mais en plus, ce maintien de leur statut dans la pr&#233;carit&#233; permet aux capitalistes de pr&#233;cariser l'ensemble des travailleurs. L'arm&#233;e de r&#233;serve qu'elles repr&#233;sentent fait pression sur le salaire des travailleurs en g&#233;n&#233;ral qui, du coup, se voient oblig&#233;s d'accepter des salaires plus bas sous peine d'&#234;tre remplac&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette entr&#233;e des femmes sur le march&#233; du travail bouleverse le mod&#232;le patriarcal de la famille tel qu'il se pr&#233;sente dans le syst&#232;me capitaliste, pourtant ce dernier s'efforce de maintenir ce mod&#232;le car il est une cl&#233; &#224; sa survivance. Il lui permet de perp&#233;tuer l'institutionnalisation des in&#233;galit&#233;s sociales et &#233;conomiques en transf&#233;rant &#224; la famille la charge sociale de l'entretien &#233;conomique des exploit&#233;s. Chaque famille est alors responsable des siens, ce qui maintient la division et emp&#234;che toute unification des opprim&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La famille reproduit en son sein &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;des rapports autoritaires et hi&#233;rarchiques, r&#233;pressifs et conservateurs de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Ce sont des valeurs n&#233;cessaires pour le maintien de la division en classe&#160;: possessivit&#233;, agressivit&#233;, comp&#233;titivit&#233;, repli sur soi (sexualit&#233; norm&#233;e, discipline, normes sociales dominantes...)&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171;&#160;La r&#233;volution socialiste et la lutte de lib&#233;ration des femmes&#160;&#187;, R&#233;solution (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sexualit&#233; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LGBTI&lt;/span&gt; et remise en cause du mod&#232;le de la famille&#160;: &lt;br class='manualbr' /&gt;l'effondrement de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;maison m&#232;re&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du capitalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons d&#233;crit bri&#232;vement dans le cadre de l'oppression des femmes, le mod&#232;le de la famille est un outil essentiel du syst&#232;me capitaliste. Il se sert de ce sch&#233;ma pour normer la sexualit&#233;, pour que cette derni&#232;re serve de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;rep&#232;re&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; la pathologisation ou non des individus, et qu'il puisse ainsi imposer sa r&#233;pression et son contr&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette norme qu'est l'h&#233;t&#233;ronormativit&#233;, est int&#233;gr&#233;e comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturelle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour la plupart des individus, mais elle n'est en fait que le r&#233;sultat d'une mise en condition d'un syst&#232;me capitaliste dominant qui se sert de cette norme pour asservir, exploiter et oppresser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on s'en r&#233;f&#232;re aux travaux de Monique Wittig, l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; est un syst&#232;me politique qui fonctionne sur la binarit&#233; des classes de sexes, et qui lie &#224; chacune de ces classes des attributs de genre, puis des r&#244;les sociaux et une orientation sexuelle qui en d&#233;coulent. Le syst&#232;me h&#233;t&#233;rosexuel, outil du capitalisme, conditionne les rapports entre les individus dans la sph&#232;re priv&#233;e et la sph&#232;re publique, deux notions qui fonctionnent aussi sur le mode binaire puisque le priv&#233; est attribu&#233; au f&#233;minin ainsi que ce qui en d&#233;coule comme la famille, l'intimit&#233;, la sexualit&#233; procr&#233;ative... et le public au masculin, avec ce qui touche au travail, &#224; la sociabilit&#233;, et &#224; la sexualit&#233; non procr&#233;ative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; a donc trac&#233; un chemin pour tout individu, &#224; savoir celui d'avoir une vie sexuelle g&#233;nitale avec un partenaire du sexe oppos&#233; dans le but de procr&#233;er pour donner une future main d'&#339;uvre &#224; la soci&#233;t&#233;, et ce dans le cadre d'une vie maritale o&#249; la monogamie est v&#233;cue comme une injonction de l'institution juridique qui garde ainsi le contr&#244;le sur la sexualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sortir de ces r&#232;gles c'est donc refuser le conditionnement de la pens&#233;e, c'est ne pas suivre le mode de vie impos&#233;, et s'opposer &#224; la hi&#233;rarchisation des &#234;tres-humains selon qu'ils correspondent, ou non, aux normes. C'est pr&#244;ner d'autres formes de sexualit&#233;, comme celles non g&#233;nitale, non procr&#233;ative ou non h&#233;t&#233;rosexuelle par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_331 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH355/cases-ce3d4.jpg' width='500' height='355' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;Le syst&#232;me capitaliste ne supporte pas le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trouble&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;br class='manualbr' /&gt;ni &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trouble &#224; l'ordre public&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ni &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trouble dans le genre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le mouvement Queer, se sont ainsi regroup&#233;s des individus gays, lesbiennes, transsexuels, bisexuels, ou tout simplement tous ceux qui ne se reconnaissaient pas dans l'h&#233;t&#233;rosexisme. Ce mot &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Queer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, qui veut dire en anglais &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;trange&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;bizarre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#233;tait, pourtant, &#224; la base une insulte envers ces m&#234;mes gays, lesbiennes, transsexuels... qui r&#233;cup&#233;r&#232;rent le mot et en retourn&#232;rent le stigmate.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils se battirent d'abord pour l'arr&#234;t de la psychiatrisation de l'homosexualit&#233;, de la bisexualit&#233; et de la transsexualit&#233;, sortant ainsi l'homosexualit&#233; de la cat&#233;gorie des maladies mentales perverses. Cependant, avoir une sexualit&#233; jug&#233;e comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;viante&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; par l'ensemble de la soci&#233;t&#233; resta, et est encore parfois, source de honte, m&#234;me si l'identit&#233; homosexuel-le, bisexuel-le, transsexuel-le, s'affirme de plus en plus aujourd'hui et laisse donc place &#224; une certaine fiert&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Trouble dans le genre&lt;/i&gt;, Judith Butler reprend toutes ces cat&#233;gories en expliquant qu'il est impossible de cartographier la sexualit&#233; car les genres sont sans cesse en mouvement. Elle d&#233;veloppe l'id&#233;e que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; obligatoire et le phallogocentrisme sont compris comme des r&#233;gimes de discours/pouvoir&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, c'est-&#224;-dire que le fait d'avoir du d&#233;sir pour le sexe oppos&#233;, et la place sup&#233;rieur du genre masculin, sont, en fait, construits dans la parole au travers d'un discours dominant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette r&#233;ification des identit&#233;s de genre est pourtant impos&#233;e inconsciemment par le capitalisme qui s'oppose &#224; toutes perturbations ou d&#233;sorganisations de son syst&#232;me, et qui ne veut pas prendre le moindre risque de perdre le contr&#244;le sur ceux qu'il opprime. Le syst&#232;me capitaliste ne supporte pas le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trouble&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ni &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trouble &#224; l'ordre public&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ni &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trouble dans le genre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour conclure, nous pourrions reprendre une phrase de John Mullen qui dit que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;L'oppression est rendue n&#233;cessaire car elle sert la dictature du profit&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Si, comme le dit Marx, les id&#233;es dominantes dans la soci&#233;t&#233; sont celles de la classe dominante, il est facile de comprendre comment sont instrumentalis&#233;s les pr&#233;jug&#233;s, notamment au sein m&#234;me des opprim&#233;s afin de mieux les diviser. Ainsi, l'image id&#233;ale d'une unit&#233; des travailleurs se voit souvent bris&#233;e par une cat&#233;gorisation de ces m&#234;mes travailleurs en races, handicaps, sexes, sexualit&#233;s... qui produit une circulation de l'oppression dans ces diff&#233;rentes cat&#233;gories dont les individus s'oppriment les uns les autres, ce au profit des capitalistes. L'oppression sert &#224; rel&#233;guer au second plan le clivage social en mettant en avant des s&#233;parations qui permettent de briser l'unit&#233; de la lutte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les travailleurs ont une arme redoutable contre l'exploitation au travers de la gr&#232;ve, les opprim&#233;s, eux, ne peuvent se d&#233;faire, m&#234;me momentan&#233;ment, de ce qui fait leur oppression. Pourtant, c'est souvent dans les moments de gr&#232;ve, o&#249; s'installe une plus grande solidarit&#233; entre tous les travailleurs, que l'oppression recule. Cela s'explique par le fait que ces moments de gr&#232;ve permettent aux travailleurs de reprendre le contr&#244;le de leur existence, ce qui diminue la n&#233;cessit&#233; qu'ils ont de trouver des boucs &#233;missaires pour justifier leurs mauvaises conditions de vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elsa Dorlin, &lt;i&gt;La Matrice de la race, G&#233;n&#233;alogie sexuelle et coloniale de la nation&lt;/i&gt;, &#201;ditions La D&#233;couverte, Paris 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Appel des indig&#232;nes de la R&#233;publique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, disponible en ligne&#160;: &lt;a href=&#034;http://lmsi.net/Nous-sommes-les-indigenes-de-la&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://lmsi.net/Nous-sommes-les-indigenes-de-la&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Randy Slorach, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Marxism and disability&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, paru dans &lt;i&gt;International Socialism&lt;/i&gt;, n&#176;129, traduction fran&#231;aise disponible sur le site de la revue&#160;: http:// quefaire.lautre.net/archives/article/marxisme-et- handicap.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La r&#233;volution socialiste et la lutte de lib&#233;ration des femmes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, R&#233;solution de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Some of us are Brave...</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/Some-of-us-are-Brave</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hugo Harari-Kermadec, Lisbeth Sal, Na&#239;ma Anka Idrissi</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Bien qu'elle ne soit pas nouvelle, la question de l'articulation des oppressions entre elles et avec l'exploitation se pose avec acuit&#233; dans les luttes d'aujourd'hui. Qu'il s'agisse de l'organisation des femmes voil&#233;es et plus largement des mobilisations des quartiers populaires, c'est d'embl&#233;e ce type de questions qui sont pos&#233;es. Dans cet article, nous souhaitons montrer que pour r&#233;sister il est n&#233;cessaire d'appr&#233;hender l'articulation des oppressions pour &#233;viter de passer &#224; c&#244;t&#233; des besoins r&#233;els des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-no06-fevrier-avril-2011" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - n&#176;06 - F&#233;vrier/Avril 2011&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Feminisme" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L94xH150/arton278-77c8c.png&#034; width='94' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bien qu'elle ne soit pas nouvelle, la question de l'articulation des oppressions entre elles et avec l'exploitation se pose avec acuit&#233; dans les luttes d'aujourd'hui. Qu'il s'agisse de l'organisation des femmes voil&#233;es et plus largement des mobilisations des quartiers populaires, c'est d'embl&#233;e ce type de questions qui sont pos&#233;es. Dans cet article, nous souhaitons montrer que pour r&#233;sister il est n&#233;cessaire d'appr&#233;hender l'articulation des oppressions pour &#233;viter de passer &#224; c&#244;t&#233; des besoins r&#233;els des opprim&#233;-e-s, voire de participer &#224; les diviser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'universalisme, l'histoire et les principes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant tout, il nous semblait important de revenir sur la notion d'universalisme qui y est pour beaucoup dans la construction de la domination, en particulier en France. Issu de la philosophie des Lumi&#232;res, l'universalisme cherche &#224; construire l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral par opposition aux int&#233;r&#234;ts individuels. Au moment o&#249; la notion a &#233;t&#233; introduite dans la philo&#173;sophie, c'&#233;tait r&#233;volutionnaire dans la mesure o&#249; &#231;a s'opposait aux int&#233;r&#234;ts des nobles et du clerg&#233;. Elle a d'ailleurs &#233;t&#233; utilis&#233;e par Olympe de Gouges ou Toussaint Louverture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Entretien avec Daniel Bensaid, Quand l'histoire nous d&#233;senchante, r&#233;alis&#233; par (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En m&#234;me temps, forg&#233; par des bourgeois blancs m&#226;les h&#233;t&#233;ros et valides, l'universalisme a fini par camoufler l'existence de discrimina&#173;tions. L'universalisme conduit aussi &#224; la construction de principes qui seraient intangibles, universels et sur lesquels il s'agirait de s'appuyer dans les luttes pour l'&#233;mancipation. D&#232;s que l'on met en doute l'existence de tels principes, on peut &#234;tre tax&#233;s de relativistes (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Tu n'es pas contre les religions&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Tu soutiens l'excision&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;). Pourtant, nous savons tous et toutes que les principes atemporels n'existent pas. Nous pouvons avoir des principes mais ils sont ancr&#233;s dans une soci&#233;t&#233;. &#192; quoi bon d&#233;fendre l'ind&#233;pendance de classe sous le socialisme, par exemple&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme les principes, les normes varient dans l'histoire et peuvent &#234;tre r&#233;investies, c'est-&#224;-dire acqu&#233;rir un sens nouveau par la fa&#231;on dont les gens les vivent. Elles n'ont pas un sens valable en tout temps et en tout lieu. Il n'y a donc pas une seule fa&#231;on de se battre pour l'&#233;mancipation. Ainsi, au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, plusieurs strat&#233;gies, &#224; premi&#232;re vue contradictoires, sont employ&#233;es par les f&#233;ministes&#160;: tandis que Marguerite Durand (directrice de &lt;i&gt;La Fronde&lt;/i&gt;, un quotidien f&#233;ministe), revendique sa f&#233;minit&#233; pour &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;enlever aux hommes superficiels cet argument que le f&#233;minisme est l'ennemi du go&#251;t et de l'esth&#233;tique f&#233;minine&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Metz( A.), &#171;&#160;Marguerite Durand et la belle &#233;poque du f&#233;minisme&#160;&#187;, in Metz( A.), (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Madeleine Pelletier (premi&#232;re femme ali&#233;niste, on dirait aujourd'hui psychiatre), revendique son refus de toute relation sexuelle et adopte une apparence d&#233;lib&#233;r&#233;ment masculine&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;mon costume dit &#224; l'homme&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;je suis ton &#233;gale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Jami (I.), &#171;&#160;Forces et faiblesses du f&#233;minisme f&#233;minisme fran&#231;ais&#160;&#187;, in (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Finalement, &#224; leur mani&#232;re, toutes deux revendiquent l'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'existe pas de ligne toute trac&#233;e, de sch&#233;ma &#233;mancipateur universel. Les formes que prennent les luttes pour l'&#233;mancipation, de m&#234;me que les outils auxquels ont recours les opprim&#233;-e-s, varient au cours de l'histoire. Ce qui est fondamental, c'est que les opprim&#233;-e-s eux ou elles-m&#234;mes soient moteurs dans leur lutte et puissent s'emparer des outils qui font sens au moment o&#249; ils ou elles luttent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_282 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L425xH500/poing_brode-61803.jpg' width='425' height='500' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nommer les oppressions&#160;: l'exemple de la race&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leurs caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques, les oppressions poss&#232;dent des caract&#233;ristiques communes. Elles pr&#233;sentent une privation de droits pour les populations domin&#233;es, une violence symbolique et physique poussant &#224; la r&#233;signation, une stigmatisa&#173;tion par le d&#233;nigrement syst&#233;matique du groupe opprim&#233;, une hi&#233;rarchisation et/ou une naturalisation de la diff&#233;rence. Les dominations de sexe, de classe et de race recoupent toutes ces caract&#233;&#173;ristiques. Cependant, les cat&#233;gories de sexe et de race ont une histoire diff&#233;rente de celle de la classe, ce qui rend ces deux notions difficiles &#224; appr&#233;hender par celles et ceux qui sont venu-e-s au militantisme par le marxisme, tant au niveau th&#233;orique que politique. Pourtant, en tant que dispositifs de naturalisation du pouvoir et par les rapports de domination qui s'y jouent, ces deux cat&#233;gories prennent tout leur sens comme cat&#233;gorie d'analyse critique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Dorlin (E), Sexe, race, classe pour une &#233;pist&#233;mologie de la domination, 2009, (...)' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La naturalisation tient en la croyance &#224; des caract&#233;ristiques naturelles qui justifient&#160;l'oppression. Si aujourd'hui le concept d'&#233;galit&#233; des sexes semble admis, au moins dans les discours, des livres comme &lt;i&gt;Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de V&#233;nus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Gray (J), Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de V&#233;nus, 1999, (...)' id='nh3-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou le programme &lt;i&gt;Sc&#232;nes de m&#233;nage&lt;/i&gt; par exemple continuent &#224; inscrire l'id&#233;e, par le biais de l'humour, de diff&#233;rences &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturelles&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; entre les hommes et les femmes. Ainsi, les proc&#233;d&#233;s utilis&#233;s visent toujours &#224; tourner les femmes en ridicule en leur reprochant d'&#234;tre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trop&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; par rapport &#224; la norme masculine. La diffusion de ces clich&#233;s perdure et &#224; vocation &#224; d&#233;valoriser les femmes&#160;: ainsi quand elles occupent des postes dans les m&#233;tiers relatifs aux soins &#224; la personne, leur travail est moins reconnu car il s'agirait de capacit&#233;s li&#233;es &#224; leur sexe et non d'un savoir faire appris&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles sont souvent consid&#233;r&#233;es comme des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;comm&#232;res&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou des s&#233;ductrices&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on consid&#232;re que les milieux de travail f&#233;minins sont plus difficiles car elles &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;se cr&#234;pent le chignon&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ces petits sketches diffusent des id&#233;es sexistes et l&#233;gitiment les positions subalternes des femmes car ils n'interrogent jamais les logiques et constructions sociales de genre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On trouve des proc&#233;d&#233;s similaires avec la question de la race. L'id&#233;o&#173;logie universaliste emp&#234;che le recours &#224; ce terme car &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les races n'existent pas&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Comme l'explique Eric Fassin, le dialogue est biais&#233; dans la mesure o&#249; les termes du d&#233;bat sont r&#233;duits &#224; des oppositions telles que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#234;tes-vous universalistes ou diff&#233;rencialistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#202;tes-vous r&#233;publicain ou communautariste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Dans &lt;i&gt;Sexe, Race et Pratique du pouvoir&lt;/i&gt;, Colette Guillaumin &#233;crit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;si la r&#233;alit&#233; de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;race&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'est en effet pas bio-naturelle, n'est en effet pas psychologique (quelque tendance inn&#233;e de l'esprit humain &#224; d&#233;signer en l'autre un &#234;tre de nature&#8230;), elle est cependant. Car il n'est pas soutenable de pr&#233;tendre qu'une cat&#233;gorie qui organise des &#233;tats (le troisi&#232;me Reich, la R&#233;publique sud-africaine, etc.), qui entre dans la Loi, n'existe pas. Il n'est pas soutenable de pr&#233;tendre que la cat&#233;gorie qui est la cause directe, le moyen premier du meurtre de millions d'&#234;tre humains n'existe pas.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Guillaumin (C.), Sexe, Race et Pratique du pouvoir, C&#244;t&#233;-femmes, 1992, p. (...)' id='nh3-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S'il est &#233;vident &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;qu'il n'y a qu'une race, la race humaine&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, la race comme rapport social de domination existe et l'occulter ou le fuir c'est participer &#224; entretenir les discriminations. Parler de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;race&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; c'est s'inscrire dans les processus sociaux, c'est participer &#224; la connaissance des r&#233;alit&#233;s des rapports de domination qu'elle sous tend. S'il faut &#234;tre conscient des risques d'ent&#233;riner les cat&#233;gories raciales de sens commun qu'il s'agit de combattre, il s'agit aussi de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;penser le contenu des cat&#233;gories raciales et des pratiques racistes, qui ne se pr&#233;sentent pas toujours comme telles aujourd'hui et qu'il faut exhumer de fait et de discours qui les recouvrent et les occultent&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Fassin (D), &#171;&#160;Nommer, interpr&#233;ter. Le sens commun de la question raciale&#160;&#187;, in (...)' id='nh3-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est dans cette optique que nous parlons de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;race&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;racialisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;personnes racis&#233;es&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. De plus, comme le souligne Colette Guillaumin &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;le discours est un perp&#233;tuel champ de la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Guillaumin (C), L'id&#233;ologie raciste. Gen&#232;se et langage actuel, Gallimard, (...)' id='nh3-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il s'agit alors d'&#233;couter les personnes concern&#233;es quand elles parlent, d'entendre la mani&#232;re dont elles se d&#233;finissent. Ainsi, comme beaucoup d'autre, G&#233;rard, &#233;l&#232;ve de lyc&#233;e professionnel interview&#233;, dit &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Je suis un black d'o&#249;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je suis un black de ma cit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ces cat&#233;gories montrent &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la complexit&#233; et l'ambigu&#239;t&#233; du rapport &#224; soi et du rapport aux autres&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid, p.&#160;34.' id='nh3-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et participent de techniques d'&lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt;&#160;: d&#233;cortiquer les m&#233;canismes d'une identit&#233;, &#224; la fois subie et fondatrice de soi, permet de s'armer contre les oppressions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_279 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH691/rosie-8071c.jpg' width='500' height='691' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des revendications li&#233;es au contexte politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chaque oppression est un rapport social. Elle est donc &#224; prendre en compte dans une logique de rapport de force par rapport aux autres, en ce sens, elles varient en fonction des contextes, des mouvements sociaux dans lesquels elles sont imbriqu&#233;es, et ne peuvent de ce fait &#234;tres analys&#233;-e-s sur une &#233;chelle unidimensionnelle. Aujourd'hui, en France, m&#234;me si l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes est loin d'&#234;tre atteinte (sans parler des remises en cause), la situation n'est plus la m&#234;me qu'au xix&#232;me si&#232;cle et n'est pas la m&#234;me qu'en Am&#233;rique latine ou en Inde. De la m&#234;me fa&#231;on, le racisme en France n'est plus le m&#234;me que celui du temps de l'exposition coloniale de 1931 et n'a que peu &#224; voir avec celui d'Am&#233;rique latine o&#249; les descendant-e-s d'immigr&#233;s, blanc-he-s ou arabes, sont dans des positions de domination vis-&#224;-vis des am&#233;ricains &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;de souche&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agit chaque fois de mesurer finement les situations politiques pour &#233;tablir &lt;br class='autobr' /&gt;
des revendications &#233;mancipatrices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'intersection de la race et du sexe a principalement &#233;t&#233; trait&#233;e dans le contexte de l'esclavage et du post esclavagisme. On peut distinguer trois vagues dans l'histoire du f&#233;minisme afro-am&#233;ricain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re concerne la lutte pour l'aboli&#173;tion de l'esclavage, la deuxi&#232;me est celle de la lutte des femmes pour obtenir des droits civiques et enfin la troisi&#232;me &#224; pour objet de faire reconnaitre le lien existant entre le racisme et le sexisme. Durant la deuxi&#232;me vague les femmes noires se retrouv&#232;rent devant une difficult&#233;. D'un c&#244;t&#233; elles devaient lutter contre le f&#233;minisme des am&#233;ricaines blanches qui ne prenaient pas en compte la condition des femmes noires et d'un autre elles devaient faire face aux reproches des hommes noirs qui ne voyaient pas dans la lutte contre le sexisme une possibilit&#233; viable de parvenir &#224; la lutte contre le racisme et opposaient donc les deux combats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t du black feminism tient dans l'analyse de l'intrication entre sexisme &lt;br class='autobr' /&gt;
et racisme. Dans les soci&#233;t&#233;s esclavagistes, les femmes &#233;taient log&#233;es &#224; la m&#234;me enseigne que les hommes, elles effectuaient le m&#234;me travail et avaient les m&#234;mes contraintes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En stigmatisant les noirs comme de pares&#173;seux eff&#233;min&#233;s, le racisme esclavagistes est m&#234;me all&#233; jusqu'&#224; produire une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;inver&#173;sion relative des positions de sexe&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Bereni.L, Chauvin.S, Jaunait.A, Revillard.A, Introduction aux Gender (...)' id='nh3-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui permettaient aux noires &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d'att&#233;nuer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; la domination de sexe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, le racisme s'&#233;rige par l'affirmation de diff&#233;rences culturelles d&#233;&#173;finies comme hi&#233;rarchiquement inf&#233;rieures et inh&#233;rentes aux groupes minoritaires. C'est par le biais des questions de sexe et de sexualit&#233;s qu'est instrumentalis&#233; le discours raciste. Il s'op&#232;re une naturalisa&#173;tion des races par la naturalisation des diff&#233;rentes cultures. La culture et/ou la religion des populations issues d'Afrique du Nord et/ou d'Afrique Subsaharienne sont souvent imagin&#233;es comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;plus&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sexistes et &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;plus&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; homophobes que les cultures occidentales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est donc sous couvert d'une cause noble, l'antisexisme et/ou la lutte contre l'homophobie, que se met en place une stigmatisation forte des populations raci&#173;s&#233;es. En exacerbant certains signes cultu&#173;rels (le port de la burqua par exemple) et des faits divers isol&#233;s (les viols collectifs ou &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;tournantes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;), le discours politique pr&#233;sente le groupe minoritaire comme homog&#232;ne. Les hommes racis&#233;s sont appr&#233;hend&#233;s comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturellement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sexistes et homophobes, et les femmes racis&#233;es sont per&#231;ues comme soumises &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;par essence&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. D'une part, on constate un pr&#233;jug&#233; raciste sur la culture de l'Autre et d'autre part il y a une essentialisa&#173;tion de cette culture pr&#233;sent&#233;e comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturellement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sexiste. En d&#233;non&#231;ant des pratiques du groupe minoritaire comme sexistes &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;par essence&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, le risque est que le groupe minoritaire et tous ses membres soient assimil&#233;s au sexisme, et que, par opposition, les violences sexistes du groupe majoritaire soient occult&#233;es. De cette mani&#232;re, on observe aussi une assimilation entre couleur de peau et culture ou religion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, le groupe minoritaire, la minorit&#233; visible, est appr&#233;hend&#233; comme un groupe homog&#232;ne, contrairement au groupe majoritaire, la majorit&#233; invisible, qui a le privil&#232;ge d'&#234;tre appr&#233;hend&#233;e de mani&#232;re individuelle. Dans un de ces article, Leti Volpp&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Volpp,&#160;(L) (2006). &#171;&#160;Quand on rend la culture responsable de la mauvaise (...)' id='nh3-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; montre comment deux comportements identiques, des mariages entre des jeunes filles mineu&#173;res et des gar&#231;ons plus &#226;g&#233;s prennent des dimensions tout autres s'il s'agit de personnes blanches ou de personnes non blanches. Elle expose que le couple blanc a le privil&#232;ge de l'individualit&#233;, c'est &#224; dire qu'on qualifiera son comportement de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;raisonn&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; alors que le couple de non-blanc est homog&#233;n&#233;is&#233; c'est-&#224;-dire qu'on attribuera son comportement &#224; sa culture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_280 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH375/pure_white-dd859.jpg' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Construire les r&#233;sistances&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Saba Mahmood, dans Politique de la pi&#233;t&#233; dissocie autonomie (ce que je suis capable de faire sans aide ou autorisation) et puissance d'agir (ce que je peux objectivement et m'autorise subjective&#173;ment &#224; faire). L'auteure propose de sortir d'une vision binaire oppression-r&#233;sistance pour &#233;tudier les paroles et les actions des femmes dans des soci&#233;t&#233;s patriarcales, sans forc&#233;ment les interpr&#233;ter comme des actes de r&#233;sistance, m&#234;me inconsciente. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La&#160;capacit&#233; d'agir se trouve non seulement dans les actes de r&#233;sistance aux normes mais aussi dans les multiples fa&#231;ons dont on habite les normes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Saba Mahmood d&#233;fend ainsi que les femmes du mouvement des mosqu&#233;es en Egypte parviennent &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;saper&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; large&#173;ment les normes de la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale-s&#233;culi&#232;re &#233;gyptienne (femme-objet et injonction de consommation par exemple) tout en gagnant une certaine marge au sein m&#234;me des normes religieuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En investissant le champ religieux, ces femmes se saisissent de l'autorit&#233; des textes islamiques, sans pour autant contester la validit&#233; du patriarcat. Elles parviennent alors &#224; se sortir des contra&#173;dictions que la soci&#233;t&#233; leur impose (&#234;tre valorisante socialement pour le mari car s&#233;duisante et en m&#234;me temps une bonne &#233;pouse pieuse) et &#224; imposer, partiellement, un changement de point de vue dans l'interpr&#233;tation des textes, pour aller vers un point de vue moins patriarcal et d'avantage centr&#233; sur&#160;la&#160;vie r&#233;elle des femmes &#233;gyptiennes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autrement dit, les oppressions crois&#233;es n'impliquent pas forc&#233;ment une addition de ces oppressions et des difficult&#233;s qui se cumulent. Ainsi une ouvri&#232;re, &#224; l'intersection des normes de classe et de genre, peut utiliser la norme de genre pour camoufler la norme de classe. Autrement dit, elle peut se maquiller, avoir recours &#224; la chirurgie esth&#233;tique, s'acheter des v&#234;tements tr&#232;s chers pour qu'on ne la per&#231;oive pas comme une femme de la classe ouvri&#232;re. Inversement, elle peut refuser tout attribut de genre pour mettre d'abord en avant la fiert&#233; ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui plus que jamais, la prise en compte des intersections est n&#233;cessaire &lt;br class='autobr' /&gt;
dans la lutte pour l'&#233;mancipation tant au niveau individuel qu'au niveau col&#173;lectif. Pour prendre un exemple, dans les quartiers populaires, la stigmatisation li&#233;e &#224; la race touche les filles au m&#234;me titre que les gar&#231;ons. Il se cr&#233;e alors des r&#233;sistances collectives face &#224; cette oppression. Dans un entretien r&#233;alis&#233; avec une &#233;l&#232;ve d'origine tunisienne, la jeune fille expliquait que selon les contextes elle privil&#233;giait le respect de la norme de genre ou la transgressait pour r&#233;sister &#224; une domination de race et/ou de classe. Dans sa cit&#233;, au milieu de ses pairs, elle explique qu'elle porte une attention particuli&#232;re &#224; son vocabulaire car &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;je suis une fille, faut parler bien&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, cependant dans le cadre scolaire qui est souvent v&#233;cu comme un lieu d'exclusion et que E. Debarbieux d&#233;finit comme un lieu o&#249; s'exerce &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;un affrontement entre une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;violence civilisatrice&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;sistance &#224; cette force&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-12' class='spip_note' rel='footnote' title='E. Debarbieux. Et al., &#171;&#160;Le construit&#160;&#171;&#160;ethnique&#160;&#187; de la violence&#160;&#187; in Charlot (...)' id='nh3-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; elle affirme que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;je r&#233;pond, j'm'en fous de dire des gros mots, faut pas qu'elle (l'enseignante) se croit sup&#233;rieure &#224; moi&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il y a donc des choix de r&#233;sistance qui s'op&#232;rent suivant les situations et selon qu'elles mobilisent tel ou tel rapport de domination.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour construire ces r&#233;sistances, les soutiens &#224; la lutte, qu'il s'agisse des hommes dans les mobilisations f&#233;ministes, des blanc-che-s dans les luttes contre les discriminations etc. doivent prendre en compte les privil&#232;ges qu'ils/elles ont, en termes de b&#233;n&#233;fice, que procure ces normes et dont sont exclu-e-s les d&#233;viant-e-s.En effet, une m&#234;me situation prend un sens tout &#224; fait diff&#233;rent suivant qu'on est dans la norme ou qu'on en est exclu. Si les implications ne sont pas les m&#234;mes, les r&#233;actions seront alors aussi diff&#233;rentes et c'est seulement ainsi que les opprim&#233;-e-s, acteur-trice-s de leurs luttes tendront vers l'&#233;mancipation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_281 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH500/feminine-0f98e.jpg' width='500' height='500' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Articulation des oppressions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour chaque rapport social de sexe, de race ou de classe, le groupe dominant opprime le groupe domin&#233; en imposant des situations, des pratiques ou des normes qui ne lui correspondent pas. Cependant, tou-te-s les opprim&#233;-e-s ne font pas la m&#234;me exp&#233;rience de la domination&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Une certaine Johnnie Tillmon &#233;crivit en 1972&#160;: &lt;/i&gt;&#034;Je suis femme. Je suis noire. Je suis pauvre et je suis grosse. Je suis d'&#226;ge moyen. Et je touche des allocations sociales [...] J'ai &#233;lev&#233; 6 enfants [...] J'ai grandi en Arkansas, o&#249; j'ai travaill&#233; 15 ans dans une blanchisserie avant de venir en Californie en 1963, je suis tomb&#233;e trop malade pour pouvoir continuer &#224; travailler. Des amis m'ont aid&#233;e &#224; obtenir des aides sociales. Les allocations, c'est comme les accidents de la route, &#231;a peut arriver &#224; n'importe qui mais &#231;a arrive surtout aux femmes. Et c'est pour &#231;a que les allocations sociales sont un probl&#232;me f&#233;minin. Pour pas mal de femmes des classes moyennes de ce pays, la lib&#233;ration de la femme est une question de prise de conscience. Pour celles qui vivent avec les allocations, c'est une question de&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-13' class='spip_note' rel='footnote' title='Zinn Howard, Une histoire populaire des &#201;tats-Unis, p.&#160;579.' id='nh3-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Johnnie Tillmon exprime ici que les femmes des classes moyennes ne vivent pas le patri&#173;arcat de la m&#234;me fa&#231;on que les femmes de milieu populaire, et l'oppression raciale vient sans doute renforcer cette diff&#233;rence. Pour aller plus loin, on peut ici pointer une des limites de la strat&#233;gie d'int&#233;gration (qui consiste &#224; esquiver l'oppression par la volont&#233; de r&#233;ussir comme si l'on faisait partie du groupe dominant)&#160;: il est plus facile de s'int&#233;grer lorsqu'on est victime d'une seule oppression. Si, aujourd'hui, des femmes sont de plus en plus dipl&#244;m&#233;es et acc&#232;dent &#224; des emplois n&#233;cessitant une certaine qualification, des femmes victimes du racisme restent tr&#232;s majoritairement cantonn&#233;es &#224; des emplois pr&#233;caires. Des contre-exemples existent, mais pour une Rama Yade, femme et noire mais &#233;galement fille d'un diplomate s&#233;n&#233;galais ais&#233;, combien de femmes migrantes contraintes &#224; la pr&#233;carit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le capitalisme, les oppressions s'articulent &#224; l'exploitation. Vue dans la perspective de l'exploitation, les op&#173;pressions servent de points d'appui pour les d&#233;tenteurs du capital afin de perp&#233;tuer leur domination et ainsi poursuivre leur course au profit. Elles permettent bien sur de diviser les travailleurs et les travailleuses, et en ce sens on peut parler de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;diversion&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; lorsque les attaques du gouvernement fran&#231;ais contre les Rroms pendant l'&#233;t&#233; 2010 passent au premier plan m&#233;diatique devant la crise &#233;conomique. Mais les oppressions n'ont pas qu'un r&#244;le id&#233;ologique&#160;: elles ont aussi des bases mat&#233;rielles, elles permettent directement d'arracher plus de valeur aux opprim&#233;-e-s qu'aux ouvriers blancs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le travail domestique permet ainsi de faire baisser la valeur de la force de travail, dans la mesure o&#249; une partie du co&#251;t de la vie des travailleur-se-s n'est pas pay&#233;. L'esclavage, lorsqu'il &#233;tait organis&#233; &#224; une &#233;chelle de masse, a sans doute &#233;t&#233; &#224; la base de l'accumulation primitive du capitalisme naissant. Aujourd'hui, la surexploitation des sans papiers en occident et plus encore des migrants en Chine est l'une des seules bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne d'un capitalisme asphyxi&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'exploitation, qu'elle soit directe ou articul&#233;e avec une oppression,ne peut se maintenir &#224; long terme unique&#173;ment par la contrainte (justice, police, arm&#233;e). Le discours dominant entretient alors un couvert id&#233;ologique qui permet de maintenir l'ordre &#233;tabli &#224; moindre frais. C'est l&#224; qu'en France intervient l'universalisme, maintenant les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;autres&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, les non-blancs, h&#233;t&#233;ro, male, bourgeois et valides, dans des situations de domin&#233;s, et en fait des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;subalternes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-14' class='spip_note' rel='footnote' title='Gayatri Spivak, Les subalternes peuvent-elles parler&#160;?, traduit en fran&#231;ais (...)' id='nh3-14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les id&#233;ologies qui accompagnent les oppressions participent donc de la structure du pouvoir et acqui&#232;&#173;rent ainsi une autonomie vis-&#224;-vis de l'exploi&#173;tation &#233;conomique, &#224; laquelle elles ne se r&#233;duisent pas, m&#234;me &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;en derni&#232;re analyse&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Avec cette autonomie, chaque oppression se charge d'un potentiel &#233;mancipateur global&#160;: remettre en cause une oppression, ce n'est plus seulement priver les capitalistes de surprofits, c'est aussi se battre sur le terrain politique, opposer l&#233;gitimit&#233; et l&#233;galit&#233;, et finalement poser la question du pouvoir. Si aujourd'hui, il est th&#233;oriquement acquis qu'il n'existe pas un front principal, celui de la lutte des classes, et des fronts secondaires, les luttes antiracistes ou f&#233;ministes, notre pratique militante est encore h&#233;riti&#232;re de cette hi&#233;rarchisation&#160;: nous avons peine &#224; construire de v&#233;ritables fronts sur ces questions qui sont souvent rel&#233;gu&#233;es au second plan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, ne serait-ce que la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite remet ce type de fronts &#224; l'ordre du jour en particulier contre l'islamophobie, une des formes que prend le racisme, aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_283 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH752/baudelique-29650.png' width='500' height='752' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, consid&#233;rer qu'une oppression prime sur une autre ne permet pas de donner des perspectives politiques &#233;mancipatrices aux opprim-&#233;-s en lutte et pire, conduit &#224; leur division. Les victimes de l'oppression &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mineure&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;sont alors somm&#233;es de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;s'int&#233;grer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de justifier leur attitude vis-&#224;-vis de l'oppression &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;principale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; avant de pouvoir lutter contre la seconde. Sarkozy l'a bien compris. Surfant sur une aspiration &#224; l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes, il propose &#224; Fadela Amara de participer &#224; son gouvernement comme secr&#233;taire d'&#233;tat &#224; la ville, sous couvert de lutte contre le sexisme dans les quartiers populaires. Par ce biais, une version &#233;dulcor&#233;e de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;f&#233;minisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, se revendiquant d'une la&#239;cit&#233; parfois explicitement islamophobe, occulte les dominations sociales, raciales et culturelles en jeu. Cette pr&#233;tendue d&#233;monstration d'int&#233;gration r&#233;cuse toutes formes de critiques contre la R&#233;publique, pr&#233;sent&#233;e comme unique voie vers l'&#233;galit&#233;. En attendant, ce sont les musulman-e-s qui sont particuli&#232;rement stigmatis&#233;-e-s et l'&#233;pouvantail int&#233;griste agit&#233; par l'extr&#234;me droite, la droite et une partie de la gauche alimente cette forme parti&#173;culi&#232;re de racisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien avec Daniel Bensaid, &lt;i&gt;Quand l'histoire nous d&#233;senchante&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233; par Gilbert Wasserman, Ir&#232;ne Jami et Patrick Simon&#160;: &lt;a href=&#034;http://www.mouvements.info/Quand-l-histoire-nous-desenchante.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.mouvements.info/Quand-l-histoire-nous-desenchante.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Metz( A.), &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Marguerite Durand et la belle &#233;poque du f&#233;minisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in Metz( A.), Rochefort (F.) (dir.), &lt;i&gt;Photo Femmes F&#233;minisme&lt;/i&gt;, 1860-2010, Collection de la biblioth&#232;que Marguerite Durand, 2010, Paris biblioth&#232;ques, p.&#160;24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jami (I.), &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Forces et faiblesses du f&#233;minisme f&#233;minisme fran&#231;ais&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in Dermenjian, (G.), Jami (I.), Rouquier (A.), Th&#233;baud (F.), &lt;i&gt;La place des femmes dans l'histoire, Une histoire mixte&lt;/i&gt;, p.&#160;308.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-4' class='spip_note' title='Notes 3-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dorlin (E), &lt;i&gt;Sexe, race, classe pour une &#233;pist&#233;mologie de la domination&lt;/i&gt;, 2009, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PUF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, p.&#160;7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-5' class='spip_note' title='Notes 3-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gray (J), &lt;i&gt;Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de V&#233;nus&lt;/i&gt;, 1999, J'ai Lu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-6' class='spip_note' title='Notes 3-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guillaumin (C.), &lt;i&gt;Sexe, Race et Pratique du pouvoir&lt;/i&gt;, C&#244;t&#233;-femmes, 1992, p.&#160;216.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-7' class='spip_note' title='Notes 3-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fassin (D), &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nommer, interpr&#233;ter. Le sens commun de la question raciale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in D. Fassin et E. Fassin, &lt;i&gt;De la question sociale &#224; la question raciale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2006, 2009, p.&#160;33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-8' class='spip_note' title='Notes 3-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guillaumin (C), &lt;i&gt;L'id&#233;ologie raciste&lt;/i&gt;. Gen&#232;se &lt;br class='autobr' /&gt;
