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	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>Le taux de profit aujourd'hui</title>
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		<dc:date>2011-07-09T13:29:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvestre Jaffard</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>Exploitation</dc:subject>

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&lt;p&gt;Souvent on croit que les donn&#233;es &#233;conomiques sont des faits bruts, qu'il suffit de lire les chiffres. Mais on s'aper&#231;oit qu'on en est bien loin d&#232;s qu'on s'approche de pr&#232;s, et que les donn&#233;es pr&#233;sent&#233;es d&#233;pendent en fait d'une analyse pr&#233;alable. Le calcul du taux de profit est un bon exemple de cela.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;bats sur le taux de profit&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet les donn&#233;es qui sont disponibles ont tout une s&#233;rie de d&#233;fauts. Tout d'abord il est mat&#233;riellement tr&#232;s difficile de r&#233;unir toutes les donn&#233;es de toutes les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-no06-fevrier-avril-2011" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - n&#176;06 - F&#233;vrier/Avril 2011&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Crise" rel="tag"&gt;Crise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Exploitation" rel="tag"&gt;Exploitation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L109xH150/arton276-0a53d.jpg&#034; width='109' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Souvent on croit que les donn&#233;es &#233;conomiques sont des faits bruts, qu'il suffit de lire les chiffres. Mais on s'aper&#231;oit qu'on en est bien loin d&#232;s qu'on s'approche de pr&#232;s, et que les donn&#233;es pr&#233;sent&#233;es d&#233;pendent en fait d'une analyse pr&#233;alable. Le calcul du taux de profit est un bon exemple de cela.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les d&#233;bats sur le taux de profit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En effet les donn&#233;es qui sont disponibles ont tout une s&#233;rie de d&#233;fauts. Tout d'abord il est mat&#233;riellement tr&#232;s difficile de r&#233;unir toutes les donn&#233;es de toutes les entreprises. En France comme dans d'autres pays les donn&#233;es qui existent sont g&#233;n&#233;ralement issues de d&#233;clarations faites au fisc, mais les entreprises ont de bonnes raisons de minimiser ce qui constituent leur profit et de le faire passer dans d'autres cat&#233;gories. Pour les entreprises multinationales une m&#233;thode qui est apparue au grand jour r&#233;cemment consiste &#224; concentrer la d&#233;claration d'activit&#233;s en profit dans des pays &#224; faible fiscalit&#233;, et inversement &#224; pr&#233;tendre que les activit&#233;s qui s'op&#232;rent dans des pays &#224; forte fiscalit&#233; sont en d&#233;ficit. C'est ainsi que Total pr&#233;tend que ses activit&#233;s fran&#231;aises (essentiellement les raffineries) sont en perte pour ne pas payer un centime d'euro en France, alors que ses b&#233;n&#233;fices globaux sont de 8 milliards d'euros&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, il est &#233;videmment fallacieux de pr&#233;tendre que les salaires des dirigeants des grandes entreprises constituent uniquement le co&#251;t de leur force de travail, alors qu'ils en d&#233;cident eux-m&#234;mes le montant , et gagnent en moyenne 190 fois le smic.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Pourtant c'est bien dans la partie &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;salaires&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et non &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;b&#233;n&#233;fices&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; que vont ces sommes dans la comptabilit&#233; des entreprises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une deuxi&#232;me s&#233;rie de probl&#232;mes se pose quant &#224; la nature des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;profits financiers&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, c'est &#224; dire de la valorisation d'actifs dont on sait qu'ils sont sujet &#224; de forts mouvements sp&#233;culatifs, &#224; des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;bulles&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; susceptibles d'exploser d'un moment &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'autre. La place des entreprises financi&#232;res (ainsi que celle du secteur financier dans les entreprises non-financi&#232;res, par exemple l'activit&#233; de cr&#233;dit des constructeurs auto&#173;mobiles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171;&#160;Auto&#160;: les constructeurs jouent de plus en plus les banquiers&#160;&#187;, Les Echos, (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) a fortement augment&#233; ces derni&#232;res d&#233;cennies. C'est pourquoi un certain nombre d'&#233;conomistes marxistes pr&#233;f&#232;rent ne prendre en compte que le secteur non-financier &#8211; mais d'autres consid&#232;rent que le profit comprend &#233;galement le profit financier, ce qui est source de divergences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, une derni&#232;re difficult&#233; est le choix entre &#233;valuation du capital fixe engag&#233; par une entreprise &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;co&#251;t actuel&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (c'est &#224; dire le co&#251;t du remplacement de l'ensemble des machines, &#233;quipement, etc. dans l'ann&#233;e o&#249; sont r&#233;alis&#233;s les profits) ou &#224; co&#251;t historique (le co&#251;t au moment o&#249; ces &#233;quipements ont &#233;t&#233; acquis). La comptabilit&#233; courante des entreprises se base sur une &#233;valuation &#224; co&#251;t actuel, alors que les marxistes (et dans une certaine mesure les capitalistes eux-m&#234;mes) s'int&#233;ressent au co&#251;t histo&#173;rique, qui peut &#234;tre difficile &#224; reconstituer &#224; partir des donn&#233;es existantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous ces &#233;l&#233;ments expliquent la vigueur des pol&#233;miques qui ont eu lieu ces derni&#232;res ann&#233;es sur la question du taux de profit entre militants marxistes tant du point de vue th&#233;orique que du point de vue du constat empirique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Ont notamment contribu&#233; &#224; ce d&#233;bat Chris Harman, Andrew Kliman, Michel Husson, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On peut tout de m&#234;me d&#233;celer une