<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://quefaire.lautre.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#034;Que Faire ?&#034;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://quefaire.lautre.net/spip.php?id_auteur=90&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue Que Faire ?</title>
		<url>https://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH42/siteon0-99e09.png?1793536176</url>
		<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
		<height>42</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Un &#233;trange bilan</title>
		<link>https://quefaire.lautre.net/Un-etrange-bilan</link>
		<guid isPermaLink="true">https://quefaire.lautre.net/Un-etrange-bilan</guid>
		<dc:date>2009-09-28T15:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Bensa&#239;d, Pierre Rousset</dc:creator>


		<dc:subject>Regroupement</dc:subject>
		<dc:subject>PCF</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'article d'Antoine Artous et Stathis Kouv&#233;lakis, publi&#233; dans Viento Sur, est consacr&#233; en fait, pour l'essentiel &#224; expliquer que la politique d&#233;cid&#233;e par la majorit&#233; de la LCR a non seulement g&#226;ch&#233; des potentialit&#233;s importantes, mais est de ce fait responsable de la victoire &#233;crasante de Sarkozy. Il est rare de lire une analyse aussi subjectiviste : comment une petite organisation comme la LCR pourrait-elle transformer un boulevard en ruelle ? Apr&#232;s les &#233;lections l&#233;gislatives, la gauche dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no06-septembre" rel="directory"&gt;Que Faire ? - LCR - n&#176;06 - Septembre / Novembre 2007&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://quefaire.lautre.net/Regroupement" rel="tag"&gt;Regroupement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://quefaire.lautre.net/PCF" rel="tag"&gt;PCF&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://quefaire.lautre.net/France-2007-les-lecons-d-une' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'article d'Antoine Artous et Stathis Kouv&#233;lakis&lt;/a&gt;, publi&#233; dans &lt;i&gt;Viento Sur&lt;/i&gt;, est consacr&#233; en fait, pour l'essentiel &#224; expliquer que la politique d&#233;cid&#233;e par la majorit&#233; de la LCR a non seulement g&#226;ch&#233; des potentialit&#233;s importantes, mais est de ce fait responsable de la victoire &#233;crasante de Sarkozy. Il est rare de lire une analyse aussi subjectiviste : comment une petite organisation comme la LCR pourrait-elle transformer un boulevard en ruelle ? Apr&#232;s les &#233;lections l&#233;gislatives, la gauche dans son ensemble est &#224; un niveau historiquement bas, et une telle d&#233;b&#226;cle doit s'analyser avec autrement plus de s&#233;rieux. La raison pour laquelle nos camarades se sont laiss&#233;s aller &#224; des analyses aussi approximatives est tr&#232;s probablement li&#233;e &#224; ce qu'ils devraient sinon revenir sur la stup&#233;fiante surestimation des potentialit&#233;s apr&#232;s le succ&#232;s du non au r&#233;f&#233;rendum. Nul doute pourtant que, les faits &#233;tant t&#234;tus, un bilan plus lucide finira par s'imposer. Le pr&#233;sent texte a pour seul objectif de raccourcir ce d&#233;lai, et de contribuer &#224; clarifier les choses pour un public &#233;tranger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est peut-&#234;tre lassant - d'autant qu'il y a bien d'autres urgences et priorit&#233;s - de revenir sur une discussion qui a d&#233;j&#224; fait l'objet d'innombrables textes, discussions, tribunes de presse, sans que les termes du d&#233;bat aient &#233;volu&#233; le moins du monde par la prise en compte du d&#233;roulement m&#234;me et des r&#233;sultats de la campagne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous renvoyons &#224; ce propos aux multiples d&#233;clarations d'Olivier Besancenot (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, comme l'article des camarades est appel&#233; &#224; circuler dans les r&#233;seaux du Projet K, il semble utile d'apporter &#224; nouveau quelques pr&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie de l'article ne pose pas, avec le peu de recul dont nous disposons, de probl&#232;mes majeurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. &#171; &lt;i&gt;Les r&#233;sultats de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en France marquent un tournant politique majeur&#8230;&lt;/i&gt; &#187; qui &#171; &lt;i&gt;cl&#244;t le cycle politique antilib&#233;ral qui marquait la vie politique et sociale depuis 1994-1995&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en effet un tournant politique majeur &#224; plusieurs titres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nicolas Sarkozy est clairement mandat&#233; par le Medef pour appliquer le programme de &#171; &lt;i&gt;refondation sociale&lt;/i&gt; &#187; exig&#233; par Seilli&#232;res depuis 1999. Ce n'est pas une question proprement nationale, mais une exigence europ&#233;enne incluse dans l'agenda de Lisbonne, confirm&#233;e par le sommet de Barcelone, transcrite en mati&#232;re de politiques de formation et d'&#233;ducation par la r&#233;union de Bologne. Il suffit de lire la presse &#233;conomique pour comprendre que l'objectif d&#233;clar&#233; de la bourgeoisie industrielle et financi&#232;re est d'en finir avec les &#171; &lt;i&gt;rigidit&#233;s sociale&lt;/i&gt; &#187; qui font encore obstacle &#224; la concurrence non fauss&#233;e, notamment en Allemagne et en France. En Allemagne, le probl&#232;me est en passe d'&#234;tre r&#233;solu avec l'Agenda 2010 mis en route par Schr&#246;der et &#233;nergiquement appliqu&#233; par la coalition autour de Merkel. En France, les r&#233;sistances ont jusqu'&#224; pr&#233;sent entrav&#233; ou retard&#233; les r&#233;formes programm&#233;es. Ce n'est pas en raison de l'intransigeance, voire des nostalgies &#171; &lt;i&gt;lutte de classe&lt;/i&gt; &#187;, des dirigeants socialistes, comme le rab&#226;chent les modernisateurs en tous genres, mais du fait des r&#233;sistances sociales r&#233;p&#233;t&#233;es (1995, 1997, 2003, le Non au r&#233;f&#233;rendum, le soul&#232;vement contre le cpe). La nette victoire de Sarkozy ouvre la voie &#224; une acc&#233;l&#233;ration de ces r&#233;formes et &#224; un alignement de la situation fran&#231;aise sur les rapports de forces sociaux europ&#233;ens.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette normalisation de la singularit&#233; (plut&#244;t que de &#171; &lt;i&gt;l'exception&lt;/i&gt; &#187; fran&#231;aise) concerne l'avenir de la gauche. Le Parti socialiste n'a plus de r&#233;serves &#233;lectorales ni d'alli&#233; de poids &#224; sa gauche. Une majorit&#233; de ses dirigeants (encourag&#233;s par leurs alli&#233;s europ&#233;ens, comme par une partie significative des m&#233;dias nationaux &#8211; Nouvel Obs, Marianne, Lib&#233;) se pr&#233;pare &#224; tirer pr&#233;texte de la d&#233;faite pour parachever sa mue blairiste et son alignement sur le social-lib&#233;ralisme de centre-gauche &#224; la Prodi. S'il se heurte encore &#224; des contradictions au sein de son prorpe appareil et &#224; des rivalit&#233;s de leadership, le processus semble d&#233;sormais d'autant plus in&#233;luctable que les forces de r&#233;sistance &#224; ce cours interne au PS sont faibles et sans v&#233;ritable projet r&#233;formistes alternatif (qui les obligerait, entre autre, &#224; remettre en cause le cadre actuel de construction de l'Union europ&#233;enne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le r&#233;sultat de l'&#233;lection l&#233;gislative et pr&#233;sidentielle confirme la logique des r&#233;formes institutionnelles (quinquennat et inversion du calendrier) auxquelles a activement collabor&#233; le gouvernement Jospin. Toute la vie politique s'organise plus que jamais autour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, avec pour effet le chantage permanent au vote utile, qui escamote le premier tour et la confrontation sur le fond programmatique. Avec &#224; la clef aussi une bipolarisation renforc&#233;e que va illustrer la pr&#233;sence de deux groupes parlementaires seulement (ou deux groupes et demi avec le nouveau centre) &#224; l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce qu'il est convenu d'appeler &#171; &lt;i&gt;la gauche antilib&#233;rale&lt;/i&gt; &#187; (nous reviendrons sur les ambigu&#239;t&#233;s de cette appellation au singulier) voit aussi une page se tourner. Non du seul fait franco-fran&#231;ais de l'&#233;chec du projet de candidature unitaire, mais pour des raisons plus profondes et plus g&#233;n&#233;rales. Qu'il suffise de rappeler que deux des piliers fondateurs du &#171; &lt;i&gt;mouvement alter&lt;/i&gt; &#187; - le PT br&#233;silien et les mouvements qui lui sont organiquement associ&#233;s d'une part, Rifundazione comunista de l'autre &#8211; dirigent aujourd'hui ou participent activement a des gouvernements de centre gauche (dans le meilleur des cas), menant des politiques ouvertement social-lib&#233;rales. Cette &#233;volution en moins de six ans est lourde de cons&#233;quence. Le probl&#232;me ne se r&#233;duit pas &#224; la brutalit&#233; de ces conversions (particuli&#232;rement spectaculaire dans le cas de Refondation communiste). Le peu de r&#233;sistances qu'elles ont rencontr&#233; au sein de ces partis doit retenir l'attention et sur les limites des rh&#233;toriques anti-lib&#233;rales et sur la r&#233;signation profonde qu'elles masquaient en partie. Ajoutons, parmi les sympt&#244;mes de cette inflexion (c'est plus prudent que la &#171; &lt;i&gt; fin du cycle&lt;/i&gt; &#187; act&#233;e par AA et SK), la crise du SSP &#233;cossais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation restant instable, il y a aussi les bonnes