et langage actuel, Gallimard, Paris, 2002, cit&#233; par D. Fassin, p.&#160;34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-9' class='spip_note' title='Notes 3-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid, p.&#160;34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-10' class='spip_note' title='Notes 3-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bereni.L, Chauvin.S, Jaunait.A, Revillard.A, &lt;i&gt;Introduction aux Gender Studies&lt;/i&gt;, De Boeck, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-11' class='spip_note' title='Notes 3-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Volpp,&#160;(L) (2006). &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Quand on rend la culture responsable de la mauvaise conduite&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;i&gt;Nouvelles Questions F&#233;ministes&lt;/i&gt;, 25 (3), 14-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-12' class='spip_note' title='Notes 3-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Debarbieux. Et al., &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le construit&#160;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ethnique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la violence&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; in Charlot B., Emin J.C., &lt;i&gt;Violences &#224; l'&#233;cole. &#233;tat des savoirs&lt;/i&gt;, Paris, Armand Colin, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-13' class='spip_note' title='Notes 3-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zinn Howard, &lt;i&gt;Une histoire populaire des &#201;tats-Unis&lt;/i&gt;, p.&#160;579.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-14' class='spip_note' title='Notes 3-14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gayatri Spivak, &lt;i&gt;Les subalternes peuvent-elles parler&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;, traduit en fran&#231;ais en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le titre de cet article vient de celui du livre de Gloria Hull, Patricia Bell Scott et Barbara Smith &lt;i&gt;All the women are white, all the blacks are men, but some of us are brave&lt;/i&gt;, sur le black feminism, 1982.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lutter &#224; la fois contre l'islamophobie et contre les int&#233;grismes</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/Lutter-a-la-fois-contre-l</link>
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		<dc:date>2011-02-09T10:26:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Samary</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171;&#160;Le tournant du si&#232;cle&#160;&#187; a &#233;t&#233; marqu&#233; par le 11&#160;septembre 2001... Et en France le climat de peur irrationnelle (phobie) d'un danger islamiste a caract&#233;ris&#233; le contexte de la loi du 15&#160;mars 2004 contre le port du voile par les &#233;l&#232;ves de l'&#233;cole publique. Or cette phobie s'est notamment nourrie d' une tendance &#224; identifier toute affirmation &#8220;visible&#8221; de l'islam (et revendication de droits &#224; cet &#233;gard) &#224; de &#8220;l'islamisme&#8221; (au sens d'un projet politique subordonnant l'&#201;tat et ses lois &#224; l'islam). Cette tendance est (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-no05-novembre-decembre" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - n&#176;05 - Novembre/D&#233;cembre 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/NPA" rel="tag"&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Religion" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Feminisme" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Racisme" rel="tag"&gt;Racisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L117xH150/arton253-a0fc3.jpg&#034; width='117' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le tournant du si&#232;cle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; a &#233;t&#233; marqu&#233; par le 11&#160;septembre 2001... Et en France le climat de peur irrationnelle (phobie) d'un danger islamiste a caract&#233;ris&#233; le contexte de la loi du 15&#160;mars 2004 contre le port du voile par les &#233;l&#232;ves de l'&#233;cole publique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='footnote' title='La loi et la jurisprudence concernant la la&#239;cit&#233; en France (Loi de 1905) (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or cette phobie s'est notamment nourrie d' une tendance &#224; identifier toute affirmation &#8220;visible&#8221; de l'islam (et revendication de droits &#224; cet &#233;gard) &#224; de &#8220;l'islamisme&#8221; (au sens d'un projet politique subordonnant l'&#201;tat et ses lois &#224; l'islam). Cette tendance est au coeur de cinq aspects d'un m&#234;me d&#233;bat d'ensemble qui ont divis&#233; la gauche radicale (et les f&#233;ministes), notamment l'ex-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Lire &#8220;la la&#239;cit&#233; n'est pas anti-religieuse&#8221; (sur mon site http://csamary.free.fr (...)' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; puis le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1- Mont&#233;e des int&#233;grismes versus polarisations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les divergences partent de la pr&#233;sentation de la &#034;&lt;i&gt;vague de fond r&#233;actionnaire&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. L'article cit&#233; en 1 du courant &#8220;F&#233;minisme et la&#239;cit&#233;&#8221; (F&amp;L).' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; se traduisant par une mont&#233;e des int&#233;grismes dans toutes les religions, &#224; l'&#233;chelle mondiale. C'est elle qui &#034;&lt;i&gt;pousse dans le monde musulman de plus en plus de femmes &#224; porter le voile, ou le voile int&#233;gral&lt;/i&gt;.&#034;. Une telle perception est aveugle aux polarisations et r&#233;sistances traversant toutes les soci&#233;t&#233;s, notamment musulmanes. sans pour autant qu'il s'agisse d'une situation marqu&#233;e par des rapports de force favorables aux luttes d'&#233;mancipation, analogue aux ann&#233;es 1970. Un facteur est omis dans cette interpr&#233;tation d'ensemble unilat&#233;rale des dynamiques en cours&#160;: le nouvel ennemi &#8220;terroriste&#8221; qui a l&#233;gitim&#233; les guerres imp&#233;rialistes apr&#232;s la fin de la guerre froide, et l'istrumentalisation de l'islamophobie, r&#233;pandue apr&#232;s le 11&#160;septembre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise post coloniale &#8220;un racisme &#224; peine voil&#233;&#8221; s'est exprim&#233; envers les populations de la plus r&#233;cente immigration (et massivement musulmanes) derri&#232;re l'hostilit&#233; &#224; l'islam. Mais ceci s'est combin&#233; avec plusieurs facteurs&#160;: la perception de tout affichage de diff&#233;rences comme contraire &#224; l'universalisme r&#233;publicain fran&#231;ais&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une connaissance primitive de l'islam perm&#233;able &#224; des pr&#233;sentation &#8220;savante&#8221; sur l'impossibilit&#233; de r&#233;concilier islam et la&#239;cit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et la perception de toute acceptation du foulard comme contradictoire avec les libert&#233;s sexuelles et les droits des femmes acquis et toujours fragiles depuis 1968, voire comme une trahison de la n&#233;cessaire solidarit&#233; &#224; l'&#233;gard des femmes r&#233;sistant aux courants int&#233;gristes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La critique de ces perceptions et &#233;ventuelles th&#233;orisations fausses ne signifie pas adh&#233;rer &#224; une perception sym&#233;trique rejetant les pr&#233;occupations des premi&#232;res... La minorit&#233; de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; qui d&#233;non&#231;ait l'instrumentalisation raciste des causes f&#233;ministes le faisait dans le cadre d'un engagement f&#233;ministe, la&#239;que et internationaliste militant, de longue date...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agissait donc pas de nier l'existence de courants int&#233;gristes et de se taire sur leurs violences&#160;: dans les collectifs que nous avons form&#233;s, nos nouveaux camarades, fr&#233;rots et seurettes musulmanes nous aidaient au contraire &#224; r&#233;soudre une difficult&#233; majeure du combat contre l'islamophobie (dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'islam est une r&#233;alit&#233; nouvelle)&#160;: celle de discerner... un barbu d'un autre, une femme voil&#233;e, d'une autre, bref d'appliquer des grilles de lecture politiques, id&#233;ologiques aux musulmans comme au commun des mortels&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la mont&#233;e du port du foulard islamique &#233;tait effectivement en partie associ&#233;e &#224; l'offensive de courants dits &#8220;salafistes&#8221; (en France minoritaires mais tr&#232;s pr&#233;sents dans certains milieux et quartiers), il &#233;tait essentiel de comprendre d'autres facteurs poussant &#224; l'affirmation publique d'une &#8220;identit&#233; musulmane&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ne parler que de la France, d'une part, il faut souligner la croissance de cette population (passant de 1 &#224; plus de 6 millions de personnes sur trois d&#233;cennies) avec le regroupement familial apr&#232;s l'arr&#234;t de l'immigration &#8211; ce qui, statistiquement augmentait le nombre de femmes voil&#233;es. Parall&#232;lement, &#233;mergeaient trois causes d'affirmation identitaire &#8220;r&#233;actives&#8221; au potentiel progressiste et conflictuels avec les courants &#8220;salafistes&#8221;&#160;: alors que ces derniers poussaient au repli communautariste y inclus le port de la burqa, toute une nouvelle g&#233;n&#233;ration, n&#233;e en France, aspirait &#224; la r&#233;alisation des droits r&#233;publicains proclam&#233;s. Le constat des discriminations au faci&#232;s et au pr&#233;nom dans l'emploi, le logement, la vie quotidienne quelles qu'aient &#233;t&#233; les volont&#233;s de leurs parents d'&#234;tre &#8220;discrets&#8221; comme musulmans les incitaient &#224; assumer une &#8220;identit&#233;&#8221; &#224; facettes multiples dans un &#8220;repli d'ouverture&#8221; pour l'&#233;galit&#233; des droits. D'autre part, dans le contexte de l'apr&#232;s 11.09 on voyait aussi s'exprimer une affirmation identitaire musulmane (individuelle ou/et associative) &#224; la fois critique des attentats d'AlQaida et de la mont&#233;e d'une islamophobie arrogante l&#233;gitimant les guerres imp&#233;rialistes contre &#8220;le terrorisme&#8221;. Dans ce cadre, le refus d'une assimilation de la r&#233;sistance palestinienne au &#8220;terrorisme&#8221; s'accompagnait d'une d&#233;marche politique&#160;: elle &#233;tait (&#224; nouveau) en conflit &#224; la fois avec les courants visant &#8220;l'islamisation de la Palestine&#8221; et avec l'islamophobie rejetant la l&#233;gitimit&#233; du Hamas comme composante de la r&#233;sistance. Enfin la loi de 2004 a produit des polarisations&#160;: d'une part, des interpr&#233;tations abusives de plus en plus restrictive de la &#8220;la&#239;cit&#233;&#8221; au nom de laquelle des femmes voil&#233;es se faisaient agresser ou/et exclure de divers espaces publics&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce qui poussait &#224; l'extension r&#233;active du port du foulard au nom des libert&#233;s la&#239;ques...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or bien des analyses (se r&#233;clamant y compris du marxisme ou de l'anarchie) tendaient vers une vision &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;essentialiste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la religion et surtout de l'islam. Elles ont renforc&#233; la tendance &#224; rejeter (comme islamistes) tout courant s'assumant explicitement comme musulman (donc les femmes voil&#233;es...) - m&#234;me quand ceux-ci/celles-ci se rapprochaient de l'altermondialisme, voire, en France, se revendiquaient de la la&#239;cit&#233; et de l'&#233;galit&#233; des droits entre hommes et femmes, rejetant &#233;galement les violences int&#233;gristes et &#8220;toute contrainte en islam&#8221;, notamment dans le port du voile...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Paradoxalement, des courants qui disent (&#224; juste titre) qu'il ne faut pas &#233;tablir de hi&#233;rarchie dans la lutte contre toutes les oppressisons se sont av&#233;r&#233; avoir un grave d&#233;faut d'empathie en ne tol&#233;rant pas que des musulman-e-s veuillent se battre sur plusieurs fronts &#224; la fois, et l'afficher&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! En fait, derri&#232;re l'insistance sur f&#233;minisme et la&#239;cit&#233;, on a assist&#233; &#224; une interpr&#233;tation fort discutable du d&#233;bat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_223 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH372/100000000000032000000252169F6BCF-daff8.jpg' width='500' height='372' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2- Ennemi principal versus lutte contre les oppressions crois&#233;es... en oubliant l'islamophobie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les positions (au sein de la gauche radicale) en d&#233;fense des femmes voil&#233;es ont &#233;t&#233; assimil&#233;es &#224; une &#8220;th&#232;se de l'ennemi principal&#8221; qui, au nom de l'antiracisme (ou de l'anti-imp&#233;rialisme) sacrifierait le f&#233;minisme ou mettrait des b&#233;mols relativistes aux luttes contre l'homophobie pour gagner des alli&#233;s musulmans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce d&#233;bat existe. Mais outre qu'il est souvent caricatur&#233;, cette th&#232;se n'a jamais &#233;t&#233; exprim&#233;e dans les positions collectives de la minorit&#233; abusivement pr&#233;sent&#233;e commme &#8220;pro-voile&#8221; ni de l'ex-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; ni du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Le regroupement F&amp;L n'a pu citer qu'un seul article favorable &#224; cette (...)' id='nh4-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aucune &#8220;formule&#8221; ne remplace l'analyse concr&#232;te des situations concr&#232;tes &#8211; la France n'est pas le Pakistan&#160;: et s'il est l&#233;gitime d'avancer un &#8220;ni imp&#233;rialisme, ni Talibans&#8221; en Afghanistan ou au Pakistan, cela ne justifie certainement pas de d&#233;fendre en France un &#8220;ni Loi de 2004, ni voile&#8221; hostile... aux femmes voil&#233;es, dans un contexte d'&#201;tat post-colonial et de population musulmane largement discrimin&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, il faut distinguer le d&#233;bat sur les fronts de lutte conjoncturels (et qui peuvent &#234;tre cibl&#233;s) et l'enjeu des bases programmatiques durables de l'engagement dans un parti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Je partage sur ce plan l'approche de Gilbert Achcar dans &#8220;marxisme et (...)' id='nh4-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais on ne peut se taire &#8211; quand on se revendique de la lutte contre les oppressions crois&#233;es &#8211; sur la forme nouvelle que prend le racisme qui a fait basculer des intellectuels et courants se r&#233;clamant de&#8221;l'&#233;galit&#233; homme-femme et (de) la r&#233;publique sociale&#8221; comme la revue &#8220;Riposte la&#239;que&#8221; vers la plus sordide extr&#232;me-droite&#160;: le musulman y est stigmatis&#233; avec les m&#234;mes ressorts et images qu'hier le juif. Parall&#232;lement, des alliances jusqu'alors taboues entre droite &#8220;classique&#8221; et Front national sont d&#233;sormais envisag&#233;es&#160;: l'islamophobie est partout devenue un terrain de nouvelles convergences. Les causes homosexuelles et f&#233;ministes se d&#233;couvrent de nouveaux d&#233;fenseurs quant il s'agit de diaboliser l'islam. La campagne sarkozyste sur &#8220;l'identit&#233; nationale&#8221; n'a pas &#233;vit&#233; ces &#8220;d&#233;rapages&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En France des manifestations contre le racisme (r&#233;agissant &#224; juste titre contre les expulsions de Roms) n'ont pas r&#233;ussi pour l'instant &#224; int&#233;grer toutes les op&#233;rations de division et de boucs &#233;missaires visant &#224; d&#233;tourner des luttes communes contre la casse sociale &#8211; notamment l'islamophobie. Mais ceci impose de clarifier l'enjeu f&#233;ministe et laique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_224 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH338/10000000000001D60000013E11CFCBB8-18cf5.jpg' width='500' height='338' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3- Non banalisation du voile et rejet des femmes voil&#233;es versus luttes communes contre l'imposition du voile et contre son interdiction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La position &#8220;ni loi, ni voile&#8221; de l'ex-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; s'est justifi&#233;e au nom de la &#8220;non banalisation&#8221; du voile et de sentiments l&#233;gitimes&#160;: la solidarit&#233; avec les femmes auxquelles des r&#233;gimes int&#233;gristes imposent de porter le voile&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la peur des pressions religieuses poussant &#224; des r&#233;gressions de droits et libert&#233;s acquis par les femmes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais quasiment toutes les femmes victimes de violences qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de campagnes les sortant de l'anonymat, avaient... un pr&#233;nom musulman. C'est dire que s'il est juste de &#8220;ne jamais abandonner les Rayhana, Sadia, Hina, Fatima&#8230;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme le rappelle Pierre Rousset&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-6' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.europe-solidaire.org/ article 17100' id='nh4-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on doit aussi questionner la finalit&#233; de ce type de campagne s&#233;lective&#160;: c'est bel et bien l'association de victimes de tous bords dans ce type de campagne, qui seule, peut &#233;viter les silences r&#233;actifs...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais surtout, la &#8220;non banalisation du voile&#8221; s'est traduite (dans la majorit&#233; de l'ex-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; et chez beaucoup de f&#233;ministes) par un rejet de tout militantisme avec des femmes voil&#233;es, ind&#233;pendamment de la plateforme politique mise en avant, et de ce qu'elles avaient &#224; dire&#160;: le foulard &#8220;parlait&#8221; pour elles &#8211; ou bien encore, les personnes &#8220;lib&#233;r&#233;es&#8221; qui les rejetaient &#8220;savaient&#8221; quel sens avait le voile... Les femmes concern&#233;es sont en fait consid&#233;r&#233;es soit comme mineures et soumises &#224; un barbu, soit comme de dangereuses islamistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est l'effet d&#233;sastreux d'une sorte de &#8220;f&#233;tichisme&#8221; du signe, ou d'une approche &#8220;essentialiste&#8221; du voile, comme de &#8220;la&#8221; religion, ind&#233;pendante des contextes et des &#234;tres humains impliqu&#233;s dans la diversit&#233; de ce qui d&#233;termine leur &#8220;choix&#8221;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or le m&#234;me v&#234;tement peut &#234;tre impos&#233; aux femmes, ou &#8220;choisi&#8221;, sous pressions diverses, et &#233;ventuellement &#224; contre-courant d'un interdit&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et les v&#234;tements sexu&#233;s ne sont pas en eux m&#234;mes signes d'oppression- pas plus que le pantalon n'est la fin de l'oppression...Certes, le voile musulman n'est pas un simple v&#234;tement, mais un signe religieux. Et les courants les plus r&#233;actionnaires ou conservateurs l'imposent. Mais cela ne supprime pas davantage la diversit&#233; des dynamiques &#8220;sous&#8221; le voile et plus pr&#233;cis&#233;ment au sein de l'islam aujourd'hui. Les doctrines et pratiques dominantes associent le voile &#224; un rapport de contr&#244;le et domination du mari sur la femme, et une division des r&#244;les l&#233;gitim&#233;e par des diff&#233;rences physiques &#8220;naturelles&#8221;. Mais outre que s'exprime aussi le rejet du traitement de la femme comme &#8220;objet sexuel&#8221;, l'islam reconna&#238;t la sexualit&#233; f&#233;minine hors procr&#233;ation. Mais surtout, l'exigence de contextualisation et interpr&#233;tation, revendiqu&#233;e comme &#8220;coranique&#8221; par les courants r&#233;formateurs non litt&#233;ralistes, s'accompagne aujourd'hui de l'&#233;mergence et du d&#233;veloppement international d'un &#8220;f&#233;minisme musulman&#8221; - un ph&#233;nom&#232;ne h&#233;t&#233;rog&#232;ne et d&#233;sormais de plus en plus &#233;tudi&#233; bien qu'encore ignor&#233; par certaines f&#233;ministes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Outre le num&#233;ro sp&#233;cial de Critique internationale (sciences Po) sur &#8220;Le (...)' id='nh4-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il est associ&#233; &#224; la scolarisation massive des femmes et &#224; leur acc&#232;s croissant aux savoirs religieux. La remise en cause du monopole des hommes sur l'interpr&#233;tation des sources est ainsi de plus en plus l&#233;gitim&#233;e (comme en t&#233;moigne l'ouverture aux femmes des &#233;tudes islamiques de l'universit&#233; Al-Azhar au Caire en Egypte). En m&#234;me temps, des mouvements de lutte contre des violences et in&#233;galit&#233;s pratiqu&#233;es au nom de l'islam sont contest&#233;s non seulement sur des bases s&#233;culi&#232;res et la&#239;ques, mais de l'int&#233;rieur de la religion (cf. Sister in islam en Malaisie) ce qui ouvre l'espace de fronts de lutte recompos&#233;s (cf.la campagne &#8220;un million de signatures&#8221; en Iran qui r&#233;unit des femmes croyantes ou pas...). Le d&#233;veloppement de mouvements gay musulmans ne manque pas de commencer &#224; converger avec celui des f&#233;ministes musulman-e-s dans un bouleversement des lectures du Coran o&#249; la prise en compte des savoirs acquis et de l'&#233;volution des contextes est revendiqu&#233; comme une fid&#233;lit&#233; aux pr&#233;ceptes coraniques. M&#234;me les diff&#233;rences &#8220;naturelles&#8221; sont r&#233;interpr&#233;t&#233;es dans le cadre d'un concept de &#8220;genre&#8221; (socialement construit et analys&#233;) &#8211; et d&#233;bouche, parmi les croyants comme en dehors de la religion, sur une critique de rapports de domination sociaux patriarcaux, l'exigence d'aide mutuelle dans les t&#226;ches, la libert&#233; du divorce (impliquant une autonomie financi&#232;re et donc le droit de travailler)...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais tout cela est ignor&#233; ou minimis&#233; par des formules a-temporelles sur &#8220;les religions monoth&#233;istes&#8221; ou &#8220;le voile&#8221; disent... &#224; l'arri&#232;re -plan de l'injonction de &#8220;ne pas banaliser le voile&#8221;. L'arbre de la burqa cache en outre aujourd'hui la for&#234;t des voiles &#8220;non banalis&#233;s&#8221;. Or si la burqa implique une fermeture de l'action militante, tel n'est pas le cas du voile ouvert aussi bien au repli qu'&#224; l'engagement associatif, professionnel et politique. Et, en pratique, la non banalisation du voile n'a de sens clair, mallheureusement, qu'exclusif (un traitement &#8220;&#224; part&#8221; des femmes qui le porte, &#8220;le signe&#8221; l'emportant sur l'&#234;tre humain). C'est pourquoi il faut d&#233;finitivement remettre en cause ce type de formule. Mais non pas banaliser ... les violences, et les rapports sous-jacents &#224; rattacher &#224; l'ensemble des combats f&#233;ministes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut donc mettre l'accent sur les droits universels, contre les violences et les rapports de domination &#8211; sous tous les cieux et r&#233;gimes, exprimer haut et clair notre solidait&#233; avec les femmes musulmanes victimes des int&#233;grismes &#8211; sans avoir une approche s&#233;lective des violences et r&#233;gimes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le sens des motions que je soutiens au sein du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;, refusant une approche univoque et s&#233;lective du foulard...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8220;Nous d&#233;non&#231;ons aussi toutes les id&#233;ologies et pratiques de contr&#244;le par les pouvoirs patriarcaux, religieux ou ath&#233;es, des choix vestimentaires des femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le voile a &#233;t&#233; utilis&#233; sous diverses formes et &#224; diverses &#233;poques par les trois monoth&#233;ismes comme instrument de soumission des femmes et reste impos&#233; aujourd'hui par certains r&#233;gimes et courants int&#233;gristes. Nous d&#233;non&#231;ons, avec toutes les femmes musulmanes qui revendiquent leur autonomie de choix et de jugement, y compris dans leurs pratiques religieuses, cette imposition du port du voile, avec la m&#234;me vigueur que nous d&#233;non&#231;ons le d&#233;voilement forc&#233; des femmes visant &#224; donner une couleur &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;mancipatrice&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; des politiques racistes ou n&#233;ocoloniale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;sistances crois&#233;es &#224; diverses oppressions subies par les femmes font que le port comme le retrait du voile sont des choix complexes pour chaque femme concern&#233;e, selon les contextes. On ne peut donc &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;signer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; globalement &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sens&#160;du port du voile qui est, en dernier ressort, celui que les femmes lui donnent.&#8221;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_225 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH799/10000201000001780000025821F999F9-089d5.png' width='500' height='799' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;4- Une la&#239;cit&#233; islamophobe ou &#233;gale pour toutes les religions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les lois sur la la&#239;cit&#233;&lt;/i&gt;&#160;(...)&#160;&lt;i&gt;bien que&#160;vot&#233;es par une majorit&#233; r&#233;publicaine &#8230; colonialiste et hostile au droit de vote des femmes, &#224; la fin du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt; et au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;repr&#233;sentent pour nous un acquis fondamental&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; souligne le texte de F&amp;L cit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il effectue ce faisant un saut p&#233;rilleux jusqu'au rejet de la Loi sur la burqa, sans le moindre mot sur... la Loi de 2004, sa critique n&#233;cessaire, les vannes qu'elle a ouverte au racisme anti-musulman, et ses effets pour les jeunes filles concern&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Lire Les filles voil&#233;es parlent, Ismahane Chouder, Malika Latr&#232;che et Pierre (...)' id='nh4-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, leur possible rejet vers les &#233;coles priv&#233;es (financ&#233;es par l'&#201;tat&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!...).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au-del&#224; de ce bilan n&#233;cessaire, le texte omet de dire explicitement que le port du voile dans l'espace public n'est pas contradictoire avec la la&#239;cit&#233;. Or c'est d'autant plus important que d'autres courants, notamment du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;, estiment que la la&#239;cit&#233; impose &#224; la religion de rester &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;priv&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par contre, il n'y a pas de d&#233;saccord avec le regroupement F&amp;L sur la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre la la&#239;cit&#233; contre des attaques venant du Pape et de courants int&#233;gristes. On peut aussi partager l'opposition aux approches relativistes qui voudraient, sous couvert de d&#233;fense des droits religieux, interdire la critique des religions &#8211; ou de leurs pratiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais notre t&#226;che, comme d&#233;fenseurs de la la&#239;cit&#233;, est aussi de lutter pour l'application &#233;gale des droits la&#239;cs &#224; l'islam, devenue deuxi&#232;me religion en France et principale religion des nouvelles populations immigr&#233;es depuis les ann&#233;es 1970. Le texte ne dit rien &#224; ce sujet. Or, on pr&#233;sente comme anti-la&#239;ques et &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;islamistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des revendications de longue date accord&#233;es aux autres cultes, et des droits de base (comme des lieux d&#233;cents de pri&#232;re ou des carr&#233;s musulmans dans les cimeti&#232;res). De surcro&#238;t, l'ignorance de l'islam est exploit&#233;e par une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;islamophobie savante&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Lire Les Grecs, les Arabes et nous &#8211; enqu&#234;te sur l'islamophobie savante, (...)' id='nh4-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui s'inscrit dans la pseudo &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre des civilisations&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et pr&#233;sente la s&#233;paration de la religion et de la politique ou la d&#233;mocratie comme incompatibles avec &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'essence&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'islam ou produits de la seule &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;civilisation occidentale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Lire notamment &#224; ce sujet&#160;: Amartya Sen La d&#233;mocratie des autres (traduit de (...)' id='nh4-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le travail (notamment p&#233;dagogique) de contestation de ces pr&#233;sentations se heurte &#233;videmment &#224; l'&#233;vidence m&#233;diatis&#233;e de comportements et r&#233;gimes islamistes r&#233;els pr&#233;sent&#233;s comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;preuve&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la th&#232;se essentialiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais rien ne remplacera l'apprentissage direct de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'autre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; par les rencontres et le militantisme...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_226 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH333/10000000000005DC000003E8B89F50B2-725b2.jpg' width='500' height='333' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;5- Pour des mouvements socio-politiques la&#239;ques bas&#233;s sur des droits &#233;gaux et des cheminements multiples vers l'&#233;mancipation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement altermondialiste, la Marche mondiale des femmes, le syndicalisme, les partis anti-capitalistes doivent permettre des luttes communes pour des droits qui s'universalisent, &#224; partir de cheminements diff&#233;rents &#8211; croyants agnostiques, ath&#233;es... sans &#233;tablir une police des consciences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est l&#233;gitime de traiter &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;en soi&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; la question du parti &#8211; dont les bases programmatiques sont plus d&#233;limit&#233;es que des fronts ad hoc. L'adh&#233;sion de femmes voil&#233;es au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; est et sera un produit des transformations de la soci&#233;t&#233; et des polarisations qui la traversent. Si l'ath&#233;isme marxiste a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; initialement par certains membres comme faisant partie des bases n&#233;cessaires &#224; l'engagement dans un parti anti-capitaliste, les approches de la religion sont diff&#233;renci&#233;es, y compris parmi les marxistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Lire notamment sur le marxisme d'Ernst Bloch Sociologies et religion- (...)' id='nh4-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et ce point est dores et d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;&#160;: aucun courant du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; ne veut interdire l'adh&#233;sion de croyants. Mais c'est la visibilit&#233; de la religion qui pose probl&#232;me. Avec quels arguments&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La religion&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le voile&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont identifi&#233;s, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;par essence&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, aux courants les plus r&#233;actionnaires et conservateurs de l'ordre existant, aux doctrines religieuses dominantes, aux approches litt&#233;ralistes (avec les tendances unilat&#233;rales et essentialistes &#233;voqu&#233;es) &#8211; et donc en contradiction avec un programme &#233;mancipateur. M&#234;me s'il est admis que les croyant-e-s peuvent, &#224; titre individuels, se dissocier de ces courants et adh&#233;rer au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;, c'est l'interpr&#233;tation dominante qui l'emporte. D'o&#249; le refus de candidat-e du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; affichant sa religion par un signe (disons, son voile)... et donc un statut &#224; deux vitesses pour les membres&#160;: la religion doit rester priv&#233;e et une croyance religieuse affich&#233;e est n&#233;cessairement un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pros&#233;lytisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour des doctrines religieuses r&#233;trogrades. Le risque est de passer d'un scepticisme (contestable mais l&#233;gitime) &#224; des interdits aberrants, ce que permet l'ambivalence du verbe &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pouvoir&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;: on ne &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;peut pas&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#234;tre &#224; la fois anti-capitaliste, f&#233;ministe, la&#239;que et voil&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et surtout, le d&#233;faut est de ne pas permettre une pleine int&#233;gration, visible, des croyant-e-s dans le combat pour des droits et libert&#233;s, assortis de luttes contre toutes les discriminations et in&#233;galit&#233;s, pour l'autonomie des choix des femmes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contre ces positions, le courant auquel je me rattache dans le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt; a affirm&#233; un positionnement syst&#233;matique &#8220;contre l'imposition du voile et contre son interdiction&#8221; qui ne place pas &#8220;le voile&#8221; ou &#8220;la religion&#8221; en dehors des contextes et des choix individuels des femmes. Certes, aucun choix n'est jamais &#8220;libre&#8221; de contraintes diverses. Mais ne pas distinguer choix v&#233;cu comme impos&#233; ou v&#233;cu comme autonome, c'est juger &#224; la place des femmes. Et ceci est aux antipodes d'une d&#233;marche f&#233;ministe qui aboutit &#224; l'ignorance des dynamiques progressistes &#224; l'oeuvre &#8220;sous le voile&#8221; - et de ce pour quoi se battent concr&#232;tement les femmes concern&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La remise en cause des dictatures, ath&#233;es ou religieuses, l'affirmation du libre-arbitre individuel, la contestation des privil&#232;ges de savoirs, de pouvoir et d'argent, l'aspiration &#224; une justice sociale qui &#233;radique la pauvret&#233;, les discriminations, les rapports d'oppression... ce sont l&#224; des motivations d'engagement militants qui peuvent &#234;tre v&#233;cues comme fid&#233;lit&#233;s &#224; une foi religieuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur la base de buts communs, politiques, les droits doivent &#234;tre &#233;gaux et le parti a tout &#224; gagner &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;montrer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sa diversit&#233;, dans la coh&#233;rence de son programme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article18975" class="spip_out"&gt;Cet article est une version synth&#233;tique d'un texte de contribution aux d&#233;bats internes dans le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;. Il est notamment une r&#233;ponse au texte du regroupement &#8220;f&#233;ministe &amp; la&#239;cit&#233;&#8221; (F&amp;L) publi&#233; sur le m&#234;me site (article 18354). aux d&#233;bats internes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La loi et la jurisprudence concernant la la&#239;cit&#233; en France (Loi de 1905) interdisent les signes religieux dans les institutions de l'&#201;tat et imposent une obligation de &#8220;neutralit&#233;&#8221; vestimentaire pour les fonctionnaires &#8211; donc les enseignant-es. Mais ces mesures, qui concr&#233;tisent une volont&#233; de s&#233;paration de l'&#201;tat et de toute religion, s'accompagnent de la reconnaissance et protection par l'&#201;tat des libert&#233;s religieuses, non seulement au plan individuel (priv&#233;), mais &#8220;soci&#233;tal&#8221; donc public (droit de faire des associations et partis se revendiquant d'une religion, libert&#233;s d'expression publique des convictions et pratiques religieuses pour les usagers/citoyen-nes). D'o&#249; une distinction souvent insuffisamment claire dans la pr&#233;sentation courante de la la&#239;cit&#233; fran&#231;aise, entre trois domaines (et non pas deux &#8211; priv&#233;/publique)&#160;: le priv&#233;, l'espace public (soci&#233;tal, d&#233;mocratique) et les institutions publiques. La loi de 2004 interdisant les signes religieux des &#233;l&#232;ves est donc une restriction par rapport &#224; cette conception. Elle ne s'applique n&#233;anmoins pas dans les &#233;cioles priv&#233;es ni &#224; l'universit&#233; &#8211; encore moins dans le reste de l'espace publique. Un parti peut donc pr&#233;senter des femmes voil&#233;es aux &#233;lections sans contredire la la&#239;cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#8220;la la&#239;cit&#233; n'est pas anti-religieuse&#8221; (sur mon site &lt;a href=&#034;http://csamary.freee.fr/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://csamary.free.fr&lt;/a&gt; ou Europe-Solidaire / ou Viento Sur)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. L'article cit&#233; en 1 du courant &#8220;F&#233;minisme et la&#239;cit&#233;&#8221; (F&amp;L).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-4' class='spip_note' title='Notes 4-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le regroupement F&amp;L n'a pu citer qu'un seul article favorable &#224; cette th&#232;se (sign&#233; &#224; titre individuel par Hendrik Davi, que l'on peut retrouver sur le site Europe solidaire ainsi que ses critiques par Josette Trat ou Pierre Rousset.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-5' class='spip_note' title='Notes 4-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je partage sur ce plan l'approche de Gilbert Achcar dans &#8220;marxisme et religion, hier et aujourd'hui&#8221;, octobre 2004, reproduit sur le site Europe solidaire, article 258...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-6' class='spip_note' title='Notes 4-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.europe-solidaire.org/&lt;/a&gt; article 17100&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-7' class='spip_note' title='Notes 4-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Outre le num&#233;ro sp&#233;cial de &lt;i&gt;Critique internationale&lt;/i&gt; (sciences Po) sur &#8220;Le f&#233;minisme islamique aujourd'hui&#8221;, n&#176;46, 2010/1&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; lire l'article sur ce th&#232;me de Malika Hamidi, publi&#233; par Les Cahiers Marxiste en Belgique en novembre 2008, et que lo'n peut trouver sur le site du Gierfi (groupe de recherche international sur la femme en islam) &lt;a href=&#034;http://www.gierfi.com/article-36801749.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.gierfi.com/article-36801749.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-8' class='spip_note' title='Notes 4-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;i&gt;Les filles voil&#233;es parlent&lt;/i&gt;, Ismahane Chouder, Malika Latr&#232;che et Pierre T&#233;navian, La Fabrique, 2008&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-9' class='spip_note' title='Notes 4-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Les Grecs, les Arabes et nous &#8211; enqu&#234;te sur l'islamophobie savante, Arth&#232;ne Fayard 2009&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-10' class='spip_note' title='Notes 4-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire notamment &#224; ce sujet&#160;: Amartya Sen La d&#233;mocratie des autres (traduit de Democracy and its global roots, 1999) ,Rivages poche/Petite biblioth&#232;que 2006&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Olivier Roy, La la&#239;cit&#233; face &#224; l'islam,Stock 2005&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Fran&#231;ois Burgat, L'islamisme en face,La d&#233;couverte/Syros, 2002&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Jocelyne Cesari ,L'islam &#224; l'&#233;preuve de l'occident. La d&#233;couverte 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-11' class='spip_note' title='Notes 4-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire notamment sur le marxisme d'Ernst Bloch Sociologies et religion- approches dissidentesMichael L&#246;wy, Erwan Dianteill, Puf &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;2OO5&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sexisme et capitalisme</title>