tendance g&#233;n&#233;rale, r&#233;sum&#233;e par Chris Harman dans un de ses derniers articles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Le marxisme n'est pas toujours dogmatique,' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#160;: la plupart des &#233;conomistes marxistes ont d&#233;cel&#233; des taux de profits tr&#232;s &#233;lev&#233;s &#224; la fin des ann&#233;es 40/d&#233;but des ann&#233;es 50, puis, apr&#232;s la fin des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trente glorieuses&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; une baisse plus ou moins rapide et hach&#233;e jusque dans les ann&#233;es 70, suivi d'une remont&#233;e dans les ann&#233;es 80/90 notamment du fait d'un taux d'exploitation accru, mais cette remont&#233;e ne va pas jusqu'&#224; r&#233;tablir les taux de profit des ann&#233;es 50/60&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Andrew Kliman pense quant &#224; lui que cette remont&#233;e n'a en fait pas eu lieu. (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S'ensuit une fragilit&#233; du syst&#232;me, avec ses crises &#224; r&#233;p&#233;titions au cours des ann&#233;es 90 et 2000. La crise du syst&#232;me capitaliste qui a commenc&#233; en 2007/2008 a bien s&#251;r &#233;t&#233; accompagn&#233;e par une chute brutale du taux de profit, mais les plans de sauve&#173;tage gouvernementaux semblent avoir retard&#233; la suite de son impact, en permettant une reprise notable en 2010&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Les donn&#233;es sont encore parcellaires, mais on peut trouver un exemple pour (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La sp&#233;culation et ses effets&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La crise a d'abord &#233;t&#233; per&#231;ue par beaucoup comme une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;crise financi&#232;re&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; parce qu'elle a &#233;clat&#233; dans le domaine des pr&#234;ts immobiliers, o&#249; un haut degr&#233; de sp&#233;culation avait pris place. De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale la sp&#233;culation permet &lt;br class='autobr' /&gt;
de faire croire qu'il existe beaucoup plus de richesse dans le syst&#232;me qu'il n'y en &lt;br class='autobr' /&gt;
a en r&#233;alit&#233;&#160;: si je pense que les actions de l'entreprise X sont susceptibles de doubler de valeur cette ann&#233;e, je serais pr&#234;t &#224; les payer plus cher que ce qu'elles valaient hier. &#192; son tour le fait que je les ach&#232;te plus cher augmente leur valeur, &lt;br class='autobr' /&gt;
ce qui encourage d'autres acheteurs &#224; penser que l'action va monter, etc. Des m&#233;canismes amplifient encore ce ph&#233;no&#173;m&#232;ne, comme les produits d&#233;rivatifs, et peuvent amener &#224; la constitution de montagnes de milliards de dollars. Mais ces montagnes sont purement fictives&#160;: si un mouvement de vente du produit sp&#233;culatif s'enclenche il peut d&#233;clencher un effondrement cumulatif qui fait partir en fum&#233;e les milliards de dollars qui semblaient &#234;tre l&#224; auparavant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle du syst&#232;me entier, cela veut dire qu'une baisse effective du taux de profit peut &#234;tre masqu&#233;e par un envol des valeurs sp&#233;culatives &#8211; mais elle ne peut &#234;tre masqu&#233;e qu'un certain temps. Les &#233;pisodes sp&#233;culatifs n'ont pas lieu que dans la sph&#232;re financi&#232;re&#160;: on peut parfaitement sp&#233;culer sur une mati&#232;re premi&#232;re, ou sur des entreprises innovantes. C'est ce qui s'&#233;tait pass&#233; avec la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;bulle internet&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; au d&#233;but des ann&#233;es 2000. La bulle immobili&#232;re aux &#233;tats-Unis et plus largement le d&#233;veloppement du cr&#233;dit a cr&#233;&#233; une autre bulle, qui a commenc&#233; &#224; &#233;clater en 2008, mais les risques que cette catastrophe faisait courir au syst&#232;me dans son entier a amen&#233; les &#233;tats &#224; se porter garants et ont donc d&#233;plac&#233; la bulle plut&#244;t que de la laisser tout emporter sur son passage. Cependant la seule solution pour que le syst&#232;me puisse retrouver un taux de rentabilit&#233; quelque peu durable et solide serait pr&#233;cis&#233;ment une destruction massive de capital &#224; une &#233;chelle in&#233;dite, qui permettrait aux capitaux survivants d'absorber les autres et d'amener ainsi un nouveau stade de concentration du capital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_270 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L316xH500/zombie_capitalism-8fa97.jpg' width='316' height='500' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En quoi est-ce important&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de r&#233;sumer la crise &#224; l'effet m&#233;canique de la baisse du taux de profit et de pr&#233;voir son d&#233;roulement dans ses moindres d&#233;tails ni m&#234;me dans ses grandes lignes. Les marxistes ne sont pas des m&#233;t&#233;orologues qui d&#233;crivent des &#233;v&#233;nements ext&#233;rieurs sur lesquels la volont&#233; humaine n'a pas prise. Les d&#233;cisions politiques et les mouvements sociaux ont un impact sur le d&#233;roulement de la crise&#160;: actuellement c'est le transfert des risques financiers priv&#233;s aux &#233;tats qui domine l'actualit&#233;, et en contrecoup la tendance g&#233;n&#233;rale aux plans d'aust&#233;&#173;rit&#233; qui cherchent &#224; abaisser le co&#251;t de la main d'&#339;uvre et le niveau des d&#233;penses publiques. C'est donc au niveau de la politique et des ripostes sociales que l'on peut &#233;valuer quelles sont les suites possibles des &#233;v&#233;nements dans les mois et ann&#233;es &#224; venir, quelles formes nouvelles la crise peut prendre. Ce que la th&#233;orie de la baisse tendancielle du taux de profit nous permet de comprendre, c'est pourquoi cette crise n'est pas un simple accident de parcours pour le syst&#232;me, c'est &#224; quel point elle marque une &#233;tape durable dans son histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une analyse plus superficielle peut facilement mener &#224; la conclusion que le probl&#232;me se situe dans un syst&#232;me finan&#173;cier qu'il faut r&#233;former, ou qu'un rapport de forces diff&#233;rent entre les classes ou un r&#244;le accru de l'&#201;tat permettrait de retrouver une stabilit&#233;. Cette vision des choses doit logiquement avoir des cons&#233;quences dans les grandes options strat&#233;giques de notre camp. L'analyse de Marx montre que la nature m&#234;me du capitalisme, syst&#232;me d'accumulation pour l'accumulation, est de faire dominer le travailleur vivant par les moyens de production, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;travail mort&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de mettre les besoins de l'accumulation au-dessus des besoins de consommation, et ce faisant rend de plus en plus le monde &#173;&#173;&#173;prison&#173;nier du besoin d'accumulation future, en accumulant toujours plus de travail mort. Gonfl&#233; de tout ce travail mort, le capitalisme devient un genre de zombie, incapable d'&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;atteindre des buts humains et de r&#233;pondre &#224; des sentiments humains, mais capable de pouss&#233;es soudaines d'acti&#173;vit&#233; qui cause le chaos &#224; ses alentours.