nouvelles relatives comme la perc&#233;e du SP hollandais ou du Linkspartei lors des &#233;lections du Land de Br&#234;me. Mais il est bien trop t&#244;t pour en d&#233;duire une tendance g&#233;n&#233;rale, d'autant que l'&#233;mergence de diff&#233;rentes formations, de Respect en Angleterre au Bloc des gauches portugais, en passent par l'ODP de Turquie, traduit une crise g&#233;n&#233;rale de la gauche, chaque cas est marqu&#233; par de fortes sp&#233;cificit&#233;s nationales et l'ensemble du ph&#233;nom&#232;ne reste politiquement fort h&#233;t&#233;rog&#232;ne. S'il existe un &#171; &lt;i&gt;espace&lt;/i&gt; &#187; &#224; la gauche de la gauche traditionnelle, du fait de l'effondrement de la plupart des PC et de la conversion lib&#233;rale de la social-d&#233;mocratie, cet espace reste fragile et instable, soumis &#224; jeu de forces qui le d&#233;passent. Les difficult&#233;s et l'avenir incertain de la gauche anticapitaliste europ&#233;enne que nous nous sommes efforc&#233;s de mettre sur pied le montre bien avec les situations italienne et &#233;cossaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc exact de dire que les conditions sont d&#233;sormais r&#233;unies d'une offensive brutale de la droite sous la forme d'un pr&#233;sidentialisme autoritaire &#224; forte dimension populiste. Pr&#233;cisons toutefois que Sarkozy jouera, comme il l'a fait pendant la campagne, de la segmentation du march&#233; du travail et des contradictions entre les victimes de la politique lib&#233;rale : acc&#232;s s&#233;lectif &#224; la propri&#233;t&#233;, concurrence sur le march&#233; du travail, division entre ceux qui veulent travailler plus en croyant gagner plus et ceux qui r&#233;sistent (les Kronenbourg). Le &#171; &lt;i&gt;dialogue social&lt;/i&gt; &#187; annonc&#233; entend jouer sur ces diff&#233;renciations, et l'on peut imaginer que le gouvernement trouvera certains partenaires syndicaux ou de &#171; la soci&#233;t&#233; civile &#187; pour jouer ce jeu (y compris celui de l'&#233;volution vers un march&#233; de l'&#233;ducation sous pr&#233;texte d'autonomie des universit&#233;s). Souligner ces possibilit&#233;s au lieu de se contenter de brandir l'&#233;pouvantail Sarkozy et de miser sur la peur qu'il inspire est donc important. Une politique r&#233;duite au &#171; &lt;i&gt;Tout sauf Sarkozy&lt;/i&gt; &#187;, qui ferait &#233;cho au &#171; &lt;i&gt;Tout sauf Berlusconi&lt;/i&gt; &#187;, peut servir de bonne conscience minimale provisoire &#224; une gauche en d&#233;sarroi, mais elle ne d&#233;finit pas les &#233;l&#233;ments d'une v&#233;ritable politique de r&#233;sistance et d'alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. &#171; &lt;i&gt;La rupture est donc importante. Pour autant peut-on dire comme on l'entend souvent, et pas seulement dans les m&#233;dias, que le succ&#232;s de Sarkozy est le simple reflet d'une droitisation de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise ?&lt;/i&gt; &#187; Les camarades r&#233;pondent n&#233;gativement &#224; la question qu'ils posent.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'&#233;tant simple en ce bas monde, il ne s'agit pas en effet d'un simple reflet. La politique a ses raisons et son efficace propre. Comme le disent AA et SK, Sarkozy ne se contentera pas de traduire une droitisation pr&#233;existante, mais il est &#171; bien plac&#233; pour la faire advenir et l'inscrire durablement dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise &#187;. Autrement dit, des batailles d&#233;cisives seraient encore devant nous. Les camarades citent d'ailleurs le pr&#233;c&#233;dent de Thatcher, dont la victoire &#233;lectorale en 1979 a pr&#233;c&#233;d&#233; la grande d&#233;faite sociale de la gr&#232;ve des mineurs de 1985. Nous sommes d'accord sur un point : la l&#233;gitimit&#233; de Sarkozy est plus fragile que l'arithm&#233;tique &#233;lectorale ne le donne &#224; penser. Bien des probl&#232;mes cruciaux sont irr&#233;solus, et l'instabilit&#233; demeure : budg&#233;tairement son programme est incoh&#233;rent ; les r&#233;sistances sociales sont significatives (comme l'ont montr&#233; les luttes de ces derni&#232;res ann&#233;es y compris pendant la campagne &#233;lectorale) ; la crise europ&#233;enne est loin d'&#234;tre d&#233;nou&#233;e (car elle a des raisons bien plus profondes que le non r&#233;f&#233;rendaire fran&#231;ais ou hollandais) ; enfin, l'avanc&#233;e vers le pr&#233;sidentialisme et le bipartisme reste min&#233;e de contradictions. Il ne s'agit pas en effet d'un pr&#233;sidentialisme &#224; l'Am&#233;ricaine, mais d'une forme originale coul&#233;e dans la tradition bonapartiste fran&#231;aise, o&#249;, comme l'&#233;crivent justement les camarades, le pr&#233;sident entend jouer le r&#244;le d'un &#171; super premier ministre &#187;. A ses risques et p&#233;rils (voir &#224; ce sujet la r&#233;cente tribune de Paul Alli&#232;s dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc juste de dire que la victoire de Sarkozy n'est pas la fin de l'histoire, ou le point d'orgue d'une d&#233;faite d&#233;j&#224; consomm&#233;e. Elle n'en a pas moins &#233;t&#233; rendue possible par une accumulation de d&#233;faites au cours des 25 derni&#232;res ann&#233;es, que la victoire du Non au r&#233;f&#233;rendum et la victoire sur le CPE sont bien loin d'effacer ou de contrebalancer. Fran&#231;ois Duval en a bien r&#233;sum&#233; les effets dans sa contribution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Fran&#231;ois Duval : Quelques remarques post 6 mai 2007.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : les contre-r&#233;formes lib&#233;rales, l'individualisation des salaires et de la protection sociale, la flexibilit&#233;, le ch&#244;mage de longue dur&#233;e, la destruction m&#233;thodique des solidarit&#233;s, l'installation de la pr&#233;carit&#233; ont bel et bien atomis&#233; partiellement le salariat, affaibli les rapports de forces, &#233;rod&#233; la conscience de classe au profit de la concurrence de tous contre tous (et toutes). Le type de luttes et leurs maigres r&#233;sultats, le tr&#232;s faible niveau d'organisation syndicale (sans pr&#233;c&#233;dent depuis le d&#233;but des ann&#233;es 30), les effectifs et l'activit&#233; des partis en sont autant d'indicateurs qu'on ne saurait prendre &#224; la l&#233;g&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de Sarkozy vient donc de loin et ne peut se ramener aux soubresauts d'une campagne. &#201;tait-elle pour autant in&#233;vitable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non ! L'espace politique n'&#233;tait pas ferm&#233;. Le succ&#232;s inattendu de Bayrou en t&#233;moigne ! (m&#234;me si ce succ&#232;s fut, in&#233;vitablement, &#233;ph&#233;m&#232;re). La victoire de Sarkozy est le r&#233;sultat d'une bataille qu'il a gagn&#233; &#8212; et que le Parti socialiste a perdu. D&#233;but 2006, la droite &#233;tait profond&#233;ment divis&#233;e, l'&#233;lectorat semblait pr&#234;t &#224; sortir une nouvelle fois les sortants tant le rejet des politiques n&#233;olib&#233;rales &#233;tait (et d'ailleurs reste) profond, le PS croyait sa victoire acquise apr&#232;s ses succ&#232;s aux r&#233;gionales et aux europ&#233;ennes de 2004. Ce qui &#233;tait mal per&#231;u &#224; l'&#233;poque, c'&#233;tait l'ampleur que prendrait la participation &#233;lectorale et &#224; quel point ce taux tr&#232;s &#233;lev&#233; de participation allait &#171; &lt;i&gt;ouvrir&lt;/i&gt; &#187; la comp&#233;tition : il ne suffisait plus d'attendre que l'adversaire perde l'&#233;lection (en misant avant tout sur les votes de rejet), il fallait emporter l'adh&#233;sion de l'&#233;lectorat. A ce niveau &#8212; la victoire de la droite &#224; la pr&#233;sidentielle &#8212;, c'est la responsabilit&#233; du PS qui est engag&#233;e. La gauche radicale n'avait pas les moyens d'opposer &#224; Sarkozy une alternative &#233;lectoralement cr&#233;dible ; pas plus qu'elle ne peut faire le travail du Parti socialiste &#224; sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le PS n'a t-il pas su faire &#224; gauche ce que Sarkozy a fait &#224; droite : incarner une alternative (ou du moins, sembler en incarner une) ; &#224; l'heure o&#249; il n'&#233;tait plus suffisant de pr&#233;senter une alternance ? la r&#233;ponse est qu'il ne l'a pas fait parce qu'il ne le peut plus depuis longtemps. Il ne s'agit en effet pas de &#171; &lt;i&gt;gauchir&lt;/i&gt; &#187; un discours le temps d'une &#233;lection. Pour redevenir cr&#233;dible &#233;lectoralement, une alternative de gauche doit s'&#233;prouver, se forger, des ann&#233;es durant dans les luttes sociales, soci&#233;tales, d&#233;mocratiques et politiques. Vu ce qu'il est devenu socialement, le PS en est incapable. En ce sens, il est beaucoup plus proche des autres composantes de la social-d&#233;mocratie (social-lib&#233;rale) europ&#233;enne que ne le pr&#233;tendent la plupart des &#171; &lt;i&gt;politologues&lt;/i&gt; &#187; en vogue. En ce sens aussi, la victoire de Sarkozy s'inscrit logiquement comme la cons&#233;quence pr&#233;sente des abandons historiques du PS. Mais non, le PS n'&#233;volue pas &#171; &lt;i&gt;malgr&#233; lui&lt;/i&gt; &#187;, par la faute de la gauche radicale et de ses divisions, vers le centre. Il n'est pas un parti irresponsable, navire sans ancre voguant au gr&#233; des vents contraires. M&#234;me avec une gauche radicale plus puissante et plus unie, il aurait &#233;t&#233; incapable d'incarner une alternative de gauche (et pas seulement une alternance &#224; gauche &#8212; ou plut&#244;t au centre gauche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; force de vouloir mettre en cause les &#171; &lt;i&gt;diviseurs&lt;/i&gt; &#187; &#224; la gauche de la gauche, les critiques de la LCR en oublient de