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		<dc:creator>Judith Orr</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Classes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De nos jours les femmes s'entendent constamment dire qu' &#171;&#160;elles ont tout gagn&#233;&#160;&#187;. Nous pouvons combiner carri&#232;res et enfants, nous pouvons devenir avocates, docteurs et m&#234;mes premiers ministres. Il existe des lois qui fixent nos cong&#233;s maternit&#233;, qui &#233;tablissent le principe d'&#233;galit&#233; salariale et qui prohibent le harc&#232;lement sexuel. Que pourrions-nous bien vouloir de plus&#160;?&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait certains disent m&#234;me que l'&#233;galit&#233; des femmes est all&#233;e trop loin, que les succ&#232;s des femmes ont signifi&#233; une &#233;masculation des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Feminisme" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Classes" rel="tag"&gt;Classes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L116xH150/arton167-651e7.jpg&#034; width='116' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De nos jours les femmes s'entendent constamment dire qu' &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;elles ont tout gagn&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Nous pouvons combiner carri&#232;res et enfants, nous pouvons devenir avocates, docteurs et m&#234;mes premiers ministres. Il existe des lois qui fixent nos cong&#233;s maternit&#233;, qui &#233;tablissent le principe d'&#233;galit&#233; salariale et qui prohibent le harc&#232;lement sexuel. Que pourrions-nous bien vouloir de plus&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait certains disent m&#234;me que l'&#233;galit&#233; des femmes est all&#233;e trop loin, que les succ&#232;s des femmes ont signifi&#233; une &#233;masculation des hommes, que leurs emplois et leurs r&#244;les traditionnels ont &#233;t&#233; &#233;rod&#233;s. On nous explique qu'il faut aujourd'hui s'inqui&#233;ter de la r&#233;ussite des gar&#231;ons &#224; l'&#233;cole, en insinuant ainsi que si les filles ont obtenu de meilleurs d&#233;bouch&#233;s c'est que cela doit &#234;tre au d&#233;triment des gar&#231;ons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Titre original&#160;: &lt;i&gt;Sexism and the System - A Rebel's Guide to Women's Liberation&lt;/i&gt;, Judith Orr, Bookmarks Publications, 2007.&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit de l'anglais par &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;D. O.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De nos jours les femmes s'entendent constamment dire qu' &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;elles ont tout gagn&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Nous pouvons combiner carri&#232;res et enfants, nous pouvons devenir avocates, docteurs et m&#234;mes premiers ministres. Il existe des lois qui fixent nos cong&#233;s maternit&#233;, qui &#233;tablissent le principe d'&#233;galit&#233; salariale et qui prohibent le harc&#232;lement sexuel. Que pourrions-nous bien vouloir de plus&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait certains disent m&#234;me que l'&#233;galit&#233; des femmes est all&#233;e trop loin, que les succ&#232;s des femmes ont signifi&#233; une &#233;masculation des hommes, que leurs emplois et leurs r&#244;les traditionnels ont &#233;t&#233; &#233;rod&#233;s. On nous explique qu'il faut aujourd'hui s'inqui&#233;ter de la r&#233;ussite des gar&#231;ons &#224; l'&#233;cole, en insinuant ainsi que si les filles ont obtenu de meilleurs d&#233;bouch&#233;s c'est que cela doit &#234;tre au d&#233;triment des gar&#231;ons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les femmes sont loin d'avoir tout obtenu. Nous sommes toujours pay&#233;es moins que les hommes et nous portons toujours la responsabilit&#233; de la plupart des travaux domestiques. L'amour du New Labour pour le march&#233; et sa passion pour l'assouvissement des besoins du monde des affaires a eu un massif impact sur les vies des femmes de la classe ouvri&#232;re qui portent la majeure partie de la charge occasionn&#233;e par les coupes dans les budget de la sant&#233; et des services sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes font &#233;galement face &#224; un barrage de sexisme cru s'infiltrant dans tous les pores de la soci&#233;t&#233; et qui semble infranchissable. L'auteure Ariel Levy a nomm&#233; ce d&#233;veloppement &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;culture de la grossi&#232;ret&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et pour beaucoup de jeunes femmes aujourd'hui c'est ainsi qu'elles subissent la dure r&#233;alit&#233; de l'oppression des femmes (Ariel Levy, Female Chauvinist Pigs, Pocket Books, 2006). Elles sont en col&#232;re sur le fait de grandir dans un monde o&#249; les femmes sont d&#233;finies comme des objets sexuels&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la pornographie, sous couvert de magazine pour mecs, s'est hiss&#233;e sur les &#233;tag&#232;res du haut, et c'est lu par des gens assis juste en face de vous dans le train&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et le strip-tease (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pole dancing&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;) est vendu comme un super moyen pour les femmes de rester en forme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Beaucoup de celles en col&#232;re face &#224; la situation des femmes aujourd'hui se d&#233;finissent comme f&#233;ministes. Il n'existe peut &#234;tre pas une seule organisation f&#233;ministe de masse aujourd'hui en Grande-Bretagne, mais en g&#233;n&#233;ral, la principale caract&#233;ristique de l'analyse politique des f&#233;ministes c'est l'argument selon lequel toutes les femmes dans la soci&#233;t&#233; ont un lien commun autour duquel nous devons nous unifier pour nous battre pour nos droits. Pour certaines, cette logique peut amener &#224; consid&#233;rer les hommes comme le principal ennemi, et ayant un int&#233;r&#234;t &#224; soumettre les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Est-ce que le marxisme peut expliquer l'oppression des femmes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les th&#233;ories sur les origines de l'oppression des femmes ou &#224; propos des diff&#233;rences de genre dans la soci&#233;t&#233; moderne ne sont souvent rien d'autres que l'id&#233;e mystique qui veut que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les femmes viennent de Venus, les hommes de Mars&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, mises sous d'autres formes. L'ouvrage de ce nom devint un best-seller il y a dix ans avec ce message qui voulait que la seule mani&#232;re pour les hommes et les femmes de s'entendre c'est d'imaginer qu'ils viennent de deux plan&#232;tes diff&#233;rentes (John Gray, Men are from Mars, Women are from Venus&#160;: how to get what you wnat in relationships, HarperCollins, 2002).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette mani&#232;re populaire d'aborder la question des genres part du principe qu'il y a certaines diff&#233;rences inn&#233;es dans les attributs entre hommes et femmes, comme par exemple&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; les femmes sont affectueuses, protectrices, coop&#233;ratrices, intuitives&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; les hommes sont agressifs, comp&#233;titifs et rationnels&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces caract&#233;ristiques sont suppos&#233;es trouver leur source dans notre biologie, sont l&#224; depuis toujours, et ne changeront jamais. Par cons&#233;quent, nos diff&#233;rents r&#244;les dans la soci&#233;t&#233;, et la position inf&#233;rieure des femmes, sont simplement le reflet de cette nature humaine invariable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un livre r&#233;cent sur le f&#233;minisme a m&#234;me essay&#233; d'expliquer la guerre en Irak par l'agressivit&#233; inh&#233;rente des hommes aliment&#233;e par leur testost&#233;rone. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les attaques du 11/09, les bombardements en Afghanistan, l'attaque de l'Irak et la &lt;i&gt;guerre contre le terrorisme&lt;/i&gt;, le cycle de violence en cours entre l'arm&#233;e isra&#233;lienne et les auteurs d'attentas suicide, ont tous servi &#224; mettre en lumi&#232;re la violence qui pr&#233;vaut dans un monde domin&#233; par un patriarcat agressif&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. (Peggy Antrobus, &lt;i&gt;The Global Women's Movement&lt;/i&gt;, Zed, 2004). C'est le refrain habituel qu'on entend pour expliquer la guerre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais cela ne r&#233;siste tout simplement pas aux faits. Si la guerre et le m&#233;tier de soldat sont si naturels pour les hommes, pourquoi est ce que les gouvernements ont ils besoin de tellement les pr&#233;parer psychologiquement pour la bataille et les brise dans des camps d'entra&#238;nement brutaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourquoi tellement de soldats en service impliqu&#233;s dans des conflits souffrent-ils de s&#233;rieux d&#233;sordres psychiatriques, qui les m&#232;nent m&#234;me dans certains cas jusqu'au suicide, caus&#233;s par leur exp&#233;rience de la guerre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Dire que l'agression et la guerre viennent naturellement aux jeunes hommes est une insulte et laisse les v&#233;ritables va-t-en-guerre hors d'atteinte. Que dire de Condoleezza Rice si on a cette vision du genre biologiquement d&#233;termin&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car les femmes ne sont pas par nature douces et bienveillantes. Les chiffres des actes d'intimidation &#224; l'&#233;cole par exemple montrent que les filles brutalisent plus que les gar&#231;ons, et les chiffres concernant les mauvais traitements envers les enfants indiquent que les m&#232;res sont aussi susceptibles de maltraiter leurs enfants par des actes de violence ou de n&#233;gligence que les hommes au sein de la famille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc cette vision du monde n'est tout simplement pas assez bonne. Elle est impressionniste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; consid&#233;rant les id&#233;es dominantes et les cadres de la soci&#233;t&#233; capitaliste moderne comme des caract&#233;ristiques inchang&#233;es et intemporelles de la race humaine. Tout ce qu'elle montre c'est &#224; quel point les id&#233;es sur les femmes et les hommes sont font partie du sens commun quotidien dans la soci&#233;t&#233; d'aujourd'hui, m&#234;me parmi ceux qui disent vouloir remettre en cause le syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marxisme et oppression&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les socialistes ont un approche tr&#232;s diff&#233;rente. Nous ne pensons pas que simplement parce que les femmes sont des citoyennes de seconde zone dans toutes les soci&#233;t&#233;s &#224; travers la plan&#232;te cela signifie qu'il doit y avoir quelque chose dans notre nature humaine qui rend cette situation in&#233;vitable. En fait pour les socialistes la lib&#233;ration des femmes est central pour notre vision d'une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente. Si dans une quelconque soci&#233;t&#233; les femmes sont encore discrimin&#233;es, alors ce n'est pas du socialisme, nous n'y sommes pas encore arriv&#233; &#8211; c'est aussi simple que &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant on entend souvent dire que le marxisme est &#233;conomiste, qu'il ne traite que d'affaires &#233;conomiques, d'exploitation et de salaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et qu'il n'est ni int&#233;ress&#233; ni capable d'expliquer l'oppression des femmes. L'oppression, comme on dit, est &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;en dehors du mod&#232;le &#233;conomique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et donc ne peut &#234;tre expliqu&#233;e par une analyse du capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, est ce qu'une th&#233;orie bas&#233;e sur le fait que la division en classes sociales est centrale dans l'organisation de la soci&#233;t&#233; peut expliquer l'oppression, qui est quelque chose qui traverse toutes les classes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;ponse c'est que le marxisme n'est pas la s&#233;rie d'id&#233;es emprunt&#233;e &#224; la caricature. En fait Marx lui-m&#234;me utilisait le terme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;conomie politique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il ne consid&#233;rait pas ses id&#233;es comme traitant &#233;troitement d'&#233;conomie, mais comme une mani&#232;re d'observer et de comprendre tous les aspects de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien entendu, l'oppression ne peut &#234;tre r&#233;duite &#224; la question de classe. Toutes les femmes dans la soci&#233;t&#233; souffrent d'une forme d'oppression. Il suffit de regarder comment les femmes qui gagnent pourtant beaucoup d'argent &#224; la City, o&#249; il y a eu de nombreuses affaires tr&#232;s publicis&#233;es de discriminations sexuelles, sont trait&#233;es par leurs coll&#232;gues masculins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans une de ces affaires la banque d'investissement Dresdner Kleiwort Wasserstein fut poursuivie en justice pour pr&#232;s de &#163;800 millions par six femmes employ&#233;es &#224; New York qui affirmaient &#234;tre trait&#233;es comme des citoyennes de seconde zone malgr&#233; des ann&#233;es de service. Katherine Smith, du bureau de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DKW&lt;/span&gt; &#224; Londres d&#233;clara qu'on l'appelait &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la Pamela Anderson du commerce&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une autre femme raconta comme on avait fait pression sur elle pour qu'elle quitte un repas d'affaires afin que ses coll&#232;gues masculins puissent aller dans un bar &#224; strip-tease&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tandis qu'une troisi&#232;me d&#233;clara que les vendeurs de son d&#233;partement engageaient des femmes en position subalterne parce qu'il cherchaient &#224; avoir sous les yeux une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;petit r&#233;gal&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En plus de ce genre de traitement les femmes dans ces emplois sup&#233;rieurs sont r&#233;guli&#232;rement oubli&#233;es du syst&#232;me de promotion et gagnent moins aussi bien en salaires qu'en bonus que les hommes dans les m&#234;mes positions. Il peut para&#238;tre difficile de sympathiser avec des femmes qui ont une fiche de paie &#224; six chiffres, et le style de vie qui va avec, mais le fait est que ce dont elles font l'exp&#233;rience est une cons&#233;quence de l'oppression des femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes de la classe dirigeantes sont &#233;galement rabaiss&#233;es quand elles sont trait&#233;es comme des troph&#233;es d'hommes riches&#160;: avoir une glamoureuse jeune femme, par&#233;e de bijoux et de v&#234;tement de haute couture, &#224; son bras devient juste un autre accessoire flamboyant comme une voiture &#224; grande vitesse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais reconna&#238;tre que l'oppression affecte les femmes de toutes les sections de la soci&#233;t&#233; ne signifie pas que l'exp&#233;rience de l'oppression est identique pour toutes les femmes. L'exp&#233;rience d'une femme-troph&#233;e vivant dans une grande maison avec des nounous, des bonnes et une voiture avec chauffeur est tr&#232;s diff&#233;rente de celle d'une femme travaillant dans un centre d'appel et vivant avec trois enfant dans un &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HLM&lt;/span&gt; avec deux chambres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#244;le que joue l'exploitation signifie que les femmes de la classe ouvri&#232;re sont plus enferm&#233;es dans leur oppression que les femmes de la classe dirigeante, qui, du fait de leur position de classe, ont plus de possibilit&#233;s de surmonter les difficult&#233;s pratiques auxquelles elles font face &#224; cause de leur genre. Elles ont plus d'ind&#233;pendance &#233;conomique pour pouvoir se sortir d'une mauvaise relation, payer la garderie de leurs enfants, prendre r&#233;guli&#232;rement des vacances, vivre dans des lieux d&#233;cents, ne pas avoir &#224; cuisiner tous les soirs. Ce genre d'options peuvent pas mal am&#233;liorer le fardeau bien r&#233;el que la majorit&#233; des femmes portent chaque jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi on ne peut pas comprendre l'oppression en la consid&#233;rant comme quelque chose de parall&#232;le mais s&#233;par&#233; de l'exploitation de classe, et affectant de mani&#232;re &#233;gale toutes les femmes. Au contraire, l'oppression est inextricablement li&#233;e aux relations de classe plus vastes. Nier les diff&#233;rences parfois spectaculaires entre les vies des femmes, consid&#233;rer l'oppression sans reconna&#238;tre son impact de classe, am&#232;ne &#224; la fois &#224; la minimiser et influence la mani&#232;re dont on se bat contre. Car les femmes de la classe dirigeante ont un int&#233;r&#234;t au maintien de la situation. Elles peuvent souffrir de l'oppression mais elles b&#233;n&#233;ficient aussi d'un &#233;tat des choses o&#249; la classe ouvri&#232;re est passive et divis&#233;e, et o&#249; les femmes de la classe ouvri&#232;re acceptent de bas salaires. Donc les femmes de la classe dirigeante ne prendront pas part &#224; la bataille pour remettre en cause le syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une explication marxiste de l'oppression commence par le fait qu'il n'y a rien de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturel&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ni &#224; la mani&#232;re dont nous vivons aujourd'hui, ni &#224; propos de ce que nous pensons des uns et des autres et du monde. En termes d'histoire humaine, la soci&#233;t&#233; de classe, et le capitalisme modern encore plus, sont des formes d'organisation relativement r&#233;centes. Pendant la grande majorit&#233; de l'histoire humaine, il n'y eut pas de division en classes et l'oppression des femmes n'existait pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les chapitres qui suivent examineront comment l'oppression des femmes s'est d&#233;velopp&#233;e avec l'&#233;mergence de la soci&#233;t&#233; de classe, et comment les id&#233;es &#224; propos de notre monde en g&#233;n&#233;ral et sur les femmes en particulier d&#233;coulent des diff&#233;rentes mani&#232;res dont la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; organis&#233;e. C'est ce qui permet de trouver une fa&#231;on de se battre et de gagner une soci&#233;t&#233; sans oppression.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Les id&#233;es ne tombent pas du ciel, rien n'arrive &#224; nous comme en r&#234;ve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Antonio Labriola, Essays on the Materialist Concept of History, Charles H (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Encore aujourd'hui beaucoup d'id&#233;es sexistes &#224; propos des femmes persistent. Les femmes sont jug&#233;es par leur style et les femmes adultes sont infantilis&#233;es en &#233;tant d&#233;sign&#233;es comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;filles&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. En 2005 Lawrence H Summers, qui &#233;tait alors le pr&#233;sident de Harvard, l'une des plus prestigieuses universit&#233; &#233;tats-unienne, d&#233;clara dans un discours que si il y avait si peu de femmes &#233;minentes dans les sciences c'&#233;tait peut &#234;tre parce que les femmes n'&#233;taient pas &#233;quip&#233;es du mat&#233;riel intellectuel de base sur le sujet. Il fut oblig&#233; de d&#233;missionner et de prendre une retraite anticip&#233;e, et, par un assez juste retour des choses, fut remplac&#233; par la premi&#232;re femme &#224; occuper le poste de pr&#233;sidente de toute l'histoire, longue de 371 ann&#233;es, de l'universit&#233;&#160;: Drew Gilpin Faust.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le deux poids deux mesures en ce qui concerne les attitudes des hommes et des femmes impr&#232;gne l'opinion populaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand un homme d'un certain &#226;ge devient papa, il est le sujet de plaisanteries admiratives&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand une femme fait de m&#234;me on l'attaque pour oser d&#233;fier la nature &#224; des fins &#233;go&#239;stes. Mais quand une Britannique de 62 ans le docteur Rashbrook, tomba enceinte apr&#232;s une ins&#233;mination in vitro, les commentaires de son m&#233;decin ne firent que m&#234;ler les pr&#233;somptions sexistes de la soci&#233;t&#233;. Le docteur Severino Antinori annon&#231;a qu'il l'avait trait&#233; parce &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;elle est mince, blonde et en parfaite condition physique, elle remplie tous les crit&#232;res de la maternit&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Guardian, 5&#160;mai 2006). On ne lui demanda pas si il l'aurait trait&#233;e si elle ne teignait pas ses cheveux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous les jours on trouve des exemples d'id&#233;es sexistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais qu'est ce que cela signifie de dire que ces id&#233;es sur ce qu'on attend des gens ne font que simplement refl&#233;ter notre soci&#233;t&#233; profond&#233;ment in&#233;galitaire, plut&#244;t que de la produire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela signifie que nous sommes mat&#233;rialistes, et que donc nous croyons que le monde dans lequel nous sommes n&#233;s, ses structures et ses formes d'organisation sociale, fa&#231;onnent les id&#233;es que nous avons dans nos t&#234;tes. C'est ce que voulait dire Karl Marx dans cette citation souvent reprise&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la vie n'est pas d&#233;termin&#233;e par la conscience, mais la conscience est d&#233;termin&#233;e par la vie&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Karl Marx et Frederick Engels, &lt;i&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt;, Lawrence and Wishart, 1970, p.42).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne veut pas dire que les socialistes pensent que les id&#233;es ne sont pas importantes. Au contraire. C'est vital que nous contestions la bigoterie, que ce soit sous la forme du sexisme, du racisme ou de l'homophobie, chaque fois que nous y sommes confront&#233;s. Mais nous pensons que ne faire que cela n'est pas suffisant, et qui si on veut avoir un impact durable sur ce genre d'id&#233;es, on doit remettre en cause le syst&#232;me d'o&#249; elles sont issues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand Marx fit cette affirmation sur le fait que le monde mat&#233;riel est pr&#233;dominant, il rejetait l'id&#233;e largement r&#233;pandue selon laquelle les id&#233;es &#233;taient le probl&#232;me fondamental de la soci&#233;t&#233;, une th&#233;orie qui consid&#233;rait que si seulement on pouvait d&#233;barrasser les travailleurs de leurs id&#233;es pourries, superstitions et religions, alors le capitalisme s'effondrerait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette id&#233;e que la pens&#233;e &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;arri&#233;r&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est la principale chose qui forge la vie des gens est un point de vue encore largement r&#233;pandu. Une commission du gouvernement sur la diff&#233;rence de salaire entre les homme et les femmes publia un rapport en 2006 qui affirmait que les filles avaient besoin de voir leurs horizons s'&#233;largir et leur aspirations s'&#233;lever (Women and Work Commission, 2006). Il n'expliquait pas cependant que aussi grande que puissent &#234;tre les aspirations des femmes, les probl&#232;mes bien r&#233;els de comment faire avec des enfants quand on travaille devaient &#234;tre surmont&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marx appela cette approche &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;id&#233;alisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et il la ridiculisa, pointant le fait qu'on ne peut pas surmonter la noyade en rejetant la peur de la noyade&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Il &#233;tait une fois une personne vaillante qui eut l'id&#233;e que les hommes se noyaient simplement parce qu'ils poss&#232;dent la notion de la gravit&#233;. Si ils se d&#233;barrassaient de cette id&#233;e, par exemple en se disant que c'est de la superstition, une id&#233;e religieuse, ils seraient sublimement &#224; l'&#233;preuve de tous danger aquatique.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Marx et Engels, &lt;i&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt;, p.37)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc notre vie mat&#233;rielle est ce qui vient en premier. Quand un gar&#231;on ou une fille na&#238;t, ni l'un-e ni l'autre n'ont la notion du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;f&#233;minin&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;masculin&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ni de la couleur qu'il est plus appropri&#233; de porter. En fait, les coutumes d'aujourd'hui ne date que du milieu du 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. The Ladies Home Journal de juin 1918 donnait le message suivant aux mamans &#224; propos des habits de leurs b&#233;b&#233;s&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Il y a une diversit&#233; d'opinions sur le sujet, mais la r&#232;gle g&#233;n&#233;ralement accept&#233;e est le rose pour els gar&#231;ons et le bleu pour les filles. La raison en est que le rose est une couleur plus d&#233;cid&#233;e et forte, ad&#233;quate pour le gar&#231;on, tandis que le bleu, qui est plus fin et d&#233;licat, est plus joli pour les filles.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Un b&#233;b&#233; qui vient de na&#238;tre n'a aucune connaissance des Power Rangers ou des barrettes &#224; cheveux &#233;tincelants, ni aucune attente d'une vie future. C'est l'exp&#233;rience du monde r&#233;el, ses coutumes et ses habitudes, qui mod&#232;le notre conscience litt&#233;ralement du jour o&#249; on na&#238;t , et les gar&#231;ons et les filles sont trait&#233;s diff&#233;remment &#224; partir de ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi par exemple, une exp&#233;rimentation classique montrant comment des b&#233;b&#233;s gar&#231;ons et filles sont socialis&#233;s de mani&#232;re tr&#232;s diff&#233;rente fut organis&#233;e avec un b&#233;b&#233; qui fut pr&#233;sent&#233; comme un gar&#231;on &#224; une moiti&#233; des sujets d'&#233;tudes et comme une fille &#224; l'autre moiti&#233;. Les r&#233;sultats montr&#232;rent que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;quand les participants pensaient qu'ils jouaient avec un gar&#231;on, on lui offrait des jouets comme un marteau ou un hochet, tandis que si les participants pensaient jouer avec une fille, on lui offrait une poup&#233;e. Mais ce qui &#233;tait le plus frappant &#233;tait le fait que les participants touchaient &#233;galement le b&#233;b&#233; diff&#233;remment. Les &#8216;gar&#231;ons' &#233;taient souvent soulev&#233;s en l'air&#8230;alors que les filles &#233;taient touch&#233;es de mani&#232;re plus douce et moins vigoureuse&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Henry Gleitman, Alan Fridlund and Daniel Reisber, &lt;i&gt;Basic Psychology&lt;/i&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;W.W.&lt;/span&gt; Norton, 2000).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais nul besoin de regarder les revues acad&#233;miques pour trouver des exemples sur comment les diff&#233;rences de genres chez les b&#233;b&#233;s et les enfants sont consid&#233;r&#233;es comme allant de soi et perp&#233;tu&#233;es. Il suffit par exemple de regarder n'importe quel magasin de jouet. Un distributeur obligeant inclut les conseils suivants sur son site web&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les gar&#231;ons sont souvent plus actifs physiquement que les filles, donc les gar&#231;ons pr&#233;f&#232;rent des jeux actifs et bruyants, et les filles choisissent des formes de jeux plus sociaux et passifs&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (&lt;a href=&#034;http://www.toyworldstore.co.uk/student4.asp&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.toyworldstore.co.uk/student4.asp&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci n'est pas un argument pour dire que les gar&#231;ons et les filles sont identiques. Ils ne le sont clairement pas&#160;: ils ont des corps diff&#233;rents, des hormones diff&#233;rentes. Mais c'est la soci&#233;t&#233; qui fa&#231;onne la mani&#232;re dont les diff&#233;rences sont exprim&#233;es, renforc&#233;es et valoris&#233;es. La testost&#233;rone n'&#233;quivaut pas n&#233;cessaire &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;agression&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela peut signifier plus de cr&#233;ativit&#233; par exemple. M&#234;me si un-e enfant est &#233;lev&#233; dans une environnement familial qui rejette d&#233;lib&#233;r&#233;ment les st&#233;r&#233;otypes de genre, elle/il ne vit pas dans une bulle. Dans le monde ext&#233;rieur il y a de moins en moins de jouets ou d'habits &#224; offrir pour les enfants qui soient sans orientation de genre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi si les gar&#231;ons grandissent en &#233;tant plus &#224; l'aise dans des jeux o&#249; on se pousse et on tombe, et les filles aiment faire comme si elles organisaient des go&#251;ters, one ne peut pas expliquer cela comme d&#233;coulant simplement de diff&#233;rences instinctives et intemporelles, mais il nous faut comprendre comment ce que la soci&#233;t&#233; attend des gens, et qui s'exprime souvent inconsciemment, joue un r&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, ce qui rend l'&#234;tre humain unique est le fait que si peu de comment on vit est command&#233; par l'instinct ou des r&#233;flexes &#233;tablis g&#233;n&#233;tiquement, &#224; la diff&#233;rence de la vaste majorit&#233; du monde animal. Bien que nous faisions partie de la nature et que nous y vivions, respirions et mourrions, notre capacit&#233; &#224; une pens&#233;e r&#233;flective consciente fait de nous des organismes vivants distincts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me les aspects les plus basics et essentiels de notre existence, le besoin de trouver un abri, de la nourriture et de l'eau, ne sont pas impuls&#233;s par l'instinct. Nous ne sommes pas recouverts de fourrure ou de plumes, pourtant nous avons &#233;t&#233; capables de trouver des mani&#232;res de vivre dans une large s&#233;rie de formes d'habitations, de l'Arctique &#224; l'Amazonie, ce qui aurait &#233;t&#233; impossible si nous &#233;tions simplement pr&#233;programm&#233;s. Non seulement les &#234;tres humains vivent sur toute la surface du globe, mais &#233;galement la mani&#232;re dont nous satisfaisons nos besoins fondamentaux aujourd'hui est tr&#232;s diff&#233;rente de celle d'il y a des milliers d'ann&#233;es. Les &#234;tres humains vivent ou ont v&#233;cu dans des igloos et des barres d'immeubles, des cavernes et des vaisseaux spatiaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on ne peut pas dire de m&#234;me pour les structures de vie des oiseaux ou des ours, par exemple, qui ne vivent que dans des habitats sp&#233;cifiques et dont les moyens de survie sont rest&#233;s inchang&#233;s depuis des mill&#233;naires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc quand le travail humain conscient entre en interaction avec l'environnement, il ne transforme pas seulement la nature&#160;: nous sommes aussi transform&#233;s par le processus. Les nombreux changements dans la mani&#232;re dont nous effectuons nos travaux et t&#226;ches a produit diff&#233;rentes mani&#232;res d'organiser la soci&#233;t&#233; et diff&#233;rentes conception sur ce qui est naturel, diff&#233;rents &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sens communs&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; propos du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi par exemple &#224; l'&#226;ge de bronze, durant la r&#233;volution industrielle ou sous un capitalisme avanc&#233; il y a eu diff&#233;rentes id&#233;es &#224; propos de la propri&#233;t&#233;, de la famille, de la religion, contrairement &#224; ce que le dessin anim&#233; Les Pierre &#224; feu qui transporte la famille arch&#233;typal des ann&#233;es 1950, avec sa voiture et ses voyages au supermarch&#233;, &#224; l'&#226;ge de pierre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; de classe o&#249; une minorit&#233; veut se maintenir au pouvoir, les id&#233;es dont l'effet est d'encourager la croyance qu'il y a quelque chose d'in&#233;vitable dans la nature de toute soci&#233;t&#233; donn&#233;e sont intensifi&#233;es et encourag&#233;es par la classe dirigeante qui b&#233;n&#233;ficie le plus du maintien du statu quo.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marx d&#233;clara que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les id&#233;es dominantes sont les id&#233;es de la classe dominante&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. il voulait dire par l&#224; que la classe dirigeante poss&#232;de les moyens de reproduire les id&#233;es. Aujourd'hui ce sont les stations de t&#233;l&#233;vision, les journaux, les compagnies de cin&#233;ma ou les cha&#238;nes de radios. Tous les jours nous sommes bombard&#233;s d'informations, dont certaines ont ouvertement pour but de diriger nos pens&#233;es et notre comportement, comme par exemple la publicit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et dont d'autres agissent de mani&#232;res plus subtiles pour forger nos opinions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela veut-il dire que nous sommes comme des coquilles vides aspirants toutes les salet&#233;s qu'ils nous balancent dessus, absorbant toutes les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;id&#233;es dominantes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ou est ce que les socialistes pensent que les id&#233;es &#233;manant d'une soci&#233;t&#233; in&#233;galitaire sont fix&#233;s jusqu'&#224; ce que cette soci&#233;t&#233; soit renvers&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non. La soci&#233;t&#233; de classe n'est ni statique ni stable, et ne l'a jamais &#233;t&#233;. Les id&#233;es et les formes de contr&#244;le peuvent &#234;tre accept&#233;es ou &#234;tre combattues. Des id&#233;es qui &#233;taient accept&#233;es pendant des g&#233;n&#233;rations et des g&#233;n&#233;rations, on peut s'en d&#233;barrasser en une seule.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi Marx a aussi &#233;crit que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'histoire de toutes les soci&#233;t&#233;s est l'histoire de la lutte des classes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Marx et Engels, &lt;i&gt;Le manifeste du Parti communiste&lt;/i&gt;, Bookmarks, 2005). La contradiction au c&#339;ur du capitalisme, le fait qu'une minorit&#233; tente de maintenir son contr&#244;le sur la vaste majorit&#233; d'entre nous, signifie qu'il y a une constante tension qui sous-tend la surface apparemment lisse de la soci&#233;t&#233;. Elle explose parfois en r&#233;volte ouverte sous la forme de gr&#232;ves et de manifestations, ou peut juste exister sous la forme d'un &#233;tat d'esprit d'amertume, invisible mais tangible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Grande-Bretagne aujourd'hui, on n'a pas besoin d'&#234;tre mis sous la menace d'un fusil pour se lever et aller bosser&#160;: on le fait volontairement. On supporte de rester debout dans des trains bond&#233;s et chers. On fait ses courses, on r&#233;vise ses examens, on s'occupe de ses enfants, on attend son traitement &#224; l'h&#244;pital. La plupart du temps il semble qu'il n'y ait pas d'alternative. Mais quand une section de la classe ouvri&#232;re remet en cause une quelconque part de cette configuration, parfois en demandant une augmentation, ou en r&#233;sistant &#224; la fermeture d'un h&#244;pital, les gens commencent &#224; s'interroger sur les autres choses qu'ils avaient accept&#233; auparavant. Ca peut &#234;tre n'importe quoi, du pouvoir des m&#233;dia et de l'Etat, &#224; la perception de ses coll&#232;gues du boulot.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les socialistes ne veulent pas seulement attendre pour voir si les id&#233;es dominantes de la soci&#233;t&#233; changent dans notre sens. Les femmes et les hommes sont plus que les objets passifs de l'histoire. Nous sommes activement &#224; en premi&#232;re ligne des campagnes, des manifestations et des remises en cause quotidiennes des id&#233;es g&#233;n&#233;ralement accept&#233;es sur tous les aspects de la soci&#233;t&#233;, que ce soit sur le fait &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;qu'on ne peut pas se permettre de financer le syst&#232;me de sant&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou que la famine dans les pays en voie de d&#233;veloppement n'est rien qu'une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;sastre naturel&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. En fait contester ce genre balivernes est une des t&#226;ches les plus importantes pour les socialistes. Il est crucial que nous contestions les sales id&#233;es &#224; chaque fois qu'elles apparaissent. Elles nous divisent, nous affaiblissent, et nous conduisent &#224; nous accuser les uns les autres pour tout ce qui ne tourne pas rond dans le monde, plut&#244;t que de voir le v&#233;ritable ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Ca n'a pas toujours &#233;t&#233; comme &#231;a&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les origines de l'oppression des femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; n'a pas toujours ressembl&#233; &#224; ce &#224; quoi elle ressemble aujourd'hui. M&#234;me au 21&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle avec la mondialisation et les voyages a&#233;riens de masse, il y a encore, de mani&#232;re assez incroyable, une diversit&#233; de coutumes et de mani&#232;res de vivre dans diff&#233;rentes parties du monde. Et jusqu'&#224; tr&#232;s r&#233;cemment il existait des soci&#233;t&#233;s o&#249; la famille et la position des femmes &#233;tait tr&#232;s diff&#233;rente d'aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il y a un livre dont on peut dire qu'il a r&#233;volutionn&#233; la mani&#232;re dont nous analysons les origines de l'oppression des femmes, cela doit &#234;tre&lt;i&gt; L'origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; et de l'&#201;tat&lt;/i&gt; par Frederick Engels, le grand ami et collaborateur de Marx. Il d&#233;veloppa pour la premi&#232;re fois une analyse du pass&#233; qui montra que pendant la grande majorit&#233; de l'histoire de l'humanit&#233; les femmes n'&#233;taient pas opprim&#233;es&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'y avait pas d'&#201;tat ni de propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Il influence encore el d&#233;bat sur cette question aujourd'hui, malgr&#233; le fait qu'il ait &#233;t&#233; &#233;crit en 1884, peu de temps apr&#232;s que Darwin ait publi&#233; son ouvrage d'avant-garde &lt;i&gt;L'origine des esp&#232;ces&lt;/i&gt; en 1859.