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Chris Harman, Zombie Capitalism.' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les moyens employ&#233;s pour r&#233;soudre les crises m&#232;nent &#224; la concentration plus forte du capital entre quelques mains, &#224; la fusion plus grande entre &#233;tats et Capi&#173;tal, et rendent plus difficile les restructurations n&#233;cessit&#233;es par la crise suivante. Vu sous cet angle la baisse tendancielle du taux de profit est la traduction concr&#232;te du caract&#232;re fondamentalement d&#233;s&#233;quilibr&#233;, aveugle du capitalisme. Un d&#233;s&#233;quilibre dont il n'est possible de sortir que dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la production se fait pour satisfaire les besoins humains et non pour accumuler toujours plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.challenges.fr/actualites/entreprises/20101220.CHA1464/1_groupe_du_cac_40_sur_4_ne_paye_pas_limpot_sur_les_soc.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.challenges.fr/actualites/entreprises/20101220.CHA1464/1_groupe_du_cac_40_sur_4_ne_paye_pas_limpot_sur_les_soc.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/12/14/en-2009-les-patrons-du-cac-40-ont-gagne-en-moyenne-190-fois-le-smic_1453479_3234.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/12/14/en-2009-les-patrons-du-cac-40-ont-gagne-en-moyenne-190-fois-le-smic_1453479_3234.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&#160;: les constructeurs jouent de plus en plus &lt;br class='autobr' /&gt;
les banquiers&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Les Echos, 15&#160;septembre 2010, &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.lesechos.fr/patrimoine/famille/020790610260.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.lesechos.fr/patrimoine/famille/020790610260.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ont notamment contribu&#233; &#224; ce d&#233;bat Chris Harman, Andrew Kliman, Michel Husson, Fran&#231;ois Chesnais, Louis Gill, Alain Bihr, et d'autres encore. On trouve une liste utile de ces textes sur &lt;a href=&#034;http://hussonet.free.fr/tprof.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://hussonet.free.fr/tprof.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le marxisme n'est pas toujours dogmatique&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://quefaire.lautre.net/archives/article/le-marxisme-n-est-pas-toujours&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow'&gt;http://quefaire.lautre.net/archives/article/le-marxisme-n-est-pas-toujours&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andrew Kliman pense quant &#224; lui que cette remont&#233;e n'a en fait pas eu lieu. Voir &lt;a href=&#034;http://www.isj.org.uk/index.php4?id=584&amp;issue=124&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.isj.org.uk/index.php4?id=584&amp;issue=124&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les donn&#233;es sont encore parcellaires, mais on peut trouver un exemple pour le Royaume-Uni sur &lt;a href=&#034;http://www.lowpay.gov.uk/lowpay/lowpay2009/chapter2.shtml&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.lowpay.gov.uk/lowpay/lowpay2009/chapter2.shtml&lt;/a&gt;. Aux &#201;tats-Unis (&lt;a href=&#034;http://www.newsweek.com/2010/08/31/ceo-crybabies.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.newsweek.com/2010/08/31/ceo-crybabies.html&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.nytimes.com/2010/11/24/business/economy/24econ.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.nytimes.com/2010/11/24/business/economy/24econ.html&lt;/a&gt;) et en France (&lt;a href=&#034;http://gesd.free.fr/cac40101.pdf&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://gesd.free.fr/cac40101.pdf&lt;/a&gt;) de bons r&#233;sultats, presque &#233;quivalents &#224; ceux d'avant la crise ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s pour le premier semestre 2010 pour les grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chris Harman, &lt;i&gt;Zombie Capitalism&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'est-ce que l'exploitation&#160;?</title>
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		<dc:date>2011-01-13T11:03:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Amy Leather</dc:creator>


		<dc:subject>Classes</dc:subject>
		<dc:subject>Exploitation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comment l'&#233;lite dirigeante peut-elle s'enrichir avec notre travail tout en nous payant ce qu'elle appelle un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;salaire &#233;quitable&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Amy Leather nous r&#233;sume la r&#233;ponse r&#233;volutionnaire que donnait Marx &#224; cette &#233;nigme.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/archives" rel="directory"&gt;Archives&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Classes" rel="tag"&gt;Classes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Exploitation" rel="tag"&gt;Exploitation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L106xH150/arton163-32731.png&#034; width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le terme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;exploitation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;voque des images de conditions de travail affreuses, des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sweatshops&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en Inde ou en Chine, ou le travail des enfants employ&#233;s par les fabricants de v&#234;tements occidentaux. Nous imaginons des gens trimant de l'aube au couchant, pour un salaire de mis&#232;re, sous la coupe de patrons brutaux et sans scrupules.