rendre &#224; C&#233;sar ce qui est &#224; C&#233;sar et au PS ses responsabilit&#233;s. Ils restent aussi fort discrets sur le r&#244;le des principales directions syndicales en 2005-2006. Or, les rapports de forces de la pr&#233;sidentielle se sont aussi jou&#233;s sur le terrain des luttes sociales. La victoire du non au projet de Constitution europ&#233;enne avait ouvert une br&#232;che et donn&#233; une impulsion politique. Nous &#233;tions nombreux alors (c'&#233;tait notamment un leitmotiv de la LCR) &#224; savoir que la question qui se posait alors &#233;tait : est-ce que les mobilisations sociales vont prendre le relais et &#233;largir cette br&#232;che, renforcer cette dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est venue &#224; l'automne 2005 : le relais n'a pas &#233;t&#233; saisi. La responsabilit&#233; des directions des grandes conf&#233;d&#233;rations est ici directement engag&#233;e : elles n'ont rien fait pour utiliser la dynamique du &#171; n&lt;i&gt;on de gauche&lt;/i&gt; &#187; pour reprendre l'initiative sociale. &#192; ce niveau, &#224; nouveau, ni de petites organisations politiques comme la LCR ni les syndicats &#171; &lt;i&gt;minoritaires&lt;/i&gt; &#187; ne pouvaient palier aux abandons des directions syndicales &#171; &lt;i&gt;majoritaires&lt;/i&gt; &#187;. Si l'on discute de ce qui aurait permis d'&#233;viter l'&#233;lection de Sarkozy, ce qui pouvait jouer dans la cr&#233;ation du meilleur rapport des forces possible, la mobilisation sociale &#233;tait un facteur cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est juste de combattre le d&#233;faitisme ou l'ultra-pessimisme en insistant sur les contradictions irr&#233;solues et les luttes qu'elles peuvent susciter. Mais on aurait tort de sous-estimer les d&#233;faites subies pour justifier les envol&#233;es lyriques sur &#171; &lt;i&gt;le score &#224; deux chiffres&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;la gagne possible&lt;/i&gt; &#187;, &#224; la seule condition que se produise une cristallisation politique autour d'une gauche anti-lib&#233;rale unitaire. Dans une r&#233;ponse &#224; Samy Johsua, Pierre Khalfa explicite et maintient cette invraisemblable logique en d&#233;pit des r&#233;sultats de la pr&#233;sidentielle (et des l&#233;gislatives !) : &#171; &lt;i&gt;Tout prouvait que nous pouvions &#234;tre dominants, pour commencer &#224; gauche, et peut-&#234;tre dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; La formule pose bien des probl&#232;mes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Nous pouvions&#8230;&lt;/i&gt; &#187;. Nous, qui ? La gauche antilib&#233;rale ? C'est attribuer &#224; cette gauche une unit&#233; et une homog&#233;n&#233;it&#233; que rien ne permet de confirmer. Le non antilib&#233;ral au r&#233;f&#233;rendum se d&#233;compose en plusieurs orientations possibles : celle des socialistes du &#171; &lt;i&gt;non&lt;/i&gt; &#187; synth&#233;tisables dans le s&#233;gol&#233;nisme (de Fabius &#224; Montebourg en passant par Emmanuelli), celle du Parti communiste pour seule gauche rassembl&#233;e infl&#233;chie l&#233;g&#232;rement &#224; gauche, celle de la gauche des Verts qui souscrivent au pacte de Nicolas Hulot sur une &#233;cologie au-del&#224; des classes et du clivage gauche-droite. L'espace de la gauche de la gauche est bien un champ de forces en dispute. Il n'y a pas une mais des gauches anti-lib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;&#8230;&#234;tre dominants&lt;/i&gt; &#187;. Politiquement ? &#201;lectoralement ? Politiquement, dans la situation sociale et les rapports de forces mondiaux r&#233;ellement existants, c'est prendre ses d&#233;sirs pour la r&#233;alit&#233;, ou, plus probablement h&#233;las, la r&#233;alit&#233; pour ses d&#233;sirs. &#201;lectoralement, c'est une illusion &#171; &lt;i&gt;&#233;lectoraliste&lt;/i&gt; &#187; pure et simple. Ou bien les camarades qui ont d&#233;fendu (et d&#233;fendent encore) cette id&#233;e ont perdu la t&#234;te, ou bien ils ont voulu faire croire &#224; &#171; &lt;i&gt;la gagne&lt;/i&gt; &#187;, sans y croire eux-m&#234;mes, et c'est irresponsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;&#202;tre dominants &#224; gauche&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Sur quelle orientation politique ? Avec quelles alliances ? S'il en fallait confirmation, les indices se sont multipli&#233;s pendant la pr&#233;-campagne, et malgr&#233; l'impact du non de gauche, montrant qu'un antilib&#233;ralisme cons&#233;quent (jusqu'&#224; s'attaquer, au del&#224; de la r&#233;partition des richesses, au r&#233;gime de propri&#233;t&#233;, car l'un ne va pas sans l'autre) &#233;tait loin d'&#234;tre dominant : le congr&#232;s du Mans, l'intronisation triomphale de S&#233;gol&#232;ne, les municipales de Bordeaux, la crise d'Attac. Dans ces conditions, il est peu probable que les sociaux lib&#233;raux se rallient &#224; l'antilib&#233;ralisme, et infiniment plus probable qu'une partie des antilib&#233;raux se rallient au social lib&#233;ralisme. Les prochaines municipales ne manqueront pas de le v&#233;rifier en r&#233;p&#233;tant tr&#232;s probablement &#224; grande &#233;chelle le mod&#232;le Bordeaux. Autrement dit : si les dominants ne viennent pas &#224; eux, bien des antilib&#233;raux iront aux dominants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. [Pour le PS] &#171; &lt;i&gt;une crise de refondation est en train de s'ouvrir dont il est trop t&#244;t pour d&#233;finir les contours pr&#233;cis. Toutefois, compte tenu du ph&#233;nom&#232;ne Bayrou et de l'affaissement des anciens partenaires de gauche (PCF, Verts), la tendance largement dominante de l'appareil sera celle d'un tournant vers le centre dans le sens d'une rencontre entre le social-lib&#233;ralisme et le lib&#233;ralisme social qui se d&#233;veloppe au niveau europ&#233;en&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien s&#251;r la tendance dominante. Sa principale difficult&#233; tient d&#233;sormais aux rivalit&#233;s internes et aux disputes de leadership au sein des &#233;quipes dirigeantes socialistes. Mais cette &#233;volution est en marche depuis de longues ann&#233;es (rappelons nous la deuxi&#232;me gauche, le big bang de Rocard, etc.), de m&#234;me que l'affaissement du PC. A lire les camarades, un des facteurs (sinon le principal) qui en pr&#233;cipite le d&#233;nouement probable, c'est &#171; &lt;i&gt;la marginalisation de la gauche antilib&#233;rale lors de ces &#233;lections qui donne naturellement de l'espace pour une telle orientation&lt;/i&gt; &#187;. Le facteur explicatif &#8211; la marginalisation de la gauche anti-lib&#233;rale &#8211; n'explique pourtant rien, s'il n'est lui m&#234;me expliqu&#233; politiquement et non pas ramen&#233; &#224; une &#233;nigmatique pulsion suicidaire (&#171; &lt;i&gt;autosuicidaire&lt;/i&gt; &#187;, rench&#233;rissent les camarades AA. et SK qui ne l&#233;sinent pas sur le pl&#233;onasme pour mieux souligner la gravit&#233; de l'acte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si le rapport de causalit&#233; &#233;tait inverse : si le cumul des d&#233;faites sociales pass&#233;es, la synth&#232;se du PS autour de S&#233;gol&#232;ne, la d&#233;b&#226;cle du PC, avaient renforc&#233; la pression de la gauche social-lib&#233;rale sur les gauches antilib&#233;rales, comme l'ont illustr&#233; de mani&#232;re pr&#233;visible les tractations PC/PS sur les l&#233;gislatives, et, de mani&#232;re moins pr&#233;visible, la mission royale pr&#233;cipitamment accept&#233;e par Jos&#233; Bov&#233;, sans m&#234;me attendre le verdict du second tour ? Que la fragmentation de la &#171; &lt;i&gt;gauche de gauche&lt;/i&gt; &#187; l&#232;ve un obstacle de plus &#224; la refondation social-lib&#233;rale du PS, c'est un fait, mais un fait &#224; inscrire dans un jeu d'interactions et de r&#233;troactions qui ne commence pas avec l'&#233;pop&#233;e des collectifs unitaires. S'il s'agit de faire contrepoids &#224; la d&#233;rive social-lib&#233;rale (et bien que cette vocation de contr&#244;leur des poids et mesure soit peu enthousiasmante), l'addition des forces ne suffit pas. Il y faut une alternative politique incluant programme, alliances, et fonctionnement d&#233;mocratique. C'est sur ces points que &#171; &lt;i&gt;la gauche antilib&#233;ral&lt;/i&gt;e &#187; s'est divis&#233;e, et non par pulsion de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. &#171; &lt;i&gt;Les r&#233;sultats &#224; gauche du PS&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;La LCR, loin de l&#224;, n'est pas la seule responsable de ce bilan, mais compte tenu de sa place et du fait que nous en sommes des militants, nous nous contenterons de quelques remarques sur sa politique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR n'est donc pas &#171; &lt;i&gt;la seule responsable&lt;/i&gt; &#187; ? Cette formule de politesse est bien la moindre que l'on puisse attendre de la part de deux de ses militants. Mais, &#233;crivant en priorit&#233; sur ce qu'ils sont cens&#233;s conna&#238;tre, ils se &#171; &lt;i&gt;contenteront&lt;/i&gt; &#187; de quelques remarques sur la politique de la LCR. Les lecteurs (&#233;trangers, rappelons-le) de leur article devront doc s'en contenter avec eux. Curieuse mani&#232;re soliloquante d'aborder un bilan politique. Si la politique est jeu constant d'interactions &#224; plusieurs acteurs, comment tirer le bilan des uns sans prendre en compte les initiatives, les marches et contre marches des autres ? Myst&#232;re. R&#233;duire le bilan d'une campagne &#224; multiples acteurs &#224; un &#171; &lt;i&gt;solo fun&#232;bre&lt;/i&gt; &#187; de la Ligue permet de lui attribuer des responsabilit&#233;s exclusives, donc accablantes. Reprenons donc, en le suivant pas &#224; pas, le bilan &#224; sens unique tir&#233; par les camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Seul Olivier Besancenot tire son &#233;pingle du jeu (gagnant m&#234;me 200 000 voix), sur la base d'une campagne qui a eu un &#233;cho r&#233;el et a vu venir &#224; ses meetings des jeunes &#233;tudiants et salari&#233;s, dont c'&#233;tait souvent la premi&#232;re exp&#233;rience politique, et qui compose une partie significative de son &#233;lectorat.