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a eu de nombreuses avanc&#233;es dans la connaissance des premiers &#234;tres humains et de la pr&#233;histoire depuis l'&#233;poque o&#249; Engels &#233;crivait et qui prouvent qu'il commit des erreurs par rapport &#224; certaines hypoth&#232;ses et exemples. Mais ses pr&#233;misses de base ont r&#233;sist&#233; &#224; l'&#233;preuve du temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il observa les &#233;tudes des soci&#233;t&#233;s dont on pensaient qu'elles avaient &#233;t&#233; tr&#232;s peu touch&#233;es par le monde moderne. Il les consid&#233;ra comme des restes de soci&#233;t&#233;s pass&#233;es sans classes et fut d'avis qu'elles &#233;clairaient m&#234;me l'organisation de soci&#233;t&#233;s ant&#233;rieures. Ces &#233;tudes &#233;taient principalement l'&#339;uvre d'hommes blancs de la classe moyenne, parfois avec une exp&#233;rience religieuse, avec tous les pr&#233;jug&#233;s et les partis pris de leur &#233;poque et de leur classe. Mais elles r&#233;v&#233;laient souvent des relations entre hommes et femmes tr&#232;s diff&#233;rentes de celles de la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les arguments d'Engels &#224; ce propos sont prouv&#233;es par des t&#233;moignages, m&#233;ticuleusement rassembl&#233;s par l'anthropologue Eleanor Leacock et d'autres. Ils montrent qu'il n'y avait aucune domination des hommes sur les femmes parmi les groupes de chasseurs-cueilleurs nomades que les occupants europ&#233;ens rencontr&#232;rent du 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; au 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. (Eleanor Burke Leacock, &lt;i&gt;Myth of the Male Dominance&lt;/i&gt;, Monthly Review, 1982). Leacock raconte comment les missionnaires j&#233;suites, qui partirent &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;civiliser&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ceux qu'ils consid&#233;raient comme des soci&#233;t&#233;s arri&#233;r&#233;es et encourager les gens &#224; vivre selon les valeurs occidentales contemporaines, furent choqu&#233;s de trouver des soci&#233;t&#233;s qui n'avaient pas de dirigeant permanent ni de structures familiale de type europ&#233;en, et aucune notion de l'autorit&#233; masculine ou de la chastet&#233; f&#233;minine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ernestine Friedl a racont&#233; comment, dans beaucoup de ces soci&#233;t&#233;s, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; les d&#233;cisions individuelles sont possible aussi bien pour les hommes et les femmes concernant leurs routines quotidiennes&#8230; Hommes et femmes sont pareillement libres de d&#233;cider comment ils vont passer chaque journ&#233;e&#160;: si ils vont aller chasser ou cueillir, et avec qui&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Ernestine Friedl, &lt;i&gt;Women and Men, an Anthropologist View&lt;/i&gt;, Holt, 1975, p.17).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Richard Lee a d&#233;crit comment, m&#234;me aussi tardivement que dans les ann&#233;es 1960, parmi les&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!Kung de l'Afrique du sud ouest, il n'y avait ni classe ni hi&#233;rarchie de genre, avec les hommes et les femmes &#233;galement impliqu&#233;s dans les prises de d&#233;cisions communautaires et libres de d&#233;cider leurs propres sch&#233;mas de vie individuelle (Richard Lee, &lt;i&gt;The&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!Kung San&#160;: Men, Women, and Work, in a foraging Society&lt;/i&gt;, Harvard University, 1979).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous ces t&#233;moignages prouvent une chose irr&#233;vocablement, c'est qu'il existe et qu'il y a eu diff&#233;rentes fa&#231;ons de vivre et diff&#233;rentes mani&#232;res dont hommes et femmes ont organis&#233; la soci&#233;t&#233;. Cela en soi est une preuve qu'il n'y a rien de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturel&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou de pr&#233;-ordonn&#233; dans la fa&#231;on de vivre aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce petit fait a des implications r&#233;volutionnaires. Car les gens disent souvent que l'&#233;galit&#233; des femmes ou n'importe quelle sorte de soci&#233;t&#233; socialiste est impossible parce que cela ne correspond pas &#224; la nature humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;chasseurs-cueilleurs&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; nomades que Leacock, Friedl et Lee &#233;tudi&#232;rent &#233;taient des soci&#233;t&#233;s qui vivaient en petits groupes de 40 et quelques personnes. C'est ainsi que les &#234;tres humains modernes ont v&#233;cu pendant plus de 90&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des 100 000 et quelques ans o&#249; ils ont &#233;t&#233; sur terre. En comparaison le capitalisme industriel dans lequel nous vivons aujourd'hui existe seulement depuis moins de 0.023% de cette p&#233;riode.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le terme chasseur-cueilleur est lui-m&#234;me l&#233;g&#232;rement trompeur. Il sugg&#232;re le st&#233;r&#233;otype du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Grand m&#226;le chasseur&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Mais les femmes jouaient un r&#244;le central dans la production, puisque la plupart des la nourriture venait de la cueillette de noix et de baies et de petites parties de chasse qui &#233;taient aussi faites par les femmes. Elles &#233;taient capables de combiner maternit&#233; et travail productif pendant que les hommes partageaient la garde des enfants. Les grandes parties de chasse, qui &#233;taient g&#233;n&#233;ralement faites par les hommes, &#233;taient moins fiables et plus sporadiques. Ces soci&#233;t&#233;s connaissaient une division du travail, mais, crucialement, aucune diff&#233;rence de valeur n'&#233;tait conf&#233;r&#233;e aux diff&#233;rentes sortes de travail. Engels appela cela du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;communisme primitif&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, si ce genre de soci&#233;t&#233; &#233;galitaires a exist&#233; pendent des dizaines de milliers d'ann&#233;es, qu'est ce qui a chang&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourquoi l'oppression des femmes a t-elle &#233;merg&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est une question qui est encore fortement d&#233;battue aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce que nous savons de sur c'est qu'il y a environ 10 000 ans des groupes de gens dans divers parties du globe commenc&#232;rent &#224; combiner la chasse et la cueillette avec la plantation de graines pour faire pousser des plantes et &#224; domestiquer certains animaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela n&#233;cessita un changement radical dans la vie des gens. Les chasseurs-cueilleurs &#233;taient la plupart du temps en d&#233;placement tout au long de l'ann&#233;e, du fait que le groupe allait de place en place pour chercher des denr&#233;es sauvages. Les premiers agriculteurs, au contraire, pouvaient rester au m&#234;me endroit, pr&#232;s des r&#233;coltes et des animaux domestiqu&#233;s. Ils pouvaient donc stocker des aliments et accumuler d'autres formes &#233;l&#233;mentaires de richesse. Les relations entre hommes et femmes commenc&#232;rent aussi &#224; changer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les parents chasseurs-cueilleurs ne pouvaient avoir qu'un seul enfant en m&#234;me temps, puisqu'ils devaient le transporter avec eux chaque fois qu'ils changeaient de lieu. Les premiers agriculteurs n'eurent plus besoin de restreindre les naissances &#8211; et puisque plus d'enfants signifiait finalement plus de gens pour planter et r&#233;colter, un fort taux de natalit&#233; avantageait tout le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne r&#233;duisit pas automatiquement la position des femmes. Pendant encore plusieurs milliers d'ann&#233;es &#8211; et m&#234;me jusqu'au beau milieu du 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle dans certaines parties du globe, les femmes furent aussi centrales dans la production de l'agriculture qu'elles l'avaient &#233;t&#233; pour la chasse-cueillette. Les instruments de l'agriculture &#233;taient l&#233;gers. &#8211; la houe et la pioche. Les femmes continu&#232;rent &#224; &#234;tre centrales dans la prise de d&#233;cision, et la famille &#233;tait tr&#232;s diff&#233;rente de ce que nous connaissons aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais alors que l'agriculture devenait plus complexe et impliquait des t&#226;ches plus lourdes, celles-l&#224; tendirent &#224; &#234;tre d&#233;volues aux hommes. Les femmes &#233;taient emp&#234;ch&#233;es de les effectuer &#224; cause des fr&#233;quentes grossesses qui &#233;taient d&#233;sormais la r&#232;gle. Cela commen&#231;a &#224; avoir un impact significatif sur le r&#244;le des femmes dans la soci&#233;t&#233;. Il se d&#233;veloppa une division entre le r&#244;le de plus en plus priv&#233; et r&#233;current de la reproduction, accompli &#233;videmment par les femmes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et la production socialis&#233;e, de plus en plus faite par les hommes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une des expression de cela fut la perte de plus en plus grande d'autonomie des femmes. La continuit&#233; de la production d&#233;pendit de la continuit&#233; de la lign&#233;e male. L'h&#233;ritage de la propri&#233;t&#233; de p&#232;re en fils devint important pour la premi&#232;re fois &#8211; et avec cela la monogamie pour la femme, afin de s'assurer qu'elle avait seulement des enfants &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l&#233;gitimes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La croissance de la production donna lieu pour la premi&#232;re fois &#224; un surplus bien au del&#224; de ce qui &#233;tait n&#233;cessaire pour nourrir et v&#234;tir tout le monde. Ceux qui contr&#244;laient ce surplus &#233;taient dans une position privil&#233;gi&#233;e compar&#233; &#224; tous les autres. Des hi&#233;rarchies apparurent pour la premi&#232;re fois. Et puisque les hommes tenait un r&#244;le dans la production du surplus que les femmes n'avait pas, c'&#233;tait une minorit&#233; d'hommes qui &#233;tait au sommet de la hi&#233;rarchie &#8211; au dessus des femmes, mais aussi au dessus des autres hommes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une fois qu'il y eut du surplus il y eut aussi quelque chose d'autre qui n'existait pas pr&#233;c&#233;demment &#8211; un motif pour la guerre entre une soci&#233;t&#233; et ses voisins. Encore une fois les n&#233;cessit&#233; de l'&#233;ducation des enfants signifiaient que les femmes &#233;taient tr&#232;s, tr&#232;s rarement soldates &#8211; et donc destinataires des richesses qui pouvaient provenir de la conqu&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La famille telle que nous la connaissons, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et l'Etat &#233;merg&#232;rent tous en m&#234;me temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La biologie des femmes joua un r&#244;le dans tout cela, mais pas au sens o&#249; elles &#233;taient inf&#233;rieures aux hommes de fa&#231;on inn&#233;e. En fait c'est plut&#244;t que pendant une p&#233;riode de l'histoire, le r&#244;le que les femmes jouaient dans la reproduction exclut la grande majorit&#233; d'entre elles de jouer un r&#244;le central dans des d&#233;veloppements sociaux cl&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes devinrent subordonn&#233;es &#224; tous les niveaux, et cela se r&#233;fl&#233;chit dans l'id&#233;ologie. Ainsi par exemple le mot &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;famille&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; a son origine dans le mot latin servant &#224; d&#233;signer l'esclave domestique&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;familia&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;tait le nombre total d'esclaves appartenant &#224; une seul homme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Engels appela ce d&#233;veloppement &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la d&#233;faite historique mondiale du sexe f&#233;minin&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Et c'est bien ce que ce fut. La reproduction privatis&#233;e au sein de la famille et la production sociale ont fa&#231;onn&#233; et continuent de fa&#231;onner la vie des femmes et des hommes dans la famille jusqu'&#224; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Tout change pour que tout reste pareil&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La famille a connu beaucoup de transformations diff&#233;rentes au cours de milliers d'ann&#233;es, de la famille &#233;tendue avec plusieurs g&#233;n&#233;rations vivant sous le m&#234;me toit et produisant tout ce dont elle besoin des bougies au pain, jusqu'&#224; la petite famille nucl&#233;aire qui est aujourd'hui une unit&#233; de consommation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, pourquoi la famille continue de jouer un r&#244;le important dans la soci&#233;t&#233; au 21&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, m&#234;me dans les endroits du monde o&#249; la lourde charrue a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la technologie, rendant la force physique inutile, o&#249; les femmes peuvent contr&#244;ler leur fertilit&#233; et tiennent un large r&#244;le en dehors du foyer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marx lui-m&#234;me pensait que la famille dispara&#238;trait au cours de r&#233;volution industrielle La famille f&#233;odale fut &#233;cartel&#233;e quand les femmes et les hommes furent expuls&#233;s de leurs bouts de terre et aspir&#233;s dans les villes en augmentation pour survivre en vendant leur force de travail contre un salaire. Les femmes, et souvent aussi les enfants, travaillaient de longues heures dans les nouvelles manufactures et usines . les femmes &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme particuli&#232;rement bien adapt&#233;es pour le travail dans les mines de charbon. &#192; moiti&#233; nues &#224; cause de la chaleur, elles pouvaient tirer des chariots de houille dans les conduits les plus &#233;troits. Il semblait alors que la famille allait s'&#233;crouler sous la pression, mais elle s'est av&#233;r&#233;e remarquablement r&#233;sistante et flexible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord, il y eut une reconnaissance grandissante des b&#233;n&#233;fices, aussi bien id&#233;ologiques qu'&#233;conomiques, pour les patrons que leurs travailleurs se raccrochent &#224; leurs familles. Par exemple, si on voulait que la future g&#233;n&#233;ration de travailleurs deviennent en grandissant des adultes en bonne sant&#233;, et encore plus important, productifs, alors il &#233;tait peut &#234;tre mieux que les femmes n'accouchent pas dans les usines. Si les hommes avaient &#224; soutenir financi&#232;rement une famille d&#233;pendante, alors peut &#234;tre qu'ils seraient plus fiables et moins enclins &#224; cr&#233;er des probl&#232;mes. La l&#233;gislation contre l'emploi de femmes dans certains m&#233;tiers et la propagande exaltant les vertus de la famille servirent &#224; la fois &#224; persuader et &#224; obliger les travailleurs de s'adapter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais beaucoup de travailleurs eux-m&#234;mes se battirent pour pr&#233;server la famille durant cette &#233;poque. Elle devint importante pr&#233;cis&#233;ment parce que leurs vies avait si brutalement &#233;t&#233; d&#233;chir&#233;es et semblait &#224; la merci des nouveaux pouvoirs invisibles du capital. La famille en vint &#224; repr&#233;senter un lieu de refuge et de r&#233;confort en comparaison des longues et rudes heures dans les nouvelles usines qui faisait que les &#234;tres humains ne se sentaient pas plus que des rouages du syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; la m&#234;me &#233;poque les femmes de la classe dominantes &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme des fleurs d&#233;licates &#224; prot&#233;ger. Elles pouvaient tomber en pamoison sur des chaises longues et avec des sels si elles se sentaient amoindries de ne pas recevoir d'invitations pour le bal. Si elles levait le petit doigt c'&#233;tait simplement pour jouer du pianoforte ou pour coudre quelque broderie. Pour ces femmes, la famille &#233;tait une affaire de statut et de production d'h&#233;ritiers, et leurs vies ne pouvaient &#234;tre plus diff&#233;rentes de la masse des femmes ordinaires si elles avaient v&#233;cu &#224; des si&#232;cles diff&#233;rents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant c'est la famille bourgeoise qui fut maintenue et impos&#233;e comme un mod&#232;le pour toute la soci&#233;t&#233;. Des boutiques de cr&#233;ateurs et la gym ont peut-&#234;tre remplac&#233; le pianoforte pour les femmes riches d'aujourd'hui, mais le mod&#232;le reste l'id&#233;al, et la diff&#233;rence entre leurs vies et celles de la plupart des femmes est toujours flagrante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette convergence d'int&#233;r&#234;ts entre les besoins de la classe dirigeante d'utiliser la famille comme une unit&#233; stabilisante, et les besoins des travailleurs de pr&#233;server une part de leur vie qui offre de l'amour et du soutien, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;un refuge dans un monde sans c&#339;ur&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, est toujours une caract&#233;ristique du r&#244;le de la famille aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r personne ne se marrie ou ne s'installe avec quelqu'un-e en se disant &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;mettons nous ensemble et reproduisons la nouvelle g&#233;n&#233;ration de la force de travail&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Avoir ou faire partie d'une famille est consid&#233;r&#233; comme un &#233;l&#233;ment positif dans la vie des gens. Une famille stable et heureuse est quelque chose que l'on recherche&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans un monde qui est un v&#233;ritable coupe-gorge votre famille peut &#234;tre le seul endroit o&#249; vous trouvez un amour et un soutien inconditionnels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceux qui n'ont pas de famille du fait de deuil, migration ou brouille quelconque, sont objets de compassion. D'autres sont victimes de discrimination comme les personnes homosexuelles.. Aujourd'hui pourtant, l'arriv&#233;e du partenariat civil, le nombre e lesbiennes qui ont des enfants, et les pressions pour changer la loi qui emp&#234;che les couples homo d'adopter, tout cela r&#233;v&#232;le de profonds changements d'attitudes. Le d&#233;sir d'appartenir &#224; une famille peut &#234;tre tr&#232;s profond, m&#234;me parmi ceux qui ont &#233;t&#233; rejet&#233; par l'institution par le pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais malheureusement, pour beaucoup de gens les espoirs de faire partie d'une famille heureuse sont souvent brutalement bris&#233;s. Loin d'&#234;tre un refuge la famille peut devenir un endroit tr&#232;s dangereux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les chiffres particuli&#232;rement choquants de la violence domestique en Grande-Bretagne sont l&#224; pour en t&#233;moigner. En moyenne, tous les jours deux femmes sont tu&#233;es par leurs partenaires ou ex-partenaires et pr&#232;s de la moiti&#233; des femmes victimes de meurtre sont tu&#233;es par un partenaire ou ex-partenaire. Le viol au sein du mariage &#233;tait l&#233;gal jusqu'&#224; ce que cela soit chang&#233;e &#224; l'occasion d'une affaire en justice aussi tard que 1991. La loi ne fut formellement chang&#233;e qu'en 1994. Les partenaires du moment (de l'attaque) &#233;taient responsables de 45&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des viols signal&#233;s au British Crime Survey. Les personnes &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;trang&#232;res&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'&#233;taient responsables que de 8% des viols. Les enfants sont &#233;galement bien plus susceptibles de subir des violences de la part d'adultes au sein de leur famille, y compris de leurs m&#232;res, qu'ils ne le sont d'&#233;trangers dans la rue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est justement parce que la famille peut &#234;tre la partie de votre vie dont on vous apprend &#224; attendre tellement que quand cela &#233;choue l'impact peut cr&#233;er une cocotte-minute d'espoirs d&#233;&#231;us et d'amertume aux r&#233;sultats tragiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le &#233;conomique de la famille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hommes et femmes se serreront la ceinture et feront des &#233;conomies, se priveront, travailleront de longues heures et feront des sacrifices incalculables simplement pour &#234;tre capables de nourrir leurs enfants, ou s'occuper d'un parent &#226;g&#233; ou d'un membre de leur famille handicap&#233;. Imaginez combien de tels soins co&#251;teraient s'ils &#233;taient financ&#233;s par l'Etat. M&#234;me le peu d'aide &#233;conomique que l'Etat-providence donne effectivement est constamment attaqu&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les politiques du New Labour de coupes dans la protection sociale ne servent qu'&#224; augmenter la charge &#233;conomique, physique et psychologique des familles individuelles, ce qui veut dire des femmes, et des femmes de la classe ouvri&#232;re par dessus tout. En plus du pire syst&#232;me de garderie d'Europe, les maisons de retraite pour personnes &#226;g&#233;es sont ferm&#233;es pour cause de manque de fonds, les soins infirmiers aux personnes &#226;g&#233;es ne sont propos&#233;es que pour ceux gravement malades et les h&#244;pitaux expulsent les malades plus vite pour satisfaire des objectifs n&#233;buleux. Si nous n'acceptions pas la charge, si la simple d&#233;cence humaine, l'amour et la solidarit&#233; n'existaient pas, la soci&#233;t&#233; tomberait en morceaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais simplement pour s'assurer que les femmes ne refusent pas leur r&#244;le, elles sont soumises &#224; une attaque id&#233;ologique sans fin de la part des politiciens, des media et de la publicit&#233; qui font l'&#233;loge de la famille et du r&#244;le de la femme en son sein comme central dans sa vie et pour son &#233;panouissement. L'attrait pour des images d'enfants propres, en bonne sant&#233; et bien nourris est ind&#233;niable, bien moins &#233;vidente est la campagne qui cherche &#224; nous convaincre qu'il n'y a rien de plus satisfaisant qu'un carrelage nettoy&#233; au Flash et un salon sentant bon des fumets fabriqu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le id&#233;ologique de la famille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La famille est l'endroit o&#249; la plupart d'entre nous est socialis&#233;e, o&#249; nous apprenons les r&#232;gles de la soci&#233;t&#233;, des r&#244;le de chaque genre au principe de hi&#233;rarchie. Nous apprenons aussi que quand il y a des probl&#232;mes, il y a une formidable pression pour &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;garder &#231;a dans la famille&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Car la famille nucl&#233;aire peut g&#233;n&#233;rer en son sein un sentiment de communaut&#233;, mais sert aussi &#224; atomiser les gens au sein de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un nombre ind&#233;fini de produits sont vendues comme &#233;tant vitaux pour la vie d'une famille heureuse, des machines &#224; laver aux ordinateurs personnels. Le message c'est que tous vos r&#234;ves peuvent se r&#233;aliser sou un seul toit. On nous encourage &#224; voir les probl&#232;mes comme la pauvret&#233; ou la violence comme refl&#233;tant les insuffisances personnelles de membres de la famille, en g&#233;n&#233;ral des parents, et non pas comme une image des priorit&#233;s et des d&#233;fauts de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'impact id&#233;ologique du r&#244;le per&#231;u des femmes dans la famille est encore plus significatif. Les femmes s'entendent encore dire d&#232;s leur plus jeune &#226;ge que leur plus grande aspiration est de se marier et d'avoir une famille. On nous assure que les hormones des hommes les conduisent &#224; coucher &#224; droite et &#224; gauche et &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d'ensemencer leur folle avoine&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, mais que les hormones des femmes les poussent &#224; vouloir s'installer avec un seul homme, qu'elles peuvent devoir avoir &#224; pi&#233;ger par la ruse ou l'astuce, ou peut-&#234;tre aujourd'hui &#234;tre une strip-teaseuse accompli &#8211; tout cela pour satisfaire leur v&#233;ritable r&#244;le dans la vie, celui de procr&#233;er.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes qui ne satisfont ou n'aspirent pas &#224; ce r&#244;le sont consid&#233;r&#233;es comme &#233;tant d'une certaine mani&#232;re d&#233;natur&#233;es&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et pourtant cela n'am&#232;ne pas les patrons &#224; arr&#234;ter leurs politiques discriminatoires qui mettent de c&#244;t&#233; les femmes qui ont des enfants jusqu'&#224; ce qu'elles soient plus fiables financi&#232;rement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La contradiction au c&#339;ur de cette image c'est que l'id&#233;ologie ne correspond pas &#224; la r&#233;alit&#233;, et pour certaine femmes n'y a jamais correspondu. La grande majorit&#233; des femmes aujourd'hui n'est pas compos&#233;e de femmes au foyer &#224; temps plein. La majorit&#233; des femmes travaille, et deux tiers des femmes qui ont des enfants travaillent &#233;galement, contre moins de la moiti&#233; il y a trente ans. Le travail qu'elles font est essentiel aussi bien pour l'&#233;conomie nationale que pour la survie &#233;conomique des femmes elles-m&#234;mes, mais cela n'emp&#234;che pas l'id&#233;ologie ultra dominante qui continue &#224; promouvoir leurs attributs naturels comme &#233;tant li&#233;s aux soins du foyer et des enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque jour cette contradiction entre les id&#233;es dominantes et la r&#233;alit&#233; se rejoue dans les vies de femmes et d'hommes ordinaire. Les femmes travaillent parce qu'elles en ont besoin, pourtant on les culpabilise parce qu'elles laissent leurs enfants dans des garderies. Les femmes qui restent &#224; la maison parce qu'elles veulent passer du temps avec leurs enfants, ou parce que leurs bas salaires ne couvrent pas les frais de garderie, sont consid&#233;r&#233;es comme des profiteuses, &#224; moins bien s&#251;r qu'elles n'aient un riche partenaire qui puisse les entretenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les pages femmes du Guardian pr&#233;sentent r&#233;guli&#232;rement des femmes aux carri&#232;res de haut vol qui d&#233;cident de tout abandonner pour &#234;tre m&#232;re &#224; plein temps quand elles ont des enfants. Mais &#231;a vous reste en travers de la gorge de lire la grande joie qu'elles ont &#224; s'amuser b&#234;tement dans les feuilles d'automne ou &#224; faire des biscuits au chocolat avec le petit Tarquin quand la majorit&#233; des femmes ne peuvent tout simplement pas se permettre de prendre la d&#233;cision de rester &#224; la maison. Pour la plupart des femmes travailler n'est pas une option de style de vie mais une n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc quand le gouvernement parle de faire sortir les m&#232;res du foyer pour aller travailler, il ne veut pas parler des riches femmes pr&#233;sent&#233;es dans le Guardian, il veut parler des femmes qui vivent d'allocations d&#233;j&#224; bien maigres que le gouvernement consid&#232;re comme une charge qu'il ne veut pas supporter dans ce monde n&#233;o-lib&#233;ral. C'est ainsi que 3.4 millions d'enfants vivent dans la pauvret&#233; en Grande-Bretagne, et parmi eux 43% font partie de familles monoparentales. Si le gouvernement croyait vraiment au &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;valeurs de la famille&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qu'il aime tant promouvoir alors tout le monde pourrait avoir le choix. Passer du temps avec ses enfants ne devrait pas &#234;tre un choix ou une obligation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'id&#233;ologie persiste parce qu'elle continue de fonctionner pour le syst&#232;me. Elle permet que les femmes continuent d'accepter les bas salaires, le travail flexible et le jonglage compliqu&#233; des arrangements pour faire garder leurs enfants. En fait l'id&#233;ologie est n&#233;cessaire pr&#233;cis&#233;ment parce que c'est une contradiction que la soci&#233;t&#233; veut que les femmes r&#233;solves toutes seules, consid&#233;rant la situation comme un probl&#232;me et non pas comme un probl&#232;me qui trouve son origine dans la mani&#232;re dont la soci&#233;t&#233; est organis&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela arrange le syst&#232;me que les femmes continuent de croire qu'elles sont les meilleures pour l'&#233;ducation des enfants et tout l'attirail du travail domestique. L'oppression des femmes renvoie au sentiment que les choses sont de notre faute, de notre responsabilit&#233;. On en fait l'exp&#233;rience de mani&#232;re individuelle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et la contradiction c'est que l&#224; o&#249; nous subissons le plus l'oppression, chez nous et dans notre vie priv&#233;e, c'est l&#224; o&#249; nous avons le moins la capacit&#233; de la remettre en cause.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;5. Et les hommes dans tout &#231;a&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et les hommes dans tout &#231;a&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ce n'est pas la soci&#233;t&#233; qui ach&#232;te les magazine pour mecs, viole des femmes ou commet des violences domestiques. En mati&#232;re de crimes sexuels, les chiffres des viols d&#233;clar&#233;s ont augment&#233;, en partie du fait d'un traitement l&#233;g&#232;rement plus compatissant de la part d'une majorit&#233; des forces de police masculines. Mais dans le m&#234;me temps ratio des condamnations par rapport aux viols d&#233;clar&#233;s a baiss&#233; continuellement de 1 pour 3 en 1977 &#224; 1 pour 20 en 2002 (Nicole Westmarland, &lt;i&gt;Rape Law reform in England and Wales&lt;/i&gt;, School for Policy Studies, 2004).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe encore une habitude culturelle qui veut que les femmes qui se saoulent ou portent le genre de v&#234;tements courts pr&#233;sent&#233;s dans tous les magazines pour ados sont d'une certaine mani&#232;re complices si elles se font violer. Les hommes qui violent ont confiance dans l'id&#233;e qu'ils s'en tireront quand m&#234;me. La soci&#233;t&#233; ne peut tout simplement pas r&#233;gler le probl&#232;me car il refl&#232;te des g&#233;n&#233;rations &#224; se prendre une id&#233;ologie qui dit que les hommes sont naturellement enclins &#224; avoir des m&#339;urs sexuelles l&#233;g&#232;res et ne peuvent pas s'en emp&#234;cher.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une r&#233;cente campagne de la Metropolitan Police en est un exemple. Ils ont produit une affiche destin&#233;es &#224; &#234;tre &#233;pingl&#233;e dans les toilettes pour hommes des bo&#238;tes et des bars. Elle montrait un torse de femme portant une paire de pantalon avec une pancarte &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;entr&#233;e interdite&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sur elle. Le slogan disait&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Ayez un rapport sexuel avec quelqu'un qui n'y a pas consenti, et le dernier endroit o&#249; vous entrerez pourrait bien &#234;tre la prison.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Non seulement cette image ne faisait qu'encourager une vision des femmes comme &#233;tant de simples objets, une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;place&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, gu&#232;re plus que la somme de ses parties sexuelles, mais elle acceptait la caricature de la sexualit&#233; masculine. Ca dit en quelque sorte &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;on sait &#224; quel point &#231;a peut &#234;tre tentant pour un mec au sang chaud, mais pense juste &#224; la punition&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Pas vraiment une remise en cause de l'id&#233;ologie dominante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le genre de dure fin que connaissent certaines femmes aux mains de certains hommes. L'oppression des femmes n'est pas une mauvaise odeur qui dispara&#238;t d'un souffle &#224; travers une fen&#234;tre ouverte ou quelque &#233;tat psychologique &#233;ph&#233;m&#232;re. Ca s'articule &#224; travers les vies quotidiennes de femmes et d'hommes individuellement, et dans la plupart des cas les hommes sont les auteurs de ces crimes. Donc les hommes ont les ennemis&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ont-ils un int&#233;r&#234;t &#224; maintenir l'oppression&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La th&#233;orie f&#233;ministe r&#233;pondrait oui. Selon elle le probl&#232;me c'est le patriarcat, la soci&#233;t&#233; domin&#233;e par les hommes. C'est une th&#233;orie largement r&#233;pandue que l'on peut entendre au bar du coin le vendredi soir ou qu'on peut lire dans des revues acad&#233;miques de renom exprim&#233; dans le langage le plus abstrait&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et essentiellement elle se r&#233;sume &#224; l'id&#233;e que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;tous les hommes sont des salauds&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Elle r&#233;sulte de la croyance que tous les hommes b&#233;n&#233;ficient de notre soci&#233;t&#233; si profond&#233;ment divis&#233;e, mais c'est quelque chose que les socialistes doivent rejeter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle n'est pas seulement fausse mais nie &#233;galement les effets bien r&#233;els et d&#233;vastateurs que la soci&#233;t&#233; capitaliste a sur l'ensemble de l'humanit&#233;, aussi bien les hommes que les femmes. Elle ignore le fait que la majorit&#233; des hommes, &#224; travers leur position de classe, se voient &#233;galement refuser un acc&#232;s &#224; la richesse et au pouvoir dans la soci&#233;t&#233; et ont donc la possibilit&#233; de trouver des causes communes avec les femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les statistiques aident &#224; voir pourquoi&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Les hommes meurent plus jeunes que les femmes (la reine envoie 9 fois plus de t&#233;l&#233;grammes de f&#233;licitations aux femmes atteignant 100 ans qu'aux hommes).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; La majorit&#233; des sans-abri en Grande-Bretagne sont des hommes, comme l'est la majorit&#233; des personnes en prison et en h&#244;pital psychiatrique.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Les hommes souffrent plus de probl&#232;mes de sant&#233;s et de maladies graves que les femmes mais le d&#233;clarent moins.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Les jeunes hommes ont plus susceptibles d'&#234;tre victimes d'agressions violentes que les femmes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Mais l'une des statistiques les plus choquante qui r&#233;v&#232;le tant de choses sur la place des hommes dans la soci&#233;t&#233; capitaliste moderne c'est les chiffres des suicides. En Grande-Bretagne aujourd'hui 75% des personnes qui se suicident sont des hommes. Au cours des 20 derni&#232;res ann&#233;es en Grande-Bretagne les nombres des femmes qui se suicident a diminu&#233; de moiti&#233;, mais le nombre d'hommes qui se suicident a lui augment&#233; de 10%. Il est plus fort parmi les jeunes hommes en fin d'adolescence et d&#233;but de la vingtaine. Les hommes au ch&#244;mage sont 2 &#224; 3 fois plus &#224; risque en mati&#232;re de suicide que le reste de la population&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et l'autre point culminant du suicide masculin est apr&#232;s 65 ans, apr&#232;s la retraite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas vraiment l'image d'un genre en paix avec lui-m&#234;me, un genre qui se sent &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;au top&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les hommes sont pouss&#233;s &#224; se sentir sans valeur si ils ne remplissent pas le r&#244;le qu'on attend d'eux, qui est celui de pourvoyeur. Quel exemple plus tragique que cela y a-t-il d'un syst&#232;me qui transforme les travailleurs en rouage n'ayant plus aucune vie en dehors du travail&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais si tu es au boulot &#224; te faire exploiter, &#233;tant celui qui nourrit sa famille comme ce que l'on attend de toi, est ce que c'est une si belle vie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La Grande-Bretagne a la plus longue dur&#233;e d'heures de travail en Europe, et les hommes travaillent le plus d'heures quand ils ont une partenaire qui vient juste de donner naissance. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les jeunes papa travaillent le plus grand nombre d'heure parmi les travailleurs males, travaillant 4 fois plus et &#233;tant d'autant pay&#233; en heures suppl&#233;mentaires que les hommes sans enfants&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Alexandra Jones et Stephen Bevan, &lt;i&gt;Where is Daddy&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? The &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UK&lt;/span&gt; Fathering Deficit&lt;/i&gt;, The Work Foundation, 2003).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une &#233;tude de la Commission pour l'&#233;galit&#233; des chances (Equal Opportunities Commission) men&#233;e en janvier 2007 r&#233;v&#233;la que&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Passer du temps avec la famille ou trouver du temps pour des relations importantes est la plus grosse pr&#233;occupation de la vie quotidienne (64%) d'hommes et de femmes, devant l'argent, la sant&#233;, le travail et la s&#233;curit&#233;. Ce souci est plus fortement ressenti par les p&#232;res, dont 74&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% exprime cet avis, compar&#233; &#224; 68% de m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pas de quoi s'&#233;tonner que les hommes aient du mal &#224; trouver du temps pour &#234;tre de bons p&#232;res, par exemple. Une r&#233;cente &#233;mission de t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233; a fait le portrait d'un homme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;transform&#233; en maman&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pendant une semaine. Le mec a &#233;t&#233; hallucin&#233; par l'exp&#233;rience. Par exemple son plus jeune enfant &#233;tait toujours d&#233;j&#224; au lit quand il revenait du boulot. En une semaine il a vu ce qu'il manquait , les travaux m&#233;nagers qui vous d&#233;truisent jusqu'&#224; l'&#226;me, certes, mais aussi le fait de passer du temps avec ses enfants, ce qui bien qu'&#233;tant stressant est aussi une source de joie quand il a commenc&#233; &#224; les conna&#238;tre. C'&#233;tait extraordinairement &#233;mouvant de le voir r&#233;aliser combien il s'&#233;tait fait avoir en croyant qu'&#234;tre un bon p&#232;re c'&#233;tait simplement gagner de l'argent, au lieu d'&#234;tre l&#224; pour ses enfants&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et &#224; la fin de la semaine il &#233;tait d&#233;termin&#233; &#224; ne pas retourner &#224; l'ancien mode de vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me si c'&#233;tait un programme de t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233; de mauvaise qualit&#233; un peu gnangnan, il a r&#233;v&#233;l&#233; quelque chose de vrai &#224; propos de la soci&#233;t&#233;, le fait que les r&#244;les qu'ont attend des hommes qu'ils remplissent peuvent les briser. Ils ne font pas que produire le st&#233;r&#233;otype du p&#232;re qui rentre &#224; la maison et qui s'effondre (de fatigue) apr&#232;s le travail, distant, froid et bris&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils renforcent aussi le fait que les femmes prennent le premier r&#244;le aupr&#232;s des enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le caract&#232;re des hommes est forg&#233; par les railleries d&#232;s le plus jeune &#226;ge de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;b&#233;b&#233; geignard&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;petit gar&#231;on &#224; sa maman&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; travers les attentes de prouesses physiques et de conqu&#234;tes sexuelles vers la perspective de succ&#232;s &#233;conomique d'homme adulte. Leurs personnalit&#233;s sont &#233;cras&#233;es pour rentrer dans la boite de ce qui correspond &#224; la masculinit&#233; sous le capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'une mani&#232;re grossi&#232;re et opportuniste l'actuelle g&#233;n&#233;ration de magazines pour hommes comme Nuts ou Zoo se nourrissent de la sensation que cette masculinit&#233; est menac&#233;e par les avanc&#233;es que les femmes ont accomplies. Ils d&#233;clarent qu'ils repr&#233;sentent les bonnes vieilles valeurs masculines&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nous sommes de vrais hommes et nous n'allons pas pr&#233;tendre le contraire. Nous voulons du porno, du sport, des voitures rapides, et nous n'en avons pas honte&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce clich&#233; &#233;triqu&#233; de la virilit&#233; en dit plus sur comment les marchandises sont pr&#233;sent&#233;es sous le capitalisme que quoique ce soit de vrai sur la vie des hommes, et ce n'est gu&#232;re une vision du pouvoir dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;6. Quand la soci&#233;t&#233; a remis en cause les r&#244;les en fonction des genres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rosie la Riveteuse n'&#233;tait pas une femme r&#233;elle. C'&#233;tait une photo de Norman Rockwell en couverture du Saturday Evening Post en 1943. Cette image d'une travailleuse de guerre en salopette mangeant son sandwich inspira la recherche et la c&#233;l&#233;bration des centaines de Rosie, bien vivantes localement, et travaillant dans les usines de munitions &#224; travers les &#201;tats-Unis pendant la seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les deux guerres mondiales ont eu un profond impact sur chaque aspect de la soci&#233;t&#233; en Grande-Bretagne, y compris la vie des femmes. Les besoins de l'&#201;tat chang&#232;rent et les femmes furent r&#233;clam&#233;es pour combler le vide dans la population active laiss&#233; par la mobilisation massive des hommes dans la machine de guerre. La propagande gouvernementale changea pour convaincre les femmes d'accomplir leur devoir patriotique en allant occuper des emplois qui &#233;taient pr&#233;c&#233;demment occup&#233;s par des hommes&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Premi&#232;re guerre mondiale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le plus gros employeur des femmes avant la premi&#232;re guerre mondiale &#233;tait le service domestique qui employait plus de 1 400 000 femmes en 1911 (Gail Braybon et Penny Summerfield, Out of the Cage&#160;: Women's Experiences in Two World Wars, Pandora, 1987). Ce travail exigeait de longues heures avec peu de moments de libert&#233; pour de femmes qui vivaient habituellement sur leurs lieux de travail&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et donc beaucoup d'entre elles furent attir&#233;s vers les nouveaux emplois offerts par le travail de guerre. Ces emplois requ&#233;raient &#233;galement de longues heures mais avec des journ&#233;es de cong&#233;s et un meilleur salaire. Ce qui explique que durant cette p&#233;riode pr&#232;s d'un demi million de femmes quitt&#232;rent le service domestique et le nombre de femmes dans la force de travail industrielles augmenta de 1,5 millions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand la guerre se termina, beaucoup de ces femmes de voulurent pas retourner &#224; l'ancien mode de vie. Elles avaient go&#251;t&#233; &#224; l'ind&#233;pendance &#233;conomique et de voulaient pas la perdre. Les journaux d&#233;nonc&#232;rent les femmes qui ne voulaient pas retourner aux corv&#233;es &#224; bas salaire et oubli&#232;rent rapidement leurs contres de patriotisme h&#233;ro&#239;ques &#224; propos de femmes travailleuses de guerre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les m&#339;urs des femmes gagnaient leurs salaires, buvaient dans les bars et passaient les nuits dehors au music-hall furent mis en cause. Elles avaient &#233;galement eu des rapports sexuels hors mariage en plus grand nombre que jamais auparavant, et des manuels sexuels &#233;taient publi&#233;s afin d'&#233;duquer les femmes &#224; leur sexualit&#233; et &#224; propos du contr&#244;le des naissances. Tous cela conduisit &#224; une panique morale, caract&#233;ristique de la d&#233;sapprobation de l'establishment &#224; propos du comportement des femmes de la classe ouvri&#232;re jusqu'&#224; nos jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Seconde guerre mondiale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Seules 16% des travailleuses en Grande-Bretagne &#233;taient des femmes mari&#233;es en 1913&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en 1943 ce chiffre avait atteint 43%. Il fut estim&#233; qu'il y avait pr&#232;s de 8 millions de femmes dans des emplois salari&#233;s en 1943 (Braybon et Summerfield, Out of the Cage).