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une telle &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;exploitation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; nous est pr&#233;sent&#233;e comme exceptionnelle - &#224; l'inverse de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;normalit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la vie au travail de la plupart des gens, en particulier dans des pays comme la Grande Bretagne et la France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Karl Marx avait une compr&#233;hension diff&#233;rente de l'exploitation. Loin d'&#234;tre exceptionnelle, expliquait-il, l'exploitation constitue un trait fondamental du capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Marx, l'exploitation ne se situait pas seulement au niveau du salaire ou des conditions de travail, elle constituait le processus m&#234;me par lequel le capitalisme retire un profit du travail que nous effectuons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour comprendre ce que Marx voulait dire par exploitation il nous faut commencer par son explication de l'origine du profit&#160;: la th&#233;orie de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;valeur-travail&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marx expliquait que le travail humain est la source de toute valeur. A l'&#233;poque, de nombreux &#233;conomistes partageaient cette vision. Mais Marx allait plus loin - il proclamait que la quantit&#233; de valeur cr&#233;&#233;e par les gens au travail &#233;tait plus grande que celle qu'ils recevaient en &#233;change sous forme de salaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par cons&#233;quent, le capitaliste vole aux travailleurs une partie de la valeur que leur travail a cr&#233;&#233;e. Cette &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;plus-value&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; constitue la base du profit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette fa&#231;on de voir est un anath&#232;me pour tout &#233;conomiste ou commentateur officiel. Ils consid&#232;rent g&#233;n&#233;ralement que le monde du travail comporte un &#233;change &#233;quitable - &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;une paye honn&#234;te pour une honn&#234;te journ&#233;e de labeur&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les m&#234;mes nous expliquent que les travailleurs sont &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gourmands&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; lorsqu'ils r&#233;clament des augmentations de salaire sup&#233;rieures &#224; ce qui est consid&#233;r&#233; comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;quitable&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. De telles revendications &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;go&#239;stes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, se lamentent-ils, mettent en danger &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la sant&#233; de l'&#233;conomie toute enti&#232;re&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vous avez dit &#233;quitable&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais pour Marx, cette id&#233;ologie de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'&#233;change librement consenti et &#233;quitable&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; masque l'exploitation qui structure le syst&#232;me capitaliste. Elle cache l'exploitation mise en &#339;uvre quotidiennement dans une soci&#233;t&#233; o&#249; une infime minorit&#233; d'&#234;tres humains r&#233;alise d'&#233;normes profits &#224; partir du travail effectu&#233; par l'immense majorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais comment Marx en est-il arriv&#233; &#224; une vision aussi radicale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le capitalisme, &#224; l'&#233;poque o&#249; il &#233;crivait, en &#233;tait juste &#224; ses d&#233;buts, mais d&#233;j&#224; il pouvait se rendre compte &#224; quel point il &#233;tait diff&#233;rent des soci&#233;t&#233;s pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant la plus grande partie de l'histoire humaine, les gens avaient travaill&#233; principalement pour leur consommation personnelle. Ils produisaient des choses qui satisfaisaient directement leurs besoins, que ce soient les produits alimentaires qui poussaient sur leur terre ou les habits qu'ils confectionnaient &#224; la maison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'inverse, le capitalisme n'est concern&#233; que par la production de marchandises - les objets ne sont pas produits pour l'usage imm&#233;diat, mais pour &#234;tre vendus sur le march&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les marchandises doivent au bout du compte avoir une certaine utilit&#233;, mais il faut qu'elles soient &#233;chang&#233;es contre de l'argent avant que leur producteur ne puisse b&#233;n&#233;ficier de ses efforts. Les marchandises ont donc toutes ce que Marx appelait une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;valeur d'&#233;change&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Leur prix refl&#232;te cette valeur d'&#233;change.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais comment cette valeur d'&#233;change est-elle d&#233;termin&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Marx r&#233;pondait que la chose que toutes les diverses marchandises achet&#233;es et vendues sous le capitalisme ont en commun est d'&#234;tre des produits du travail humain. C'est cela qui fournit la base de l'&#233;change.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les soci&#233;t&#233;s ant&#233;rieures, avant que l'argent ne devienne d'usage universel, les humains proc&#233;daient au troc, &#233;change direct d'un bien contre un autre. La quantit&#233; de ce qui &#233;tait &#233;chang&#233; d&#233;pendait g&#233;n&#233;ralement du temps qu'avait pris la fabrication des objets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux personnes ne proc&#233;daient &#224; l'&#233;change de deux produits que s'ils avaient n&#233;cessit&#233; &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me quantit&#233; de travail - sinon cela n'aurait pas sembl&#233; une transaction &#233;quitable. Ce n'&#233;tait pas seulement un troc d'objets qui avait eu lieu, mais l'&#233;change du temps de travail des personnes concern&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La m&#233;thode du troc est, &#224; l'&#233;vidence, gaspilleuse de temps et pas tr&#232;s efficace. En m&#234;me temps que la production de marchandises s'est mise &#224; augmenter, l'usage de la monnaie a pris de l'importance comme moyen d'&#233;galiser des produits diff&#233;rents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Auparavant, une table aurait pu &#234;tre &#233;chang&#233;e contre deux chaises sur la base de la quantit&#233; de travail utilis&#233;e. D&#233;sormais une table pouvait valoir 50 euros, et donc le prix de chaque chaise &#233;tait de 25 euros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le prix demand&#233; refl&#232;te toujours la quantit&#233; de travail consacr&#233;e &#224; la fabrication du produit, mais l'utilisation de l'argent - dans la mesure o&#249; il peut &#234;tre &#233;chang&#233; contre n'importe quelle marchandise - a supprim&#233; la n&#233;cessit&#233; de l'&#233;change direct entre producteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La monnaie nous permet d'&#233;galiser des choses qui semblent ne rien avoir en commun, que ce soit en termes de mat&#233;riaux, de mode de fabrication ou d'usage concret.