&lt;/i&gt; &#187; Olivier a en effet &#171; &lt;i&gt;tir&#233; son &#233;pingle du jeu&lt;/i&gt; &#187;, c'est la formule consacr&#233;e des m&#233;dias. Mais pourquoi ? La diff&#233;rence, comparativement &#224; la mauvaise campagne de Buffet et &#224; celle d&#233;sastreuse de Bov&#233;, tient elle au look, au bagout, &#224; l'&#226;ge du capitaine ? Ou bien a-t-elle un quelconque rapport avec le contenu d'une campagne construite autour de l'urgence sociale et de l'ind&#233;pendance intransigeante envers le PS ? Les camarades se contentent, sans aborder le sujet, d'enregistrer les r&#233;sultats comptables (affluence aux meetings et r&#233;sultat &#233;lectoral &#8211; minor&#233; de 100 000 voix, puisque Olivier a recueilli malgr&#233; l'&#233;norme pression du &#171; &lt;i&gt;vote futile&lt;/i&gt; &#187; 300 000, et non 200 000 voix de plus qu'en 2002). Ce qu'il importe de souligner, c'est qu'il ne s'agit plus tout &#224; fait du m&#234;me &#233;lectorat (la moiti&#233; environ des &#233;lecteurs de 2002 n'ont pas revot&#233; pour lui), mais d'un &#233;lectorat nettement plus populaire et ouvrier (attest&#233; par la r&#233;partition g&#233;ographique des scores), et jeune (50% des &#233;lecteurs ont moins de 35 ans et 28% moins de 25 ans). C'est une diff&#233;rence majeure par rapport aux &#233;lectorats vieillis du PC et de LO&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de d&#233;tail, y compris sur le vote des syndiqu&#233;s, voir le bilan dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; partir du r&#233;sultat brut, les camarades rel&#232;vent &#171; &lt;i&gt;deux fa&#231;ons de pr&#233;senter ces r&#233;sultats qui renvoient &#224; des analyses diff&#233;rentes de la conjoncture&lt;/i&gt; &#187;. La premi&#232;re, celle de la direction de la LCR &#171; ne se contente pas de se f&#233;liciter du bon r&#233;sultat de son candidat, elle souligne sa port&#233;e quasi historique. Tout d'abord, dans l'&#233;volution des rapports de force au sein de l'extr&#234;me gauche. Le cycle &#233;lectoral d'Arlette Laguiller est bien termin&#233;, alors que celui d'Olivier Besancenot ne fait que commencer. Par ailleurs, toujours selon cette logique, un processus de d&#233;cantation se serait op&#233;r&#233; &#224; gauche du PS. Certes, la LCR aurait men&#233; une bataille pour l'unit&#233; de la gauche antilib&#233;rale. Mais les divergences &#233;taient trop importantes avec des courants qui n'ont pas clairement affirm&#233; leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du PS. De surcro&#238;t, il faut bien constater que ces courants et militants &#171; &lt;i&gt;&#224; gauche de la gauche&lt;/i&gt; &#187; sont le produit de l'exp&#233;rience pass&#233;e, alors que la LCR, elle, gr&#226;ce notamment &#224; la candidature Olivier Besancenot, est en phase avec les nouvelles g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins que l'on puisse dire c'est que le r&#233;sum&#233; et l'interpr&#233;tation des arri&#232;re-pens&#233;es de la direction de la LCR est des plus libres. Mieux vaudrait lui demander ce qu'elle pense vraiment en s'appuyant sur des faits et des textes. La Ligue a bien r&#233;sist&#233; dans un contexte de d&#233;faite g&#233;n&#233;rale de la gauche et d'effondrement du PC et des Verts. C'est bien. C'est int&#233;ressant. Il y a quelques pr&#233;cieuses le&#231;ons &#224; en tirer pour l'avenir. Mais il n'y a ni de quoi triompher, ni de quoi y voir un r&#233;sultat &#171; &lt;i&gt;de port&#233;e historique&lt;/i&gt; &#187; (&#224; moins d'entendre par histoire la toute petite : le fait, par exemple, non n&#233;gligeable en soi, qu'Olivier devance Buffet parmi les c&#233;g&#233;tistes &#8211; ce qui aurait &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;, il y a vingt ans encore, comme un &#233;v&#233;nement historique). En revanche, qu'il y ait un effet g&#233;n&#233;rationnel Besancenot est un fait constatable. Cela ne veut pas dire qu'il y ait un &#171; &lt;i&gt;cycle Besancenot&lt;/i&gt; &#187;, apr&#232;s un cycle Arlette. Nous n'avons pas l'habitude d'indexer les cycles de la lutte des classes sur l'&#226;ge des individus, et si l'apparition d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration militante est vitale, elle ne signifie pas que l'exp&#233;rience des anciens soit devenue superflue, au contraire notre capacit&#233; &#224; lier des exp&#233;riences g&#233;n&#233;rationnelles diff&#233;rentes devrait &#234;tre pour la Ligue un objectif conscient et un atout pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que &#171; &lt;i&gt;les divergences &#233;taient trop importantes avec des courants qui n'ont pas clairement affirm&#233; leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du PS&lt;/i&gt; &#187;, cela nous l'assumons tout &#224; fait au vu de la campagne. On nous a dit et r&#233;p&#233;t&#233; que la question &#233;tait pr&#233;matur&#233;e et qu'il serait temps de la poser apr&#232;s la pr&#233;sidentielle. On nous a aussi r&#233;p&#233;t&#233; qu'elle &#233;tait r&#233;solue par les formulations diplomatiques rejetant la participation &#224; un gouvernement &#171; &lt;i&gt; sous h&#233;g&#233;monie social-lib&#233;rale&lt;/i&gt; &#187;. Alors que l'on connaissait la candidate socialiste et son programme, il eut &#233;t&#233; plus simple et plus clair de rejeter explicitement toute coalition parlementaire ou gouvernementale autour d'une telle candidate et d'un tel programme. Puisque c'&#233;tait la condition pos&#233;e par la Ligue, s'il n'y avait r&#233;ellement aucune divergence &#224; ce sujet, mais seulement des m&#233;fiances injustifi&#233;es ou des confusions de formulation, il aurait d&#251; &#234;tre facile de la satisfaire. On a pu v&#233;rifier, au contraire, que l'ambigu&#239;t&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment entretenue par le PC pour m&#233;nager ses futures n&#233;gociations avec le PS s'est confirm&#233;e tout au long de la campagne, par l'appel r&#233;p&#233;t&#233; au rassemblement de toute la gauche, par l'engagement anticip&#233; au d&#233;sistement (qui contribuait &#224; rendre effectivement inutile le vote du premier tour), par l'orientation de r&#233;&#233;quilibrage d'une nouvelle gauche plurielle. Elle s'est aussi v&#233;rifi&#233;e, de fa&#231;on plus inattendue, par l'attidue de Jos&#233; Bov&#233; entre les deux tours.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Notre analyse est diff&#233;rente. Le bilan est un &#233;chec pour l'ensemble de la gauche unitaire antilib&#233;rale radicale eu &#233;gard au enjeux politiques que repr&#233;sentait la n&#233;cessit&#233; d'une candidature qui, de plus, &#233;tait possible. Le faible r&#233;sultat de l'ensemble des voix &#224; gauche du PS renvoie principalement &#224; l'absence d'une alternative unitaire cr&#233;dible. Le &#171; vote utile &#187; pour S&#233;gol&#232;ne Royal, qui, selon les enqu&#234;tes, &#224; touch&#233; pr&#232;s de la moiti&#233; de l'&#233;lectorat de l'extr&#234;me gauche de 2002, traduit lui-m&#234;me la perception du vote pour l'un(e) des multiples candidats de la gauche radicale comme un &#171; vote inutile &#187;, &#233;troitement identitaire ou protestataire, incapable de peser sur le rapport de forces d'ensemble et d'ouvrir une perspective de rupture &#224; gauche. Car l'enjeu se situait bien &#224; ce niveau, et c'est pourquoi l'abandon de la perspective unitaire &#233;quivalait &#224; un abandon du terrain de l'alternative politique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La confrontation entre les deux positions est d'autant plus ais&#233;e que la seconde s'oppose &#224; une premi&#232;re &#8211; celle de la direction &#8211; largement imaginaire et taill&#233;e sur mesure pour les besoins de l'argumentation. L'&#233;chec (d'une candidature unitaire d&#233;clar&#233;e souhaitable par 80% de l'organisation lors de la CN de juin 2006)&#8230; est un &#233;chec. C'est tautologiquement imparable. D'autant plus, selon les camarades, que le n&#233;cessaire &#233;tait possible. Or, c'est tout le probl&#232;me : ce qui distingue une possibilit&#233; abstraite d'une possibilit&#233; d&#233;termin&#233;e ! Comme les camarades refusent de prendre en consid&#233;ration les raisons pour lesquelles ce fut concr&#232;tement impossible, et ne veulent y voir que mauvais pr&#233;texte, l'impossibilit&#233; ne peut renvoyer selon eux qu'aux pulsions suicidaires irrationnelles ou au sectarisme conservateur de la Ligue (puisque tous les autres ont particip&#233; au vote biais&#233; dans les collectifs). Tout d&#233;coule d&#232;s lors de &#171; &lt;i&gt;l'absence d'une alternative unitaire cr&#233;dible&lt;/i&gt; &#187; : la force du vote utile, et la d&#233;faite de la gauche. Rien que &#231;a ! La mauvaise volont&#233; de la Ligue aurait pes&#233; plus que toutes les d&#233;faites sociales accumul&#233;es depuis 1983, plus que 25 ans de droitisation du PS, plus que la d&#233;composition du PC enseveli sous les gravats du Mur de Berlin. Que le c&#233;l&#232;bre &#171; &lt;i&gt;facteur subjectif&lt;/i&gt; &#187; - ou le facteur tout court &#8211; ait sa part dans la d&#233;termination d'une situation, cela va de soi. Qu'il soit &#224; ce point d&#233;terminant tourne au subjectivisme forcen&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;L'abandon de la perspective unitaire &#233;quivalait &#224; un abandon du terrain de l'alternative politique&lt;/i&gt; &#187; ? On peut essayer de d&#233;finir ce qu'est une politique alternative, mais un terrain de l'alternative ? Qu'il suffirait d'occuper au lieu de l'abandonner ? Mais sur quelle orientation ? Avec quels alli&#233;s ? Pour quoi faire ? On y revient : la perspective unitaire a-t-elle &#233;t&#233; abandonn&#233;e, comme on quitte un champ en friche, ou bien a-t-elle explos&#233; en raison de divergences r&#233;elles ? La dynamique unitaire ne tient pas &#224; la simple addition de (petits) capitaux &#233;lectoraux, mais de l'orientation qui la porte. On sait de longue date (depuis L&#233;nine au moins) que la politique ne rel&#232;ve pas de l'arithm&#233;tique, mais de l'alg&#232;bre. Ceux qui se contentent d'additionner les scores des candidatures antilib&#233;rales veulent l'ignorer. M&#234;me si elle avait &#233;t&#233; possible, la candidature unitaire souhaitable n'aurait pas &#233;t&#233; une candidature &#171; &lt;i&gt;&#224; deux chiffres&lt;/i&gt; &#187;. Sur une base politique solide et clairement ind&#233;pendante du PS, elle aurait peut-&#234;tre pu atteindre un r&#233;sultat sup&#233;rieur &#224; 5 ou 7%, mais certainement pas la somme Besancenot+Buffet+Bov&#233;. Et si ce gain r&#233;el mais modeste, avait vol&#233; en &#233;clats d&#232;s le soir du premier tour, comme l'attitude des uns et des autres en confirme la probabilit&#233;, il aurait co&#251;t&#233; un prix exorbitant : la d&#233;moralisation aurait &#233;t&#233; bien plus importante que le gain &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La LCR s'en sort certes nettement mieux que les autres, mais, justement, cela montre la place qu'elle occupe et les responsabilit&#233;s particuli&#232;res qui sont les siennes. Il semble difficile de consid&#233;rer que le maintien d'Olivier Besancenot autour de 4% des suffrages soit un r&#233;sultat &#224; la hauteur des potentialit&#233;s d'une p&#233;riode de mobilisations sociales et &#233;lectorales exceptionnelles, parfois m&#234;me victorieuses, et alors que, pour la premi&#232;re fois depuis des d&#233;cennies, le social-lib&#233;ralisme &#233;tait ouvertement bouscul&#233; sur sa gauche par le &#171; non &#187; au r&#233;f&#233;rendum et, surtout, par la force de la campagne unitaire du &#171; non &#187; de gauche. Enfin, il est illusoire de croire qu'une nouvelle force politique va se construire essentiellement &#224; partir de &#171; jeunes &#187; qui font leur premi&#232;re exp&#233;rience, en contournant les courants politiques issus du cycle pass&#233;. La LCR, loin de l&#224;, n'est pas la seule responsable de ce bilan. Mais, compte tenu de sa place et du fait que nous en sommes des militants, nous nous contenterons de quelques remarques sur sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avant de voir comment nous pouvons exercer au mieux &#171; &lt;i&gt; les responsabilit&#233;s particuli&#232;res&lt;/i&gt; &#187; qui sont les n&#244;tres, il serait utile d'examiner pourquoi et comment nous les avons acquises. Il existe probablement un rapport entre les deux. On peut s'interroger ind&#233;finiment sur le fait de savoir si les 1 500 000 voix d'Olivier sont &#224; la hauteur des &#171; &lt;i&gt;potentialit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Tout d&#233;pend de la mani&#232;re on d&#233;termine les potentialit&#233;s concr&#232;tes, et non les potentialit&#233;s sp&#233;culatives, d'une situation donn&#233;e. Il semble qu'existe une nuance &#8211; au moins - sur ce point, en particulier sur la fa&#231;on d'indexer directement le niveau des potentialit&#233;s sur le r&#233;sultat du Non de gauche. Le Non l'a emport&#233;, et dans le Non, le Non de gauche a pris le dessus sur le Non de droite. C'&#233;tait, dans les circonstances, une grande victoire. Dont il faut cependant nuancer la port&#233;e. D'abord, un r&#233;f&#233;rendum n'est pas une &#233;lection sur un programme pour gouverner le pays. Ensuite, le Non l'a emport&#233;, mais on aurait tort d'oublier la part du non de droite dans cette victoire. Enfin et surtout, il importe de se demander pourquoi le clivage du non a &#233;t&#233; si vite et si facilement effac&#233;, dans le PS d'abord, d&#232;s le congr&#232;s du Mans, et escamot&#233; ensuite de la campagne pr&#233;sidentielle, au point d'appara&#238;tre r&#233;siduel dans les motivations de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En revanche, on peut &#234;tre d'accord pour consid&#233;rer &#171; &lt;i&gt;illusoire de croire qu'une nouvelle force politique va se construire essentiellement &#224; partir des jeunes qui font leur premi&#232;re exp&#233;rience&lt;/i&gt; &#187;. &#192; condition toutefois de souligner l'adverbe &#171; &lt;i&gt;essentiellement&lt;/i&gt; &#187;, et d'ajouter qu'il serait encore plus illusoire de croire qu'elle puisse se construire essentiellement &#224; partir des vieux soixante-huitards qui font leur derni&#232;re exp&#233;rience. Ce qu'a permis la campagne d'Olivier s'est d'int&#233;resser &#224; la politique une couche non n&#233;gligeable de jeunes. C'est une diff&#233;rence importante par rapport au PC ou &#224; LO. Et c'est une condition, certes insuffisante, mais n&#233;cessaire &#224; la construction d'une nouvelle force politique.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Retour en arri&#232;re. Pour le dire un peu sch&#233;matiquement, l'&#233;chec des luttes contre la r&#233;forme des retraites en 2003 (comme les effets des difficult&#233;s internationales du mouvement altermondialiste) annonce l'essoufflement de la &#171; phase sociale &#187; et &#171; mouvementiste &#187; du cycle antilib&#233;ral, dans laquelle le mouvement social semblait pouvoir se d&#233;velopper par l'effet de sa seule dynamique propre. S'annonce alors un &#171; retour de la politique &#187; qui s'exprime spectaculairement dans la pouss&#233;e du PS aux &#233;lections r&#233;gionales.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Artous &#171; Un d&#233;calage avec le mouvement r&#233;el &#187;, Critique communiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de l'autosuffisance du mouvement social et l'utopie antipolitique ont du plomb dans l'aile. Certains camarades (comme Francis Sitel) ont contest&#233; la formule du &#171; &lt;i&gt;retour de la question strat&#233;gique&lt;/i&gt; &#187;. Il ne s'agit certes pas du retour &#224; l'identique au d&#233;bat strat&#233;gique des ann&#233;es 70. Nous ne discutons pas de l'&#233;mergence imm&#233;diate de situations de double pouvoir comme on pouvait le faire &#224; propos du Chili ou du Portugal. Mais la question de l'articulation entre mouvement social et d&#233;bouch&#233; politique est &#224; nouveau d'actualit&#233;, et le d&#233;bouch&#233; politique doit &#234;tre en rapport avec une perspective &#224; plus long terme ou avec une hypoth&#232;se strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute d'avoir trait&#233; s&#233;rieusement la question, une organisation comme Rifundazione peut concilier une rh&#233;torique radicale dans le mouvement social, et un opportunisme &#233;lectoral et politique sans rivage. La question politique est donc bel et bien de retour, en Am&#233;rique latine comme dans certains pays europ&#233;ens. Mais il y a des mani&#232;res oppos&#233;es d'y r&#233;pondre, y compris au sein de la gauche radicale. Et c'est ce qui &#233;tait en jeu dans les campagnes &#233;lectorales et dans le d&#233;bat sur les candidatures unitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camarades estiment que le succ&#232;s relatif de la candidature Besancenot en 2002 &#171; &lt;i&gt;r&#233;sidait dans sa capacit&#233; &#224; &#233;pouser l'aspect multiforme du mouvement social pour, en quelque sorte, se positionner comme son aile radicale&lt;/i&gt; &#187;. La Ligue aurait ainsi surf&#233; sur la vague de la remobilisation sociale, alors que &#171; &lt;i&gt;l'accord et de la campagne LCR et LO, lors &#233;lections r&#233;gionales de 2004, montre que la direction de la LCR a du mal &#224; se repositionner par rapport aux d&#233;placements des conflits sur le terrain politique&lt;/i&gt; &#187;. Autrement dit, il se serait agi d'un accord &#224; contretemps. Nous avons essay&#233; de prolonger et d'&#233;largir l'espace ouvert en 2002, c'est vrai. A tort ? A raison ? On en discutera longtemps. Mais si le &#171; &lt;i&gt; retour de la question politique&lt;/i&gt; &#187; marquait un tournant &#8211; &#171; &lt;i&gt; l'essoufflement de la phase sociale et mouvementiste du cycle antilib&#233;ral&lt;/i&gt; &#187;, comme l'&#233;crivent AA et SK -, alors il marque aussi l'essoufflement d'une gauche antilib&#233;rale n&#233;buleuse qui a accompagn&#233; cette phase mouvementiste sans se doter d'une orientation strat&#233;gique &#224; plus long terme. C'est bien ce probl&#232;me qui est apparu au grand jour dans les d&#233;saccords autour de la candidature unitaire.