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une &#233;tude &#233;tats-unienne interviewa des femmes qui occupaient des emplois au d&#233;but de la guerre et r&#233;v&#233;la que 90% d'entre elles disaient vouloir abandonner le boulot une fois la guerre termin&#233;e. Pourtant, quand la guerre se termina 80% d&#233;clar&#232;rent qu'elles voulaient rester au travail. Une fois encore les femmes avaient fait l'exp&#233;rience d'une ind&#233;pendance financi&#232;re accrue et d'un rel&#226;chement des tabous gouvernant leurs vies personnelles. En 1939 seuls 4,4% des b&#233;b&#233;s &#233;taient n&#233;s hors mariage&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en 1945 ce chiffre avait plus que doubl&#233; atteignant 9,1% (Braybon et Summerfield, &lt;i&gt;Out of the Cage&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, apr&#232;s que la Seconde guerre mondiale ait pris fin, la propagande gouvernemental d&#251; encore une fois changer de vitesse. Le r&#244;le essentiel de la maternit&#233; fut promu et il y eut une explosion de livres et de conseils sur les soins &#224; apporter aux enfants. Le livre &lt;i&gt;Baby and Childcare&lt;/i&gt; de Benjamin Spock fut publi&#233; en 1946 et se vendit &#224; 40 millions d'exemplaires en six &#233;ditions, surpassant tous les autres livres de l'histoire de l'&#233;dition &#224; l'exception de la Bible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1950 l'id&#233;ologie dominante &#233;tait telle qu'il &#233;tait fr&#233;quent que des femmes abandonnent leurs boulots une fois qu'elles &#233;taient mari&#233;es. Pourtant, m&#234;me alors 20% des femmes travaillaient, et tout comme le boom d'apr&#232;s guerre prenait de l'ampleur, c'&#233;tait pareil pour le besoin de travailleuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les ann&#233;es 1960&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les ann&#233;es 1960 furent une d&#233;cennie de r&#233;voltes &#224; travers le monde, pour la lib&#233;ration nationale et contre l'imp&#233;rialisme, pour les droits civiques des Noirs et contre la guerre am&#233;ricaine au Vietnam. La croissance des emplois et de l'&#233;ducation attira encore plus de femmes qu'avant. Certaines de ces femmes qui se retrouv&#232;rent &#224; l'universit&#233; ou dans des boulots jusque l&#224; inaccessibles commenc&#232;rent &#224; avoir des attentes bien diff&#233;rentes &#224; propos de leurs vies que les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes. Quand elles s'engag&#232;rent dans l'action politique, elles constat&#232;rent que la New Left (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nouvelle gauche&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;) manquait &#224; l'appel quand il s'agit de comprendre les droits des femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'&#233;tait parce que quand les mouvements explos&#232;rent aux Etats-Unis ils le firent dans un vide&#160;: ils n'avaient aucune racines dans la tradition socialiste du pass&#233; qui avait compris l'oppression des femmes. Les ann&#233;es 1950 avaient vu la gauche se faire &#233;craser par le Maccarthisme, et l'exp&#233;rience brutale du stalinisme en Union Sovi&#233;tique jetait un long voile noir. Le fil de la tradition socialiste avait &#233;t&#233; rompu. Par cons&#233;quent les femmes commenc&#232;rent &#224; s'organiser par elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au contraire en Grande-Bretagne la politique &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;socialiste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; fut centrale au mouvement des femmes, et donc les premi&#232;res revendications et luttes se concentr&#232;rent sur les probl&#232;mes bien r&#233;els auxquelles faisaient face les femmes de la classe ouvri&#232;re comme par exemple l'&#233;galit&#233; salariale et les garderies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le changement des attitudes envers les moeurs personnels fut spectaculaire. La pilule contraceptive devint largement accessible avec la loi de 1967 , de sorte que le sexe put &#234;tre s&#233;par&#233; des grossesses non d&#233;sir&#233;es pour la premi&#232;re fois. L'homosexualit&#233; fut l&#233;galis&#233;e et la loi sur le divorce fut lib&#233;ralis&#233;e. Tout le monde ne se roulait pas nu dans de la boue lors de festival de musique, comme ce que la m&#233;moire populaire insinue souvent, mais de mani&#232;re ind&#233;niable un grand poids de culpabilit&#233; et de souffrance fut enlev&#233; de l'exp&#233;rience sexuelle de millions de femmes et d'hommes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es 1970 les mouvements entr&#232;rent en d&#233;clin,et la lutte des femmes ne fut pas un exception. A la fin elle se fragmenta en d'am&#232;res factions, entre celles qui voulaient s'organiser entant que femmes, celles qui voulaient que les hommes fassent partie de leur lutte, entre les lesbiennes et les h&#233;t&#233;ros (qui furent accuser par les premi&#232;res de coucher avec l'ennemi), et une myriade d'autres divisions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement de lib&#233;ration des femmes avait lev&#233; la banni&#232;re de l'&#233;galit&#233; et de la lib&#233;ration, mais n'avait pas les moyens, l'orientation politique ou l'organisation n&#233;cessaire pour les gagner au profit de la masse des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;7. Femmes et classes sociales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour quelle genre d'&#233;galit&#233; nous battons nous&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il y a une grosse diff&#233;rence entre gagner l'&#233;galit&#233; d'avec un homme qui est g&#233;rant d'une soci&#233;t&#233; multinationale, et d'avec disons par exemple brancardier. N'importe quelle lutte qui n'aurait pour objectif que l'&#233;galit&#233; entre femmes et hommes laisse intacte la plus profonde division au sein de la soci&#233;t&#233;, celle de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'institut de recherches sur les politiques publiques montre que les 10% plus riches en Grande-Bretagne poss&#232;dent 54&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de la richesse nationale, en hausse de 74&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% par rapport aux gouvernement conservateur de John Major. Ceux qui sont tout au sommet, les 1% les plus riches, ont vu leur part dans la richesse nationale augmenter encore plus vite, de 17% &#224; 23% au cours d'&#224; peu pr&#232;s la m&#234;me p&#233;riode. En comparaison les 50% du bas ne poss&#232;dent plus aujourd'hui que 7% des ressources de la Grande-Bretagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais selon les marxistes la classe ne se d&#233;finit pas seulement en termes de richesses, ni par comment les gens per&#231;oivent leur propre position. Ce n'est pas une case que l'on assigne aux gens, ce n'est pas une cat&#233;gorie statique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est au contraire une relation sociale objective du syst&#232;me&#160;: selon que tu es exploit&#233; ou exploiteur, que tu as ou pas le contr&#244;le, que tu vis du travail d'autres ou tu vends ta force de travail pour survivre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les signes ext&#233;rieurs de l'appartenance de classe, l'accent ou le style de vie, tout d&#233;coule de cette relation fondamentale, et m&#234;me &#231;a, &#231;a change. Aujourd'hui certain travailleurs manuels peuvent porter des v&#234;tements de cr&#233;ateurs, manger dans des restaurants et prendre des vacances &#224; l'&#233;tranger&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y a 50 ans un tel style de n'&#233;tait r&#233;serv&#233; qu'&#224; une petit groupe de l'&#233;lite privil&#233;gi&#233;e dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ce sont des changements superficiels. La relation fondamentale demeure la m&#234;me. La minorit&#233; au sommet de la soci&#233;t&#233; continue d'exploiter la vaste majorit&#233; d'entre nous. Les travailleurs font tout. Sans eux les trains, les bus, les m&#233;tros ne rouleraient pas, les b&#226;timents ne seraient pas construits, les routes r&#233;par&#233;es, les malades soign&#233;s, ou les enfants &#233;duqu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour les socialistes la classe ouvri&#232;re est une force sociale unique. Tout d'abord elle a potentiellement un grand poids &#233;conomique, parce que si les travailleurs d&#233;cident d'arr&#234;ter de travailler, la soci&#233;t&#233; ne peut pas fonctionner, tandis que si des patrons comme Richard Branson prennent une ann&#233;e de cong&#233;s, personne ne le remarque. Deuxi&#232;mement la classe ouvri&#232;re est une force collective. Le capitalisme nous divise en utilisant le racisme et le sexisme mais il est &#233;galement oblig&#233; de nous r&#233;unir, pour mieux nous exploiter. Les travailleurs se doivent de coop&#233;rer entre eux dans d'immenses lieux de travail simplement pour produire chaque jour, et le seul moyen pour eux de d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts est de s'organiser ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si un travailleur de British Airways ou d'une grand h&#244;pital veut une augmentation de salaire, il ou elle ne peut pas simplement approcher un des directeurs et en demander une. Au lieu de quoi les travailleurs, homme et femmes, doivent faire des d&#233;marches aupr&#232;s des directeurs en masse par le biais de leurs organisation collective. Ce qui signifie que les travailleurs se doivent de surmonter leurs divisions internes si ils veulent avoir un camps solide. Aucune autre section de la soci&#233;t&#233; n'a un tel int&#233;r&#234;t intrins&#232;que &#224; remettre en cause et &#224; surmonter la division.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi les socialistes ne consid&#232;rent pas la classe ouvri&#232;re comme le v&#233;hicule du changement parce que les travailleurs auraient n&#233;cessairement moins de pr&#233;jug&#233;s et seraient plus chaleureux et tol&#233;rants aujourd'hui pr&#233;cis&#233;ment, mais parce que l'histoire montre que la pression qui s'exerce en faveur de l'unit&#233; au sein de la classe cr&#233;e les conditions pour que les pr&#233;jug&#233;s soient surmont&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui les femmes constituent environ la moiti&#233; de cette force de travail. La majorit&#233; d'entre elles, &#224; peu pr&#232;s 70&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, m&#234;me celles avec des enfants &#8211; 68&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des femmes (&lt;a href=&#034;http://www.statistics.gov.uk/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.statistics.gov.uk&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais n'est pas juste un autre fardeau&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?La diff&#233;rence cruciale est que leur r&#244;le dans la force de travail les arrache aux corv&#233;es domestiques atomis&#233;es pour les introduire dans la production sociale, un endroit o&#249; les femmes ne sont pas seulement des victimes mais peuvent devenir des combattantes. Et en tant que travailleuses les femmes ont toujours montr&#233; leur empressement &#224; rejoindre la bataille contre le syst&#232;me &#224; chaque fois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faire partie d'une force sociale qui peut potentiellement remettre en cause le capitalisme est crucial pour les perspectives de lib&#233;ration. Il ne s'agit pas de rechercher quelqu'un d'autre pour nous lib&#233;rer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il s'agit pour les femmes de s'organiser l&#224; o&#249; nous sommes le plus fortes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;8. La vie des femmes aujourd'hui&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y existe une profonde contradiction dans la vie des femmes aujourd'hui, du fait que d'une part il y a eu d'immenses avanc&#233;es pour la condition des femmes au cours du dernier si&#232;cle, tandis que d'un autre c&#244;t&#233; nous continuons &#224; &#234;tre confront&#233;es aux discriminations &#224; travers toute la soci&#233;t&#233; et sommes bien loin d'atteindre l&#233;galit&#233;, en Grande-Bretagne ou en fait n'importe o&#249; d'autre dans le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nos vies ont &#233;t&#233; transform&#233;es d'une fa&#231;on inimaginables &#224; l'&#233;poque de nos grand-m&#232;res. Ces derni&#232;res enduraient des travaux domestiques &#233;reintants, un manque d'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation et une moralit&#233; &#233;crasante sur tous les aspects de leur vie personnelle, une contraception peu fiable et dangereuse, des avortements ill&#233;gaux et des secteurs entiers de l'emploi qui leur &#233;t&#233; interdits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ma grand-m&#232;re &#233;tait n&#233;e en Irlande en 1898, elle portait tout le temps son tablier, cousait, reprisait et tricotait des v&#234;tements pr&#233;parait et cuisinait chaque repas &#224; partir de presque rien et faisait bouillir le linge avant de le mettre dans une essoreuse &#224; main. En comparaison toutes ses petites-filles travaillent &#224; plein temps en dehors de la maison, utilisent chaque parcelle des nouvelles technologies pour rendre le m&#233;nage aussi facile que possible et se sont connus pour manger des aliments qui sont d&#233;j&#224; pr&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si en l'espace d'une seule g&#233;n&#233;ration familiale la vie des femmes est devenue m&#233;connaissable, dans la soci&#233;t&#233; britannique dans son ensemble les changements ont &#233;t&#233; vraiment remarquables. Ayant obtenu le vote des femmes de plus de 30 ans en 1918 puis le suffrage universel pour toutes les femmes et tous les hommes en 1928, les femmes font aujourd'hui potentiellement partie de toutes les structures politiques de la soci&#233;t&#233; britannique&#160;: elles peuvent devenir premier ministre, pairs (bien que la chambre haute soit encore appel&#233;e chambre des Lords)&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles peuvent faire partie de jurys, devenir avocates, conseill&#232;res juridiques et juges. En mati&#232;re d'emploi il est ill&#233;gal d'emp&#234;cher les femmes d'acc&#233;der &#224; des boulots particuliers. Il est &#233;galement ill&#233;gal de payer les femmes moins que les hommes &#224; travail &#233;gal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La diff&#233;rence en mati&#232;re de morale publique et son impact sur nos vies personnelles est extraordinaire. Une contraception sure et fiable est largement accessible aux femmes quelque soit leur statut marital, l'avortement est l&#233;gal, le divorce possible, et avoir des enfants en dehors du mariage et vivre avec un partenaire sans &#234;tre mari&#233; est courant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les gains sont r&#233;els, mais il reste encore un long chemin &#224; parcourir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Salaire &#233;gal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;galit&#233; de salaire peut bien &#234;tre consacr&#233;e par la loi mais les femmes gagnent en moyenne 18&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de moins que le hommes. Une commission gouvernementale sur la question des femmes et du travail datant de 2006 montrait que les femmes quittent l'universit&#233; avec le m&#234;me niveau de qualification que les jeunes hommes, ou m&#234;me un niveau meilleur, mais qu'il suffit de cinq ans pour que la diff&#233;rence de salaire se creuse (Women and Work Commisson, 2006).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le scandale des bas salaires en g&#233;n&#233;ral, et de la moyenne salariale encore plus basse des femmes en particulier doit &#234;tre d&#233;pos&#233; devant la porte des patrons qui paient des bas salaires. Mais au lieu de les admonester et de leur imposer des mesures obligatoires, par exemple une revue des salaires qui surveillerait les diff&#233;rences salariales, afin de se conformer &#224; la loi, la commission tenta de les gagner en leur assurant que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; l'&#233;galit&#233; des genres et bonnes pour les affaires en Grande-Bretagne&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La commission poursuivit en affirmant que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;certains d'entre nous pensent que l'approche volontaire est le meilleur moyen d'avancer. Certains intervenants pensent la m&#234;me chose, par exemple le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CBI&lt;/span&gt; estime que des v&#233;rifications obligatoires des salaires repr&#233;sentent une charge excessive, hors de proportion par rapport au probl&#232;me et d&#233;cal&#233; par rapport au climat de d&#233;r&#233;gulation actuel&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc le gouvernement est d'accord avec le monde des affaires sur le fait qu'appliquer l&#233;galement la l&#233;gislation sur l'&#233;galit&#233; salariale serait une contrainte, que le probl&#232;me n'est pas si important, et &#233;tant donn&#233; que le New Labour ne contr&#244;le le monde des affaires d'aucune autre mani&#232;re, le faire &#224; propos de l'&#233;galit&#233; salariale serait une anomalie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais bien sur, sans application de la l&#233;gislation les employeurs continueront &#224; payer des salaires de mis&#232;re si ils peut s'en sortir comme &#231;a. Quand la loi sur l'&#233;galit&#233; salariale fut adopt&#233;e en mai 1970 on accorda aux patrons 5 ans de d&#233;lai d'accord&#233;es pour faire les changements avant qu'elle entre en vigueur en 1975. Ils ne bronch&#232;rent pas alors, et 36 ans plus tard il y a toujours une diff&#233;rence de salaire. Pourquoi les patrons se soumettrait soudainement maintenant sans en &#234;tre forc&#233;s&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le gouvernement New Labour aime &#224; se vanter d'aider les travailleurs &#224; bas salaires avec les allocations. En particulier Gordon Brown site souvent l'introduction de son Working Tax Credit comme une grande initiative de soutien des familles. Mais cela n'est pas un soutien pour les travailleurs &#224; bas salaire&#160;: c'est un moyen pour le gouvernement de subventionner les employeurs qui paient moins que le salaire minimum vital. Ce sont les patrons les vrais profiteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La situation salariale est encore pire pour les femmes qui travaillent &#224; mi-temps. Elles gagnent 32% moins que le salaire horaire des femmes qui travaillent &#224; temps plein et un sid&#233;rant pourcentage de 41% de moins que les hommes qui travaillent &#224; temps plein. La majorit&#233; des travailleurs partiels sont des femmes, parce que ce sont souvent les seuls boulots qu'elles peuvent obtenir et qui conviennent aux exigence de l'&#233;ducation des enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les gardes d'enfants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les garderies publiques en Grande-Bretagne sont de notori&#233;t&#233; publique, &#224; des pires niveaux en Europe. Le gouvernement lancent r&#233;guli&#232;rement des initiatives pour &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;encourager&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; les femmes qui ont des enfants &#224; aller travailler, g&#233;n&#233;ralement en mena&#231;ant de retirer les allocations &#224; des femmes d&#233;j&#224; vuln&#233;rables. Au lieu de quoi, la seule initiative qui permettrait aux femmes de faire ce choix, en fournissant un r&#233;seau national de garderie de haut niveau gratuit ou au moins &#224; des prix abordables pour les parents qui travaillent, est rejet&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De nos jours, la moyenne typique des co&#251;ts pour une place en garderie pour un enfant de moins de deux ans est de &#163;141 [environ 207 &#8364;, N.d.T] par semaine, mais les prix peuvent varier autour de cette moyenne de fa&#231;on assez spectaculaire. Dans certains endroits les parents peuvent &#234;tre surs de payer autour de &#163;200 [294 &#8364;] par semaine, et certaines garderies facturent jusqu'&#224; &#163;350 [514 &#8364;] la semaine (&lt;a href=&#034;http://www.childcaretrust.org.uk/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.childcaretrust.org.uk&lt;/a&gt;). Actuellement les parents qui s'occupent seuls de leurs enfants participent &#224; auteur de 70&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des co&#251;ts de garderie de mani&#232;re priv&#233;e, compar&#233; &#224; des nations en Europe comme en Scandinavie o&#249; la moyenne des contributions est plus proche de 30% et le reste est prix en charge par des subventions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pas de quoi s'&#233;tonner que les femmes ne gagnant que des bas salaires ne peuvent tout simplement pas se permettre de travailler, vu que les co&#251;ts pour faire garder leur enfant est plus grand que leur salaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les riches femmes des professions lib&#233;rales pourront se payer une voire deux nurses, et ne seront que tr&#232;s rarement accus&#233;es de n&#233;gligence. Au contraire on en fera l'&#233;loge comme &#233;tant des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Super women&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le fait est que la minorit&#233; des femmes qui traversent le plafond de verre n'y parviennent qu'en s'appuyant sur une arm&#233;e de femmes qui elles ne le peuvent pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ce n'est encore qu'un petit nombre qui percent. Plus on monte dans les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233; en mati&#232;re de pouvoir politique et &#233;conomique, moins on voit de femmes. Il n'y a que deux femmes directrice parmi les 100 premi&#232;res compagnies de l'index boursier &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FTSE&lt;/span&gt; et seulement 19% des d&#233;put&#233;s sont des femmes, tandis qu'il n'y a qu'une seule femme juge d'appel dans le syst&#232;me judiciaire. Seul un quart des grands administrateurs de la fonction publique sont des femmes et seulement 1/10 des officiers de police sup&#233;rieurs. (Sex and Power&#160;: Who Runs Britain, Equal Opportunities Commission 2006/2007).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes comptent pour 50% de la population, si il existait quoique soit qui ressemble &#224; une &#233;galit&#233; des sexes en place en Grande-Bretagne, alors les femmes occuperaient environ la moiti&#233; des emplois &#224; travers la soci&#233;t&#233; et gagneraient autant que les hommes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. La culture de l'obsc&#233;nit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des v&#234;tements pour enfants arborent le logo du lapin Playboy, des t-shirts pour des gamines de 8 ans portent des desseins des mains au dessus de poitrines non existantes, des clubs de strip-tease au corps &#224; corps font parti du monde des affaires et la pornographie soft est devenue tendance. Des livres d'aide au travail sur soi promettent que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;vous ferez l'amour comme une vedette du porno&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et des cours pour apprendre comment faire un strip-tease affirment que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la danse de l'&#233;ventail c'est une affirmation de l'existence&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce n'est pas du sexisme, on nous dit. Apparemment &#234;tre un objet sexuel au 21&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle c'est quelque chose d'ironique, de dr&#244;le et qui vous donne du pouvoir&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et on devrait c&#233;l&#233;brer tout &#231;a pour ne pas &#234;tre trait&#233;e de prude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout le monde peut s'y mettre. En 2006 le syndicat &#233;tudiant de l'universit&#233; de Loughborough a accueilli le Brat Pack Tour (avec l'aimable autorisation du magazine Nuts o&#249; les parieurs se voyaient promettre une chance de rencontrer des mannequins du magazine. Le syndicat &#233;tudiant de l'universit&#233; de Loughborough invita &#233;galement le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;High street Honeys&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Tour, organis&#233; par le magazine pour mecs &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FHM&lt;/span&gt;.&#160;La tourn&#233;e avait pour objectif &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;couvrir&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des femmes ordinaires de la grande rue afin qu'elles deviennent mod&#232;les topless pour le magazine. Non content de faire parader des mannequins &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FHM&lt;/span&gt; &#224; moiti&#233; nues, les &#233;tudiantes &#233;taient invit&#233;es &#224; se d&#233;shabiller pour voir si elles avaient l'&#233;toffe de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;high street honey&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; [&#224; peu de chose pr&#232;s &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;poules de luxe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, N.d.T]. Les affiches faisant de pub pour la tourn&#233;e montraient les poses habituelles de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;filles avec fille&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; topless avec la mention &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;vous voulez savoir jusqu'o&#249; elles sont vraiment all&#233;es l'une avec l'autre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Au syndicat de l'universit&#233; de York ils ont m&#234;me leur propre club d'exercice de strip dont le logo est une femmes nue glissant le long d'une barre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est ce que le rejet tout cela est seulement le fait de femmes d'une plus vieille g&#233;n&#233;ration qui secouent la t&#234;te en signe de d&#233;sapprobation au vue des v&#234;tements et des comportements d'une plus jeune g&#233;n&#233;ration&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Non, des jeunes filles, et des jeunes hommes &#224; travers le pays, en particulier dans les facs et les syndicats &#233;tudiants, se sont organis&#233;s pour contrer les clubs de danses striptease qui ciblent les &#233;tudiants, et organiser des meetings politiques pour d&#233;battre des questions d'oppression et de sexualit&#233; suscit&#233;es par la culture &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;raunch&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; [vulgaire, obsc&#232;ne, N.d.T].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit pas seulement de l'achet ou de la vente de pornographie, qui a de toute &#233;vidence prolif&#233;r&#233; avec Internet, mais de ce que certaines femmes appellent la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pornification&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la culture populaire. Les grilles de t&#233;l&#233;vision sont bourr&#233;s &#224; craquer de programmes sur le sexe, certains dont l'objectif est d'&#234;tre des documentaires s&#233;rieux, et d'autres qui ne pr&#233;tendent m&#234;me pas &#234;tre rien d'autre qu'une excuse pour montrer des images de corps de femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, qu'y a t-il de nouveau &#224; ce propos&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Est ce que les femmes n'ont pas depuis longtemps toujours &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme des objets sexuels, particuli&#232;rement dans la publicit&#233; pour vendre tout et n'importe quoi allant des pneus au b&#233;ton &#224; s&#233;chage rapide&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Oui, bien s&#251;r, mais la diff&#233;rence aujourd'hui c'est qu'on vend tout cela au femmes en le pr&#233;sentant comme quelque chose qui leur donnerait du pouvoir, comme une mani&#232;re de se d&#233;barrasser de leurs inhibitions, un moyen d'&#234;tre lib&#233;r&#233; sexuellement, comme si faire l'amour comme quelqu'un qui simule devant la cam&#233;ra pour gagner sa vie &#233;tait la recette pour avoir une super vie sexuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le sexe est une monnaie d'&#233;change d'une valeur unique. C'est une part intrins&#232;que de l'&#234;tre humain, et &#234;tre une exp&#233;rience enrichissante et incroyable, provoquer les &#233;motions les plus intenses. Notre sexualit&#233; est ressentie comme quelque chose de tellement priv&#233;, comme une part tellement intime de notre personnalit&#233;, que si nous ne pouvons pas nous y exprimer ou si nous en sommes malheureux, cela peut avoir un effet d&#233;vastateur. Beaucoup de lesbiennes et de gays peuvent t&#233;moigner des effets quand on vous dit que vos sentiments naturels sont &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pervertis&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;inacceptables&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le capitalisme, en transformant le sexe en marchandise, nous ali&#232;ne ainsi une part de notre humanit&#233; et g&#226;che nos chance d'avoir une sexualit&#233; &#233;panouie. Cela devient quelque chose &#224; atteindre, &#224; r&#233;ussir, &#224; travailler. C'est fa&#231;onn&#233; par le monde autour de nous et cela affecte m&#234;me nos &#233;motions les plus basiques sur ce qu'on ressent par rapport &#224; nos corps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le sexe commercial, que ce soit le porno ou les strip-tease personnalis&#233; (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;lap dancing&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;), est comme de la restauration rapide. C'est une version horrible et sans &#226;me de quelque chose de bon que le capitalisme nous revend apr&#232;s nous avoir d&#233;pouill&#233; du temps et du bien-&#234;tre qui nous auraient permis de jouir de la chose r&#233;elle. Loin d'&#234;tre lib&#233;rateur, la culture &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;raunch&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est une camisole de force, un clich&#233; &#233;troit de ce que la soci&#233;t&#233; d&#233;finit comme sexy et dans lequel nous sommes litt&#233;ralement comprim&#233;s. La seule mani&#232;re d'avoir l'air sexy c'est d'agir et de ressembler &#224; une vedette de porno, selon ce qu'on nous dit. C'est la lib&#233;ration sexuelle &#224; travers le prisme du capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit pas ici d'&#234;tre prude. Ni d'en appeler &#224; la censure. Etant donn&#233; le pouvoir de l'Etat dans le contr&#244;le de ce que l'on voit et que l'on lit, restreindre les images ou les publications sexuelles n'est certainement pas un pas en avant. Qui d&#233;cide de ce qui est pervers&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les juges ou les politiciens&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ils poursuivraient ce qu'ils estiment pervers, et l'on d'ailleurs fait, c'est ainsi que les boutiques de sexe et les publications gays ont toujours &#233;t&#233; cibl&#233;es par le pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et d'ailleurs actuellement, les magazines qui ciblent les mecs h&#233;t&#233;ros sont remplis d'images de femmes qui font semblant de faire l'amour les unes avec les autres et ces magazines sont consid&#233;r&#233;s parfaitement acceptables pour &#234;tre affich&#233;s &#224; tous les coins de rue, tandis que les lesbiennes qui pont de vrais rapports sexuels entre elles, en priv&#233;, sans les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;cam&#233;ras, lumi&#232;re, action&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et plus important encore, sans l'&#233;change de cash, ne sont toujours pas compl&#232;tement accept&#233;es et sont virtuellement invisibles dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Loin de demander que le sexe soit cach&#233; et honteux, les socialistes font campagne pour plus d'ouverture dans la soci&#233;t&#233;. Pour les jeunes gens le sexe comme marchandise se d&#233;voile cr&#251;ment &#224; chaque kiosque &#224; journaux mais l'&#233;ducation sexuelle dans beaucoup d'&#233;cole est encore d&#233;plorablement inad&#233;quate. En fait des &#233;l&#232;ves ont envoy&#233;s des p&#233;titions &#224; Downing Street en 2006 demandant une &#233;ducation d&#233;cente en la mati&#232;re dans leurs &#233;coles. L'&#233;ducation sexuelle &#224; l'&#233;cole devrait &#234;tre plus explicite et bienveillante, de sorte que les jeunes gens soient mieux &#233;quip&#233;s pour g&#233;rer la p&#233;riode de leur vie o&#249; ils font face et explorent leurs sentiments sexuels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ouverture sexuelle gagn&#233;e dans les luttes des ann&#233;es 1960 et 1970 le fut de haute lutte et nous voulons la d&#233;fendre et l'&#233;tendre. Nous ne voulons pas un retour aux ann&#233;es 1950. Mais le capitalisme assimile tout, m&#234;me la r&#233;sistance, et le transforme en marchandise. On peut acheter des chaussures de sport avec le signe de la paix imprim&#233; dessus, et l'ouverture sexuelle nous est revendue sous la forme de soutiens-gorge push-up et de la glorification des clubs de strip-tease.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En liant avec tout cela il y a aussi une obsession accrue de l'apparence des femmes qui a franchie de nouvelles limites. Ayant grandi en adolescente des ann&#233;es 1970 et lisant le magazine Jackie, c'&#233;tait clair que pour une jeune femme la question de l'apparence &#233;tait quelque chose de pr&#233;pond&#233;rant. Des articles hebdomadaires nous expliquaient comment appliquer des ombres compliqu&#233;es sur les pommettes et les paupi&#232;res avec du maquillage. Aujourd'hui, m&#234;me tout cela n'est pas encore assez. La chirurgie esth&#233;tique devient tendance. Une soci&#233;t&#233; de chirurgie esth&#233;tique d&#233;clare sur son site Internet que la chirurgie plastique &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;n'est plus seulement pour les riches et c&#233;l&#232;bres, comme de plus en plus de gens du commun choisissent la chirurgie pour am&#233;liorer leur vie&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (accentuation &#8211; wwwcosmeticsurgeryconsultants.co.uk).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas juste des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gens&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il s'agit des femmes et de &#224; quel point leur confiance et leur sens de valeur personnelle sont d&#233;form&#233;s par les attentes de la soci&#233;t&#233; sur leur apparence. Des 28 921 op&#233;rations men&#233;es l'ann&#233;e derni&#232;re 26 469 (92%) l'&#233;taient sur des femmes, et l'op&#233;ration la plus populaire est l' &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;augmentation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; mammaire. Une enqu&#234;te radiophonique de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BBC&lt;/span&gt; indiquait que 50% des femmes interrog&#233;es d&#233;claraient qu'elles consid&#233;raient l'&#233;ventualit&#233; d'une chirurgie plastique. (&lt;a href=&#034;http://www.bbc.co.uk/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.bbc.co.uk&lt;/a&gt;, F&#233;vrier 2007) Dans n'importe quelle autre culture ce serait d&#233;nonc&#233; comme de la mutilation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans la notre c'est juste un autre choix de consommateur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le tout dernier d&#233;bat &#224; propos des mannequins squelettiques et le quasi mythique taille z&#233;ro fait &#233;galement partie de cette obsession autour de l'apparence des femmes. La taille z&#233;ro est une taille de v&#234;tement am&#233;ricaine qui est l'&#233;quivalent de la taille 4 en Grande-Bretagne [taille 32-34 en France. N.d.T]. Le nom est appropri&#233;, du fait que n'importe quelle femme de taille moyenne devrait se r&#233;duire &#224; virtuellement plus rien pour l'atteindre. Mais c'est devenu la taille &#224; laquelle tout le monde aspire dans l'industrie de la mode, et est maintenant accessible en Grande-Bretagne dans des magasins comme Top shop et Gap.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les mannequins en Grande-Bretagne sont aujourd'hui en moyenne six tailles plus petite que les femmes normales. Plusieurs mannequins sont mortes au cours des 12 derniers mois de probl&#232;mes li&#233;s &#224; la nutrition. Mais m&#234;me ces femmes si dangereusement minces d&#233;couvrent que leurs photos ont &#233;t&#233; retouch&#233;es apr&#232;s la prise, leurs jambes rendues un peu plus longues, leurs poitrines un peu plus larges. Les photos non retouch&#233;es de c&#233;l&#233;brit&#233;s qui s'amassent &#224; la une des magazines comme Heat montrent des ventres &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;flasques&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; une semaine et des &#233;paules osseuses la semaine suivante. Si de riches c&#233;l&#233;brit&#233;s avec leurs di&#233;t&#233;ticiens et entra&#238;neurs personnels n'ont pas une silhouette parfaite, quel espoir nous reste t-il &#224; nous autres&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est-ce ce &#224; quoi nous sommes arriv&#233;s&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La libert&#233; de tournoyer autour d'une barre pour titiller des hommes, la libert&#233; de s'injecter du poison dans le visage pour paralyser des muscles afin que les rides ne se voient pas, ou de se faire ouvrir nos poitrines pour y ins&#233;rer des sacs de silicones qui les fait avoir l'air plus grosses&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit pas ici de prescrire ce qui est une attitude &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;acceptable&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;inacceptable&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il s'agit d'avoir une vision d'une v&#233;ritable lib&#233;ration sexuelle, avec une r&#233;elle ouverture et le choix pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;10. Changement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment les choses peuvent-elles changer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous les acquis que les gens ordinaires ont obtenu par le pass&#233; l'ont &#233;t&#233; au travers de luttes. C'est vrai pour tout, des cong&#233;s pay&#233;s au droit de vote. Mais quand la vie se tra&#238;ne en haletant d'une journ&#233;e de boulot &#224; une autre, quand tout ce &#224; quoi on pense c'est combien de temps reste t-il jusqu'au week-end ou aux prochaines vacances, c'est difficile d'envisager ce que cela pourrait &#234;tre si on bouleversait le monde du tout au tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Imaginer si on &#233;tait capable de prendre le contr&#244;le de nos vies, des d&#233;tails quotidiens aux grandes questions globales comme la guerre, le d&#233;r&#232;glement climatique et la famine. Des luttes si capitales ont eu lieu par le pass&#233; et ont offert une vision inspirante du potentiel pour changer la soci&#233;t&#233; et nous m&#234;me dans le processus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le sentiment d'euphorie et de nouvelles possibilit&#233;s nous saute aux yeux quand on lit les r&#233;cits de grands &#233;v&#233;nements historiques comme la Commune de Paris ou la guerre civile espagnole, et de conflits comme la grande gr&#232;ve des mineurs en Grande-Bretagne en 1984-85. A l'&#233;poque, bien que tous les mineurs aient &#233;t&#233; des hommes, les femme sont jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif. Les gens ordinaires prennent de l'envergure pendant de tels &#233;v&#233;nements&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des ann&#233;es de dure routine &#224; s'entendre dire qu'ils ne valent rien sont balay&#233;es pendant les jours ou les semaines de lutte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les luttes &#224; une &#233;chelle de masse ne repr&#233;sentent pas seulement des remises en cause du pouvoir &#233;conomique de la classe dirigeante, mais ouvrent aussi la possibilit&#233; de nouvelles id&#233;es et de nouvelles mani&#232;res de s'organiser pour s'&#233;vader &#224; une &#233;chelle inimaginable dans la routine monotone du pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans toutes les grandes luttes du pass&#233; les femmes ont &#233;t&#233; au premier plan, et quand elles le sont leurs propres id&#233;es de ce qu'elles sont capables de faire et de quelles sont les possibilit&#233;s changent. Mais du fait d'&#234;tre aussi partie prenante de la lutte aux c&#244;t&#233;s des femmes, les id&#233;es des hommes et leurs opinions pr&#233;con&#231;ues sur les femmes, ce qui &#224; son tour a un r&#233;el effet de rendre notre camp plus fort, plus uni et plus capable d nouvelles avanc&#233;es. Rien ne change les id&#233;es &#224; une &#233;chelle de masse comme la v&#233;ritable exp&#233;rience v&#233;cue de la lutte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le plus fort exemple d'une telle exp&#233;rience de mouvement de masse de transformation est la R&#233;volution russe de 1917.