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pour cela que sous le capitalisme l'argent nous semble &#234;tre le but de la production. S'en procurer est souvent ressenti comme notre but personnel essentiel, puisqu'il nous permettra d'acqu&#233;rir des choses susceptibles d'am&#233;liorer notre vie. L'argent para&#238;t ainsi &#234;tre la source m&#234;me de la valeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'argent n'a de valeur que dans la mesure o&#249; il vous permet d'acqu&#233;rir le travail des autres. Si vous aviez des tonnes de billets, mais que rien ne soit produit, ils ne vous serviraient &#224; rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est l'&#233;l&#233;ment commun constitu&#233; par le travail humain qui permet de mesurer pour quel prix une marchandise particuli&#232;re doit &#234;tre vendue sur le march&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est cela, disait Marx, qui d&#233;termine leur valeur. Le prix d'une marchandise refl&#232;te le temps de travail n&#233;cessaire &#224; sa production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusque l&#224;, il semble encore que tout le monde est trait&#233; sur un pied d'&#233;galit&#233;. Mais si toutes les marchandises sont &#233;chang&#233;es en fonction du travail n&#233;cessaire pour qu'elles soient produites, d'o&#249; vient alors le profit&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;ponse se trouve dans la relation entre le capitaliste et le travail salari&#233;. Sous le capitalisme, notre capacit&#233; &#224; travailler - ce que Marx appelait notre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;force de travail&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; - est elle aussi une marchandise, qui peut &#234;tre vendue et achet&#233;e comme les autres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un secret&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un secret. Nous parlons de notre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;entr&#233;e sur le march&#233; du travail&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; lorsque nos &#233;tudes sont termin&#233;es. Nous essayons de nous conformer au march&#233; pour &#234;tre accept&#233;s par nos employeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les travailleurs vendent leur capacit&#233; &#224; travailler (leur force de travail) &#224; un employeur ou &#224; un capitaliste particulier pour un prix convenu (leur salaire).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre force de travail est extr&#234;mement utile au capitaliste puisqu'elle est capable de cr&#233;er diff&#233;rentes sortes de produits. Mais comment, en fin de compte, cette valeur d'&#233;change est-elle d&#233;termin&#233;e&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le prix de la force de travail est d&#233;termin&#233; comme celui de toute autre marchandise. Il d&#233;pend du temps de travail n&#233;cessaire &#224; sa production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Derri&#232;re le terme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;force de travail&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, il y a un &#234;tre humain, m&#234;me si les capitalistes ont souvent tendance &#224; l'oublier. Donc les travailleurs sont pay&#233;s de sorte qu'ils puissent s'entretenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous obtenez assez d'argent pour payer la nourriture, votre loyer ou votre hypoth&#232;que, et suffisamment de temps de repos pour arriver au travail le matin capable de mettre en &#339;uvre l'effort et l'attention qui vous sont demand&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, ce qui d&#233;termine le salaire, c'est le co&#251;t de la vie dans la soci&#233;t&#233;. Vous allez au travail, o&#249; vous cr&#233;ez des produits pour les capitalistes. En retour, vous recevez de la monnaie - votre salaire - avec laquelle vous achetez les diff&#233;rents produits dont vous avez besoin pour vivre, produits qui ont eux-m&#234;mes &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s par le travail d'autres personnes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela para&#238;t assez &#233;quitable, puisque vous &#234;tes pay&#233;s suffisamment pour couvrir le co&#251;t de votre vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il y a une diff&#233;rence entre ce qui vous est pay&#233; pour votre force de travail et la valeur que cr&#233;e votre labeur quand vous travaillez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par exemple, il se peut que cela ne prenne que quatre heures du travail total de la soci&#233;t&#233; pour produire ce dont vous et votre famille avez besoin. Et donc normalement, &#224; la pause de midi, vous avez couvert votre salaire et vous devriez pouvoir rentrer &#224; la maison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais vous ne vous arr&#234;tez pas l&#224;. Vous retournez au travail l'apr&#232;s-midi pour finir une journ&#233;e de travail de huit heures (par exemple). Si quatre heures de votre travail ont cr&#233;&#233; suffisamment de valeur pour payer votre salaire, alors le capitaliste vous prend les quatre heures suivantes gratuitement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ils empochent les profits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans cet exemple, le capitaliste est capable d'empocher un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;surplus&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de quatre heures de travail par jour de chaque travailleur. C'est cela que Marx a appel&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la plus-value&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, qui est la source du profit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Votre