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pour la direction de la LCR, tout se passe comme si l'ensemble des courants existant entre le PS et la LCR expriment, au mieux, un simple processus de d&#233;composition politique sans avenir, au pire, un pont tendu vers le social-lib&#233;ralisme. Il ne s'agit pas de nier la difficult&#233; li&#233;e &#224; l'absence de cristallisation nationale de courants significatifs, autonomes vis-&#224;-vis du PS et/ou critiques vis &#224; vis de la direction du PCF, mais la direction de la LCR a tendance &#224; consid&#233;rer tout processus allant dans ce sens comme un obstacle. Pour elle, au-del&#224; des discours, tout se passe comme si la Ligue &#233;tait la seule alternative politique au PS, capable de polariser directement autour d'elle les militants qui veulent s'engager dans la construction d'une nouvelle force politique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le temps passe et la m&#233;moire d&#233;faille. Le camarade Artous, qui a particip&#233; &#224; de nombreux d&#233;bats sur le sujet, ne peut pourtant pas avoir oubli&#233; les controverses des ann&#233;es 1930 sur la question du centrisme. Le mot peut sembler p&#233;joratif. On peut le laisser tomber. En revanche, le probl&#232;me soulev&#233; par la distinction, alors classique, entre &#171; &lt;i&gt;centrisme juv&#233;nile&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;centrisme s&#233;nile&lt;/i&gt; &#187; demeure. Les ph&#233;nom&#232;nes apparus &#224; partir des gr&#232;ves de 1995 ou de l'&#233;mergence du mouvement alter, avec Attac, avec la radicalisation d'&#233;quipes syndicales, avec les diff&#233;renciations dans le PC, avec un nonisme de gauche dans le PS, traduisait dans une certaine mesure une &#233;volution &#171; &lt;i&gt;juv&#233;nile&lt;/i&gt; &#187;, de droite &#224; gauche, cons&#233;cutive aux mobilisations de 1995 et &#224; leurs suites. Il semble que le balancier soit reparti partiellement dans l'autre sens. C'est clair en Italie. En France, on peut difficilement dire que Salesse, Debons, Drevon, R&#233;my Jean (tous ex de la Ligue), les diff&#233;rentes gauches socialistes, etc, &#233;voluent de droite &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constater ce retour de balancier, ou son amorce, ne signifie pas que la Ligue soit &#171; la seule alternative au PS capable de polariser directement autour d'elle les militants qui veulent s'engager dans une nouvelle force politique &#187;. Elle n'est certainement pas &#171; la seule &#187; alternative, mais elle est, en l'&#233;tat actuel des forces, le meilleur levier pour y &#339;uvrer, contrairement &#224; ce que pensent nombre de nos partenaires (et m&#234;me de nos propres camarades) qui la consid&#232;rent plut&#244;t - et son candidat avec elle &#8211; comme un obstacle &#224; une recomposition hypoth&#233;tique. Elle ne pr&#233;tend pas polariser autour d'elle tous les militants susceptibles de s'engager dans une nouvelle force politique, mais elle peut en polariser une partie (ce n'est d&#233;j&#224; pas si mal par les temps qui courent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'&#233;voquer abstraitement les &#171; &lt;i&gt;responsabilit&#233;s&lt;/i&gt; &#187; qui nous incombent, les camarades devraient voir concr&#232;tement les obligations que nous cr&#233;e l'arriv&#233;e de nouveaux militants avec des caract&#233;ristiques, sociales et g&#233;ographiques, et des attentes bien diff&#233;rentes de ce que la Ligue est en &#233;tat leur donner. Le potentiel du microcosme ancien a son importance, mais il ne doit pas nous cacher &#171; &lt;i&gt;les potentialit&#233;s&lt;/i&gt; &#187; que la campagne a permis d'explorer parmi les nouvelles g&#233;n&#233;rations militantes. Si nous savons aller &#224; la rencontre ne serait-ce que d'une partie des &#233;lecteurs d'Olivier (voir le blog de campagne), &#224; multiplier les Valence, Aulnay, Lens, etc., et si nous parvenons &#224; r&#233;pondre &#224; ces d&#233;fis nous serons en condition de peser bien mieux sur le contenu du nouveau parti que nous voulons, et surtout d'en faire m&#251;rir les conditions de possibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique est affaire de p&#233;dagogie, sans doute et jusqu'&#224; un certain point, mais elle est aussi et surtout affaire de rapports de forces : certains seront convaincus par des arguments et des textes, bien plus le seront par la d&#233;monstration pratique de ce que l'on fait et peut faire. Autrement dit, une Ligue renforc&#233;e est la premi&#232;re condition pour r&#233;sister &#224; l'appel des sir&#232;nes social-lib&#233;rales et au glissement de la gauche vers le centre. Elle est actuellement le meilleur appui pour affirmer la n&#233;cessit&#233; d'un nouveau parti et pour contraindre nos partenaires, locaux ou nationaux, &#224; une discussion sur le fond politique, au lieu de s'&#233;garer d'une succession de &#171; coups &#187; &#233;lectoraux sans suite ni lendemains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Une candidature unitaire &#233;tait possible &lt;/i&gt; &#187; gr&#226;ce &#224; &#171; &lt;i&gt;un r&#233;seau de plusieurs centaines de comit&#233;s unitaires, forts de dizaines de milliers de participants (dont une part importante sans affiliation partidaire) couvrant une large partie du territoire national&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a exist&#233; une aspiration unitaire indiscutable et l&#233;gitime dans le prolongement de la campagne du Non de gauche. Elle est importante, mais il est inutile de l'exag&#233;rer en &#233;voquant des &#171; &lt;i&gt;dizaines de milliers de participants&lt;/i&gt; &#187; pour impressionner les lecteurs quant aux &#171; &lt;i&gt;potentialit&#233;s&lt;/i&gt; &#187; suppos&#233;es. Les chiffres sont plus sobres. Il y a eu dans les 12 000 votants (loin d'&#234;tre tous militants au m&#234;me titre) sur le nom du candidat dans les collectifs, dont 60% pour Marie-Georges Buffet. Le pl&#233;biscite internautique (ou bov&#233;thon) en faveur de la candidature Bov&#233; a recueilli plus de 30 000 clics (pour le coup certainement les militants y &#233;taient fortement minoritaires). C'est significatif. Mais si la justesse politique se mesure quantitativement au nombre de clics, autant la mesurer au vote final. On &#233;valuerait alors &#224; 1 500 000 clics le pl&#233;biscite en faveur de la candidature d'Olivier. Ces &#233;valuations comptables ne m&#232;nent pas tr&#232;s loin, car p&#233;titions, votes, et engagement militant dans la construction d'une force politique ne sont pas du m&#234;me ordre.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, il fallait un contenu &#224; cette unit&#233; et un projet qui permette de structurer politiquement ce d&#233;but de recomposition sur le terrain militant. La question essentielle &#233;tait celle de l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du PS : l'affirmation selon laquelle le candidat unitaire et les forces le soutenant ne participeraient pas ni &#224; un gouvernement, ni &#224; une majorit&#233; parlementaire avec le PS. Cette exigence &#233;tait d&#233;fendue (il faut le souligner) par tous les courants de la Ligue. Et d&#232;s septembre 2006, les collectifs (inclus le PCF) adopt&#232;rent un premier texte allant clairement dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est tout simplement faux. A Saint Denis la direction autoproclam&#233;e des collectifs a au contraire refus&#233; m&#234;me de soumette au vote des amendements en ce sens (dits amendements d'Aubagne). Mais nous sommes donc d'accord sur le fait que l'unit&#233; sans contenu ni projet ne suffit pas, et que la question de l'ind&#233;pendance par rapport &#224; une future majorit&#233; parlementaire &#233;tait d&#233;cisive. En revanche nous n'&#233;tions pas d'accord sur le fait que la question &#233;tait &#171; &lt;i&gt;clairement&lt;/i&gt; &#187; r&#233;gl&#233;e par les formulations diplomatiques et contourn&#233;es adopt&#233;es en septembre pour amadouer un PC. Le texte adopt&#233; &#233;tait tr&#232;s explicitement vou&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;gagner toute la gauche &#224; une perspective antilib&#233;rale&lt;/i&gt; &#187;, y compris donc le PS dans son entier. Le PC choisissait en m&#234;me temps l'alliance avec le PS contre la proposition de liste unitaire aux municipales de Bordeaux. La suite a montr&#233; que notre m&#233;fiance et notre exigence de clart&#233; sur ce point ne relevaient pas de la parano&#239;a critique.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait possible d'am&#233;liorer ce texte. Surtout si la direction de la Ligue avait explicitement dit qu'elle serait d'accord pour un candidat unitaire si cette condition &#233;tait remplie. Mais elle ne proc&#233;da jamais ainsi, multipliant les surench&#232;res et refusant obstin&#233;ment de prendre la mesure de l'acquis que constituait l'existence du r&#233;seau de comit&#233;s unitaires. Faisant comme si les positions politiques prises par les comit&#233;s n'existaient pas, s'abstenant de la bataille qui s'y est men&#233;e, elle a centr&#233; ses critiques sur l'orientation politique de la direction du PCF qui, effectivement, poussait dans le sens du maintien d'un accord possible avec le PS. Tout en ayant comme objectif (non d&#233;clar&#233; ) de pr&#233;senter Marie-Georges Buffet comme candidat unitaire de la gauche antilib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ici, la discussion est d'abord factuelle. Tout aurait &#233;t&#233; possible si la Ligue avait &#171; &lt;i&gt;explicitement&lt;/i&gt; &#187; dit qu'elle serait d'accord pour un candidat unitaire si cette condition &#233;tait remplie ? Non seulement elle l'a explicitement dit, mais elle l'a r&#233;p&#233;t&#233; dans les m&#233;dias par la bouche d'Olivier, dans les r&#233;solutions, dans les tribunes de presse (cf. entre autres la r&#233;ponse &#224; Michel Onfray dans Lib&#233;, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Bensa&#239;d, Une r&#233;ponse &#224; Michel Onfray : Histoires de mains&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Non seulement elle l'a explicitement dit, mais elle l'a explicitement vot&#233; lors de sa conf&#233;rence nationale de juin 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pr&#233;sentions Olivier, parce que c'&#233;tait le meilleur candidat dans la continuit&#233; du non de gauche et des luttes sociales, et parce que l'accord sur l'ind&#233;pendance vis &#224; vis du PS n'est pas pour l'heure r&#233;alis&#233;. Mais, &#233;tant donn&#233; qu'il ne pouvait pr&#233;tendre