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La R&#233;volution russe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La R&#233;volution russe fut une explosion spectaculaire de d&#233;mocratie populaire et mena &#224; un essor du potentiel des gens ordinaires. Des centaines de milliers d'ouvriers et de paysans pauvres qui &#233;taient illettr&#233;s et pensaient que leur dure existence &#233;taient &#233;crites par un dieu immuable, apprirent &#224; lire et &#233;crire, et s'impliqu&#232;rent dans les grands d&#233;bats du jour et prirent part &#224; la reprise en main de leur vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question de la lib&#233;ration des femmes &#233;tait centrale pour la r&#233;volution. Les femmes qui vivaient dans les pires conditions d'oppression, o&#249; dans de vastes r&#233;gions il &#233;tait m&#234;me l&#233;gal de fouetter sa femme, d&#233;ferl&#232;rent dans le mouvement r&#233;volutionnaire. Un des dirigeants de la r&#233;volution, L&#233;on Trotski, d&#233;crivit avec beaucoup d'&#233;motion l'extr&#234;me brutalit&#233; de la vie des femmes, indiquant que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la r&#233;volution a fait un effort h&#233;ro&#239;que pour d&#233;truire le soi-disant foyer familial &#8211; cette institution archa&#239;que, &#233;touffante et stagnante dans laquelle les femmes de la classe laborieuse accomplissent un travail de gal&#233;rien de l'enfance &#224; la mort&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (L&#233;on Trotski, &lt;i&gt;Les femmes et la famille&lt;/i&gt;, Pathfinder, 1974).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Bolcheviks savaient qu'afin de rendre les femmes capables de jouer un r&#244;le dans la vie politique de la r&#233;volution ils devaient les d&#233;livrer de leur charge qui les isolait. Alexandra Kollontai dirigeait le Zhenotdel, le d&#233;partement mis en place pour prendre des mesures sp&#233;ciales pour que les femmes s'impliquent. A travers tout ce vaste pays ravag&#233; par la guerre et la famine les Bolcheviks organis&#232;rent des programmes d'alphab&#233;tisation, des garderies d'Etat et des blanchisseries.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Des nouveaux codes politiques, civiques, &#233;conomiques et familiaux vis&#232;rent &#224; effacer des si&#232;cles d'une vieille in&#233;galit&#233;s en un coup. Le nouveau gouvernement accorda aux femmes le droit de vote, de demander le divorce, des lois civiles qui firent du mariage une relation volontaire, &#233;limin&#232;rent les distinctions entre enfants l&#233;gitimes et ill&#233;gitimes, d&#233;cr&#233;t&#232;rent des droits du travail pour les femmes &#233;gaux &#224; ceux des hommes, donn&#232;rent aux femmes des salaires &#233;gaux et introduisirent les cong&#233;s maternit&#233;s pay&#233;s&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Tony Cliff, &lt;i&gt;Class Struggle and Women's Liberation&lt;/i&gt;, Bookmarks, 1984). La Russie fut aussi le premier pays au monde &#224; l&#233;galiser l'avortement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais tous les espoirs et les potentiels de la r&#233;volution ne pouvaient r&#233;sister &#224; l'immense pression de ses ennemis, et non seulement beaucoup des plans ne furent pas accomplis, mais &#224; la fin la r&#233;volution elle-m&#234;me ne put survivre. Le destin des femmes est toujours li&#233; &#224; la force de notre camp. A partir de la fin des ann&#233;es 1920 l'&#233;mergence du stalinisme marqua la fin et de la r&#233;volution et des acquis que les femmes avaient obtenus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trotski s'opposa &#224; Staline et fut exil&#233; de Russie. Il &#233;crivit que l'une des fa&#231;on dont il pouvait dire que les id&#233;aux de la r&#233;volution pour lesquels les Bolcheviks et lui s'&#233;taient battus &#233;taient en recul &#233;tait &#224; la lumi&#232;re de ce qui arrivait aux vies des femmes. Il remarqua que les femmes en revenait &#224; faire leurs propres lessives au lieu d'utiliser les blanchisseries sociales qui se d&#233;t&#233;rioraient tellement qu' &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; elles d&#233;chiraient et effilaient le linge plus qu'elles ne le lavait&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Et c'&#233;tait de la par d'un homme qui avait dirig&#233; l'Arm&#233;e rouge contre les puissances imp&#233;rialistes du monde, un homme qui avait &#233;t&#233; le dirigeant du soviet de Petrograd, qui avait &#233;t&#233; au c&#339;ur du pouvoir ouvrier du nouvel &#201;tat. Pourtant il comprenait combien &#233;taient important ces changements apparemment petits dans la vie quotidienne des femmes, r&#233;v&#233;lant la v&#233;ritable nature de la soci&#233;t&#233; qui avait remplac&#233; les espoirs de la r&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout cela se passait un demi si&#232;cle avant le mouvement de lib&#233;ration de la femme des ann&#233;es 1960 quand Betty Friedman parla fameusement de la condition difficile des femmes comme du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;probl&#232;me qui n'a pas de nom&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Cette condition a bien un nom, oppression des femmes, et des femmes et des hommes se sont d&#233;j&#224; battues pour la remettre en cause pendant plusieurs g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;11. Une vision du possible&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La lutte continue aujourd'hui et chaque jour qui passe. Dans tout le pays des gens r&#233;sistent, d'une multitude de fa&#231;ons diff&#233;rentes, aux attaques contre leurs droits, leurs conditions de vie et les communaut&#233;s locales. Les socialistes ne restent pas assis en attendant le changement r&#233;volutionnaire mais s'engagent dans chacune des ces luttes, aussi petite soit elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chacune est importante, &#224; la fois pour l'am&#233;lioration imm&#233;diate qu'elle peut obtenir &#8211; une garderie qui reste ouverte, une augmentation de salaire gagn&#233;e &#8211; mais aussi pour l'unit&#233; que cela forge dans notre camp et pour l'impact que cela a sur notre attitude par rapport au monde. Si nous pouvons emp&#234;cher un service hospitalier de fermer ou un coll&#232;gue de bureau de se faire brutaliser, alors peut &#234;tre que nous pouvons remettre en cause les priorit&#233;s plus larges de la soci&#233;t&#233; qui cr&#233;ent ces conditions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La lutte pour la lib&#233;ration des femmes est inextricablement li&#233;e &#224; la lutte de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re. Les femmes ont obtenues les plus grandes avanc&#233;es quand l'ensemble de notre camp avait confiance et gagnait, et nous avons du faire face aux pires conditions quand les travailleurs battaient en retraite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au bout du compte les questions des femmes sont des questions de classe, des droits &#224; l'avortement ou &#224; la fertilit&#233; au traitement du cancer du sein. Si nous nous organisons uniquement en tant que femmes on oublie la solidarit&#233; et la force du reste de la classe. Quand les droits &#224; l'avortement ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s par le pass&#233; certaines militantes ont organis&#233; des manifestations de femmes uniquement, mais la plus grosse manif jamais organis&#233;e pour d&#233;fendre les droits &#224; l'avortement fut en 1979 quand 80 000 personnes d&#233;fil&#232;rent. La manif &#233;tait organis&#233;e par la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TUC&lt;/span&gt; [ l'unique conf&#233;d&#233;ration syndicale, N.d.T], et comprenait des syndicalistes hommes et femmes. Sa taille et son esprit de d&#233;fi assura que les bigots anti-avortement soient r&#233;solument vaincus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le fait que la discrimination soit toujours rampante aujourd'hui refl&#232;te le fait que le capitalisme, la soci&#233;t&#233; de classe, existe toujours parmi nous. Les changements que nous avons gagn&#233;s, bien qu'immens&#233;ment bienvenus, ont laiss&#233; le syst&#232;me qui a cr&#233;&#233; l'oppression des femmes en premier lieu est toujours intact.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'oppression des femmes est fondamental pour la soci&#233;t&#233; de classe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les divisions qu'elle s&#232;me dans la classe ouvri&#232;re ont jou&#233; un r&#244;le de maintien du pouvoir d'une minorit&#233; pendant des milliers d'ann&#233;es. Trotski disait de l'oppression des femmes qu'elle &#233;tait si profond&#233;ment ancr&#233;e qu' &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;une lourde charrue &#233;tait n&#233;cessaire pour d&#233;raciner la motte la plus lourde de la terre&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette charrue s'enfon&#231;ant profond&#233;ment c'est une r&#233;volution, une r&#233;volution socialiste. Une r&#233;volution n'est rien si ce n'est un festival des opprim&#233;s, une chance pour nous tous de nous &#233;panouir en tant qu'individus, de prendre le contr&#244;le de nos vies, pour que tous puissent atteindre leur plein potentiel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On demanda &#224; Friedrich Engels quels seraient les rapports entre hommes et femmes apr&#232;s une telle r&#233;volution, et il r&#233;pondit&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;On pourra r&#233;pondre &#224; cela quand une nouvelle g&#233;n&#233;ration aura grandi&#160;: une g&#233;n&#233;ration d'hommes qui ne sauront jamais de leur vie ce que d'acheter la reddition d'une femme avec de l'argent ou n'importe quel autre instrument social de pouvoir&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une g&#233;n&#233;ration de femme qui ne sauront jamais ce que c'est de se donner &#224; un homme pour n'importe quelle autre consid&#233;ration que l'amour v&#233;ritable, ou de refuser de se donner &#224; leur amant de peur des cons&#233;quences &#233;conomiques. Quand ces personnes seront au monde, elles tiendront peu de cas de ce que quiconque d'aujourd'hui pensent de ce qu'ils devraient faire, il feront leur propre pratique et se feront leur propre opinion publique correspondante &#224; propos de la conduite de chaque individu &#8211; et ce sera la fin de tout &#231;a.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'un homme d'&#226;ge moyen de l'&#226;ge victorienne nous parle de mani&#232;re si poignante de notre &#233;poque, &#224; propos de probl&#232;mes qui semblent tellement modernes , est un t&#233;moignage du fait que c'&#233;tait aussi un r&#233;volutionnaire, un socialiste, et qu'il voulait transformer la soci&#233;t&#233; de fond en comble. Il voyait au del&#224; de ce qu'&#233;tait le monde ce qu'il pouvait &#234;tre. Il avait une vision du possible, une soci&#233;t&#233; o&#249; l'ensemble de l'humanit&#233; puisse &#234;tre lib&#233;r&#233;e de l'exploitation et de l'oppression.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous nous battons toujours pour une telle soci&#233;t&#233; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lectures suppl&#233;mentaires en anglais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Le mieux pour commencer c'est &lt;i&gt;Sex, Class and Socialism&lt;/i&gt; de Lindsay German (Bookmarks, 1998). Pour une introduction &#224; l'approche de Marx lire &lt;i&gt;The Revolutionay Ideas of Karl Marx&lt;/i&gt; de Alex Callinicos (Bookmarks, 2004). &lt;i&gt;L'origine de la famille de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de l'&#201;tat&lt;/i&gt; (Pathfinder, 1972) de Engels reste un classique de l'approche marxiste sur les origines de l'oppression des femmes, et l'essai de Chris Harman &lt;i&gt;The Revolutionay Ideas of Friedrich Engels&lt;/i&gt;, num&#233;ro sp&#233;cial de l'&lt;i&gt;International Socialism&lt;/i&gt; n&#176;65 (1995), d&#233;fend l'approche de Engels et explique des erreurs mineures.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Certains des &#233;crits de Alexandra Kollontai ont &#233;t&#233; rassembl&#233; dans un ouvrage &lt;i&gt;On Women's Liberation&lt;/i&gt; (Bookmarks, 1998), et certains des &#233;crits de Trotski sur les femmes dans &lt;i&gt;Women and the Family&lt;/i&gt; (Pathfinder, 1974). Un r&#233;cit personnel du mouvement des femmes aux &#201;tats-Unis se trouve dans l'ouvrage de Sara Evans &lt;i&gt;Personal Politics&lt;/i&gt; (Vintage, 1980) tandis que &lt;i&gt;Female Chauvinist Pigs&lt;/i&gt; d'Ariel Levy est une br&#251;lante accusation de la nouvelle &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;culture obsc&#232;ne&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Pocket books, 2006).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour finir la biblioth&#232;que des femmes &#224; la London Metropolitan University est une fantastique ressource qui a une collection de livres et de magazines originaux, de pamphlets et des bulletins sur l'histoire des luttes des femmes, leur site Internet est&#160;: &lt;a href=&#034;http://www.thewomenslibrary.ac.uk/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.thewomenslibrary.ac.uk&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antonio Labriola, &lt;i&gt;Essays on the Materialist Concept of History&lt;/i&gt;, Charles H Kerr, 1908.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Oppressions sp&#233;cifiques et lutte des classes</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sarah Benichou, Yoan Sfara</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
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&lt;p&gt;Racisme, sexisme, homophobie, etc... Comment lutter contre les diff&#233;rentes formes d'oppression&#160;? Ces luttes doivent-elles &#234;tre comprises dans la lutte contre le syst&#232;me ou men&#233;es de mani&#232;re sp&#233;cifique&#160;? De la r&#233;ponse &#224; cette question d&#233;coulent, traditionnellement, deux possibilit&#233;s strat&#233;giques.&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re est issue d'une analyse qui consid&#232;re que les oppressions sont la cons&#233;quence du syst&#232;me capitaliste qui les utilise et qu'elles dispara&#238;tront avec lui. Il s'agit, alors, de concentrer exclusivement ses (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-no03-mars-avril-2010" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - n&#176;03 - Mars/Avril 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Feminisme" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Racisme" rel="tag"&gt;Racisme&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L127xH150/arton201-b1acb.png&#034; width='127' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Racisme, sexisme, homophobie, etc... Comment lutter contre les diff&#233;rentes formes d'oppression&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ces luttes doivent-elles &#234;tre comprises dans la lutte contre le syst&#232;me ou men&#233;es de mani&#232;re sp&#233;cifique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? De la r&#233;ponse &#224; cette question d&#233;coulent, traditionnellement, deux possibilit&#233;s strat&#233;giques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La premi&#232;re est issue d'une analyse qui consid&#232;re que les oppressions sont la cons&#233;quence du syst&#232;me capitaliste qui les utilise et qu'elles dispara&#238;tront avec lui. Il s'agit, alors, de concentrer exclusivement ses forces dans la lutte contre le rapport d'exploitation, celui-ci &#233;tant la base du syst&#232;me. La deuxi&#232;me strat&#233;gie est issue d'une compr&#233;hension atemporelle des rapports d'oppression qui les consid&#232;re donc, ind&#233;pendamment du syst&#232;me qui les organise. Selon ce postulat, la lutte contre l'oppression doit &#234;tre d&#233;tach&#233;e de celle contre l'exploitation, quitte &#224; reproduire les contradictions de classe au sein des mouvements &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sp&#233;cifiques&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; contre l'oppression (tenter de rassembler, par exemple, les femmes chefs d'entreprise et les salari&#233;es pr&#233;caires au sein du m&#234;me mouvement pour le droit des femmes). Le livre d'Angela Davis offre une troisi&#232;me voie strat&#233;gique&#160;: celle d'une lutte sans concession contre toutes les oppressions dans le cadre d'un combat global contre le syst&#232;me capitaliste qui les produit. &#192; partir de l'exemple des mouvements pour l'abolition de l'esclavage et du mouvement pour les droits des femmes, Femmes, races et classes expose l'importance et la nature politique des liens et des d&#233;chirements entre ces mouvements. Le livre montre, d'un c&#244;t&#233;, que les victoires de ces mouvements sont le r&#233;sultat de leurs convergences autour de combats rassembleurs mais &#233;galement, d'un autre c&#244;t&#233;, que leurs &#233;checs sont le produit d'une incapacit&#233; &#224; surmonter leurs contradictions internes, celles-ci &#233;tant le reflet des contradictions de classe existantes au sein de la soci&#233;t&#233;. Pour Angela Davis les mouvements sp&#233;cifiques peuvent &#234;tre n&#233;cessaires mais, ils aboutissent &#224; la paralysie ou, pire, &#224; la r&#233;action s'ils ne sont pas bas&#233;s, dans la th&#233;orie comme dans la pratique, sur la compr&#233;hension de l'oppression comme &#233;tant une question de classe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Crise de direction de la soci&#233;t&#233;&#160;: esclavage ou exploitation capitaliste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle aux &#201;tats-Unis repr&#233;sente une p&#233;riode de fracture. Deux r&#233;gimes antagonistes existent et se pr&#233;parent &#224; un affrontement violent en vue de la direction de la soci&#233;t&#233;. Il y a, en premier lieu, le Sud dirig&#233; par une classe esclavagiste de propri&#233;taires fonciers, repr&#233;sent&#233;s par le Parti D&#233;mocrate, et dont la survie d&#233;pend de l'utilisation massive d'une main d'&#339;uvre agricole esclave. Cette classe est en crise &#224; l'aube du xixe si&#232;cle &#224; cause de l'abolition de la Traite transatlantique qui bloque toute importation de main d'&#339;uvre nouvelle, ne laissant comme alternative que la reproduction des esclaves d&#233;j&#224; pr&#233;sents. De l'autre c&#244;t&#233; il y a, au Nord, une nouvelle classe&#160;: la bourgeoisie industrielle (organis&#233;e dans le Parti R&#233;publicain), qui repr&#233;sente l'essor du capitalisme et qui est tr&#232;s demandeuse d'une main d'&#339;uvre libre pouvant remplir ses usines. L'afflux d'immigr&#233;s venus d'Europe ne peut, alors, &#234;tre suffisant pour une industrie en pleine croissance qui regarde avidement vers le Sud et ses quatre millions d'esclaves enchain&#233;s dans les propri&#233;t&#233;s agricoles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'abolition ou la d&#233;fense de l'esclavage devient une question cl&#233; pour le maintientde la classe dominante du Sud et le d&#233;veloppement de celle du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Naissance de l'abolitionnisme&#160;: les r&#233;voltes d'esclaves, l'humanisme capitaliste et les femmes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement abolitionniste part des milieux quakers, un courant de l'&#201;glise chr&#233;tienne progressiste sur la cause des Noirs et des Am&#233;rindiens dont les membres sont issus de la bourgeoisie du Nord. Il &#233;merge dans les ann&#233;es 1830, au moment de la derni&#232;re grande r&#233;volte d'esclaves (r&#233;volte de Nat Turner, du nom de son dirigeant). L'agitation parmi les esclaves se fait de plus en plus visible que ce soit de mani&#232;re directe (sabotages, assassinats et soul&#232;vements etc.) ou indirecte (fuites, contr&#244;le des naissances, alphab&#233;tisation par un r&#233;seau d'&#233;coles secr&#232;tes etc.). Pourtant, jamais les Noirs n'ont &#233;t&#233; associ&#233;s au mouvement abolitionniste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par contre, d&#232;s le d&#233;but, le mouvement abolitionniste re&#231;oit le soutien des femmes, des ouvri&#232;res comme des bourgeoises. Les travailleuses dans ces ann&#233;es l&#224; luttent activement pour l'am&#233;lioration de leurs conditions de travail, assimilant leur exploitation &#224; l'esclavage, tandis que les bourgeoises, cloitr&#233;es dans leur foyer o&#249; on les affecte &#224; l'entretien de la maison et &#224; l'&#233;ducation des enfants, voient le mariage comme de l'esclavage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_84 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L477xH800/greve_femmes-ac50e.jpg' width='477' height='800' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;Pour Angela Davis les mouvements sp&#233;cifiques aboutissent &#224; la paralysie s'ils ne sont pas bas&#233;s sur la compr&#233;hension de l'oppression comme une question de classe&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les femmes bourgeoises organisent le mouvement&#160;: l'origine d'une prise de conscience&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que les ouvri&#232;res ne peuvent s'investir dans le mouvement faute de temps, les bourgeoises, qui ont les moyens financiers et intellectuels ainsi que beaucoup de temps libre, vont s'investir pleinement dans la lutte. Habitu&#233;es aux pratiques des clubs de bienfaisance, elles investissent la rue pour faire signer des p&#233;titions et r&#233;colter de l'argent, ce qui leur permet &#224; la fois de fuir la sph&#232;re familiale et de protester contre leur exclusion de l'ar&#232;ne politique. N&#233;anmoins, elles doivent se battre pour obtenir leur place dans le mouvement abolitionniste. Les femmes n'avaient jamais parl&#233; en public, encore moins si le public &#233;tait mixte, et les hommes du mouvement abolitionniste, pas plus progressistes sur la question des femmes que le reste de la soci&#233;t&#233;, n'&#233;taient pas pr&#234;ts &#224; ce que cela change. Par l'action politique et par leur confrontation avec le sexisme dans le mouvement abolitionniste, les femmes prennent conscience de leur oppression dans la soci&#233;t&#233; et entament la lutte pour leurs droits. Un mouvement dans le mouvement est en train de na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un combat peut en forger un autre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le mouvement pour le droit des femmes nait de l'exp&#233;rience des femmes dans le mouvement abolitionniste, d'abord contre le sexisme au sein du mouvement puis pour la conqu&#234;te des droits des femmes. Emp&#234;ch&#233;es d'intervenir en public par les hommes du mouvement, prises &#224; partie par les racistes dans les meetings et dans la rue, les femmes, qui se sont endurcies par ces confrontations, prennent conscience de leur oppression et se servent des armes qu'elles ont acquises dans le mouvement abolitionniste pour la combattre. Elles ont acquis l'exp&#233;rience de l'organisation, des r&#233;unions, de la prise de parole et de l'activit&#233;. Leur formation est autant th&#233;orique que militante. Le mouvement abolitionniste a form&#233; plusieurs dirigeantes qui vont devenir des portes parole efficaces du mouvement pour le droit des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un seul mot d'ordre&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#233;galit&#233; des droits&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les femmes mettent en relation, d&#232;s le d&#233;but, le combat contre l'esclavage et celui pour leurs droits. La revendication est la m&#234;me&#160;: l'acc&#232;s aux droits politiques et &#233;conomiques. La strat&#233;gie est l'unit&#233; des opprim&#233;s, sans priorit&#233; d'un groupe sur un autre. Pour une des dirigeantes du mouvement&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;tant qu'ils n'obtiendront pas leurs droits, nous n'aurons pas les n&#244;tres&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le mouvement pour les droits des femmes re&#231;oit, d&#232;s le d&#233;but, l'hostilit&#233; des hommes blancs et le soutien des Noirs, donnant naissance &#224; un vaste mouvement pour l'&#233;galit&#233; des droits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De l'importance des bases politiques et sociales d'un mouvement&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, des limites existent dans le mouvement abolitionniste. Celles-ci vont finalement d&#233;terminer la nature du mouvement pour les droits des femmes. Elles sont de trois ordres. La premi&#232;re, le sexisme, est &#224; l'origine de l'&#233;mergence du mouvement des femmes. Les deux autres, par contre, vont conduire tant &#224; l'&#233;clatement du mouvement abolitionniste qu'&#224; la transformation de mots d'ordres du mouvement des femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Premier obstacle&#160;: le racisme. En effet, le mouvement pour l'abolition de l'esclavage n'a pas d&#233;velopp&#233; de conscience antiraciste et, le mouvement pour le droit des femmes ne l'a pas significativement d&#233;pass&#233; sur cette question. Les femmes Noires du mouvement abolitionniste ne sont pas associ&#233;es au mouvement des femmes. Pourtant, bien qu'on essaye de les emp&#234;cher de parler aux meetings f&#233;ministes et de participer aux clubs de femmes, les femmes noires s'emparent du mouvement et s'en trouvent, parfois, &#224; la pointe, combattant avec autant de virulence le sexisme des hommes et le racisme des femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le deuxi&#232;me obstacle a &#233;t&#233; la nature bourgeoise du mouvement pour les droits des femmes. Alors que les ouvri&#232;res &#233;taient &#224; la t&#234;te du mouvement ouvrier am&#233;ricain et luttaient activement &#224; cette p&#233;riode, les dirigeantes du mouvement pour les droits des femmes les ont ignor&#233;es. Cela s'est r&#233;v&#233;l&#233; lors de la premi&#232;re Convention des droits des femmes, &#224; Seneca Falls en 1848&#160;: aucune femme noire et une seule femme ouvri&#232;re &#233;tait pr&#233;sente. L'essentiel des discussions a, alors, port&#233; sur la question du mariage (ce qui correspondait principalement aux pr&#233;occupations des femmes ais&#233;es). De cette conf&#233;rence, rien n'est ressorti sur la condition des femmes ouvri&#232;res et des femmes Noires. Le mot d'ordre principal de la d&#233;claration finale de la Convention est le droit de vote pour les femmes. C'est autour de cette revendication que le mouvement pour les droits des femmes va, apr&#232;s, se d&#233;chirer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Installation du capitalisme&#160;: fausse victoire et mise en concurrence des opprim&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La guerre de S&#233;cession qui &#233;clate en 1861 entre le Nord et le Sud autour de la question de l'abolition de l'esclavage mobilise le mouvement abolitionniste et le mouvement pour les droits des femmes qui demande l'&#233;mancipation des Noirs pour les int&#233;grer dans l'arm&#233;e de l'Union (du Nord). C'est la derni&#232;re fois que les femmes demandent l'&#233;galit&#233; des droits civiques et politiques tant pour les Noirs que pour les femmes&#160;: apr&#232;s la guerre, qui se termine en 1865 par la victoire du Nord capitaliste, des affrontements violents vont &#233;clater dans le mouvement pour l'&#233;galit&#233; des droits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On th&#233;orise alors dans le mouvement pour le droit des femmes que l'abolition de l'esclavage a donn&#233; aux Noirs l'&#233;galit&#233; &#233;conomique. Ils seraient donc, maintenant, au m&#234;me niveau que les femmes. Il ne manquerait, ainsi, qu'aux deux groupes l'acc&#232;s au pouvoir politique, c'est-&#224;-dire pour les dirigeants du mouvement des femmes et celui des Noirs&#160;: le droit de vote.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N&#233;anmoins, les classes dirigeantes ne semblent dispos&#233;es &#224; donner le droit de vote qu'&#224; un seul groupe. Effectivement, pour la bourgeoisie industrielle nordiste d&#233;fendue par le parti r&#233;publicain, le vote des Noirs, pr&#233;sents majoritairement dans le Sud, va assurer son h&#233;g&#233;monie politique sur les classes esclavagistes vaincues, alors que le vote des femmes ne lui apporterait aucun b&#233;n&#233;fice comparable. Au contraire, les femmes du Sud voteraient plus comme leur maris d&#233;mocrates et racistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand les id&#233;es de la classe dominante dominent le mouvement...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour les dirigeantes les plus influentes du mouvement pour les droits des femmes, la lutte des Noirs et la lutte des femmes ne sont plus compl&#233;mentaires mais oppos&#233;es&#160;: avec le droit de vote, les Noirs vont s'&#233;lever au niveau des blancs et entrer dans la cat&#233;gorie des oppresseurs. Plus que &#231;a, ils ne peuvent qu'&#234;tre pires que les blancs&#160;: ayant &#233;t&#233; dans la servitude pendant plusieurs si&#232;cles, une fois lib&#233;r&#233;s ils se retourneront contre les femmes. Pour une des dirigeantes du mouvement&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;il vaut mieux &#234;tre l'esclave d'un Blanc instruit que celle d'un Noir avili et inculte&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Pour le mouvement des femmes, le mot d'ordre est maintenant clair&#160;: priorit&#233; aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le racisme fonctionne et divise&#160;: mutation sociale et politique du mouvement des femmes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On assiste alors &#224; un rapprochement entre les dirigeantes du mouvement pour le droit des femmes comme Elizabeth Stanton et Susan B. Anthony avec des politiciens d&#233;mocrates sudistes extr&#234;mement racistes qui d&#233;fendent la priorit&#233; du vote de femmes sur celui des Noirs, afin d'&#233;quilibrer les quatre millions de voix noires par autant de voix femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'abolition de l'esclavage n'a absolument pas apport&#233; l'&#233;galit&#233; &#233;conomique aux Noirs et ils sont plus que jamais confront&#233;s aux violences racistes. Frederic Douglass, ancien esclave &#233;chapp&#233;, leader abolitionniste et fervent supporter du mouvement des femmes d&#232;s sa naissance, estime que les Noirs sont engag&#233;s dans une guerre de lib&#233;ration, luttant pour leur survie au quotidien car subissant une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;oppression qui diff&#232;re dans son intensit&#233; et sa brutalit&#233; de celles des bourgeoises blanches&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;: elles, ne risquent pas la mort tous les jours. Pour les Noirs, le droit de vote est, au-del&#224; de l'&#233;galit&#233; politique, une question de survie. Frances Harper, une po&#233;tesse noire, dit &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;quand il est question de race, la question de sexe passe au second plan&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les dirigeantes noires du mouvement pour le droit des femmes sont alors claires&#160;: le vote des Noirs est la priorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Finalement, le mouvement pour les droits des femmes scissionne&#160;: les dirigeantes blanches capitulent face au racisme et les Noires sont &#233;cart&#233;es au profit des blanches racistes du Sud. Le mouvement des femmes se divise alors en trois groupes distincts&#160;: les bourgeoises blanches, les ouvri&#232;res et les femmes noires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un mouvement maintenant organis&#233; par et pour la bourgeoisie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la scission, le mouvement des femmes ne semble &#234;tre repr&#233;sent&#233; que par les femmes blanches issues des milieux ais&#233;s car c'est le seul &#224; &#234;tre organis&#233; sur la base sp&#233;cifique de la conqu&#234;te des droits des femmes. La base sociale bourgeoise de ce mouvement d&#233;termine la politique qu'il va mener dans les ann&#233;es qui suivent, une politique en opposition avec ses principes originels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sa position sur le droit de vote va &#234;tre encore plus tranch&#233;e. Le droit de vote non seulement ne doit pas &#234;tre accord&#233; aux Noirs, mais il ne doit pas l'&#234;tre non plus aux immigr&#233;s et aux blancs pauvres et illettr&#233;s. Les dirigeantes th&#233;orisent que le vote doit &#234;tre l'apanage des femmes et hommes blancs et instruits. Le mouvement pour le droit des femmes prend, maintenant, clairement une position de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_85 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L316xH450/Ain_t_I_a_woman-dec7d.jpg' width='316' height='450' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;Par sa composition de classe, le mouvement organis&#233; pour les droits des femmes a failli &#224; ses objectifs et est devenu un relais de l'id&#233;ologie dominante raciste et sexiste&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Imp&#233;rialisme et renforcement du racisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1890, il ach&#232;ve son parcours. Pendant cette p&#233;riode, deux ph&#233;nom&#232;nes li&#233;s apparaissent&#160;: l'imp&#233;rialisme et l'eug&#233;nisme. C'est &#224; cette p&#233;riode que les &#201;tats-Unis m&#232;nent des guerres expansionnistes aux Philippines, Hawa&#239;, Cuba et Porto Rico. Les suffragettes am&#233;ricaines saluent ces conqu&#234;tes comme des avanc&#233;es pour les droits des femmes de ces pays. En m&#234;me temps, les th&#233;ories eug&#233;nistes sur la puret&#233; de la race se d&#233;veloppent dans les milieux bourgeois qui prennent peur face &#224; l'&#233;mancipation des Noirs et &#224; l'afflux important d'immigr&#233;s pauvres venus d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fin du combat contre le sexisme&#160;: un mouvement au service de la barbarie capitaliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les prises de position pour la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;sauvegarde de la race blanche&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; impr&#232;gnent alors le mouvement pour le droit des femmes qui finit par les d&#233;fendre, malgr&#233; le sexisme &#233;vident de la th&#233;orie qui consid&#232;re les femmes comme les gardiennes de la race en tant que reproductrices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la m&#234;me lign&#233;e, le mouvement pour le contr&#244;le des naissances, une des premi&#232;res revendications des mouvements pour les droits des femmes, se r&#233;v&#232;lent &#234;tre &#224; double tranchant. Ce qui va devenir un droit pour les femmes blanches des milieux ais&#233;s sera un devoir pour les femmes pauvres, surtout noires et immigr&#233;es. Les campagnes de st&#233;rilisation forc&#233;e, volet g&#233;nocidaire de l'eug&#233;nisme, sont soutenues par le mouvement, laissant les femmes noires et immigr&#233;es seules pour combattre pour le droit des femmes de disposer de leur corps, c'est-&#224;-dire avoir le choix d'avorter ou d'enfanter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; partir de ce moment, le mouvement des femmes n'est plus que le relais de l'id&#233;ologie dominante et prend une position-cl&#233; dans la vague de violence contre les Noirs. Apr&#232;s l'&#233;mancipation, les Noirs revendiquent l'&#233;galit&#233; &#233;conomique et leur situation sociale n'est pas si loin des blancs pauvres. Pour emp&#234;cher toute solidarit&#233; de classe et an&#233;antir la vell&#233;it&#233; des Noirs &#224; contester leur situation, la classe dirigeante d&#233;cha&#238;ne les violences racistes et les lynchages, &#224; l'aide du mythe du Noir violeur de blanches. Les femmes noires, premi&#232;res victimes de violences sexuelles, principalement du fait d'hommes blancs, ne sont pas soutenues par le mouvement des femmes qui l&#233;gitime directement ou indirectement les violences contre les Noirs. Il y a en fait une continuit&#233; entre les violences sexuelles contre les femmes noires et les violences physiques contre les hommes noirs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au final, par sa composition de classe, le mouvement organis&#233; pour les droits des femmes a failli &#224; ses objectifs et est devenu un relais de l'id&#233;ologie dominante raciste et sexiste. La conqu&#234;te de l'&#233;mancipation politique des femmes est venue d'ailleurs&#160;: des femmes noires et du mouvement ouvrier au sein duquel les femmes ont eu un r&#244;le central.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'importance des femmes dans les luttes ouvri&#232;res aux &#201;tats-Unis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re industrie qui se d&#233;veloppe aux &#201;tats-Unis est l'industrie textile. Les premiers ouvriers sont des ouvri&#232;res. Dans les ann&#233;es 1830, une grande vague de gr&#232;ves secoue l'industrie textile du Nord-Est et regroupe exclusivement des femmes. Dans les gr&#232;ves de masse des ann&#233;es 1840, elles jouent un r&#244;le central. Pour Angela Davis&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;elles lutt&#232;rent avec tant d'ardeur que les ann&#233;es 1840 virent l'arriv&#233;e des femmes &#224; la t&#234;te du mouvement ouvrier des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien que repr&#233;sentant une partie importante de la classe ouvri&#232;re, et comptant parmi ses &#233;l&#233;ments les plus actifs, les femmes se voient refuser l'entr&#233;e dans les syndicats ouvriers naissant dans les ann&#233;es 1870. Seules les syndicats des manufactures de tabac et ceux des typographes leur sont ouverts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au d&#233;but, les partis ouvriers ne prennent pas en compte la question de l'oppression des femmes. C'est &#224; partir des ann&#233;es 1900, avec la diffusion des id&#233;es socialistes et le d&#233;veloppement du mouvement pour les droits des femmes que les partis ouvriers prennent conscience de cette oppression et de la n&#233;cessit&#233; de la combattre. Le Parti Socialiste et le syndicat &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IWW&lt;/span&gt; (les travailleurs industriels du monde), cherchent alors &#224; recruter massivement des femmes et &#224; les former pour qu'elles deviennent dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le droit de vote&#160;: de l'importance des ouvri&#232;res dans les luttes des femmes aux &#201;tats-Unis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Entre 1868 et 1870, certaines dirigeantes suffragettes am&#233;ricaines avaient soutenu et organis&#233; les femmes ouvri&#232;res. Cependant, la s&#233;paration entre ces deux &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;mondes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;tait apparue lorsque ces dirigeantes f&#233;ministes avaient th&#233;oris&#233; que les ouvri&#232;res devaient pouvoir briser les gr&#232;ves quand les hommes d&#233;brayaient car elles consid&#233;raient que l'exploitation des travailleurs n'&#233;tait rien compar&#233;e &#224; l'oppression des femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que leurs combats pour de meilleures conditions de travail aurait d&#251; servir de mod&#232;le au mouvement pour les droits des femmes naissant dans les ann&#233;es 1840, celui-ci a pr&#233;f&#233;r&#233; ignorer les ouvri&#232;res en ne portant que les aspirations des femmes de milieux ais&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, les ouvri&#232;res n'avaient pas jug&#233; n&#233;cessaire de se mobiliser pour le droit de vote lorsque cette revendication avait &#233;merg&#233; dans le mouvement pour les droits des femmes, car il leur apparaissait comme beaucoup trop abstrait. Elles pensaient, alors, que le droit de vote ne changerait, fondamentalement, rien &#224; leur vie car il ne modifiait pas la condition de leur p&#232;re, fr&#232;res ou mari qui en b&#233;n&#233;ficiaient. Par contre, elles &#233;taient alors engag&#233;es dans des luttes pour la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats (salaires, temps et conditions de travail, etc).