travail cr&#233;e davantage de valeur que la valeur de votre force de travail. L'exploitation ne constitue donc pas, sous le capitalisme, une anomalie - elle fait partie du mode de fonctionnement normal du syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'exploitation comporte un autre aspect. Le probl&#232;me des capitalistes, c'est que lorsqu'ils ach&#232;tent de la force de travail, ils obtiennent aussi des gens capables de penser et d'agir par eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La plupart des gens ne vont pas au boulot en se disant que leur salaire devrait seulement couvrir le minimum requis pour leur permettre de travailler un jour de plus. Ils voient bien les immenses richesses dont regorge la soci&#233;t&#233;, et ils se disent - &#224; bon droit - qu'ils m&#233;ritent de meilleures conditions d'existence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De telle sorte qu'il y a une lutte continuelle sur le co&#251;t de la force de travail. Des batailles sur les salaires &#233;clatent r&#233;guli&#232;rement, en particulier dans les p&#233;riodes o&#249; le co&#251;t de la vie augmente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'exploitation est cruciale pour le capitalisme, la conclusion logique est que pour en finir avec l'exploitation il faut en finir avec le capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les conflits de tous les jours sur les salaires et les conditions de travail repr&#233;sentent des batailles plus limit&#233;es contre l'exploitation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si nous gagnons certaines de ces batailles, cela donne aux travailleurs la confiance en eux et la force d'en gagner d'autres. Cela nous aide aussi &#224; remporter la bataille des id&#233;es pour convaincre les gens que c'est de tout le syst&#232;me qu'il faut se d&#233;barrasser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La th&#233;orie marxiste de la valeur-travail identifie le travail comme la source de la valeur. Elle montre comment les capitalistes volent une partie de la valeur que notre travail produit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais cette th&#233;orie n'est pas simplement un commentaire du syst&#232;me. C'est une arme pour les travailleurs qui veulent lutter pour se d&#233;barrasser du syst&#232;me capitaliste - et en finir pour toujours avec l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Suggestions de lecture&#160;:&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Salaire, prix et profit&lt;/i&gt;, Karl Marx, &#201;ditions sociales ou &#201;ditions de P&#233;kin&#160;: une conf&#233;rence sur ses th&#233;ories faite par Marx devant un public de travailleurs.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Les id&#233;es r&#233;volutionnaires de Marx&lt;/i&gt;, Alex Callinicos, Paris, Syllepse, 2008, par Alex Callinicos, membre dirigeant du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SWP&lt;/span&gt; britannique&#160;: un r&#233;sum&#233; accessible des id&#233;es marxistes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.socialistworker.co.uk/art.php?id=15481" class="spip_out"&gt;Texte original paru dans Socialist Worker n&#176;2110, 19&#160;juillet 2008, traduit de l'anglais par &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JM&lt;/span&gt; Guerlin&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'est-ce que l'exploitation&#160;?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ambre Bragard</dc:creator>


		<dc:subject>Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Exploitation</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'id&#233;e que l'exploitation serait &#233;trang&#232;re &#224; la relation unissant le salari&#233; et son employeur est largement r&#233;pandue aujourd'hui. L'exploitation serait d'une autre &#232;re, celle de l'esclavage et du f&#233;odalisme. Si elle se perp&#233;tue de nos jours ce ne serait que de mani&#232;re exceptionnelle et d&#233;viante dans certains pays &#233;mergents ou chez une poign&#233;e de patrons voyous employant dans des conditions lamentables pour des salaires de mis&#232;re les populations les plus paup&#233;ris&#233;es (enfants, sans-papiers&#8230;). En Occident, fort (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no09-aout-octobre" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;09 - Ao&#251;t / Octobre 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Marx" rel="tag"&gt;Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://quefaire.lautre.net/Exploitation" rel="tag"&gt;Exploitation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'id&#233;e que l'exploitation serait &#233;trang&#232;re &#224; la relation unissant le salari&#233; et son employeur est largement r&#233;pandue aujourd'hui. L'exploitation serait d'une autre &#232;re, celle de l'esclavage et du f&#233;odalisme. Si elle se perp&#233;tue de nos jours ce ne serait que de mani&#232;re exceptionnelle et d&#233;viante dans certains pays &#233;mergents ou chez une poign&#233;e de patrons voyous employant dans des conditions lamentables pour des salaires de mis&#232;re les populations les plus paup&#233;ris&#233;es (enfants, sans-papiers&#8230;). En Occident, fort heureusement, la grande majorit&#233; des salari&#233;s n'y serait pas sujets. Il s'agirait d'un contrat &#233;quitable&#160;: le salari&#233; vend librement un certain nombre d'heures de travail &#224; un employeur contre une somme de salaire &#233;quivalente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour Marx, au contraire, l'exploitation n'est pas une exception mais la r&#232;gle&#160;: elle est la condition sine qua non de tout profit. Une minorit&#233;, les capitalistes, r&#233;alise d'&#233;normes profits en volant une partie de la valeur que cr&#233;e le travail de l'immense majorit&#233; que sont les travailleurs. Selon lui, l'essence de l'exploitation dans le syst&#232;me capitaliste ne se joue donc pas au niveau du salaire ou des conditions de travail, bien que cela puisse contribuer &#224; la renforcer, mais dans le salariat lui-m&#234;me. Pour comprendre ce que Marx entendait par exploitation il est donc n&#233;cessaire de revenir sur ses analyses de la marchandise et de l'origine du profit.