repr&#233;sentet en tant que candidat l'ensemble des composantes des collectifs, nous retirerions sa tr&#232;s bonne candidature pour une moins bonne si cet accord &#233;tait atteint. Il &#233;tait l&#233;gitime que nous exigions en contrepartie des garanties solides sur l'orientation de la campagne, car nous n'entendions pas, comme on le dit vulgairement, mouiller la chemise pour un ou une candidat qui nous entra&#238;nerait au lendemain du premier tour ou du deuxi&#232;me l&#224; o&#249; nous ne voulions pas aller. C'&#233;tait clair, et honn&#234;te : Olivier serait candidat de la Ligue s'il n'y avait pas d'accord, il ne le serait pas s'il y avait accord. Il n'&#233;tait donc pas candidat &#224; la candidature contre Salesse, Bov&#233;, Autain, Buffet, etc. On pouvait difficilement &#234;tre plus &#171; &lt;i&gt;explicite&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la question des alliances &#233;tait aussi &#171; &lt;i&gt;clarifi&#233;e&lt;/i&gt; &#187; que AA. et SK semblent le penser, il aurait &#233;tait facile aux camarades des collectifs de r&#233;pondre positivement &#224; la demande de clarification de la Ligue, m&#234;me si elle leur semblait exag&#233;r&#233;ment tatillonne : &#233;tait-il aussi important de maintenir &#224; tout prix la formulation de non participation &#224; &#171; &lt;i&gt;un gouvernement sous h&#233;g&#233;monie social-lib&#233;rale &lt;/i&gt; &#187; contre le rejet explicite de toute coalition parlementaire ou gouvernementale avec le PS synth&#233;tis&#233; autour du oui et de S&#233;gol&#232;ne ? Quant &#224; la conviction qu'Olivier &#233;tait de loin le meilleur candidat &#8211; non pas &#171; &lt;i&gt;bien qu'&#224; la Ligue&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, comme certains le conc&#233;daient, mais aussi parce qu'&#224; la Ligue ! - par la clart&#233; de sa position, par sa repr&#233;sentativit&#233; sociale, et m&#234;me par son &#171; &lt;i&gt;potentiel&lt;/i&gt; &#187; &#233;lectoral, elle a &#233;t&#233; plus que confirm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; expliquer les raisons de cette orientation politique. Au-del&#224; des jeux d'alliance entre divers courants internes de la LCR, deux questions d&#233;cisives apparaissent. La premi&#232;re tient &#224; l'analyse d'ensemble de la conjoncture et de la place de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Manifestement, la direction de la LCR n'a pas compris les enjeux politiques qui s'y cristallisaient du point de vue de la condensation des rapports de forces entre les classes et, en cons&#233;quences, les enjeux que repr&#233;sentait une candidature unitaire de la gauche radicale. Et c'est d'ailleurs une constante de la LCR durant le cycle pass&#233; de sous-estimer les moments politiques de cristallisation des luttes des classes, au profit d'une approche essentiellement &#171; sociale &#187;, &#171; mouvementiste &#187;, (qui n'est en rien contradictoire &#224; un propagandisme politique abstrait) de ces luttes.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il y a certainement un d&#233;saccord, ou au moins des nuances, avec les camarades sur l'appr&#233;ciation de la situation et les possibilit&#233;s qu'elle recelait. Encore faudrait-il en &#233;valuer la port&#233;e exacte. En revanche, il est carr&#233;ment faux d'affirmer que nous avons sous-estim&#233; la place et les enjeux de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que nous les estimons &#224; leur juste importance, parce que nous savons &#224; quel point, dans la logique institutionnelle de la Ve r&#233;publique, elle distribue le jeu (a fortiori avec le quinquennat et le calendrier actuel) et d&#233;termine le degr&#233; d'ind&#233;pendance politique et organisationnelle d'un courant politique, que nous avons &#233;t&#233; exigeants sur les conditions d'un compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que nous pensions, &#224; la lumi&#232;re du contexte international, que la tendance lourde &#224; la transformation blairiste du PS allait s'affirmer et entra&#238;ner dans son sillage une partie de la gauche antilib&#233;rale, que nous avons &#233;t&#233; aussi intransigeants sur la question des alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux g&#233;n&#233;ralisations sur &#171; &lt;i&gt;la constante&lt;/i&gt; &#187; qui consisterait, de la part de la Ligue, &#224; sous-estimer &#171; &lt;i&gt;les moments politiques&lt;/i&gt; &#187;, elle m&#233;riterait examen plus attentif. Le moment politique du r&#233;f&#233;rendum a-t-il &#233;t&#233; sous-estim&#233; ? Et la mise en route de la campagne du Non ne doit-elle pas beaucoup &#224; la Ligue ? Il y a certes eu une tendance mouvementiste et syndicaliste de la Ligue dans les ann&#233;es 1980 (non seulement de la part de la majorit&#233;, mais aussi et peut-&#234;tre surtout de camarades qui ont persist&#233; sur cette ligne mouvementiste dans les collectifs et derri&#232;re la candidature Bov&#233; comme candidature du &#171; &lt;i&gt;mouvement&lt;/i&gt; &#187;) et une partie des ann&#233;es 1990. Mais ce que certains camarades regrettent aujourd'hui comme &#171; &lt;i&gt;le tournant de 98-99&lt;/i&gt; &#187;, concr&#233;tis&#233; par la candidature d'Olivier en 2002, traduisait pr&#233;cis&#233;ment une volont&#233; de r&#233;investir le champ politique et d'y r&#233;affirmer la fonction d'une organisation qui ne se r&#233;duise pas un r&#233;seau de militants sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cette sous-estimation de la dimension politique &#233;tait &#233;troitement li&#233;e &#224; une compr&#233;hension &#171; statique &#187; de la conjoncture r&#233;cente, qui en sous-estimait les &#233;l&#233;ments de crise et d'instabilit&#233;. Cette vision &#171; pessimiste &#187; para&#238;t aujourd'hui confort&#233;e par la victoire de Sarkozy (qui, comme nous l'avons sugg&#233;r&#233; auparavant, a su trancher &#224; vif, et &#224; droite, dans la crise), mais c'est au prix d'un v&#233;ritable refoulement des potentialit&#233;s de la p&#233;riode &#233;coul&#233;e et des responsabilit&#233;s de la gauche radicale dans une issue qui &#233;tait, &#224; notre sens, tout sauf in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette vision &#171; &lt;i&gt;pessimiste&lt;/i&gt; &#187; (ou simplement lucide) ne &#171; &lt;i&gt;para&#238;t&lt;/i&gt; &#187; pas, elle est h&#233;las v&#233;rifi&#233;e par la victoire de Sarkozy, qui n'est pas un accident &#233;lectoral mais rel&#232;ve de tendances plus profondes. Aussi, ce n'est pas parce que nous avions une vision &#171; &lt;i&gt;statique&lt;/i&gt; &#187; de la conjoncture que nous avons d&#233;fendu notre orientation, mais bien parce que nous en avions une vision dynamique. La divergence porte donc, non pas sur une opposition simplifi&#233;e entre statique et dynamique, mais sur l'appr&#233;ciation diff&#233;rente du sens de la dynamique. Bien s&#251;r, l'issue d'une situation n'est jamais &#171; &lt;i&gt;in&#233;luctable&lt;/i&gt; &#187;. Encore faut-il avoir les bons crit&#232;res pour &#233;valuer les chances des possibles assassin&#233;s. La Ligue a des responsabilit&#233;s. &#192; supposer qu'elle s'y soit d&#233;rob&#233;e, une situation aussi riche de &#171; &lt;i&gt;potentialit&#233;s&lt;/i&gt; &#187; aurait certainement d&#251; trouver d'autres voies d'expression (autour de la candidature &#171; &lt;i&gt;unitaire&lt;/i&gt; &#187; de Bov&#233; face &#224; la &#171; &lt;i&gt;bande des onze&lt;/i&gt; &#187;, par exemple, ou autour de la &#171; &lt;i&gt;candidature de la gauche antilib&#233;rale&lt;/i&gt; &#187; de Buffet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'accord, il n'y a pas de quoi &#234;tre triomphalistes pour 4% - juste satisfaits du travail accompli. Mais imaginons que le r&#233;sultat ait &#233;t&#233; inverse, que nous ayons obtenu 1,3% et une candidature antilib&#233;rale plus de 4%. Notre score aurait alors &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; sans aucun doute par ces m&#234;mes camarades comme une preuve de faillite d&#233;finitive, et les 4% Bov&#233; ou Buffet comme une confirmation &#233;clatante (ou triomphale) des &#171; &lt;i&gt;potentialit&#233;s de la dynamique unitaire&lt;/i&gt; &#187; ou du redressement du PC. Pourquoi ne pas consid&#233;rer alors le r&#233;sultat de la campagne d'Olivier comme l'illustration des potentialit&#233;s qui auraient pu &#234;tre plus grandes encore si toute la Ligue avait men&#233; la campagne ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections pr&#233;sidentielles ont ainsi &#233;t&#233; prises dans une vision &#171; routini&#232;re &#187;, dont la fonction principale &#233;tait est de faire appara&#238;tre la LCR dans le champ politique, en s'appuyant sur la personnalit&#233; d'Olivier Besancenot et en g&#233;rant au mieux son capital &#233;lectoral. Au demeurant, il est &#224; pr&#233;sent clair que, d&#232;s le d&#233;but, une partie non n&#233;gligeable de la direction pensait qu'il fallait annoncer tout de suite sa candidature (mais cela aurait &#233;t&#233; minoritaire dans la LCR).