&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;Pour Angela Davis, les ouvri&#232;res noires disposent des meilleures ressources pour f&#233;d&#233;rer et entrainer l'ensemble des opprim&#233;s et des exploit&#233;s dans une bataille victorieuse contre le syst&#232;me&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Identifi&#233; par les socialistes comme une arme suppl&#233;mentaire dans le rapport de force avec la classe dirigeante, le combat pour droit de vote a recommenc&#233; &#224; partir de 1909 dans le prolongement d'une grande gr&#232;ve ouvri&#232;re. Par la suite, cette bataille a repos&#233;, en grande partie sur la mobilisation des ouvri&#232;res, sous l'influence des socialistes avec le soutien des femmes noires, de leur mari et de leurs fr&#232;res. En redonnant son sens premier au combat pour l'&#233;mancipation et en construisant une mobilisation de masse, capable de tenir t&#234;te &#224; la classe dirigeante, les femmes ouvri&#232;res, blanches et noires (sur les huit millions d'ouvri&#232;res industrielles de l'&#233;poque, deux millions sont Noires) sont parvenues &#224; briser l'h&#233;g&#233;monie des femmes bourgeoises sur le mouvement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes socialistes ont ainsi r&#233;ussi &#224; relancer une dynamique dans le mouvement pour les droits des femmes, alors profond&#233;ment vici&#233;, en y impliquant les ouvri&#232;res qui avaient une riche exp&#233;rience de lutte. Ce droit est ainsi gagn&#233; en 1920 (retard&#233; par la Premi&#232;re Guerre mondiale) gr&#226;ce au basculement du centre de gravit&#233; du combat des femmes bourgeoises vers les ouvri&#232;res et les Noirs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; partir de cet exemple historique, Angela Davis d&#233;montre, dans le m&#234;me temps, la centralit&#233; des mouvements pour la d&#233;fense ou la conqu&#234;te de droits politiques pour rassembler dans la lutte, au-del&#224; des clivages de races ou de sexes, et la n&#233;cessit&#233; qu'ils soient port&#233;s, structur&#233;s et organis&#233;s par la classe ouvri&#232;re pour &#234;tre victorieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_86 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH376/1935_-_conseil_economique_des_femmes-07327.jpg' width='500' height='376' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les femmes Noires&#160;: l'&#233;l&#233;ment cl&#233; de la lutte pour l'&#233;mancipation de toutes et tous aux &#201;tats-unis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le social et politique des femmes noires a &#233;t&#233; important d&#232;s l'&#233;poque esclavagiste. Subissant une r&#233;pression sup&#233;rieure &#224; celle des hommes (&#233;galit&#233; dans les supplices physiques auxquels s'ajoutaient les s&#233;vices sexuels), elles faisaient largement partie de la r&#233;sistance des esclaves. Tr&#232;s actives, notamment dans les r&#233;seaux d'&#233;coles secr&#232;tes, elles ont utilis&#233; cette exp&#233;rience apr&#232;s l'abolition de l'esclavage. Avec l'appui d'instituteurs et d'institutrices venus du Nord (malgr&#233; le racisme et la r&#233;pression), elles ont d&#233;velopp&#233; le syst&#232;me scolaire pour les Noirs dans le Sud consid&#233;rant le savoir comme point de d&#233;part de la lutte pour la lib&#233;ration de leur peuple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le Sud d'apr&#232;s guerre, les Noirs et, en premier lieu les femmes, subissaient les contre-coups de l'&#233;mancipation. N'&#233;tant plus la propri&#233;t&#233; de personne, ils furent la cible de violences de masse (viols, lynchages, pendaisons, etc.) qui avaient pour but de les maintenir dans un &#233;tat de soumission. C'est en r&#233;action &#224; ces violences que des femmes noires, issues de la petite bourgeoisie naissante du Nord, se sont organis&#233;es en clubs, sur le mod&#232;le des clubs de femmes blanches dont elles &#233;taient exclues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les bourgeoises blanches ne pouvaient pas comprendre spontan&#233;ment l'alliance n&#233;cessaire entre elles, les Noirs et l'ensemble de la classe ouvri&#232;re pour imposer leurs revendications. &#192; l'inverse, du fait du racisme qu'elles subissaient, les bases revendicatives des femmes noires des clubs &#233;taient n&#233;cessairement plus larges. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;W.E.B.&lt;/span&gt; DuBois, intellectuel communiste afro-am&#233;ricain, souligna alors le r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant des femmes noires dans la lutte du peuple noir en disant d'elles qu'elles devenaient &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'&#233;lite intellectuelle de la race&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &#192; la diff&#233;rence des clubs de blanches, ceux des femmes noires &#233;taient tourn&#233;s vers l'ensemble de la communaut&#233; et se voulaient la direction intellectuelle de la lutte de lib&#233;ration des Noirs. Menant une lutte importante contre les lynchages des hommes noirs, elles faisaient le lien avec les viols de femmes noires, consid&#233;rant ces deux &#233;l&#233;ments comme deux faces d'une m&#234;me violence du syst&#232;me raciste contre le peuple Noir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ne profitant que faiblement des avantages que leur offrait leur position sociale dans un syst&#232;me de s&#233;gr&#233;gation raciale et conscientes du caract&#232;re exceptionnel de leur position sociale, les femmes noires des clubs se sentaient plus proches des ouvri&#232;res noires que des bourgeoises racistes. De plus, ne consid&#233;rant pas leur combat comme un passe-temps, mais bien comme une n&#233;cessit&#233; pour leur propre survie, elles ne pouvaient faire l'&#233;conomie de la construction d'un rapport de force quantitatif et non, uniquement, un travail de lobby id&#233;ologique. Ces derni&#232;res, s'associaient donc aux ouvri&#232;res noires organis&#233;es dans des syndicats noirs totalement mixtes (contrairement &#224; leurs homologues blancs) lorsqu'elles en avaient l'occasion. Se pensant comme une direction politique pour la conqu&#234;te des droits de leur peuple (cette attitude menant parfois &#224; un certain &#233;litisme), leur d&#233;marche &#233;tait globalement teint&#233;e d'un esprit politique rassembleur, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#160;pour l'&#233;mancipation de tous et toutes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Cela s'est traduit, notamment, par une adresse syst&#233;matique aux femmes blanches pour obtenir leur implication dans les batailles, notamment sur la question des lynchages. Ainsi, elles reprenaient une des meilleures pratiques du mouvement des femmes &#224; son origine&#160;: la recherche de l'unit&#233; dans la lutte. Le potentiel rassembleur et offensif des femmes Noires contre le syst&#232;me se r&#233;v&#232;le dans l'exp&#233;rience du mouvement des clubs de femmes noires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais Angela Davis va plus loin et ne veut pas se contenter de souligner un potentiel. Domin&#233;es &#233;conomiquement, victimes du racisme et du sexisme de la soci&#233;t&#233;, mais autant impliqu&#233;es dans la lutte contre l'esclavage et le racisme que leur p&#232;res, leurs fr&#232;res ou leur maris, les ouvri&#232;res noires am&#233;ricaines synth&#233;tisaient l'ensemble des rapports de domination&#160;: leurs combats &#233;taient porteurs de r&#233;ponses &#224; la fois aux diff&#233;rentes formes d'oppressions, mais aussi &#224; l'exploitation v&#233;cue par tous les travailleurs, sans consid&#233;ration de race ou de sexe. Le probl&#232;me identifi&#233; par Angela Davis est qu'elles n'ont pu &#234;tre le pivot central de la construction de ce mouvement, ne pouvant que le soutenir &#224; d&#233;faut d'avoir la capacit&#233; de le modeler et le structurer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, bien que massivement salari&#233;es, les femmes Noires &#233;taient maintenues &#224; l'&#233;cart de la production industrielle et ne pouvaient massivement s'organiser. La politique raciste se traduisait dans l'organisation du travail&#160;: les Noires ont longtemps occup&#233; des postes qui &#233;taient le prolongement capitaliste de ceux qu'occupaient leurs m&#232;res et grand-m&#232;res esclaves&#160;: elles &#233;taient domestiques (60%) et ouvri&#232;res agricoles (16%)... En 1940, seules 11% d'entre elles avaient acc&#232;s &#224; des emplois industriels qui les sortaient de leur condition ant&#233;rieure et leur donnaient la possibilit&#233; de s'organiser &#224; partir d'une implication dans le processus social de production. C'est pour cette raison que le dernier chapitre du livre est enti&#232;rement consacr&#233; &#224; une r&#233;flexion sur la socialisation du travail domestique, condition, selon Angela Davis, pour que les ouvri&#232;res Noires entrent massivement dans le processus social de production et puissent remplir leur r&#244;le historique. Pour Angela Davis, cela ne signifie pas que les ouvri&#232;res noires doivent combattre &#224; la place de tous les autres groupes mais qu'elles sont celles qui disposent des meilleures ressources pour f&#233;d&#233;rer et entrainer l'ensemble des opprim&#233;s et des exploit&#233;s dans une bataille victorieuse contre le syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_87 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L394xH529/power-and-equality-copy-500x750-4e1a9.jpg' width='394' height='529' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ni &#233;conomisme, ni id&#233;alisme&#160;: la dialectique du combat contre l'oppression&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Angela Davis, sans faire preuve d'une quelconque compassion pour la politique raciste d&#233;velopp&#233;e par le mouvement des femmes, souligne pourtant que l'exp&#233;rience de ce mouvement inspira directement l'organisation des femmes noires en club f&#233;minin et leur fa&#231;on de militer (meetings, structuration en f&#233;d&#233;ration, organisation de congr&#232;s, adoption de r&#233;solutions, etc.). La centralit&#233; des luttes politiques est ici soulign&#233;e par Angela Davis&#160;: &#224; travers une lutte politique (le combat abolitionniste), un groupe opprim&#233; (les femmes) acquiert les outils th&#233;oriques et militants pour comprendre son oppression sp&#233;cifique et &#233;tablir un plan d'action pour la combattre. Ainsi, d'un point de vue historique, chaque mouvement permet une avanc&#233;e et &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;on ne re-part jamais de z&#233;ro&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Cette r&#233;alit&#233; est essentielle mais, la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ne suffit pas...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, l'exp&#233;rience montre que le mouvement des femmes, dirig&#233; par des bourgeoises blanches, a pr&#233;f&#233;r&#233; mettre de c&#244;t&#233; ses revendications plut&#244;t que de risquer d'&#233;branler le syst&#232;me et la position sociale dominante qu'il leur offrait. En abdiquant rapidement face au racisme, celles-ci ont emp&#234;ch&#233; toute avanc&#233;e pour la cause des femmes&#160;: elles ont fait un choix politique de classe et non, une erreur tactique ou philosophique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Angela Davis montre ainsi l'importance de la composition sociale d'un mouvement et de sa direction pour d&#233;terminer, au-del&#224; de ses revendications, sa nature progressiste ou r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour elle, avoir une politique de classe, qui comprend la centralit&#233; du rapport d'exploitation dans la domination capitaliste ne signifie pourtant pas, m&#233;caniquement, r&#233;duire les luttes &#224; leur dimension &#233;conomique. En r&#233;alit&#233;, il s'agit de comprendre comment cette domination est rendue possible en divisant les forces capables de la d&#233;truire si elles s'unissaient pour construire un rapport de force quantitatif et qualitatif contre cette domination. L'oppression raciste touchait indiff&#233;remment les deux sexes, et les ouvri&#232;res des deux races &#233;taient li&#233;es &#224; leur mari par l'exploitation de classe&#160;: le point de rassemblement &#233;tait l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, du fait de son caract&#232;re de classe, le racisme &#233;tait le probl&#232;me-cl&#233;, celui autour duquel l'ensemble des rapports de domination capitalistes s'articulaient mais, &#233;galement, celui qui permettait de cr&#233;er une dynamique de luttes capables d'&#233;branler le syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ayant divis&#233;, d&#233;truit et subverti le mouvement pour les droits des femmes, il permettait &#233;galement tant de renforcer l'exploitation de tous les travailleurs et travailleuses (au moyen de salaires et de conditions de travail d&#233;plorables et pr&#233;caires pour les Noirs) que de neutraliser ou diviser leurs forces dans le combat contre la bourgeoisie (le racisme irriguait profond&#233;ment le mouvement ouvrier comme en t&#233;moigne l'existence de syndicats Noirs et de syndicat blancs s&#233;par&#233;s). Ainsi, le combat anti-raciste, men&#233; par la petite bourgeoisie noire remettait potentiellement en cause le syst&#232;me d'exploitation et, du m&#234;me coup, l'ensemble des rapports d'oppression. Cependant, &#224; travers les exemples historiques et leur g&#233;n&#233;alogie, on comprend que ce mouvement ne pouvait devenir une arme efficiente, qu'en &#233;tant fa&#231;onn&#233;, dirig&#233; et organis&#233; par et pour la classe ouvri&#232;re, et notamment par les femmes noires, en tant que groupe social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette vision dialectique, rejetant &#224; la fois l'&#233;conomisme et l'id&#233;alisme est vivante et sans concession. C'est ce qui donne cette force &#224; ce livre encore trop peu lu dans lequel Angela Davis nous pr&#233;sente une troisi&#232;me voie, &#224; partir d'une m&#233;thodologie marxiste, pour &#233;laborer une strat&#233;gie v&#233;ritablement anticapitaliste de lutte contre l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le livre d'Angela Davis est une formidable contribution pour ceux qui luttent, aujourd'hui, contre toutes les formes d'oppression. &#192; travers une d&#233;marche historiographique, Angela Davis exhume des &#233;v&#233;nements, des &#233;pisodes et des d&#233;bats syst&#233;matiquement oubli&#233;s de l'histoire politique et militante des &#201;tats-Unis du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et du d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&#160;: mouvement des femmes, mouvement abolitionniste et mouvement Noir sont au c&#339;ur de son travail. Pour elle, cette histoire est constitutive de celle du mouvement ouvrier am&#233;ricain&#160;: la conna&#238;tre et s'y confronter est essentiel pour comprendre les racines des difficult&#233;s auxquelles il fit, fait et fera face. C'est &#233;galement, selon elle, une condition n&#233;cessaire pour identifier les points d'appui de tout mouvement d'&#233;mancipation &#224; l'avenir et pour &#233;viter de reproduire les erreurs commises par le pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son livre, &#233;crit en 1980, joue ainsi le r&#244;le d'un bilan politique de tous les grands mouvements qui ont &#233;branl&#233; le pouvoir dans les ann&#233;es 50-70 aux &#201;tats-Unis, notamment le mouvement pour les droits civiques et le mouvement pour les droits des femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Angela Davis nous propose une vision strat&#233;gique originale, celle d'une femme, profond&#233;ment communiste, et irr&#233;ductiblement Noire qui refuse de consid&#233;rer ces diff&#233;rents &#233;l&#233;ments, constitutifs de son identit&#233;, comme &#233;tant diff&#233;renci&#233;s ou en concurrence les uns avec les autres. Elle en r&#233;alise une synth&#232;se politique, dynamique et dialectique, alimentant et stimulant tant la r&#233;flexion th&#233;orique sur les rapports d'oppression que les d&#233;bats pratiques et militants sur la fa&#231;on de les combattre de mani&#232;re efficace. Si elle y met &#233;galement en question le patriarcat et le r&#244;le de la famille (&#224; travers l'analyse de la famille esclave) ou la place des t&#226;ches domestiques sous le capitalisme, cet article s'attachera &#224; pr&#233;senter le c&#339;ur de l'analyse propos&#233;e par Angela Davis&#160;: l'articulation essentielle des diff&#233;rentes formes d'oppression avec le rapport d'exploitation. Pour le reste, nous vous invitons &#224; lire l'ensemble de cette &#339;uvre, v&#233;ritable outil th&#233;orique et militant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>K comme Kollonta&#239;</title>
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		<dc:date>2009-11-05T10:22:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chanie Rosenberg</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le succ&#232;s de la R&#233;volution Russe de 1917 a permis aux id&#233;es radicales de lib&#233;ration des femmes qui avaient germ&#233; dans la p&#233;riode pr&#233;-r&#233;volutionnaire de se d&#233;velopper, et d'&#234;tre largement d&#233;battues et incorpor&#233;es concr&#232;tement au monde r&#233;el.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une r&#233;volution renverse toutes les notions pr&#233;con&#231;ues. Lorsque le profit dirigeait l'ancienne soci&#233;t&#233;, il supprimait les besoins et les d&#233;sirs des masses dont il &#233;tait extrait. Ce sont ces m&#234;mes besoins et ces m&#234;mes d&#233;sirs qui devaient devenir la force motrice de la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/archives" rel="directory"&gt;Archives&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Feminisme" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L101xH150/arton164-5dd8b.jpg&#034; width='101' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le succ&#232;s de la R&#233;volution Russe de 1917 a permis aux id&#233;es radicales de lib&#233;ration des femmes qui avaient germ&#233; dans la p&#233;riode pr&#233;-r&#233;volutionnaire de se d&#233;velopper, et d'&#234;tre largement d&#233;battues et incorpor&#233;es concr&#232;tement au monde r&#233;el.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une r&#233;volution renverse toutes les notions pr&#233;con&#231;ues. Lorsque le profit dirigeait l'ancienne soci&#233;t&#233;, il supprimait les besoins et les d&#233;sirs des masses dont il &#233;tait extrait. Ce sont ces m&#234;mes besoins et ces m&#234;mes d&#233;sirs qui devaient devenir la force motrice de la production dans la nouvelle soci&#233;t&#233; socialiste, &#224; la fois satisfaisant les exigences mat&#233;rielles et, de fa&#231;on plus fondamentale, nourrissant la personnalit&#233; des &#234;tres humains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme disait le dirigeant r&#233;volutionnaire russe L&#233;on Trotsky, la r&#233;alisation supr&#234;me de la r&#233;volution a &#233;t&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'&#233;veil de la personnalit&#233; humaine dans les masses - qui sont cens&#233;es ne poss&#233;der aucune personnalit&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'ensuit naturellement que dans toutes les r&#233;volutions il y a eu une mont&#233;e ph&#233;nom&#233;nale des luttes et de la conscience des femmes travailleuses. Les femmes ont lutt&#233; &#224; la fois avec et en solidarit&#233; avec leurs camarades en armes, les travailleurs r&#233;volutionnaires, et aussi pour leur propre lib&#233;ration de leur double fardeau de travailleuses et de m&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela a amen&#233; les dirigeants r&#233;volutionnaires &#224; reconna&#238;tre que des grands changements sociaux sont impossibles sans un soul&#232;vement des femmes travailleuses. En fait, comme le faisait remarquer L&#233;nine, l'aune &#224; laquelle se mesure la r&#233;ussite d'une r&#233;volution est le degr&#233; auquel les femmes y participent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La combattante la plus importante et la plus hardie de l'&#233;mancipation des femmes &#233;tait sans conteste Alexandra Kollonta&#239;. N&#233;e en 1872 dans une famille aristocratique, elle devint marxiste active en 1896, et rejoignit les bolcheviks en 1915.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec un certain nombre d'autres femmes bolcheviques, elle devint une combattante de premier plan pour la lib&#233;ration des femmes de la classe ouvri&#232;re de leur double fardeau. Elle rejetait dans les termes les plus fermes toute alliance avec les f&#233;ministes bourgeoises, qui &#233;taient engag&#233;es dans une lutte d&#233;risoire avec ceux qu'elles consid&#233;raient comme leurs ennemis communs, &#034;les hommes&#034;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Kollonta&#239; argumentait en faveur de l'organisation des travailleuses &#034;sur de strictes lignes de classe&#034; dans les syndicats et dans le mouvement socialiste. Son attitude se basait sur une vision mat&#233;rialiste des buts de la lutte des classes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle proclamait que la lutte de classe des hommes et des femmes, ensemble, a pour r&#233;sultat &#224; la fois d'arracher des r&#233;formes en faveur des femmes et de rapprocher l'&#233;mancipation finale des femmes par la r&#233;volution socialiste. C'est cette m&#234;me lutte des classes qui pousse les f&#233;ministes bourgeoises qui se battent pour 'l&#233;galit&#233; des droits' &#224; se diff&#233;rencier de plus en plus des femmes travailleuses pour pr&#233;server leur situation privil&#233;gi&#233;e. Cette argumentation est brillamment d&#233;velopp&#233;e dans &lt;i&gt;La base sociale de la question f&#233;minine&lt;/i&gt;, qu'elle &#233;crivit en 1909.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle s'engageait dans toutes les causes qu'elle soutenait avec passion, &#233;nergie et une d&#233;termination &#224; les pousser au bout de leurs possibilit&#233;s. Elle &#233;tait de cette fa&#231;on en phase avec la lutte r&#233;volutionnaire montante pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, la r&#233;volution de f&#233;vrier 1917 et la r&#233;volution socialiste d'Octobre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Kollonta&#239; faisait partie &#224; cette &#233;poque des dirigeants bolcheviks les plus populaires et fut nomm&#233;e commissaire aux affaires sociales. Cela lui permit de superviser une des l&#233;gislations sociales les plus avanc&#233;es du monde&#160;: &#233;galit&#233; des droits dans le mariage, simplification du divorce, contraception et avortement sur simple demande, mise en place de cr&#232;ches, de lieux de vie communs bien &#233;quip&#233;s et de centres de restaurants, laveries, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La s&#233;paration de la cuisine du mariage&#034;, et le soin collectif des enfants en tant qu'obligation sociale &#233;taient les principes directeurs de la r&#233;volution - une r&#233;alisation remarquable pour le pays le plus arri&#233;r&#233; d'Europe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les nouvelles id&#233;es et les nouvelles pratiques &#233;taient r&#233;pandues par l'interm&#233;diaire de Conf&#233;rences de D&#233;l&#233;gu&#233;es des Femmes Paysannes et Ouvri&#232;res, model&#233;es sur les soviets, et sous l'&#233;gide d'un D&#233;partement F&#233;minin sp&#233;cial du Parti bolchevik, que Kollonta&#239; dirigea en 1920-21.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle &#233;crivit aussi abondamment sur les travailleuses et la nouvelle morale, le mariage, la famille, les relations personnelles et la prostitution, avec toujours des avis d&#233;taill&#233;s et en encourageant les femmes travailleuses &#224; briser leurs cha&#238;nes. Par ailleurs, elle produisit quantit&#233; d'&#233;crits sur d'autres sujets politiques, ainsi que deux romans. Mais ce qui la fit le plus remarquer &#233;tait son attitude envers les rapports sexuels, qu'elle consid&#233;rait dans le d&#233;tail, avec une profondeur de sentiment que personne n'avait atteint auparavant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les autres r&#233;volutions, par-dessus tout celle d'Allemagne, &#233;chou&#232;rent, et la Russie sovi&#233;tique fut submerg&#233;e par la guerre civile et l'invasion &#233;trang&#232;re. L'industrie fut d&#233;vast&#233;e, la classe ouvri&#232;re d&#233;cim&#233;e et les villes d&#233;peupl&#233;es par la guerre et la famine - les beaux espoirs de construction du socialisme et de lib&#233;ration des femmes ne purent &#234;tre atteints.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le mot compromis ne faisait pas partie du vocabulaire de Kollonta&#239;. De m&#234;me qu'elle avait &#233;t&#233; port&#233;e par la vague r&#233;volutionnaire montante, elle fut d&#233;sar&#231;onn&#233;e par l'&#233;chec des autres r&#233;volutions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son opposition r&#233;solue aux retraites politiques et &#233;conomiques la mit sur la touche et elle finit dans un poste diplomatique en Norv&#232;ge. Elle passa le reste de sa vie dans des postes d'ambassadrice &#224; l'&#233;tranger, presque enti&#232;rement silencieuse sur les horreurs du stalinisme et ce qu'elles signifiaient pour les femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les id&#233;aux &#233;lev&#233;s de Kollonta&#239; furent bris&#233;s par l'&#233;chec de la r&#233;volution au dehors et par l'arri&#233;ration extr&#234;me de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; russes. De telle sorte que, comme beaucoup des premiers communistes, son heure n'&#233;tait pas encore venue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Kollonta&#239; s'effor&#231;a de lib&#233;rer les femmes des cha&#238;nes du capitalisme, pour qu'elles croissent et s'&#233;panouissent spirituellement, se remodelant elles-m&#234;mes dans une morale nouvelle d'&#233;galit&#233; et de libert&#233; totale. Ses efforts, aussi bien th&#233;oriques que pratiques, constituent un rep&#232;re pour l'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.socialistreview.org.uk/article.php?articlenumber=10352" class="spip_out"&gt;Traduction de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;K is for Kollonta&#239;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Socialist Review, Avril 2008, Traduction&#160;: &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JM&lt;/span&gt; Guerlin&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/kollontai/index.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Quelques textes&lt;/a&gt; d'Alexandra Kollonta&#239; sur marxists.org.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Autonomie du Mouvement Social et Rapports Sociaux</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/Autonomie-du-Mouvement-Social-et</link>
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		<dc:date>2009-10-07T08:23:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis-Marie Barnier</dc:creator>


		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parti</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'autonomie du mouvement social est un d&#233;bat aussi ancien que le mouvement ouvrier. Il porte sur l'intervention des mouvements r&#233;volutionnaires en son sein. Il avait &#233;t&#233; au centre du congr&#232;s d'Amiens d&#233;battant d'une motion qui deviendrait une &#171;&#160;charte&#160;&#187; en 1906. Plus r&#233;cemment, l avait fait l'objet d'une d&#233;claration, sign&#233;e notamment par plusieurs militants de la LCR en 1999. Le mouvement des femmes a d&#251; aussi approfondir cette question. Le texte que je pr&#233;sente ici a donc une port&#233;e de r&#233;appropriation de ces (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Syndicalisme" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Feminisme" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'autonomie du mouvement social est un d&#233;bat aussi ancien que le mouvement ouvrier. Il porte sur l'intervention des mouvements r&#233;volutionnaires en son sein. Il avait &#233;t&#233; au centre du congr&#232;s d'Amiens d&#233;battant d'une motion qui deviendrait une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;charte&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en 1906&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir le texte de la Charte d'Amiens dans Critique Communiste N&#176;&#160;178 de (...)' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus r&#233;cemment, l avait fait l'objet d'une d&#233;claration, sign&#233;e notamment par plusieurs militants de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; en 1999. Le mouvement des femmes a d&#251; aussi approfondir cette question. Le texte que je pr&#233;sente ici a donc une port&#233;e de r&#233;appropriation de ces d&#233;bats. Mais la relation entre parti et mouvements sociaux m&#233;rite d'&#234;tre sans cesse r&#233;fl&#233;chie, car elle est au c&#339;ur de notre projet d'&#233;mancipation par les travailleurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois arguments sont traditionnellement mis en avant dans notre courant pour pr&#233;server l'autonomie des mouvements sociaux&#160;: ces mouvements posent des questions politiques avec une perception propre que nous devons int&#233;grer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la dimension &#233;mancipatrice de ces combats sp&#233;cifiques ne peut &#234;tre inf&#233;od&#233;e &#224; la strat&#233;gie de partis&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la r&#233;volution ne r&#233;soudra pas ces oppressions sp&#233;cifiques (m&#234;me si les conditions mat&#233;rielles permettent de les d&#233;passer). Nous nous proposons de reprendre ce d&#233;bat ici, &#224; partir de l'hypoth&#232;se que cette autonomie est essentielle pour notre projet r&#233;volutionnaire, parce que les sch&#233;mas d'&#233;mancipation que nous d&#233;fendons reposent sur la prise en charge par les opprim&#233;s eux-m&#234;mes de la lutte contre leur oppression. Un approfondissement th&#233;orique, tr&#232;s limit&#233;, visera alors &#224; montrer que c'est au sein des rapports sociaux, et donc au sein m&#234;me de leur refus collectif, que s'&#233;laborent les outils/bases pour d&#233;passer les oppressions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Petit historique de la question&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le centenaire de la Charte d'Amiens a &#233;t&#233; l'occasion pour le mouvement ouvrier de se r&#233;approprier les d&#233;bats qui avaient abouti &#224; ce texte fondateur du syndicalisme fran&#231;ais. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Cette conception syndicaliste r&#233;volutionnaire s'accompagne d'une m&#233;fiance totale &#224; l'&#233;gard du &#8216;politique'&#160;: les partis, les institutions, les &#233;lus ne sont pas, eux, des ouvriers. Ils cherchent des compromis en permanence, ils n'iront jamais jusqu'au bout&#8230; C'est la raison pour laquelle &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;autonomie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est synonyme d'orientation radicale anticapitaliste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-2' class='spip_note' rel='footnote' title='H&#233;l&#232;ne Adam, &#171;&#160;Actualit&#233; de la Charte d'Amiens&#160;&#187;, Critique Communiste N&#176;&#160;182, (...)' id='nh6-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour le courant anarcho-syndicaliste, l'ind&#233;pendance institutionnelle permettrait, contrairement au parti &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;qui compte avec le pouvoir&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Un des d&#233;fenseurs de la Charte d'Amiens en 1906, cit&#233; par H. Adam, (...)' id='nh6-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de poser le changement radical de la soci&#233;t&#233;. Se situant dans la continuit&#233; politique de la Charte d'Amiens, l'appel de 1999 pour une autonomie du mouvement social montre une m&#233;fiance vis-&#224;-vis des m&#233;canismes institutionnels&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;D&#233;gag&#233; des pr&#233;occupations de gestion du syst&#232;me et des institutions, le mouvement social pourra s'immiscer dans le d&#233;bat et imposer d'autres choix&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le mouvement social serait &#224; m&#234;me de d&#233;fricher de nouveaux terrains, de nouvelles formes de radicalisation, enrichissant la d&#233;marche collective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, le mouvement des femmes a &#233;t&#233; l'occasion d'approfondir cette question. Le mouvement f&#233;ministe qui a &#233;merg&#233; en 1970 s'est heurt&#233; &#224; des mouvements de femmes inf&#233;od&#233;s &#224; des partis comme l'Union des femmes fran&#231;aises qui &#233;tait totalement d&#233;pendante du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; mais n'&#233;tait pas f&#233;ministe (m&#234;me si cette union l'a &#233;t&#233; quelques mois apr&#232;s la Lib&#233;ration)&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le mouvement f&#233;ministe (mais aussi le mouvement homo) a par ailleurs contest&#233; l'id&#233;e pr&#233;sente dans la gauche et l'extr&#234;me gauche au lendemain de 1968 suivant laquelle il y aurait une contradiction principale opposant les classes, les autres contradictions &#233;tant secondaires et pouvant &#234;tre r&#233;gl&#233;es par la r&#233;volution. Confront&#233; &#224; une conception du f&#233;minisme qui inf&#233;odait la lutte des femmes &#224; celle des classes, ou bien qui inf&#233;odait le mouvement lui-m&#234;me au parti et &#224; ses objectifs, le mouvement a pos&#233; l'autonomie comme une exigence&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Par ind&#233;pendant ou autonome, nous voulons dire que le mouvement est organis&#233; et dirig&#233; par des femmes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'il consid&#232;re la lutte pour le droit des femmes comme une priorit&#233; absolue et qu'il refuse de subordonner cette lutte &#224; d'autres int&#233;r&#234;ts&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'il n'est subordonn&#233; aux d&#233;cisions ou &#224; l'orientation d'aucune tendance politique ni d'aucun groupe social&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'il est d&#233;cid&#233; &#224; mener jusqu'au bout la lutte par tous les moyens et avec toutes les forces qui se r&#233;v&#232;leront n&#233;cessaires&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-4' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171;&#160;L'oppression des femmes&#160;&#187;, Contribution du secr&#233;tariat femme de la LCR, in (...)' id='nh6-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais cette lutte doit &#234;tre reli&#233;e &#224; la lutte de classe&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;seule une convergence entre les objectifs f&#233;ministes et la lutte pour une transformation radicale de la soci&#233;t&#233; permettra le rassemblement des forces n&#233;cessaires pour atteindre les buts des femmes.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Plus r&#233;cemment, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, dans son manifeste, r&#233;affirme cet approche&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Seule une lutte consciente contre la domination masculine peut la faire reculer, voire l'&#233;radiquer. Les femmes, les premi&#232;res concern&#233;es, doivent s'organiser pour cr&#233;er un rapport de forces&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Manifeste de la LCR, 2004, p. 58.' id='nh6-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceci a pu conduire &#224; th&#233;oriser la n&#233;cessit&#233; d'une organisation non mixte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Marie-Th&#233;r&#232;se Patry, &#171;&#160;SUD-CRC-Sant&#233;-Sociaux&#160;&#187;, Actes des rencontres (...)' id='nh6-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Soulignons aussi, ce que le mouvement f&#233;ministe ne cesse de mettre en avant, que les diff&#233;rentes oppressions trouvent aussi des expressions au sein m&#234;me des partis. Ceci impose de ne pas confier &#224; ce m&#234;me parti la seule responsabilit&#233; de la lutte contre ces oppressions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ces deux approches, le mouvement social repose sur des sp&#233;cificit&#233;s&#160;: il est mouvement, donc action, mobilisation collective&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est social, donc portant sur des questions de la vie sociale, il se situe en dehors des institutions. Ces approches sont motiv&#233;es par une perception &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pr&#233;datrice&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des partis politiques qui expliquent notamment ces positionnements. Mais si nous sommes d'accord avec les syndicalistes r&#233;volutionnaires pour ne pas limiter la lutte des syndicats &#224; la d&#233;fense des revendications imm&#233;diates comme le souhaitent les r&#233;formistes, puisque l'id&#233;e qu'il faut transformer la soci&#233;t&#233; et sa logique traverse ces diff&#233;rents mouvements, nous ne sommes pas d'accord pour inscrire les syndicats ou les associations dans un programme complet, ce qui conduirait &#224; les minoriser. Nous proposons de reprendre ce d&#233;bat actuel du r&#244;le des partis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Appr&#233;hender les mouvements sociaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux abordent une oppression sp&#233;cifique et organisent la r&#233;sistance &#224; partir d'une r&#233;action collective contre cette oppression. Les mouvements d'handicap&#233;s, par exemple, les mouvements pour le logement, le mouvement f&#233;ministe, mais aussi, dans une certaine mesure, le mouvement syndical, sont autant de mobilisations collectives contre des aspects particuli&#232;rement injustes de la soci&#233;t&#233;. Un mouvement social est l'expression d'une lutte collective, dans la dur&#233;e, &#233;manant d'un groupe social. Mais il interroge toute la soci&#233;t&#233;&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;un mouvement est &#8216;social' quand il a interpell&#233; toute &#8216;la soci&#233;t&#233;', &#224; la fois ses membres, ses structures et ses choix&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Xavier Dunezat, &#171;&#160;Presse et mouvement social sexu&#233;, in Hommes et femmes dans (...)' id='nh6-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette multiplicit&#233; des engagements est li&#233;e &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la multiplicit&#233; des rapports de domination qui interf&#232;rent dans l'&#233;mergence des rapports sociaux&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Josette Trat, Introduction, &#171;&#160;Hommes et femmes dans le mouvement social&#160;&#187;, (...)' id='nh6-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Notre projet r&#233;volutionnaire int&#232;gre le refus de toutes les oppressions. Notre intervention vise donc &#224; donner sens &#224; ces interventions forc&#233;ment partielles. Elle repose aussi sur l'id&#233;e que la prise en charge militante de la lutte par le maximum de personnes est le vecteur essentiel de la transformation sociale. Le manifeste de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; pose l'organisation des personnes comme le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;moteur de la transformation sociale&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Jamais un parti, m&#234;me r&#233;volutionnaire, ne doit se substituer &#224; un engagement conscient. (&#8230;) L'&#233;mancipation est l'affaire de ceux et celles qui luttent pour s'&#233;manciper, ou elle n'est pas. Seule une force mobilis&#233;e, organis&#233;e, prenant conscience de ses possibilit&#233;s et de ses responsabilit&#233;s peut y parvenir. Il souligne les possibilit&#233;s nouvelles, de force subversive pr&#233;cieuse dans des luttes autod&#233;velopp&#233;es selon des logiques propres, sans plan pr&#233;con&#231;u et g&#233;n&#233;ral, sans vis&#233;e du pouvoir&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Manifeste de la LCR, 2004.' id='nh6-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette vision impose de respecter les mouvements sociaux non seulement dans la d&#233;finition de leurs objectifs, mais aussi dans leur fonctionnement, dans le rythme de leur prise de conscience. C'est l'approche de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, qui propose d'int&#233;grer dans un projet commun les diff&#233;rentes mobilisations contre les oppressions, tout en respectant l'autonomie de chaque mouvement. Mais ce sens, celui d'une transformation radicale de la soci&#233;t&#233; et du renversement du capitalisme, ne peut &#234;tre vu comme &#233;manant d'une conscience ext&#233;rieure, donn&#233;e par la parti. Il doit &#234;tre, en partie, trouv&#233; par les acteurs eux-m&#234;mes dans le mouvement de leur lutte. C'est le m&#233;canisme de cette prise de conscience qu'il faut expliciter.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au c&#339;ur des oppressions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc reprendre le raisonnement &#224; partir de quelques consid&#233;rations th&#233;oriques. Nous proposons de partir de la notion de rapport social qui place au centre de l'analyse non pas les groupes sociaux, mais leur relation r&#233;ciproque, ainsi que l'objet m&#234;me de leur conflit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#234;tre humain est relation sociale. Mais ces relations ne sont pas simplement des liens sociaux, individuels, vus abstraitement. Ils s'inscrivent dans des rapports entre des groupes sociaux. Ces rapports sociaux peuvent &#234;tre &#233;gaux ou in&#233;galitaires (reposant alors sur des formes de domination sp&#233;cifiques), mais dans tous les cas ils sont centr&#233;s sur un objet, un enjeu qui leur donne sens et qui sont constitutifs des groupes sociaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Kergoat D. &#171;&#160;Division sexuelle du travail et rapports sociaux de sexe&#160;&#187;, in&#160;: (...)' id='nh6-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'objet du rapport social est d&#233;fini par la relation entre les deux groupes, cette d&#233;finition est l'objet m&#234;me de leur relation (comme le travail dans le rapport salarial). Cette notion permet de penser la soci&#233;t&#233; comme &#233;tant en m&#234;me temps, dialectiquement, lutte et unit&#233;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;unit&#233; dans/par/contre la lutte, et lutte dans/par/contre l'unit&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Roland Pfefferkorn, In&#233;galit&#233;s et rapports sociaux, rapports de classe, (...)' id='nh6-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De ces rapports sociaux, multiples, nous en identifions certains, notamment ceux qui sont les plus conflictuels tels que les rapports de race, de genre, entre jeunes et anciens. Ils se combinent dans le syst&#232;me capitaliste autour de rapports d'exploitations&#160;: on utilise les diff&#233;rentes formes de domination pour b&#226;tir un syst&#232;me o&#249; la femme immigr&#233;e, le jeune issu de banlieue se trouvent &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;naturellement&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dans la partie la plus exploit&#233;e du prol&#233;tariat, avec un travail d&#233;valoris&#233; du fait de celui qui le r&#233;alise. Le rapport social de sexe met au centre des enjeux la division du travail, avec un double syst&#232;me de s&#233;paration et de hi&#233;rarchisation des t&#226;ches, y compris des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-12' class='spip_note' rel='footnote' title='Entretien avec Josette Trat, Critique Communiste N&#176;183, mai 2007, pp. (...)' id='nh6-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De la m&#234;me fa&#231;on, les rapports de race structurent une r&#233;partition in&#233;galitaires des travaux, avec une valeur diff&#233;rente attribu&#233;e &#224; ces t&#226;ches, et donc aux personnes qui les font.