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Marchandise et valeur d'&#233;change&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sous le capitalisme, les objets ne sont pas produits dans la perspective d'une consommation imm&#233;diate, comme ce fut le cas durant des mill&#233;naires, mais pour &#234;tre vendus en tant que marchandises sur le march&#233;. Les capitalistes tirent profit de ces transactions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re question que nous devons nous poser est donc la suivante&#160;: comment &#233;changer des marchandises qui n'ont &#224; priori rien de commun&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Autrement dit qu'est-ce qui d&#233;termine la valeur d'une marchandise&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour pouvoir &#233;changer des marchandises au moyen de l'argent il faut n&#233;cessairement qu'elles aient une commune mesure. Celle-ci ne peut pas reposer sur leurs propri&#233;t&#233;s naturelles puisqu'elles diff&#232;rent du tout au tout en fonction des marchandises (les propri&#233;t&#233;s naturelles de la baguette de pain et du t&#233;l&#233;phone portable ne sont en rien comparables). Le seul d&#233;nominateur commun, c'est que toute marchandise est le fruit du travail humain. Marx en conclue que c'est cette valeur commune qui permet de mesurer leur valeur d'&#233;change. Chaque marchandise cristallise une certaine quantit&#233; de temps de travail, le temps de travail moyen qui a &#233;t&#233; n&#233;cessaire &#224; sa production. Les marchandises ne peuvent se distinguer entres elle que par le fait qu'elle repr&#233;sentent une plus ou moins grande quantit&#233; de travail&#160;: on emploie par exemple plus de quantit&#233; de travail pour produire un t&#233;l&#233;phone portable que pour produire une baguette. Les valeurs relatives des marchandises sont donc d&#233;termin&#233;es par les quantit&#233;s de travail que la soci&#233;t&#233; doit d&#233;penser pour les produire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Marx le profit constant des industries ne provient pas d'une majoration du prix des marchandises, c'est-&#224;-dire du fait qu'elles seraient vendues &#224; un prix consid&#233;rablement au dessus de leur valeur r&#233;elle. Le prix r&#233;el d'une marchandise est certes toujours au-dessus ou au-dessous de sa valeur r&#233;elle mais en moyenne, sur une p&#233;riode donn&#233;e et si l'on tient compte de l'ensemble de l'industrie, les hausses et les baisses du prix des marchandises se compensent de sorte que les marchandises sont &#233;chang&#233;es entre elles conform&#233;ment &#224; leurs frais de production. Or les frais de production d'une marchandise ne sont rien d'autre que le temps de travail fix&#233; en elle. En effet, ils se composent d'une part de produits industriels (mati&#232;res premi&#232;res et instruments) repr&#233;sentant eux-m&#234;mes une certaine somme de temps de travail qui a &#233;t&#233; n&#233;cessaire &#224; leur production et d'autre part, de travail imm&#233;diat, c'est-&#224;-dire du temps de travail n&#233;cessaire &#224; la production de la marchandise elle-m&#234;me &#224; partir de ces produits industriels. Par cons&#233;quent, on ne peut expliquer la nature g&#233;n&#233;rale du profit qu'en partant du principe qu'en moyenne les marchandises sont vendues &#224; leur valeur r&#233;elle et que les profits proviennent du fait qu'on vend les marchandises &#224; leur valeur, c'est-&#224;-dire proportionnellement &#224; la quantit&#233; de travail qu'elles cristallisent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais si les marchandises sont vendues en fonction du temps de travail n&#233;cessaire &#224; leur production, d'o&#249; viennent alors les profits&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Marx les profits proviennent de l'exploitation des travailleurs qui cr&#233;ent une quantit&#233; de valeur plus grande en travaillant que celle qu'ils re&#231;oivent en &#233;change sous forme de salaire. Car la quantit&#233; de travail fix&#233;e dans une marchandise et la r&#233;mun&#233;ration de ce travail sont deux choses bien distinctes, le prix des marchandises n'est donc en rien r&#233;gl&#233; par les salaires et inversement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Force de travail et Production de la plus value&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous am&#232;ne &#224; nous poser une autre question&#160;: Qu'est-ce que le salaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Comment est-il d&#233;termin&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il semble acquis pour la plupart des salari&#233;s que le salaire c'est la somme d'argent qu'un patron paie pour un temps de travail d&#233;termin&#233; ou pour effectuer un travail d&#233;termin&#233;. Mais il n'en est ainsi qu'en apparence&#160;: ce que le salari&#233; vend en r&#233;alit&#233; &#224; l'employeur ce n'est pas son travail mais sa force de travail. Les capitalistes ach&#232;tent la force de travail des travailleurs pour une dur&#233;e d&#233;termin&#233;e. Ils acqui&#232;rent ainsi le droit d'en user comme n'importe quelle autre marchandise en faisant travailler le salari&#233; le temps stipul&#233;. Ils usent du travailleur en le faisant travailler comme ils usent de la machine en la faisant fonctionner. La force de travail est donc une marchandise au m&#234;me titre que la machine ou n'importe quoi d'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Leur marchandise, leur force de travail, les travailleurs l'&#233;changent contre celle de leur patron, l'argent &#8211; le salaire &#8211; correspondant &#224; toutes les marchandises qu'ils sont susceptibles d'acqu&#233;rir avec lui. Contre une journ&#233;e de travail c'est tant de viande, tant de v&#234;tements, tant de lumi&#232;re, etc. que leur donne leur patron &#224; travers le salaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et comme toutes les marchandises, la force de travail a un prix, celui du temps de travail n&#233;cessaire &#224; sa production et &#224; sa reproduction &#8211; ses frais de production. Ce sont les frais n&#233;cessaire pour conserver le travailleur en tant que travailleur et pour en faire un travailleur. Autrement dit, avec le salaire on obtient de quoi se loger, se nourrir, se v&#234;tir, &#233;lever ses enfants et quelques autres choses encore pour &#234;tre en mesure de se pr&#233;senter de nouveau le lendemain &#224; son poste de travail et participer &#224; la reproduction de la classe des travailleurs. Bien que le minimum du salaire soit en moyenne d&#233;termin&#233; par le co&#251;t des moyens de subsistances indispensables, ce co&#251;t diff&#232;re selon les pays et concerne la classe dans son ensemble et non l'ouvrier pris isol&#233;ment qui peut tr&#232;s bien ne pas recevoir assez pour exister. Il ne s'agit donc pas d'un &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SMIC&lt;/span&gt; biologique mais de besoins historiquement et socialement d&#233;termin&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusqu'ici il semblerait que le travailleur soit encore trait&#233; sur un pied d'&#233;galit&#233; puisque, globalement, il est pay&#233; suffisamment pour vivre. Cependant, c'est l&#224; o&#249; la distinction entre travail et force de travail devient centrale. En effet, le co&#251;t du travail et le co&#251;t de la force de travail sont deux choses bien distinctes. La valeur de la force de travail, comme nous venons de le voir, est d&#233;termin&#233;e par la quantit&#233; de travail n&#233;cessaire &#224; sa reproduction mais cette derni&#232;re ne limite en aucun cas la quantit&#233; de travail que peut ex&#233;cuter le travailleur, l'usage de cette force de travail n'&#233;tant limit&#233; que par la force physique de celui-ci.