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La seule ambition de l'orientation majoritaire aurait donc &#233;t&#233; de s'appuyer sur la personnalit&#233; d'Olivier (de faire une op&#233;ration de com., en somme ?) pour g&#233;rer un bas de laine &#233;lectoral. C'est d&#233;politiser compl&#232;tement le contenu de la campagne et minimiser le travail des militants. La majorit&#233; des militants de la Ligue ne s'est pas content&#233;e de &#171; &lt;i&gt;g&#233;rer un capital &#233;lectoral&lt;/i&gt; &#187; (imaginaire au demeurant, puisque ce que &#171; &lt;i&gt;capital&lt;/i&gt; &#187; a fondu sous l'effet du vote utile). Elle a ram&#233; pendant des mois, d'abord pour arracher une &#224; une les signatures de maires, ensuite pendant deux mois suppl&#233;mentaires pour convaincre un million et demi d'&#233;lecteurs, malgr&#233; le chantage &#224; la peur de Le Pen/Sarko (qui a march&#233; sur l'&#233;crasante majorit&#233; de l'intelligentsia &#171; &lt;i&gt;anti-lib&#233;rale&lt;/i&gt; &#187;), de r&#233;sister &#224; la pression du &#171; &lt;i&gt;vote futile&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;mettre un jugement aussi sommaire, il faut avoir regard&#233; passer le train de la campagne du haut de son balcon. Ce qui, de la part de camarades qui ne se privent g&#233;n&#233;ralement pas de reprocher &#224; la Ligue sa passivit&#233; ou son attentisme, ne manque pas d'ironie. Mais l'essentiel n'est pas l&#224;. Il est dans le myst&#232;re d&#233;voil&#233; : &#171; &lt;i&gt;Il est &#224; pr&#233;sent clair&lt;/i&gt; &#187;, disent les camarades, qu'une partie de la direction pensait d&#232;s le d&#233;but qu'il fallait d&#233;clarer la candidature d'Olivier. Ce n'est pas une r&#233;v&#233;lation. Ce qui est &#171; &lt;i&gt;clair &#224; pr&#233;sent&lt;/i&gt; &#187;, c'est qu'il aurait plut&#244;t fallu adopter la position de la CN de juin d&#232;s le congr&#232;s de janvier 2006 : c'est-&#224;-dire &#171; &lt;i&gt;d&#233;clarer la candidature d'Olivier&lt;/i&gt; &#187; comme la meilleure possible, et non comme un pis aller ou un recours par d&#233;faut en cas d'&#233;chec unitaire, et poser clairement d&#232;s ce moment les conditions auxquelles nous &#233;tions pr&#234;ts &#224; la retirer. Nous aurions alors pu mener six mois de bataille dans les collectifs et avec nos &#233;ventuels partenaires, au lieu de laisser l'&#233;quipe dirigeante des collectifs esquiver les d&#233;bats de fond par de mis&#233;rables man&#339;uvres dilatoires (la non soumission au vote de la motion d'Aubagne, ou le l&#226;chage de Bov&#233; au moment du vote dans les collectifs, avec l'illusion que Autain ou Salesse seraient plus acceptables par la direction du PC).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Et cela &#8211; c'est la seconde question d&#233;cisive - parce que, fondamentalement, sa direction estime que la LCR est la seule alternative politique &#224; gauche du PS.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Voici donc la question d&#233;cisive. Nous ne pensons pas que la Ligue soit &#171; &lt;i&gt;la seule alternative &#224; gauche du PS&lt;/i&gt; &#187;. Mais c'est, en l'&#233;tat actuel des choses la plus solide et la plus coh&#233;rente, donc le meilleur levier pour d&#233;velopper une telle alternative. Le bilan de la campagne le confirme. Et si la Ligue n'est pas la seule alternative, encore faut-il faire l'inventaire de ce que sont les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; LO ? Les camarades sont horrifi&#233;s &#224; l'&#233;vocation d'un accord &#8211; fusse-t-il simplement &#233;lectoral &#8211; avec cette organisation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Parti communiste en tant que tel ? Ils n'y croient pas plus que nous, et nous aurons l'occasion de voir, avec le congr&#232;s extraordinaire annonc&#233;, la polarisation entre les mutants de la mutation (Hue/Gayssot) et les identitaires (Gerin/Bocquet), tous d'accord pour privil&#233;gier malgr&#233; tout l'alliance subalterne avec le PS et pour refuser toute unit&#233; s&#233;rieuse avec la Ligue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les courants du PC, r&#233;novateurs ou rouges vifs ? Il y a des militants, des cellules, de groupes locaux du PC avec lesquels il est possible de travailler - les municipales seront d'ailleurs un test pour savoir au moins dans les grandes villes ce qui l'emporte entre le ralliement aux listes PS ou la construction d'une alternative &#8211; mais il n'existe pas de courant national organis&#233;. Les refondateurs semblent vou&#233;s &#224; reproduire le sch&#233;ma exp&#233;riment&#233; par plusieurs vagues de r&#233;novation : plus critiques dans le bilan du stalinisme, plus ouverts et unitaires, mais finalement plus droitiers d&#232;s qu'ils rompent les amarres avec la maison m&#232;re (de Fiterman &#224; Herzog en passant par Llabres, la liste est longue et n'est certainement pas close).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne a montr&#233; que, malgr&#233; une situation d&#233;favorable, la n&#233;cessit&#233; d'une alternative (ou d'un nouveau parti) murit et qu'&#233;mergent des &#233;l&#233;ments pour sa construction. Mais ces &#233;l&#233;ments ne sont pas articul&#233;s nationalement et ils risquent de se dissoudre dans le repli localiste si nous ne prenons pas d'initiatives audacieuses. D'o&#249; la campagne de propagande initi&#233;e par Olivier sur la question du nouveau parti &#224; laquelle nous devons donner un contenu programmatique (dans le prolongement du Non de gauche et des campagnes pr&#233;sidentielle et l&#233;gislative), une politique d'alliance (d'ind&#233;pendance vis &#224; vis du PS), et une d&#233;finition organisationnelle d&#233;mocratique (dont la &#171; &lt;i&gt;d&#233;mocratie&lt;/i&gt; &#187; pl&#233;biscitaire informelle des collectifs constitue le contre exemple).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, d'ailleurs, dans la campagne pour les l&#233;gislatives, qui suivent la pr&#233;sidentielle et o&#249; la gauche radicale, sauf quelques exceptions, se pr&#233;sente de fa&#231;on totalement &#233;clat&#233;e, la LCR s'auto-affirme, face au PS, comme la repr&#233;sentante da la &#171; gauche de combat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain de la pr&#233;sidentielle, la Ligue est la seule organisation qui se soit adress&#233;e au PC, &#224; LO, aux Collectifs Bov&#233; pour proposer une discussion sur les l&#233;gislatives. Elle n'a re&#231;u &#224; cette proposition &#233;crite que des fins de non-recevoir t&#233;l&#233;phoniques. S'il est juste, au &#171; &lt;i&gt;moment o&#249; le PS annonce qu'il va s'engager dans une refondation en s'ouvrant vers le centre&lt;/i&gt; &#187;, de dire qu'une alternative de la gauche radicale est urgente, se contenter d'affirmer qu'elle &#171; &lt;i&gt;ne peut pas se cristalliser autour de la seule LCR&lt;/i&gt; &#187; est insuffisant. Une simple n&#233;gation (ne peut pas autour de la Ligue&#8230;) ne fait pas une politique : autour de quoi et de qui, dans la situation concr&#232;te, peut-elle se cristalliser ? En politique comme en physique l'attraction est proportionnelle &#224; la masse. Cesser d'h&#233;siter avec les h&#233;sitants, et renforcer la Ligue n'est pas une condition suffisante, mais c'est une condition n&#233;cessaire au d&#233;blocage de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les camarades AA et SK, nous avons un d&#233;saccord, et m&#234;me plusieurs (d'appr&#233;ciation des potentialit&#233;s de la situation, de m&#233;thode, de conception de l'organisation). Attribuer &#224; la majorit&#233; de la Ligue une orientation reconstruite id&#233;ologiquement, sans citer les textes ni interpr&#233;ter les faits pr&#233;cis intervenus en cours de campagne, n'aide pas &#224; cerner ces d&#233;saccords, &#224; les pr&#233;ciser et &#224; les discuter s&#233;rieusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duit &#224; un bilan imaginaire d'une politique imaginaire, le &#171; &lt;i&gt;bilan de la gauche du PS&lt;/i&gt; &#187; propos&#233; au lecteur &#233;tranger, revient &#224; attribuer &#224; la Ligue, en escamotant le r&#244;le des autres acteurs, une responsabilit&#233; presque exclusive et d&#233;mesur&#233;e dans le d&#233;labrement de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est certainement pas intentionnel de la part des camarades, mais leur bilan finit ainsi, involontairement sans doute, par devenir un bilan truqu&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous renvoyons &#224; ce propos aux multiples d&#233;clarations d'Olivier Besancenot pendant la campagne, aux textes de Pierre Rousset sur le &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article4979&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bov&#233;thon&lt;/a&gt; et &#224; sa pol&#233;mique avec Pierre Khalfa, aux textes de Samy Johsua, &#224; la correspondance de Daniel Bensa&#239;d avec Michel Husson, et aux tribunes dans Lib&#233;, au texte bilan de Fran&#231;ois Duval, etc. &#8212; Tous ces textes se trouvent sur le site d'&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ESSF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Fran&#231;ois Duval : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article5976&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelques remarques post 6 mai 2007&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour plus de d&#233;tail, y compris sur le vote des syndiqu&#233;s, voir le bilan dans Rouge &#8212; sur ESSF : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article5833&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pr&#233;sidentielle : les r&#233;sultats de la LCR&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article6355&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les r&#233;sultats de la LCR : en progr&#232;s, doit poursuivre ses efforts...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Artous &#171; Un d&#233;calage avec le mouvement r&#233;el &#187;, &lt;i&gt;Critique communiste&lt;/i&gt; n&#176; 173, &#233;t&#233; 2004 ; Stathis Kouv&#233;lakis &#171; Un nouveau cycle politique &#187;, &lt;i&gt;ContreTemps&lt;/i&gt; n&#176;11, septembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Bensa&#239;d, Une r&#233;ponse &#224; Michel Onfray : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article4205&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoires de mains&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