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette approche permet de saisir le rapport de production comme un des rapports sociaux. Comme marxiste, nous lui donnons une place centrale dans l'affrontement de classe, tout en saisissant que de multiples autres formes d'oppressions c&#339;xistent. Le syst&#232;me capitaliste les transforme en un syst&#232;me, leur donne coh&#233;rence autour de l'exploitation capitaliste. A partir de ce rapport de production, deux sch&#233;mas d'&#233;mancipation c&#339;xistent, si l'on suit Antoine Artous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-13' class='spip_note' rel='footnote' title='Antoine Artous, Travail et &#233;mancipation sociale, Marx et le travail, (...)' id='nh6-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, trouvant racines dans les textes m&#234;mes de Marx. Soit l'&#233;mancipation se con&#231;oit &#224; partir du travail lui-m&#234;me, par une r&#233;appropriation de la finalit&#233; du travail, de son organisation, dans un cadre collectif (d'o&#249; la notion d'autogestion). Soit elle repose sur la r&#233;duction de la situation de subordination, par exemple en d&#233;fendant la r&#233;duction du temps de travail et l'&#233;mancipation par le temps libre. Les deux d&#233;marches ne sont certes pas contradictoires, mais la premi&#232;re nous int&#233;resse ici&#160;: elle exprime que c'est &#224; partir de sa situation d'exploit&#233;, et donc au c&#339;ur de son exploitation, que le prol&#233;tariat peut poser les conditions du d&#233;passement de celle-ci. La centralit&#233; de la classe ouvri&#232;re dans l'affrontement avec le capitalisme n'est pas seulement li&#233;e au r&#244;le &#233;conomique jou&#233; par le prol&#233;tariat dans le syst&#232;me capitaliste, qui lui permettrait de remettre en cause le fondement du capitalisme, l'exploitation &#233;conomique, mais parce que cette position &#233;conomique lui permet de penser des rapports de production qui ne soient plus des rapports d'exploitation. Cette position permet de repenser toute l'organisation de la soci&#233;t&#233; et des diff&#233;rents rapports sociaux qui recouvrent en partie et compl&#232;tent ces rapports d'exploitation. La classe ouvri&#232;re se construit comme sujet, &#224; partir d'autres syst&#232;mes de valeurs qu'elle &#233;labore au sein m&#234;me de la relation d'exploitation et de la coop&#233;ration qu'elle implique. Elle propose alors &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; un autre syst&#232;me social int&#233;grant le refus de toute oppression. Ceci suppose de reconna&#238;tre les autres formes d'oppression et de les int&#233;grer dans ce sch&#233;ma global d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le passage de la notion de rapport social &#224; l'objectif d'&#233;mancipation pourrait, &#224; partir de cet exemple de la production, s'&#233;noncer ainsi&#160;: les diff&#233;rents mouvements sociaux, &#224; partir d'une mobilisation contre des formes sp&#233;cifiques d'oppression, fournissent les moyens de d&#233;passer ces oppressions en utilisant contre elles ce qui fait leur c&#339;ur, l'objet du rapport social. Ici, pour la classe ouvri&#232;re, le travail&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l&#224;, pour l'oppression des femmes, la division sociale du travail&#8230; Les autres formes d'oppression, qui se conjuguent avec la premi&#232;re dans le syst&#232;me d'exploitation, fournissent elles aussi aux diff&#233;rents groupes opprim&#233;s les moyens de d&#233;passer leur situation, &#224; partir d'une lutte contre ce qui fait le c&#339;ur m&#234;me de leur oppression.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour conclure, partis et mouvements sociaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La construction du parti repose sur un triptyque int&#233;grant l'exp&#233;rience de l'histoire, le programme, et un certain rapport entre pratique et programme. Le dialogue entre les mouvements sociaux et le parti est aussi un &#233;change entre un projet de soci&#233;t&#233; et une action transformatrice, port&#233; simultan&#233;ment par les deux. Dans le d&#233;bat des ann&#233;es 1995, le mouvement social se pr&#233;tendait porteur de l'implantation dans les luttes sociales, ce qui lui permettait d'affirmer que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;seul le mouvement social a en quelque sorte la capacit&#233; de remplir cette double besogne&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-14' class='spip_note' rel='footnote' title='H&#233;l&#232;ne Adam, &#171;&#160;Actualit&#233; de la Charte d'Amiens&#160;&#187;, Critique Communiste N&#176;&#160;182, (...)' id='nh6-14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la d&#233;fense de revendications imm&#233;diates et le projet de transformation sociale. Un parti implant&#233; dans les luttes changerait ce qui appara&#238;t, finalement, comme une position conjoncturelle li&#233;e &#224; l'apr&#232;s-1995&#160;: une r&#233;surgence des luttes sociales sans force politique pour exprimer cette radicalit&#233;. Cette question de la relation entre mouvement social et parti est d&#233;terminante pour le mode de construction de ce nouveau parti que nous voulons, de son insertion dans une construction plus large du rapport de force, dans une approche non sectaire, mais aussi non manipulatrice des mouvements sociaux. La r&#233;ussite du projet passe aussi par ces remises en question permanentes, pour laquelle ce texte n'est qu'une contribution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb6-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le texte de la &lt;a href=&#034;http://quefaire.lautre.net/Voir le texte de la Charte d'Amiens dans Critique Communiste N&#176;&#160;178 de d&#233;cembre 2005.&#034; class='spip_out'&gt;Charte d'Amiens&lt;/a&gt; dans &lt;i&gt;Critique Communiste&lt;/i&gt; N&#176;&#160;178 de d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-2' class='spip_note' title='Notes 6-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H&#233;l&#232;ne Adam, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Actualit&#233; de la Charte d'Amiens&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Critique Communiste&lt;/i&gt; N&#176;&#160;182, f&#233;vrier 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-3' class='spip_note' title='Notes 6-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un des d&#233;fenseurs de la Charte d'Amiens en 1906, cit&#233; par H. Adam, &lt;i&gt;idem.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-4' class='spip_note' title='Notes 6-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'oppression des femmes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Contribution du secr&#233;tariat femme de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, in&#160;: &lt;a href=&#034;http://pagesperso-orange.fr/revuesocialisme/s8secretariat.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://pagesperso-orange.fr/revuesocialisme/s8secretariat.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-5' class='spip_note' title='Notes 6-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Manifeste de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, 2004, p. 58.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-6' class='spip_note' title='Notes 6-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marie-Th&#233;r&#232;se Patry, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SUD&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CRC&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;-Sant&#233;-Sociaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Actes des rencontres intersyndicales femmes&lt;/i&gt;, 1998, &lt;a href=&#034;http://www.penelopes.org/xarticle.php3?id_article=5285&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.penelopes.org/xarticle.php3?id_article=5285&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-7' class='spip_note' title='Notes 6-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Xavier Dunezat, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Presse et mouvement social sexu&#233;, in Hommes et femmes dans le mouvement social&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Cahiers du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GEDISST&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; N&#176;18, 1997, pp. 61-67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-8' class='spip_note' title='Notes 6-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Josette Trat, Introduction, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Hommes et femmes dans le mouvement social&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Cahiers du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GEDISST&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; N&#176;18, 1997, pp. 5-17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-9' class='spip_note' title='Notes 6-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Manifeste de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-10' class='spip_note' title='Notes 6-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kergoat D. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Division sexuelle du travail et rapports sociaux de sexe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in&#160;: &lt;i&gt;Dictionnaire critique du f&#233;minisme&lt;/i&gt;, Paris&#160;: &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PUF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-11' class='spip_note' title='Notes 6-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roland Pfefferkorn, &lt;i&gt;In&#233;galit&#233;s et rapports sociaux, rapports de classe, rapports de sexes&lt;/i&gt;, La Dispute, 2007, p.128.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-12' class='spip_note' title='Notes 6-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien avec Josette Trat, &lt;i&gt;Critique Communiste&lt;/i&gt; N&#176;183, mai 2007, pp. 119-128.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-13' class='spip_note' title='Notes 6-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Artous, &lt;i&gt;Travail et &#233;mancipation sociale, Marx et le travail&lt;/i&gt;, Syllepse, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-14' class='spip_note' title='Notes 6-14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H&#233;l&#232;ne Adam, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Actualit&#233; de la Charte d'Amiens&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Critique Communiste&lt;/i&gt; N&#176;&#160;182, f&#233;vrier 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les musulmans, la gauche et les f&#233;ministes auto-proclam&#233;s</title>
		<link>http://quefaire.lautre.net/Les-musulmans-la-gauche-et-les</link>
		<guid isPermaLink="true">http://quefaire.lautre.net/Les-musulmans-la-gauche-et-les</guid>
		<dc:date>2009-09-05T02:09:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nina Trige Andersen</dc:creator>


		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Toutes sortes de spectres sont apparues et r&#233;apparues dans la gauche danoise l'ann&#233;e o&#249; une femme musulmane a &#233;t&#233; &#233;lue comme candidate au parlement pour l'Alliance Rouge-Verte. En prenant son inspiration chez des penseuses f&#233;ministes actuelles comme dans les critiques de la religion par Marx et L&#233;nine, cet article est une interpr&#233;tation des conflits qui ont &#233;merg&#233; sur la question du socialisme et de la religion en g&#233;n&#233;ral, et sur celle de la gauche et de l'islam en particulier, ainsi que sur la question (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no10-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;10 - Janvier/mars 2009&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Religion" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Feminisme" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Toutes sortes de spectres sont apparues et r&#233;apparues dans la gauche danoise l'ann&#233;e o&#249; une femme musulmane a &#233;t&#233; &#233;lue comme candidate au parlement pour l'Alliance Rouge-Verte.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-1' class='spip_note' rel='footnote' title='L'Alliance Rouge-Verte (Enhedslisten) est une formation large de la gauche (...)' id='nh7-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; En prenant son inspiration chez des penseuses f&#233;ministes actuelles comme dans les critiques de la religion par Marx et L&#233;nine, cet article est une interpr&#233;tation des conflits qui ont &#233;merg&#233; sur la question du socialisme et de la religion en g&#233;n&#233;ral, et sur celle de la gauche et de l'islam en particulier, ainsi que sur la question des strat&#233;gies f&#233;ministes dans le d&#233;bat sur le foulard au Danemark en 2007-2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nina Trige Andersen fait partie de la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAP&lt;/span&gt; &#8211; la section danoise de la Quatri&#232;me Internationale, et milite au sein de l'Alliance Rouge-Verte, en premier lieu dans la commission Queer.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un vif d&#233;bat a &#233;t&#233; suscit&#233; &#224; la fois au sein de l'Alliance Rouge-Verte (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARV&lt;/span&gt;) comme dans la sph&#232;re publique par la candidature au parlement pour un parti de la gauche radicale d'une femme s'identifiant comme musulmane. Un d&#233;bat sur la religion, le f&#233;minisme, et les strat&#233;gies pour le socialisme &#8211; pour dire les choses gentiment. Quand la candidate, Asmaa Abdol-Hamid, n&#233;e palestinienne apatride, a &#233;t&#233; &#233;lue par l'assembl&#233;e nationale de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARV&lt;/span&gt;, tout le monde s'attendait &#224; des r&#233;actions clairement islamophobes, sexistes et racistes de la part des m&#233;dias bourgeois et des partis de droite. Mais nous n'avions pas tous pr&#233;vu &#224; quel point la m&#234;me dynamique allait frapper la candidate depuis l'int&#233;rieur du parti et de la gauche en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les multiculturalistes et les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;paniqueurs moraux&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat dans la sph&#232;re publique est d'un int&#233;r&#234;t moindre, car la plupart des gens de gauche peuvent probablement imaginer les attaques classiques de la bourgeoisie, de la gauche r&#233;formiste et des n&#233;o-fascistes &#8211; par cons&#233;quent seuls les d&#233;bats internes de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARV&lt;/span&gt; seront esquiss&#233;s dans cet article. Les diff&#233;rentes positions dans le d&#233;bat sur la question de savoir si oui ou non il &#233;tait appropri&#233; qu'un parti socialiste ait pour candidate une personne &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;visiblement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; religieuse peuvent &#234;tre divis&#233;es en deux cat&#233;gories principales&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les &lt;i&gt;multiculturalistes&lt;/i&gt;&#160;: C'est un projet progressiste en soi que La Femme Musulmane (traduction une personne identifi&#233;e comme femme, immigr&#233;e, portant un foulard) soit repr&#233;sent&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les &lt;i&gt;paniqueurs moraux&lt;/i&gt;&#160;: Le foulard est oppressif en soi, donc le fait qu'une femme portant un foulard repr&#233;sente l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARV&lt;/span&gt; envoie le signal que nous sommes pour le patriarcat (dans sa version sp&#233;cifique islamo-arabe).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La deuxi&#232;me cat&#233;gorie &#233;tait divis&#233;e en deux&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les ath&#233;es, qui utilisaient la version marxiste vulgaire de la citation &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la religion est l'opium du peuple&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les socialistes chr&#233;tiens qui croient que comme l'islam n'a pas connu une R&#233;forme et les Lumi&#232;res comme le christianisme, l'islam est toujours une religion fondamentaliste et r&#233;pressive, &#224; la diff&#233;rence du christianisme qui a une base ainsi qu'un potentiel progressiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces deux subdivisions semblent croire que le patriarcat, sous sa forme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;islamo-arabe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, est un ph&#233;nom&#232;ne distinct d'autres formes patriarcales&#160;: plus fort, plus pathologique et plus mal&#233;fique que le patriarcat en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce courant du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;f&#233;minisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; occidental, l'oppression des femmes &#8211; quand il s'agit de femmes &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;musulmanes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; est vue comme quelque chose qui provient d'abord de l'islam. La religion devient l'explication principale de l'oppression des femmes, quand on parle de l'islam et des femmes en relation avec l'islam. L'islam comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;religion&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; ou plus souvent l'islam comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;culture&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; est conceptualis&#233; comme ayant une essence sp&#233;cifique, immuable et profond&#233;ment r&#233;actionnaire de mani&#232;re plus radicale que d'autres religions ou &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;cultures&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Dans cette rh&#233;torique, la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;culture d&#233;mocratique occidentale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est souvent mise en valeur comme l'antipode de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;culture islamique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Autrement dit, les droits des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;femmes musulmanes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et ce que font les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;femmes musulmanes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de leur corps sont des marqueurs centraux des nouvelles formes d'identit&#233; et de g&#233;opolitique qui sont apparues dans la rh&#233;torique n&#233;oconservatrice du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;choc des civilisations&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Certains courants du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;f&#233;minisme occidental&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont influenc&#233;s par cette rh&#233;torique. Ce type de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;f&#233;minisme occidental&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; participe ainsi &#224; la production du langage et des structures du nouvel imp&#233;rialisme.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Cette analyse s'appuie sur les analyses f&#233;ministes critiques faites par des (...)' id='nh7-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;voilement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, le ph&#233;nom&#232;ne &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;religion&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; ou &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;une religion sp&#233;cifiquement mal&#233;fique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; - est vu comme une entit&#233; en soi avec un pouvoir en soi. Il s'ensuit que la religion engendre la pratique (sociale) &#8211; le contraire d'une compr&#233;hension marxiste, comme elle appara&#238;t par exemple dans l'introduction &#224; la &lt;i&gt;Contribution &#224; la critique de La philosophie du droit de Hegel&lt;/i&gt;. Ici la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;religion&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et la critique de la religion sont comprises en sens inverse&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le fondement de la critique irr&#233;ligieuse est celui-ci&#160;: L'homme fait la religion, ce n'est pas la religion qui fait l'homme. La religion est en r&#233;alit&#233; la l'homme qui, ou bien ne s'est pas encore trouv&#233;, ou bien s'est d&#233;j&#224; reperdu. Mais l'homme n'est pas un &#234;tre abstrait, ext&#233;rieur au monde r&#233;el. L'homme, c'est le monde de l'homme, l'&#201;tat, la soci&#233;t&#233;. Cet &#201;tat, cette soci&#233;t&#233; produisent la religion (...)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons &#224; ce que Marx et plus tard L&#233;nine avaient &#224; dire sur le socialisme et la religion vers la derni&#232;re partie de cet article.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un autre point int&#233;ressant dans les dynamiques de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARV&lt;/span&gt; est que &#8211; depuis les subdivisions des paniqueurs moraux, des ath&#233;es comme des chr&#233;tiens &#8211; les nouveaux convertis au &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;f&#233;minisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; semblaient sortir de terre comme des champignons&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tout &#224; coup tr&#232;s inquiets de savoir si la candidate &#233;tait elle-m&#234;me opprim&#233;e par le patriarcat islamique, ou si l'avoir comme repr&#233;sentante du parti signalait &#224; la population que l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARV&lt;/span&gt; approuvait le patriarcat islamique. Les paniqueurs moraux &#233;taient aussi fortement engag&#233;s dans le d&#233;voilement de ce que Asma Abdol-Hamid pensait r&#233;ellement des droits des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LGBT&lt;/span&gt;, alors qu'elle avait d&#233;clar&#233; qu'elle soutenait le programme politique de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARV&lt;/span&gt; &#8211; y compris la partie sur la lib&#233;ration de genre et la lib&#233;ration sexuelle. Ces soup&#231;ons &#233;taient souvent exprim&#233;s par des gens qui n'avaient jamais auparavant pris la peine de combattre le patriarcat ou l'homophobie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Seulement son genre et son foulard&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les multiculturalistes tout comme l'arm&#233;e qui s'est dress&#233;e contre l'islamo-patriarcat ont emp&#234;ch&#233; dans une large mesure un d&#233;bat sur la mani&#232;re dont le profil politique de cette candidate sp&#233;cifique pouvait &#234;tre utilis&#233; strat&#233;giquement dans une perspective socialiste. Asmaa Abdol-Hamid est jeune, c'est une femme, et elle est n&#233;e au Liban, fille de r&#233;fugi&#233;s palestiniens &#8211; il y a dans ces cat&#233;gories sociales un potentiel repr&#233;sentationnel &#233;vident. Elle travaille depuis des ann&#233;es comme conseill&#232;re sociale dans un des quartiers les plus pauvres du Danemark, a fait du travail de terrain avec de jeunes femmes migrantes dans son quartier, et du travail parlementaire pour l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARV&lt;/span&gt; dans sa municipalit&#233;. Toute cette exp&#233;rience politique et personnelle aurait pu &#234;tre mise en forme dans une campagne &#233;lectorale pour contrer l'islamophobie, le sexisme et le racisme et rendre visibles les formes de la soci&#233;t&#233; de classes au Danemark. Cette troisi&#232;me position dans l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARV&lt;/span&gt; qui n'a pas &#233;t&#233; mentionn&#233;e jusqu'ici est ce que nous pouvons appeler la position marxiste-f&#233;ministe, qui met en avant une analyse historiquement sp&#233;cifique. Une des raisons pour lesquelles cette position n'a pu ni r&#233;ussir, ni se rendre clairement visible, c'est la force avec positions mentionn&#233;es ci-dessus &#8211; et surtout&#160;: elles avaient le consensus public avec elles. Asmaa Abdol-Hamid n'a jamais &#233;t&#233; accept&#233;e ou trait&#233;e comme une figure politique. Elle &#233;tait son foulard et son genre, pour ses opposants &#8211; l'arm&#233;e contre le patriarcat islamo-arabe &#8211; comme pour ses soutiens multiculturalistes. Les deux tendances se sont unies paradoxalement dans leur obsession envers la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;religion&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;culture&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ainsi que les marqueurs et champs de bataille favoris&#160;: le corps et les signes corporels de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;femme musulmane&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le foulard est le foulard&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette courte pr&#233;sentation d'un cas sp&#233;cifique dans un contexte danois servira dans le cadre de cet article d'introduction &#224; la discussion de ce que l'on peut dire sur les rapports entre socialisme, religion et f&#233;minisme &#224; un niveau analytique plus g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'un point de vue f&#233;ministe et marxiste, il y a tout d'abord deux points importants &#224; avoir &#224; l'esprit&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre analyse doit toujours prendre son point de d&#233;part dans le contexte social/soci&#233;tal et historiquement sp&#233;cifique qu'il essaie de comprendre et dans lequel il se donne comme but d'agir politiquement. Les discours et les pratiques ne peuvent pas &#234;tre isol&#233;s du contexte dans lequel ils ont lieu. Cela veut dire par exemple, que porter un voile en Iran aujourd'hui ne veut pas n&#233;cessairement dire la m&#234;me chose que de porter un voile ou un foulard au Danemark aujourd'hui. Bri&#232;vement, en Iran ceux qui d&#233;tiennent le pouvoir punissent les femmes si elles ne portent pas le voile, au Danemark les femmes sont punies si elles le portent. Que l'on soit d'accord ou non avec l'utilisation du foulard comme forme de protestation politique contre la marginalisation et la pers&#233;cution des individus identifi&#233;s comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;arabes/musulmans&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, nous devons au moins analyser le port du foulard comme (aussi) une r&#233;action contre le racisme et la marginalisation, et non seulement comme un marqueur religieux ou culturel de l'oppression des femmes et de la s&#233;gr&#233;gation des genres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes ont toujours &#233;t&#233; jug&#233;es et trait&#233;es selon leur apparence. En tant que f&#233;ministe on doit pr&#234;ter une attention particuli&#232;re quand les corps des femmes et ce que les femmes font avec leur corps devient un champ de bataille &#8211; comme c'est le cas du foulard pour les islamistes r&#233;actionnaires et les imp&#233;rialistes occidentaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Neelam Hussein, de Simorgh, une organisation f&#233;ministe (et la&#239;que) bas&#233;e au Pakistan, formule ainsi les choses&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le voile est devenu un marqueur identitaire, m&#234;me au Pakistan. Mais surtout en Europe, o&#249; il y a l'exp&#233;rience du racisme, de la violence, et des pr&#233;jug&#233;s anti-musulmans, le voile n'est pas tellement une affirmation religieuse. Il est devenu un acte politique, et doit &#234;tre compris en tant que tel. Personnellement, je ne suis pas en faveur du voile, mais je d&#233;fendrai tout de m&#234;me le droit d'une femme de porter une mini-jupe ou des talons hauts si elle le veut, et de porter le voile, si elle le veut. Il faut consid&#233;rer les choses de mani&#232;re plus adulte qu'une r&#233;action imm&#233;diate. Mais en tant que f&#233;ministe, je ne peux pas forcer une femme &#224; sortir de chez elle ou &#224; enlever le voile, simplement parce que je ne suis pas d'accord. Il faut qu'elle soit convaincue de sa propre lib&#233;ration.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Pakistansk feminist&#160;: stop med at bel&#230;re os, Dagbladet Information, 25 (...)' id='nh7-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La prostitu&#233;e et la femme voil&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En observant les r&#233;actions venues &#224; la fois de la droite et de l'int&#233;rieur de la gauche envers Asmaa Abdol-Hamid pendant les &#233;lections, il &#233;tait frappant de voir les similitudes entre la fa&#231;on dont on parle des femmes qui portent un foulard et des femmes qui travaillent dans l'industrie du sexe, souvent appel&#233;es prostitu&#233;es&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Elles&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont opprim&#233;es &#224; cause de ce qu'elles font ou de ce qu'elles laissent les autres faire avec leurs corps, elles ne savent pas ce qu'elles disent, ou elles essaient peut-&#234;tre de se prot&#233;ger, elles ne savent pas ce qui est bon pour elles, mais &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nous&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; savons ce qui est bon pour elles, et nous allons donc d&#233;cider de comment elles peuvent &#234;tre lib&#233;r&#233;es. En m&#234;me temps, avec cette approche, les femmes qui portent un foulard, comme pour les femmes dans l'industrie du sexe, sont encore plus marginalis&#233;es &#8211; non seulement parce qu'on leur d&#233;nie leur propre droit &#224; la parole, mais de par la fa&#231;on dont s'organise la soci&#233;t&#233; (la r&#233;gulation des espaces publics, l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation, l'acc&#232;s &#224; certains secteurs du march&#233; du travail, l'acc&#232;s aux droits civiques et &#224; la s&#233;curit&#233; sociale, etc.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Citons encore Neelam Hussein&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Si vous voulez vraiment d&#233;fier le patriarcat, vous devez reconna&#238;tre le fondamentalisme et l'oppression sous toutes ces formes, pas seulement au sein de l'islam. En tant que f&#233;ministe, il est important de toujours se souvenir d'un point central&#160;: soyez critiques envers toutes les id&#233;es, m&#234;me les v&#244;tres. Mais c'est difficile si vous vous &#234;tes convaincus que d'autres personnes ne peuvent pas penser pour elles-m&#234;mes.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Idem.' id='nh7-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Spectres coloniaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, la notion selon laquelle les droits des femmes et la lib&#233;ration sexuelle sont des ph&#233;nom&#232;nes &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;occidentaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est brandie &#224; la fois par les fondamentalistes islamiques et par les n&#233;oconservateurs et les n&#233;olib&#233;raux occidentaux &#8211; ainsi que par beaucoup de f&#233;ministes autoproclam&#233;es &#224; gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vivienne Wee, professeure au d&#233;partement d'Etudes Asiatiques et Internationales &#224; l'Universit&#233; de la ville de Hong Kong, a exprim&#233; cette id&#233;e ainsi, dans sa critique du livre &lt;i&gt;Great Ancestors &#8211; Women Asserting Rights in Muslim Contexts&lt;/i&gt;&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il existe une croyance tr&#232;s r&#233;pandue dans les soci&#233;t&#233;s post-coloniales selon laquelle toutes les valeurs progressistes, comme les droits humains, les droits des femmes, la justice sociale ou le d&#233;veloppement durable, nous ont &#233;t&#233; transmises comme une partie du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;fardeau de l'homme blanc&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui &#233;tait de nous civiliser. Du coup, ces valeurs tendent &#224; &#234;tre connues comme des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;valeurs occidentales&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme si avant la colonisation europ&#233;enne, il n'y avait pas eu de notion indig&#232;ne de la justice ou des droits dans les soci&#233;t&#233;s qui ont &#233;t&#233; colonis&#233;es. En fait, nous devrions nous rendre compte que ce mythe a &#233;t&#233; construit pr&#233;cis&#233;ment pour l&#233;gitimer la pr&#233;sence coloniale comme un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;processus civilisateur&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. (...) Ce type de discours provient d'un processus d' &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;alt&#233;risation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui d&#233;peint l'Autre non-occidental en termes de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;despotisme oriental&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou d'une autre forme de barbarie duquel les femmes non-occidentales doivent &#234;tre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sauv&#233;es&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il y a une grande ironie &#224; ce que des nationalistes post-coloniaux souscrivent &#224; pr&#233;sent &#224; ce mythe colonial et s'identifient &#224; des personnes qui ne donnent aucune valeur aux droits des femmes.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Extrait d'une critique sur le site Internet de l'AWID - Association pour le (...)' id='nh7-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sherene Razack, une professeure de sociologie bas&#233;e &#224; Toronto, n&#233;e &#224; Trinidad dans une famille d'origine indienne musulmane, pointe aussi le danger du spectre du colonialisme et de l'imp&#233;rialisme dans le d&#233;bat sur la lib&#233;ration des femmes musulmanes&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le genre est devenu le marqueur d&#233;cisif, qui s&#233;pare les civilis&#233;s des non-civilis&#233;s, ceux qui m&#233;ritent, et ceux qui ne m&#233;ritent pas. C'est pourquoi le f&#233;minisme et l'&#233;galit&#233; des genres deviennent tout &#224; coup de telles priorit&#233;s. La logique est que le manque d'&#233;galit&#233; des genres dans les communaut&#233;s musulmanes l&#233;gitime la violence occidentale et la rend n&#233;cessaire. La femme musulmane opprim&#233;e doit &#234;tre lib&#233;r&#233;e de l'homme musulman, dangereux et violent.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Atvarer mot rasisme i feminismens navn, interview sur le site Internet du (...)' id='nh7-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La religion est l'opium du peuple&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous allons maintenant nous tourner vers ce que Marx et L&#233;nine avaient &#224; dire sur la critique socialiste de la religion &#8211; en-dehors de la citation us&#233;e &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la religion est l'opium du peuple&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; que, parmi d'autres, la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;plate-forme ath&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARV&lt;/span&gt; a brandi avec rigueur durant le d&#233;bat sur la l&#233;gitimit&#233; de la candidature d'Asmaa Abdol-Hamid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme il a &#233;t&#233; mentionn&#233; plus haut, il est toujours utile de voir les choses dans le contexte o&#249; elles ont lieu, et la m&#234;me chose peut &#234;tre dite sur la citation &#224; propos de l'opium (tir&#233;e de l'introduction &#224; la Contribution &#224; la critique de La philosophie du droit de Hegel) qui dans sa totalit&#233; est&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La mis&#232;re religieuse est, d'une part, l'expression de la mis&#232;re r&#233;elle, et, d'autre part, la protestation contre la mis&#232;re r&#233;elle. La religion est le soupir de la cr&#233;ature accabl&#233;e par le malheur, l'&#226;me d'un monde sans c&#339;ur, de m&#234;me qu'elle est l'esprit d'une &#233;poque sans esprit. C'est l'opium du peuple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le v&#233;ritable bonheur du peuple exige que la religion soit supprim&#233;e en tant que bonheur illusoire du peuple. Exiger qu'il soit renonc&#233; aux illusions concernant notre propre situation, c'est exiger qu'il soit renonc&#233; a une situation qui a besoin d'illusions. La critique de la religion est donc, en germe, la critique de cette vall&#233;e de larmes, dont la religion est l'aur&#233;ole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En bref&#160;: le probl&#232;me n'est pas la religion en elle-m&#234;me, le probl&#232;me est l'&#233;tat du monde qui fait que les gens d&#233;sirent que la religion apaise leur souffrance &#8211; d'o&#249; la m&#233;taphore de l'opium.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine a d&#233;crit la relation entre la religion et l'organisation de la soci&#233;t&#233; ainsi dans son texte &lt;i&gt;Socialisme et Religion&lt;/i&gt;&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'oppression &#233;conomique qui p&#232;se sur les ouvriers, provoque et engendre in&#233;vitablement sous diverses formes l'oppression politique, l'abaissement social, l'abrutissement et la d&#233;gradation de la vie intellectuelle et morale des masses.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-7' class='spip_note' rel='footnote' id='nh7-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quand L&#233;nine &#233;crit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La foi en une vie meilleure dans l'au-del&#224; na&#238;t tout aussi in&#233;vitablement de l'impuissance des classes exploit&#233;es dans leur lutte contre les exploiteurs que la croyance aux dieux, aux diables, aux miracles na&#238;t de l'impuissance du sauvage dans sa lutte contre la nature.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ceci peut nous donner une indication sur la raison pour laquelle par exemple le fondamentalisme religieux est fort dans des ex-colonies, ou pourquoi certains migrants, qui n'&#233;taient pas tr&#232;s religieux dans leur pays natal, deviennent fondamentalistes en vivant dans une Europe raciste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur le terrain&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce que Marx a &#233;crit dans ses Th&#232;ses sur Feuerbach est un outil tr&#232;s utile pour d&#233;velopper des strat&#233;gies pour combattre l'oppression masqu&#233;e derri&#232;re la religion&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le fait, notamment, que la base temporelle se d&#233;tache d'elle-m&#234;me, et se fixe dans les nuages, constituant ainsi un royaume autonome, ne peut s'expliquer pr&#233;cis&#233;ment que par le d&#233;chirement et la contradiction internes de cette base temporelle. Il faut donc d'abord comprendre celle-ci dans sa contradiction pour la r&#233;volutionner ensuite pratiquement en supprimant la contradiction. Donc, une fois qu'on a d&#233;couvert, par exemple, que la famille terrestre est le secret de la famille c&#233;leste, c'est la premi&#232;re qu'il faut an&#233;antir sur le plan de la th&#233;orie et de la pratique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7-8' class='spip_note' rel='footnote' id='nh7-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour conclure, le combat pour la lib&#233;ration sexuelle et de genre, tout comme le combat pour le contr&#244;le populaire des moyens de production, ne se fait pas &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;dans les nuages&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, sur le champ de bataille abstrait du brouillard religieux. Le combat est sur terre. Et la notion quasi- religieuse &#8211; masqu&#233;e en critique de la religion &#8211; que la religion et les symboles religieux ont un pouvoir en eux-m&#234;mes &#8211; n'a pas plus les pieds sur terre que les fondamentalistes qu'elle pr&#233;tend combattre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tant que socialistes nous ne combattons pas pour qui que ce soit, nous organisons des gens pour qu'ils se battent pour eux-m&#234;mes. C'est aussi valable pour les femmes qui s'identifient comme musulmanes. En gardant cela &#224; l'esprit le risque de s'aligner sur des forces de droite, la&#239;ques ou religieuses, est au moins diminu&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb7-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-1' class='spip_note' title='Notes 7-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Alliance Rouge-Verte (Enhedslisten) est une formation large de la gauche radicale danoise, qui s'est form&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-2' class='spip_note' title='Notes 7-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette analyse s'appuie sur les analyses f&#233;ministes critiques faites par des f&#233;ministes telles que Nighat Said Khan (Pakistan), Sherene Razack (Canada), Gunilla Edemo (Su&#232;de) et Mette Buchardt (Danemark, ex&#160;: &lt;a href=&#034;http://www.modkraft.dk/spip.php?article5419&amp;var_recherche=religion&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.modkraft.dk/spip.php?article5419&amp;var_recherche=religion&lt;/a&gt; ).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-3' class='spip_note' title='Notes 7-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.information.dk/153724&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Pakistansk feminist&#160;: stop med at bel&#230;re os&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Dagbladet Information&lt;/i&gt;, 25&#160;janvier 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-4' class='spip_note' title='Notes 7-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-5' class='spip_note' title='Notes 7-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extrait d'une critique sur le site Internet de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AWID&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; - Association pour le droit des femmes et le d&#233;veloppement. Le r&#233;seau international de solidarit&#233; Femmes Sous Lois Musulmanes (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FSLM&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;) et le collectif de femmes bas&#233; &#224; Lahore Shirkat Gah (qui agit aussi comme bureau r&#233;gional de coordination de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FSLM&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; pour l'Asie) ont entrepris un travail pionnier de recherche historique. Leur but est de mettre en lumi&#232;re l'activisme pour les droits des femmes dans les soci&#233;t&#233;s musulmanes. &lt;a href=&#034;http://www.awid.org/eng/Issues-and-Analysis/Library/Great-Ancestors-Women-Asserting-Rights-in-Muslim-Contexts&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Critique du livre par Anissa Helie.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-6' class='spip_note' title='Notes 7-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://kilden.forskningsradet.no/c16880/artikkel/vis.html?tid=50007&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Atvarer mot rasisme i feminismens navn&lt;/a&gt;, interview sur le site Internet du centre norv&#233;gien de recherche sur le genre, Informasjonssenter for kj&#248;nnsforskning.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-7' class='spip_note' title='Notes 7-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.trotsky.org/francais/lenin/works/1905/12/vil19051203.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.trotsky.org/francais/lenin/works/1905/12/vil19051203.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7-8' class='spip_note' title='Notes 7-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450001.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450001.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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