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prenons l'exemple d'un travailleur quelconque qui per&#231;oit 50 euros de salaire pour une journ&#233;e de travail. Mettons qu'il produise pour 50 euros de produits, soit l'&#233;quivalent de son salaire, en seulement 4 heures, cela ne le rend pas incapable de travailler 8 &#224; 10 heures ou davantage. En payant la valeur journali&#232;re de la force de travail du travailleur, c'est-&#224;-dire de quoi subsister durant cette journ&#233;e, le capitaliste a acquis le droit d'user de celle-ci durant la journ&#233;e enti&#232;re. En plus des 4 heures qui lui sont n&#233;cessaires pour produire l'&#233;quivalent de son salaire, le travailleur devra donc travailler 4 autres heures. Ces 4 heures de surtravail seront pour le capitaliste du travail non pay&#233;. Ce travail non pay&#233; est la source de tout profit car il se r&#233;alisera en une plus-value et un surproduit. En effet, dans notre exemple, en d&#233;boursant la valeur dans laquelle sont cristallis&#233;es 4 heures de travail, le capitaliste recevra, en &#233;change, une valeur dans laquelle sont cristallis&#233;es 8 heures de travail. 50 euros de produits en plus seront produit par le travailleur lors des 4 heures de surtravail. C'est la plus-value.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sous le capitalisme, la valeur ou le prix de la force de travail semble &#234;tre la valeur du travail lui-m&#234;me. Bien qu'une partie seulement du travail journalier effectu&#233; par le travailleur soit r&#233;mun&#233;r&#233;e, tandis qu'une autre partie de son travail reste impay&#233;e et bien que la plus-value ou le profit provienne justement de ce travail non pay&#233;, l'ensemble du travail semble &#234;tre du travail pay&#233;. Dans le cas de l'esclavage, c'est l'inverse qui se produit. L'ensemble du travail de l'esclave semble &#234;tre du travail non pay&#233;, quand bien m&#234;me une partie de son travail servait &#224; compenser la valeur de son propre entretien. Puisque aucun march&#233; n'a &#233;t&#233; conclu entre l'esclave et son ma&#238;tre, tout son travail semble avoir &#233;t&#233; c&#233;d&#233; pour rien et l'exploitation saute aux yeux. Il en va de m&#234;me pour le serf qui travaillait par exemple la moiti&#233; de son temps pour son propre compte sur le champ qui lui &#233;tait allou&#233; et l'autre gratuitement sur le domaine du seigneur. Le travail non pay&#233; et le travail pay&#233; &#233;tant visiblement s&#233;par&#233;s, l'exploitation ne peut &#234;tre ni&#233;e. Pourtant, que le serf travaille la moiti&#233; de son temps pour lui-m&#234;me et l'autre pour son seigneur ou que le travailleur travaille la moiti&#233; de sa journ&#233;e pour renouveler ses moyens de subsistance et l'autre pour son patron, cela revient au m&#234;me. Avec le salariat, le travail pay&#233; et le travail non pay&#233; sont &#224; tel point m&#234;l&#233;s, que le travail non pay&#233; semble &#234;tre effectu&#233; volontairement et non sous la contrainte comme sous le f&#233;odalisme et l'esclavage. L'exploitation est ici masqu&#233;e par l'intervention du contrat et de la paye.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tant qu'ils contr&#244;lent les moyens de production, les capitalistes n'ont nul besoin de contr&#244;les l&#233;gaux sur les travailleurs comme ce fut le cas avec le f&#233;odalisme et l'esclavage. Il n'est pas n&#233;cessaire qu'ils poss&#232;dent de quelque mani&#232;re que ce soit les travailleurs puisque ceux-ci n'ont pas d'autre choix que de travailler &#224; leur service. Car aussi libre qu'il soit d'accepter ou non de travailler pour tel capitaliste, le travailleur, dont la seule ressource est la vente de sa force de travail, ne peut jamais se d&#233;rober &#224; la classe toute enti&#232;re des capitalistes sans renoncer &#224; l'existence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La th&#233;orie marxiste de la plus-value montre &#224; quel point l'exploitation est au c&#339;ur du syst&#232;me capitaliste. Aucun travailleur ne peut s'y soustraire car il doit toujours travailler pour vivre. La seule alternative c'est les sommes mis&#233;rables vers&#233;es par les Assedic. Mais plus que cela, la th&#233;orie de la plus-value r&#233;v&#232;le aussi le conflit d'int&#233;r&#234;ts inconciliables qui divise la soci&#233;t&#233; en classes en guerre l'une contre l'autre. En effet, puisque les profits proviennent du travail non pay&#233;, le taux de la plus-value, autrement dit le taux de profits, d&#233;pendra donc de la proportion dans laquelle la journ&#233;e de travail est prolong&#233;e au-del&#224; du temps pendant lequel le travailleur ne fait que reproduire l'&#233;quivalent de son salaire en travaillant. Par cons&#233;quent, les capitalistes, pouss&#233;s par la concurrence, chercheront toujours &#224; &#233;tendre ce temps de travail non pay&#233;, tandis que les travailleurs, pouss&#233;s par les besoins humains, chercheront &#224; le r&#233;duire. De l&#224;, d'une part, les attaques contre le droit du travail, contre les 35 heures ou les baisses de salaires et de l'autre, les revendications salariales, les gr&#232;ves et la lutte syndicale. L'exploitation capitaliste provoque donc une contradiction qui ne peut se r&#233;soudre que par son abolition, par l'appropriation collective des moyens de production et l'instauration d'une soci&#233;t&#233; sans classes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour aller plus loin, lire notamment&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Karl Marx, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Travail salari&#233; et capital&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, 1847, et &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Salaire prix et profit&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, 1865.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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